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Les relations turco-américaines : de la crise conjoncturelle à la dégradation structurelle (1/3). Des Kurdes syriens à l’achat des S400 par la Turquie : une divergence de vue stratégique de plus en plus prégnante

Par Emile Bouvier
Publié le 12/07/2021 • modifié le 15/07/2021 • Durée de lecture : 9 minutes

US President Joe Biden (R) speaks with Turkey's President Recep Tayyip Erdogan (L) during a plenary session of a NATO summit at the North Atlantic Treaty Organization (NATO) headquarters in Brussels, on June 14, 2021.
Olivier Matthys / POOL / AFP

Longue et complexe, l’histoire des relations entre la Turquie et les Etats-Unis n’a jamais connu de réel âge d’or ; les dernières années, en particulier depuis le début de la guerre en Syrie, se sont toutefois montrées exceptionnellement mauvaises à cet égard. Une série cumulée de crises, des visions divergentes et des intérêts de plus en plus éloignés ont miné la relation entre les deux partenaires de l’OTAN, jusqu’à un point que certains jugent de non-retour [2].

Cinq crises majeures ont parcouru les relations turco-américaines ces dernières années et se trouvent aujourd’hui dans l’agenda diplomatique de l’administration Biden : l’achat, par la Turquie, de systèmes de défenses sol-air russes S400 et les sanctions américaines qui en ont découlé, le soutien américain aux Kurdes syriens du PYD que la Turquie considère comme terroristes [3], le procès contre la banque turque HalkBank dans le cadre des sanctions américaines contre l’Iran [4], refus américain d’extrader Fethullah Gülen, accusé d’être le fomentateur de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016 en Turquie [5] et la reconnaissance officielle, par le Président Biden, du génocide commis par l’Empire ottoman à l’encontre des Arméniens durant la Première Guerre mondiale [6].

Ces crises ne sont pourtant que les plus vivaces parmi une liste plus longue : opposition de la Turquie aux sanctions à l’encontre de l’Iran en 2010 [7], allégations de complaisance du gouvernement turc avec certains groupes djihadistes dans le cadre de leur lutte contre différentes milices kurdes durant les premières années du conflit en Syrie [8], crise en Méditerranée orientale autour des gisements d’hydrocarbures, arrestation du pasteur américain Andrew Brunson en 2016 en Turquie [9], sanctions américaines consécutives à la détention de ce dernier [10], implication de la Turquie dans le conflit du Haut-Karabagh [11], etc.

Cet article entend ainsi dresser un bilan des relations turco-américaines, en exposant d’abord les divergences de vue stratégiques entre les deux partenaires (première partie) avant d’en venir aux bras-de-fer diplomatiques les opposant (deuxième partie) ; une analyse des perspectives pour les deux puissances alliées (troisième partie) conclura cet article.

A. Le soutien de Washington aux Kurdes syriens du PYD

L’un des différends les plus anciens et les plus vivaces opposant Washington à Ankara est celui du soutien américain à différentes factions kurdes syriennes, notamment le Parti de l’union démocratique (PYD) et, plus largement, les Forces démocratiques syriennes (FDS) dont il constitue la colonne vertébrale avec sa branche armée, les Unités de protection du peuple (YPG) rendues célèbres de 2013 à 2017 pour leur succès contre les forces de l’Etat islamique.

Dès l’irruption de Daech dans l’équation sécuritaire syrienne et irakienne, l’administration Obama a en effet très vite identifié les forces kurdes comme les partenaires les plus viables sur le terrain dans le cadre de leur lutte contre l’organisation terroriste djihadiste. Ce soutien s’est tout particulièrement matérialisé lors de la bataille de Kobané, du 15 septembre 2014 au 20 mars 2015 : assiégés par Daech au sud, à l’ouest et à l’est, acculés au nord par la Turquie, volontairement passive [12], les combattants kurdes parviendront, au terme de plusieurs mois de combat, à repousser les militants de l’Etat islamique avec l’aide de la Coalition internationale mise sur pied par Washington le 15 juin 2014 (l’opération « Inherent Resolve »). Cette victoire sera le prélude de bien d’autres : financés [13], équipés [14], formés [15] et appuyés [16] par les Américains, les Kurdes et leurs alliés (le bataillon arménien « Nubar Ozanyan » par exemple, ou encore plusieurs milices assyriennes à l’instar des « Gardes de Khabour ») initieront un rouleau compresseur qui les conduira d’al-Shaddadi à Manbij en passant par Raqqah, la moyenne vallée de l’Euphrate, puis Baghuz, qu’ils emporteront à l’Etat islamique le 23 mars 2019, signant la fin territoriale du Califat autoproclamé.

La lutte des combattants kurdes syriens contre Daech aura coûté la vie à plus de onze mille d’entre eux [17], sans compter un nombre bien plus grand encore de blessés. L’alliance entre Washington et les Kurdes syriens aura permis à l’armée américaine de ne déployer qu’une quantité très marginale de forces au sol, essentiellement des forces spéciales : en tout, à la fois en Syrie et en Irak, l’engagement américain contre Daech aura coûté la vie à 99 de ses soldats [18], un chiffre bien en-deçà des 4 490 pertes comptabilisées pour la Seconde guerre du Golfe [19] (2003-2011), pourtant de même durée que l’opération Inherent Resolve (2014-en cours) et menée sur un théâtre d’opérations similaire. Les Kurdes ont donc permis à Washington de mener une guerre de très forte intensité à moindre coût humain aux yeux de l’opinion publique, grâce à des pertes américaines très limitées.

Malgré la loyauté et l’engagement des forces Kurdes auprès de la Coalition internationale contre Daech, la Turquie s’est montrée, dès la bataille de Kobané, hautement critique du soutien américain à l’égard du PYD. Ce dernier est en effet la filiale syrienne du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), mouvement révolutionnaire kurde inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, des Etats-Unis et de la Turquie, qui déplore la mort d’une quarantaine de milliers de personnes depuis le début du conflit avec le PKK en août 1984 [20]. Celle-ci considère donc les nombreuses art3349 excroissances territoriales du PKK, tant en Syrie qu’en Iran et en Irak, comme des groupes terroristes au même titre que le PKK. Ankara déplore donc, depuis ses débuts, le soutien de la Coalition internationale à un mouvement kurde qu’elle considère comme terroriste. Cette classification du PYD et de ses alliés comme étant des terroristes a nourri systématiquement, et dans sa quasi-totalité, l’argumentaire turc visant à justifier ses nombreuses opérations dans la zone, notamment lors de la dernière opération en date, « Source de Paix ».

Cette divergence de vues a pu conduire, en de nombreuses occasions, à des divergences opérationnelles sur le terrain : ainsi, l’opération turque « Rameau d’olivier » conduite à l’encontre du canton kurde syrien d’Afrin de janvier à mai 2018 a paralysé pendant plusieurs semaines les opérations de la Coalition dans la moyenne vallée de l’Euphrate contre les derniers bastions de Daech, en raison du transfert de nombreux bataillons kurdes - les FDS ont avancé le chiffre de 1 700 combattants envoyés à Afrin - afin de faire face à l’offensive turque dans le nord-ouest syrien [21].

Les bras-de-fer diplomatiques entre Washington et Ankara se sont ainsi montrés très réguliers au cours des dernières années sur le sujet [22] et, malgré la relative accalmie sur le front syrien, en partie due à la pandémie de COVID-19, ce différend reste toujours très prégnant : ainsi, alors que le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin déclarait le 8 mars dernier que « la Turquie continuera à faire pression sur les Etats-Unis afin qu’ils arrêtent de soutenir les YPG » [23], le Ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, affirmait que le « plus grand défi de la relation entre la Turquie et les Etats-Unis n’est pas celui des S400, mais celui du soutien américain aux YPG » [24].

B. L’achat des systèmes d’armes antiaériens russes S400

La chronologie de l’achat des S400 par la Turquie débute courant de l’année 2016 : cette année là, les relations turco-russes s’améliorent très nettement après avoir connu plusieurs mois particulièrement ardus [25], concomitamment à un éloignement accru d’Ankara à l’égard de l’Europe et des Etats-Unis, dont les signes de soutien envers la Turquie à la suite de la tentative de coup d’Etat le 15 juillet 2016 se sont montrés quasi-inexistants [26], poussant même le gouvernement turc à estimer que « l’Occident a pris le parti des putschistes » [27].

Cette année là, face à un contexte sécuritaire régional particulièrement volatile, les autorités turques expriment leur souhait, auprès de Moscou, de moderniser leur défense antiaérienne en acquérant des S400. Ce choix n’est pas anodin : outre le rapprochement entre Ankara et Moscou que l’achat de ces systèmes d’armes induit, ces derniers s’avèrent être parmi les meilleurs au monde [28] et ont déjà été achetés par des puissances comme la Chine en avril 2015 par exemple. L’achat des S400 par Ankara est formalisé le 29 décembre 2017 : d’un coût total de 2,5 milliards de dollars, cet accord lui garantit la livraison, d’ici au premier trimestre 2020, de quatre batteries de missiles sol-air, au grand dam des membres de l’Alliance atlantique et plus particulièrement des Etats-Unis.

En effet, au-delà de la symbolique - un membre de l’OTAN comme la Turquie s’armant auprès du rival russe - déjà très forte, la préoccupation américaine est motivée par des raisons opérationnelles : avec plusieurs pays de l’OTAN et certains alliés, notamment Israël, les Etats-Unis conduisent depuis 2008 un programme de développement d’un avion de combat multi-rôles furtif de cinquième génération, le F35 Lightning II [29]. La Turquie n’y joue pas un rôle secondaire : une dizaine de fournisseurs turcs devaient fabriquer plus de 900 appareils, dont 400 à fournisseur unique, c’est-à-dire produites uniquement par les industries turques [30].

Or, les Etats-Unis ont exprimé leur crainte, en cas d’intégration des S400 dans le dispositif militaire turc, que les Russes puissent capter de nombreuses informations sensibles sur les technologies de haute volée utilisées par les F35, notamment en matière de furtivité. Washington fait par ailleurs valoir que les systèmes d’armes russes ne sont pas compatibles avec ceux de l’OTAN, réduisant d’autant la capacité d’interopérabilité de la Turquie avec ses alliés de l’Alliance atlantique.

Durant plusieurs mois, Washington mettra ainsi en garde Ankara, la menaçant tantôt de sanctions [31] ou lui proposant d’acheter, à la place, des systèmes de défense antiaérienne américains, les MIM-104 Patriot [32] (deux fois plus onéreux que des S400 [33]), en vain. Ankara continuera en effet le processus d’acquisition des S400, poussant les Etats-Unis à envoyer un premier coup de semonce en suspendant les livraisons de F35 à la Turquie le 1er avril 2019 [34], accompagné d’un ultimatum : si la Turquie n’annule pas l’achat des missiles d’ici la fin du mois de juillet 2019, les pilotes turcs en formation sur les F35 aux Etats-Unis seront expulsés. Les autorités turques persisteront malgré tout et recevront une première batterie le 12 juillet 2019 [35], entraînant leur expulsion immédiate du programme du F35 par Washington le 17 juillet 2019 [36], suivie d’une seconde le 27 août de la même année et l’accueil, par la Russie, d’effectifs militaires turcs venus se former à l’utilisation des missiles antiaériens [37].

Finalement, face à la résolution turque, les Etats-Unis décident d’utiliser contre la Turquie le CATSA (« Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act » : « Loi de lutte contre les adversaires de l’Amérique par des sanctions »), une loi signée par Donald Trump le 2 août 2017 visant initialement à imposer des sanctions à l’Iran, la Corée du Nord et la Russie. Le 14 décembre 2020, le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo annonce la promulgation prochaine de sanctions contre Ankara en raison de son acquisition de S400 [38] ; ces sanctions sont officiellement appliquées le 7 avril 2021 [39] et s’en prennent à plusieurs responsables des Industries de défense turques (SSB), en raison de leur « participation à des transactions significatives avec Rosoboronexport, la principale entité russe d’exportation d’armes, en se procurant des systèmes de missiles S-400. Les sanctions incluent une interdiction pour toutes les licences d’exportation américaines, un gel des avoirs et des restrictions de visa à l’encontre du Dr. Ismail Demir, président de SSB, et d’autres responsables de SSB » [40].

Faute de pouvoir désormais empêcher la Turquie de se procurer les S400, déjà livrés par la Russie, les Etats-Unis essayent désormais de persuader les autorités turques de ne pas activer les systèmes d’armes [41]. La première rencontre entre le Président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue américain Joe Biden le 17 juin 2021, durant laquelle le dossier des S400 a été évoqué, n’aura pas permis de résoudre le différend lié aux missiles [42] ; la présidence turque s’est montrée relativement claire à cet égard, affirmant que les Etats-Unis « ne doivent pas attendre de la Turquie qu’elle prenne une position différente sur […] les S400 » [43]. Le dossier, toujours d’actualité, se montre ainsi le garant de futures tensions entre les deux alliés de l’OTAN.

Lire la partie 2

Sitographie :
- U.S. secretary of state nominee Blinken says Turkey not acting like an ally, Reuters, 19/01/2021
https://www.reuters.com/article/us-usa-biden-state-turkey-idUSKBN29O2OM
- Turkey Will Not Return to the Western Fold, Foreign Affairs, 19/05/2021
https://www.foreignaffairs.com/articles/turkey/2021-05-19/turkey-will-not-return-western-fold
- Why Is Turkey Fighting Syria’s Kurds ?, Foreign Policy, 17/10/2019
https://foreignpolicy.com/2019/10/17/turkey-claim-syrian-kurds-terrorists-not-isis-ypg-pkk-sdf/
- Turkey’s Halkbank urges end of U.S. prosecution alleging Iran sanctions violations, Reuters, 13/04/2021
https://www.reuters.com/world/middle-east/turkeys-halkbank-urges-end-us-prosecution-alleging-iran-sanctions-violations-2021-04-12/
- Two years on, US stalls Turkey on Fetullah Gülen’s extradition, Daily Sabah, 19/07/2018
https://www.dailysabah.com/diplomacy/2018/07/19/two-years-on-us-stalls-turkey-on-fetullah-gulens-extradition
- Biden becomes first US president to recognise Armenian genocide, Tue Guardian, 24/04/2021
https://www.theguardian.com/us-news/2021/apr/24/joe-biden-armenian-genocide-recognition
- Turkey says Iran sanctions "mistake", Reuters, 10/06/2010
https://www.reuters.com/article/us-turkey-arab-idUSTRE6591KR20100610
- Will the US punish ISIS profiteers ?, AEI, 26/10/2016
https://www.aei.org/foreign-and-defense-policy/middle-east/will-the-us-punish-isis-profiteers/
- Andrew Brunson : Turkey releases US pastor after two years in prison, The Guardian, 12/10/2018
https://www.theguardian.com/world/2018/oct/12/andrew-brunson-release-turkish-court
- Andrew Brunson : US hits Turkey with sanctions over jailed pastor, BBC News, 02/08/2018
https://www.bbc.com/news/world-us-canada-45036378
- Pompeo Criticizes Turkey’s Involvement in Nagorno-Karabakh Conflict, VOA, 16/10/2020
https://www.voanews.com/south-central-asia/pompeo-criticizes-turkeys-involvement-nagorno-karabakh-conflict
- U.S. funding of Syrian YPG militia will impact Turkey’s decisions : Erdogan, Reuters, 13/02/2018
https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-turkey-usa-idUSKBN1FX0XP
- U.S. starts providing weapons to Syrian Kurds, Reuters, 30/05/2017
https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-usa-kurds-idUSKBN18Q2AL
- The end of an era : 60,000 strong US-trained SDF partner force crumbles in a week under heavy Turkish assault, 14/10/2019
https://www.militarytimes.com/2019/10/14/the-end-of-an-era-60000-strong-us-trained-sdf-partner-force-crumbles-in-a-week-under-heavy-turkish-assault/
- The Role of U.S. Airpower in Defeating ISIS, RAND, 2021
https://www.rand.org/pubs/research_briefs/RBA388-1.html
- 11,000 Kurds died fighting ISIS and now the US is abandoning them — who will help America next time ?, Insider, 08/10/2019
https://www.businessinsider.com/military-leaders-warn-trump-abandoning-ally-grave-mistake-2019-10?IR=T
- Turkey’s PKK Conflict : The Death Toll, Crisis Group, 20/07/2016
https://www.crisisgroup.org/europe-central-asia/western-europemediterranean/turkey/turkey-s-pkk-conflict-death-toll
- Anti-IS coalition paralyzed as YPG faces Turkey, Al Monitor, 06/03/2018
https://www.al-monitor.com/originals/2018/03/turkey-olive-branch-disrupts-us-coalition-isis.html
- US does not recognize YPG as terrorist group : Syria envoy Jeffrey, Daily Sabah, 07/11/2018
https://www.dailysabah.com/war-on-terror/2018/11/07/us-does-not-recognize-ypg-as-terrorist-group-syria-envoy-jeffrey
- Turkey to keep pressing US to stop supporting PYD/YPG, Anadolu Ajansi, 08/03/2021
https://www.aa.com.tr/en/americas/turkey-to-keep-pressing-us-to-stop-supporting-pyd-ypg/2168776
- Biggest Turkey-US relations’ challenge not S400s but YPG support, Daily Sabah, 07/06/2021
https://www.dailysabah.com/politics/war-on-terror/biggest-turkey-us-relations-challenge-not-s400s-but-ypg-support
- Turkey’s Erdogan slams West for failure to show solidarity over coup attempt, Reuters,29/07/2016
https://www.reuters.com/article/us-turkey-security-idUSKCN10912T
- Turkey’s Erdogan : The West is taking sides with coup, Al Jazeera, 02/08/2016
https://www.aljazeera.com/news/2016/8/2/turkeys-erdogan-the-west-is-taking-sides-with-coup
- S-400 missile system : What is it and why does Turkey want it ?, DW, 12/07/2019
https://www.dw.com/en/s-400-missile-system-what-is-it-and-why-does-turkey-want-it/a-49571650
- F-35, le Pentagone s’active en direction de ses fournisseurs !, Avia news, 23/07/2019
http://psk.blog.24heures.ch/archive/2019/07/23/f-35-le-pentagone-s-active-en-direction-de-ses-fournisseurs-867734.html
- ’Very real’ risk of sanctions against Turkey over S-400, US says, Daily Sabah, 29/10/2020
https://www.dailysabah.com/politics/diplomacy/very-real-risk-of-sanctions-against-turkey-over-s-400-us-says
- Turkey Rejects Offers for American Patriot Missile Batteries ; S-400 Sufficient for Air Defence, Military Watch, 04/03/2019
https://militarywatchmagazine.com/article/turkey-rejects-offers-for-american-patriot-missile-batteries-s-400-sufficient-for-air-defence
- Russia is luring international arms buyers with a missile system that costs much less than models made by American companies, CNBC, 19/11/2018
https://www.cnbc.com/2018/11/19/russia-lures-buyers-as-s-400-missile-system-costs-less-than-us-models.html
- US suspends F-35 delivery to Turkey over Russian missile system, DW, 01/04/2019
https://www.dw.com/en/us-suspends-f-35-delivery-to-turkey-over-russian-missile-system/a-48155227
- Turkey receives first S-400 missile delivery from Russia, DW, 12/07/2019
https://www.dw.com/en/turkey-receives-first-s-400-missile-delivery-from-russia/a-49566433
- U.S. sanctions Turkey over purchase of Russian S-400 missile system, CNBC, 14/12/2020
https://www.cnbc.com/2020/12/14/us-sanctions-turkey-over-russian-s400.html
- US sanctions for Turkey’s S-400 procurement come into effect, New Europe, 08/04/2021
https://www.neweurope.eu/article/us-sanctions-for-turkeys-s-400-procurement-come-into-effect/
- Turkish military begins S-400 training in Russia, TASS, 04/09/2019
https://tass.com/defense/1076428
- US sanctions for Turkey’s S-400 procurement come into effect, New Europe, 08/04/2021
https://www.neweurope.eu/article/us-sanctions-for-turkeys-s-400-procurement-come-into-effect/
- No resolution on S-400 dispute during Biden-Erdoğan meeting, Al Jazeera, 17/06/2021
https://www.aljazeera.com/news/2021/6/17/no-resolution-on-s400-dispute-during-biden-erdogan-meeting
- Erdogan says he told Biden Turkey to keep stance on S-400s, Al Jazeera, 17/06/2021
https://www.aljazeera.com/news/2021/6/17/erdogan-tells-biden-turkey-to-keep-its-stance-on-russian-s-400s

Publié le 12/07/2021


Emile Bouvier est étudiant à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, où il prépare les concours de la fonction publique. Diplômé d’un Master 2 en Géopolitique, il a connu de nombreuses expériences au Ministères des Armées, notamment au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à l’Etat-major des Armées dans une cellule d’analyse géopolitique, ou encore en Mission de Défense (MdD) en Turquie. Son grand intérêt pour la Turquie et la question kurde l’ont amené à voyager à de nombreuses reprises dans la région et à travailler sur les problématiques turques et kurdes à de multiples occasions.


 


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