Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Iran

  • Le Majlis, miroir fragile des luttes de la société iranienne - 05/03/20

    Lors d’une conférence de presse en date du 25 février 2020, le vice-ministre iranien de la Santé, M. Harirchi, indiquait, en dépit d’un état fiévreux, que l’épidémie de coronavirus était sous contrôle. Pourtant, le virus gagne du terrain dans le pays, et cette progression a de quoi inquiéter au vu du positionnement de l’Iran, étape clef sur la route de la soie, à la croisée des continents.

    Si cette actualité globale accapare l’attention des media, elle cacherait les très révélatrices élections législatives qui se sont déroulées en Iran le 21 février 2020. La victoire quasi-acquise des conservateurs dès le premier tour est un camouflet pour le président modéré Hassan Rohani en interne, et une conséquence de la politique de sanctions maximales voulue par Donald Trump et soutenue par des puissances occidentales impuissantes.

    Si cette élection est passée largement inaperçue en étant considérée comme une simple validation des volontés de l’Ayatollah Khameini, elle est en réalité un moment politique fort du pays qui acte la dynamique de victoire du camp conservateur. Afin de remettre cette élection dans son contexte national et transnational, cet article commencera par aborder la naissance et l’histoire du Majlis (Parlement iranien), avant de se concentrer sur les élections législatives de 2020 et ses conséquences politiques et sociales.

  • Point de situation à Idlib : vers la bataille finale de l’insurrection en Syrie ? - 21/02/20

    « Le régime détruit tout ce qui peut nous aider à continuer à vivre », déplorait un secouriste des Casques blancs interviewé par le quotidien français Le Monde au début du mois de février (1). Cette déclaration illustre le ressenti des Syriens piégés dans la poche insurgée d’Idlib, mais aussi, et surtout, la détermination du régime syrien à en finir une bonne fois pour toute avec le dernier bastion des insurgés en Syrie (2).

    De fait, le régime syrien a initié, depuis l’été 2019, une vaste offensive contre la poche d’Idlib, dont l’intensité n’a fait que croître au fil des mois. Le début du mois de février constitue, à cet égard, un véritable climax : de frappes aériennes en tirs d’artillerie terrestre, le régime syrien et son allié russe redoublent d’efforts afin de venir à bout du dernier territoire insurgé en Syrie.

    L’offensive de ce début d’année 2020 s’avère pour le moment un succès par la reconquête de plusieurs localités et axes d’importance pour le régime syrien, notamment l’autoroute 5, hautement stratégique et symbolique, reliant Damas à Alep. La résolution ferme du régime syrien de reconquérir définitivement la poche d’Idlib passe toutefois par la commission de nombreux dommages collatéraux et l’aggravation d’une situation humanitaire déjà insoutenable, comme l’illustrent les craintes de nouvelles vagues migratoires massives en Turquie, qui accueille déjà sur son sol plus de 3,5 millions de réfugiés.

    Cet article va ainsi s’employer à décrire les tenants et aboutissants de l’offensive syrienne, d’abord d’un point de vue militaire (I), puis en terme diplomatique et humanitaire (II).

  • L’épopée d’Antar - 20/02/20

    Dans le monde médiéval où l’irrationnel et la magie participent de la société orientale, la numérologie, l’astrologie et les lettres sont liées. Nommer un être détermine déjà une partie de son avenir. Chaque lettre de l’abjad ou alphabet arabe, possède une valeur numérique qui conditionne son utilisation ou son choix. Ajadi, un terme dérivé de ce mot qualifie un novice. L’alif possède la valeur de 1, ba celle de 2, ta : 400, tha : 500, jim : 3, dalet : 4, etc. Cette association n’est pas due aux arabophones mais puise ses racines dans une tradition ancienne attribuée au monde phénicien voire même ougaritique passée par l’intermédiaire de l’écriture hébraïque et par comparaison avec l’alphabet grec dont les premières lettres possèdent une équivalence numérique. L’origine de la langue arabe, syriaque ou nabatéenne, est narrée dans une série de mythes qui la font remonter aux temps des bédouins supposés rois de Madian : Abu Jad, Hawwiz, Hutti, Kalimun, Safas et Qurusa’at. Selon l’organisation des lettres de l’alphabet sémitique, les noms de ces rois sont ordonnés selon une combinaison de trois ou quatre consonnes allant d’aleph à taw (1).

  • Les milices chiites au Levant : historique et point de situation de leurs activités. Partie 1 : le Hezbollah libanais, parrain et modèle des milices chiites en Syrie - 17/02/20

    Le 29 décembre 2019, une séquence de frappes aériennes américaines cible des positions de la milice chiite Ka’taib Hezbollah en Irak, tuant 25 de ses combattants et détruisant de nombreux équipements militaires. « Notre combat contre l’Amérique et ses mercenaires est maintenant ouvert à toutes les possibilités ! », déclare dans la foulée la force paramilitaire (1). Alors que l’Iran déplore cet acte de « terrorisme », le grand Ayatollah chiite irakien Ali al-Sistani condamne « l’atroce agression » américaine. Trois jours plus tard, le général iranien Ghassem Soleimani, parrain des milices chiites, est tué dans une frappe aérienne américaine à Bagdad aux côtés d’Abou Mehdi al-Mouhandis, homme fort des Forces de mobilisation populaire (PMF), provoquant une véritable mobilisation anti-américaine au sein des milices chiites au Levant (2).

    De fait, depuis l’intervention militaire d’Israël au Liban le 6 juin 1982, Téhéran s’emploie à recruter, former et équiper des combattants étrangers venant d’horizons très variés (Liban, Irak, Syrie, Yémen, Afghanistan et Pakistan notamment), dont le dénominateur commun est celui de leur foi chiite et de leur loyauté vis-à-vis de l’Iran. Ces combattants ont, au fil des années, fortement accru leurs capacités opérationnelles, leur équipement et leur expertise militaire, au point d’accroître régulièrement l’attention - et la tension - des Etats-Unis et de ses alliés, notamment des Israéliens.

    Qui sont ces milices chiites ? Pourquoi (et comment) se retrouvent-elles à ce point corrélées à l’Iran ? Quel est leur poids dans la balance géopolitique aujourd’hui ? C’est à ces questions que cet article s’attachera à répondre, en reconstituant la sociogenèse des milices chiites au Liban et en Syrie (première partie) ainsi qu’en Irak (deuxième partie) et partant, leur valeur dans l’équation sécuritaire et diplomatique moyen-orientale aujourd’hui.

  • Etude : l’élimination du général Soleimani : exorciser 1979 ? Divorce irakien ? - 11/02/20

    La liquidation, le 3 janvier, du général Soleimani et d’Abu Mahdi al-Muhandis, chef adjoint des Popular Mobilization Forces (alias PMF ou PMU), et responsable de la milice Kataeb Hezbollah soutenue par l’Iran, pose maintes questions sur ses causes et ses conséquences de plusieurs natures. Pour évaluer ces dernières, il est nécessaire, disposant à présent d’un peu de recul, de scruter d’abord les raisons encore mal éclaircies qui ont conduit à cette opération au vu des alibis avancés et des circonstances étranges qui l’entourent. Délaisser la poursuite de leur examen augmente le risque de contresens si nous voulons décrire le nouveau paysage qui en découle et les stratégies des acteurs en présence. N’oublions pas que depuis longtemps, un « contrat » pesait sur la tête du célèbre commandant de la Force al-Qods. Mais jusqu’ici, Américains et Israéliens, tout en suivant Soleimani à la trace, s’étaient abstenus de l’éliminer (1). Il s’agissait de ne pas franchir une ligne rouge pouvant mener à un affrontement direct avec Téhéran, d’éviter de ruiner toute possibilité de négociation avec l’Iran et de se priver d’un interlocuteur de poids. En octobre 2019, Hossein Taeb, chef des services de renseignements des Gardiens, avait prétendu qu’un attentat à la bombe contre un centre religieux fréquenté par le célèbre général dans la province de Kerman avait été déjoué (2) et l’avait qualifié de complot « hébreu-arabe ». Derrière ce qualificatif, on peut plutôt imaginer des terroristes sunnites islamistes venus d’Irak, dont ce n’est pas la première incursion en Iran. D’aucuns perçoivent des ‘avertissements’ déjà lancés contre le général (dont une lettre de Pompeo qu’il déclara n’avoir jamais vue ni lue) (3), et ignorés par lui, mais ces mises en garde valent-elles certitude de déclenchement d’opération létale contre lui s’il ne se ‘soumet’ pas ? Rien n’est moins sûr.
    Michel Makinsky est Directeur Général d’Ageromys International, chercheur associé IPSE, collaborateur scientifique auprès de l’Université de Liège.

  • De la nécessité d’une approche postcoloniale dans le traitement médiatique de l’Iran - 05/02/20

    « Monsieur, ils ont environ une minute à vivre, Monsieur… 30 secondes, 10, 9, 8… Et puis soudain, boom. Ils ne sont plus là, Monsieur ». Il ne s’agit pas d’une réplique de film hollywoodien, mais de la description donnée par Donald Trump de la mort de Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, tués le 3 janvier dernier par une frappe américaine. A l’occasion d’un dîner de levée de fonds du parti Républicain, dans sa résidence de Mara-Lago en Floride le 17 janvier dernier, le Président américain a ainsi révélé les coulisses de l’opération militaire aux donateurs présents.

  • La geste d’Ardashir fils de Pābag - 04/02/20

    Suite au précédent article, nous restons dans la dimension épique persane témoignant d’un lointain passé. Le Kārnāmag Artaxšēr ī Pāpakān, la geste d’Ardashir fils de Pābag, nous amène en voyage dans les montagnes de l’Iran Sassanide, dans le Qal’a-e Doxtar, le château d’Ardashir sur la route de Firuzābād à Shirāz, ou dans son palais à Firuzābād.

  • Le mémorial de Zarēr - 15/01/20

    Dans un précédent article, nous avions évoqué ce poème de la chèvre et du dattier, le Draxt ī asūrīg, datant de l’époque parthe et parvenu jusqu’à nous par le biais de la langue moyen-perse. Ce petit texte en vers philosophiques n’est pourtant pas le seul qui nous soit parvenu de cette époque lointaine. Deux poèmes épiques, témoins de la longue tradition concentrée dans le Shānāmeh, datent eux-aussi de cette période : le Kārnāmag Artaxšēr ī Pāpakān et l’Ayādgār ī Zarērān, le mémorial de Zarēr, frère cadet du roi Vištāsp, le mythique roi Kayanide, réputé être le premier roi zoroastrien. Le premier fera l’objet d’un prochain article et c’est le second que je vais vous conter. Il est préservé dans un manuscrit unique copié en 1322 de notre ère et préservé dans le Codex MKII hébergé à Mumbai.

  • Entretien avec Arthur Quesnay sur la présence iranienne en Irak et sur l’escalade des tensions entre Téhéran et Washington - 09/01/20

    Le 3 janvier dernier, le général iranien Qassem Soleimani est tué dans une frappe américaine ciblée, à Bagdad, en Irak. Cinq jours plus tard, l’Iran tire plusieurs missiles contre deux bases abritant des troupes américaines en Irak, sans faire de victimes. Un nouveau pas dans l’escalade des violences entre Washington et Téhéran, qui faire craindre une guerre au Moyen-Orient, et qui interroge sur la présence iranienne en Irak. Le chercheur Arthur Quesnay reveint dans cet entretien sur les mobilisations à l’oeuvre sur le territoire irakien.

    Docteur en Science politique, Arthur Quesnay est post-doctorant à l’ERC « Sociologie des guerres civiles » dirigé par Gilles Dorronsoro (Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne). Établi dans le Nord de l’Irak depuis 2009 et effectuant des séjours réguliers auprès de l’opposition en Syrie depuis 2012, ses recherches portent sur les dynamiques politiques des conflits irakien et syrien. Il a notamment co-écrit avec Adam Baczko et Gilles Dorronsoro, Syrie, Anatomie d’une guerre civile, Éditions CNRS, 2016.

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