Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Iran

  • Le mémorial de Zarēr - 15/01/20

    Dans un précédent article, nous avions évoqué ce poème de la chèvre et du dattier, le Draxt ī asūrīg, datant de l’époque parthe et parvenu jusqu’à nous par le biais de la langue moyen-perse. Ce petit texte en vers philosophiques n’est pourtant pas le seul qui nous soit parvenu de cette époque lointaine. Deux poèmes épiques, témoins de la longue tradition concentrée dans le Shānāmeh, datent eux-aussi de cette période : le Kārnāmag Artaxšēr ī Pāpakān et l’Ayādgār ī Zarērān, le mémorial de Zarēr, frère cadet du roi Vištāsp, le mythique roi Kayanide, réputé être le premier roi zoroastrien. Le premier fera l’objet d’un prochain article et c’est le second que je vais vous conter. Il est préservé dans un manuscrit unique copié en 1322 de notre ère et préservé dans le Codex MKII hébergé à Mumbai.

  • Entretien avec Arthur Quesnay sur la présence iranienne en Irak et sur l’escalade des tensions entre Téhéran et Washington - 09/01/20

    Le 3 janvier dernier, le général iranien Qassem Soleimani est tué dans une frappe américaine ciblée, à Bagdad, en Irak. Cinq jours plus tard, l’Iran tire plusieurs missiles contre deux bases abritant des troupes américaines en Irak, sans faire de victimes. Un nouveau pas dans l’escalade des violences entre Washington et Téhéran, qui faire craindre une guerre au Moyen-Orient, et qui interroge sur la présence iranienne en Irak. Le chercheur Arthur Quesnay reveint dans cet entretien sur les mobilisations à l’oeuvre sur le territoire irakien.

    Docteur en Science politique, Arthur Quesnay est post-doctorant à l’ERC « Sociologie des guerres civiles » dirigé par Gilles Dorronsoro (Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne). Établi dans le Nord de l’Irak depuis 2009 et effectuant des séjours réguliers auprès de l’opposition en Syrie depuis 2012, ses recherches portent sur les dynamiques politiques des conflits irakien et syrien. Il a notamment co-écrit avec Adam Baczko et Gilles Dorronsoro, Syrie, Anatomie d’une guerre civile, Éditions CNRS, 2016.

  • Le Shāhnāmeh : nouvelle édition française - 06/01/20

    En 1648, les peintres de la cour safavide, Muhammad Qasim et Muhummad Yusuf (1), réalisent 148 miniatures d’une exquise finesse. Réhaussée par la calligraphie en nastaliq de Mohammad Hakim Hosseini, cette nouvelle version du « Livre des Rois » a été commandée par Qarajaghay Khan, le gouverneur de Mašad. Commandant en chef des armées de Abbas Ier de Perse, il fut tué alors qu’il commandait une compagne contre la rébellion géorgienne. Cette œuvre, pur produit de l’école de peinture d’Ispahan, est le témoin d’un profond bouleversement de la culture iranienne et de son expression par l’irruption de l’influence de la culture picturale et livresque européenne. L’« Atelier du Livre Royal » de Tabriz, dont étaient issus les célèbres miniaturistes de la fin de l’ère timouride et du début de l’Empire safavide, Behzād (1450-1535), Soltan Mohammad (1470-1555) et Aqā Mirāk (1520-1576), est dissous. Les artistes, autrefois organisés au sein d’une école, travaillent individuellement et puisent à des sources diverses même pour illustrer la grande épopée des rois de Perse : le Shāhnāmeh finalisé au début du XIème siècle par l’écrivain-poète Ferdowsi. La version de Qarajaghay Khan voyage pendant près d’un siècle et arrive entre les mains de Ahmad Shah Durrani (1722-1772), le fondateur de son empire éponyme dans l’actuel Afghanistan, puis de son fils Kamran Shah qui offrira cet ouvrage à la reine Victoria en 1839. Il se trouve aujourd’hui dans la collection royale de la librairie de château de Windsor.

    La nouvelle traduction de la grande épopée iranienne en vers semi-libres par Pierre Lecoq dans la collection des Belles Lettres permet au lecteur francophone de découvrir l’entièreté du voyage offert par le Shāhnāmeh à travers l’histoire historico-mythique de l’Iran, de la création du monde aux conquêtes arabes. Elle donne également accès à un fleuron du patrimoine iranien qui, pendant un millénaire, fut mémorisé, lu, commenté, adapté au théâtre ou qui a accompagné les lutteurs des Zourkhaneh (2), associant à leurs efforts physiques la force des héros de l’épopée par la musique du tombak et le chant des poèmes tirés de cette fresque épique.

  • La République de Mahabad (1946-1947), une expérience fondatrice de l’identité kurde (1/2) - 03/01/20

    « L’unique exemple d’une réelle indépendance kurde » : ainsi l’ancien diplomate américain William Eagleton Jr. résume-t-il en 1963 la République de Mahabad (1), dont la courte expérience aura pourtant profondément et durablement marqué la construction identitaire kurde.

    L’histoire de cette république éphémère est en effet celle de l’établissement d’un premier Etat kurde indépendant, reconnu à demi-mots par plusieurs pays, dont l’URSS, et qui se dotera d’un gouvernement aux fonctions tant administratives que militaires. C’est aussi l’histoire, bien connue des Kurdes, d’un projet autonomiste dont l’échec sera en grande partie dû à l’absence de soutien de la communauté internationale. L’adage kurde disant que « les montagnes sont les seules amies des Kurdes » tient, en grande partie, à des récits comme ceux de la République de Mahabad.

    Cette république, qui trouvera son terme un an après sa création à la suite d’une intervention de l’armée iranienne, se distingue à bien des égards des précédentes rébellions kurdes à visée autonomiste comme la République de l’Ararat (1927-1931).

    Que s’est-il passé durant cette période où, pendant un an, la ville iranienne de Mahabad s’est retrouvée au centre d’un Etat kurde indépendant inséré dans les montagnes du Kurdistan iranien ? Le contexte de l’après-guerre, ainsi que celui de la Guerre froide, expliquent en grande partie la fenêtre d’opportunité que les Kurdes ont su saisir pour fonder leur république (I) ; celle-ci prendra la forme d’un gouvernement, composé de ministres et de généraux (II), avant que les autorités iraniennes n’y mettent fin avec l’appui, ou l’indifférence, de puissances étrangères (III). Les raisons exactes de l’échec de la République de Mahabad sont aujourd’hui encore débattues et trouvent, toujours de nos jours, des échos particulièrement sonores dans la lutte indépendantiste de nombreux partis kurdes au Moyen-Orient (IV).

  • « La chouette aveugle », retour sur la vie de l’écrivain iranien Sadegh Hedayat (1903-1951) - 30/12/19

    L’écrivain iranien Sadegh Hedayat (1903-1951), se suicide le 9 avril 1951 dans son appartement parisien situé au numéro 37 de la rue Championnet, dans le XVIIIème arrondissement. Désespéré par ce monde absurde et cruel, il laissera derrière lui les seuls écrits qu’il avait partagés avec son cercle d’amis restreint. Il détruira le reste par les flammes avant de se laisser tuer par le monoxyde de carbone.

    En effet, comme il l’écrit dans cet extrait de La chouette aveugle, « il est des plaies qui, pareilles à la lèpre, rongent l’âme, lentement, dans la solitude. Ce sont là des maux dont on ne peut s’ouvrir à personne. Tout le monde les range au nombre des accidents extraordinaires et si jamais quelqu’un les décrit par la parole ou par la plume, les gens, respectueux des conceptions couramment admises, qu’ils partagent d’ailleurs eux-mêmes, s’efforcent d’accueillir son récit avec un sourire ironique. Parce que l’homme n’a pas encore trouvé de remède à ce fléau. Les seules médecines efficaces sont l’oubli que dispensent le vin et la somnolence artificielle procurée par la drogue ou les stupéfiants. Les effets n’en sont, hélas, que passagers : loin de se calmer définitivement, la souffrance ne tarde pas à s’exaspérer de nouveau ».

  • Les vers apotropaïques - 23/12/19

    Pour conjurer l’emprise des démons en cette période de l’année, il faut être poète. Les mots des aèdes, des rhapsodes, des bardes ou des trouvères ont ce pouvoir, issu de leur statut divin car émanant de l’inspiration, de protéger le monde même au milieu de la nuit. Alors que le jour s’éteint et que la Nature est abandonnée à la noirceur de la plus longue nuit, en ce solstice d’hiver, les tables iraniennes se garnissent de pastèque et de grenades, de noix et de fruits. Au centre de l’espace dressé pour célébrer le passage de cette nuit où le jour est le plus court, se trouve un livre, leDivān-e Hāfez, un recueil en vers mi-philosophique, mi-prophétique, un sortilège implacable, assurant la fin funeste de tout soldat d’Ahriman, le principe du mal.

  • L’Inde, autre exemple de diplomatie émergente au Moyen-Orient - 19/12/19

    Dans un monde où la mondialisation semble avoir triomphé, de nouvelles potentielles super-puissances « émergentes » ne cessent d’apparaître (1). Avec de nouveaux pays au sommet de la chaîne économique mondiale à travers la nouvelle division internationale du travail, des ambitions géopolitiques se dévoilent et entendent affaiblir les hégémonies existantes dans les relations internationales (2). Si l’exemple de la Chine - première puissance mondiale « en devenir » depuis le tournant du millénaire - est aujourd’hui au centre de l’attention avec des projets comme les nouvelles Routes de la Soie (3) dont les débouchés concernent directement l’Union européenne depuis le rachat par Pékin du port du Pirée en 2016 (4), d’autres stratégies innovantes se développent (5). On pense en particulier à la Russie qui continue de s’inscrire comme un acteur géostratégique majeur, notamment par son retour au Moyen-Orient à travers la guerre en Syrie (6), ses nouvelles relations avec la Turquie comme pôle d’influence régionale (7), mais aussi sa tentative d’intervention en Libye (8), pour laquelle il est encore trop tôt pour en évaluer la réussite. En parallèle de la Chine et de la Russie, un autre pays tente de s’imposer à la fois en Asie et au Moyen-Orient pour défendre sa sécurité et ses intérêts, tout en construisant sa propre influence : l’Inde. A travers l’étude de la relation historique de la « plus grande démocratie du Monde » avec la République islamique d’Iran (9) comme autre pôle régionale d’influence stratégique (10), nous nous intéresserons aux tenants et aux aboutissants de la diplomatie indienne entre la Méditerranée et l’océan Indien.

  • L’Iran, en première ligne de la « crise de l’eau ». Etat des lieux hydrologique du pays et de ses ouvrages hydrauliques (2/2) - 18/12/19

    « La crise de l’eau d’aujourd’hui en Iran sera-t-elle la crise politique de demain ? » s’interrogeait France 24, le 15 juin 2018 (1). De fait, la « crise de l’eau » que traverse l’Iran, loin d’être un simple phénomène climatique, est également le fruit de nombreuses années de politiques publiques inadéquates des ressources hydriques du pays.

    Comme analysé en première partie de cet article, l’Iran est un pays dont la situation hydrologique et les conditions climatiques ne favorisent pas l’abondance hydrique. Si le pays est loin d’être « aride », comme cela peut être entendu pour les pays de la bande sahélo-saharienne par exemple, il n’en demeure pas moins que l’équilibre du pays reste très précaire et qu’il connaît, aujourd’hui, une situation de stress hydrique intense.

    Après avoir présenté l’état des lieux hydrologique de l’Iran et de ses ouvrages hydrauliques, prérequis indispensable à la compréhension du contexte dans lequel la crise de l’eau se joue, cet article va s’attacher à présenter la situation de stress hydrique que connaît aujourd’hui le pays (I), ainsi que les solutions appliquées ou envisagées par les autorités (II).

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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