Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Économie

  • Entretien Eric Verdeil sur la situation économique du Liban : « Ce défaut de paiement est le résultat d’une longue histoire de choix économiques et financiers réalisés par le Liban » - 25/03/20

    Le 7 mars dernier, le Liban a annoncé le premier défaut de paiement de son histoire. Plongés dans « la pire récession économique depuis 30 ans » (1), les Libanais doivent faire face à un chômage élevé et à des politiques d’austérité drastiques. A l’automne 2019, les nouvelles taxes instaurées par le gouvernement de Saad Hariri ont provoqué la colère de la rue. Pour décrypter la crise économique libanaise, Les clés du Moyen-Orient ont interrogé le chercheur Eric Verdeil, spécialiste de géographie urbaine dont l’essentiel des recherches est mené au Liban. Auteur de l’Atlas du Liban : Territoires et société, il est actuellement professeur des universités à Sciences Po Paris.

  • Le « Kanal Istanbul » : le « projet fou » de trop pour la présidence turque (1/2) ? Un canal désiré de longue date et aux bénéfices socio-économiques potentiellement majeurs - 12/03/20

    « Mon rêve » : c’est ainsi que le Président turc Recep Tayyip Erdogan a désigné, le 16 janvier 2020, le projet du « Kanal Istanbul », qui ambitionne de relier la mer Noire à la mer de Marmara, parallèlement au détroit du Bosphore.

    L’idée initiale d’un canal remonte au XVIème siècle, alors que la Turquie était le cœur battant de l’Empire ottoman. Annulé, reporté ou abandonné, il ne verra finalement jamais le jour jusqu’à ce que le 26 avril 2011, le projet du canal d’Istanbul soit officiellement évoqué par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, dans un discours au cours duquel il affirme « qu’un rêve va devenir réalité ».

    Pour cause, le projet du canal d’Istanbul apparaît comme un chantier pharaonique et devrait permettre un développement socio-économique de la Turquie ou, en tous cas, de la région stambouliote, une fois réalisé. Sa réalisation s’inscrit dans la continuité des espoirs initialement formulés par les autorités ottomanes : accroître sensiblement la croissance économique turque et doter la Turquie d’une position résolument stratégique sur la scène internationale.

    Le projet du Canal Istanbul ne se montre pas seulement colossal en raison de ses objectifs, mais aussi en raison du choix de sa localisation, de l’impact socio-économique majeur qu’il induira dans la région, et de la remise en question de plusieurs traités maritimes internationaux majeurs qu’il provoquera. Le projet est également sous le feu de critiques, qui soulignent tant les dégâts environnementaux que pourrait causer le canal, que l’intérêt limité qu’il pourrait, finalement, représenter d’un point de vue économique et géopolitique.

    Cet article, après avoir présenté les modalités de ce canal et les motivations des autorités turques à l’origine du lancement du projet (première partie), exposera les défis substantiels auxquels la construction du canal fera face et les critiques dont il fait actuellement l’objet (deuxième partie).

  • Candidature de la Turquie à l’Union européenne : où en est le processus d’adhésion ? Deuxième partie : l’éloignement progressif mais net de la Turquie du projet européen - 07/11/19

    Les critères de Copenhague apparaissent comme le principal obstacle à l’intégration de la Turquie à l’Union européenne (I) ; toutefois, quand bien même ceux-ci seraient atteints, la méfiance, voire la conflictualité, présidant aux relations turco-européennes constituerait un frein très certain à la poursuite du processus d’adhésion (II).

  • Les ressources de la Région autonome du Kurdistan d’Irak : une économie dominée par l’or noir - 17/10/19

    « L’économie et les sources de revenus du Kurdistan doivent être diversifiées et ne plus reposer sur le pétrole » a affirmé le 17 juillet le Premier ministre du Gouvernement régional du Kurdistan irakien (GRK), Masrour Barzani, nouvellement à la tête de la primature kurde irakienne (1), au cours d’un échange avec l’ambassadeur russe à Erbil, Maksim Maksimov (2).

    De fait, l’économie kurde irakienne se caractérise par sa très forte dépendance aux hydrocarbures et en particulier au pétrole : environ 80% du PIB (3) proviendrait de cette ressource énergétique, dont le territoire kurde irakien s’avère particulièrement riche.

    La problématique du pétrole est, à bien des égards, au cœur de celle de l’indépendance potentielle du Kurdistan d’Irak. En effet, à l’issue du référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien en septembre 2017, au cours duquel les votants avaient embrassé l’indépendance à une écrasante majorité (92,73%), les forces du régime fédéral du Bagdad, appuyées par les milices chiites Hachd al-Chaabi, ont aussitôt lancé une vaste offensive concentrée prioritairement sur la région de Kirkouk, qui comprend l’une des plus importantes réserves d’hydrocarbures d’Irak après celle de Rumaila dans le sud, et vers la zone tri-frontalière irako-syro-turque par laquelle passe notamment le seul pipeline exportant le pétrole irakien vers la Méditerranée en passant par la Turquie et le terminal pétrolier de Ceylan.

    Sans le pétrole, la Région autonome du Kurdistan d’Irak (RAK) ne serait pas l’une des régions d’Irak les plus prospères et développées. Cet article va donc s’intéresser au poids du secteur pétrolier dans l’économie kurde irakienne (I), puis aux autres sources potentielles de diversification économique (II).

  • Entretien avec Thierry Kellner sur les relations entre la Chine et l’Iran : « les deux pays sont des partenaires, pas des alliés. Ils agissent en fonction de leurs intérêts » - 10/10/19

    Le 14 septembre 2019, des installations pétrolières saoudiennes ont été la cible d’attaques de drones, provoquant une envolée de 10% des cours du pétrole. Tous les regards se sont rapidement tournés vers l’Iran, accusé notamment par les Etats-Unis, d’être derrière l’offensive. Alors que les tensions montaient entre Washington et Téhéran, Pékin a appelé à la retenue. Ce n’est pas un hasard, car l’Iran est un partenaire de premier ordre pour la Chine, qui souhaite éviter une déstabilisation de la région du golfe Persique. Les relations entre la Chine et l’Iran, deux des plus anciennes civilisations d’Asie, remontent à l’Antiquité. A l’époque, les deux entités sont reliées par la route de la soie. Commerçants, ambassadeurs et voyageurs de toutes sortes font le pont entre les deux cultures. De nos jours, leurs rapports ont bien évolué. Les deux pays ont développé une coopération forte, surtout sur le plan économique et énergétique mais aussi dans de nombreux domaines, et même en matière de sécurité.

    Entretien avec Thierry Kellner, Docteur de l’Institut universitaire de hautes études internationales (IUHEI) de Genève et chargé de cours au Département de Science politique de l’Université libre de Bruxelles (ULB). Membre des centres de recherches EASt, REPI, OMAM et CECID de l’ULB et chercheur associé au GRIP (Bruxelles).

  • L’Azerbaïdjan, pays pivot des enjeux énergétiques dans le Caucase (2/2) - 26/09/19

    Sorti en 1999, le film Le monde ne suffit pas, 19ème opus des aventures de James Bond, illustre la nouvelle dimension prise par l’Azerbaïdjan dans le secteur énergétique en faisant débuter son intrigue par l’assassinat d’un magnat du pétrole britannique, dont le dernier projet était la construction d’un oléoduc au départ de Bakou. Cette même année, une nouvelle réserve d’hydrocarbures du nom de Shah Deniz découverte en mer Caspienne, va être au centre des premières négociations de renouvellement du consortium international mené par BP (1). Totalisant des réserves estimées entre 50 et 100 milliards de mètres cubes de gaz (2), ce gisement va permettre au gouvernement d’Heydar Aliyev, réélu Président en 1998, de continuer de profiter de l’appétit énergétique grandissant du reste du monde. Largement autosuffisant en terme de consommation, les Azéris comptent bien sur leur surplus pour s’imposer comme une nation incontournable de la géopolitique du gaz. Multipliant les projets à même de faire fructifier les profits issus de l’exploitation des hydrocarbures, tout en visant à diversifier son économie ultra-dépendante de ces ressources, l’Azerbaïdjan cherche au début des années 2000 à éviter la tutelle historique de ses deux puissants voisins que sont l’Iran et la Russie. C’est alors un autre pays ayant l’ambition au même moment de faire éclore son propre modèle de puissance qui va en profiter : la Turquie.

  • Delivering Vision 2030 : Empowering youth and re-engineering the economy - 13/09/19

    Neil Quilliam is an Associate Fellow with the Middle East and North Africa (MENA) Programme at Chatham House. He was Director of Chatham House’s Future Dynamics in the Gulf project (2018-2019) and previously directed its Syria and Its Neighbours policy initiative (2015-2017). Before joining Chatham House 2014, Neil served as Senior MENA Energy Adviser at the Foreign and Commonwealth Office (FCO), Senior Analyst at Control Risks, London, and Senior Programme Officer at the United Nations University, Amman. He is currently CEO at Castlereagh Associates in London.

  • L’Azerbaïdjan, pays pivot des enjeux énergétiques dans le Caucase (1/2) - 12/09/19

    A l’heure où des questions se posent sur un rapprochement turco-russe (1) se basant notamment sur une harmonisation des stratégies énergétiques de ces deux puissances aux portes de l’Europe, le gaz naturel apparaît de plus en plus comme un enjeu majeur de la géopolitique actuelle. Que ce soit en Méditerranée orientale (2) ou dans le golfe Arabo-Persique, à travers le célèbre exemple du Qatar (3), des acteurs jusqu’ici éloignés du coeur des relations internationales se retrouvent à jouer un rôle prépondérant dans la mondialisation, à mesure que la consommation énergétique de la planète augmente de manière exponentielle (4).

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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