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Zones de guerre

  • Genèse d’Abou Bakr al-Baghdadi : comment devient-on « l’homme le plus recherché du monde » ? - 31/10/19

    « C’est le plus beau jour de notre vie ! » a déclaré à la presse la famille du Peshmerga Hujam Surchi, décapité par l’Etat islamique à Mossoul le 15 juin 2015 (1), en réaction à l’annonce de l’élimination d’Abou Bakr al-Baghdadi, fondateur et leader de l’Etat islamique, lors d’un raid des forces spéciales américaines le 27 octobre en Syrie. Le leader de Daech a en effet été à l’origine de la mort, du viol, de la torture ou de l’enlèvement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à travers le monde, a contrôlé un territoire aussi vaste que la Grande-Bretagne chevauchant la Syrie et l’Irak et, à un certain moment, le Liban, a brassé des centaines de millions de dollars, et a posé une menace sécuritaire ayant poussé les démocratiques occidentales à repenser en profondeur leur rapport à la liberté et la sécurité.

  • Bilan de l’offensive turque dans le nord-est syrien : entre suprématie russe et retour en scène de Damas dans les territoires kurdes - 25/10/19

    « Ce que j’ai fait n’était pas très conventionnel. Je me suis dit qu’ils [les Turcs et les Kurdes] avaient besoin de se bagarrer un petit peu. […] Comme deux gamins, vous devez les laisser se battre et ensuite les séparer », a affirmé le Président américain Donald Trump le 20 octobre lors d’un rassemblement politique auquel il prenait part dans le cadre de la campagne présidentielle officieuse qu’il mène actuelle aux Etats-Unis.

    Cette déclaration illustre le cynisme et la mécompréhension des enjeux turco-kurdes au Proche-Orient dont la diplomatie américaine a fait preuve depuis le début de la crise, initiée le 9 octobre par le déclenchement de l’opération turque « Source de paix » dans le nord-est syrien.

    Aujourd’hui, après de nombreux rebondissements diplomatiques et géopolitiques, la Russie est parvenue à s’imposer en maîtresse du théâtre d’opération syrien (I) à la suite d’un accord signé entre Moscou et Ankara le 22 octobre, consacrant par la même occasion le retour des forces pro-Damas dans le nord-est syrien, pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre civile il y a maintenant huit ans. Le bilan de l’offensive turque s’avère meurtrier d’un point de vue tant humanitaire que militaire, et laisse le Kurdistan plus fracturé que jamais, aussi bien politiquement que territorialement (II).

  • Entretien avec Jean Marcou, titulaire de la Chaire Méditerranée-Moyen-Orient de Sciences Po Grenoble, à propos de l’intervention militaire turque en Syrie, sur la rive orientale de l’Euphrate et de ses suites (octobre 2019) - 21/10/19

    Jean Marcou est actuellement Professeur des Universités à l’IEP de Grenoble (France) après avoir été pensionnaire scientifique à l’Institut Français d’Études Anatoliennes d’Istanbul où il a dirigé, de 2006 à 2010, l’Observatoire de la Vie Politique Turque (OVIPOT – http://ovipot.hypotheses.org/). Il a été aussi directeur de la Section francophone de la Faculté d’Économie et de Sciences Politiques de l’Université du Caire (Égypte), entre 2000 et 2006.
    A l’IEP de Grenoble, il est directeur des relations internationales et dirige également le Master « Intégration et Mutations en Méditerranée et au Moyen-Orient. » Ses principaux champs d’enseignement et de recherche concernent la vie politique turque (Constitutions, élections et partis politiques…), les transitions politiques dans le sud de l’Europe, l’Union européenne, et l’évolution des équilibres politiques au Moyen-Orient (vue notamment au travers de la politique étrangère turque).

  • Dans le contexte de l’opération militaire turque Source de paix, retour sur les ressources agricoles et pétrolières du Rojava : les Kurdes syriens, maîtres d’atouts stratégiques majeurs - 16/10/19

    « Ils font des affaires de façon tout à fait pragmatique, voilà tout », affirme le professeur de Science politique à l’Université américaine de Beirut Hilal Khashan (1), après qu’on lui ait demandé son avis, le 10 février dernier, sur les rumeurs indiquant que les Kurdes syriens vendaient du pétrole extrait de la région de Deir Ez Zor au régime de Damas.

    De fait, après avoir reconquis l’est de l’Euphrate à l’Etat islamique ces dernières années, les Kurdes syriens et leur structure politique de gouvernement, l’Administration autonome du nord-est syrien (AANES), se retrouvent désormais maîtres d’un territoire notoirement riche en hydrocarbures mais aussi en produits agricoles et en infrastructures énergétiques.

    Alors que l’intention des Kurdes est d’installer une région autonome au sein d’une Syrie fédérale, à l’instar de la Région autonome du Kurdistan irakien (RAK), certains médias, tels que l’hebdomadaire britannique The Economist, estiment que l’AANES se transforme progressivement « en véritable Etat indépendant » (2).

    Qu’importe : qu’il s’agisse d’une région autonome ou d’un Etat souverain, la question des ressources et de l’indépendance qu’elles procurent se pose pour les Kurdes. Cet article ambitionne donc de dresser un état des lieux des atouts géographiques du territoire de l’AANES (I), puis d’analyser l’usage que les Kurdes syriens en tirent dans le contexte géopolitique très particulier qui est le leur (II).

  • Nouvelle offensive turque au Rojava : explications thématiques et point de situation - 11/10/19

    Un « coup de poignard dans le dos » (1) : c’est ainsi que les Kurdes syriens vivent le retrait des forces américaines positionnées le long de la frontière syro-kurde, à la suite de l’annonce surprise par le Président américain Donald Trump, le 9 octobre, que les Etats-Unis se retiraient de cette zone.

    La levée internationale de boucliers contre la décision prise unilatéralement par Ankara de lancer l’opération « Source de paix » contre les Kurdes syriens, se distingue par son caractère quasi-unanime, a contrario des précédentes incursions turques en territoire syrien. Comment les Kurdes se sont-ils retrouvés ainsi pris au piège ? Quels sont les intérêts pour la Turquie de s’en prendre à un territoire depuis lequel aucune attaque n’a été lancée contre Ankara et ses intérêts depuis le début du conflit en 2011 ? Pourquoi la communauté internationale s’émeut-elle cette fois autant de l’offensive ?

    Les Kurdes apparaissent de fait victimes de l’inconstance caractérisant la diplomatie américaine depuis la prise de fonction du Président Donald Trump en 2017 et dont ils ont pu prendre conscience dès 2018 (I) ; la Turquie, fidèle à sa politique de « diplomatie à la carte », voit dans son offensive en Syrie l’opportunité de résoudre plusieurs problèmes à la fois (II), sans réellement s’enquérir des impératifs sécuritaires de ses alliés et de leurs relations avec les Kurdes (III).

  • Le conflit au Yémen : un conflit de proxies entre l’Iran et l’Arabie saoudite ? Un conflit complexe et ravageur (2/2) - 23/09/19

    La complexité de la crise yéménite tient à la multiplicité des facteurs ayant mené à sa genèse (I) ; aujourd’hui, la situation politico-militaire sur le terrain promet une aggravation de la situation humanitaire à travers le pays (II).

  • Le conflit au Yémen : un conflit de proxies entre l’Iran et l’Arabie saoudite ? Les acteurs du conflit (1/2) - 19/09/19

    Un « conflit de proxies entre l’Iran et l’Arabie saoudite » (1), une « guerre confessionnelle » (2), une « guerre civile » (3), voire même une « guerre économique » (4) … Beaucoup de qualificatifs sont utilisés pour tenter de caractériser le conflit au Yémen, dont la complexité échappe aux analyses traditionnelles de la polémologie (5).

  • L’Irak menacé par la lutte Israël-Iran - 09/09/19

    Samuel Forey, actuellement journaliste indépendant, a couvert la guerre contre l’Etat islamique à partir de 2014, et s’établit en 2016 en Irak pour documenter au plus près la bataille de Mossoul, pour la couverture de laquelle il a reçu les prix Albert Londres et Bayeux-Calvados des correspondants de guerre en 2017.

  • Point de situation de la poche insurgée d’Idlib : entre « plus grand désastre humanitaire du siècle » et pierre d’achoppement des acteurs du conflit en Syrie (1/2) - 29/08/19

    « Le plus grand désastre humanitaire du siècle » : c’est ainsi que Mark Lowcock, directeur des Affaires humanitaires des Nations unies, s’est exprimé sur la situation dans la région d’Idlib auprès du Conseil de sécurité le 30 juillet dernier. Si le titre de « pire catastrophe humanitaire » est actuellement utilisé pour décrire d’autres conflits dans le monde (1), il n’en demeure pas moins que la situation dans la région insurgée d’Idlib se distingue par sa gravité et, en particulier, par son potentiel catastrophique exponentiel en cas d’échec de la communauté internationale à mettre en œuvre une désescalade entre les différents belligérants dans la région.

    C’est en effet dans cette poche, d’une superficie d’environ 6 500 km², soit la superficie du département français de la Drôme, par exemple, que se concentrent plus de trois millions d’habitants, dont la moitié constitués de déplacés internes (2). Environ 50 000 insurgés armés occuperaient par ailleurs cette poche (3).

    La région d’Idlib est la dernière zone d’insurrection au régime du Président syrien Bachar el-Assad ; ce dernier apparaît ainsi particulièrement déterminé à reprendre cette région, quel qu’en soit le prix pour les civils. Ceux-ci sont en effet pris au piège au milieu d’une mosaïque de groupes rebelles (I), dont certains sont liés à la Turquie ; de fait, plus qu’une simple zone d’insurrection, la région d’Idlib est aussi une véritable pierre d’achoppement diplomatique entre Damas, Ankara, Téhéran et Moscou (II). L’offensive lancée depuis le 6 mai dernier par le régime syrien et dont les opérations commencent à porter leurs fruits s’avère ainsi particulièrement intense et risque d’aggraver une situation humanitaire déjà critique (III).

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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