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Analyses historiques

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  • La modernisation jacobine de l’Etat iranien sous Reza Shah (1921-1927) - 18/06/18

    Bien moins illustre que son fils Mohammad Reza qui fut le dernier Shah d’Iran, Reza Shah Pahlavi est pourtant l’empereur de Perse ayant le plus contribué à la modernisation de son pays pendant l’entre-deux-guerres. Officier cosaque issu d’une lignée militaire, ce monarque s’inscrit directement dans l’héritage du pouvoir fort et centralisateur de Nader Shah (1688-1747). Les parallèles pouvant être tracés entre la trajectoire des deux hommes sont, en effet, saillants. Reza Shah Pahlavi (1878-1947) est le fondateur de la dynastie éponyme qui gouverne l’Iran jusqu’à la Révolution islamique de 1979. Lorsqu’il se saisit du pouvoir en 1921, Reza Shah met en place une politique de modernisation à grande échelle dans un pays qui selon l’ambassadeur britannique en place à l’époque, Percy Cox, est dans un état de « sous-développement abyssal ».

  • La publication des Mille et une nuits dans l’Europe de l’orientalisme premier - 07/06/18

    « Les auteurs des contes des Nuits ont été ainsi conduits à suivre très exactement les évolutions urbaines, évolutions des espaces et des mentalités et en quelque sorte ils nous en informent » observe la fameux historien de l’Islam médiéval Jean-Claude Garcin à propos des Mille et une nuits lors d’une conférence tenue en juin 2015 à l’Institut du Monde arabe. L’auteur de l’ouvrage Pour une lecture historique des mille et une nuits (1) met en lumière le fait que ce recueil de contes, en dépit de sa nature largement fantaisiste, est une riche source primaire pour l’analyse du Moyen-Orient médiéval. Singulièrement peu étudié en raison de sa catégorisation comme ouvrage de culture populaire par les Européens, les Mille et une nuits sont en réalité des histoires édifiantes écrites et destinées pour l’aristocratie musulmane urbaine. Ce florilège de contes orientaux nous renseigne donc sur les trois villes qui y sont décrites soit Bagdad, Damas et Le Caire. La première traduction en français à partir de manuscrits arabes est réalisée par Antoine Galland entre 1704 et 1717, ce qui participe à l’élaboration de l’image d’un Orient mystérieux et magique du premier XVIIIème siècle (2).

  • Le Parti social nationaliste syrien (PSNS) de 1932 à nos jours - 30/05/18

    ‘Abdel Karim Nasrallah, père de l’actuel Secrétaire général du Hezbollah, et le poète syrien Adonis en étaient membres. Quel est ce Parti énigmatique ? Le PSNS (1) est un mouvement politique, intellectuel et militaire, fondé en 1932 par le Libanais Antoun Sa’adeh (1904-1949) et actif aujourd’hui en Syrie, au Liban et dans une moindre mesure, en Palestine et Jordanie.

  • Le voyage du frère jésuite Bazin dans la Perse de Nader Shah (2/2) - 24/05/18

    « L’avarice sordide et les cruautés inouïes qui fatiguèrent sa nation et occasionnèrent sa perte, les excès et les horreurs ou se porta ce caractère violent et barbare, firent couler bien des larmes et bien du sang en Perse : il en fut l’admiration, la terreur et l’exécration » (1), tel est le portrait que le frère jésuite Bazin dresse de son protecteur dans la Perse du XVIIIème siècle, Nader Shah. Arrivé en Perse en 1741, le clerc de la compagnie de Jésus suit le Shah de Perse sur les routes de l’immense empire où il est témoin de violentes répressions commises sur les gouverneurs locaux. Le jugement qu’il en donne, chargé de la représentation occidentale dominante formulée dans L’Esprit des Lois de Montesquieu (2), nous offre une perspective d’analyse intéressante sur Nader Shah. Cela étant dit, il convient de garder à l’esprit qu’il ne s’agit que d’une représentation de l’empereur de Perse qui en dit au moins autant sur l’Europe des Lumières que sur la Perse. Durant la seconde partie du voyage de frère Bazin en Perse (1744-1747), on note une certaine évolution sociale du clerc puisqu’il devient en 1746 le premier médecin de Nader Shah. Il serait donc intéressant d’ajouter à la problématique de l’article précédent cette notion d’évolution potentielle dans les lettres du frère jésuite, évolution qui pourrait être symptomatique du progrès social de leur auteur.

  • Des Achéménides aux Kadjars : la référence à l’Antiquité perse dans la politique culturelle de Fath Ali Shah - 22/05/18

    Le règne de Fath Ali Shah (1797-1834) marque le renforcement de l’État perse au sortir d’un siècle de guerre civile. Mais si son père lui a légué un empire pacifié où les familles les plus influentes ont été matées par les armes, les guerres désastreuses contre la Russie (1804-1813 et 1826-1828), dans le cadre du Grand Jeu, fragilisent son pouvoir de l’extérieur. Issu d’une dynastie récente en mal de légitimité, Fath Ali Shah ne peut pas vraiment compter sur son armée pour asseoir sa stature impériale. C’est probablement pour ces raisons (en plus d’un goût personnel très prononcé pour les arts) qu’il se livre durant tout son règne à une vraie politique de propagande artistique. En témoigne la série de ses portraits en majesté, amplement diffusés sous forme de cadeaux d’apparat, ou encore les exemplaires richement illustrés de son Shahinshanameh. Cet ouvrage se veut la suite du célèbre Shanameh de Ferdowsi en continuant son récit jusqu’aux exploits du souverain Kadjar.

  • Le voyage du frère jésuite Bazin dans la Perse de Nader Shah (1/2) - 17/05/18

    « En 1741 j’étais à Derbent, ancienne ville située sur les bords de la mer Caspienne, lorsqu’il y arriva couvert de gloire, et chargé de toutes les richesses de l’Inde ; c’est là que je l’ai vu pour la première fois » (1) écrit le frère Bazin pour relater sa rencontre initiale avec celui qui allait devenir pendant les dernières années de son règne, son maitre et patient, Nader Shah. Nader Kouli (1688-1747) est un roturier du Khorasan devenu Shah de Perse en 1736 sous le titre de Nader Shah. Il est de son vivant connu en Europe pour ses exploits militaires, notamment en Hindoustan, son usurpation du trône et sa cruauté légendaire. Il incarne pour de nombreux auteurs contemporains l’archétype du despote oriental. Le frère Bazin quant à lui est un membre de la compagnie de Jésus qui se rend en Orient, à l’instar de nombreux missionnaires, avec pour objectif, selon ses propres mots de « servir utilement la Religion dans un pays où elle est sans cesse exposée à des insultes et à des persécutions » (2). Lors de son séjour de six ans en Perse, le frère jésuite accompagne l’empereur de Perse dans tous ses déplacements et devient même son premier médecin en 1746.

  • La Perse dans la pensée française du XVIIIème : de l’exotisme magique au royaume de la violence orientale - 09/05/18

    Depuis l’avènement de la République islamique en 1979, l’Iran est de nouveau un objet d’étude privilégié de l’analyse géopolitique. Le cadre théocratique dans lequel s’inscrit l’Etat iranien interroge sur de nombreux points les chercheurs occidentaux. En dépit des nombreuses sanctions internationales mises en place par les Etats-Unis en 1995 face au programme nucléaire iranien, le nouvel essor du tourisme en Iran n’a pas attendu l’accord de Vienne signé en Juillet 2015 pour se manifester. En effet, les chiffres du tourisme ont explosé en Iran passant de 1 546 millions de visiteurs en 2003 à plus de 3 300 millions en 2011 en raison de la richesse culturelle extraordinaire du pays (1). Les sites touristiques tels que Persépolis, capitale des Achéménides rassemblant des merveilles architecturales construites en plus de deux siècles ou encore la splendide mosquée Rose de Shirâs, témoignent en effet de la profondeur historique de l’Iran. Une telle fascination pour la Perse n’est pas chose nouvelle puisque dès la seconde partie du XVIIème siècle, les voyageurs et auteurs français s’y intéressent.

  • Le rôle des medersas coloniales de l’Algérie française dans l’orientalisme du début du XIXème siècle - 02/05/18

    Dans son article L’état intellectuel et moral de l’Algérie en 1830, Marcel Emerit souligne « la distance morale considérable » qui sépare les colons des Algériens lors de l’expansion coloniale française sous le règne de Louis-Philippe Ier (1830-1848) (1). L’historien français utilise le concept de « distance morale » comme une notion neutre et objective de différence culturelle, qui n’implique donc aucun jugement ni hiérarchie. L’historien français affirme que la date de 1848 est une rupture après laquelle on voit se développer une plus grande proximité entre les colonisateurs européens et les Algériens. Cette temporalité correspond à celle du décret du 30 septembre 1850, acte fondateur de la politique d’éducation française en Algérie. L’action publique à volonté pédagogique se déroule en premier lieu au sein les medersas ; des universités théologiques musulmanes qui offrent cependant des formations plus profanes comme celles des sciences. Ces structures d’éducation anciennes ont notamment joué un grand rôle dans le renouvellement des sciences islamiques depuis le Xème siècle. Pendant la colonisation française, des professeurs d’arabe formés en métropole sont chargés d’instaurer une éducation plus européenne. Outre leur rôle au sein de l’administration coloniale qui relève de d’enseignement, nous pouvons nous demander comment ces figures intermédiaires entre Algériens et Français ont pu contribué largement au mouvement scientifique qu’est l’orientalisme.

  • La crise irano-soviétique de 1945-1946 - 26/04/18

    En dépit de son importance historique en Asie centrale et géopolitique au début de la Guerre Froide, la crise irano-soviétique de 1945-1946 est relativement méconnue. Son impact politique en Iran est en effet conséquent puisque la province de l’Azerbaïdjan iranien se proclame indépendante de Téhéran. Au niveau mondial, le conflit irano-soviétique constitue la première crise de la Guerre Froide et mobilise des acteurs extérieurs au Grand Jeu, comme les Etats-Unis. Cette crise trouve d’abord son origine dans la Seconde Guerre mondiale qui déstabilise le pouvoir central en Iran, critiqué par les Alliés en raison de ses liens économiques avec l’Allemagne. Cependant, les échanges économiques entre Téhéran et Berlin sont déjà anciens et ne traduisent aucunement de rapprochements idéologiques. Bien que le pays se déclare neutre pour éviter toute invasion, l’Iran est envahi militairement par les deux puissances du Grand Jeu : les Soviétiques au Nord et les Britanniques à l’Ouest (1). Devant cette perte de souveraineté de l’Iran, Reza Shah, fondateur de la dynastie Pahlavi (1925-1979), abdique le 16 septembre 1941 provoquant un vide de pouvoir criant en Iran. Soviétiques et Britanniques profitent de cette situation pour faire voter au Majlis, le Parlement iranien, l’accord tripartite du 29 janvier 1942 qui légitime la présence des troupes étrangères sur le sol iranien en cas de troubles.

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