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Analyses historiques

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  • 2011-2020 : du Printemps arabe à l’Automne de la démocratie en Égypte ? (1/3) - 20/03/20

    Neuf ans après le déclenchement de la vague des printemps arabes au Moyen-Orient, qui agita particulièrement l’Égypte en conduisant à la destitution de Hosni Moubarak, alors au pouvoir depuis 1981, qu’est-il advenu des aspirations de progrès et de démocratie du peuple égyptien de la place Tahrir (1) ? Cette première partie revient sur le déclenchement des manifestations début 2011 au Caire, jusqu’à la destitution d’Hosni Moubarak.

  • L’ethnie minoritaire Toubou en Libye (2/3) - 17/03/20

    Kadhafi savait utilement attiser les divisions ethniques pour mieux contrôler certaines zones du pays ou pour prendre l’avantage sur ses adversaires dans le cadre de conflits armés interétatiques comme se fut le cas des conflits l’opposant au Tchad. Faire miroiter la reconnaissance de la citoyenneté libyenne à une minorité marginalisée apparaît comme un levier particulièrement efficace dans cette perspective.

  • Muwashshā : Le livre de Brocart ou la société raffinée de Bagdad au 10ème siècle - 11/03/20

    En 762, le calife abbasside al-Mansûr fonde la ville de Bagdad, sur les conseils de ses astrologues qui déterminent l’horoscope de son inauguration. La ville donnée par Dieu, selon l’étymologie de son nom actuel qui associe deux mots vieux perse : bag, dieu et dād, donnée, était à l’origine la Madīnat al-Salām, la ville de la paix. Hasard ou accointance céleste, elle est fondée non loin de l’ancienne capitale sassanide Ctésiphon, connue dans les textes arabes sous le nom de Madā’in.
    En 786, le calife Haroun al-Rachid, personnage que l’on retrouve dans les Mille et une nuits, y fait construire une bibliothèque qui conserve les œuvres traduites en arabe des auteurs grecs de l’Antiquité. Le 12 août 819, al-Ma’mūm, calife mutazilite féru de littérature et d’astronomie, en prend le pouvoir et fonde un observatoire célèbre et la maison de la sagesse, la Beit al hikma, où se retrouvent les intellectuels de toutes confessions confondues pour débattre de philosophie, de mathématique, de poésie ou d’histoire, qu’elle soit grecque, persane, syriaque, indienne ou chinoise. Des savants aux noms illustres y sont invités, al-Khwarizmi, al Jahiz, al Kindi, Thābit Ibn Qurra.
    Deux siècles passent et leurs noms subsistent. C’est alors au dixième siècle de notre ère, dans une Bagdad tiraillée par les affres de son temps, que paraît un livre fait de Brocart et qui en porte le nom. Contre la rigueur et la perdition culturelle qui vont de pair avec la décadence politique ambiante, ce livre ouvre une porte sur le savoir-être d’une société raffinée et élégante. Il témoigne d’intérêts artistiques et esthétiques en tous points éloignés d’un conformisme sobre et étriqué.
    Contrairement à d’autres textes précieux et non édités, qui disparurent à jamais le 14 avril 2003 quand la bibliothèque de la ville de la paix fut incendiée, le livre de Brocart nous est parvenu dans sa version arabe et une traduction, pour nous emmener dans un voyage onirique, au crépuscule, dans les dernières lueurs du jour ; ou aux premières de l’aube.

  • L’ethnie minoritaire Toubou en Libye (1/3) - 02/03/20

    A cheval entre la Libye, le Tchad et le Niger, l’ethnie semi-nomade des Toubous a connu sous Kadhafi un traitement particulier du fait de son statut de minorité non-arabe. L’ancien Guide de la révolution libyenne instrumentalisera leur statut de minorité pour asseoir ses ambitions stratégiques. Il saura en ce sens habilement attiser le racisme de la société à l’encontre des membres de cette ethnie qu’il utilisera dans un sens ou dans un autre en fonction des impératifs de son agenda politique régional. Dans cette perspective, les Toubous se verront attribuer puis retirer la nationalité libyenne et ciblés par les mesures discriminatoires du gouvernement dans un pays où l’arabité de la population sera longtemps promue comme un critère d’appartenance à la nation libyenne.

    Avant propos : la tribu constitue l’unité d’organisation de base de la société libyenne (1). Chaque ethnie est la plupart du temps divisée en sous-ethnies (ou « branches »), elles-mêmes subdivisées en clans, les tribus, des groupements de plusieurs familles. Les termes « ethnie », et « tribu » seront ici utilisés indistinctement dans la mesure où les diverses publications et les études menées sur les populations que nous évoquerons ont tendance à les utiliser de la sorte. Il ne nous a par conséquent pas été permis de dissocier si dans tel cas l’un ou l’autre des termes constituait une approximation de langage dans le contexte invoqué (2). En tout état de cause en ce qui concerne le terrain libyen, cette indissociation ne porte pas atteinte à l’analyse du sujet dès lors que sur celui-ci en particulier ces deux termes renvoient bien souvent aux mêmes entités.

  • L’épopée d’Antar - 20/02/20

    Dans le monde médiéval où l’irrationnel et la magie participent de la société orientale, la numérologie, l’astrologie et les lettres sont liées. Nommer un être détermine déjà une partie de son avenir. Chaque lettre de l’abjad ou alphabet arabe, possède une valeur numérique qui conditionne son utilisation ou son choix. Ajadi, un terme dérivé de ce mot qualifie un novice. L’alif possède la valeur de 1, ba celle de 2, ta : 400, tha : 500, jim : 3, dalet : 4, etc. Cette association n’est pas due aux arabophones mais puise ses racines dans une tradition ancienne attribuée au monde phénicien voire même ougaritique passée par l’intermédiaire de l’écriture hébraïque et par comparaison avec l’alphabet grec dont les premières lettres possèdent une équivalence numérique. L’origine de la langue arabe, syriaque ou nabatéenne, est narrée dans une série de mythes qui la font remonter aux temps des bédouins supposés rois de Madian : Abu Jad, Hawwiz, Hutti, Kalimun, Safas et Qurusa’at. Selon l’organisation des lettres de l’alphabet sémitique, les noms de ces rois sont ordonnés selon une combinaison de trois ou quatre consonnes allant d’aleph à taw (1).

  • La geste d’Ardashir fils de Pābag - 04/02/20

    Suite au précédent article, nous restons dans la dimension épique persane témoignant d’un lointain passé. Le Kārnāmag Artaxšēr ī Pāpakān, la geste d’Ardashir fils de Pābag, nous amène en voyage dans les montagnes de l’Iran Sassanide, dans le Qal’a-e Doxtar, le château d’Ardashir sur la route de Firuzābād à Shirāz, ou dans son palais à Firuzābād.

  • « Leading from behind » : la stratégie de Barack Obama derrière la France et le Royaume Uni dans l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011 - 20/01/20

    Décoré du prix Nobel de la paix en 2009 alors qu’il vient d’être élu président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama hérite d’une position américaine complexe dans les affaires internationales, l’affaire WikiLeaks fragilisant dès le début de son mandat la politique étrangère de Washington en particulier au Moyen-Orient. Sous l’ère démocrate du « yes, we can », l’armée américaine se retire progressivement d’Irak, mais reste encore fortement engagée en Afghanistan, d’où le président américain annoncera le retrait de 10 000 soldats en juin 2011, soit quelques mois après le lancement de l’opération Unified Protector en Lybie par l’OTAN. Dans ce contexte tendu une décennie après le lancement de la « war on terror » par son prédécesseur à la suite des attentats du 11 septembre 2001, Barack Obama se sait observé par la communauté internationale et a conscience de l’image négative et impérialiste qu’ont les Etats-Unis à travers le monde et en particulier vis-à-vis du Moyen-Orient. En plein printemps arabe, il s’engage donc dans une politique étrangère moins interventionniste, au moins en apparence, à travers la stratégie qui sera qualifiée de « leading from behind », littéralement « diriger de l’arrière » (1), qui ressort de plusieurs analyses de la position américaine vis-à-vis de la crise libyenne de 2011.

  • De l’engagement aux critiques, la position britannique sur la guerre en Libye - 16/01/20

    Petite sœur de l’Harmattan à l’envergure et au budget plus modestes, l’opération Ellamy est lancée par le Royaume Uni le 19 mars 2011, en application de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité. L’armée britannique est-elle prête à intervenir alors qu’elle est déjà fortement sollicitée en Irak et en Afghanistan ? Comment est ressentie cette prise de position par les sujets de la Reine ? Quels sont les enjeux économiques pour Londres alors que les vagues du printemps arabe submergent les villes libyennes ? Cet article propose une mise en lumière du rôle du Royaume Uni mené par David Cameron lors de la crise libyenne de 2011.

  • Le mémorial de Zarēr - 15/01/20

    Dans un précédent article, nous avions évoqué ce poème de la chèvre et du dattier, le Draxt ī asūrīg, datant de l’époque parthe et parvenu jusqu’à nous par le biais de la langue moyen-perse. Ce petit texte en vers philosophiques n’est pourtant pas le seul qui nous soit parvenu de cette époque lointaine. Deux poèmes épiques, témoins de la longue tradition concentrée dans le Shānāmeh, datent eux-aussi de cette période : le Kārnāmag Artaxšēr ī Pāpakān et l’Ayādgār ī Zarērān, le mémorial de Zarēr, frère cadet du roi Vištāsp, le mythique roi Kayanide, réputé être le premier roi zoroastrien. Le premier fera l’objet d’un prochain article et c’est le second que je vais vous conter. Il est préservé dans un manuscrit unique copié en 1322 de notre ère et préservé dans le Codex MKII hébergé à Mumbai.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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