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Analyses historiques

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  • Conjonctions et cycles des planètes : retour aux sources mésopotamiennes - 17/07/19

    A partir du XIXème siècle, les découvertes assyriologiques vont permettre de se forger une toute autre idée de la réception des savoirs en Orient. Les textes grecs ne sont plus les seules sources disponibles dans ce domaine et les allusions faites à la science des Chaldéens par les sages hellènes prennent alors leur sens. Les découvertes de tablettes mathématiques des assyriologues dont Johann Strassmaier et le mathématicien Joseph Epping, soulignent l’antécédence babylonienne des connaissances, notamment dans le domaine du savoir astronomique sur la cognition cumulée dans les traités de Ptolémée ou d’autres sages de l’antiquité classique ou tardive. Dans les année 1940-50, l’historien des sciences Otto Eduard Neugebauer traduit et interprète le corpus de textes cunéiformes relatifs à l’astronomie mathématique babylonienne, et contribue grandement à une meilleure connaissance de l’astronomie mésopotamienne. La publication des textes astronomiques mésopotamiens a progressé après Neugebauer, jusqu’aux projets récents conduits par Sachs puis Hunger visant à publier la plupart des textes connus, enrichissant considérablement la documentation disponible sur cette discipline et favorisant le travail interdisciplinaire nécessaire pour comprendre l’enrichissement mutuel des savoirs à travers le temps et l’espace.

  • Astrologie sassanide : apports et héritages - 28/06/19

    Dans le monde sassanide comme dans celui des Grecs et des Indiens, des Chinois, des Syriaques et des Yéménites avec lequel il a communiqué, l’astronomie, l’art rationnel visant à observer le ballet céleste et y appliquer les formules mathématiques nécessaires à sa compréhension s’adjoint également une dimension interprétative nécessaire au sens de son exister : l’astrologie. L’héritage des connaissances grecques et indiennes n’est néanmoins pas suffisant pour comprendre le système astrologique sassanide dont l’originalité s’articule autour des conjonctions grandes, moyennes et petites de Saturne et Jupiter ainsi que les connaissances visant à la prédiction de la venue des prophètes, des religions et des dynasties au terme de 60 ans. Cette tradition du calcul sexagésimal nous indique un héritage direct de la Mésopotamie et la Babylonie ancienne à travers le lien parthe assimilé par les Sassanides dont il conviendra de resituer l’ampleur.

  • Images et iconographie chrétienne d’Aksoum à Damas (1/2) - 11/06/19

    En novembre 2013, l’archéologue Jacques Mercier a révélé le résultat de ses dernières recherches lors d’une conférence à l’université d’Oxford intitulée « Ethiopia and the Mediterranean World in Late Antiquity : The Garima Gospels in Context » (1).

    Dans le cadre d’un projet européen commandité par l’Eglise éthiopienne et par le gouvernement éthiopien lancé en 2006 et achevé en 2013, Jacques Mercier a fait dater au carbone 14 deux évangéliaires illustrés appelés “ Garima Gospels”. Ces derniers ont été nommés d’après le lieu du monastère où ils ont été découverts, à Garima, dans la région du Tigray, au nord de l’Ethiopie.

    Selon les résultats obtenus, il s’avère que l’un de ces manuscrits (Garima 1), celui qui est le plus illustré, serait daté d’une période entre 390 et 570. Les illustrations et les textes du second manuscrit (Garima 2) sont également de cette période, plus précisément entre 530 et 630 (2), ce qui tend à prouver que les textes et les dessins ont été faits ensemble. Si l’hypothèse se vérifie, l’école de peinture d’Aksoum aurait inspiré les illustrations qui se sont répandues dans le monde chrétien au Moyen-Orient et créé un style qui s’est diffusé depuis l’Ethiopie vers l’Egypte ou la Syrie.

  • Draxt ī Āsōrīg : ce que la chèvre dit au palmier - 31/05/19

    Le chemin de la littérature à travers les siècles, de l’oralité à l’écriture, est tributaire de variations voire de changements essentiels qui défont et refont les histoires en les éloignant de leur origine.
    Dans un précédent article, nous avions déjà évoqué le voyage des contes des Mille et une Nuits, compilés à l’époque sassanide sous le titre de Hazār afsāne (milles histoires), traduits et modifiés dans leur version arabe (Alf Lailah wa Laila) puis enrichi d’histoires glanées par les orientalistes qui les firent découvrir en Europe à partir du XVIIIème siècle en ajoutant des histoires extérieures au corpus existant. De même, les fables de La Fontaine empruntent leurs récits de sagesse au livre de Kalīla et Dimna, traduit en arabe et en syriaque à partir du modèle indien du Pancatantra, du Tūtī nāmag (le livre du perroquet) ou du Sindbād nāmag (le livre des sept vizirs).

  • Il y a cent ans, la bataille de Turabah (3/5) - 23/05/19

    Philby arriva au Caire le 28 juin et le Haut-Commissariat décida de l’envoyer à Riad via Djeddah et Taif. Le Caire avait obtenu la garantie d’Ibn Saoud qu’il suspendrait immédiatement les hostilités et renoncerait à entreprendre le pèlerinage à La Mecque (1). Le même jour, Londres fut informé qu’Hussein refusait absolument de consentir à ce que Philby dépasse Taif. Le Caire chargea C.E. Wilson de convaincre Hussein de la nécessité d’autoriser Philby à accomplir cette mission. S’il persistait, le soutien aérien lui serait retiré et la subvention versée au Hedjaz suspendue (2). Devant le refus total d’Hussein d’autoriser le passage de Philby de Taif vers le Nedjd, Le Caire suggéra que les négociations soient conduites depuis le Golfe Persique (3).

  • De la normalisation de la politique étrangère libyenne à la révolution et l’intervention de l’OTAN ; les dernières années de Mouammar Kadhafi. Partie 3 : de la tribune des Nations unies à la télévision nationale, la chute de Kadhafi à travers ses discours - 14/05/19

    A la tête de l’Union Africaine dès Février 2009, et présidant la 64e session de l’Assemblée générale des Nations unies par le biais de son ancien ministre des Affaires étrangères, la Jamahiriya arabe libyenne semble enfin avoir pleinement réussi à investir la scène diplomatique mondiale. Elle s’y présente comme un allié de la communauté internationale, et en particulier des puissances occidentales, face au terrorisme. Mouammar Kadhafi se permet donc un discours tantôt provocateur, tantôt constructif, tantôt dénonciateur devant les leaders de cette communauté internationale tous réunis à New York auprès desquels il rappelle son utilité et vante ses idées. Deux ans plus tard, sur les ondes de la télévision nationale, c’est un Mouammar Kadhafi fébrile et vindicatif à l’encontre de son propre peuple qui s’exprime à travers un discours appelant à la lutte contre « des barbus », qu’il dénonce comme tentant, une fois de plus, de renverser son régime.

  • L’histoire de Wīs et de Rāmīn ou l’amour courtois dans la littérature classique iranienne - 10/05/19

    Et lorsque le chevalier, parti pour quérir la main d’une princesse pour son roi, but au philtre fait de magie et de science, l’amour éperdu et passionné dont il fut pris détermina sa fin prochaine. Délaissant les règles de bienséance sociale, lui et sa reine allaient s’aimer jusqu’à ce que la mort eut ultimement raison de cette union maudite.

    Voici comment un ménestrel du Moyen Âge introduirait le thème de l’histoire de Tristan et Iseult, le prototype des romans d’amour de la littérature française dont tous les écrits du genre vont s’inspirer depuis ses premières versions écrites à partir du XIIème s. (1). Mythe populaire qui non seulement attisera l’écriture mais façonnera l’imaginaire reproduit sur les objets, tableaux et tapisseries. A l’instar de succès littéraires plus tardifs comme les fables de La Fontaine, l’origine de cette histoire mythique, qui a traversé le Moyen Âge en empruntant ses motifs à un mythe celtique, ne se trouverait pas en France, ni en Europe mais dans l’Iran ancien, dans la littérature narrée à l’époque des Sassanides, héritée de celle des Arsacides, les rois parthes qui ont dominé la Perse antique du troisième siècle avant jusqu’au troisième siècle après notre ère (248-224). Ce mythe archétypique conte l’histoire de Wīs et de Rāmīn.

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