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Analyses historiques

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  • L’insurrection de Koçgiri (1920-1921), ou la première esquisse d’un Etat kurde indépendant. Le démantèlement de l’Empire ottoman, une fenêtre d’opportunité pour les mouvements nationalistes kurdes (1/2) - 06/12/19

    L’insurrection de Koçgiri, du nom de la région éponyme au sein de laquelle elle s’est produite, est un pan peu connu de l’histoire insurrectionnelle kurde. Elle s’inscrit pourtant dans le cadre du contexte très particulier de l’après-guerre en Turquie, quelques mois à peine après l’armistice signé entre les Alliés et l’Empire ottoman le 31 octobre 1918.
    Tirant profit du climat d’extrême incertitude politique régnant alors sur le plateau anatolien, et souhaitant initier la création d’un Etat kurde autonome vis-à-vis duquel les grandes puissances se sont montrées réticentes depuis la fin de la guerre, plusieurs tribus kurdes se révoltent et mèneront, pendant un an, une insurrection grâce à laquelle elles contrôleront pendant quatre mois un petit territoire situé à l’ouest de la ville d’Erzincan et à l’est de Sivas, dans les montagnes.
    Si l’expérience sera de courte durée en raison de l’intervention des forces turques, les Kurdes, dans le contexte si particulier et déterminant que fut pour eux l’après-guerre (première partie), auront pourtant initié le début d’un cycle de révoltes non plus seulement tribales, mais désormais nationalistes (deuxième partie).

  • Le turc – une « langue géopolitique » ? - 04/12/19

    « Une langue d’Europe de l’est, je pense » ; « j’entends de l’arabe mais aussi du français… C’est un Tunisien qui parle ? » ; « de l’allemand ! » : tels sont les ressentis, à vif, de non-turcophones à qui l’on a fait écouter du turc en leur demandant de deviner l’identité de la langue qu’ils écoutaient (1).
    De fait, la langue turque étonne par ses nombreux emprunts à des langues étrangères : si le « merhaba » (« bonjour ») turc apparaît comme une variante du phonétique « marhaba » arabe, les mots « bisiklet » ou encore « motivasyon » laissent aisément transparaître la deuxième principale langue d’emprunt du turc, à savoir le français. Officiellement parlé par environ 60 millions de personnes dans le monde (2), le turc l’est en réalité par approximativement 120 000 millions individus (3), qui s’expriment en dérivé du turc, tant dans les Balkans qu’en Asie mineure, dans le Caucase, l’Asie centrale ou encore le nord-est de la Chine.
    Cet article s’attachera donc à présenter les tenants et aboutissants de cette langue, dont la richesse témoigne de la situation géographique toute particulière de la Turquie, mais plus encore de son héritage historique (I). Cette langue apparaît ainsi d’autant plus intéressante à étudier qu’elle n’est, officiellement, même pas centenaire : sa version actuelle remonte à 1928 où, sous l’impulsion de Mustafa Kemal Atatürk, elle revêtit malgré elle une partie des enjeux géopolitiques de son temps (II).

  • La lutte d’influence politique entre Soviétiques et Britanniques en Azerbaïdjan iranien sur fond d’impuissance de Téhéran. La construction soviétique du Gouvernement populaire d’Azerbaïdjan dans l’Iran de la Seconde Guerre mondiale (2/3) - 02/12/19

    L’implantation locale en Azerbaïdjan iranien de l’URSS s’accompagne d’un mouvement de lutte social et politique ancien face aux Britanniques, qui s’inscrit plus largement dans le Grand Jeu. Cependant, la stratégie mise en place par les Soviétiques lors de la crise irano-soviétique diffère sur bien des points de celle suivie lors des incursions précédentes qui ont ponctuées le XXème siècle.

  • L’art de la construction d’une histoire politique prosoviétique dans l’Azerbaïdjan iranien de la Seconde Guerre mondiale. La construction soviétique du Gouvernement populaire d’Azerbaïdjan dans l’Iran de la Seconde Guerre mondiale (1/3) - 15/11/19

    La création d’un gouvernement autonomiste au sein d’un territoire rassemblant une minorité ethnique, souvent supportée par une grande puissance étrangère, mène en règle générale à de fervents débats historiographiques. Est-il un Etat fantoche au service de l’étranger ou bien l’expression d’une volonté nationaliste régionale ? Le cas du Gouvernement populaire d’Azerbaïdjan, éphémère Etat soutenu par l’URSS entre novembre 1945 et 1946, faisant ainsi sécession avec un Iran affaibli par la Seconde Guerre mondiale n’y fait pas exception.

  • John Bagot Glubb (1897-1986), ou les ambigüités d’une figure de l’impérialisme britannique au Moyen-Orient (1/3) - 27/09/19

    Myriam Yakoubi est maître de conférences en civilisation britannique à l’Université Toulouse Jean-Jaurès et membre du laboratoire CAS (EA 801). Agrégée d’anglais, elle a soutenu en 2016 une thèse intitulée « La relation anglo-hachémite (1914-1958) : une romance anglo-arabe ». Elle s’intéresse aux représentations du Moyen-Orient chez les Britanniques de l’empire ainsi qu’à la coopération entre pouvoir impérial et élites locales.

  • Mélothésie - 17/09/19

    En 1582, le sultan Murad III (r.1574-1595) offre à ses filles Fatima et Ayşe, les préférées de ses 110 enfants, le fruit de l’élaboration d’un compendium astrologique, mythique et divinatoire : l’ascension de la félicité ou Matāli’ al Saadet de Mohamed Ibn Emir Hasan al-Su’udi (1). Né dans la période la plus fertile de la peinture turque-ottomane entre le XVIème et le XVIIème siècle, l’adaptation augmentée du recueil arabe du livre des merveilles (Kitāb al Bulhān) fut réalisée à la demande du petit fils de Suleyman le Magnifique qui, comme son aïeul, délaissait les champs de bataille et les rixes pour protéger les êtres qui avaient reçu l’inspiration et la vision comme cadeau divin : les poètes, les miniaturistes et les astrologues. Le compendium commandité par le sultan fait correspondre la branche divinatoire pure de l’astrologie et son application naturelle, à la fois météorologique et médicale.

  • Le nœud du dragon - 22/08/19

    Avez-vous remarqué que, dans le ciel de l’astrologue - celui des étoiles fixes, des constellations qui doivent leur existence à la somme historique de l’imaginaire humain qui, d’est en ouest, leur a donné forme et sens - dans ce ciel constellé donc, se faufile un être complexe, à la fois captivant et inquiétant. La constellation d’Ophiuchus ou serpentarius, traversée par le Soleil du 29 novembre au 18 décembre, se situe entre la constellation du Scorpion et celle du Sagittaire. Remarquée par Aratos de Soles et répertoriée dans le Mathématikế sýntaxis (Almageste) de Ptolémée, la constellation visible entre 80° Nord et 80° Sud représente un homme tenant dans sa main un serpent. Ce serpent qui révéla à Asclépios les secrets de la médecine et de l’immortalité et que Zeus plaça dans le ciel - après l’avoir fait périr avec Asclépios pour préserver l’hermétisme et le pouvoir de résurrection divin - est visible par sa tête (Serpens Caput) non loin de la constellation de la Balance et sa queue (Serpens Cauda), voisine du Sagittaire. S’il ne peut exister entièrement, le dragon doit néanmoins rester uni. Pour éviter de laisser tête et queue errer indéfiniment à la recherche l’un de l’autre, pour empêcher cette quête néfaste et résoudre ce problème qui n’en était pas un, les deux bouts furent réunis, par un nœud, gordien s’il en est.
    Le voyage entre Orient et Occident nous mène, dans cet article, à la rencontre d’un personnage aux origines obscures, énigmatique polymorphe, polyvalent, imaginaire, inquiétant.

  • Cuisiner l’histoire : les recettes du palais de Topkapi - 08/08/19

    L’histoire se réécrit patiemment à la lumière de différents témoins ; les archéologues interrogent les vestiges préservés par la terre sous forme de pierres, de couleurs, d’os, de fresques ou de mosaïques. Ce sont également ces découvertes qui nous permettent de deviner l’échange à l’œuvre entre les cultures et la transmission des héritages architecturaux ou graphiques. Le visiteur qui se rend à Istanbul s’apprête à voyager dans le temps où Byzance ou Constantinople a dominé le monde grec chrétien puis musulman pendant des siècles. En admirant le faste et la grandeur d’Hagia Sophia, de la mosquée bleue ou en franchissant la porte du palais de Topkapi, on pourrait presque oublier que le luxe des monuments édifiés à la gloire d’un empereur ou d’un sultan étaient secondaires à côté d’une activité journalière et essentielle : se restaurer. Les cuisiniers qui s’affairent pour le sultan étaient certainement dotés des meilleurs palais que l’on puisse trouver et les ingrédients contenus dans les recettes qui se mitonnaient dans leurs antres, les plus rares et les plus surprenants car étonner positivement le sultan, maître temporel et spirituel, était gage de longévité.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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