Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
plus de 2700 articles publiés depuis juin 2010


Page facebook Page google plus Page twitter Abonnement au flux RSS
Accueil > Analyses historiques

Analyses historiques

Trier par :
  • Cuisiner l’histoire : les recettes du palais de Topkapi - 08/08/19

    L’histoire se réécrit patiemment à la lumière de différents témoins ; les archéologues interrogent les vestiges préservés par la terre sous forme de pierres, de couleurs, d’os, de fresques ou de mosaïques. Ce sont également ces découvertes qui nous permettent de deviner l’échange à l’œuvre entre les cultures et la transmission des héritages architecturaux ou graphiques. Le visiteur qui se rend à Istanbul s’apprête à voyager dans le temps où Byzance ou Constantinople a dominé le monde grec chrétien puis musulman pendant des siècles. En admirant le faste et la grandeur d’Hagia Sophia, de la mosquée bleue ou en franchissant la porte du palais de Topkapi, on pourrait presque oublier que le luxe des monuments édifiés à la gloire d’un empereur ou d’un sultan étaient secondaires à côté d’une activité journalière et essentielle : se restaurer. Les cuisiniers qui s’affairent pour le sultan étaient certainement dotés des meilleurs palais que l’on puisse trouver et les ingrédients contenus dans les recettes qui se mitonnaient dans leurs antres, les plus rares et les plus surprenants car étonner positivement le sultan, maître temporel et spirituel, était gage de longévité.

  • Historique des relations turco-russes (2/2) - 02/08/19

    Des années après la démission forcée de Necmettin Erbakan, suite à un ultimatum des forces armées turques le menaçant d’un nouveau coup d’État (1), cette stratégie de diplomatie pan-islamiste va réapparaître progressivement sous le gouvernement AKP de Recep Tayyip Erdoğan (2). Elle sera notamment illustrée par le refroidissement des liens entre la Turquie et Israël en 2010, suite à la mort de plusieurs militants humanitaires turcs essayant de forcer le blocus de l’État hébreu sur la Bande de Gaza, en s’embarquant à bord du navire Mavi Marmara. Mais cette rhétorique ideologico-religieuse va surtout prendre la forme du soutien manifesté par Recep Tayyip Erdoğan aux différents mouvements relevant du Printemps arabe, du Maroc jusqu’à la Syrie (3). La Turquie va devenir dès lors un modèle (4) "démocrate-islamique" assumé, à travers la consolidation du pouvoir d’Erdogan et grâce à l’affaiblissement de l’influence politique de l’armée suite aux purges judiciaires permises par les procès Ergenekon et Balyoz à la fin des années 2000 (5). Le début de la nouvelle décennie va alors être marqué par la volonté d’Ankara d’exporter son idéal politique à travers tout le Moyen-Orient. Des partis politiques se réclamant de l’exemple AKP vont ainsi arriver au pouvoir à Rabat (6) comme à Tunis (7), et l’Égypte va accueillir le chef d’État turc lors de la première visite protocolaire faisant suite à la destitution d’Hosni Moubarak en 2011.

  • Historique des relations turco-russes (1/2) - 23/07/19

    Actuellement, des analystes évoquent la possibilité un rapprochement géopolitique entre les gouvernements turc et russe. Entre des contrats énergétiques de première importance et une table de négociations commune au sujet de la résolution du conflit syrien, les relations entre les deux pays semblent en effet aujourd’hui au beau fixe. Or, si Ankara et Moscou s’affichent désormais comme alliés sur la scène internationale, leurs relations par le passé ont plutôt eu tendance à être conflictuelles. En nous appuyant sur l’analyse de cet héritage, nous essayerons ici d’évoquer l’évolution de la relation turco-russe et ses limites.

  • Conjonctions et cycles des planètes : retour aux sources mésopotamiennes - 17/07/19

    A partir du XIXème siècle, les découvertes assyriologiques vont permettre de se forger une toute autre idée de la réception des savoirs en Orient. Les textes grecs ne sont plus les seules sources disponibles dans ce domaine et les allusions faites à la science des Chaldéens par les sages hellènes prennent alors leur sens. Les découvertes de tablettes mathématiques des assyriologues dont Johann Strassmaier et le mathématicien Joseph Epping, soulignent l’antécédence babylonienne des connaissances, notamment dans le domaine du savoir astronomique sur la cognition cumulée dans les traités de Ptolémée ou d’autres sages de l’antiquité classique ou tardive. Dans les année 1940-50, l’historien des sciences Otto Eduard Neugebauer traduit et interprète le corpus de textes cunéiformes relatifs à l’astronomie mathématique babylonienne, et contribue grandement à une meilleure connaissance de l’astronomie mésopotamienne. La publication des textes astronomiques mésopotamiens a progressé après Neugebauer, jusqu’aux projets récents conduits par Sachs puis Hunger visant à publier la plupart des textes connus, enrichissant considérablement la documentation disponible sur cette discipline et favorisant le travail interdisciplinaire nécessaire pour comprendre l’enrichissement mutuel des savoirs à travers le temps et l’espace.

  • Astrologie sassanide : apports et héritages - 28/06/19

    Dans le monde sassanide comme dans celui des Grecs et des Indiens, des Chinois, des Syriaques et des Yéménites avec lequel il a communiqué, l’astronomie, l’art rationnel visant à observer le ballet céleste et y appliquer les formules mathématiques nécessaires à sa compréhension s’adjoint également une dimension interprétative nécessaire au sens de son exister : l’astrologie. L’héritage des connaissances grecques et indiennes n’est néanmoins pas suffisant pour comprendre le système astrologique sassanide dont l’originalité s’articule autour des conjonctions grandes, moyennes et petites de Saturne et Jupiter ainsi que les connaissances visant à la prédiction de la venue des prophètes, des religions et des dynasties au terme de 60 ans. Cette tradition du calcul sexagésimal nous indique un héritage direct de la Mésopotamie et la Babylonie ancienne à travers le lien parthe assimilé par les Sassanides dont il conviendra de resituer l’ampleur.

  • Images et iconographie chrétienne d’Aksoum à Damas (1/2) - 11/06/19

    En novembre 2013, l’archéologue Jacques Mercier a révélé le résultat de ses dernières recherches lors d’une conférence à l’université d’Oxford intitulée « Ethiopia and the Mediterranean World in Late Antiquity : The Garima Gospels in Context » (1).

    Dans le cadre d’un projet européen commandité par l’Eglise éthiopienne et par le gouvernement éthiopien lancé en 2006 et achevé en 2013, Jacques Mercier a fait dater au carbone 14 deux évangéliaires illustrés appelés “ Garima Gospels”. Ces derniers ont été nommés d’après le lieu du monastère où ils ont été découverts, à Garima, dans la région du Tigray, au nord de l’Ethiopie.

    Selon les résultats obtenus, il s’avère que l’un de ces manuscrits (Garima 1), celui qui est le plus illustré, serait daté d’une période entre 390 et 570. Les illustrations et les textes du second manuscrit (Garima 2) sont également de cette période, plus précisément entre 530 et 630 (2), ce qui tend à prouver que les textes et les dessins ont été faits ensemble. Si l’hypothèse se vérifie, l’école de peinture d’Aksoum aurait inspiré les illustrations qui se sont répandues dans le monde chrétien au Moyen-Orient et créé un style qui s’est diffusé depuis l’Ethiopie vers l’Egypte ou la Syrie.

  • Draxt ī Āsōrīg : ce que la chèvre dit au palmier - 31/05/19

    Le chemin de la littérature à travers les siècles, de l’oralité à l’écriture, est tributaire de variations voire de changements essentiels qui défont et refont les histoires en les éloignant de leur origine.
    Dans un précédent article, nous avions déjà évoqué le voyage des contes des Mille et une Nuits, compilés à l’époque sassanide sous le titre de Hazār afsāne (milles histoires), traduits et modifiés dans leur version arabe (Alf Lailah wa Laila) puis enrichi d’histoires glanées par les orientalistes qui les firent découvrir en Europe à partir du XVIIIème siècle en ajoutant des histoires extérieures au corpus existant. De même, les fables de La Fontaine empruntent leurs récits de sagesse au livre de Kalīla et Dimna, traduit en arabe et en syriaque à partir du modèle indien du Pancatantra, du Tūtī nāmag (le livre du perroquet) ou du Sindbād nāmag (le livre des sept vizirs).

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

Découvrez les rubriques et articles rédigés par des specialistes du Moyen-Orient
Portraits historiques
Portraits contemporains
Entretiens
Analyses historiques
Historiques des Etats du Moyen-Orient
Dates anniversaire


Les pays traités : Afghanistan, Algérie, Arabie Saoudite, Autres pays, Bahrein, Egypte, Emirats Arabes Unis, Empire ottoman, Etats-Unis, Irak, Iran, Israël, Jordanie, Koweit, Liban, Libye, Libye, Maroc, Méditerranée, Oman, Palestine, Qatar, Soudan, Syrie, Territoires palestiniens, Tunisie, Turquie, Yémen
© Les clés du Moyen-Orient - Mentions légales - Design : Katelia - Réalisation : Gaiaservice