Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Politique

  • Les milices chiites au Levant : historique et point de situation de leurs activités. Partie 1 : le Hezbollah libanais, parrain et modèle des milices chiites en Syrie - 17/02/20

    Le 29 décembre 2019, une séquence de frappes aériennes américaines cible des positions de la milice chiite Ka’taib Hezbollah en Irak, tuant 25 de ses combattants et détruisant de nombreux équipements militaires. « Notre combat contre l’Amérique et ses mercenaires est maintenant ouvert à toutes les possibilités ! », déclare dans la foulée la force paramilitaire (1). Alors que l’Iran déplore cet acte de « terrorisme », le grand Ayatollah chiite irakien Ali al-Sistani condamne « l’atroce agression » américaine. Trois jours plus tard, le général iranien Ghassem Soleimani, parrain des milices chiites, est tué dans une frappe aérienne américaine à Bagdad aux côtés d’Abou Mehdi al-Mouhandis, homme fort des Forces de mobilisation populaire (PMF), provoquant une véritable mobilisation anti-américaine au sein des milices chiites au Levant (2).

    De fait, depuis l’intervention militaire d’Israël au Liban le 6 juin 1982, Téhéran s’emploie à recruter, former et équiper des combattants étrangers venant d’horizons très variés (Liban, Irak, Syrie, Yémen, Afghanistan et Pakistan notamment), dont le dénominateur commun est celui de leur foi chiite et de leur loyauté vis-à-vis de l’Iran. Ces combattants ont, au fil des années, fortement accru leurs capacités opérationnelles, leur équipement et leur expertise militaire, au point d’accroître régulièrement l’attention - et la tension - des Etats-Unis et de ses alliés, notamment des Israéliens.

    Qui sont ces milices chiites ? Pourquoi (et comment) se retrouvent-elles à ce point corrélées à l’Iran ? Quel est leur poids dans la balance géopolitique aujourd’hui ? C’est à ces questions que cet article s’attachera à répondre, en reconstituant la sociogenèse des milices chiites au Liban et en Syrie (première partie) ainsi qu’en Irak (deuxième partie) et partant, leur valeur dans l’équation sécuritaire et diplomatique moyen-orientale aujourd’hui.

  • Etude : l’élimination du général Soleimani : exorciser 1979 ? Divorce irakien ? - 11/02/20

    La liquidation, le 3 janvier, du général Soleimani et d’Abu Mahdi al-Muhandis, chef adjoint des Popular Mobilization Forces (alias PMF ou PMU), et responsable de la milice Kataeb Hezbollah soutenue par l’Iran, pose maintes questions sur ses causes et ses conséquences de plusieurs natures. Pour évaluer ces dernières, il est nécessaire, disposant à présent d’un peu de recul, de scruter d’abord les raisons encore mal éclaircies qui ont conduit à cette opération au vu des alibis avancés et des circonstances étranges qui l’entourent. Délaisser la poursuite de leur examen augmente le risque de contresens si nous voulons décrire le nouveau paysage qui en découle et les stratégies des acteurs en présence. N’oublions pas que depuis longtemps, un « contrat » pesait sur la tête du célèbre commandant de la Force al-Qods. Mais jusqu’ici, Américains et Israéliens, tout en suivant Soleimani à la trace, s’étaient abstenus de l’éliminer (1). Il s’agissait de ne pas franchir une ligne rouge pouvant mener à un affrontement direct avec Téhéran, d’éviter de ruiner toute possibilité de négociation avec l’Iran et de se priver d’un interlocuteur de poids. En octobre 2019, Hossein Taeb, chef des services de renseignements des Gardiens, avait prétendu qu’un attentat à la bombe contre un centre religieux fréquenté par le célèbre général dans la province de Kerman avait été déjoué (2) et l’avait qualifié de complot « hébreu-arabe ». Derrière ce qualificatif, on peut plutôt imaginer des terroristes sunnites islamistes venus d’Irak, dont ce n’est pas la première incursion en Iran. D’aucuns perçoivent des ‘avertissements’ déjà lancés contre le général (dont une lettre de Pompeo qu’il déclara n’avoir jamais vue ni lue) (3), et ignorés par lui, mais ces mises en garde valent-elles certitude de déclenchement d’opération létale contre lui s’il ne se ‘soumet’ pas ? Rien n’est moins sûr.
    Michel Makinsky est Directeur Général d’Ageromys International, chercheur associé IPSE, collaborateur scientifique auprès de l’Université de Liège.

  • De la nécessité d’une approche postcoloniale dans le traitement médiatique de l’Iran - 05/02/20

    « Monsieur, ils ont environ une minute à vivre, Monsieur… 30 secondes, 10, 9, 8… Et puis soudain, boom. Ils ne sont plus là, Monsieur ». Il ne s’agit pas d’une réplique de film hollywoodien, mais de la description donnée par Donald Trump de la mort de Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, tués le 3 janvier dernier par une frappe américaine. A l’occasion d’un dîner de levée de fonds du parti Républicain, dans sa résidence de Mara-Lago en Floride le 17 janvier dernier, le Président américain a ainsi révélé les coulisses de l’opération militaire aux donateurs présents.

  • Entretien avec Elisabeth Marteu concernant la position des Etats du Golfe sur le plan de paix Trump : « la menace iranienne est devenue plus importante que la cause palestinienne » - 02/02/20

    Mardi 28 janvier, des représentants de plusieurs Etats du Golfe étaient présents lors du dévoilement du plan de paix pour le Proche-Orient à Washington, alors même que le texte était annoncé comme très favorable à Israël. « L’accord du siècle », comme il est communément appelé, s’est avéré largement aligné sur les idées de Benyamin Netanyahou. Il demande surtout aux Palestiniens, par ailleurs absents à Washington le 28 janvier, de faire d’importantes concessions, dont l’abandon de Jérusalem. Malgré cela, plusieurs Etats ont salué l’accord dans une démarche inédite, preuve que les relations entre Israël et une partie du Golfe se sont profondément remodelées ces dernières années.

    Pour comprendre ces dynamiques, Elisabeth Marteu, docteure en science politique de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, chercheuse associée a l’Institut International d’Etudes Stratégiques (IISS) et chargée de cours a Sciences Po Paris, répond aux questions des Clés du Moyen-Orient.

  • Le gouvernorat irakien de Diyala : un point d’appui historique et récurrent pour les groupes terroristes. Partie 1 : la province irakienne de Diyala, un repaire historique de groupes insurgés djihadistes - 31/01/20

    « La principale zone d’activités de Daech » : c’est ainsi que le think tank israélien « Intelligence & Terrorism Information Center » (1) décrit la résurgence de Daech dans le gouvernorat irakien de Diyala. L’Etat islamique y a pourtant été officiellement déclaré vaincu dès 2015, soit trois ans avant l’annonce du Premier ministre irakien en décembre 2017 de la défaite de Daech en Irak. Aujourd’hui, la province apparaît en effet en ébullition : les attaques djihadistes s’y multiplient et les efforts de l’armée et de la police irakiennes pour sécuriser le gouvernorat s’avèrent des échecs répétés.

  • Le « Deal du siècle » : un échec annoncé ? - 30/01/20

    Le mardi 28 janvier, après trois ans de gestation, le président américain Donald Trump a dévoilé son plan de paix pour le Moyen-Orient. Aligné sur les positions du gouvernement israélien, le texte impose des concessions majeures aux Palestiniens, dont l’abandon de Jérusalem. Il a été immédiatement rejeté par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Fatah) et par le Hamas au pouvoir à Gaza.

  • Benyamin Netanyahou vu par Anshel Pfeffer, "Bibi : The Turbulent Life and Times of Benjamin Netanyahu”. « Ce livre raconte l’histoire d’un homme. Il raconte aussi l’histoire d’une nation » (1/2) - 27/01/20

    En dix ans, l’image d’Israël est devenue presque indissociable de son Premier ministre, Benyamin Netanyahou. Qu’il soit adulé ou détesté, il est au centre des débats dans le pays. Preuves en sont les dernières élections, cristallisées autour du vote pour ou contre « Bibi » (1). D”un côté, ses partisans, dont les plus fervents admirateurs ont cousu un lien charnel avec « King Bibi » : pour eux, un Israël fort, sécuritaire et rayonnant n’est possible qu’avec Benyamin Netanyahou. D’un autre côté, ses opposants, choqués par les affaires de corruption, fatigués de son discours de showman américain, parfois adeptes d’une politique économique moins libérale ou encore, c’est vrai pour les Arabes israéliens, exaspérés d’être la cible d’attaques racistes.

  • « Leading from behind » : la stratégie de Barack Obama derrière la France et le Royaume Uni dans l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011 - 20/01/20

    Décoré du prix Nobel de la paix en 2009 alors qu’il vient d’être élu président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama hérite d’une position américaine complexe dans les affaires internationales, l’affaire WikiLeaks fragilisant dès le début de son mandat la politique étrangère de Washington en particulier au Moyen-Orient. Sous l’ère démocrate du « yes, we can », l’armée américaine se retire progressivement d’Irak, mais reste encore fortement engagée en Afghanistan, d’où le président américain annoncera le retrait de 10 000 soldats en juin 2011, soit quelques mois après le lancement de l’opération Unified Protector en Lybie par l’OTAN. Dans ce contexte tendu une décennie après le lancement de la « war on terror » par son prédécesseur à la suite des attentats du 11 septembre 2001, Barack Obama se sait observé par la communauté internationale et a conscience de l’image négative et impérialiste qu’ont les Etats-Unis à travers le monde et en particulier vis-à-vis du Moyen-Orient. En plein printemps arabe, il s’engage donc dans une politique étrangère moins interventionniste, au moins en apparence, à travers la stratégie qui sera qualifiée de « leading from behind », littéralement « diriger de l’arrière » (1), qui ressort de plusieurs analyses de la position américaine vis-à-vis de la crise libyenne de 2011.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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