Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Analyses de l’actualité

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  • Candidature de la Turquie à l’Union européenne : où en est le processus d’adhésion ? Deuxième partie : l’éloignement progressif mais net de la Turquie du projet européen - 07/11/19

    Les critères de Copenhague apparaissent comme le principal obstacle à l’intégration de la Turquie à l’Union européenne (I) ; toutefois, quand bien même ceux-ci seraient atteints, la méfiance, voire la conflictualité, présidant aux relations turco-européennes constituerait un frein très certain à la poursuite du processus d’adhésion (II).

  • Le Mouvement Jihad Islamique Palestinien : une faction islamo-nationaliste révolutionnaire - 05/11/19

    Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2019, des jets de lumière éclatent dans le ciel qui surplombe la frontière entre Gaza et Israël. Tel un cycle interminable, une dizaine de roquettes ont été tirées depuis la bande côtière vers l’Etat hébreu. Elles viennent trancher avec le calme relatif de ces dernières semaines. La plupart sont interceptées par le Dôme de fer, le système de défense aérienne israélien. Les autres s’écrasent en causant quelques dégâts minimes (1). En représailles, l’armée israélienne bombarde des positions du Hamas. Bilan : un mort et deux blessés parmi les Palestiniens.

    Cependant, le parti islamiste au pouvoir à Gaza (2) nie toute responsabilité. C’est en fait le Mouvement du Jihad Islamique Palestinien (MJIP) qui est derrière ces tirs. Troisième parti palestinien après le Fatah et le Hamas, ce mouvement est l’objet d’une certaine confusion. Peu étudié, le Jihad Islamique est parfois associé - à tort - à des mouvements transnationaux djihadistes telles qu’Al-Qaïda. Pourtant, le MJIP est profondément ancré dans l’histoire palestinienne. A la fois nationaliste et jihadiste, influencé par les Frères musulmans, par la lutte pour la libération nationale et la révolution iranienne, il s’est « caractérisé par sa grande pluralité, des communistes aux différentes variantes de nationalisme arabe, des gauches radicales marxisantes aux formes variées d’islam politique » (3). Connu pour sa radicalité envers Israël, il occupe une place singulière sur le plan interne palestinien. Nourri du politique comme du religieux, ce mouvement est motivé par une ambition principale : la lutte armée contre Israël pour la « libération de la Palestine historique » (4).

  • Genèse d’Abou Bakr al-Baghdadi : comment devient-on « l’homme le plus recherché du monde » ? - 31/10/19

    « C’est le plus beau jour de notre vie ! » a déclaré à la presse la famille du Peshmerga Hujam Surchi, décapité par l’Etat islamique à Mossoul le 15 juin 2015 (1), en réaction à l’annonce de l’élimination d’Abou Bakr al-Baghdadi, fondateur et leader de l’Etat islamique, lors d’un raid des forces spéciales américaines le 27 octobre en Syrie. Le leader de Daech a en effet été à l’origine de la mort, du viol, de la torture ou de l’enlèvement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à travers le monde, a contrôlé un territoire aussi vaste que la Grande-Bretagne chevauchant la Syrie et l’Irak et, à un certain moment, le Liban, a brassé des centaines de millions de dollars, et a posé une menace sécuritaire ayant poussé les démocratiques occidentales à repenser en profondeur leur rapport à la liberté et la sécurité.

  • Le Liban à l’heure de la « révolution » d’octobre : bilan d’étape et interrogations pour l’avenir - 31/10/19

    Beyrouth, mardi 29 octobre 2019 : au treizième jour, à 16 heures, dans une courte allocution télévisée, le Premier ministre Saad Hariri annonce la démission de son gouvernement. Aussitôt, il se rend au palais présidentiel de Baabda pour en faire part officiellement au président de la République. Dans la rue, la foule est en liesse mais certains expriment leur détermination à maintenir la pression sur l’Etat afin d’obtenir d’autres démissions, celles des parlementaires notamment. Mais, dès le lendemain, les principaux axes routiers sont rouverts à la circulation et la vie reprend un semblant de normalité.

    Progressivement, le rêve cède le pas à la réalité et les Libanais connaissent bien le bon vieux dicton transmis par une sagesse populaire immémoriale : « l’ivresse partira, la prise de conscience viendra ». Ils sont déjà rattrapés par les soucis pratiques : remettre les enfants à l’école et les jeunes adultes à l’université, retourner au travail et surtout attendre dans l’angoisse que les banques ouvrent leurs portes. Alors seulement on connaîtra l’ampleur des dégâts. Dans une économie « dollarisée » à l’extrême, la Livre libanaise va-t-elle résister ou bien va-t-on assister à une dégringolade abyssale de son taux de change ?

    En ce moment, alors que le Cabinet Hariri a été chargé de l’expédition des affaires courantes, on pourrait se hasarder à revenir sur ce qu’il s’est passé avant de s’interroger sur la suite des événements.

  • Candidature de la Turquie à l’Union européenne : où en est le processus d’adhésion ? Première partie : la Turquie, européenne ? Genèse du projet et débats - 30/10/19

    « La Turquie poursuivra ses efforts pour atteindre son objectif stratégique de devenir membre à part entière de l’Union européenne », déclarait le jeudi 2 mai 2019 le Président turc Recep Tayyip Erdoğan (1). Le 8 septembre de la même année, il menaçait l’Europe « d’ouvrir les portes » de l’immigration (2) si elle refusait d’aider davantage financièrement la Turquie en matière de gestion des réfugiés et des migrants.

    Si ces déclarations peuvent sembler contradictoires, ou en tous cas étonner par la différence de ton qu’elles semblent impliquer de la part de la Présidence turque envers l’Union européenne, elles résument pourtant bien le processus de candidature à l’Union européenne de la Turquie, officiellement candidate depuis 1987.

    En effet, cette candidature s’illustre par ces rebondissements qui s’inscrivent, malgré tout, vers un éloignement progressif d’une intégration de la Turquie à l’espace européen, en particulier le blocage des négociations par la France et l’Allemagne en 2007.

    Depuis la tentative de coup d’Etat en Turquie le 15 juillet 2016, les relations entre le continent européen et son voisin anatolien se sont par ailleurs très fortement dégradées, aboutissant par exemple au retrait de l’ambassadeur néerlandais à Ankara le 5 février 2018 (3).

    Alors que la chancelière allemande Angela Merkel déclarait le 4 septembre 2017 « qu’il est clair que la Turquie ne doit pas devenir un membre de l’Union européenne » (4) et qu’une réunion du Conseil d’association UE-Turquie se réunissait pourtant pour la première fois depuis des années le 15 mars 2019, cet article reviens sur les tenants et aboutissants de la candidature de la Turquie à l’Union européenne : pourquoi la Turquie souhaite-t-elle rejoindre l’Europe ? Pourquoi les négociations ont-elles pris tant de temps, au point, aujourd’hui, d’être pratiquement à l’arrêt ? Quelles sont les perspectives à court et moyen terme pour la Turquie et l’Union européenne ?

    Des interrogations politiques et idéologiques apparaissent comme étant en grande partie à l’origine du ralentissement des négociations d’adhésion d’Ankara à l’Union européenne, malgré un souhait longtemps établi de la capitale turque de se joindre à la communauté européenne (première partie). Aujourd’hui, en raison de l’actualité régionale et de dynamiques internes à la Turquie, cette dernière apparaît éloignée d’une potentielle intégration à l’UE, notamment en matière de respect des critères d’adhésion et de volonté politique tant à Ankara qu’à Bruxelles (deuxième partie).

  • « Tous ! Sans exception ! », le cri (presque) unanime de la population libanaise - 24/10/19

    Il est des gouttes d’eau qui font déborder les vases et se rompre des digues que l’on croyait inébranlables. Il en a été ainsi de l’intention du gouvernement libanais d’imposer des frais sur les communications téléphoniques WhatsApp. Etait-ce une mesure déjà entérinée ou une simple suggestion parmi celles destinées à renflouer les caisses vides de l’Etat ? Relevait-elle de la rumeur comme toutes les rumeurs qui peuplaient le quotidien des Libanais depuis la rentrée ? Les informations demeuraient parcellaires et contradictoires, mais la perspective de la fin de la gratuité des communications via WhatsApp a fait sauter les dernières réserves que pouvaient nourrir les Libanais à l’égard des mouvements sociaux, précipitant la population dans la rue. D’abord par petits groupes dans le centre-ville de Beyrouth dans la soirée du jeudi 17 octobre 2019, puis à travers les principales villes du pays, toutes régions comprises, à partir du vendredi 18 octobre, déferle un flux continu d’hommes, femmes et enfants en colère qui, à l’heure d’écrire ces lignes, ne s’est pas encore arrêté.

    Ce papier écrit à chaud depuis Beyrouth tente de comprendre ce qu’il se passe au Liban, mettant en lumière d’abord le caractère totalement inédit des manifestations en cours, puis essayant en un second temps d’en poser l’arrière-plan économique et politique.

  • Israël : la démocratie en péril ? Partie 1 : Aux racines de « l’Etat juif » - 23/10/19

    « Seule démocratie du Moyen-Orient » pour ses défenseurs, ou « démocratie pour les Juifs, et Etat juif pour les Arabes », selon le député israélien Ahmad Tibi ? Depuis sa création, le caractère démocratique de l’Etat d’Israël fait débat. Ses défenseurs mettent régulièrement en avant son processus électoral, la pluralité de ses médias, ou encore la transparence de ses institutions, il est vrai, exceptionnels dans la région. Mais ces critères ne peuvent pas, à eux seuls, définir un régime démocratique. Le sort de la population arabe dans les Territoires palestiniens ou en Israël questionne sur le caractère réellement démocratique de l’Etat hébreu. Ces dernières années, un climat anti-médias, anti-justice et anti-ONG de défense des droits de l’Homme s’est développé, souvent alimenté par le Premier ministre Netanyahou lui-même, alors qu’Israël est dirigé par le gouvernement le plus à l’extrême droite de son histoire. Selon un sondage récent du Sustainable Governance indicator, 45% des Israéliens pensent que le système démocratique est gravement menacé dans l’Etat hébreu (1).

  • Saadi, le vainqueur de Mossoul - 09/10/19

    C’était autant une question d’honneur que de stratégie. Il fallait reprendre Baiji, la plus grande raffinerie d’Irak, aux djihadistes de l’Etat islamique. L’été 2014, ceux-ci s’étaient emparés en quelques jours de plus de 10% du territoire irakien. Dans leur offensive foudroyante, ils avaient provoqué l’effondrement de l’armée, occupé Mossoul, la deuxième ville du pays, et poussé jusqu’aux portes de Bagdad.
    Près de Baiji, quelques hommes du Service antiterroriste, unité d’élite formée par les forces spéciales américaines, ont tenu bon. Plus connus sous leur acronyme anglais, CTS, pour Counter terrorism service, ce sont les mieux entraînés et les mieux équipés des forces irakiennes.

  • Irak : une jeunesse en demande de changement radical - 08/10/19

    Les murs de Bagdad reviennent. Ces lourdes protections de ciment, en forme de T inversé, avaient été enlevées peu à peu depuis la victoire contre l’Etat islamique, en 2017. La capitale irakienne s’était reprise à espérer - à respirer. Le temps des attentats, qui rythmait le quotidien de la ville depuis l’intervention américaine, semblait révolu.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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