Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Syrie

  • Point de situation à Idlib : vers la bataille finale de l’insurrection en Syrie ? - 21/02/20

    « Le régime détruit tout ce qui peut nous aider à continuer à vivre », déplorait un secouriste des Casques blancs interviewé par le quotidien français Le Monde au début du mois de février (1). Cette déclaration illustre le ressenti des Syriens piégés dans la poche insurgée d’Idlib, mais aussi, et surtout, la détermination du régime syrien à en finir une bonne fois pour toute avec le dernier bastion des insurgés en Syrie (2).

    De fait, le régime syrien a initié, depuis l’été 2019, une vaste offensive contre la poche d’Idlib, dont l’intensité n’a fait que croître au fil des mois. Le début du mois de février constitue, à cet égard, un véritable climax : de frappes aériennes en tirs d’artillerie terrestre, le régime syrien et son allié russe redoublent d’efforts afin de venir à bout du dernier territoire insurgé en Syrie.

    L’offensive de ce début d’année 2020 s’avère pour le moment un succès par la reconquête de plusieurs localités et axes d’importance pour le régime syrien, notamment l’autoroute 5, hautement stratégique et symbolique, reliant Damas à Alep. La résolution ferme du régime syrien de reconquérir définitivement la poche d’Idlib passe toutefois par la commission de nombreux dommages collatéraux et l’aggravation d’une situation humanitaire déjà insoutenable, comme l’illustrent les craintes de nouvelles vagues migratoires massives en Turquie, qui accueille déjà sur son sol plus de 3,5 millions de réfugiés.

    Cet article va ainsi s’employer à décrire les tenants et aboutissants de l’offensive syrienne, d’abord d’un point de vue militaire (I), puis en terme diplomatique et humanitaire (II).

  • Les milices chiites au Levant : historique et point de situation de leurs activités. Partie 1 : le Hezbollah libanais, parrain et modèle des milices chiites en Syrie - 17/02/20

    Le 29 décembre 2019, une séquence de frappes aériennes américaines cible des positions de la milice chiite Ka’taib Hezbollah en Irak, tuant 25 de ses combattants et détruisant de nombreux équipements militaires. « Notre combat contre l’Amérique et ses mercenaires est maintenant ouvert à toutes les possibilités ! », déclare dans la foulée la force paramilitaire (1). Alors que l’Iran déplore cet acte de « terrorisme », le grand Ayatollah chiite irakien Ali al-Sistani condamne « l’atroce agression » américaine. Trois jours plus tard, le général iranien Ghassem Soleimani, parrain des milices chiites, est tué dans une frappe aérienne américaine à Bagdad aux côtés d’Abou Mehdi al-Mouhandis, homme fort des Forces de mobilisation populaire (PMF), provoquant une véritable mobilisation anti-américaine au sein des milices chiites au Levant (2).

    De fait, depuis l’intervention militaire d’Israël au Liban le 6 juin 1982, Téhéran s’emploie à recruter, former et équiper des combattants étrangers venant d’horizons très variés (Liban, Irak, Syrie, Yémen, Afghanistan et Pakistan notamment), dont le dénominateur commun est celui de leur foi chiite et de leur loyauté vis-à-vis de l’Iran. Ces combattants ont, au fil des années, fortement accru leurs capacités opérationnelles, leur équipement et leur expertise militaire, au point d’accroître régulièrement l’attention - et la tension - des Etats-Unis et de ses alliés, notamment des Israéliens.

    Qui sont ces milices chiites ? Pourquoi (et comment) se retrouvent-elles à ce point corrélées à l’Iran ? Quel est leur poids dans la balance géopolitique aujourd’hui ? C’est à ces questions que cet article s’attachera à répondre, en reconstituant la sociogenèse des milices chiites au Liban et en Syrie (première partie) ainsi qu’en Irak (deuxième partie) et partant, leur valeur dans l’équation sécuritaire et diplomatique moyen-orientale aujourd’hui.

  • Les enjeux énergétiques en Méditerranée orientale, ou la création d’une nouvelle arène géopolitique au Moyen-Orient. Partie I : des gisements d’hydrocarbures particulièrement prometteurs - 12/02/20

    « La Méditerranée orientale, une mer de gaz » (1) : cette citation, issue d’un article du site du géant pétrolier italien ENI, suffit à comprendre l’ampleur que revêtent, actuellement, les enjeux économiques dans l’est de la mer Méditerranée.

    La Méditerranée orientale est en effet actuellement le théâtre d’une véritable course aux hydrocarbures de la part des nations méditerranéennes concernées, qu’elles le soient directement ou indirectement : si la présence de la Turquie ou de Chypre dans l’équation n’étonne guère, celle de la Libye ou encore de l’Italie interroge davantage.

    Cette course se fait, de façon incontournable, sur fonds de profonde rivalité entre les différents protagonistes de l’affaire, qui recourent aux alliances et qui montrent de façon ostentatoire leurs forces militaires afin de tirer le meilleur parti de la situation et, surtout, des ressources en jeu.

    Alors que la Turquie a annoncé le déploiement de drones de combat dans la zone (2) et que la présidence française s’est engagée auprès d’Athènes à envoyer des bâtiments de la Marine nationale en soutien aux forces grecques positionnées en mer Égée (3), cet article va s’employer à disséquer les tenants et aboutissants de la crise afin de présenter dans un premier temps l’ampleur des enjeux énergétiques dans la zone (première partie) afin, ensuite, de mieux saisir la mesure de l’escalade diplomatico-sécuritaire dans la région et la sensibilité du sujet pour les différentes nations impliquées (deuxième partie).

  • De la Syrie à la Libye, la Turquie sur tous les fronts : résumé et analyse. Première partie : en Syrie, un statu quo défavorable aux Kurdes syriens - 23/01/20

    L’intervention aura lieu « au sol, sur mer et dans les airs si nécessaire ! » (1). Ainsi s’est exprimé le Président turc Recep Tayyip Erdoğan le 28 novembre 2019, après avoir signé un accord de coopération militaire et économique avec le Gouvernement d’accord national (GAN) de Faïez el-Sarraj.

    De fait, le Président turc fait ici référence à un engagement militaire contre les forces du maréchal Khalifa Haftar qui, basé à Tobrouk, en Cyrénaïque, menace directement le nord-ouest du pays sous contrôle du GAN, basé à Tripoli. Le gouvernement turc soutient en effet le gouvernement de Faïez Sarraj, à l’instar du Qatar notamment ; l’Egypte, les Emirats arabes unis ou encore la Russie soutiennent, quant à eux, le gouvernement de Tobrouk.

    Cette promesse d’intervention militaire, ainsi que les envois de premiers contingents sur place, ont suspendu les opérations militaires turques dans le nord-est syrien, dont la presse internationale ne fait plus guère mention. La Turquie réalise pourtant ici un audacieux pari : passer d’une offensive en Syrie dont l’investissement militaire s’est avéré particulièrement substantiel pour les forces armées turques, à une nouvelle opération militaire annoncée comme majeure dans un pays très éloigné géographiquement du territoire turc et, par extension, de ses bases militaires.

    Cet article va donc s’attacher, dans un premier temps, à revenir sur la situation actuelle dans le nord-est syrien, tant militairement que politiquement (première partie), avant de traiter le basculement militaire turc du Rojava (2) vers la Libye, en exposant les tenants et aboutissants de la décision turque et les modalités de son engagement au profit du GAN (deuxième partie).

  • Entretien avec Bernard Besson à l’occasion de la parution de son roman historique « Marina et les dieux » - 22/01/20

    Claudine Serre, historienne, ancienne diplomate, interroge Bernard Besson, ancien du renseignement, sur son roman historique « Marina et les dieux », paru aux Editions L’Harmattan (novembre 2019), et dont l’intrigue se déroule en Egypte, en Syrie et en Turquie au IVème siècle après Jésus-Christ.

  • Point de situation sur les réfugiés en Turquie, leitmotiv diplomatique du Président turc - 22/11/19

    Un « instrument de chantage » : c’est ainsi que le quotidien français l’Express (1) désigne l’usage que fait le Président turc Recep Tayyip Erdoğan des 3,6 millions de réfugiés syriens présents sur son sol.

    En effet, ces derniers sont régulièrement cités par la présidence turque, soit pour exhorter l’Union européenne à subventionner davantage la gestion des réfugiés en Turquie, soit pour justifier, en partie, l’offensive turque « Source de Paix » initiée le 9 octobre 2019 dans le nord-est syrien.

    Ces réfugiés, en provenance de Syrie, mais aussi d’Irak, d’Afghanistan, d’Iran et d’autres pays encore, représentent en effet une problématique toute particulière pour la Turquie : cette dernière est le pays accueillant le plus de réfugiés au monde, avec près de 4 millions d’immigrés d’urgence présents sur son sol.

    Qu’en est-il exactement ? Comment s’organise l’arrivée en Turquie de ces réfugiés ? Quel avenir pour eux en Turquie ? S’il apparaît que les réfugiés ayant fui les guerres civiles syriennes et irakiennes représentent clairement le plus gros des contingents de réfugiés présents sur le sol turc (I), ces derniers ne bénéficient pas d’un régime égal de droits et d’avenir sur le sol turc (II).

  • « Armée nationale syrienne » : qui sont ces supplétifs d’Ankara engagés contre les Kurdes en Syrie ? - 14/11/19

    Des « mercenaires », des « djihadistes », des « gangsters »… Les qualificatifs ne manquent pas, dans la bouche de ses détracteurs, pour qualifier l’« Armée nationale syrienne » qui, contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, désigne une vaste coalition de groupes rebelles syriens faisant office, aujourd’hui, d’auxiliaires de l’armée turque en Syrie.

    De fait, depuis que la Turquie les emploie, et en particulier depuis l’opération « Rameau d’Olivier » à l’encontre du canton kurde syrien d’Afrin, ces supplétifs syriens s’illustrent par leurs nombreux actes à l’encontre des civils ou des prisonniers de guerre. Si la propagande kurde s’emploie à les mettre en évidence, il n’en demeure pas moins qu’un nombre croissant d’ONG et d’institutions internationales en reconnait l’existence et les documente. Depuis l’offensive turque « Source de Paix » le 9 octobre 2019, il serait même question, à l’ONU ou à Washington, d’envisager des poursuites pénales contre les auteurs et les responsables de ces actes (1).

    En quoi consiste exactement cette Armée nationale syrienne ? Ses membres sont-ils vraiment d’anciens membres de groupes terroristes ? Quel intérêt Ankara a-t-il d’employer ces mercenaires en Syrie, au vu de l’image profondément négative qu’ils renvoient dans les médias et auprès des populations à leur contact ?

    Si cette Armée nationale syrienne apparaît comme une vaste coalition hétéroclite de groupes aux idéologies et intérêts divergents, l’appât du gain les réunit presque sans distinction sous la bannière de l’armée turque (I) ; leur présence dans les rangs de cette dernière apparaît de fait fondamentale pour les opérations d’Ankara en Syrie, tant pour minimiser les pertes de soldats turcs que pour pallier la réduction brutale des capacités opérationnelles de l’armée turque à la suite des purges post-tentative de coup d’Etat en juillet 2016 (II).

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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