Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Syrie

  • La réapparition de Daech au Levant, entre résurgence et résilience - 08/08/19

    Samedi 9 décembre 2017 : à la télévision irakienne, triomphal mais solennel, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi annonce que les forces irakiennes « exercent un contrôle complet » sur le territoire de l’Irak. « J’annonce ainsi la fin de la guerre contre Daech ». Quelques heures plus tard, un communiqué de presse du ministère irakien de la Défense renchérit et annonce que le pays est désormais « totalement libéré de Daech ».
    Pourtant, aujourd’hui, l’Etat islamique apparaît si vivace qu’il a été en mesure de prendre plusieurs villages autour de la ville de Daquq, à proximité des monts Hamrin, qui lui tient lieu de repaire à proximité du Tigre. Car de repaires, il n’en manque pas : pas une semaine ne passe sans que la Coalition internationale et/ou les forces de sécurité irakiennes annoncent avoir réalisé une frappe aérienne sur une position de l’Etat islamique ou avoir affronté au sol des combattants de l’organisation terroriste afin d’y démanteler une cellule dormante.

    En Syrie, riche de l’expérience irakienne, la Coalition internationale s’est montrée plus prudente le 24 mars dernier en annonçant la « défaite territoriale » de l’Etat islamique mais en avertissant aussi que la lutte continuait contre son influence, ses réseaux de financement et ses cellules dormantes. De fait, les attaques de Daech en Syrie sont elles aussi quasi-quotidiennes, malgré la perte d’aura du groupe depuis la disparition du Califat autoproclamé.

    L’Etat islamique est-il « de retour », ou fait-il simplement preuve d’une résilience tenace ? Si l’on sait que sa défaite territoriale ne signifie pas sa défaite idéologique, peut-on au moins dire qu’elle signe également sa défaite militaire ? Les dynamiques de Daech ne sont pas les mêmes en Syrie et en Irak : si les activités du groupe terroriste en Syrie se caractérisent par une vision jusqu’au-boutiste relativement peu surprenante au vu de la capture encore très récente de son dernier bastion (I), en Irak en revanche, le groupe a pu renouer avec ses tactiques d’antan et revitaliser ses réseaux de soutien originels, redevenant non plus seulement une nuisance mais une véritable menace pour l’Etat irakien (2).

  • Présence militaire turque au Levant : le leitmotiv kurde - 06/08/19

    « Nous allons éradiquer la menace terroriste à l’est de l’Euphrate » déclarait le président turc Recep Tayyip Erdoğan le 26 juillet dernier lors de l’un de ses discours au ton volontairement belligérant, dont il est coutumier depuis la reprise des hostilités avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) à l’été 2015 (1).

    Si ces menaces n’ont, initialement, pas toujours été prises au sérieux (2), le lancement des différentes offensives turques, envers et contre tout (3), a finalement convaincu du sérieux des propos du président turc : l’opération « Griffe », lancée le 27 mai 2019, suivra l’offensive « Rameau d’olivier » lancée le 20 mars 2018, et Bouclier de l’Euphrate avant elle, le 24 août 2016.

    Bien que des objectifs opérationnels différents et des stratégies distinctes aient été attribués à ces opérations, ces dernières partagent toutes le même dénominateur : la lutte contre les mouvements armés kurdes, au premier rang desquels le PKK et sa filiale syrienne le PYD (Parti de l’union démocratique), mieux connu à travers sa branche armée des YPG/YPJ (Unités de protection du peuple).

    Aujourd’hui, à l’heure où les menaces et rumeurs d’une nouvelle offensive turque en territoire syrien se font de plus en plus audibles, un point sur la stratégie et les objectifs d’Ankara s’impose : en effet, si les premières opérations ont eu pour but de contenir l’expansion territoriale des YPG, notamment le long de la frontière turque (I), les suivantes s’inscrivent dans une volonté d’occupation du terrain et d’établissement d’un glacis protecteur pour la Turquie en Syrie (II).

  • Historique des relations turco-russes (2/2) - 02/08/19

    Des années après la démission forcée de Necmettin Erbakan, suite à un ultimatum des forces armées turques le menaçant d’un nouveau coup d’État (1), cette stratégie de diplomatie pan-islamiste va réapparaître progressivement sous le gouvernement AKP de Recep Tayyip Erdoğan (2). Elle sera notamment illustrée par le refroidissement des liens entre la Turquie et Israël en 2010, suite à la mort de plusieurs militants humanitaires turcs essayant de forcer le blocus de l’État hébreu sur la Bande de Gaza, en s’embarquant à bord du navire Mavi Marmara. Mais cette rhétorique ideologico-religieuse va surtout prendre la forme du soutien manifesté par Recep Tayyip Erdoğan aux différents mouvements relevant du Printemps arabe, du Maroc jusqu’à la Syrie (3). La Turquie va devenir dès lors un modèle (4) "démocrate-islamique" assumé, à travers la consolidation du pouvoir d’Erdogan et grâce à l’affaiblissement de l’influence politique de l’armée suite aux purges judiciaires permises par les procès Ergenekon et Balyoz à la fin des années 2000 (5). Le début de la nouvelle décennie va alors être marqué par la volonté d’Ankara d’exporter son idéal politique à travers tout le Moyen-Orient. Des partis politiques se réclamant de l’exemple AKP vont ainsi arriver au pouvoir à Rabat (6) comme à Tunis (7), et l’Égypte va accueillir le chef d’État turc lors de la première visite protocolaire faisant suite à la destitution d’Hosni Moubarak en 2011.

  • Entretien avec Thomas Pierret : « Sans l’Iran, le régime syrien n’arrive pas à faire la différence à Idlib » - 25/07/19

    A Idlib, dernière province qui échappe encore à son contrôle, le régime syrien peine à avancer sans son allié iranien. Pour Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie, chargé de recherche au CNRS (Paris) et à l’Iremam (Aix-en-Provence), « le nombre d’hommes loyaux, déterminés et bien entraînés que le régime est capable d’aligner n’est pas si impressionnant ». Décryptage d’une offensive qui s’enlise.

  • Rapprochements et marginalisations autour du gaz en Méditerranée Orientale (2/2) - 19/07/19

    Israël, qui ne peut dès lors plus compter sur Chypre, peut néanmoins commencer à exploiter ses gisements Tamar et Léviathan non situés dans les zones disputées par le Liban. Il reste cependant bloqué au même point en ce qui concerne l’exportation du surplus de sa production, ne pouvant toujours pas passer par un éventuel gazoduc ni par la mer, pour des raisons économiques mais aussi sécuritaires. Les infrastructures à même de liquéfier le gaz naturel afin de le transporter par navires supposent en effet des investissements de l’ordre d’une dizaine de milliards d’euros (1) qui viendraient à nouveau limiter la rentabilité de la production israélienne. Même dans l’hypothèse de leur construction, les menaces sécuritaires pesant sur l’État hébreu ne permettraient pas de garantir un bon approvisionnement, en particulier en raison de la proximité du Hamas et du Hezbollah (2), ou du conflit syrien toujours en cours.

  • La destruction par le feu des exploitations agricoles en Syrie et en Irak - 18/07/19

    Depuis le mois de mai 2019, les incendies d’exploitations agricoles se multiplient en Syrie et en Irak, en particulier dans la région insurgée d’Idlib, au Rojava (1) et au Kurdistan irakien ; plusieurs dizaines de personnes ont par ailleurs péri en tentant de les éteindre. Si ces feux sont courants l’été en raison des très fortes chaleurs régnant au Levant durant cette période (2) et du climat très sec, leur intensité toute particulière cette année ainsi que leurs localisations interrogent.

    En effet, parmi les acteurs régionaux, les accusations fusent : les Kurdes accusent l’Etat islamique, qui a revendiqué certains de ces incendies, mais également le régime syrien. Ce dernier mène en effet une politique de terre brûlée dans la poche d’Idlib, où les champs et silos à grains sont délibérément ciblés par des frappes terrestres et aériennes ; les services de renseignement turcs sont également pointés du doigt, tandis que le régime syrien accuse quant à lui les Kurdes d’être les véritables pyromanes.

  • Intervention de Daniel Rondeau prononcée dans le cadre du colloque organisé au château de Chambord le 26 juin 2019 par l’UNESCO, l’Université des Nations unies et le Domaine national de Chambord, sur le thème de la reconstruction de Mossoul - 27/06/19

    Le 26 juin, s’est tenu au Château de Chambord un colloque organisé par l’UNESCO, l’Université des Nations unies et le Domaine national de Chambord, sur le thème de la reconstruction de la ville de Mossoul. Ce colloque, organisé dans le contexte du projet conduit par l’UNESCO « Faire revivre l’esprit de Mossoul », a réuni experts, journalistes, artistes.

    Il s’est ouvert par l’intervention d’Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, en compagnie de Jean d’Haussonville, directeur du château de Chambord, et de David Malone, recteur de l’Université des Nations unies.

    Daniel Rondeau, écrivain français, ancien ambassadeur de France auprès de l’UNESCO et élu le 6 juin 2019 à l’Académie française, est également intervenu à l’ouverture du colloque.
    Le site Les clés du Moyen-Orient remercie vivement Daniel Rondeau d’avoir eu la très grande amabilité d’accepter que son intervention soit publiée dans ses colonnes.
    Voici le texte de son intervention :

  • Entretien avec Vincent Blanchard, commissaire de l’exposition « Royaumes oubliés. De l’empire hittite aux Araméens » au musée du Louvre - 25/06/19

    Vincent Blanchard est conservateur des collections d’Anatolie et de l’Antiquité tardive en Syrie au département des Antiquités orientales du musée du Louvre. Spécialiste des royaumes néo-hittites, il est le commissaire de l’exposition « Royaumes oubliés. De l’empire hittite aux Araméens » au musée du Louvre (jusqu’au 12 août 2019).

  • Les Kurdes, d’un statut de peuple marginalisé à celui d’acteurs stratégiques incontournables. Un peuple stratégiquement incontournable (2/2) - 13/06/19

    Au fil des années, avec notamment la consolidation de la région autonome du Kurdistan irakien (RAK) créée en 2005 et la guerre contre l’Etat islamique à partir de 2013, les Kurdes se sont imposés comme des acteurs géopolitiques incontournables pour les autres parties impliqués sur le théâtre levantin. Les victoires décisives des forces kurdes soutenues par la Coalition internationale en Irak mais surtout en Syrie en sont clairement à l’origine ; aujourd’hui, l’emprise territoriale des Kurdes au Moyen-Orient est incontestable, comme le montre la carte ci-contre.

    Toutefois, d’autres acteurs kurdes, insurrectionnels cette fois, se sont imposés comme des acteurs de premier plan au Moyen-Orient ; le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) en est certainement l’exemple le plus éloquent et le plus incontestable, et cela tant en Syrie, en Irak, en Turquie et en Iran, dans une moindre mesure toutefois : le régime des Mollah doit faire face à un mouvement d’opposition grandissant, le Parti démocratique kurde iranien (PDKI), dont les forces militaires multiplient les escarmouches à la frontière irako-iranienne avec les Pasdarans, tandis que son état-major politique noue des liens politiques croissant au Moyen-Orient et au sein des chancelleries occidentales.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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