Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Syrie

  • L’art est une voie ataraxique comme une autre : Philodème de Gadara ou l’épicurisme inspiré - 02/04/20

    L’éruption du Vésuve, le 29 août 79, a permis la préservation des papyrus du philosophe Philodème de Gadara, né en 110 avant J-C à Gadara dans l’antique Syrie. Ils ont été retrouvés à Herculanum, dans la « villa des papyrus », lors de fouilles au 18 ème siècle. Retour sur ce philosophe oriental hellénisé et sur sa pensée.

  • La crise hydrique en Syrie : un vecteur croissant de conflits, actuels comme futurs (1/2) : la Syrie, un pays hautement vulnérable hydrologiquement - 23/03/20

    « En Syrie, tout le monde utilise l’eau comme arme de guerre », titrait le 2 avril 2017 l’hebdomadaire britannique The Arab Weekly (1). De fait, il est notoire que l’or bleu peut s’avérer en certaines occasions un redoutable levier stratégique, notamment dans le cadre de conflits se produisant dans des théâtres particulièrement dépourvus d’eau comme le Moyen-Orient.

    La Syrie n’échappe pas à ce constat : l’eau y est très clairement utilisée comme une arme de guerre. Daech, qui menaçait en mars 2017 de libérer « une arme biblique contre les infidèles » en détruisant le barrage de Tabqa et en inondant ainsi la plaine de Raqqa (2), est à cet égard un exemple éloquent.

    Toutefois, dans le cas syrien, la ressource hydrique pourrait ne pas être seulement une arme du conflit en cours, mais l’un de ces facteurs d’éruption. En effet, la guerre civile ayant cours en Syrie depuis le 15 mars 2011 est le résultat d’un système complexe de facteurs interconnectés, incluant les tensions religieuses et sociopolitiques, l’érosion de l’économie syrienne et la vague contestataire du « Printemps arabe » à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, mais les conditions climatiques et la question hydrique sont tout aussi pertinentes en raison du rôle qu’elles ont joué dans la détérioration des conditions de vie et de l’économie en Syrie.

    Cet article va donc s’attacher à présenter l’état du stress hydrique auquel la Syrie est confrontée (première partie), ainsi que ses conséquences sur l’économie et la société syriennes et, partant, sur le déclenchement de la guerre civile (deuxième partie).

  • Point de situation à Idlib : vers la bataille finale de l’insurrection en Syrie ? - 21/02/20

    « Le régime détruit tout ce qui peut nous aider à continuer à vivre », déplorait un secouriste des Casques blancs interviewé par le quotidien français Le Monde au début du mois de février (1). Cette déclaration illustre le ressenti des Syriens piégés dans la poche insurgée d’Idlib, mais aussi, et surtout, la détermination du régime syrien à en finir une bonne fois pour toute avec le dernier bastion des insurgés en Syrie (2).

    De fait, le régime syrien a initié, depuis l’été 2019, une vaste offensive contre la poche d’Idlib, dont l’intensité n’a fait que croître au fil des mois. Le début du mois de février constitue, à cet égard, un véritable climax : de frappes aériennes en tirs d’artillerie terrestre, le régime syrien et son allié russe redoublent d’efforts afin de venir à bout du dernier territoire insurgé en Syrie.

    L’offensive de ce début d’année 2020 s’avère pour le moment un succès par la reconquête de plusieurs localités et axes d’importance pour le régime syrien, notamment l’autoroute 5, hautement stratégique et symbolique, reliant Damas à Alep. La résolution ferme du régime syrien de reconquérir définitivement la poche d’Idlib passe toutefois par la commission de nombreux dommages collatéraux et l’aggravation d’une situation humanitaire déjà insoutenable, comme l’illustrent les craintes de nouvelles vagues migratoires massives en Turquie, qui accueille déjà sur son sol plus de 3,5 millions de réfugiés.

    Cet article va ainsi s’employer à décrire les tenants et aboutissants de l’offensive syrienne, d’abord d’un point de vue militaire (I), puis en terme diplomatique et humanitaire (II).

  • Les milices chiites au Levant : historique et point de situation de leurs activités. Partie 1 : le Hezbollah libanais, parrain et modèle des milices chiites en Syrie - 17/02/20

    Le 29 décembre 2019, une séquence de frappes aériennes américaines cible des positions de la milice chiite Ka’taib Hezbollah en Irak, tuant 25 de ses combattants et détruisant de nombreux équipements militaires. « Notre combat contre l’Amérique et ses mercenaires est maintenant ouvert à toutes les possibilités ! », déclare dans la foulée la force paramilitaire (1). Alors que l’Iran déplore cet acte de « terrorisme », le grand Ayatollah chiite irakien Ali al-Sistani condamne « l’atroce agression » américaine. Trois jours plus tard, le général iranien Ghassem Soleimani, parrain des milices chiites, est tué dans une frappe aérienne américaine à Bagdad aux côtés d’Abou Mehdi al-Mouhandis, homme fort des Forces de mobilisation populaire (PMF), provoquant une véritable mobilisation anti-américaine au sein des milices chiites au Levant (2).

    De fait, depuis l’intervention militaire d’Israël au Liban le 6 juin 1982, Téhéran s’emploie à recruter, former et équiper des combattants étrangers venant d’horizons très variés (Liban, Irak, Syrie, Yémen, Afghanistan et Pakistan notamment), dont le dénominateur commun est celui de leur foi chiite et de leur loyauté vis-à-vis de l’Iran. Ces combattants ont, au fil des années, fortement accru leurs capacités opérationnelles, leur équipement et leur expertise militaire, au point d’accroître régulièrement l’attention - et la tension - des Etats-Unis et de ses alliés, notamment des Israéliens.

    Qui sont ces milices chiites ? Pourquoi (et comment) se retrouvent-elles à ce point corrélées à l’Iran ? Quel est leur poids dans la balance géopolitique aujourd’hui ? C’est à ces questions que cet article s’attachera à répondre, en reconstituant la sociogenèse des milices chiites au Liban et en Syrie (première partie) ainsi qu’en Irak (deuxième partie) et partant, leur valeur dans l’équation sécuritaire et diplomatique moyen-orientale aujourd’hui.

  • Les enjeux énergétiques en Méditerranée orientale, ou la création d’une nouvelle arène géopolitique au Moyen-Orient. Partie I : des gisements d’hydrocarbures particulièrement prometteurs - 12/02/20

    « La Méditerranée orientale, une mer de gaz » (1) : cette citation, issue d’un article du site du géant pétrolier italien ENI, suffit à comprendre l’ampleur que revêtent, actuellement, les enjeux économiques dans l’est de la mer Méditerranée.

    La Méditerranée orientale est en effet actuellement le théâtre d’une véritable course aux hydrocarbures de la part des nations méditerranéennes concernées, qu’elles le soient directement ou indirectement : si la présence de la Turquie ou de Chypre dans l’équation n’étonne guère, celle de la Libye ou encore de l’Italie interroge davantage.

    Cette course se fait, de façon incontournable, sur fonds de profonde rivalité entre les différents protagonistes de l’affaire, qui recourent aux alliances et qui montrent de façon ostentatoire leurs forces militaires afin de tirer le meilleur parti de la situation et, surtout, des ressources en jeu.

    Alors que la Turquie a annoncé le déploiement de drones de combat dans la zone (2) et que la présidence française s’est engagée auprès d’Athènes à envoyer des bâtiments de la Marine nationale en soutien aux forces grecques positionnées en mer Égée (3), cet article va s’employer à disséquer les tenants et aboutissants de la crise afin de présenter dans un premier temps l’ampleur des enjeux énergétiques dans la zone (première partie) afin, ensuite, de mieux saisir la mesure de l’escalade diplomatico-sécuritaire dans la région et la sensibilité du sujet pour les différentes nations impliquées (deuxième partie).

  • De la Syrie à la Libye, la Turquie sur tous les fronts : résumé et analyse. Première partie : en Syrie, un statu quo défavorable aux Kurdes syriens - 23/01/20

    L’intervention aura lieu « au sol, sur mer et dans les airs si nécessaire ! » (1). Ainsi s’est exprimé le Président turc Recep Tayyip Erdoğan le 28 novembre 2019, après avoir signé un accord de coopération militaire et économique avec le Gouvernement d’accord national (GAN) de Faïez el-Sarraj.

    De fait, le Président turc fait ici référence à un engagement militaire contre les forces du maréchal Khalifa Haftar qui, basé à Tobrouk, en Cyrénaïque, menace directement le nord-ouest du pays sous contrôle du GAN, basé à Tripoli. Le gouvernement turc soutient en effet le gouvernement de Faïez Sarraj, à l’instar du Qatar notamment ; l’Egypte, les Emirats arabes unis ou encore la Russie soutiennent, quant à eux, le gouvernement de Tobrouk.

    Cette promesse d’intervention militaire, ainsi que les envois de premiers contingents sur place, ont suspendu les opérations militaires turques dans le nord-est syrien, dont la presse internationale ne fait plus guère mention. La Turquie réalise pourtant ici un audacieux pari : passer d’une offensive en Syrie dont l’investissement militaire s’est avéré particulièrement substantiel pour les forces armées turques, à une nouvelle opération militaire annoncée comme majeure dans un pays très éloigné géographiquement du territoire turc et, par extension, de ses bases militaires.

    Cet article va donc s’attacher, dans un premier temps, à revenir sur la situation actuelle dans le nord-est syrien, tant militairement que politiquement (première partie), avant de traiter le basculement militaire turc du Rojava (2) vers la Libye, en exposant les tenants et aboutissants de la décision turque et les modalités de son engagement au profit du GAN (deuxième partie).

  • Entretien avec Bernard Besson à l’occasion de la parution de son roman historique « Marina et les dieux » - 22/01/20

    Claudine Serre, historienne, ancienne diplomate, interroge Bernard Besson, ancien du renseignement, sur son roman historique « Marina et les dieux », paru aux Editions L’Harmattan (novembre 2019), et dont l’intrigue se déroule en Egypte, en Syrie et en Turquie au IVème siècle après Jésus-Christ.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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