Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Syrie

  • Point de situation sur les réfugiés en Turquie, leitmotiv diplomatique du Président turc - 22/11/19

    Un « instrument de chantage » : c’est ainsi que le quotidien français l’Express (1) désigne l’usage que fait le Président turc Recep Tayyip Erdoğan des 3,6 millions de réfugiés syriens présents sur son sol.

    En effet, ces derniers sont régulièrement cités par la présidence turque, soit pour exhorter l’Union européenne à subventionner davantage la gestion des réfugiés en Turquie, soit pour justifier, en partie, l’offensive turque « Source de Paix » initiée le 9 octobre 2019 dans le nord-est syrien.

    Ces réfugiés, en provenance de Syrie, mais aussi d’Irak, d’Afghanistan, d’Iran et d’autres pays encore, représentent en effet une problématique toute particulière pour la Turquie : cette dernière est le pays accueillant le plus de réfugiés au monde, avec près de 4 millions d’immigrés d’urgence présents sur son sol.

    Qu’en est-il exactement ? Comment s’organise l’arrivée en Turquie de ces réfugiés ? Quel avenir pour eux en Turquie ? S’il apparaît que les réfugiés ayant fui les guerres civiles syriennes et irakiennes représentent clairement le plus gros des contingents de réfugiés présents sur le sol turc (I), ces derniers ne bénéficient pas d’un régime égal de droits et d’avenir sur le sol turc (II).

  • « Armée nationale syrienne » : qui sont ces supplétifs d’Ankara engagés contre les Kurdes en Syrie ? - 14/11/19

    Des « mercenaires », des « djihadistes », des « gangsters »… Les qualificatifs ne manquent pas, dans la bouche de ses détracteurs, pour qualifier l’« Armée nationale syrienne » qui, contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, désigne une vaste coalition de groupes rebelles syriens faisant office, aujourd’hui, d’auxiliaires de l’armée turque en Syrie.

    De fait, depuis que la Turquie les emploie, et en particulier depuis l’opération « Rameau d’Olivier » à l’encontre du canton kurde syrien d’Afrin, ces supplétifs syriens s’illustrent par leurs nombreux actes à l’encontre des civils ou des prisonniers de guerre. Si la propagande kurde s’emploie à les mettre en évidence, il n’en demeure pas moins qu’un nombre croissant d’ONG et d’institutions internationales en reconnait l’existence et les documente. Depuis l’offensive turque « Source de Paix » le 9 octobre 2019, il serait même question, à l’ONU ou à Washington, d’envisager des poursuites pénales contre les auteurs et les responsables de ces actes (1).

    En quoi consiste exactement cette Armée nationale syrienne ? Ses membres sont-ils vraiment d’anciens membres de groupes terroristes ? Quel intérêt Ankara a-t-il d’employer ces mercenaires en Syrie, au vu de l’image profondément négative qu’ils renvoient dans les médias et auprès des populations à leur contact ?

    Si cette Armée nationale syrienne apparaît comme une vaste coalition hétéroclite de groupes aux idéologies et intérêts divergents, l’appât du gain les réunit presque sans distinction sous la bannière de l’armée turque (I) ; leur présence dans les rangs de cette dernière apparaît de fait fondamentale pour les opérations d’Ankara en Syrie, tant pour minimiser les pertes de soldats turcs que pour pallier la réduction brutale des capacités opérationnelles de l’armée turque à la suite des purges post-tentative de coup d’Etat en juillet 2016 (II).

  • Tigrane Yégavian, Minorités d’Orient, les oubliés de l’histoire - 14/11/19

    « Les minorités sont à la mode. Aux Etats-Unis et en France on parle de « minorités agissantes » ou encore de minorités visibles, dans des cas extrêmes de « dictature de minorités ». Si en Occident l’idéal multi culturaliste est dans l’air du temps, les rivages de la Méditerranée orientale offrent un tout autre spectacle » (p. 11).
    C’est sur ce constat que Tigrane Yegavian, journaliste et spécialiste arabisant du Moyen-Orient, débute son dernier ouvrage, Minorités d’Orient, les oubliés de l’histoire, publié aux éditions du Rocher. Toute l’originalité de ce livre est d’offrir les outils pour comprendre le fait minoritaire au Moyen-Orient. Trop souvent leur étude est obstruée par des préjugés ou des clichés. En premier lieu, l’auteur prend soin de bien définir les contours de ces communautés chrétiennes. Elles ont un dénominateur commun. A savoir en dehors de l’appartenance à « l’arabité », même si les Arméniens, les Assyro-Chaldéens et les Syriaques mettront en avant une identité davantage préislamique.

  • Genèse d’Abou Bakr al-Baghdadi : comment devient-on « l’homme le plus recherché du monde » ? - 31/10/19

    « C’est le plus beau jour de notre vie ! » a déclaré à la presse la famille du Peshmerga Hujam Surchi, décapité par l’Etat islamique à Mossoul le 15 juin 2015 (1), en réaction à l’annonce de l’élimination d’Abou Bakr al-Baghdadi, fondateur et leader de l’Etat islamique, lors d’un raid des forces spéciales américaines le 27 octobre en Syrie. Le leader de Daech a en effet été à l’origine de la mort, du viol, de la torture ou de l’enlèvement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à travers le monde, a contrôlé un territoire aussi vaste que la Grande-Bretagne chevauchant la Syrie et l’Irak et, à un certain moment, le Liban, a brassé des centaines de millions de dollars, et a posé une menace sécuritaire ayant poussé les démocratiques occidentales à repenser en profondeur leur rapport à la liberté et la sécurité.

  • A relire, en lien avec l’actualité de la mort de Abû Bakr al-Baghdâdî : Entretien avec Romain Caillet - Qu’est-ce que l’Etat islamique ? - 28/10/19

    Romain Caillet est chercheur et consultant sur les questions islamistes.
    Il analyse pour les Clés du Moyen-Orient comment s’est formé l’EIIL, les différences avec al-Qaeda, qui sont les combattants de l’EI et la structure du mouvement.

  • A relire, en lien avec l’actualité : Entretien avec Pierre-Jean Luizard – Des racines historiques à la faillite des Etats : comment l’Etat islamique (EI) est monté en puissance - 28/10/19

    Pierre-Jean Luizard est directeur de recherche au CNRS. Il a séjourné plusieurs années dans la plupart des pays arabes du Moyen-Orient, particulièrement au Qatar, en Syrie, en Irak et en Egypte. Historien de l’islam contemporain dans ces pays, il s’est particulièrement intéressé à l’histoire du clergé chiite en Irak. Il est aujourd’hui affecté au Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL) à Paris.

  • Bilan de l’offensive turque dans le nord-est syrien : entre suprématie russe et retour en scène de Damas dans les territoires kurdes - 25/10/19

    « Ce que j’ai fait n’était pas très conventionnel. Je me suis dit qu’ils [les Turcs et les Kurdes] avaient besoin de se bagarrer un petit peu. […] Comme deux gamins, vous devez les laisser se battre et ensuite les séparer », a affirmé le Président américain Donald Trump le 20 octobre lors d’un rassemblement politique auquel il prenait part dans le cadre de la campagne présidentielle officieuse qu’il mène actuelle aux Etats-Unis.

    Cette déclaration illustre le cynisme et la mécompréhension des enjeux turco-kurdes au Proche-Orient dont la diplomatie américaine a fait preuve depuis le début de la crise, initiée le 9 octobre par le déclenchement de l’opération turque « Source de paix » dans le nord-est syrien.

    Aujourd’hui, après de nombreux rebondissements diplomatiques et géopolitiques, la Russie est parvenue à s’imposer en maîtresse du théâtre d’opération syrien (I) à la suite d’un accord signé entre Moscou et Ankara le 22 octobre, consacrant par la même occasion le retour des forces pro-Damas dans le nord-est syrien, pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre civile il y a maintenant huit ans. Le bilan de l’offensive turque s’avère meurtrier d’un point de vue tant humanitaire que militaire, et laisse le Kurdistan plus fracturé que jamais, aussi bien politiquement que territorialement (II).

  • Entretien avec Jean Marcou, titulaire de la Chaire Méditerranée-Moyen-Orient de Sciences Po Grenoble, à propos de l’intervention militaire turque en Syrie, sur la rive orientale de l’Euphrate et de ses suites (octobre 2019) - 21/10/19

    Jean Marcou est actuellement Professeur des Universités à l’IEP de Grenoble (France) après avoir été pensionnaire scientifique à l’Institut Français d’Études Anatoliennes d’Istanbul où il a dirigé, de 2006 à 2010, l’Observatoire de la Vie Politique Turque (OVIPOT – http://ovipot.hypotheses.org/). Il a été aussi directeur de la Section francophone de la Faculté d’Économie et de Sciences Politiques de l’Université du Caire (Égypte), entre 2000 et 2006.
    A l’IEP de Grenoble, il est directeur des relations internationales et dirige également le Master « Intégration et Mutations en Méditerranée et au Moyen-Orient. » Ses principaux champs d’enseignement et de recherche concernent la vie politique turque (Constitutions, élections et partis politiques…), les transitions politiques dans le sud de l’Europe, l’Union européenne, et l’évolution des équilibres politiques au Moyen-Orient (vue notamment au travers de la politique étrangère turque).

  • Dans le contexte de l’opération militaire turque Source de paix, retour sur les ressources agricoles et pétrolières du Rojava : les Kurdes syriens, maîtres d’atouts stratégiques majeurs - 16/10/19

    « Ils font des affaires de façon tout à fait pragmatique, voilà tout », affirme le professeur de Science politique à l’Université américaine de Beirut Hilal Khashan (1), après qu’on lui ait demandé son avis, le 10 février dernier, sur les rumeurs indiquant que les Kurdes syriens vendaient du pétrole extrait de la région de Deir Ez Zor au régime de Damas.

    De fait, après avoir reconquis l’est de l’Euphrate à l’Etat islamique ces dernières années, les Kurdes syriens et leur structure politique de gouvernement, l’Administration autonome du nord-est syrien (AANES), se retrouvent désormais maîtres d’un territoire notoirement riche en hydrocarbures mais aussi en produits agricoles et en infrastructures énergétiques.

    Alors que l’intention des Kurdes est d’installer une région autonome au sein d’une Syrie fédérale, à l’instar de la Région autonome du Kurdistan irakien (RAK), certains médias, tels que l’hebdomadaire britannique The Economist, estiment que l’AANES se transforme progressivement « en véritable Etat indépendant » (2).

    Qu’importe : qu’il s’agisse d’une région autonome ou d’un Etat souverain, la question des ressources et de l’indépendance qu’elles procurent se pose pour les Kurdes. Cet article ambitionne donc de dresser un état des lieux des atouts géographiques du territoire de l’AANES (I), puis d’analyser l’usage que les Kurdes syriens en tirent dans le contexte géopolitique très particulier qui est le leur (II).

  • Nouvelle offensive turque au Rojava : explications thématiques et point de situation - 11/10/19

    Un « coup de poignard dans le dos » (1) : c’est ainsi que les Kurdes syriens vivent le retrait des forces américaines positionnées le long de la frontière syro-kurde, à la suite de l’annonce surprise par le Président américain Donald Trump, le 9 octobre, que les Etats-Unis se retiraient de cette zone.

    La levée internationale de boucliers contre la décision prise unilatéralement par Ankara de lancer l’opération « Source de paix » contre les Kurdes syriens, se distingue par son caractère quasi-unanime, a contrario des précédentes incursions turques en territoire syrien. Comment les Kurdes se sont-ils retrouvés ainsi pris au piège ? Quels sont les intérêts pour la Turquie de s’en prendre à un territoire depuis lequel aucune attaque n’a été lancée contre Ankara et ses intérêts depuis le début du conflit en 2011 ? Pourquoi la communauté internationale s’émeut-elle cette fois autant de l’offensive ?

    Les Kurdes apparaissent de fait victimes de l’inconstance caractérisant la diplomatie américaine depuis la prise de fonction du Président Donald Trump en 2017 et dont ils ont pu prendre conscience dès 2018 (I) ; la Turquie, fidèle à sa politique de « diplomatie à la carte », voit dans son offensive en Syrie l’opportunité de résoudre plusieurs problèmes à la fois (II), sans réellement s’enquérir des impératifs sécuritaires de ses alliés et de leurs relations avec les Kurdes (III).

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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