Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
plus de 2700 articles publiés depuis juin 2010


Page facebook Page google plus Page twitter Abonnement au flux RSS
Accueil > Turquie

Turquie

  • L’enlisement du conflit libyen et le rôle croissant de la Turquie (2/2) - 14/08/19

    Attaquées pour ne pas avoir prévu les conséquences qu’aurait leur intervention militaire en Libye contre le régime de Kadhafi en 2011, les puissances occidentales ne peuvent rien faire pour empêcher la situation d’empirer en 2014. L’escalade de la violence s’illustre tout d’abord par l’affrontement de milices ennemies pour le contrôle de l’aéroport de Tripoli et le contrôle des ressources pétrolières dans la province orientale, puis par le fait que la même année les Emirats arabes unis et l’Egypte s’unissent pour bombarder la capitale où les affrontements entre rebelles sont de plus en plus violents (1). La guerre s’internationalise à nouveau en Libye, et la Turquie entend dès lors continuer à y défendre ses intérêts économiques et la présence de ses ressortissants issus du passé ottoman de ce territoire.

  • L’enlisement du conflit libyen et le rôle croissant de la Turquie (1/2) - 09/08/19

    Le terme de « Printemps arabe » qui aura marqué cette décennie est apparu dans les médias en 2011 (1) à propos de la révolte du peuple libyen contre son « guide » Mouammar Kadhafi. Huit ans après la mort de celui-ci, sous les bombardements des avions français et britanniques, le calme n’est toujours pas revenu en Libye. Le conflit n’a jamais semblé aussi fort après des années de chaos où l’ensemble du pays a été occupé par des tribus et des milices antagonistes (2), chacune soutenue par des puissances étrangères aux objectifs différents (3). Une véritable « guerre par procuration » qui n’est pas sans rappeler les conflits syriens et yéménites eux aussi nés des Printemps arabes, mais aussi libanais bien des années auparavant (4). Puisque, si depuis la mort de l’ancien colonel dirigeant le pays, les acteurs internationaux essaient tour à tour de soutenir un hypothétique projet commun à même de ramener de la stabilité au sommet de cet Etat failli, il se trouve qu’à l’heure actuelle deux camps opposés s’affrontent sur le terrain pour incarner cette légitimité autant populaire qu’internationale (5).

  • Présence militaire turque au Levant : le leitmotiv kurde - 06/08/19

    « Nous allons éradiquer la menace terroriste à l’est de l’Euphrate » déclarait le président turc Recep Tayyip Erdoğan le 26 juillet dernier lors de l’un de ses discours au ton volontairement belligérant, dont il est coutumier depuis la reprise des hostilités avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) à l’été 2015 (1).

    Si ces menaces n’ont, initialement, pas toujours été prises au sérieux (2), le lancement des différentes offensives turques, envers et contre tout (3), a finalement convaincu du sérieux des propos du président turc : l’opération « Griffe », lancée le 27 mai 2019, suivra l’offensive « Rameau d’olivier » lancée le 20 mars 2018, et Bouclier de l’Euphrate avant elle, le 24 août 2016.

    Bien que des objectifs opérationnels différents et des stratégies distinctes aient été attribués à ces opérations, ces dernières partagent toutes le même dénominateur : la lutte contre les mouvements armés kurdes, au premier rang desquels le PKK et sa filiale syrienne le PYD (Parti de l’union démocratique), mieux connu à travers sa branche armée des YPG/YPJ (Unités de protection du peuple).

    Aujourd’hui, à l’heure où les menaces et rumeurs d’une nouvelle offensive turque en territoire syrien se font de plus en plus audibles, un point sur la stratégie et les objectifs d’Ankara s’impose : en effet, si les premières opérations ont eu pour but de contenir l’expansion territoriale des YPG, notamment le long de la frontière turque (I), les suivantes s’inscrivent dans une volonté d’occupation du terrain et d’établissement d’un glacis protecteur pour la Turquie en Syrie (II).

  • Historique des relations turco-russes (2/2) - 02/08/19

    Des années après la démission forcée de Necmettin Erbakan, suite à un ultimatum des forces armées turques le menaçant d’un nouveau coup d’État (1), cette stratégie de diplomatie pan-islamiste va réapparaître progressivement sous le gouvernement AKP de Recep Tayyip Erdoğan (2). Elle sera notamment illustrée par le refroidissement des liens entre la Turquie et Israël en 2010, suite à la mort de plusieurs militants humanitaires turcs essayant de forcer le blocus de l’État hébreu sur la Bande de Gaza, en s’embarquant à bord du navire Mavi Marmara. Mais cette rhétorique ideologico-religieuse va surtout prendre la forme du soutien manifesté par Recep Tayyip Erdoğan aux différents mouvements relevant du Printemps arabe, du Maroc jusqu’à la Syrie (3). La Turquie va devenir dès lors un modèle (4) "démocrate-islamique" assumé, à travers la consolidation du pouvoir d’Erdogan et grâce à l’affaiblissement de l’influence politique de l’armée suite aux purges judiciaires permises par les procès Ergenekon et Balyoz à la fin des années 2000 (5). Le début de la nouvelle décennie va alors être marqué par la volonté d’Ankara d’exporter son idéal politique à travers tout le Moyen-Orient. Des partis politiques se réclamant de l’exemple AKP vont ainsi arriver au pouvoir à Rabat (6) comme à Tunis (7), et l’Égypte va accueillir le chef d’État turc lors de la première visite protocolaire faisant suite à la destitution d’Hosni Moubarak en 2011.

  • Historique des relations turco-russes (1/2) - 23/07/19

    Actuellement, des analystes évoquent la possibilité un rapprochement géopolitique entre les gouvernements turc et russe. Entre des contrats énergétiques de première importance et une table de négociations commune au sujet de la résolution du conflit syrien, les relations entre les deux pays semblent en effet aujourd’hui au beau fixe. Or, si Ankara et Moscou s’affichent désormais comme alliés sur la scène internationale, leurs relations par le passé ont plutôt eu tendance à être conflictuelles. En nous appuyant sur l’analyse de cet héritage, nous essayerons ici d’évoquer l’évolution de la relation turco-russe et ses limites.

  • Les Kurdes, d’un statut de peuple marginalisé à celui d’acteurs stratégiques incontournables. Un peuple stratégiquement incontournable (2/2) - 13/06/19

    Au fil des années, avec notamment la consolidation de la région autonome du Kurdistan irakien (RAK) créée en 2005 et la guerre contre l’Etat islamique à partir de 2013, les Kurdes se sont imposés comme des acteurs géopolitiques incontournables pour les autres parties impliqués sur le théâtre levantin. Les victoires décisives des forces kurdes soutenues par la Coalition internationale en Irak mais surtout en Syrie en sont clairement à l’origine ; aujourd’hui, l’emprise territoriale des Kurdes au Moyen-Orient est incontestable, comme le montre la carte ci-contre.

    Toutefois, d’autres acteurs kurdes, insurrectionnels cette fois, se sont imposés comme des acteurs de premier plan au Moyen-Orient ; le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) en est certainement l’exemple le plus éloquent et le plus incontestable, et cela tant en Syrie, en Irak, en Turquie et en Iran, dans une moindre mesure toutefois : le régime des Mollah doit faire face à un mouvement d’opposition grandissant, le Parti démocratique kurde iranien (PDKI), dont les forces militaires multiplient les escarmouches à la frontière irako-iranienne avec les Pasdarans, tandis que son état-major politique noue des liens politiques croissant au Moyen-Orient et au sein des chancelleries occidentales.

  • Les Kurdes, d’un statut de peuple marginalisé à celui d’acteurs stratégiques incontournables. Un peuple concentré dans les montagnes mais disséminé à travers le Moyen-Orient (1/2) - 07/06/19

    « Je trouve que les Kurdes sont des gens extraordinaires, ce sont d’incroyables combattants, ils sont formidables, chaleureux, et sont des alliés précieux dans bien des cas. Bon, comme vous le savez, il s’agit de plusieurs groupes différents de personnes. Mais ce sont des gens extraordinaires, je pense vraiment qu’ils le sont ! », affirmait le Président américain Donald Trump, avec la grandiloquence qui est la sienne et devant un parterre de journalistes, lors d’une conférence de presse le 12 juillet 2018 à l’occasion du sommet de l’OTAN tenu à Bruxelles (1).

  • Entretien avec Jean Marcou - En lien avec l’affaire Khashoggi, retour sur les relations entre la Turquie et l’Arabie saoudite - 29/10/18

    Jean Marcou est actuellement Professeur des Universités à l’IEP de Grenoble (France) après avoir été pensionnaire scientifique à l’Institut Français d’Études Anatoliennes d’Istanbul où il a dirigé, de 2006 à 2010, l’Observatoire de la Vie Politique Turque (OVIPOT – http://ovipot.hypotheses.org/). Il a été aussi directeur de la Section francophone de la Faculté d’Économie et de Sciences Politiques de l’Université du Caire (Égypte), entre 2000 et 2006.
    A l’IEP de Grenoble, il est directeur des relations internationales et dirige également le Master « Intégration et Mutations en Méditerranée et au Moyen-Orient. » Ses principaux champs d’enseignement et de recherche concernent la vie politique turque (Constitutions, élections et partis politiques…), les transitions politiques dans le sud de l’Europe, l’Union européenne, et l’évolution des équilibres politiques au Moyen-Orient (vue notamment au travers de la politique étrangère turque).

  • Il y a 100 ans : Première Guerre mondiale et chute de l’Empire ottoman, signature de la convention de Moudros le 30 octobre 1918 - 26/10/18

    La participation de l’Empire ottoman à la Première Guerre mondiale s’inscrit dans une décennie de guerre quasi-permanente qui s’étend de 1912, début de la première guerre balkanique, à la signature en 1923 du traité de Lausanne, qui met fin à la guerre entre Mustapha Kemal et les Alliés et ouvre la voie à la construction de la République turque.

  • La photographie en résistance aux Rencontres d’Arles 2018 - 04/09/18

    La 49e édition des Rencontres de la photographie d’Arles se tient depuis le 2 juillet dans divers espaces d’exposition de la ville, et ce jusqu’au 23 septembre. A l’image de l’édition 2017, qui mettait à l’honneur la photographie iranienne, les Rencontres de 2018 ont choisi de mettre en lumière la photographie turque et son potentiel de dissidence. Panorama remarquable d’une certaine scène turque en dissidence, l’exposition « Une Colonne de fumée » (1), montée à la Maison des Peintres par deux commissaires, Ilgın Deniz Akseloğlu et Yann Perreau se distingue par sa capacité à présenter, en quelques salles, les multiples facettes d’une scène artistique en résistance. Ailleurs dans Arles, d’autres artistes de la région MENA sont à l’honneur, comme en témoignent les expositions individuelles du Palestinien Taysir Batniji, « Gaza To America, Home Away From Home », commissionnée par Sam Stourdzé, directeur depuis 2014 des Rencontres d’Arles, et de l’Algérien Adel Abdessemed, « Au-delà du principe de plaisir », commissionnée par l’architecte français Jean Nouvel.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

Découvrez les rubriques et articles rédigés par des specialistes du Moyen-Orient
Portraits historiques
Portraits contemporains
Entretiens
Analyses historiques
Historiques des Etats du Moyen-Orient
Dates anniversaire


Les pays traités : Afghanistan, Algérie, Arabie Saoudite, Autres pays, Bahrein, Egypte, Emirats Arabes Unis, Empire ottoman, Etats-Unis, Irak, Iran, Israël, Jordanie, Koweit, Liban, Libye, Libye, Maroc, Méditerranée, Oman, Palestine, Qatar, Soudan, Syrie, Territoires palestiniens, Tunisie, Turquie, Yémen
© Les clés du Moyen-Orient - Mentions légales - Design : Katelia - Réalisation : Gaiaservice