Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Empire ottoman

  • De la tablette au sofa. Itinéraire d’un mot oriental : le « divan » - 26/12/18

    Les mots sont des vecteurs de sens mais aussi d’histoire. Il sont les témoins privilégiés des liens qui se sont tissés entre des représentations du monde, des structurations du réel qui se sont rencontrés ; et ce, grâce à la différence de l’autre à soi et au goût de la connaissance et de la découverte qui agitent les esprits. Cette agitation qui fait migrer les êtres et leurs mots, nourrit les vocables et la langue. Les écrits en anglais, français, italien, bulgare, polonais ou espagnol relatant une continuité d’écho avec la pensée orientale sont anciens et marquent un tournant dans l’histoire de la littérature savante du Moyen Âge en Europe. Mathématiciens, astronomes, médecins, historiens, écrivains et poètes ont trouvé dans les écrits accessibles en traduction latine mais également dans leurs versions originales en arabe, en persan, en turc ou en hindi un épanouissement de leurs connaissances et un savant mélange entre la pensée et l’imaginaire qui souffla d’est en ouest.

    Les écrivains ont puisé dans les dīvān orientaux, ces recueils de poésie et (rarement) de prose attribués aux poètes iraniens, arabes, turcs ou indiens. Étonnement, il existe un lien de parenté entre le recueil de poésie et le nom donné, dans la langue de Molière, au meuble de repos : le divan. L’histoire de ce mot illustre à elle seule le cheminement, tantôt circulaire, tantôt ondulatoire, que peut emprunter un terme d’une langue à l’autre, d’une écriture à l’autre, à travers l’espace et le temps.

  • Les Croisades (1096-1291) : le choc de la rencontre entre deux mondes (1/3) - 23/11/18

    Yara El Khoury est docteur en Histoire de l’Université Saint-Joseph et titulaire d’un DEA en Résolution des Conflits de l’Institut Catholique de Paris. Elle est chargée de cours à l’Université Saint-Joseph et chercheur associé au CEMAM, Centre d’études pour le monde arabe moderne.

  • Il y a 100 ans : Première Guerre mondiale et chute de l’Empire ottoman, signature de la convention de Moudros le 30 octobre 1918 - 26/10/18

    La participation de l’Empire ottoman à la Première Guerre mondiale s’inscrit dans une décennie de guerre quasi-permanente qui s’étend de 1912, début de la première guerre balkanique, à la signature en 1923 du traité de Lausanne, qui met fin à la guerre entre Mustapha Kemal et les Alliés et ouvre la voie à la construction de la République turque.

  • Le concept de despotisme oriental au sein de l’Europe des Lumières - 11/04/18

    « Le bouillant monarque l’Asie regorgeant d’hommes, Contre la terre entière, lance son terrifiant troupeau Humain dans deux directions ; pour diriger. Son infanterie et sa flotte, il s’appuie sur de solides, De fermes commandants, lui qui est né d’une pluie D’or, lui, un mortel égal aux Dieux » (1) constitue la description initiale de l’empereur perse Xerxès (519-465 avant Jésus Christ) dans la fameuse tragédie Les Perses d’Eschyle. Représentée sur les flancs de l’Acropole en 472 avant Jésus Christ, cette tragédie célèbre les récentes victoires grecques de Salamine et de Platées face à l’Empire perse. Si les échanges entre la Perse et la mer Egée sont anciens et normalisés, la poésie grecque permet de magnifier le courage du peuple libre que sont les Athéniens face à un empire de barbares esclaves mené par un Empereur tyrannique. Xerxès Ier reste dans la culture savante et populaire le parfait exemple du despote oriental, au pouvoir total et arbitraire qui exprime le mieux l’hybris grec ou « démesure ».

  • La Légion d’Orient - 12/02/18

    Après la défaite de Gallipoli, les Alliés ont le projet de débarquer en Syrie pour défaire les Ottomans sur un autre front, pendant que les armées russes passent le Caucase et occupent le Pont. Tandis qu’il est question du côté britannique d’inspirer un soulèvement arabe, la France décide de créer le 15 novembre 1916 une Légion d’Orient, composée principalement de réfugiés arméniens fuyant les persécutions de l’armée ottomane. Les Alliés pourraient alors bénéficier d’un soutien de certaines populations locales en Cilicie et en Syrie. L’idée d’un tel corps provient du président du Conseil Aristide Briand et de François Georges-Picot, notamment après l’accord franco-arménien du 27 octobre 1916, négocié avec Boghos Nubar représentant un éventuel futur Etat arménien, tel qu’il était envisagé dans les accords Sykes-Picot du 16 mai 1916. Ce corps d’irréguliers que Georges-Picot estime au début à 6 000 hommes, servirait ainsi les intérêts français pour défaire les armées ottomanes dans un premier temps, mais surtout pour pouvoir occuper les zones françaises de l’Empire dépecé et s’établir durablement là où les intérêts britanniques pourraient concurrencer la France.

  • Turcs et coup d’Etat (2/2) : du renversement du chaudron au renversement du sultan - 02/02/18

    L’expression « coup d’Etat » prend naissance au 17ème siècle sous la plume de Gabriel Naudé. Dans son ouvrage Considérations politique sur les coups d’Etat (1639), le coup d’Etat est entendu comme un mode d’exercice du pouvoir qui, face à des circonstances exceptionnelles et par un excès de droit ou encore une violation du droit, permet au monarque vu comme autorité légitime de remplir « sa mission suprême – assurer le salut collectif » (1). L’auteur élabore ses théories dans le contexte de la fin des guerres de Religion qui ont profondément ravagé le royaume de France. Il dresse ainsi un éloge en règle de la monarchie absolue vue comme le seul régime capable d’assurer la paix et la stabilité. In fine, pour Naudé, il est préférable « qu’un homme meure pour le peuple, afin que toute la nation ne périsse pas » (2). Si le coup d’Etat à la Naudé s’articule telle une tradition monarchique, l’expression n’est cependant que fort peu usitée et tombe même en désuétude à partir de l’avènement de la monarchie absolue sous Louis XIV, ainsi que sous la Révolution française et l’Empire.

    A la différence du cas, penser le coup d’Etat au sein de l’Ancien régime ottoman était compliqué. En effet, la nature monarchique du pouvoir du sultan-calife ottoman rendait impossible tout coup d’Etat. Cependant certaines exceptions existaient dans le système ottoman, parmi celles-ci, on retrouve deux possibilités : les coups d’Etat royaux qui consistent en « une violation constitutionnelle opérée par le roi [le sultan] dans ses décisions » (3) et les coups d’Etats dirigés contre le roi-sultan, c’est-à-dire « une entreprise illégale (réalisée ou projetée) visant à la conquête de tout ou partie du pouvoir politique » (4).

  • Turcs et Coup d’Etat (1/2) : du coup d’Etat - 26/01/18

    Le concept de « coup d’Etat » a subi au cours des deux derniers siècles de multiples interprétations. Le terme de coup d’Etat semble embrasser une pluralité de modes d’actions politiques à teneur collective. Le dernier coup d’Etat en Turquie de juillet 2016 a entrainé un nouveau cycle de réflexion sur la méthode de prise du pouvoir par la force. Malgré ce qu’ont en dit certains auteurs pour qualifier l’arrivée au pouvoir du Parti de la Justice et du Développement (AKP – Adalet ve kalkinna partisi), cette nouveauté politique ne concorde en rien avec l’idée d’un « chant du cygne des coups d’Etat militaires en Turquie » (1). Cette percée électorale change la donne politique du fait des origines sociales et politiques du parti.

  • Entretien avec Özgür Türesay - Le spiritisme ottoman (1860-1923) et les travaux menés par Alexandre Toumarkine (2/2) - 19/01/18

    Özgür Türesay est historien de la fin de l’Empire ottoman, maître de conférences à l’Ecole pratique de hautes études (EPHE) après avoir enseigné à l’Université Galatasaray d’Istanbul. Il a soutenu sa thèse en 2008 à l’INALCO sur Ebüzziya Tevfik (Être intellectuel à la fin de l’Empire ottoman : Ebüzziya Tevfik (1849-1913) et son temps), intellectuel ottoman « hors du commun ». Il vient de publier aux éditions Atlande, Le Moyen-Orient, 1839-1876. Tout en continuant ses recherches sur l’histoire intellectuelle et politique de la fin de l’Empire, et animant un séminaire à l’EPHE sur le journal officiel ottoman dans les années 1830, il travaille aussi en parallèle sur le spiritisme ottoman, dans un projet global sur les mouvements religieux dans la Turquie contemporaine, piloté par Alexandre Toumarkine.

  • Entretien avec Özgür Türesay - Le spiritisme ottoman (1860-1923) et les travaux menés par Alexandre Toumarkine (1/2) - 18/01/18

    Özgür Türesay est historien de la fin de l’Empire ottoman, maître de conférences à l’Ecole pratique de hautes études (EPHE) après avoir enseigné à l’Université Galatasaray d’Istanbul. Il a soutenu sa thèse en 2008 à l’INALCO sur Ebüzziya Tevfik (Être intellectuel à la fin de l’Empire ottoman : Ebüzziya Tevfik (1849-1913) et son temps), intellectuel ottoman « hors du commun ». Il vient de publier aux éditions Atlande, Le Moyen-Orient, 1839-1876. Tout en continuant ses recherches sur l’histoire intellectuelle et politique de la fin de l’Empire, et animant un séminaire à l’EPHE sur le journal officiel ottoman dans les années 1830, il travaille aussi en parallèle sur le spiritisme ottoman, dans un projet global sur les mouvements religieux dans la Turquie contemporaine, piloté par Alexandre Toumarkine.

  • La Révolte arabe : l’Empire trahi (2/2) ? - 10/01/18

    Tancrède Josseran est diplômé en Histoire de Paris-IV Sorbonne et attaché de recherche à l’Institut de Stratégie Comparée (ISC).
    Spécialiste de la Turquie, il est auteur de La Nouvelle puissance turque…L’adieu à Mustapha Kemal, Paris, éd, Ellipses, 2010. Il a reçu pour cet ouvrage le prix Anteois du festival de géopolitique et de géoéconomie de Grenoble ; et de Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord – du Maroc à l’Iran, avec Florian Louis, Frédéric Pichon, paru en 2012 aux éditions PUF.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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