Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Empire ottoman

  • La Légion d’Orient - 12/02/18

    Après la défaite de Gallipoli, les Alliés ont le projet de débarquer en Syrie pour défaire les Ottomans sur un autre front, pendant que les armées russes passent le Caucase et occupent le Pont. Tandis qu’il est question du côté britannique d’inspirer un soulèvement arabe, la France décide de créer le 15 novembre 1916 une Légion d’Orient, composée principalement de réfugiés arméniens fuyant les persécutions de l’armée ottomane. Les Alliés pourraient alors bénéficier d’un soutien de certaines populations locales en Cilicie et en Syrie. L’idée d’un tel corps provient du président du Conseil Aristide Briand et de François Georges-Picot, notamment après l’accord franco-arménien du 27 octobre 1916, négocié avec Boghos Nubar représentant un éventuel futur Etat arménien, tel qu’il était envisagé dans les accords Sykes-Picot du 16 mai 1916. Ce corps d’irréguliers que Georges-Picot estime au début à 6 000 hommes, servirait ainsi les intérêts français pour défaire les armées ottomanes dans un premier temps, mais surtout pour pouvoir occuper les zones françaises de l’Empire dépecé et s’établir durablement là où les intérêts britanniques pourraient concurrencer la France.

  • Turcs et coup d’Etat (2/2) : du renversement du chaudron au renversement du sultan - 02/02/18

    L’expression « coup d’Etat » prend naissance au 17ème siècle sous la plume de Gabriel Naudé. Dans son ouvrage Considérations politique sur les coups d’Etat (1639), le coup d’Etat est entendu comme un mode d’exercice du pouvoir qui, face à des circonstances exceptionnelles et par un excès de droit ou encore une violation du droit, permet au monarque vu comme autorité légitime de remplir « sa mission suprême – assurer le salut collectif » (1). L’auteur élabore ses théories dans le contexte de la fin des guerres de Religion qui ont profondément ravagé le royaume de France. Il dresse ainsi un éloge en règle de la monarchie absolue vue comme le seul régime capable d’assurer la paix et la stabilité. In fine, pour Naudé, il est préférable « qu’un homme meure pour le peuple, afin que toute la nation ne périsse pas » (2). Si le coup d’Etat à la Naudé s’articule telle une tradition monarchique, l’expression n’est cependant que fort peu usitée et tombe même en désuétude à partir de l’avènement de la monarchie absolue sous Louis XIV, ainsi que sous la Révolution française et l’Empire.

    A la différence du cas, penser le coup d’Etat au sein de l’Ancien régime ottoman était compliqué. En effet, la nature monarchique du pouvoir du sultan-calife ottoman rendait impossible tout coup d’Etat. Cependant certaines exceptions existaient dans le système ottoman, parmi celles-ci, on retrouve deux possibilités : les coups d’Etat royaux qui consistent en « une violation constitutionnelle opérée par le roi [le sultan] dans ses décisions » (3) et les coups d’Etats dirigés contre le roi-sultan, c’est-à-dire « une entreprise illégale (réalisée ou projetée) visant à la conquête de tout ou partie du pouvoir politique » (4).

  • Turcs et Coup d’Etat (1/2) : du coup d’Etat - 26/01/18

    Le concept de « coup d’Etat » a subi au cours des deux derniers siècles de multiples interprétations. Le terme de coup d’Etat semble embrasser une pluralité de modes d’actions politiques à teneur collective. Le dernier coup d’Etat en Turquie de juillet 2016 a entrainé un nouveau cycle de réflexion sur la méthode de prise du pouvoir par la force. Malgré ce qu’ont en dit certains auteurs pour qualifier l’arrivée au pouvoir du Parti de la Justice et du Développement (AKP – Adalet ve kalkinna partisi), cette nouveauté politique ne concorde en rien avec l’idée d’un « chant du cygne des coups d’Etat militaires en Turquie » (1). Cette percée électorale change la donne politique du fait des origines sociales et politiques du parti.

  • Entretien avec Özgür Türesay - Le spiritisme ottoman (1860-1923) et les travaux menés par Alexandre Toumarkine (2/2) - 19/01/18

    Özgür Türesay est historien de la fin de l’Empire ottoman, maître de conférences à l’Ecole pratique de hautes études (EPHE) après avoir enseigné à l’Université Galatasaray d’Istanbul. Il a soutenu sa thèse en 2008 à l’INALCO sur Ebüzziya Tevfik (Être intellectuel à la fin de l’Empire ottoman : Ebüzziya Tevfik (1849-1913) et son temps), intellectuel ottoman « hors du commun ». Il vient de publier aux éditions Atlande, Le Moyen-Orient, 1839-1876. Tout en continuant ses recherches sur l’histoire intellectuelle et politique de la fin de l’Empire, et animant un séminaire à l’EPHE sur le journal officiel ottoman dans les années 1830, il travaille aussi en parallèle sur le spiritisme ottoman, dans un projet global sur les mouvements religieux dans la Turquie contemporaine, piloté par Alexandre Toumarkine.

  • Entretien avec Özgür Türesay - Le spiritisme ottoman (1860-1923) et les travaux menés par Alexandre Toumarkine (1/2) - 18/01/18

    Özgür Türesay est historien de la fin de l’Empire ottoman, maître de conférences à l’Ecole pratique de hautes études (EPHE) après avoir enseigné à l’Université Galatasaray d’Istanbul. Il a soutenu sa thèse en 2008 à l’INALCO sur Ebüzziya Tevfik (Être intellectuel à la fin de l’Empire ottoman : Ebüzziya Tevfik (1849-1913) et son temps), intellectuel ottoman « hors du commun ». Il vient de publier aux éditions Atlande, Le Moyen-Orient, 1839-1876. Tout en continuant ses recherches sur l’histoire intellectuelle et politique de la fin de l’Empire, et animant un séminaire à l’EPHE sur le journal officiel ottoman dans les années 1830, il travaille aussi en parallèle sur le spiritisme ottoman, dans un projet global sur les mouvements religieux dans la Turquie contemporaine, piloté par Alexandre Toumarkine.

  • La Révolte arabe : l’Empire trahi (2/2) ? - 10/01/18

    Tancrède Josseran est diplômé en Histoire de Paris-IV Sorbonne et attaché de recherche à l’Institut de Stratégie Comparée (ISC).
    Spécialiste de la Turquie, il est auteur de La Nouvelle puissance turque…L’adieu à Mustapha Kemal, Paris, éd, Ellipses, 2010. Il a reçu pour cet ouvrage le prix Anteois du festival de géopolitique et de géoéconomie de Grenoble ; et de Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord – du Maroc à l’Iran, avec Florian Louis, Frédéric Pichon, paru en 2012 aux éditions PUF.

  • Relire un ouvrage fondamental : Intérêts et impérialisme français dans l’Empire ottoman (1895-1914), la thèse de Jacques Thobie - 18/12/17

    Jacques Thobie, spécialiste des relations internationales et plus particulièrement du Moyen-Orient, est né 1929, il a été élève à l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d’histoire après avoir abandonné la philosophie. Il enseigne d’abord au lycée, puis entame une thèse de troisième siècle sous la direction de Pierre Renouvin, Phares ottomans et emprunts turcs. Un type de règlement financier international dans le cadre des traités. 1904-1961. Sa thèse d’Etat, Intérêts et impérialisme français dans l’Empire ottoman (1895-1914) a été publiée en 1977 aux Publications de la Sorbonne. Après la soutenance de celle-ci en 1973, Jacques Thobie est élu maître de conférences à l’Université Rennes II, où il enseigna 15 ans comme professeur sans chaire avant d’être élu professeur d’histoire des relations économiques internationales contemporaines à l’Université Paris VIII, de laquelle il est aujourd’hui professeur émérite. Il a été en outre détaché comme directeur de l’Institut français d’études anatoliennes à Istanbul en 1991 avant d’enseigner aussi à Galatasaray en 1996. Enfin, Jacques Thobie a également participé avec Duroselle à la fondation de la revue Relations Internationales en 1974.

  • Istanbul de 1918 à 1923 - 27/11/17

    L’Empire ottoman, allié des puissances centrales dans la Première Guerre mondiale, signe un armistice avec le Royaume-Uni dans la rade de Moudros le 30 octobre 1918. Malgré une résistance considérée comme héroïque aux Dardanelles et à Gallipoli en 1915 par les Ottomans, cet armistice s’apparente plutôt à une capitulation aux yeux des Alliés. Quand bien même l’Empire a maintenu ses positions sur plusieurs fronts et n’est plus inquiété par la menace russe, on acte à Moudros la défaite ottomane, qui s’explique dans les faits par la rupture du front macédonien par l’Armée d’Orient face aux Bulgares, menaçant ainsi directement Istanbul. Les Alliés considèrent dès lors l’Empire ottoman vaincu, n’ayant plus réelle souveraineté sur son empire, et occupent la capitale ottomane, où le sultan ottoman n’est plus qu’un souverain sans réels pouvoirs.
    Istanbul, après avoir vécu le nationalisme jeune turc, les grandes privations et les angoisses de la guerre, redevient pendant un temps une grande métropole cosmopolite où se côtoient forces d’occupation, réfugiés d’Anatolie, Russes blancs exilés, soldats turcs désœuvrés et les nombreuses communautés caractéristiques de la ville ottomane, qui peuvent de nouveau s’affirmer. Dans cet entre-deux inédit, où personne ne peut réellement prévoir l’avenir de la Ville et de l’Empire, s’entremêlent ces multitudes d’acteurs aux stratégies les plus diverses et bien souvent antagonistes.

  • Moyen-Orient ou Proche-Orient, Middle East ou Near East ? Retours historiques sur l’invention d’un espace géographique - 16/11/17

    « Qui est le Proche-Orient et qui est le Moyen-Orient ? Jamais ces expressions, d’usage semble-t-il récent, n’ont été plus vagues que depuis qu’elles sont devenues quotidiennes. » (1)

    Aujourd’hui très largement employée dans les médias et les ouvrages universitaires, l’expression Moyen-Orient (ou Middle East en anglais) s’est imposée pour désigner la région méditerranéenne comprenant la Syrie, la Palestine, Israël, la Jordanie, l’Égypte, la Turquie et la péninsule Arabique – parfois également l’Irak et l’Iran. Pourtant, un flou persiste et si la paternité de l’expression est attribuée à Alfred Mahan, à l’aube du XXe siècle, il fallut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale et surtout la guerre froide pour qu’elle prenne le pas sur l’expression Proche-Orient. Comme en témoigne ce bref extrait ci-dessus d’un article paru dans le journal Le Monde à l’été 1945, même après l’effondrement de l’Empire ottoman, la mise en place des mandats et les conflits d’indépendances, la terminologie employée pour faire référence à la zone continuait de poser problème. Il est tout aussi frappant de voir, par exemple, un exemplaire de la célèbre collection Que sais-je ? paraître en 1959 sous le titre Le Moyen-Orient puis réédité en 1964 sous le titre désormais modifié de Le Proche-Orient arabe.

  • Les « Grecs » dans l’Empire ottoman - 15/11/17

    Le roman national grec présente toujours l’Empire ottoman comme une « turcocratie » où les populations grecques n’auraient été que continuellement opprimées. Les expressions sur les « 400 ans d’esclavage » reviennent comme des leitmotivs. L’Etat grec moderne se veut l’héritier direct de l’hellénisme antique et de l’Empire byzantin orthodoxe. La parenthèse ottomane n’aurait été qu’une période sombre d’oppressions et de résistances, qui a finalement gardé la nation grecque soudée et « pure » face au « joug turc ». C’est autour de cette idée d’exceptionnalité du genos (1) grec issu de l’Antiquité, qu’a pu se construire l’Etat-nation grec au XIXe siècle, quand bien même il n’y avait là rien en commun avec les insurgés de 1821 ou la plupart des « Grecs » de l’Empire ottoman. Ceux-là, dispersés entre la Macédoine et le Caucase, de la Moldavie et Valachie au port d’Alexandrie en passant par Constantinople, Smyrne ou Beyrouth, n’étaient pas toujours hellénophones et ne se projetaient pas forcément dans le petit royaume hellène (2), au moins jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ils se définissent avant tout comme Rum (3), orthodoxes liés au Patriarcat œcuménique de Constantinople, constituant ainsi un millet (4) de l’Empire avec le patriarche en ethnarque (5), au moins jusqu’aux réforme du Tanzimat (6). Ils sont pourtant définis comme « Grecs » par les étrangers et surtout par le Royaume de Grèce et sa Grande Idée, idéologie irrédentiste qui vise à rassembler l’ensemble du genos grec dans un seul ethnos (7). Au-delà de ces visions idéologiques, il s’agirait ici de considérer qu’il existe une histoire des Grecs de l’Empire ottoman et que l’ottomanité a pu être une de leurs identités.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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