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Histoire

  • Bahman Mirza Kadjar (1810-1884) : victime et observateur avisé des mutations socio-politiques de la Perse des Kadjars (1/2) - 08/06/18

    À bien des égards, la vie de Bahman Mirza Kadjar (1810-1884) peut apparaître comme un rendez-vous manqué avec l’histoire. Frère de sang de Mohammad Shah, fils de Abbas Mirza, il est un temps vice-roi de l’Azerbaïdjan, une province d’ordinaire attribuée au prince héritier. Réputé pour son autorité et sa bonne gouvernance, ce petit-fils de Fath Ali Shah finit pourtant sa vie exilé à Susha, en territoire russe. Privé de la plupart de ses biens et tributaire de la pension que lui verse le Tsar, sa famille tout entière est frappée d’exclusion en Perse. Pour autant, son parcours est d’un grand intérêt historique, tant il illustre les mutations politiques et sociales que connaît l’Iran au XIXe siècle.

  • Ibn Tufayl - 01/06/18

    L’auteur du roman philosophique Hayy Ibn Yaqdhân (Vivant fils de l’éveillé) s’efface derrière les figures d’Avicenne et d’Averroès dans le récit de la grande geste intellectuelle arabe d’Al Andalus. Ce médecin impliqué dans la politique andalouse du XIIe siècle et versé dans toutes les sciences de son époque, en est pourtant l’un des grands personnages. Son ouvrage ouvre un dialogue à la fois savant et vivace avec l’ensemble de ses prédécesseurs en pensée, qui synthétise les grands enjeux du savoir arabe de la période.

  • Le voyage du frère jésuite Bazin dans la Perse de Nader Shah (2/2) - 24/05/18

    « L’avarice sordide et les cruautés inouïes qui fatiguèrent sa nation et occasionnèrent sa perte, les excès et les horreurs ou se porta ce caractère violent et barbare, firent couler bien des larmes et bien du sang en Perse : il en fut l’admiration, la terreur et l’exécration » (1), tel est le portrait que le frère jésuite Bazin dresse de son protecteur dans la Perse du XVIIIème siècle, Nader Shah. Arrivé en Perse en 1741, le clerc de la compagnie de Jésus suit le Shah de Perse sur les routes de l’immense empire où il est témoin de violentes répressions commises sur les gouverneurs locaux. Le jugement qu’il en donne, chargé de la représentation occidentale dominante formulée dans L’Esprit des Lois de Montesquieu (2), nous offre une perspective d’analyse intéressante sur Nader Shah. Cela étant dit, il convient de garder à l’esprit qu’il ne s’agit que d’une représentation de l’empereur de Perse qui en dit au moins autant sur l’Europe des Lumières que sur la Perse. Durant la seconde partie du voyage de frère Bazin en Perse (1744-1747), on note une certaine évolution sociale du clerc puisqu’il devient en 1746 le premier médecin de Nader Shah. Il serait donc intéressant d’ajouter à la problématique de l’article précédent cette notion d’évolution potentielle dans les lettres du frère jésuite, évolution qui pourrait être symptomatique du progrès social de leur auteur.

  • Des Achéménides aux Kadjars : la référence à l’Antiquité perse dans la politique culturelle de Fath Ali Shah - 22/05/18

    Le règne de Fath Ali Shah (1797-1834) marque le renforcement de l’État perse au sortir d’un siècle de guerre civile. Mais si son père lui a légué un empire pacifié où les familles les plus influentes ont été matées par les armes, les guerres désastreuses contre la Russie (1804-1813 et 1826-1828), dans le cadre du Grand Jeu, fragilisent son pouvoir de l’extérieur. Issu d’une dynastie récente en mal de légitimité, Fath Ali Shah ne peut pas vraiment compter sur son armée pour asseoir sa stature impériale. C’est probablement pour ces raisons (en plus d’un goût personnel très prononcé pour les arts) qu’il se livre durant tout son règne à une vraie politique de propagande artistique. En témoigne la série de ses portraits en majesté, amplement diffusés sous forme de cadeaux d’apparat, ou encore les exemplaires richement illustrés de son Shahinshanameh. Cet ouvrage se veut la suite du célèbre Shanameh de Ferdowsi en continuant son récit jusqu’aux exploits du souverain Kadjar.

  • Le voyage du frère jésuite Bazin dans la Perse de Nader Shah (1/2) - 17/05/18

    « En 1741 j’étais à Derbent, ancienne ville située sur les bords de la mer Caspienne, lorsqu’il y arriva couvert de gloire, et chargé de toutes les richesses de l’Inde ; c’est là que je l’ai vu pour la première fois » (1) écrit le frère Bazin pour relater sa rencontre initiale avec celui qui allait devenir pendant les dernières années de son règne, son maitre et patient, Nader Shah. Nader Kouli (1688-1747) est un roturier du Khorasan devenu Shah de Perse en 1736 sous le titre de Nader Shah. Il est de son vivant connu en Europe pour ses exploits militaires, notamment en Hindoustan, son usurpation du trône et sa cruauté légendaire. Il incarne pour de nombreux auteurs contemporains l’archétype du despote oriental. Le frère Bazin quant à lui est un membre de la compagnie de Jésus qui se rend en Orient, à l’instar de nombreux missionnaires, avec pour objectif, selon ses propres mots de « servir utilement la Religion dans un pays où elle est sans cesse exposée à des insultes et à des persécutions » (2). Lors de son séjour de six ans en Perse, le frère jésuite accompagne l’empereur de Perse dans tous ses déplacements et devient même son premier médecin en 1746.

  • Mirza Fatali Akhundov : de l’universalisme des Lumières au nationalisme persan - 11/05/18

    Figure intellectuelle du XIXe siècle dans l’Empire russe et dans le monde persan, Mirza Fatali Akhundov (1812-1872) est un personnage singulier à étudier. Apprécié des milieux intellectuels comme du gouvernement impérial qu’il a servi avec ardeur toute sa vie, il a été présenté durant toute la période soviétique comme le premier penseur matérialiste du monde musulman, et donc à ce titre comme le pionnier du communisme en terre d’Islam. L’historiographie iranienne en fait aussi le premier artisan du discours nationaliste persan. Il apparaît pourtant en Azerbaïdjan comme le père fondateur de la littérature azérie, et donc à cet égard comme un héros national de premier plan.
    Comment un même individu aurait-il pu être à la fois tsariste, communiste et nationaliste, qui plus est garant de deux identités nationales différentes ?

  • La Perse dans la pensée française du XVIIIème : de l’exotisme magique au royaume de la violence orientale - 09/05/18

    Depuis l’avènement de la République islamique en 1979, l’Iran est de nouveau un objet d’étude privilégié de l’analyse géopolitique. Le cadre théocratique dans lequel s’inscrit l’Etat iranien interroge sur de nombreux points les chercheurs occidentaux. En dépit des nombreuses sanctions internationales mises en place par les Etats-Unis en 1995 face au programme nucléaire iranien, le nouvel essor du tourisme en Iran n’a pas attendu l’accord de Vienne signé en Juillet 2015 pour se manifester. En effet, les chiffres du tourisme ont explosé en Iran passant de 1 546 millions de visiteurs en 2003 à plus de 3 300 millions en 2011 en raison de la richesse culturelle extraordinaire du pays (1). Les sites touristiques tels que Persépolis, capitale des Achéménides rassemblant des merveilles architecturales construites en plus de deux siècles ou encore la splendide mosquée Rose de Shirâs, témoignent en effet de la profondeur historique de l’Iran. Une telle fascination pour la Perse n’est pas chose nouvelle puisque dès la seconde partie du XVIIème siècle, les voyageurs et auteurs français s’y intéressent.

  • Le rôle des medersas coloniales de l’Algérie française dans l’orientalisme du début du XIXème siècle - 02/05/18

    Dans son article L’état intellectuel et moral de l’Algérie en 1830, Marcel Emerit souligne « la distance morale considérable » qui sépare les colons des Algériens lors de l’expansion coloniale française sous le règne de Louis-Philippe Ier (1830-1848) (1). L’historien français utilise le concept de « distance morale » comme une notion neutre et objective de différence culturelle, qui n’implique donc aucun jugement ni hiérarchie. L’historien français affirme que la date de 1848 est une rupture après laquelle on voit se développer une plus grande proximité entre les colonisateurs européens et les Algériens. Cette temporalité correspond à celle du décret du 30 septembre 1850, acte fondateur de la politique d’éducation française en Algérie. L’action publique à volonté pédagogique se déroule en premier lieu au sein les medersas ; des universités théologiques musulmanes qui offrent cependant des formations plus profanes comme celles des sciences. Ces structures d’éducation anciennes ont notamment joué un grand rôle dans le renouvellement des sciences islamiques depuis le Xème siècle. Pendant la colonisation française, des professeurs d’arabe formés en métropole sont chargés d’instaurer une éducation plus européenne. Outre leur rôle au sein de l’administration coloniale qui relève de d’enseignement, nous pouvons nous demander comment ces figures intermédiaires entre Algériens et Français ont pu contribué largement au mouvement scientifique qu’est l’orientalisme.

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