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La guerre en Ukraine, révélatrice de l’influence croissante de Moscou au Moyen-Orient (2/2) : une présence russe protéiforme

Par Emile Bouvier
Publié le 18/03/2022 • modifié le 27/04/2022 • Durée de lecture : 10 minutes

17.03.2022 In this handout photo released by the Russian Foreign Ministry, Russian Foreign Minister Sergey Lavrov, right, shakes hands with United Arab Emirates’ Foreign Minister Abdullah bin Zayed Al Nahyan during their meeting in Moscow, Russia. Editorial use only, no archive, no commercial use. Russian Foreign Ministry.

Russian Foreign Ministry / Sputnik via AFP

1. Une diplomatie opportuniste

La scène avait fait parler d’elle : le 30 novembre 2018, au sommet du G20 à Buenos Aires, alors que le prince héritier saoudien - mais régnant de facto - Mohammed Ben Salmane semblait être sciemment ignoré par ses pairs après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul le 2 octobre de la même année, Vladimir Poutine échange avec lui une ostensible et chaleureuse poignée de main sous l’œil des caméras. Le message est clair : le président russe montre sa capacité à passer outre l’accusation d’assassinat dont fait l’objet le prince saoudien et, partant, sa volonté d’une coopération privilégiée avec l’Arabie saoudite, à l’inverse des autres grandes puissances [1]. Cette scène s’annoncera le prélude d’un rapprochement économique et politique notable entre Moscou et Riyad, dont il sera fait mention infra.

L’Arabie saoudite n’est pas le seul pays de la péninsule Arabique à s’être rapproché de Moscou : les Emirats arabes unis montrent, eux aussi, une volonté de coopération accrue avec le Kremlin. Ainsi, le 1er mars, l’émir Mohammed Ben Zayed appelait personnellement Vladimir Poutine pour discuter du conflit en Ukraine et réitérer le « bon droit de la Russie à défendre ses intérêts nationaux » [2]. Dans le même temps, les employés étrangers du quotidien émirati The National, détenu par la famille régnante, se voyaient instruire de ne pas utiliser le terme « d’invasion » pour désigner l’offensive russe en Ukraine [3] ; le lendemain de l’appel entre Poutine et Ben Zayed, les Emirats arabes unis s’abstenaient de voter en faveur d’une résolution des Nations unies condamnant les opérations militaires russes en Ukraine [4]. Enfin, le même jour, à contre-courant de la quasi-totalité de la communauté internationale, les Emirats arabes unis annonçaient suspendre la libre circulation des Ukrainiens sur le sol émirati jusqu’alors en vigueur, les contraignant désormais à obtenir un visa payant en bonne et due forme [5]. Finalement, face au tollé international, Abou Dhabi reviendra sur sa décision dès le lendemain [6].

Pragmatique, la Russie a également resserré ses liens avec l’Iran, pourtant éternel rival de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. Déjà partenaires militaires en Syrie au profit du régime de Bachar al-Assad, Moscou et Téhéran se sont employés à tisser des liens politiques plus étroits encore, comme le démontre la signature prochaine « de l’accord de coopération de vingt ans » actuellement en discussion entre les deux pays et qui vise, grâce à des liens économiques plus forts, à « neutraliser » les sanctions internationales, pour l’Iran comme pour la Russie [7]. Ce rapprochement entre les deux pays s’est notamment illustré par l’abstention de Téhéran à la résolution de l’ONU précédemment évoqué ; une décision facilitée notamment par l’inimitié que continuent de se vouer l’Ukraine et l’Iran après que ce dernier a abattu, le 8 janvier 2020, un avion civil ukrainien de la compagnie Ukrainian International Airlines au-dessus de Téhéran, provoquant la mort de ses 176 passagers et membres d’équipage [8]. Si les autorités iraniennes maintiennent qu’il s’agissait d’un accident, Kiev accuse Téhéran d’avoir prémédité cette attaque qu’elle qualifie de « terroriste » [9].

2. Une présence économique russe de plus en plus marquée

Dans les faits, ces rapprochements politiques sont avant tout le résultat d’une proximité économique : le fait que Moscou se rapproche plus particulièrement de Riyad et d’Abou Dhabi n’est en effet pas anodin. La Russie et l’Arabie saoudite dominent l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (OPEP+ ; l’OPEP initiale n’inclut pas la Russie) qui agit comme le vecteur principal de leur rapprochement : MBS réitèrera ainsi au Président français Emmanuel Macron, le 27 février 2022, sa décision de rester fidèle aux accords convenus avec la Russie dans le cadre de l’OPEP+ en 2017 visant à contrôler la production de pétrole brut [10], et à ne pas accroître le taux de pompage afin de réguler les prix du pétrole.

Les liens économiques avec Moscou ont en effet fortement cru ces dernières années, l’Arabie saoudite ayant annoncé par exemple le 7 juillet 2015 sa volonté d’investir dix milliards de dollars en Russie au cours des cinq années suivantes [11]. Le 14 octobre 2019, les deux partenaires trouvaient un accord dans le domaine des services pétroliers et des produits pétrochimiques consistant notamment en l’acquisition, par un fonds saoudien, de 30,76% de Novomet, une filiale du fonds d’investissement russe Rosnano, chargé de développer l’industrie nanotechnologique en Russie [12]. De manière générale, la Russie privilégie un rapprochement avec les pétromonarchies du Golfe : la valeur des échanges commerciaux entre la Russie et les pays du Conseil de coopération du Golfe (GCC) sont ainsi passés de trois milliards de dollars en 2016 à plus de cinq milliards en 2021 [13].

C’est, de fait, notamment sous le prisme pétrolier que Moscou accroît sa présence au Moyen-Orient : ainsi les géants pétroliers Lukoil, Gazprom Neft et Rosneft ont-ils fortement accru leurs activités en Irak ces dernières années par exemple, notamment dans la Région autonome du Kurdistan irakien dont les sols recèlent de vastes quantités d’hydrocarbures, promettant de tripler leurs investissements dans le pays [14]. Moscou a concomitamment investi 10 milliards de dollars dans le secteur énergétique irakien en 2019 [15], visant, grâce à ce levier économique majeur, à gagner en pouvoir de coercition sur Bagdad [16].

L’Egypte, avec qui la Russie avait tissé des liens forts lors de la Seconde guerre civile libyenne (2014-2020) en raison de leur soutien mutuel au maréchal Khalifa Haftar, a également conclu des accords économiques notables avec Moscou, à l’instar de l’annonce le 11 décembre 2017 de la construction à El Dabaa, par l’entreprise russe Rosatom, de la première centrale nucléaire civile égyptienne [17], d’une valeur totale de 21 milliards de dollars [18].

Enfin, les touristes russes, de par leur impact économique croissant et très notable pour plusieurs pays de la région - notamment l’Egypte, les Emirats arabes unis et la Turquie -, incarnent une nouvelle forme d’influence économique pour Moscou dans la région. Dans le cas des Emirats arabes unis, les touristes russes sont ainsi passés du huitième plus gros contingent de touristes étrangers en 2020 au deuxième plus important en 2021 [19] ; la Turquie, quant à elle, est devenue en 2018 la destination préférée des touristes russes, avec une hausse de plus de 8% du nombre de touristes par rapport à 2017 [20] ; l’Egypte, enfin, comptait les touristes russes comme les plus importants contingents de voyageurs se rendant dans le pays (plus de 33% de l’intégralité des touristes) en 2014 [21] , jusqu’à ce que l’attentat du 31 octobre 2015 - où un avion transportant 212 touristes russes est détruit par l’Etat islamique dans le Sinaï [22] - amène Vladimir Poutine à suspendre, pendant six ans, et pour des raisons de sécurité, les vols de la Russie vers l’Egypte [23]. La reprise du trafic aérien en 2021 [24] entre les deux pays laissait espérer au Ministère égyptien du Tourisme un retour en force des touristes russes qui seraient devenus à nouveau, selon ses estimations, le plus substantiel contingent de touristes en 2022 [25]. La guerre en Ukraine est toutefois venue mettre un terme à ces espérances, grevant fortement les finances de l’Egypte [26], comme il sera vu dans un prochain article consacré à l’impact économique de la crise ukrainienne au Moyen-Orient.

3. La Russie, alternative militaire permanente aux Etats-Unis au Moyen-Orient

Ainsi, la présence russe croissante au Moyen-Orient présente un flanc éminemment militaire et sécuritaire. Là aussi, les pays du Golfe semblent concentrer une part notable de l’attention russe, notamment l’Arabie saoudite, quatrième pays consacrant la plus grande part de son PIB (8,4%) aux dépenses militaires en 2020 dans le monde [27] : ainsi Moscou et Riyad ont-ils signé le 24 août 2021 un accord militaire [28] dont les contours, relativement flous, ont essentiellement signalé la volonté des deux pays de coopérer davantage et de concurrencer le traditionnel partenariat militaire américano-saoudien [29].

Alors que, tout comme les Saoudiens, les Emiratis accueillent sur leur sol des troupes et du matériel militaire russe, Abou Dhabi a également initié un rapprochement militaire stratégique avec Moscou : en juillet 2021, les deux pays révélaient avoir développé ensemble un nouvel avion de combat furtif monomoteur, le Su-75 Checkmate [30]. Quelques mois auparavant, le Département américain de la Défense révélait déjà que les Emirats arabes unis finançaient les activités en Libye du groupe Wagner, une entreprise militaire privée pilotée officieusement par le Kremlin [31] et permettant aux autorités russes d’intervenir par procuration dans des régions en conflit et certaines zones grises sécuritaires à travers le monde.

C’est à travers la vente d’armement et de technologies militaires que la Russie accroît également son influence au Moyen-Orient : ainsi, alors que les ventes militaires à destination du Moyen-Orient représentaient 36% du total des exportations militaires russes en 2015, ce chiffre est passé à 50% en 2018 [32]. Certaines de ses ventes d’armes ont pu revêtir un caractère éminemment stratégique - et crisogène - ces dernières années, notamment dans le cas de la Turquie : celle-ci, dans un souhait de diversifier ostensiblement ses partenariats, en tournant notamment le regard à l’est, s’est attiré les foudres - et les sanctions - des Etats-Unis en acquérant des systèmes d’armes sol-air russes S400.

Depuis l’interventionnisme russe au Moyen-Orient et notamment en Syrie, la coopération turco-russe est devenue, de fait, inévitable : qu’il s’agisse des accords d’Astana en 2017 ou encore du cessez-le-feu imposé par Moscou dans le nord-est syrien en 2019 à la suite de l’offensive turque contre les Kurdes syriens, la Turquie ne s’est montrée que rarement en mesure de s’imposer sur des problématiques sécuritaires ou militaires au Moyen-Orient, ces dernières années, sans obtenir au préalable une certaine forme de blanc-seing russe. Même Israël, malgré son statut de protégé des Etats-Unis dans la région, et dont la mentalité obsidionale caractérise pourtant peu ou prou l’orientation de sa politique étrangère depuis sa création en 1948, se voit dans l’obligation de coopérer militairement avec la Russie : l’Etat hébreu est en effet obligé d’entretenir une relation cordiale avec Moscou afin de mener régulièrement des frappes aériennes contre des cibles iraniennes ou du Hezbollah sur le sol syrien, protégé par des batteries antiaériennes russes.

Concomitamment aux exportations militaires et à son rapprochement résolu aves l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, la Russie multiplie les accords et manœuvres militaires avec les autres acteurs de la région : le 21 janvier 2022, les Marines russe, iranienne et chinoise ont ainsi conduit des exercices dans le nord de l’Océan indien [33] avant de répliquer ces exercices à nouveau mi-février, cette fois-ci sans la Chine [34]. Les manœuvres militaires maritimes irano-russes se sont multipliées ces dernières années, en particulier depuis la montée des tensions dans le golfe Persique en 2019 entre l’Iran et les Etats-Unis [35].

Cette « politique de la manœuvre » est également à l’œuvre avec l’Egypte par exemple, avec qui la Russie a conduit des exercices aéroterrestres en octobre 2021 près du Caire [36], puis des manœuvres navales en décembre de la même année [37]. Dans le cas égyptien, cette multiplication très nette des exercices militaires conjoints s’explique, entre autres choses, par la signature d’un accord sécuritaire entre Moscou et Le Caire le 26 août 2021 [38], dont les contours exacts n’ont pas été rendus publics. Symbolique mais significatif, la Russie a offert le 26 novembre 2018 cinq millions de dollars en aide militaire au Liban, dans une démarche de rapprochement discret avec le Pays du Cèdre [39]. La contrepartie de cette aide aurait été la possibilité pour les bâtiments russes de mouiller dans les ports libanais et celle, pour les appareils de combat russes, de transiter par les aérodromes du Liban - mais pas d’y établir de véritables bases militaires, comme la Syrie autorise Moscou à le faire à Tartous et Lattaquié par exemple [40].

Conclusion

Ainsi, la guerre en Ukraine se révèle particulièrement révélatrice de l’influence croissante de Moscou au Moyen-Orient. Cette nouvelle donne géopolitique, en évolution constante, s’explique notamment par la perte de vitesse notable des Etats-Unis dans la région, tant en raison d’une réorientation politique volontaire qu’à cause d’événements diplomatico-sécuritaires ayant fortement dégradé l’image de Washington, déjà concurrencée par l’entrisme chinois et russe. Les Russes ont su, de fait, profiter de leur arrivée remarquée sur le théâtre syrien en septembre 2015 et de leur sauvegarde réussie du régime de Bachar al-Assad, pourtant sur le point de s’écrouler. La présence russe au Moyen-Orient s’est ainsi accrue, de façon protéiforme, en investissant tant les champs politiques que militaires et économiques. Si le Kremlin n’entend fort probablement pas prendre la place des Etats-Unis dans la région, il peut engranger des gains diplomatiques, économiques et sécuritaires particulièrement substantiels en tirant parti de son volontarisme en la matière et de la volonté, pour un grand nombre de pays moyen-orientaux, de diversifier leurs partenariats afin que cesse l’omnipotence de Washington, dont la fiabilité et la crédibilité dans la région se sont trouvées fortement entamées ces dernières années. Une nouvelle donne géopolitique semble ainsi prendre forme au Moyen-Orient où les Etats-Unis, la Russie et la Chine se concurrenceront plus qu’ils ne l’avaient encore jamais fait.

Bibliographie :
- Borisov, Timofey, Julien Barnes-Dacey, Dimitar Bechev, Dmitriy Frolovskiy, Florence Gaub, Dalia Ghanem-Yazbeck, Mark N. Katz, et al. “Russian Arms Exports in the Middle East.” Edited by Nicu Popescu and Stanislav Secrieru. RUSSIA’S RETURN TO THE MIDDLE EAST : BUILDING SANDCASTLES ? European Union Institute for Security Studies (EUISS), 2018. http://www.jstor.org/stable/resrep21138.8.

Sitographie :
- Watch Russian President Vladimir Putin and Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman’s exuberant handshake at G-20, CNBC, 30/11/2018
https://www.cnbc.com/2018/11/30/watch-putin-and-saudi-crown-prince-mbs-exuberant-handshake-at-g-20.html
- The U.N. approves a resolution demanding that Russia end the invasion of Ukraine, NPR, 02/03/2022
https://www.npr.org/2022/03/02/1083872077/u-n-set-to-hold-vote-that-would-demand-russia-end-war-in-ukraine?t=1647535842361
- UAE reinstates visa-free entry for Ukrainians in quick reversal, offers year-long stay for arrivals prior to March 3, CNBC, 03/03/2022
https://www.cnbc.com/2022/03/03/uae-reinstates-visa-on-arrival-for-ukrainians-in-quick-reversal.html
- Iran promises good news on neutralizing sanctions, says 20-year cooperation agreement with Russia almost ready, Press TV Iran, 11/12/2021
https://www.presstv.ir/Detail/2021/12/11/672455/Iran-says-20-year-co-op-deal-Russia-almos-ready
- ‘Endless pain’ : Families of victims killed in civilian plane crashes call for action, Global news, 20/02/2022
https://globalnews.ca/news/8634470/endless-pain-families-of-victims-killed-in-civilian-plane-crashes-call-for-action/
- VOA Exclusive : Ukraine Accuses Iran of Premeditated Terrorist Act in 2020 Plane Shootdown, VOA, 08/01/2022
https://www.voanews.com/a/voa-exclusive-ukraine-accuses-iran-of-premediated-terrorist-act-in-2020-plane-shootdown/6388049.html
- Saudi crown prince says kingdom still committed to OPEC+ oil agreement with Russia, S&P Global, 27/02/2022
https://www.spglobal.com/commodity-insights/en/market-insights/latest-news/oil/022722-saudi-crown-prince-says-kingdom-still-committed-to-opec-oil-agreement-with-russia
- Saudi Arabia to invest $10B in Russia, CNBC, 07/07/2021
https://www.cnbc.com/2015/07/07/saudi-arabia-to-invest-10b-in-russia.html
- Saudi Aramco ‘one of the greatest companies in the world,’ Russia’s wealth fund chief says, CNBC, 04/09/2019
https://www.cnbc.com/2019/09/04/saudi-aramco-one-of-the-greatest-companies-in-the-world-russias-wealth-fund-chief-says.html
- US or Russia ? Ukraine crisis poses dilemma for wealthy Gulf, France24, 26/02/2022
https://www.france24.com/en/live-news/20220226-us-or-russia-ukraine-crisis-poses-dilemma-for-wealthy-gulf
- Russia Pours Money Into Iraqi Oilfields, Warsaw Institute, 30/11/2020
https://warsawinstitute.org/russia-pours-money-iraqi-oilfields/
- Russia’s growing influence in Iraq : A new challenge for the US, The New Arab, 23/09/2020
https://english.alaraby.co.uk/analysis/russias-influence-iraq-challenge-us
- Exclusive : Russia appears to deploy forces in Egypt, eyes on Libya role – sources, Reuters, 13/03/2017
https://www.reuters.com/article/us-usa-russia-libya-exclusive-idUSKBN16K2RY
- Russia, Egypt sign deal to construct nuclear power plant, DW, 11/12/2017
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- Turkey was Russian tourists’ top destination in 2018, Daily News, 27/12/2018
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- Russia’s Putin suspends all flights to Egypt on security advice, France24, 06/11/2015
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- Egypt’s tourism sector celebrates Russians’ return after 6 years, The National News, 09/08/2021
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- Egyptian tourism sector braces for impact from Ukraine crisis, Al Monitor, 25/02/2022
https://www.al-monitor.com/originals/2022/02/egyptian-tourism-sector-braces-impact-ukraine-crisis
- Saudi Arabia, Russia sign deal to develop joint military cooperation, Al Arabiya, 24/08/2021
https://english.alarabiya.net/News/gulf/2021/08/24/Saudi-Arabia-Russia-sign-deal-to-develop-joint-military-cooperation
- Saudi Arabia is trying to make America jealous with its budding Russia ties, Atlantic Council, 27/08/2021
https://www.atlanticcouncil.org/blogs/menasource/saudi-arabia-is-trying-to-make-america-jealous-with-its-budding-russia-ties/
- The New Checkmate Stealth Jet is the Result of a Russia-UAE Joint Fighter Program – Report, Military Watch, 22/07/2021
https://militarywatchmagazine.com/article/sukhoi-light-stealth-jet-russia-uae-joint-program-report
- Pentagon : UAE funds Russian mercenary group Wagner in Libya, TRT World, 01/12/2020
https://www.trtworld.com/africa/pentagon-uae-funds-russian-mercenary-group-wagner-in-libya-41957
- Iran, Russia, China Hold Joint Naval Drill Amid Growing Ties, Radio Free Europe, 21/01/2022
https://www.rferl.org/a/iran-russia-china-exercises/31663080.html
- Iran, Russia to hold joint military drill in Caspian Sea, Pars Today, 06/01/2019
https://parstoday.com/en/news/iran-i98301-iran_russia_to_hold_joint_military_drill_in_caspian_sea
- Egypt, Russia Launch Joint Drill to Enhance Military Cooperation, Asharq Al-Awsat, 22/10/2021
https://english.aawsat.com/home/article/3260321/egypt-russia-launch-joint-drill-enhance-military-cooperation
- Egypt, Russia sign military, security cooperation protocol, Egypt Today, 26/08/2021
https://www.egypttoday.com/Article/1/107242/Egypt-Russia-sign-military-security-cooperation-protocol
- How to Read Lebanon’s Acceptance of Russian Military Aid, Washington Institute, 07/12/2018
https://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/how-read-lebanons-acceptance-russian-military-aid
- Lebanon : Russia’s New Outpost in the Middle East ?, The National Interest, 18/02/2018 https://nationalinterest.org/blog/the-buzz/lebanon-russias-new-outpost-the-middle-east-24538

Publié le 18/03/2022


Emile Bouvier est chercheur indépendant spécialisé sur le Moyen-Orient et plus spécifiquement sur la Turquie et le monde kurde. Diplômé en Histoire et en Géopolitique de l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, il a connu de nombreuses expériences sécuritaires et diplomatiques au sein de divers ministères français, tant en France qu’au Moyen-Orient. Sa passion pour la région l’amène à y voyager régulièrement et à en apprendre certaines langues, notamment le turc.


 


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