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Les clés du Moyen-Orient : un nouveau site pour fêter 10 ans d’analyses

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Sous la direction d’Antoine Sfeir, Alexandre Adler, Christian Chesnot, André Miquel, Robert Solé, Benjamin Stora, Dictionnaire du Moyen-Orient, histoires, cultures, révolutions

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin
Publié le 20/01/2012 • modifié le 19/04/2020 • Durée de lecture : 4 minutes

En introduction, André Miquel, Antoine Sfeir et Alexandre Adler livrent leurs analyses de l’actualité et mettent en évidence l’apport de ce dictionnaire. Comme le souligne notamment André Miquel, « le mérite d’Antoine Sfeir ne réside pas seulement, on le voit, dans le savoir qu’il nous fait partager et approfondir : il est d’en susciter l’envie, jusque-là où on ne la soupçonnait pas. Et pas, on s’en doute, pour le simple plaisir : à travers ces pages de référence, il ne s’agit de rien de moins que d’une histoire qui, j’y insiste, nous est commune, sur les deux rives d’une même mer, et, avec elle, de notre avenir » (page 8).

Pour sa part, Antoine Sfeir revient sur la notion de Moyen-Orient, sur l’évolution de son sens et de sa symbolique au cours de l’histoire. Aujourd’hui, cette notion connaît une nouvelle évolution, dans le contexte des révoltes arabes : « Le Moyen-Orient qui se précise sous nos yeux d’observateurs est celui que les Moyen-orientaux eux-mêmes sont en train de constituer. Ce sont les peuples qui nous disent ce qu’il faudra désormais entendre derrière cette expression » (page 9). En ce sens, Antoine Sfeir évoque la nouveauté de ces mouvements arabes : les populations sont descendues dans la rue, contraignant les dirigeants à quitter le pouvoir. Il relève également, pays par pays (Egypte, Tunisie, Libye, Syrie), les points marquants de ces mouvements :
- en Egypte et Tunisie : neutralité de l’armée, non participation des mouvances islamistes, aucune mention relevée contre Israël.
- en Libye : intervention des puissances occidentales et de l’OTAN
- à Bahreïn : réaction saoudienne et intervention de son armée au sein des forces armées du Conseil de coopération des Etats du Golfe.
Dans le contexte de cette nouvelle situation et de cette nouvelle « logique », le Moyen-Orient paraît à Antoine Sfeir « encore bien plus compliqué qu’auparavant » (page 13), si l’on considère les conflits entre sunnites et chiites, les différentes stratégies de contrôle du golfe Persique, l’émergence des deux pays, « acteurs incontournables » que sont l’Iran et la Turquie. Antoine Sfeir conclut alors sur l’usage que le lecteur peut faire de ce dictionnaire, « à la fois un outil de connaissance et de savoir, un outil de travail, un outil de référence, mais en somme le plus important, il ambitionne d’être une passerelle pour mieux connaître l’Autre, le reconnaître et le respecter » (page 13).

Alexandre Adler revient également sur la notion de Moyen-Orient et retient en particulier la définition de l’historien américain Hodgson, dont il relève la pertinence, définition articulée autour de la notion de l’islam : « (cette différenciation verbale) entendait différencier la foi musulmane fondée sur des convictions personnelles, le monde islamique où la foi musulmane s’exerce comme religion dominante, et ‘’l’Islamicat’’ qui engloberait au sein d’un même ensemble culturel les musulmans et tous ceux qui, au travers de l’histoire, ont été englobés malgré leurs fois religieuses diverses dans ce monde islamique » (page 14). Il se penche ensuite sur les révoltes de l’année 2011, dont les caractéristiques sont la volonté démocratique des peuples, le recul d’al Qaida et la montée de l’islamisme modéré. Si cette évolution semble déterminante pour le Moyen-Orient aujourd’hui, Alexandre Adler relève que le Moyen-Orient a également été façonné par d’autres mouvements ou ruptures au cours de l’histoire (de 1911 à 1923, en 1945, en 1973). A ces grands tournants historiques s’ajoute la « forte hétérogénéité » géographique du Moyen-Orient actuel, qu’il divise en cinq régions : Maghreb, monde turco-iranien, vallée du Nil, péninsule Arabique, Inde. Il retrace les grandes évolutions contemporaines de ces quatre premières régions :
- au Maghreb, qui constitue « un ensemble civilisationnel » (page 18) : période de colonisation ; liens avec la France ; mouvements de libération ; spécificités du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie.
- monde turco-iranien :
en Turquie : positionnement de la Turquie, depuis Mustapha Kemal, dans le camp occidental ; évolution des partis politiques ; « miracle économique » turc ; liens stratégiques avec l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, liens avec l’Irak et la Syrie.
en Iran : présidence de Khatami (1994-2002) ; défis de celle d’Ahmadinejad, notamment relation avec Israël et nucléaire ; rapprochement avec la Turquie et conséquences de ce rapprochement.
dans l’ancien Levant : « morcellement communautaire territorialisé », entre Israël et les Territoires palestiniens, au Liban et en Syrie ; « rêves d’identité transnationale » des différentes communautés ethniques.
- dans la vallée du Nil : atout de l’armée égyptienne « première armée du monde arabe » ; atout du Caire ; tourisme ; mais problème de la surpopulation urbaine, du chômage et de l’appauvrissement de l’agriculture.
- dans la péninsule Arabique : faiblesses structurelles de la démographie et hétérogénéité religieuse ; mais modernisation de ces dernières années de la société.

A la suite de ces introductions et des rubriques du dictionnaire, l’ouvrage est complété par des fiches par pays, par une chronologie de l’Occident et du Moyen-Orient de l’antiquité à respectivement 2007 et 2011, par un index des lieux et des noms et par une table des monographies.

Sous la direction d’Antoine Sfeir, Alexandre Adler, Christian Chesnot, André Miquel, Robert Solé, Benjamin Stora, Dictionnaire du Moyen-Orient, histoires, cultures, révolutions, Paris, Bayard, octobre 2011, 946 pages.

Publié le 20/01/2012


Anne-Lucie Chaigne-Oudin est la fondatrice et la directrice de la revue en ligne Les clés du Moyen-Orient, mise en ligne en juin 2010.
Y collaborent des experts du Moyen-Orient, selon la ligne éditoriale du site : analyser les événements du Moyen-Orient en les replaçant dans leur contexte historique.
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Docteur en histoire de l’université Paris-IV Sorbonne, a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Dominique Chevallier.
Elle a publié en 2006 "La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie Liban, 1918-1939" et en 2009 "La France dans les jeux d’influences en Syrie et au Liban, 1940-1946" aux éditions L’Harmattan. Elle est également l’auteur de nombreux articles d’histoire et d’actualité, publiés sur le Site.


 


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