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L’État islamique dans le Khorasan (1/2)

Par Gabriel Romanche
Publié le 10/06/2020 • modifié le 18/06/2020 • Durée de lecture : 12 minutes

Une franchise en Afghanistan et au Pakistan

Les premières mentions de l’EI dans la région apparaissent en juillet 2014, immédiatement après la proclamation du califat par Abu Bakr al-Baghdadi. Deux commandants afghans réfugiés au Pakistan et proches du Terek-e-Taliban Pakistan (TTP), tous deux connus pour s’être rapprochés de la tendance salafiste au sein des madrasa pakistanaises ou durant une détention à Guantanamo, se sont alors réclamés du groupe EI. Des commandants du TTP, beaucoup plus actifs militairement, se sont également rattachés à l’EI. Le principal d’entre eux est Hafez Saeed Khan, ancien commandant du TTP du district pakistanais d’Orakzai, déjà connu pour ses opérations de purification confessionnelle anti-chiite.

Ces ralliements semblent avoir été davantage sollicités du côté afghan que suscités par l’EI central. Un développement dans la région représente toutefois une opportunité certaine pour le groupe. Le Khorasan, dénomination ancienne d’une région couvrant l’Afghanistan, une partie du Pakistan, de l’Iran et des pays centrasiatiques, est mentionné dans un hadith rapporté selon lequel le prophète Mahomet aurait affirmé que la conquête de l’Inde (ou sa conversion) sous la bannière noire des moudjahidin se ferait à partir du Khorasan et serait un signe annonciateur des derniers jours et des ultimes combats dans le Cham (Levant). L’EI se présente ainsi comme contributeur de ce projet eschatologique qui alimente sa propagande. Par ailleurs, l’importance du théâtre afghan dans l’imaginaire collectif et dans l’histoire récente du djihad rend cette implantation particulièrement facile à valoriser pour le groupe.

La compréhension géographique du monde par l’EI distingue deux espaces, le dar-al-islam (domaine de l’Islam) correspondant aux territoires sous le contrôle du groupe, et le dar-al-harb (domaine de la guerre) ou dar-al-kufr (domaine de l’incroyance). Dans cette logique dichotomique, l’EI rejette formellement le concept même d’État nation et de structures étatiques établies sur des frontières stables. Le choix de la référence au Khorasan nie la réalité des frontières de l’Afghanistan avec ses États voisins et renforce le discours d’affranchissement des puissances étatiques. Se réclamant totalement indépendant des gouvernements pakistanais ou afghan, l’État islamique dans le Khorasan (ISKP) peut fédérer les populations déçues ou déjà soulevées contre Kaboul ou Islamabad.

Le 12 janvier 2015, neuf commandants du TTP pakistanais et trois afghans publient une vidéo proclamant, sous l’autorité de Hafez Saeed Khan, leur allégeance à Abu Bakr al-Baghdadi. Parmi eux se trouve notamment un commandant des Taliban, expulsé du mouvement en 2013 après avoir pratiqué des enlèvements pour extorsion contraires à la doctrine du groupe. Les autres sont connus pour être affiliés au salafisme et en opposition avec la ligne centrale des Taliban sur ce sujet. Le 26 janvier 2015, l’EI accepte finalement de reconnaitre officiellement la création de sa province (wilaya) dans le Khorasan (ISKP) sous le commandement de Rauf Khadem. Ce dernier a été un commandant Taliban de premier plan depuis la création du mouvement, numéro deux de la hiérarchie militaire de celui-ci après son retour de Guantanamo. Tombé en disgrâce en raison de ses positions salafistes développées à Guantanamo et de querelles tribales entre les clans Nurzai et Ishakzai, il a peu à peu disparu des instances dirigeantes des Taliban sous le règne de Mansour entre 2013 et 2015 [1].

Salafisme afghan et dissensions tribales et politiques

Le djihad afghan des années 1980 a impliqué des groupes arabes se réclamant d’une vision salafiste de l’Islam, souvent fortement marquée par le wahhabisme saoudien [2]. L’ouverture de madrasa par ces mouvements et la formation de réfugiés afghans et de pachtouns pakistanais au salafisme a entrainé l’apparition ponctuelle en Afghanistan de groupes salafistes, en rupture avec la pratique hanafite consensuelle jusqu’alors. Le salafisme en Afghanistan est anecdotique mais persistant.

L’apparition de l’ISKP a donc profité de la présence au sein des mouvements afghans et pakistanais de commandants et de combattants convertis au salafisme et en désaccord politique avec leur hiérarchie, notamment en ce qui concerne les populations chiites. Qui plus est, les années 2014 et 2015 marquent pour les Taliban et pour le TTP des périodes de successions controversées. Le nouveau dirigeant du TTP, Fazlullah, originaire de la vallée de Swat a succédé en septembre 2013 à une suite de dirigeants originaires du Waziristan. En Afghanistan, la mort du mollah Omar, tenue secrète depuis 2013 est finalement révélée en juillet 2015. De nombreux commandants remettent alors en question la légitimité du mollah Mansour (de clan Ishakzai) et les partenaires étrangers des Taliban sur le terrain affirment eux-aussi leur mécontentement. Des combattants du Mouvement Islamique d’Ouzbékistan (IMU) rejoignent également l’ISKP. Les conflits tribaux s’ajoutant aux positionnements doctrinaux discordants ont offert à l’ISKP un terreau de développement particulièrement fertile parmi les insurgés. Pour autant, à ce stade, le mouvement ne dispose pas d’un lien réel avec la centrale au Moyen-Orient, et l’allégeance de ces combattants repose davantage sur une frustration et des oppositions avec les mouvements historiques de la région que sur une véritable adhésion idéologique.

La croissance réelle de l’ISKP est particulièrement sensible et significative en matière de prospective parmi les jeunes à faible capital social [3] et les étudiants du pays. Loin de l’image austère et traditionnelle que leur inspirent les Taliban, les études et le cadre de vie citadin ont offert à ces jeunes une vision du monde plus moderne que celle de leurs aînés. Moderne et professionnelle, cette propagande bénéficie des acquis et de l’expérience des publications de l’EI au Moyen-Orient et de transferts de compétences et de moyens humains et matériels depuis l’Irak et la Syrie.

La portée de ce discours est renforcée dans les universités par l’adhésion d’une partie des étudiants à des groupes qui rejettent la vision nationaliste des Taliban et sont porteurs d’idéologies proches de celle de l’EI. On y trouve en particulier le Hezb-ut-Tahrir, qui appelle à la création d’un califat panislamique en promouvant des discours contre le principe d’État nation ; le Jamiat-e-Eslah, directement affilié aux Frères musulmans ; la branche jeunesse du Hezb-e-Islami, en rupture avec son parti d’origine ; et des mouvements salafistes inspirés du wahhabisme saoudien [4]. Ces groupes s’appuient sur le ressentiment de la jeunesse urbaine contre le gouvernement perçu comme corrompu et dépendant de l’Occident, et mobilisent les outils modernes du débat politique pour recruter au sein des universités. Ces jeunes rejettent les générations précédentes, aussi bien celles des élites urbaines de l’époque communiste que celles des Taliban et des chefs de guerre. Pour autant, ils ne trouvent pas d’alternative dans un pays qui ne parvient pas à leur offrir une place dans une économie qui n’a rien de moderne. Rappelons qu’en 2018, 41% de la population avait moins de 14 ans, et que l’âge médian se situe autour de 18 ans. Ce radicalisme ambiant dans la jeunesse éduquée afghane a permis à l’ISKP d’y trouver un terreau de recrutement fertile et non affilié aux Taliban. Le groupe convoque avec des moyens modernes, un discours millénariste et eschatologique renforcé par les visions mythifiées de l’histoire de l’Afghanistan et du Khorasan, en particulier la résistance à toutes les invasions ou influences étrangères et la défense d’un Islam universel. L’activité aujourd’hui dominante du groupe dans les centres urbains tels que Kaboul ou Djalalabad, et les multiples alertes quant à sa présence parmi les étudiants laissent à penser que cette forme d’implantation est aujourd’hui l’un des principaux vecteurs d’activité de l’ISKP [5].

Un groupe exogène dans un environnement hermétique

Le point central de la doctrine de l’EI repose sur l’établissement de sa compréhension de l’Islam sunnite salafiste comme seule vérité de l’Islam, et le rejet de toutes les autres branches de cette religion.

Le salafisme de l’EI appartient à l’école juridique hanbalite (de Ibn Hanbal, IXe siècle), et est dérivé des idées de Ibn Taymiyyah (XIVe siècle) et de Muhammad Ibn Abd al Wahhab (XVIIIe siècle). Ces trois penseurs ont porté une lecture anthropologiquement arabe de l’Islam centrée sur la volonté de reproduire les comportements et les modes de vie des « pieux prédécesseurs » (salaf as-salih). Le rejet violent par l’EI de toutes les pratiques syncrétiques de l’Islam telles que le culte de saints ou le soufisme découle des écrits de Ibn Taymiyyah. La notion de takfir [6] permet à l’EI de déclarer apostat tout musulman s’opposant à sa domination ou à sa lecture de l’Islam. Concrètement en Afghanistan, ces éléments doctrinaux se sont traduits par l’interdiction et la répression des pratiques religieuses locales, principalement par la destruction de sanctuaires soufis et de tombeaux de saints locaux, mais aussi le rejet de toute référence à l’école hanafite pour imposer un Islam hanbalite-salafiste. Cette version intransigeante du salafisme dépasse dans son application les tendances salafistes préexistantes dans le pays qui étaient avant tout doctrinales mais n’appliquaient pas la notion de takfir [7] aux autres musulmans sunnites. Cette doctrine radicale entraine une confessionnalisation du conflit en Afghanistan. La population chiite afghane est une des principales cibles de l’ISKP, comme d’autres communautés minoritaires à l’instar des Sikhs.

La logique radicale et absolue de la doctrine de l’EI, appliquée dans sa province du Khorasan implique une stricte application des peines prévues par le hudud et l’interdiction formelle de toute pratique reconnue haram (illégale), sans exception. Ces principes ont amené les combattants de l’ISKP à appliquer de façon systématique des peines de lapidation ou de décapitation, mais aussi à interdire la pratique du pavot et les trafics qui y sont liés dès l’automne 2015, et à condamner les modes de gouvernance traditionnelle [8].

Stratégie militaire sans volet politique

La séparation du dar-al-islam et du dar-al-harb évoquée plus tôt place le groupe dans un état de guerre permanent à dimension eschatologique. Dans l’une de ses publications, l’EI en Irak affirmait que « l’état de guerre est l’état naturel de la vie de l’État islamique, aussi bien au début de son développement, avant ou après celui-ci » [9]. Politiquement, ce postulat conduit l’ISKP à se positionner comme un acteur militaire, bien plus que comme une puissance publique ayant la volonté d’intervenir dans la gouvernance courante des zones contrôlées. En d’autres termes, loin de chercher à gagner les cœurs et les esprits, l’ISKP se place avant tout dans une logique militaire de contrôle du territoire sans considération pour les positions des populations civiles qui sont alors réprimées ou poussées au départ.

Les pratiques particulièrement violentes, esthétisées par la propagande du groupe, visent à réprimer les velléités de rébellion dans la population. Les violentes mises à mort de responsables tribaux, notamment par l’usage d’explosifs, étaient inconnues jusque-là en Afghanistan et ont marqué les populations locales.

L’implantation du groupe s’est faite progressivement. Dans l’est du pays, les premiers témoignages de civils afghans mentionnent des réfugiés pakistanais fuyant les zones tribales voisines et les violences qui accompagnent l’opération Zarb-e-Azb de l’armée pakistanaise à partir de juin 2014. Ces réfugiés (muhajir) sont accueillis par les pachtouns afghans par hospitalité traditionnelle et sont rapidement rejoints par leurs familles. Des responsables pakistanais estiment à 2 500 le nombre de personnes ayant ainsi franchi la frontière pour se réfugier à Nangarhar et Kunar. Ces militants se regroupent dans un second temps et rejoignent formellement l’ISKP à sa création en janvier 2015. Ce n’est que par la suite, une fois l’emprise territoriale et les recrutements consolidés, qu’apparaissent des pratiques plus violentes et répressives, ainsi que des expropriations massives de civils, contraints à fuir.

Même à ce stade de contrôle effectif du territoire, la volonté et la capacité du groupe à assurer un minimum de services publics sont absentes. Outre un désintérêt pour la gouvernance locale au regard de la prévalence de l’action militaire dans les activités et l’attribution des ressources, le refus catégorique de toute coopération avec le gouvernement de Kaboul, les Taliban, les structures locales et traditionnelles, ou les ONG internationales rend impossible ce genre d’activité. L’ISKP se contente de placer des imams salafistes dans les mosquées de la région, et si une police des mœurs a été signalée dans certaines zones, elle n’est pas comparable en termes de moyens et de présence réelle sur le terrain avec ce que l’EI a mis en place en Irak et en Syrie [10].

Une relation de dépendance partielle au théâtre levantin

La plupart des financements de l’ISKP sont probablement locaux. Les groupes de combattants ayant fait défection à d’autres groupes sont partis avec armes et bagages et de nombreuses pratiques d’extorsions et de prélèvement de taxes ont été signalés. En 2016, l’ISKP aurait disposé de 271 millions de dollars US, dont 120 millions de donneurs privés, 78 millions de l’EI central, 40 millions en provenance des pays du Golfe, et 33 millions de prélèvements directs en Afghanistan [11]. Ces apports permettent à l’ISKP de mener une stratégie militaire agressive et de faire concurrence rapidement aux acteurs préexistants sur le terrain. L’apport logistique venant du Moyen-Orient comporte une dimension technique de conseil, s’appuyant sur l’expérience du théâtre syro-irakien. L’utilisation lors de l’attaque du 20 juin 2016 contre des gardes de sécurité de l’ambassade du Canada d’une veste d’explosifs fabriquée sur le modèle Claymore, très présent en Irak mais jusque-là inconnu en Afghanistan, montre la réalité de ce transfert de moyens et de compétences [12].

Les effectifs de l’ISKP sont constitués d’ex-combattants des groupes armés déjà présents dans la région, principalement le TTP et les Taliban. Relativement variés, ils sont initialement composés de combattants pakistanais rejoints par un nombre croissant de combattants afghans à mesure de la progression dans l’est de l’Afghanistan et des ralliements de commandants Taliban. Le ralliement de groupes comme le Mouvement Islamique d’Ouzbékistan (IMU), ou le Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (ETIM) ont apporté leurs effectifs de combattants ouzbeks et ouïghours. Quelques combattants arabes issus des filières d’Al Qaïda ou de transferts depuis le Moyen-Orient ont également combattu pour l’ISKP. Outre les raisons idéologiques, les sources mentionnent la relative aisance financière des combattants de l’ISKP (leur salaire pouvant monter jusqu’à 500$US selon certaines sources), bien supérieure à celle des combattants des forces armées locales ou des Taliban [13]. Toutefois, il est difficile de savoir si ces informations reflètent la réalité ou bien démontrent l’efficacité de la propagande du groupe sur la qualité de vie de ses moudjahidin [14].

Le principal apport de l’EI central est probablement son expérience en matière de communication et de propagande. Les moyens dont dispose l’ISKP dans ce domaine sont particulièrement importants en comparaison de la taille originelle du groupe lui-même. Le groupe émet depuis plusieurs stations FM une émission régulière nommée Khilafat ghag (la voix du califat), accessible dans toute la province de Nangarhar et dans la majeure partie de la province de Kunar. Il diffuse également de façon régulière sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Telegram) des communiqués d’informations, des vidéos et des supports idéologiques (livres, tracts et affiches, tutoriels terroristes). A cela s’ajoutent les publications des organes de communication de l’EI central (Agence Amaq et publications : Dabiq, Dar-al-Islam, Konstantiniyye,…).

Conclusion

L’implantation de l’État islamique dans la zone afghano-pakistanaise semble donc relever avant tout de dynamiques locales, reconnues par opportunisme par la direction centrale de l’organisation au Moyen-Orient. La dimension symbolique de la région du Khorasan dans le discours eschatologique et millénariste de l’EI et l’opportunité de poursuivre son essor dans la zone d’activité privilégiée d’Al Qaïda ont fait de la création de la province orientale du califat une opération politique et communicationnelle très largement rentable.

Pour autant, les liens entre l’EI central et l’ISKP ne semblent pas avoir dépassé un soutien financier et logistique. Il apparait que la gestion des opérations sur le terrain et la définition de la stratégie de l’ISKP dans sa zone d’activité ont été largement laissées à la charge des commandants locaux, dont la plupart ne se sont jamais rendus au Moyen-Orient. Ce constat fait de l’ISKP une franchise à part dans les implantations de l’EI en dehors du Moyen-Orient.

Malgré des racines locales, la doctrine religieuse et politique et les modes d’action de l’ISKP ont rendu son implantation dans la région particulièrement laborieuse et impopulaire. Se posant d’emblée en opposition aux pratiques locales, le groupe s’est attiré l’hostilité d’une part importante de la population rurale par ses pratiques prédatrices et répressives.

Les recrutements de l’ISKP et son ancrage dans la population afghane reposent aujourd’hui sur deux dynamiques distinctes, faisant chacune l’objet d’une propagande ciblée. D’une part se trouvent des combattants issus principalement des régions rurales de l’Afghanistan, ancrés dans une culture et dans une pratique religieuse rigoriste - voire socialisés dans le salafisme par les madrasas et les prédicateurs, qui voient dans le djihad prêché par l’EI contre les États nations une défense de leur mode de vie. D’autre part se trouvent des jeunes citadins, qui rejettent la société urbaine afghane post-2001 et se trouvent démunis face à l’absence de perspectives économiques et à la sclérose des institutions soutenues par l’Occident. On retrouve ici le clivage rural / urbain particulièrement saillant dans la société afghane, et auquel la propagande de l’ISKP a su s’adapter.

Lire la partie 2

Publié le 10/06/2020


Gabriel Romanche est diplômé du master de Relations internationales et action à l’étranger (MRIAE) de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il est actuellement analyste au ministère de l’Intérieur, spécialisé sur la zone afghano-pakistanaise. Il a auparavant occupé un poste similaire dans un service interministériel et a servi à l’État-major de l’armée de Terre.


 


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