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Organisation de Libération de la Palestine (OLP)
Article publié le 09/03/2010

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin

Dans le contexte de la première guerre israélo-arabe et de la fin de l’entité politique de la Palestine à la suite de l’annexion de la Cisjordanie par la Jordanie le 24 avril 1950, la résistance palestinienne s’organise.
L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) est ainsi créée le 28 mai 1964, à l’initiative de la Ligue des Etats arabes, à la suite du premier Sommet arabe organisé par Nasser au Caire du 13 au 17 janvier 1964. L’OLP regroupe les mouvements de résistance palestiniens. L’avocat palestinien Ahmad al-Shuqayri, après avoir représenté l’Arabie Saoudite à l’ONU, est nommé à la tête de l’OLP.

A la suite du Sommet arabe du Caire, l’organisation se met progressivement en place. Un congrès réunissant les représentants palestiniens ainsi que des membres de la Ligue des Etats arabes se tient à Jérusalem du 28 mai au 2 juin 1964. Ce premier Congrès national palestinien (CNP), l’équivalent d’un Parlement, met en place les structures de l’OLP, avec la création du Comité exécutif de l’OLP (CEOLP), dont Ahmad al-Shuqayri est président, et l’adoption d’une Charte. Une Armée de libération de la Palestine (ALP) est également créée, le moyen d’action envisagé par l’OLP étant la lutte armée. Si le peuple palestinien est considéré depuis ce premier Congrès comme le représentant politique de la Palestine, les notions de territoire et d’Etat ne sont en revanche pas évoquées. Des bureaux de l’OLP s’installent dans les différents pays arabes, mais le roi Hussein de Jordanie se montre réticent à leur installation en Cisjordanie.

Le 1er juin 1965, le deuxième Congrès national palestinien se déroule au Caire, et le 20 mai 1966, le troisième se tient à Gaza, au cours duquel l’OLP demande aux Etats arabes de pouvoir agir librement à partir de leurs territoires. La Jordanie s’y oppose, et malgré la demande de l’OLP d’organiser un referendum auprès de la population palestinienne de Jordanie, le parlement jordanien décide de cesser toute relation avec l’OLP. En 1967, la Jordanie renoue avec le mufti de Jérusalem, Hajj Amine al-Husseini, qui est reçu en mars à Amman par le roi Hussein.

A la suite de la guerre des six jours, qui a pour conséquence l’occupation par Israël de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, la résistance s’organise, aussi bien dans ces deux territoires qu’à partir des Etats arabes voisins. Ahmad al-Shuqayri démissionne de ses fonctions de président de l’OLP. En juillet 1968, le quatrième Congrès national palestinien se réunit. Y sont intégrées les organisations de résistance palestiniennes, qui composent dorénavant l’OLP (dont le Fatah et FPLP). La Charte adoptée en 1964 est amendée, l’accent étant mis sur la lutte armée afin de libérer la Palestine et de mettre en place un Etat palestinien sur toute la Palestine historique, ce qui implique la destruction de l’Etat d’Israël. Cette orientation militaire est celle prônée par le Fatah, majoritaire au sein de l’OLP. Yasser Arafat en devient le président lors du cinquième Congrès national palestinien qui se tient du 2 au 4 février 1969. L’OLP met en place des services à la population : santé, enseignement, gestion des fonds palestiniens et dons aux familles palestiniennes. Il reconnaît également l’existence du peuple palestinien.

L’OLP s’installe à Amman, et les camps palestiniens servent au recrutement des combattants. Ces derniers mènent des attaques contre Israël, qui riposte par des représailles contre la Jordanie. Cette situation suscite des heurts entre la Jordanie et les Palestiniens, qui se poursuivent jusqu’en 1970. Début septembre 1970, alors que les troubles s’aggravent et que le FPLP détourne des avions civils européens et américains sur un aéroport jordanien, le roi Hussein, fort de l’appui américain, décide de mettre fin à la résistance palestinienne. Le 15 septembre 1970 (septembre noir), l’armée jordanienne attaque les camps palestiniens installés en Jordanie. L’initiative jordanienne provoque la contestation arabe, et Nasser organise au Caire à partir du 23 septembre un Sommet arabe auquel se rendent Yasser Arafat et le roi Hussein. Un cessez-le-feu est imposé à partir du 27 septembre, mais l’armée jordanienne poursuit les combats jusqu’en juillet 1971, brisant ainsi la résistance palestinienne, qui s’installe au Liban.

A partir de la guerre du Kippour de 1973 et à la suite du VIIème sommet arabe qui se tient à Rabat le 29 octobre 1974 et qui reconnaît l’OLP comme le représentant du peuple palestinien, l’orientation politique et diplomatique est préférée à l’action militaire. Cette reconnaissance est également le fait de l’ONU, qui demande à L’OLP d’en devenir membre observateur et qui invite Arafat en 1974. Des bureaux de l’OLP sont également installés en Europe.

La guerre du Liban, les accords de Camp David de septembre 1978 et la paix entre Israël et l’Egypte le 26 mars 1979, l’opération paix en Galilée en 1982, le départ des combattants palestiniens et l’installation de l’OLP à Tunis sont autant d’événements qui fragilisent l’OLP et qui brisent sa dynamique de résistance. L’OLP reprend sa représentativité lors de la première intifada, déclenchée en décembre 1987.
La décision le 31 juillet 1988 du roi Hussein de Jordanie de rompre les liens administratifs avec la Cisjordanie et de laisser à l’OLP le soin de s’occuper du problème palestinien est l’occasion pour l’OLP de créer un Etat palestinien le 15 novembre 1988, qui est reconnu par environ 90 Etats. Le plan de partage de l’ONU de novembre 1947 est également accepté, avec le partage de la Palestine historique en deux Etats, l’un palestinien et l’autre juif. C’est alors que la guerre du Golfe est déclenchée le 17 janvier 1991. Tandis que la majorité des Etats arabes entrent dans la coalition, l’OLP se range du côté de l’Irak (ainsi que la Libye), établissant le lien entre la prise du Koweït par l’Irak et celle de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza par Israël. Ce choix a plusieurs conséquences : la population palestinienne du Koweït est qualifiée de « traître » et doit quitter le Koweït. Elle se réfugie en Jordanie. En outre, l’OLP perd sa crédibilité diplomatique auprès des Etats-Unis et des Etats arabes, faisant qu’à la conférence de Madrid du 30 octobre 1991, les Palestiniens « de l’intérieur » sont associés à la délégation jordanienne et non l’OLP. Celle-ci revient sur le devant de la scène lors des accords d’Oslo de 1993, puis de 1995.

A la suite des accords d’Oslo, Arafat installe l’OLP dans la Bande de Gaza. Dans le même temps, l’OLP se heurte à la montée politique du Hamas, qui refuse les orientations politiques de l’OLP et privilégie la lutte armée contre Israël. La seconde intifada déclenchée en septembre 2000 fragilise à nouveau l’OLP, ainsi que la réoccupation de la Cisjordanie par l’armée israélienne de décembre 2001 à avril 2002 et l’encerclement militaire du quartier général d’Arafat en Cisjordanie. Arafat meurt à Paris le 11 novembre 2004. Mahmoud Abbas, son Premier ministre, est élu à la tête de l’OLP et de l’Autorité palestinienne.

Bibliographie :
_ Olivier CARRE et Nadine PICAUDOU, « les Palestiniens », in Encyclopédie Universalis 2009.
Frédéric ENCEL et François THUAL, Géopolitique d’Israël, Points Seuil, 2006, 486 pages.
Maurice FLORY, Bahgat KORANY, Robert MANTRAN, Michel CAMAU, Pierre AGATE, Les régimes politiques arabes, PUF, Paris, 1991, 578 pages.
Aude SIGNOLES, Le Hamas au pouvoir et après ? Milan Actu, Toulouse, 2006, 112 pages.

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