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Premier conflit israélo-arabe de 1948

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin
Publié le 09/03/2010 • modifié le 02/03/2018 • Durée de lecture : 3 minutes

Soldats sur le front libanais tirant sur les positions israéliennes. Photo datée du 24 mai 1948

AFP

Avant même le départ des Britanniques et la fin du mandat, des combats sont engagés entre les deux parties : les Palestiniens veulent empêcher le partage de la Palestine et la mise en place du plan de l’ONU et les Juifs veulent sécuriser la zone qui leur est attribuée par le plan de partage, ce qui passe par l’expulsion des populations arabes. Les Palestiniens sont encadrés par des partisans du grand mufti de Jérusalem, Hajj Amine al-Husseini et sont aidés par l’Armée de libération arabe, composée de combattants arabes. Quant aux Juifs, mieux préparés sur le plan de l’organisation militaire par leur participation à la Seconde Guerre mondiale au côté des armées britanniques, ils agissent au sein du Stern, de l’Irgoun et de la Haganah. Dans le domaine de l’armement, ils reçoivent en avril 1948 des armes tchécoslovaques. A partir de cette date, les forces sionistes déclenchent l’offensive contre les populations arabes présentes dans la partie juive, par l’application du plan Dalet qui prévoit la destruction de villages et de villes arabes : Haïfa le 22 avril 1948, Jaffa le 13 mai, destruction de villages sur la route entre Tel-Aviv et Jérusalem, notamment du village de Deir-Yassine. Les populations palestiniennes fuient devant les actions israéliennes.

Le 15 mai 1948, lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël par David Ben Gourion, afin de soutenir les Palestiniens et par crainte que l’Etat d’Israël ne menace l’équilibre régional, les armées égyptienne, syrienne, irakienne, jordanienne et libanaise déclarent la guerre à Israël. Les combats sont menés au nord par l’armée syrienne et au sud par l’armée égyptienne, qui prend la région de Gaza et le Néguev au sud. A Jérusalem, l’armée jordanienne conquiert les quartiers juifs de la vieille ville le 28 mai. Quant à l’armée irakienne, elle occupe la région de Jenine et de Naplouse. Un cessez-le-feu est néanmoins signé le 11 juin 1948 à la suite de l’arrivée du médiateur envoyé par l’ONU, le comte Folke Bernadotte. Ce moment est mis à profit par les deux camps pour reconstituer leurs forces humaines et matérielles (Israël reçoit notamment des armes soviétiques), avec un avantage certain pour Israël. Les combats reprennent le 8 juillet 1948 et sont marqués par les victoires de l’armée israélienne. Tsahal prend la Galilée et la région de Jérusalem, puis à la suite d’un nouveau cessez-le-feu signé le 18 juillet, les combats reprennent le 15 octobre. Dans le Néguev, l’armée israélienne bat l’armée égyptienne et les combats cessent le 7 janvier 1949. La légion arabe jordanienne quant à elle conserve la Cisjordanie.

A la suite des combats, des négociations sont menées à Rhodes. Elles débouchent sur la conclusion de quatre armistices : israélo-égyptien signé le 24 février 1949, israélo-libanais le 23 mars, israélo-jordanien le 3 avril et israélo-syrien le 20 juillet. Ils portent principalement sur des questions territoriales. Sur le plan territorial, Israël, en plus de la partie issue du plan de partage de l’ONU, garde les territoires acquis pendant la guerre, occupant ainsi 78% de la Palestine : Israël se compose alors de la Galilée, de la côte jusqu’à Gaza, de Jérusalem ouest et du Néguev en totalité. L’Egypte administre la bande de Gaza, quant à la Transjordanie, elle occupe Jérusalem-Est et annexe la Cisjordanie le 24 avril 1950 à la suite du vote du Parlement jordanien.

Le bilan humain de la guerre de 1948-1949 est lourd, aussi bien pour les Israéliens que pour les Arabes. 5 800 soldats sont morts et 12 000 sont blessés du côté israélien, environ 4 000 soldats sont morts du côté arabe et environ 13 000 du côté palestinien. Le lourd bilan humain se traduit également par l’exode d’environ 700 000 Palestiniens (les chiffres diffèrent en fonction des sources, allant de 530 000 à 900 000 réfugiés palestiniens), qui se réfugient dans des camps installés dans les Etats arabes voisins, au Liban, en Syrie et en Transjordanie. Ils se réfugient également dans la bande de Gaza, administrée par l’Egypte, et en Cisjordanie, annexée par la Transjordanie.

En parallèle des négociations d’armistice, une conférence se tient à Lausanne du 27 avril au 15 septembre 1949. Organisée par l’ONU, son but est de régler les problèmes nés du conflit israélo-arabe : la question du retour des réfugiés et celle des frontières. Pour les réfugiés, les Etats arabes demandent le droit à leur retour, mais Israël le refuse. Concernant les frontières, Israël ne veut pas revenir sur leur élaboration, provenant du plan de partage de l’ONU et des territoires conquis. En outre, la ville de Jérusalem reste partagée entre Israël et la Transjordanie. La conférence de Lausanne se solde par un échec.

Bibliographie
Alain GRESH et Dominique VIDAL, Palestine 47 un partage avorté, Editions Complexe, Bruxelles, 1994, 283 pages.
Henry LAURENS, La question de Palestine, Tome troisième 1947-1967, l’accomplissement des prophéties, Fayard, Paris, 2007, 823 pages.

Publié le 09/03/2010


Anne-Lucie Chaigne-Oudin est la fondatrice et la directrice de la revue en ligne Les clés du Moyen-Orient, mise en ligne en juin 2010.
Y collaborent des experts du Moyen-Orient, selon la ligne éditoriale du site : analyser les événements du Moyen-Orient en les replaçant dans leur contexte historique.
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Docteur en histoire de l’université Paris-IV Sorbonne, a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Dominique Chevallier.
Elle a publié en 2006 "La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie Liban, 1918-1939" et en 2009 "La France dans les jeux d’influences en Syrie et au Liban, 1940-1946" aux éditions L’Harmattan. Elle est également l’auteur de nombreux articles d’histoire et d’actualité, publiés sur le Site.


 


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