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Exposition photo d’Ines Gil, Mossoul libérée – portrait d’une ville meurtrie, du 23 novembre au 21 décembre 2017

Par Ines Gil
Publié le 16/11/2017 • modifié le 16/11/2017 • Durée de lecture : 3 minutes

Le 17 octobre 2016, la bataille de Mossoul est lancée pour libérer la ville de l’Etat islamique, présent depuis juin 2014. Durant 9 mois, les combats s’avèrent d’une violence inouïe, et font de cette guerre l’une des plus grande bataille urbaine de l’histoire contemporaine. L’offensive mobilise une multitude d’acteurs, et des moyens colossaux. Mais la reprise de la ville est laborieuse, et se fait au prix de nombreuses vies humaines, tant la résistance de l’EI est féroce. Les civils sont les premières victimes de la violence déployée sur le terrain. Près d’un million d’entre eux fuient dans les camps de déplacés et plusieurs dizaines de milliers de morts sont à déplorer.

Le 19 juillet dernier, le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi proclame la reprise totale de Mossoul. Cette date sonne comme une victoire, mais la bataille de Mossoul a marqué la ville et ses habitants d’un goût amer durable. Dans partie Ouest de la ville, où je me suis rendue en août dernier, les maisons détruites et l’absence d’infrastructures empêchent un retour de la population. Cible des bombardements, terrain d’explosion de voitures piégées et d’innombrables mines, la vieille ville n’existe plus, devenue un champ de ruines noyé sous la poussière. Encore aujourd’hui, les amas de bétons recouvrent une multitude de corps sans vie de civils qui n’ont pas pu fuir à temps. La destruction, les morts, les blessés et les exilés resteront comme une douleur indélébile à Mossoul.

Au lendemain de la bataille, la reconstruction et la sécurisation se font attendre et impactent la vie de milliers de Mossouliotes qui aspirent à rentrer chez eux. Certes, l’EI a été totalement éradiqué, mais les mines dorment encore sous la terre de Mossoul Ouest, prêtes à se réveiller. Après trois ans sous l’Etat islamique et une guerre rythmée par des exactions de chaque côté, les tensions et la rancœur se sont inscrites dans les murs éventrés de la ville. Le retour de la vie à Mossoul Ouest se fait lentement. Dans ces rues, j’ai croisé diverses histoires. De cette femme plongée dans la misère par la guerre, de ces enfants courant innocemment dans la vieille ville au risque de rencontrer une mine. De ces policiers, venus d’ailleurs, qui tentent de se faire accepter par une population qui se méfie d’eux. De ces hommes, qui reconstruisent de leurs propres mains ce qui reste de leurs foyers. Du jeune Salah, sourire aux lèvres mais regard triste, qui semble avoir traversé les années Daesh, la guerre, l’exil et le retour, sans jamais se plaindre et avec pour simple objectif de faire vivre son restaurant. Mais aussi de ces voisins, qui autrefois buvaient le café ensemble, mais s’accusent aujourd’hui d’avoir travaillé pour l’Etat islamique.

Malgré la fin de la bataille, et même si la vie tente de s’imposer et de rebâtir sur les décombres, les violences ont durement marqué Mossoul et ses habitants. Les tensions à l’œuvre dans la ville ont été plantées il y a déjà plusieurs années. Bien avant l’arrivée de l’Etat islamique, l’agitation et la révolte ont peu à peu germé, arrosées par les flots d’injustice. Arrivée l’été, elle a été étouffée par le retour de l’Etat irakien. Mais tel un éternel cycle saisonnier, la violence germera de nouveau. Pour Arthur Quesnay, chercheur spécialisé sur la région irako-syrienne, « l’insurrection va se reformer à Mossoul, ce n’est qu’une question de temps ».

C’est ce que j’ai voulu montrer à travers ces photographies.

Lieu de l’exposition :
Cassiopée café,
21 rue Custine,
Paris 18

Lire également sur Les clés du Moyen-Orient :
- Reportage photo d’Ines Gil – Dans Mossoul libérée
- Reportage photo d’Ines Gil – Mossoul au lendemain de la guerre : de nouvelles batailles

Publié le 16/11/2017


Ines Gil est Journaliste freelance basée à Beyrouth, Liban.
Elle a auparavant travaillé comme Journaliste pendant deux ans en Israël et dans les territoires palestiniens.
Diplômée d’un Master 2 Journalisme et enjeux internationaux, à Sciences Po Aix et à l’EJCAM, elle a effectué 6 mois de stage à LCI.
Auparavant, elle a travaillé en Irak comme Journaliste et a réalisé un Master en Relations Internationales à l’Université Saint-Joseph (Beyrouth, Liban). 
Elle a également réalisé un stage auprès d’Amnesty International, à Tel Aviv, durant 6 mois et a été Déléguée adjointe Moyen-Orient et Afrique du Nord à l’Institut Open Diplomacy de 2015 à 2016.


 


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