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Eté 1942 : le général de Gaulle en Syrie et au Liban dans le contexte des difficiles relations avec les Britanniques (1/2)
Article publié le 14/04/2016

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin

La défaite française de mai 1940, l’absence de confiance dans les intentions du maréchal Pétain, le manque de légitimité du général de Gaulle sur la scène internationale, la pression exercée par les nationalistes syriens et libanais plus que jamais désireux d’obtenir l’indépendance, sont autant d’éléments favorables à la politique de la Grande-Bretagne au Levant pendant la Deuxième Guerre mondiale.
L’année 1942 est ainsi marquée par la poursuite des relations difficiles avec la Grande-Bretagne. Cette animosité ne fait que se renforcer à l’arrivée du général Spears, ami personnel de Churchill, et pourtant francophile convaincu, qui s’ingère dans les domaines normalement du ressort de la France, notamment dans la politique intérieure du Levant. De Gaulle cherche alors à apparaître comme l’homme fort du moment, et à faire respecter la primauté de la France libre au Levant. Ses fréquentes interventions auprès de la diplomatie britannique, en particulier sa rencontre avec Richard Casey, ministre résident au Caire pour le Moyen-Orient, à l’été 1942, et son voyage de cinq semaines (11 août au 8 septembre) au Levant, en sont les illustrations.

« Une rivalité franco-britannique perpétuelle et affichée » (1)

Présent au Levant depuis août 1941 en tant que chef du bureau de liaison entre le général britannique Wilson (commandant en chef des armées britanniques) et le général français Catroux (délégué permanent et plénipotentiaire du chef des Français libres dans les Etats du Levant), Spears est nommé le 1er janvier 1942 ministre plénipotentiaire de Grande-Bretagne en Syrie. Elevé dans la culture et les traditions françaises, Spears paraît être à même d’apporter son aide au mouvement naissant de la France libre. Selon Catroux, Spears dit en effet admirer « l’homme du 18 juin, embrasse chaleureusement sa cause et favorise ses débuts à Londres » (2). Ce témoignage de Catroux est confirmé par Spears lui-même : « Je nourris pour de Gaulle un respect et une admiration que les événements ultérieurs n’ont en aucune manière atténués. Sans lui, le mouvement des Français Libres n’aurait jamais existé et même si j’ai eu des divergences profondes avec lui, je suis convaincu que la France libre lui doit son salut (3) ». Les lettres de créances accréditant Spears auprès des gouvernements syrien et libanais sont paraphées le 11 février. Cependant, de Gaulle réagit vivement à cette nomination, et s’en ouvre ainsi à Catroux : « vous savez sans doute que le général Spears a été nommé par son gouvernement, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire auprès des gouvernements syrien et libanais. Nous nous attendions à cela qui est dû aux relations personnelles et anciennes entre Churchill et Spears. […] Naturellement, cette nomination a été faite sans que notre agrément fût demandé. Veuillez me faire connaître si les gouvernements syrien et libanais ont été consultés. Il y a un procédé que nous n’oublierons pas, et je crois que vous saurez le marquer à Spears (4) ». Catroux se plaint rapidement pour sa part que les fonctions de Spears dépassent celles du représentant diplomatique traditionnel dans la mesure où il gère toutes les affaires touchant la France libre dans la zone. Mais Spears estime qu’il remplit là le rôle « du chef de toute mission diplomatique ». Selon Catroux, Spears cherche en réalité à se substituer au rôle de la France, en conseillant les autorités militaires britanniques du Levant (5). Les relations entre Spears et la France libre se dégradent visiblement à partir de l’été 1942, le représentant britannique prenant position sur des questions relevant de la seule décision française. Elles deviennent même critiques entre Spears et Catroux en juillet, en raison de différents sur les questions de politiques intérieures libanaise, Spears regrettant de ne pas avoir été consulté sur un changement d’équipe ministérielle au Liban. Catroux décide alors de cesser toute relation avec Spears. Le Foreign Office met alors en garde Spears contre une rupture diplomatique, expliquant que les autorités militaires britanniques ne pourraient courir le risque d’une telle rupture. Sir Maurice Peterson¸ sous-secrétaire d’Etat chargé des affaires d’Orient au Foreign Office estime que « Spears a produit une situation de désaccord total en Syrie et au Liban. Il est en bisbille avec les gouvernements locaux, les Français Libres et avec la 9ème armée. Les Américains le considèrent comme un désastre (6) ». L’incident prend fin lorsque Spears lui donne l’assurance par lettre qu’il ne cherchait pas à le menacer ni à l’intimider, ni à détruire l’influence française au Levant (7).

L’intervention de de Gaulle auprès de la diplomatie britannique

Devant la complexité de la situation, de Gaulle entreprend de se rendre au Proche-Orient. Il arrive le 7 août au Caire, rencontre le 8 août le ministre résident au Caire pour le Moyen-Orient, Richard Casey, qui ne manque pas d’évoquer les élections (qui se dérouleront en 1943). De Gaulle lui rétorque que « c’est l’affaire des Français et que dans le présent, les Britanniques devraient vaquer à un soin plus pressant, celui de battre Rommel (8) ».
En même temps qu’il visite le Levant (il arrive à Beyrouth le 11 août), de Gaulle tente de faire entendre son point de vue. Dès le début de son séjour au Levant, de Gaulle juge très négatives les relations franco-britanniques et constate que les accords Lyttelton-de Gaulle subissent des atteintes. De Gaulle évoque les interventions constantes des représentants du gouvernement britannique dans la politique intérieure et dans l’administration du Levant, et même entre les gouvernements syrien et libanais et les représentants de la France mandataire. Pour lui, la politique britannique fait par ailleurs penser aux populations locales et dans tout l’Orient arabe « que des graves divergences compromettent ici la bonne entente entre la Grande-Bretagne et la France combattante, cependant alliées » (9). Pour faire pression sur les Britanniques, de Gaulle fait également part de son analyse au secrétaire d’Etat américain Cordell Hull. Ce dernier relate la détermination de de Gaulle à ce qu’il soit mis fin aux ingérences britanniques et estime inévitable la fin de la coopération franco-britannique si les Britanniques n’acceptent pas de remplacer Spears (10). Cordell Hull ne prend parti ni pour la France ni pour la Grande-Bretagne et ne fait que retranscrire la plainte de de Gaulle.
Fin août, Churchill dit ne pouvoir accepter les observations de de Gaulle sur le comportement du personnel britannique et rappelle que le Levant est un territoire « vital » dans le théâtre de la guerre, sous-entendant que les problèmes dont se plaint de Gaulle sont secondaires par rapport à la gravité du contexte mondial (11). Ce à quoi de Gaulle rétorque qu’il ne peut accepter les « interférences politiques » des Britanniques au Levant, qui sont contraires aux accords Lyttelton-de Gaulle (12).
Début septembre, de Gaulle continue de se montrer très inquiet pour l’avenir des relations franco-britanniques en au Moyen-Orient. Il estime que l’objectif des Britanniques est de réaliser au Levant un « condominium », qui deviendrait pas la suite un territoire de domination britannique et que, pour ce faire, les Britanniques font pression sur la France pour qu’elle honore la garantie d’indépendance qu’elle a donnée à la Syrie et au Liban le 8 juin 1941. Toujours selon de Gaulle, parallèlement, les Britanniques interviennent dans les relations entre les représentants locaux français et les administrations syriennes et libanaises, font pression sur les actes des gouvernements locaux, et cherchent à se constituer une clientèle d’hommes politiques, de fonctionnaires, de chef religieux et de notables. Cette clientèle britannique s’oppose à la France, d’autant plus que les manœuvres de la Grande-Bretagne renforcent l’impression que la France n’a plus sa place en au Moyen-Orient. En dehors de la région, de Gaulle estime que cette propagande s’efforce de faire croire que la France est détestée par les Arabes, et qu’elle se maintient au Levant uniquement grâce au concours des Britanniques. Au total, pour de Gaulle, « l’atmosphère au Levant n’est pas du tout celle de l’alliance de deux pays qui luttent à la vie et à la mort pour la même cause, mais simplement celle d’une rivalité franco-britannique perpétuelle et affichée ». De Gaulle estime que cette politique anti-française paraît affichée aussi bien par Spears que par son gouvernement. Par conséquent, de Gaulle ne voit pas la nécessité de poursuivre davantage la coopération avec eux (13). En réponse, Sir Maurice Peterson¸ sous-secrétaire d’Etat chargé des affaires d’Orient au Foreign Office déclare, au nom d’Eden, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, que le gouvernement britannique n’a pas l’intention d’établir un « condominium » au Levant, ni d’évincer la France. Le gouvernement britannique se préoccupe avant tout de la sécurité militaire, mais il est aussi désireux de voir la réalisation des promesses d’indépendance auxquelles il s’est associé. Le Foreign Office tient pour certain que les pays arabes considèrent dans leur ensemble que la Grande-Bretagne dispose des plus grandes forces militaires, et à ce titre, elle est tenue pour responsable de ce qui se passe dans cette région (14).

La personnalité de Spears est également évoquée, tant sa responsabilité paraît évidente dans les difficultés franco-britanniques. Il semble que le gouvernement britannique soit étranger à la politique suivie par Spears, comme le souligne notamment Peterson : « sir Edward Spears a produit une situation de désaccord total en Syrie et au Liban. Il est en bisbille avec les gouvernements locaux, avec les Français Libres. […] Les Américains le considèrent comme un désastre. […] Le département ne sait pas au juste quelle cause Spears représente.[…] Sa sollicitude est basée, soit sur un égoïsme, soit sur sa tendance à vouloir construire des empires quelques 200 ans trop tard. Depuis, une source américaine révèle que l’objectif réel de Spears était de doubler le système administratif français et de précipiter la France hors de la Syrie » (15). L’on ne peut que noter la différence de perception du personnage de Spears au sein de l’équipe gouvernementale britannique. Il est en effet soutenu par Churchill qui parle de lui comme « de son ami » (16), et paraît être désavoué par le Foreign Office. Quant à l’armée britannique, elle est également en conflit avec le général Spears dont la politique est considérée comme inadmissible si l’on en croit le colonel Peter Wilson, officier de liaison de la Neuvième armée, et envoyé du général Holmes, commandant de la IX ème armée britannique. Holmes cherche ainsi à obtenir le départ de Spears du Levant, et il a constitué dans ce but un dossier contre lui. Il cherche à prouver que Français et Britanniques ne sont pas devenus des ennemis, et que le jour où le général Spears sera rappelé, « tous les Britanniques au Levant lanceront leur béret en l’air en signe de joie ». Le colonel Wilson déclare : « nous ne voulons pas reconnaître Spears ni aucun des membres de sa mission. Ces hommes ont été pris en dehors de l’armée qui n’en voulait pas ». Quant au général Holmes, il déclare que la majorité des Arabes de l’Est syrien pense ouvertement que les Britanniques mènent une politique d’emprise commerciale et politique sur les Etats du Levant. La duplicité anglaise apparaît avec évidence, car « ce qu’ils exigent d’autres, ils ne l’on pas fait eux-mêmes aux Indes, en Palestine ». Holmes reconnaît également, comme l’a évoqué le colonel Wilson, être en conflit ouvert avec Spears, dont il désapprouve la politique. Il n’approuve pas non plus la politique du Foreign Office avec lequel l’armée n’a jamais pu entretenir de bonnes relations. Le général Holmes estime qu’il n’y a qu’une solution pour régler le conflit anglo-gaulliste : le départ de Spears (17). Les conclusions de ces rapports sont à utiliser avec prudence. Même si le départ de Spears a été évoqué et désiré de nombreuses fois, ce n’est qu’en 1944 qu’il est rappelé en Angleterre. Ce rappel confirme d’ailleurs les impressions du général Holmes, selon lesquelles le Foreign Office détient le pouvoir de décision et non l’armée.

Dans un mémorandum du 7 septembre à Casey, remis par l’ambassadeur Helleu, ancien ambassadeur de France à Ankara qui a rejoint la France libre à l’été, de Gaulle indique que la France a fait des concessions aux Britanniques et regrette que celles-ci n’aient été « qu’un prétexte ou un encouragement à empiétements nouveaux aussi bien sur nos droits que sur ceux des Etats du Levant ». Pour lui, les Britanniques utilisent deux arguments : celui de l’indépendance du Levant pour s’opposer à Catroux lorsque celui-ci veut faire usage des pouvoirs politiques et administratifs de la puissance mandataire ; celui de la nécessité militaire pour effectuer des interventions empiétant sur le domaine réservé à la France, et notamment sur celui des exportations des ressources locales. C’est ainsi que de Gaulle écrit : « Je vous le déclare sans ambiguïté que le gouvernement britannique et les autorités britanniques ne sont aucunement fondés quand ils emploient contre nous l’un ou l’autre de ces arguments ». De Gaulle réaffirme également les droits de la France qui a promulgué l’indépendance des Etats du Levant, et qui était la seule à pouvoir le faire et que, faisant référence à la déclaration britannique du 8 juillet 1941, « sa parole n’a pas besoin de garantie, sa promesse n’a pas besoin de contrôle ». De Gaulle conclut ainsi : « nous ne pouvons pas admettre d’ingérence quant à notre droit de prendre et d’appliquer au Levant les décisions estimées par nous conformes aux intérêts de la Syrie et du Liban comme aux intérêts de la France. Nous connaissons et apprécions tout autant que quiconque les nécessités de la guerre » (18).

Mais dans le même temps, Eden, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, assurant la France libre de toute sa sympathie, évoque le souci constant d’établir des relations aussi confiantes que possible entre le Comité national et le gouvernement britannique. Mais il considère que de Gaulle n’est pas ouvert aux propositions britanniques, car elles lui semblent suspectes. Rapportant que de Gaulle est convaincu que la Grande-Bretagne a pour dessein d’évincer la France de Syrie, Eden se défend d’avoir exprimé de telles pensées. Eden précise néanmoins que l’attitude du général met en danger les relations entre le gouvernement britannique et le Comité. La raison principale en est que de Gaulle a mêlé les Américains aux affaires du Levant. Il souhaite également ardemment que le général rentre à Londres, au lieu de poursuivre son voyage au Levant (19). Concernant les Etats-Unis, l’on peut dès à présent retenir que le gouvernement britannique ne souhaite pas que le contentieux franco-britannique au Levant soit connu et arbitré par une tierce puissance.

Dans le même temps que de Gaulle tente d’affirmer la présence de la France au Levant par la voie diplomatique, il effectue un périple au Levant, considéré par lui comme le seul moyen de contrer les actions britannique : si la population plébiscite la France, les Britanniques seront bien obligés de reconnaître sa prééminence au Levant.

Lire la partie 2 : Eté 1942 : le général de Gaulle en Syrie et au Liban dans le contexte des difficiles relations avec les Britanniques

Notes :
(1) MAE, PAAP-288, Dejean, vol. 31, fol. 288, de Gaulle, le 2 septembre 1942. Dejean est commissaire national aux Affaires étrangères.
(2) G. CATROUX, Dans la bataille de la Méditerranée, Paris, Juillard, 1949, 443 p., p. 191.
(3) E. SPEARS, Deux hommes qui sauvèrent la France, p. 145.
(4) Nantes, Beyrouth, cart. 769, de Gaulle à Catroux, le 12 février 1942.
(5) Idem, Spears à Catroux, le 8 avril 1942.
(6) S. MARDAM BEY, La Syrie et la France, bilan d’une équivoque, Paris, L’Harmattan, 1994, 252 p., p. 82.
(7) G. CATROUX, op. cit., p. 280.
(8) G. CATROUX, op. cit., p. 281.
(9) MAE, PAAP-288, Dejean, vol. 31, fol. 274-275, de Gaulle à Pleven, Beyrouth, le 14 août 1942. Cité également dans J. C. HUREWITZ, The Middle East and North Africa in World Politics, p. 599-600.
(10) MAE, Guerre 1939-1945, Londres-CNF, vol. 45, Cordell Hull à l’ambassade des Etats-Unis à Londres, le 21 août 1942.
(11) J.C. HUREWITZ, The Middle East and North Africa in World Politics, op. cit., p. 603-604, Churchill à de Gaulle, le 23 août 1942.
(12) J.C. HUREWITZ, The Middle East and North Africa in World Politics, op. cit, p. 604, Télégramme de de Gaulle à Churchill, Beyrouth, le 24 août 1942.
(13) MAE, PAAP-288, Dejean, vol. 31, fol. 288-289, de Gaulle à Pleven et Dejean, Beyrouth, le 2 septembre 1942.
(14) MAE, PAAP-288, Dejean, vol. 31, fol. 296-298, Dejean à de Gaulle, le 3 septembre 1942.
(15) S. MARDAM BEY, op. cit., p. 82-83.
(16) G. CATROUX, op. cit., p. 282. Ceci est également relaté dans l’ouvrage de Spears, Fulfilment of a Mission, dans lequel il dit qu’en juin 1942, lors d’un entretien entre Churchill et Catroux, le Britannique déclare en parlant de Spears « Spears est mon ami, oui c’est mon ami », p. 212.
(17) Nantes, Beyrouth, cart. 769, Note d’information sur l’opinion de la IXème armée, novembre 1942.
(18) MAE, Guerre 1939-1945, Londres-CNF, vol. 43, fol. 67-68, de Gaulle à Casey, le 7 septembre 1942.
(19) MAE, Guerre 1939-1945, Londres-CNF, vol. 43, fol. 70-72, Eden à Pleven et Dejean, Londres, le 8 septembre 1942, et L. WOODWARD, British Foreign Policy in the Second World War, Londres, Her Majesty’s Stationery Office, 1962, p. 120-121.

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