Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Politique

  • L’enlisement du conflit libyen et le rôle croissant de la Turquie (1/2) - 09/08/19

    Le terme de « Printemps arabe » qui aura marqué cette décennie est apparu dans les médias en 2011 (1) à propos de la révolte du peuple libyen contre son « guide » Mouammar Kadhafi. Huit ans après la mort de celui-ci, sous les bombardements des avions français et britanniques, le calme n’est toujours pas revenu en Libye. Le conflit n’a jamais semblé aussi fort après des années de chaos où l’ensemble du pays a été occupé par des tribus et des milices antagonistes (2), chacune soutenue par des puissances étrangères aux objectifs différents (3). Une véritable « guerre par procuration » qui n’est pas sans rappeler les conflits syriens et yéménites eux aussi nés des Printemps arabes, mais aussi libanais bien des années auparavant (4). Puisque, si depuis la mort de l’ancien colonel dirigeant le pays, les acteurs internationaux essaient tour à tour de soutenir un hypothétique projet commun à même de ramener de la stabilité au sommet de cet Etat failli, il se trouve qu’à l’heure actuelle deux camps opposés s’affrontent sur le terrain pour incarner cette légitimité autant populaire qu’internationale (5).

  • Entretien avec Thomas Pierret : « Sans l’Iran, le régime syrien n’arrive pas à faire la différence à Idlib » - 25/07/19

    A Idlib, dernière province qui échappe encore à son contrôle, le régime syrien peine à avancer sans son allié iranien. Pour Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie, chargé de recherche au CNRS (Paris) et à l’Iremam (Aix-en-Provence), « le nombre d’hommes loyaux, déterminés et bien entraînés que le régime est capable d’aligner n’est pas si impressionnant ». Décryptage d’une offensive qui s’enlise.

  • La destruction par le feu des exploitations agricoles en Syrie et en Irak - 18/07/19

    Depuis le mois de mai 2019, les incendies d’exploitations agricoles se multiplient en Syrie et en Irak, en particulier dans la région insurgée d’Idlib, au Rojava (1) et au Kurdistan irakien ; plusieurs dizaines de personnes ont par ailleurs péri en tentant de les éteindre. Si ces feux sont courants l’été en raison des très fortes chaleurs régnant au Levant durant cette période (2) et du climat très sec, leur intensité toute particulière cette année ainsi que leurs localisations interrogent.

    En effet, parmi les acteurs régionaux, les accusations fusent : les Kurdes accusent l’Etat islamique, qui a revendiqué certains de ces incendies, mais également le régime syrien. Ce dernier mène en effet une politique de terre brûlée dans la poche d’Idlib, où les champs et silos à grains sont délibérément ciblés par des frappes terrestres et aériennes ; les services de renseignement turcs sont également pointés du doigt, tandis que le régime syrien accuse quant à lui les Kurdes d’être les véritables pyromanes.

  • Entretien avec Samy Cohen sur les nouvelles élections israéliennes : « Si sa baisse de popularité se confirme (…) Benyamin Netanyahou pourrait avoir fait une élection pour rien » - 15/07/19

    Le 29 mai 2019, vers minuit, les députés israéliens ont voté la dissolution de la Knesset par 74 voix contre 45, après l’échec de Benyamin Netanyahou à former un gouvernement. C’est la première fois dans l’histoire d’Israël que le Parlement est dissout quelques semaines seulement après les élections, parce que le député désigné par le Président pour former une coalition n’est pas parvenu à mettre en place un gouvernement.

    Pourtant, tout semblait être joué à l’issue des élections parlementaires, deux mois plus tôt. Le 9 avril, le parti de Benjamin Netanyahou (Likoud) remporte 35 sièges à égalité avec le parti Bleu-blanc de Benny Gantz, son principal adversaire. Cependant, Benyamin Netanyahou est le mieux placé pour former une majorité pour gouverner. Il espère constituer une coalition gouvernementale avec les deux partis ultra-orthodoxes (Shas et Judaïsme unifiée de la Torah), le parti centriste Koulanou, et les petits partis d’extrême-droite, qui représentent ensemble 65 sièges. Il faut au moins réunir 61 sièges sur 120 pour former un gouvernement dans le système parlementaire israélien.
    Dès le 9 avril, Benyamin Netanyahou engage des discussions avec ses partenaires naturels, et le 17 avril, le président Reuven Rivlin le charge de former un gouvernement. Cependant, au fil des négociations, des dissensions émergent entre Avigdor Lieberman, le leader du parti nationaliste laïque Israel Beytenou, et les partis ultra-orthodoxes, concernant l’exemption de service militaire dont bénéficient les juifs ultra-orthodoxes. Le leader nationaliste demande à B. Netanyahou de voter une loi remettant en cause leur exemption systématique, en échange de quoi il participerait à son gouvernement. Il profite notamment de la position de faiblesse du Premier ministre, soumis à une triple procédure d’inculpation dans des affaires de corruption. Les discussions patinent et le 13 mai, le Président Reuven Rivlin accorde un nouveau délai d’une quinzaine de jours à Benyamin Netanyahou pour former un gouvernement. Finalement, Benyamin Netanyahou et Avigdor Lieberman ne trouvent pas d’accord, et dans la nuit du 29 mai, dans une ambiance électrique, les députés votent la dissolution de la Knesset, menant Israël vers de nouvelles élections.

    Entretien avec Samy Cohen, politiste, directeur de recherche émérite au CERI (Centre de recherches internationales de Sciences Po) et auteur notamment de “Israël et ses colombes. Enquête sur le camp de la paix”, Gallimard, 2016.

  • Le PKK, un mouvement résolument transfrontalier. Partie 1 : l’Irak, une base arrière majeure pour le PKK - 04/07/19

    Un prisonnier surveillé 24h/24 par 165 caméras de vidéosurveillance, gardé par un millier de soldats, eux-mêmes encadrés par 250 officiers sur une île déclarée zone militaire, et à la surveillance duquel l’Etat turc consacre plus de 20 000 euros par jour : Abdullah Öcalan, surnommé « Apo » par ses fidèles, est en effet le prisonnier le plus surveillé de Turquie, en raison de son rôle de fondateur et dirigeant pendant plus de vingt ans du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK - Partiya Karkerên Kurdistan).

    Le PKK est un groupe armé kurde initialement marxiste-léniniste qui, à sa création en 1978, s’était fixé comme but d’obtenir l’indépendance des territoires turcs peuplés à majorité de Kurdes. Depuis, ses objectifs et son architecture idéologique ont évolué, mais les actions armées contre les forces de sécurité turques, initiées officiellement le 15 août 1984, ont persisté de façon quasi-ininterrompue (1), provoquant la mort d’approximativement 50 000 personnes en l’espace de 35 ans.

  • Crise dans le golfe Persique : le face-à-face irano-américain - 24/06/19

    Depuis la mi-mai 2019, les incidents sécuritaires se multiplient dans le golfe Persique et la tension monte, non plus seulement verbalement mais militairement : le 20 juin, le Président américain Donald Trump a donné l’ordre à l’armée américaine d’exécuter une série de frappes contre des cibles iraniennes, avant de finalement se raviser. Au vu de la richesse et de l’intensification de l’actualité dans le très stratégique golfe Persique, cet article a pour but d’éclairer la situation actuelle, les raisons y ayant menées et les suites et conséquences potentielles à cette crise.

  • Entretien avec Stéphane Lacroix – Quelle actualité en Egypte aujourd’hui ? (2/2) - 18/06/19

    Stéphane Lacroix est associate professor à Sciences Po, et chercheur au Centre de Recherches Internationales (CERI) de Sciences Po. Il est l’auteur, notamment, de "Les islamistes saoudiens : une insurrection manquée" (Presses Universitaires de France, 2010) ; "L’Egypte en révolutions" (avec Bernard Rougier, Presses Universitaires de France, 2015) et "Revisiting the Arab Uprisings" (avec Jean-Pierre Filiu, Hurst/Oxford University Press, 2018).

  • Entretien avec Alice Franck : « Au Soudan, le Conseil militaire n’a jamais voulu transférer le pouvoir aux civils » - 17/06/19

    Depuis la destitution d’Omar el-Béchir, le 11 avril, les manifestants soudanais ont maintenu un sit-in installé devant le QG de l’armée de manière à faire pression sur le Conseil militaire de transition, dirigé par Abdel Fattah Abdelrahman Bourhane, et s’assurer du transfert du pouvoir aux civils. Mais près de deux mois plus tard, les négociations pacifiques ont pris une tournure sanglante. Le 3 juin, les dirigeants militaires ont réprimé violemment les manifestants. La contestation dénonce un « massacre » et le comité de médecins soudanais affirme que plus de 100 personnes ont été tuées et plus de 500 autres ont été blessées dans la répression du sit-in de Khartoum. La situation reste toutefois floue au Soudan, l’internet mobile ayant été coupé dans le pays.
    Analyse de cette volte-face par Alice Franck, maîtresse de conférences en géographie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (UMR PRODIG), spécialiste du Soudan.

  • Les Kurdes, d’un statut de peuple marginalisé à celui d’acteurs stratégiques incontournables. Un peuple stratégiquement incontournable (2/2) - 13/06/19

    Au fil des années, avec notamment la consolidation de la région autonome du Kurdistan irakien (RAK) créée en 2005 et la guerre contre l’Etat islamique à partir de 2013, les Kurdes se sont imposés comme des acteurs géopolitiques incontournables pour les autres parties impliqués sur le théâtre levantin. Les victoires décisives des forces kurdes soutenues par la Coalition internationale en Irak mais surtout en Syrie en sont clairement à l’origine ; aujourd’hui, l’emprise territoriale des Kurdes au Moyen-Orient est incontestable, comme le montre la carte ci-contre.

    Toutefois, d’autres acteurs kurdes, insurrectionnels cette fois, se sont imposés comme des acteurs de premier plan au Moyen-Orient ; le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) en est certainement l’exemple le plus éloquent et le plus incontestable, et cela tant en Syrie, en Irak, en Turquie et en Iran, dans une moindre mesure toutefois : le régime des Mollah doit faire face à un mouvement d’opposition grandissant, le Parti démocratique kurde iranien (PDKI), dont les forces militaires multiplient les escarmouches à la frontière irako-iranienne avec les Pasdarans, tandis que son état-major politique noue des liens politiques croissant au Moyen-Orient et au sein des chancelleries occidentales.

  • Entretien avec Stéphane Lacroix – Quelle actualité en Egypte aujourd’hui ? (1/2) - 12/06/19

    Stéphane Lacroix est associate professor à Sciences Po, et chercheur au Centre de Recherches Internationales (CERI) de Sciences Po. Il est l’auteur, notamment, de "Les islamistes saoudiens : une insurrection manquée" (Presses Universitaires de France, 2010) ; "L’Egypte en révolutions" (avec Bernard Rougier, Presses Universitaires de France, 2015) et "Revisiting the Arab Uprisings" (avec Jean-Pierre Filiu, Hurst/Oxford University Press, 2018)

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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