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Opération Paix en Galilée
Article publié le 09/03/2010

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin

En pleine guerre civile libanaise, l’opération militaire israélienne appelée Paix en Galilée est lancée dans le but d’éliminer la résistance palestinienne du Liban (l’OLP est installée à Beyrouth), de contraindre la Syrie à quitter le Liban et de favoriser la victoire des Forces libanaises et l’accès à la présidence de la République de leur chef, Bachir Gémayel.

Cette intervention n’est pas la première, et fait suite à d’autres interventions israéliennes, notamment celle de mars 1978 au Sud Liban contre la résistance palestinienne du Fatah. Elle s’inscrit également dans le contexte de la paix avec l’Egypte de mars 1979 et du redéploiement de l’armée israélienne du Sinaï égyptien, fermant ainsi le front sud.

L’assassinat à Londres de l’ambassadeur israélien Schlomo Argov par le groupe Abou Nidal le 3 juin 1982 est le facteur déclenchant de l’opération israélienne. Le 6 juin, l’armée israélienne riposte par le bombardement des bases palestiniennes au Sud Liban et à Beyrouth. Le même jour, les opérations terrestres commencent. 100 000 soldats israéliens entrent au Sud Liban et suivent trois axes : le long du littoral où il combattent les Palestiniens, dans le centre où ils s’attaquent aux Palestiniens et aux Syriens et dans la Bekaa où l’armée israélienne débutent les opérations le 9 juin contre l’armée syrienne. Celle-ci ne peut résister à l’armée israélienne, en raison de sa supériorité en nombre et en matériel. Subissant de lourdes pertes, l’armée syrienne se retire brutalement de toutes les positions jusque là occupées.

Le 11 juin, la médiation américaine de Philippe Habib permet qu’un cessez-le-feu soit signé. Mais cet effort diplomatique ne signifie pas pour autant la fin de l’avancée israélienne. L’armée israélienne atteint Beyrouth le 14 juin où elle rejoint les troupes des Forces libanaises. Ces dernières reçoivent l’ordre de ne pas combattre et d’apporter uniquement une aide logistique aux Forces de défense israéliennes, alors qu’Israël comptait sur elle pour reprendre Beyrouth Ouest (partie musulmane). Bachir Gemayel ne souhaite en effet pas impliquer directement ses hommes auprès des Israéliens, afin de préserver son image pour l’avenir auprès des communautés musulmanes hostiles à Israël. L’armée israélienne décide alors de poursuivre seule son offensive. A partir du 3 juillet et pendant deux mois et demi, elle bombarde Beyrouth Ouest où sont repliés les combattants palestiniens et le commandement de l’OLP. Le 1er août, l’armée israélienne s’empare de l’aéroport de Beyrouth. La médiation américaine se poursuit et obtient l’évacuation de l’OLP et de ses combattants (15 000 hommes) à partir du 21 août sous la protection d’une Force multinationale composée de 2500 soldats français, américains et italiens et la promesse israélienne de ne pas entrer dans Beyrouth Ouest. Une fois sa tâche accomplie, la Force multinationale quitte le Liban le 13 septembre. Sur le plan politique, le président nouvellement élu Bachir Gemayel le 23 août est assassiné le 14 septembre. L’armée libanaise décide de laisser entrer dans Beyrouth Ouest l’armée israélienne, en désaccord avec leur promesse faite aux Américains. Pendant deux jours, du 16 au 18 septembre, les milices chrétiennes massacrent les réfugiés palestiniens des camps de Sabra et Chatila, sous le regard de l’armée israélienne. La Force multinationale revient alors à Beyrouth afin de surveiller le départ de l’armée israélienne, qui se termine le 26 septembre.

Bibliographie
Elie BARNAVI, Une histoire moderne d’Israël, Flammarion, Paris, 1991, 335 pages.
Georges CORM, Le Proche-Orient éclaté 1956-2007, Gallimard, 2007, 1128 pages.
Nadine PICAUDOU, La déchirure libanaise, Editions complexe, Bruxelles, 1992, 274 pages.

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