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Entretien avec David Rigoulet-Roze - Historique des relations entre l’Arabie saoudite et le Qatar

Par David Rigoulet-Roze
Publié le 20/03/2013 • modifié le 21/07/2020 • Durée de lecture : 24 minutes

David Rigoulet-Roze

Y a-t-il des conflits territoriaux et frontaliers entre l’Arabie saoudite et le Qatar ? Quelle est leur origine historique ? Quelle en a été l’évolution ? Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il y a eu effectivement des conflits territoriaux entre les deux pétro-monarchies du Golfe, le dernier en date s’étant produit le 30 septembre 1992 à Al-Khofous, situé au sud de la péninsule du Qatar, en occasionnant plusieurs morts. Leur origine historique est d’ailleurs relativement récente dans la mesure où ils renvoyaient à des problèmes de délimitation frontalière qui ne s’étaient jamais posés jusqu’au XXème siècle : d’une part, parce qu’il s’agissait d’une donnée sociologiquement étrangère à la culture bédouine caractéristique du désert ; d’autre part parce que certains des Etats en cause n’existaient tout simplement pas - le Qatar fut à partir de 1868 un « protectorat » britannique jusqu’à son accession à l’indépendance le 3 septembre 1971 et le royaume d’Arabie saoudite date du 23 septembre 1932. Cette question frontalière est en réalité apparue avec le développement de la question pétrolière, et plus précisément des problèmes induits par la délimitation des concessions pétrolières qui allaient poser celles des frontières tout court.

Pour comprendre la situation dans cette région, il faut remonter au début du XXème siècle. Dans le sud-est de la péninsule arabique où se trouve le Qatar actuel, la première mention d’une délimitation frontalière date d’un accord anglo-ottoman du 29 juillet 1913 qui fut connue sous le nom de « Ligne bleue », laquelle séparait alors le Sandjak ottoman du Nedj - futur noyau de l’actuelle Arabie saoudite - du British Hinterland d’Aden. Les Britanniques, soucieux d’assurer la continuité de leurs communications maritimes avec le Raj des Indes, avaient imposé depuis 1820 une « trêve » aux potentats locaux de la Trivial Coast (« Côte des pirates »), devenue par les grâces de la Pax Britannica la Trucial Coast (« Côte de la Trêve »), avant d’instaurer un système de « protectorats ». Par l’accord de 1913, les Britanniques reconnaissaient la souveraineté ottoman sur le Nedj, qui constituera le noyau territorial de la future Arabie saoudite ; en contrepartie, la « Sublime Porte » abandonnait toute revendication sur la côte où se trouve aujourd’hui le Qatar. La limite septentrionale des possessions ottomanes était ainsi fixée par une ligne Nord-Sud, partant de l’île de Zakouniyah à l’ouest de la péninsule du Qatar et plongeant dans l’immense Rub-al-Khali (« Le Quart-vide ») jusqu’au Yémen. Après la Première Guerre mondiale et le démantèlement de l’Empire ottoman, ces dispositions frontalières demandaient à être revues. Les Britanniques durent compter avec un émirat saoudien en voie de re-constitution dans le Nedj, cœur géographique de la péninsule arabique. D’emblée, se posa la question de la frontière des territoires saoudiens avec le chapelet d’émirats du Golfe sous « protection » britannique. Du côté de ces émirats, il n’existait d’ailleurs pas de frontière, les Britanniques s’étant toujours bornés à sécuriser le littoral sans se mêler des affaires des bédouins. Mais précisément, c’est le moment que choisit très habilement Ibn Saoud pour pousser ses prétentions, au nom de « la loi du désert », renvoyant à un tropisme de la culture bédouine, celui de la transhumance, ignorant par définition toute dimension frontalière. Longtemps, comme les Britanniques du reste, il s’était satisfait d’une situation floue en matière frontalière, jusqu’à ce que l’octroi de concessions pétrolières modifiât radicalement les données du problème. Le Traité anglo-saoudien de Djeddah de mai 1927, reconnut l’indépendance complète de l’émirat d’Ibn Saoud, mais sans autre précision quant à la question des frontières, alors même que les enjeux pétroliers prenaient de plus en plus d’ampleur. Lorsqu’Ibn Saoud accorda en 1933 une immense concession - la CASOC (Californian Arabian Standard Oil Company) future ARAMCO (Arabian American Oil Company) - aux Américains au détriment des Britanniques dont il se méfiait par-dessus tout, Washington demanda à Londres quelles étaient les frontières, puisque le Qatar était sous « protectorat » britannique depuis 1868, afin de fixer les limites de ladite concession. La question était alors : Où s’arrête ce qui était devenu en 1932 le Royaume d’Arabie saoudite ? Où commence le Qatar et par-delà Abu Dhabi ? Britanniques et Saoudiens allaient devoir tracer des lignes sur des cartes, sans pour autant parvenir à un accord en bonne et due forme. C’est donc à cause du pétrole qui recoupait les velléités expansionnistes saoudiennes, que se posa la question des frontières orientales de la péninsule.

Dès lors, Londres n’eut de cesse de contenir l’affirmation de la puissance saoudienne en protégeant « ses » émirats au plus près. Dans ce contexte, la concession pétrolière était aussi une arme géopolitique dans les mains d’Ibn Saoud pour appuyer ses revendications sur des « territoires ancestraux » qui comprenaient, selon lui, aussi bien les villes côtières du littoral du Golfe que celles d’Oman et du Hadramaout au Yémen. Ces prétentions étaient évidemment inacceptables pour les Britanniques. Des négociations difficiles s’engagèrent alors entre Londres et Ibn Saoud. Les revendications saoudiennes furent connues le 3 avril 1935. Ibn Saoud réclamait le sud de la péninsule du Qatar et un accès sur la mer à l’est de celle-ci, le fameux Khor-al-Udeid (« la mer intérieure » ou « le lac intérieur ») – à proximité duquel est aujourd’hui localisée la base américaine du même nom – la Base Al-Udeid – qui se présente comme le poste avancé du CENTCOM (« Commandement central américain » couvrant une immense zone stratégique allant du Moyen-Orient à l’Asie centrale). Cette revendication saoudienne fut connue sous le nom de « Ligne Hamza », du nom du négociateur saoudien ou encore sous celui la « Ligne rouge ». Pour Londres, soucieuse de maintenir une continuité entre le Qatar et Abu Dhabi, il ne pouvait être question de céder sur la frontière sud du Qatar. On refusa donc au Saoudien tout accès à la mer à l’est de l’émirat. On proposa néanmoins une « ligne verte », suivie d’une « ligne bleue » proposée par Ryan, le négociateur britannique qui, pour l’anecdote, était daltonien. Finalement, le 25 novembre 1935, les Britanniques arrêtèrent un tracé qui fut connu sous le nom de « Ligne Ryan ». Ce tracé excluait les Saoudiens de tout accès au Golfe persique entre Oman et le Qatar. Ibn Saoud récusa cette contre-proposition, réclamant toujours le sud du Qatar et un accès à la mer. Mais Londres avait déjà verrouillé le Qatar par une concession pétrolière de l’APOC-IPC (Anglo-Persian Oil Company-Iraq Petroluem Oil Company), compagnie contrôlée par les Britanniques, et il en fut de même pour les autres émirats du Golfe.

L’approche de la Seconde Guerre mondiale gela momentanément les conflits, mais le dossier fut réouvert après la guerre par Ibn Saoud. Le 14 octobre 1949, dans une revendication territoriale considérablement élargie par rapport à celle de la « Ligne Hamza », Ibn Saoud renouvela ses prétentions non seulement sur le Sud du Qatar où des gisements de pétrole avaient été découverts à partir de 1947, mais bien au-delà vers le sud du littoral, ce qui devait donner lieu en octobre 1955 à une intervention militaire britannique pour protéger ces territoires des visées saoudiennes. Le 26 octobre 1955, les Britanniques délimitèrent unilatéralement les frontières du sud-est de la péninsule. Cette ligne servit longtemps de frontière provisoire avant la conclusion d’accords distincts entre les différents acteurs. Cette situation est demeurée longtemps floue dans la mesure où elle faisait la part belle à des accords non-contraignants ou non ratifiés, le plus souvent non publiés et parfois même assortis de clauses secrètes. C’est le cas de l’accord frontalier entre le Qatar et l’Arabie saoudite du 4 décembre 1965, au terme duquel le problème du Khor-Al-Udeid était supposé avoir été réglé [1].

C’est là que l’on retrouve l’incident du 30 septembre 1992, qui est le résultat de cette politique floue. Après de longues tractations, et grâce à la médiation à l’époque du président égyptien Moubarak, l’Arabie saoudite et le Qatar avaient finalement signé le 20 décembre suivant un accord censé régler définitivement leur différend frontalier par un ajout à l’accord initial du 4 décembre 1965, en l’occurrence une « carte reconnue par les deux pays signataires, précisant le tracé définitif de leur frontière et contraignant pour les deux parties ». La situation n’était pas pour autant totalement résolue dans la mesure où le différend entre le Qatar et l’Arabie saoudite renvoyait à une autre accord secret d’août 1974 - soit après l’indépendance officielle du Qatar en 1971 - conclu cette fois entre les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite et accordant notamment à cette dernière le fameux corridor du Khor-al-Udeid au détriment du Qatar, non consulté pour l’occasion. Une clause qui devait déboucher sur l’incident septembre 1992. Depuis, les choses se sont apaisées. On confia à la fin des années 90 à l’expertise technique reconnue de IGN (Institut Géographique national) français le soin d’effectuer, sur la base de la délimitation préalable de la frontière entre le Qatar et l’Arabie saoudite, la mise en place de six bornes de démarcation sur quelques 65 kilomètres, effective aujourd’hui [2]. Ce bornage met en évidence que l’Arabie saoudite semble avoir abandonné ses prétentions sur le Khor-al-Udeid, ce qui ne veut pas dire qu’elle ait renoncé complètement à toute velléité de contrôle dans la mesure où il y a tout de même une forme de tutelle saoudienne sur l’ensemble de la péninsule.

Carte réalisée par David Rigoulet-Roze
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De ce point de vue, cela réglait la question du litige frontalier entre le Qatar et l’Arabie saoudite. D’aucuns, parfois adeptes de la théorie du complot, considèrent que le Qatar n’a jamais véritablement accepté l’hégémonie territoriale saoudienne sur la péninsule, et qu’il profiterait aujourd’hui habilement d’une situation jugée défavorable pour Riyad dont le régime se trouve largement accaparé par la problématique d’une succession saoudienne qui est loin d’être réglée, ce qui affaiblirait temporairement le rôle régional de l’Arabie saoudite. Ainsi, certaines rumeurs, circulant de manière pas nécessairement bien intentionnée, font état de velléités déstabilisatrices de la part du Qatar à l’endroit de son grand voisin saoudien. « Bien que les relations entre Riyad et Doha soient actuellement bonnes […] les troubles graves qui secouent [notamment à Qatif, dans l’ancienne province orientale du Hasa, NDA] l’Arabie saoudite semblent confirmer les augures du cheikh Hamad bin Jassem bin Jaber Al Thani […] à savoir que le roi Abdallah ‘est épuisé et incapable de contrôler le pays’ [3] ». Ces propos peu empreints d’aménité auraient été enregistrés clandestinement en 2008, en marge du Sommet arabe de Damas, lors d’une rencontre privée entre l’émir du Qatar Hamad Ben Khalifa Al Thani et feu le colonel Kadhafi. Il convient toutefois de préciser qu’ils avaient été relayés par l’agence de presse iranienne IRIB. Le Premier ministre qatari aurait, à cette occasion, également dit au Guide libyen – accusé pour sa part d’avoir tenté d’assassiner en novembre 2003 le futur roi Abdallah d’Arabie saoudite qui n’était encore que Prince héritier -, que le Qatar mettrait un jour la main sur la province orientale saoudienne d’Al-Sharqiya (la province orientale, celle-là même où se trouve l’essentiel des champs pétroliers saoudiens). Il aurait encore affirmé que les Américains et les Britanniques lui auraient demandé un rapport sur la situation dans le royaume, et qu’un soulèvement contre les Saoud était « imminent ». Cela corroborerait une opinion de l’émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, selon lequel : « Le régime d’Arabie saoudite va s’effondrer, à cause d’un monarque vieillissant qui ne permet pas aux jeunes princes d’accéder au pouvoir [4] ». Selon Ali Al-Ahmed, directeur de l’IGA (Institute for Gulf Affairs), un chiite originaire de la province saoudienne d’Al-Khobar, et qui plus est ancien plus jeune prisonnier politique saoudien, les Al-Thani auraient établi des connections avec certains membres de la famille régnante en Arabie afin d’y répéter une forme de scénario libyen tel qu’il avait été mis en œuvre en 2011, et de récupérer les territoires qu’ils ont dû céder aux Saoud et, pourquoi pas, de prendre le contrôle des champs pétroliers [5]. D’autres vont jusqu’à faire du Qatar le « Cheval de Troie » des Etats-Unis pour effectuer un remodelage du Moyen-Orient, lequel passerait par le démembrement de l’Arabie saoudite en « petits Etats » solidaires les uns des autres.

L’Arabie saoudite et le Qatar sont les deux monarchies wahhabites de la région. Quelles sont les raisons historiques de ces similitudes religieuse et politique ?

Il s’agit effectivement de deux monarchies d’obédience wahhabite, mais tout de même différentes. Le Wahhabisme est cette forme - réactionnaire stricto sensu - du sunnisme prônée par un certain Ibn Abdel-Wahhab, issu de la tribu des Bani Tamim, et censée permettre de retrouver l’authenticité de l’islam des origines. L’expansion du Wahhabisme, dans sa variable religieuse, est indissociable du destin politique de la famille des Al-Saoud. Vers 1745, un certain Mohammed Ibn Saoud signa avec Ibn Abdel-Wahhab une sorte de pacte, scellé comme il se doit, par le mariage de la fille du prédicateur à Mohammed Ibn Saoud. La doctrine du Wahhabisme devint le soubassement théologico-politique des ambitions politiques des Al Saoud, une sorte d’« alliance du sabre et du coran » qui n’aurait sans doute jamais connu le succès rencontré si les hasards de la géologie n’avaient fait de l’Arabie saoudite la « banque centrale du pétrole ».

Le Wahhabisme est effectivement l’obédience dont se réclame le Qatar. Cela remonte aux événements qui furent à l’origine de l’affirmation politique de l’actuelle famille régnante Al Thani, dont l’ascension est relativement récente. Durant tout le XIXème siècle, c’est la famille Al Khalifa qui règne sur la péninsule qatarie et l’île de Bahreïn, dont elle est encore aujourd’hui la dynastie d’ailleurs. C’est alors que se sont manifestées des contestations, tout le long du littoral oriental dans les villages de pêche de Doha (« Grand arbre » en arabe) et d’Al Wakrah (qui jouxte Doha), envers la domination séculaire des Bahreïniens Al Khalifa. En 1867, les Al Khalifa décidèrent de lancer une offensive contre les rebelles qataris repliés à Wakrah. Nonobstant le succès militaire, l’opération bahreïnie violait formellement les termes du traité de 1820 régissant notamment les relations entre le Royaume-Uni et les Bahreïniens. Cela conduisit Londres à réagir et à mandater le colonel Sir Lewis Pelly, alors en charge du « protectorat » du Golfe en tant que « Résident britannique », pour engager des pourparlers avec un interlocuteur au Qatar. Et la personnalité choisie pour négocier avec le colonel Pelly était un commerçant respecté et un résident de longue date de Doha : il s’agissait du cheikh Mohammed Ben Thani (1868-1878). Ces pourparlers devaient aboutir à dissocier le statut du Qatar de celui de Bahreïn par la signature, le 12 septembre 1868, d’un traité spécifique avec le Qatar. La famille Al Thani, elle-même issue de la tribu des Bani Tamim, mais qui avait jusque-là été relativement inactive dans la politique du Golfe, allait bénéficier de ce concours de circonstances pour s’imposer au Qatar en tant que famille régnante, une dynastie toujours en place à ce jour. Il revint au fils de ce dernier, cheikh Jassim Ben Mohammed Al Thani (1868-1913) d’adopter officiellement l’obédience wahhabite. L’affiliation tribale n’y était sans doute pas étrangère. La proximité avec les Saoud comme contrepoids à Bahreïn non plus.

C’est largement ce qui explique qu’aujourd’hui, le Wahhabisme constitue le soubassement religieux de l’Etat. L’accession à l’indépendance de 1971 a institutionnalisé l’ancrage des coutumes locales dans cet héritage wahhabite, même si l’influence de cette obédience est néanmoins à relativiser quelque peu aujourd’hui, dans la mesure où le Qatar apparaît plus ouvert sur l’extérieur que ne l’est son puissant voisin ultra-conservateur. Il reste que l’émir actuel cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, au pouvoir depuis qu’il a déposé son père en juin 1995, n’a certes de compte à rendre à personne sinon à Dieu, mais ne peut violer la charia (la loi islamique) et qu’il doit tout de même prendre en compte les avis des grands notables de l’Emirat ainsi que de l’autorité religieuse des Oulémas. A noter que cette prise de pouvoir par Hamad ben Khalifa Al Thani n’avait pas vraiment été appréciée par l’Arabie saoudite, toujours inquiète à l’idée qu’un émir puisse se faire renverser, même par un membre de sa propre famille, cela étant susceptible de constituer un fâcheux précédent.

Comment ont évolué les relations politiques et diplomatiques entre l’Arabie saoudite et le Qatar ?

Compte tenu des raisons précitées, ces relations ont longtemps été empreintes d’animosité. Elle tient pour partie à la situation pré-existante du déséquilibre avéré en taille entre le « Gulliver » Arabie saoudite et le « lilliputien » Qatar, même si ce dernier est aujourd’hui l’un des pays les plus riches du monde [6]. Le fait est que le Qatar a toujours joué le trublion au sein du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), structure politico-militaire, sorte de « Sainte-alliance » regroupant l’ensemble des pétro-monarchies mise en place le 26 mai 1981 pour faire pièce au danger iranien. Mais le Qatar a toujours manifesté son irritation mezzo voce devant les prétentions hégémoniques de l’Arabie saoudite. Dans le même esprit de contradiction, le Qatar a également valorisé ses relations avec l’ennemi juré de l’Arabie saoudite qui se veut le fer de lance du monde arabo-sunnite, en l’occurrence, l’Iran perse et chiite.

Cette volonté de ménager son riverain perse s’explique pour partie - mais pour partie seulement - par des intérêts économiques partagés. Il faut rappeler que la richesse du Qatar provient à la fois du pétrole et du gaz, mais surtout du gaz puisqu’il est assis sur 14 % des réserves mondiales de gaz naturel, dont il est à la fois le troisième détenteur (soit environ 26 milliards de m3) et le troisième producteur, après la Russie et l’Iran de l’autre côté du Golfe, et avec lequel le Qatar partage l’un des plus grands gisements off-shore du monde, appelé North Dome du côté qatari, et South Pars du côté iranien [7]. A ce titre, le Qatar est par la force des choses - la géologie en l’occurrence - contrainte de prendre langue avec Téhéran, même si cela indispose fortement les autres membres du CCG [8]. Le positionnement du Qatar sur le plan géopolitique et diplomatique est assez inédit : il est à la fois membre du CCG, mis en place en 1981, pour faire pièce à ce qui est perçu comme la menace iranienne, et en même temps, le Qatar est un interlocuteur obligé des Iraniens, ce qui déplait fortement à l’Arabie saoudite. Les dirigeants du Qatar et de l’Iran n’ont d’ailleurs jamais cessé de se rencontrer. Et Téhéran crédite la famille régnante al-Thani au pouvoir à Doha, lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), d’avoir observé une certaine neutralité, au grand dam de ses homologues koweïtis et saoudiens. Les pétro-monarchies soutenaient en effet fermement Saddam Hussein, garant du containment de l’Iran, sauf le Qatar, qui est resté relativement neutre. Le positionnement du Qatar, on le voit, est donc assez spécifique dès cette époque, et cela s’est renforcé par la suite.

On peut encore rappeler que Doha avait été l’organisateur - avec le président syrien Bachar al-Assad aujourd’hui vilipendé par ceux-là mêmes qui l’avaient encensé - de la visite triomphale du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Liban en juillet 2010, afin de commémorer ce qui était présenté officiellement comme une victoire de la « résistance » contre Israël lors de la guerre de l’été 2006 (12 juillet-14 août 2006). En février 2010, le Qatar avait été jusqu’à signer un pacte de défense avec la Syrie et l’Iran. Cela n’empêchait pas, dans le même temps, l’émir Hamad Ben Khalifa Al Thani d’effectuer une visite secrète en Israël le 14 janvier 2010, et de nouveau le 18 janvier 2012, bien que les deux pays n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles. Une frénésie diplomatique, qui a toujours indisposé l’Arabie saoudite, même si une convergence de vues s’est opérée à la faveur de la crise syrienne : on retrouve là, en apparence, un positionnement commun entre l’Arabie saoudite et le Qatar sur cette question.

Il est notable que les deux principaux donateurs financiers, voire fournisseurs d’armes à destination de l’insurrection syrienne - laquelle est d’abord et avant tout une insurrection sunnite -, se trouvent être conjointement l’Arabie saoudite et le Qatar, deux pétro-monarchies arabo-sunnites, qui voient le régime de l’alaouite Bachar al-Assad comme une pièce centrale d’un virtuel « Croissant chiite » allant de la République islamique d’Iran au Hezbollah libanais, en passant par l’Irak post-Saddam. Le quotidien britannique The Times, avait révélé que l’Arabie saoudite et le Qatar auraient, dès janvier 2012, clandestinement accepté de financer l’opposition syrienne, afin qu’elle puisse se procurer des armes. Citant notamment un « dissident syrien », le quotidien faisait état d’un accord secret [9] qui aurait été passé entre l’Arabie saoudite, le Qatar et des personnalités de cette opposition syrienne, au terme de la réunion de la Ligue arabe qui s’était tenue au Caire le 27 novembre 2011 [10]. Le quotidien britannique The Guardian avait, pour sa part, publié début avril 2012 [11] que des ultimatums internationaux avaient été adressés aux pays du Golfe, au premier rang desquels l’Arabie saoudite et le Qatar, pour qu’ils s’abstiennent d’armer les insurgés, ce qui les conduit à le faire plus ou moins clandestinement, même si chacun des deux pays a ses destinataires privilégiés au sein de la grande famille « islamiste », à savoir les groupes d’obédience « salafiste » pour l’Arabie saoudite, et les groupes d’obédience plutôt « frériste » pour le Qatar. Cette nuance n’est pas contingente car elle sous-tend la persistance d’une rivalité, sinon d’une compétition, des deux acteurs sur le champ politico-islamiste.

Comment l’orientation du Qatar en direction des « Frères musulmans » est-elle perçue par l’Arabie saoudite ? Pourquoi ?

Pour commencer, il est de notoriété publique que le Qatar soutient les Ikhwans al muslimin (« Frères musulmans »), confrérie fondée par Hassan al-Bana en Egypte en 1928, parce que Doha a considéré que les attendus politiques du « printemps arabe » allaient s’exprimer dans une forme d’islamisme électoral et parce que, dans la « grande famille islamiste », la variable salafiste ferait plutôt figure de pion wahhabite. Le Qatar considère d’ailleurs que, depuis le 11 septembre 2001, l’option salafiste s’est retrouvée très largement négativement connotée, sinon disqualifiée, par le fait qu’elle avait constitué le fourron d’al-Qaïda. Or, le Qatar a l’ambition d’apparaître comme le futur nouveau pôle islamiste du XXIème siècle, au détriment des Saoudiens. Il estime que les « Frères musulmans » incarnent une option plus acceptable, d’où une forme d’OPA pratiquée sur l’islamisme des « Frères », présentés comme le devenir politique inévitable des révoltes arabes. Il y a donc là une vraie stratégie du Qatar, à la fois « frériste » et virtuellement anti-saoudienne.

Le Qatar s’est, certes, longtemps senti écrasé par le poids de l’Arabie saoudite avec laquelle l’Emirat a entretenu des relations parfois difficiles en dépit d’une obédience confessionnelle très proche. Mais Doha s’est récemment émancipé de cette tutelle en tirant profit de la fenêtre d’opportunité ouverte par le « printemps arabe », que le Qatar a donc cherché à préempter, politiquement parlant, en soutenant financièrement et politiquement l’islamisme politique des « Frères musulmans », en contrepoint de l’Arabie saoudite promouvant traditionnellement la mouvance salafiste. Il n’est que de voir le rôle joué par Doha dans le financement des révoltes arabes, dont certaines se sont transformées, comme au Maghreb, en véritables « révolutions », et plus encore dans le renversement du régime du colonel Kadhafi. Le Qatar, avec sa « diplomatie du carnet de chèques », serait ainsi en passe de réussir la fusion de l’islam de la tharwa (l’« abondance » ou la richesse » en arabe, procurée par la manne pétrolière) avec l’islam de la thawra (la « révolution » en arabe). Le Qatar est pointé du doigt dans le financement des islamistes au Maghreb, voire au-delà. Dès lors que l’on s’intéresse aux transferts de fonds effectués au profit des organisations islamistes [12], tel le parti tunisien islamiste Ennahda (« Renaissance » en arabe), le Qatar fait preuve de largesses. Son dirigeant Rached Ghanouchi avait fait de Doha sa seconde maison, avant de revenir en Tunisie à la chute de Ben Ali et de donner la victoire à son parti lors des élections à la Constituante le 28 octobre 2011. Quant au Hamas palestinien, le Qatar est parvenu - ce qu’avait vainement tenté de faire l’Arabie saoudite durant plusieurs années - à le réintégrer dans le giron islamo-sunnite en l’éloignant de Téhéran qui le finançait, et de Damas qui hébergeait le chef de son bureau politique à l’étranger, Khaled Mechaal. Ce dernier a ainsi décidé, début février 2012, d’établir un nouveau QG à Doha, et a signé le 6 février 2012, sous l’égide du Qatar, un « accord de réconciliation » avec le Fatah de Mahmoud Abbas. L’aide financière à destination du Hamas provient désormais davantage de Doha que de Téhéran, qui a peu apprécié cette évolution. Le Qatar est également le maître d’œuvre financier de la reconstruction économique de la Bande de Gaza, annoncée à la faveur d’un voyage inédit de Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani à Gaza le 23 octobre 2012.

On aurait pu penser que l’arrivée au pouvoir des islamistes au sens large - que cela soit en Tunisie avec la victoire électorale d’Ennahdha (« Renaissance) avec plus de 40 % des suffrages pour l’assemblée constituante, en Egypte avec celle des Ikhwan al-Muslimin (« Frères musulmans ») complétée par la poussée des Salafistes du parti Al-Nour (« Lumière »), ou en Libye où le CNT (Conseil national de transition) a annoncé le 14 septembre 2011 par la voix de son président Moustapha Abouljalil que la Chariah islamique serait le socle de toute future législation et serait même inscrite dans la constitution post-Kadhafi - serait favorablement perçue par Riyad, promoteur de la daawa (« propagation de la foi musulmane »). Mais il s’agit sans doute d’un effet d’optique parce que le type d’islamisme politique qui s’est imposé dans le prolongement des révolutions arabes en Afrique du Nord (Maghreb et Egypte), n’a pas forcément les faveurs de l’Arabie saoudite. Loin s’en faut même, puisque cet islamisme politique s’est, électoralement parlant, exprimé dans sa variable « frériste » et non pas dans sa variable salafiste, plus proche de l’obédience wahhabite. En arrière-plan, perce évidemment la sourde rivalité intra-islamiste entre Riyad et Doha. Plusieurs indicateurs, qui n’ont rien de contingent, permettent de prendre la mesure de cette situation. On peut relever tout d’abord que Rached Ghannouchi, le chef d’Ennahdha, a plutôt ses entrées à Doha au Qatar qu’à Riyad. Or, on voit aujourd’hui les difficultés qu’a le gouvernement issu du parti « frériste » Ennahdha à gérer l’inédite question salafiste en Tunisie [13]. Quant à la Libye, la Cyrénaïque centrée sur Benghazi a récemment montrée, avec l’assassinat du diplomate américain Christopher Stevens le 11 septembre 2012, que l’implantation salafiste avec Ansar al-Sharia n’était pas que théorique. On peut enfin remarquer que l’Egypte post-Moubarak a vu la victoire de Mohammed Morsi des « Frères musulmans » mais que le parti salafiste Al-Nour est arrivé en deuxième position. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les Salafistes ne facilitent pas la tentative « frériste » d’apparaître comme une option de gouvernement, a fortiori de la part d’un mouvement que Riyad estime comptable du renversement de l’« ami Moubarak ». La tension entre les deux pays avait connu un sommet inédit avec la fermeture par Riyad de sa représentation diplomatique le 28 avril 2012 - une première depuis les accords décriés de Camp David de 1978 - au motif de manifestations anti-saoudiennes [14]. Cela avait conduit Riyad à geler l’aide financière d’un montant de quelques 5 milliards de dollars promise à l’Egypte pour faire face à la grave crise économique dans laquelle se trouve plongée le pays des Pharaons depuis la chute de Moubarak. Coïncidence ou non, le 8 janvier 2013, le Qatar annonçait avoir doublé son aide à l’Egypte en la portant à 5 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros). Un signe parmi d’autres de la rivalité opposant Riyad et Doha sur la variable islamiste de la dynamique des « révolutions arabes ».
On serait presque en droit de se demander si Riyad n’aide pas délibérément l’obédience salafiste afin de contrarier, sinon d’hypothéquer, la réussite de la transition « frériste » là où elle a lieu avec la bénédiction du Qatar.

Les tensions ont-elles été exacerbées par la décision américaine de redéployer ses troupes d’Arabie saoudite vers le Qatar et d’y créer une base militaire ?

Dans le prolongement de la guerre du Golfe de 1991, la signature d’un accord de défense en juin 1992 pour l’établissement du futur QG avancé du CENTCOM – (« Commandement central » de l’Armée américaine couvrant à la fois la zone du Moyen-Orient et de l’Asie centrale) - n’avait peut-être pas été étrangère à la demande de sécurité du petit émirat non seulement vis-à-vis de puissances extérieures à la péninsule - l’Irak de Saddam Hussein, l’Iran de la République islamique - mais aussi peut-être de la péninsule elle-même, avec en arrière-plan l’ombre portée de la puissante Arabie saoudite. Dès 1999, l’émir Cheikh Hamad aurait encouragé les Etats-Unis à faire stationner pas moins de 10 000 soldats américains sur le sol de l’émirat [15] Le 11 décembre 2002 était signé avec les Etats-Unis un accord précisant l’usage de la base aérienne d’Al-Udeid où se trouvent prépositionnés, depuis leur transfert d’Arabie saoudite devenu effectif en avril 2003, quelque 120 F-16 de l’USAF. Une sorte d’assurance-vie pour le « petit » Qatar par rapport à tout danger existentiel. Cela ne pose pas de problème majeur à l’Arabie saoudite tant que cette dernière estime que cette « protection » américaine vise à dissuader toute menace iranienne. Il semblerait que les Etats-Unis viennent plus récemment encore d’installer une station radar secrète pour faire face à la menace iranienne. Il pourrait en aller autrement si l’Arabie saoudite avait le sentiment que le Qatar devait instrumentaliser cette présence américaine pour faire prévaloir ses vues au détriment du « grand frère » saoudien. Une autre base, maritime, pour la Vème flotte, est présente à Bahreïn.

ARABIE SAOUDITE et QATAR
Accord relatif à la délimitation des frontières terrestre et maritime (avec carte). Signé à Riyad le 4 décembre 1965
Texte authentique : arabe. Enregistré par l’Arabie saoudite le 9 septembre 1993.

[TRADUCTION]

ACCORD [16] RELATIF A LA DELIMITATION DES FRONTIERES TERRESTRE ET MARITIME ENTRE LE ROYAUME D’ARABIE SAOUDITE ET LE QATAR

Le Gouvernement du Royaume d’Arabie saoudite, représenté par le Ministre du pétrole et des ressources minérales, S. E. le cheikh Ahmad Zaki Yamani, et

Le Gouvernement du Qatar, représenté par l’adjoint du chef de l’Etat et Prince héritier, S. A. le cheikh Khalifa Bin Hamad Al-Thani,

Désireux de délimiter les frontières terrestre et maritime entre leurs deux pays, mesure de la plus haute importance,

Tenant compte des liens d’amitié et de fraternité qui unissent les deux pays,

Prenant en considération la teneur de la lettre datée du 23 djumada al-awwal 1371 de l’hégire, adressée à S. A. le cheikh Ali Bin Abdallah Al-Thani par S. M. le Roi
Faygal Bin Abdul-Aziz Al-Saud,

Décident de conclure l’Accord suivant :

Article premier
Dawhat Salwah est divisé à parts égales entre les deux pays de façon que la frontière soit équidistante des deux côtes. S’agissant des échancrures, on suit une
ligne droite médiane chaque fois que cela est possible.

Article 2
La frontière terrestre entre le Royaume d’Arabie saoudite et le Qatar part d’un point situé sur la côte de Dawhat Salwah, dont les coordonnées géographiques approximatives sont :

Longitude : 50° 49’ 46"
Latitude : 24° 11’ 50".

A partir de ce point, elle se prolonge en ligne droite jusqu’au point le plus élevé à Qarn Abu Wail, d’où elle se prolonge en ligne droite jusqu’à un point situé à l’extrémité sud-ouest de la zone de Jawb as-Salamah, dont les coordonnées géographiques sont :

Longitude : 50° 55’ 44"
Latitude : 24° 32’ 43".

A partir de ce point, elle se prolonge en ligne droite jusqu’à un point situé à l’extrémité sud-est de la zone de Jawb as-Salamah, dont les coordonnées géographiques sont :

Longitude : 51° 00’ 00"
Latitude : 24° 30’ 00"

A partir de ce point, elle se prolonge en ligne droite jusqu’à un point situé à l’extrémité sud de Sabkha Sawda Nathil, dont les coordonnées géographiques sont :

Longitude : 51° 05’ 55"
Latitude : 24° 28’ 16"

A partir de ce point, elle se prolonge en ligne droite jusqu’à un point situé sur la côte de Khawr al-Udayd, dont les coordonnées géographiques approximatives sont :

Longitude : 51° 16’ 02"
Latitude : 24° 36’ 48".

Tous les points susmentionnés sont indiqués à titre préliminaire sur la carte no GF 2224 en date de décembre 1961 (1/200 000), qui est signée par les deux parties
et jointe en annexe au présent Accord.

Article 3
Une entreprise internationale est chargée d’effectuer les levés, de déterminer sur le terrain les points et les lignes frontières entre les deux pays conformément aux dispositions du présent Accord et d’établir une carte des frontières terrestre et maritime entre les deux pays ainsi que d’autres données connexes. Une fois signée par les deux parties, cette carte devient la carte officielle délimitant les frontières et elle est jointe en annexe au présent Accord, dont elle fait partie intégrante.

Article 4
Les coûts des opérations de levé mentionnées au précédent article sont répartis entre les deux Gouvernements, à parts égales.

Article 5
Il est créé une commission technique conjointe comptant deux membres de chacune des deux parties, chargée de définir les modalités des opérations de levé, de déterminer les points et les lignes frontière entre les deux pays conformément aux dispositions du présent Accord, de superviser le déroulement de ces opérations et d’en examiner les résultats.

Article 6
FAIT à Riyad le 11 Cha’ban 1385 de l’hégire (soit le 4 décembre1965) en double exemplaire, chaque Etat recevant un exemplaire.
Le présent Accord entre en vigueur après l’échange des instruments de ratification entre les deux Gouvernements.

Pour le Royaume d’Arabie saoudite :
AHMAD ZAKI YAMANI

Pour le Qatar :
KHALIFA BIN HAMAD AL-THANI

Publié le 20/03/2013


David Rigoulet-Roze, docteur en Sciences politiques, est enseignant et chercheur, ainsi que consultant en relations internationales, spécialisé sur la région du Moyen-Orient et rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques. Il est chercheur à l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS) où il est en charge depuis 2006 d’une veille stratégique entre l’Iran et les pays arabes particulièrement préoccupés de l’éventuelle accession de l’Iran au statut de puissance nucléaire. Il est également chercheur associé à l’Institut de Recherches Internationales et Stratégiques (IRIS) ainsi qu’à l’Institut européen de recherche sur la coopération Méditerranéenne et Euro-arabe (MEDEA) de Bruxelles. Outre de nombreux articles, il a notamment publié Géopolitique de l’Arabie saoudite : des Ikhwans à Al-Qaïda (Armand Colin, 2005) et L’Iran pluriel : regards géopolitiques (l’Harmattan en 2011). Il enseigne également la Géopolitique et les Sciences Politiques dans le supérieur.


 


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