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DES CLÉS DU MOYEN-ORIENT



Analyse de l’actualité …

Entretien avec Tewfic Aclimandos – Le point sur la situation en Egypte. Première partie

Pouvez-vous retracer les grandes étapes traversées par l’Egypte depuis 2011 ?

2011 est l’année du soulèvement massif qui a su renverser Moubarak. Il s’agissait d’un mouvement minoritaire, mais qui a mobilisé malgré tout sept à huit millions de personnes, descendues dans la rue dans plusieurs villes d’Egypte. La police s’est effondrée : il s’agissait véritablement d’une révolution. Elle a fait peur : le commandant de l’armée notamment, qui s’arrangeait parfaitement de la chute de Moubarak, a eu peur ; il s’est engagé à mener à bien une transition démocratique. Il l’a fait afin de désamorcer la bombe révolutionnaire. La logique d’une transition démocratique n’est pas la logique révolutionnaire. En transition démocratique, tout le monde, même les représentants de l’ancien régime, participe aux élections ; les révolutionnaires, eux, souhaitaient l’exclusion totale de l’ancien régime et de ses membres du jeu politique. Dans une révolution, le peuple est présent dans la rue ; dans une démocratie, il est représenté dans les assemblées. La révolution est une coalition qui dit être le peuple un et qui peut l’être quelquefois, alors que la démocratie présuppose la pluralité, la division, le conflit au sein ce de peuple et appelle chacun à jouer pour soi-même – même si la coalition n’est pas à exclure. La démocratie, contrairement à la révolution, n’est pas une mise en scène constante du peuple : c’est la première réalité à laquelle se sont heurtés les jeunes révolutionnaires lorsqu’ils ont affronté le jeu politique.

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Tewfic Aclimandos est politologue et historien égyptien. Docteur d’Etat de l’IEP de Paris, (thèse sur les officiers activistes de l’armée égyptienne : 1936/54). Chercheur ou chercheur associé au CEDEJ de septembre 1984 à août 2009, il est au collège de France depuis octobre 2009. Ses travaux portent sur l’histoire de l’Egypte depuis le traité de 1936, notamment sur le mouvement des Officiers libres, Nasser (biographie en préparation), l’armée égyptienne, les Frères musulmans et la politique étrangère de l’Egypte.

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Entretien avec …

Entretien avec Tancrède Josseran - où en est la Turquie ?

La Turquie a longtemps constitué un modèle de démocratie en terre d’Islam. Cependant, depuis 2011, elle connaît un visage autoritaire. Comment expliquer ce basculement ?

En Turquie, la vie politique s’organise autour d’un centre et d’une périphérie. Jusqu’au début des années 2000, le centre désigne l’establishment militaro-kémaliste. Les élites occidentalisées s’estiment garantes de l’unité du pays et de sa religion civique, la laïcité. Rejetés aux marges depuis la création de la République (1923), la mouvance religieuse représente les laissés pour compte de la géhenne atatürkiste. Ce sont les Turcs noirs humbles et dévots brimés au nom de leur foi, les Kurdes écrasés sous le centralisme d’Ankara, les pieux entrepreneurs de province humiliés d’avoir à rendre des comptes à la bourgeoisie laïque d’Istanbul. Tout le génie de Tayyip Erdogan est d’avoir su renouveler la matrice de l’Islam politique turc. Réaliste, il constate que la stratégie du tout ou rien est stérile. Plus que la Charia, les Turcs espèrent une amélioration concrète de leur condition d’existence. Sur les décombres des partis conservateurs perclus de scandales, Edogan jette les bases d’une nouvelle formation qui mêle valeurs traditionnelles, démocratie et économie de marché : le Parti de la Justice et du Développement (AKP). L’union des trois familles de la droite turque (islamiste, conservatrice, nationaliste) assure à l’AKP 50% du corps électoral. Cette synthèse magistrale, où à l’origine libéralisme politique, économique et religieux s’alimentent mutuellement, sape les assises autoritaires, laïciste et jacobines du kémalisme. Sur la scène internationale, Washington et Bruxelles apportent à Erdogan leur soutien. Après le 11 septembre 2001, il est l’homme de l’aggiornamento entre Islam et modernité, celui qui arrimera un grand pays musulman aux rivages de l’Europe et réconciliera l’Orient et l’Occident.

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Tancrède Josseran est diplômé en Histoire de Paris-IV Sorbonne et attaché de recherche à l’Institut de Stratégie Comparée (ISC).
Spécialiste de la Turquie, il est auteur de La Nouvelle puissance turque…L’adieu à Mustapha Kemal, Paris, éd, Ellipses, 2010. Il a reçu pour cet ouvrage le prix Anteois du festival de géopolitique et de géoéconomie de Grenoble ; et de Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord – du Maroc à l’Iran, avec Florian Louis, Frédéric Pichon, paru en 2012 aux éditions PUF.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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