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Entretien avec …

Entretien avec Frédéric Tissot – Chroniques du Kurdistan et regard sur l’actualité, première partie : la création du consulat Général de France au Kurdistan irakien

Ouvrir un consulat Général français au Kurdistan était un geste audacieux en 2007. Aujourd’hui, beaucoup de pays ont emboîté le pas à la France et les consulats se sont multipliés à Erbil. En 2007, d’où est venue la décision d’ouvrir ce consulat ?

Nous étions à l’époque sous la présidence Sarkozy. Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, a visité Bagdad en août 2007 et a rencontré le Président de la République d’Irak Jalal Talabani, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et le Président du Gouvernement Régional kurde Massoud Barzani. En rentrant de Bagdad, il m’a appelé pour me dire : « Nous avons décidé d’ouvrir un Consulat Général au Kurdistan irakien, si tu veux c’est pour toi ». J’étais au fond d’un lit d’hôpital suite à mon accident et j’ai accepté d’emblée.

Il semblerait cependant que l’idée d’ouvrir un Consulat Général au Kurdistan datait de la Présidence de Jacques Chirac, d’ailleurs, l’appareil diplomatique était resté le même. En 2003, avec le discours de Dominique de Villepin au Conseil de Sécurité de l’ONU, nous avions montré notre désaccord avec les Américains et la guerre qu’ils s’apprêtaient à mener contre Saddam Hussein. Suite à cela, notre diplomatie pensait qu’il fallait remettre un pied en Irak. Nous y avions une ambassade, mais il fallait faire un geste politique supplémentaire : ouvrir un consulat à Bassora ou à Erbil. C’était une façon de montrer que nous ne nous désintéressions pas de l’Irak et ne renoncions pas à nous impliquer dans le présent et le futur du pays. Ainsi est venue la décision d’ouvrir le Consulat Général à Erbil. J’avais à l’époque proposé à Bernard Kouchner d’annoncer simultanément l’ouverture d’un consulat à Bassora. Cela a été fait quelques mois plus tard en 2008, même si cela n’a pas été suivi d’effet : le consulat de Bassora n’a pas ouvert, pour des raisons de sécurité et probablement aussi de budget. Toujours est-il que ces décisions ne s’adressaient donc pas spécifiquement aux Kurdes, mais à l’ensemble du peuple irakien. Nous avions avec les Irakiens des échanges économiques et politiques anciens, il fallait rétablir ces liens dans le nouvel Irak.

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Le docteur Frédéric Tissot est médecin de formation, diplomate et professeur. Jeune docteur, il a choisi la voie de l’action humanitaire à l’issue de son service militaire. Médecin humanitaire au Maroc et en Afghanistan, il porte également secours aux Kurdes d’Iran et d’Irak (1). En 2006, il perd l’usage de ses jambes suite à un accident survenu au cours d’une mission en Haïti. En 2007, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, le nomme consul général de France dans la région autonome du Kurdistan irakien, fonction qu’il occupe jusqu’en 2012. Il enseigne désormais à Sciences Po et a publié en octobre 2016, avec Marine de Tilly, L’Homme debout aux éditions Stock, un ouvrage autobiographique qui est aussi une réflexion sur son engagement humanitaire.

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Analyse de l’actualité

Ce que « TIMSS » et « PISA » nous enseignent sur les perspectives du Monde Arabe, Par Nadji Safir

Six ans après le début des évolutions politiques survenues dans plusieurs pays arabes, désignées sous la formule des « printemps arabes » et alors que tous leurs enseignements ne sont certainement pas tirés, une évaluation des capacités de la région est certainement utile. A cet égard, la récente diffusion - fin novembre-début décembre 2016 - de deux études internationales, par la pertinence des thématiques retenues et des données présentées, représente une occasion tout à fait privilégiée et ce, d’autant plus qu’elles sont centrées sur les enjeux de l’éducation. En l’occurrence, il s’agit de deux importantes études relatives aux performances des systèmes éducatifs : la première - existant depuis 1995 - connue sous l’acronyme de « TIMSS » pour « Trends in International Mathematics and Science Study » ; la seconde - disponible depuis 2000 - connue sous celui de « PISA » pour « Programme for International Student Assessment » ; et, à elles deux, couvrant 12 pays arabes.

Ces deux études « TIMSS » et « PISA » sont, depuis longtemps, devenues des références incontournables pour tout ce qui se rapporte à l’évaluation des performances des systèmes éducatifs nationaux couverts et ce, dans les domaines indiqués qui, pour l’essentiel, couvrent l’enseignement des mathématiques et des sciences. Disciplines dont, bien évidemment, le choix ne doit rien au hasard puisqu’elles correspondent à un ensemble de savoirs et savoir-faire jouant depuis « toujours » un rôle absolument central dans les divers processus de constitution et de structuration du patrimoine scientifique universel. Mais qui, aujourd’hui, dans le contexte d’une économie mondiale largement dominée par le rôle décisif croissant qu’y joue la connaissance, y compris de manière directe dans les processus mêmes de production de biens et services, prennent encore bien plus d’importance ; comme l’illustre, tout particulièrement, la position centrale des « technologies de l’information et de la communication » dans le monde où nous vivons. Sans oublier de nombreux autres enjeux liés à un vaste ensemble de problématiques - défense et sécurité, éducation, recherche scientifique, vie citoyenne, culture, communication, etc. - et qui, elles aussi, directement, pour beaucoup, dépendent de cette « révolution numérique » en cours ; et ce, en attendant les prochaines mutations qu’annonce une « révolution quantique » déjà à l’oeuvre.

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Chargé de Cours à l’Institut de Sociologie de l’Université d’Alger, ancien Chef de Division du Développement Social à la Banque Africaine de Développement, consultant international. Dernier ouvrage paru : Xavier Richet et Nadji Safir (sous la direction de), Le Maghreb à l’épreuve de la mondialisation, Paris, L’Harmattan, Bibliothèque de l’iReMMO, 2016.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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