Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
plus de 1700 articles publiés depuis juin 2010

Page facebook Page google plus Page twitter Abonnement au flux RSS

DERNIÈRES ANALYSES

DES CLÉS DU MOYEN-ORIENT



Entretien avec …

Entretien avec Jana Jabbour – Les conséquences intérieures et extérieures du coup d’état manqué en Turquie

Suite à la tentative du coup d’état en Turquie, pouvez-vous revenir sur ses conséquences immédiates, en particulier sur les arrestations en Turquie. Qui a été arrêté et pourquoi ?

Dès les premières heures ayant suivi le coup d’état manqué, le gouvernement et le président turcs se sont précipités pour accuser Fethullah Gülen et ses sympathisants d’être les instigateurs du coup. Une purge a ainsi été menée contre tous ceux qui sont soupçonnés d’être de près ou de loin liés au mouvement Gülen, désormais qualifié par le gouvernement turc d’« Organisation terroriste guléniste » (FETÖ) et identifié comme étant « un réseau illégal à apparence légale et qui menace la sécurité nationale ». Cette purge a touché tous les domaines : l’armée, le système judiciaire, les établissements éducatifs, le ministère de l’Intérieur, le secteur médical, et les milieux sportifs.

Au total, quelques 8 000 généraux, soldats, procureurs et juges ont été placés en garde à vue, et 8 000 autres fonctionnaires ont été éloignés de leurs postes au sein du ministère de l’Intérieur.
Deux facteurs expliquent l’ampleur de cette purge. D’une part, il s’agit pour le gouvernement AKP de saisir ce coup d’état manqué comme une opportunité en or, « un don de Dieu » selon Erdoğan, pour mettre fin au mouvement Gülen. D’autre part, les caractéristiques mêmes de l’« ennemi à abattre » expliquent l’étendue de cette purge : en effet, la confrérie Gülen est un mouvement diffus, opaque et secret, c’est un mouvement sans « étiquette » (ses membres n’ont pas de « carte d’adhésion » par exemple), ce qui rend difficile l’identification des personnes qui y sont affiliées (voir les travaux de Bayram Balci portant sur l’identité de ce mouvement). Le gouvernement, en ce sens, « ratisse large » pour traquer un maximum de personnes soupçonnées d’appartenir au mouvement.

Lire la suite

Jana Jabbour est docteure associée au CERI, enseignante à Sciences Po Paris et à l’Université Saint-Joseph (Beyrouth).

Evenements spéciaux

Spécial Syrie



Les articles du dossier

Entretien avec …

Entretien avec Robin Beaumont – Penser le chiisme politique en Irak

Votre champ de recherche est l’Irak et principalement la question du chiisme irakien. Pouvez-vous nous rappeler les grands enjeux actuels de la recherche sur la question.

Le champ des études chiites connaît un élan spectaculaire depuis une quinzaine d’années, mais pour un certain nombre de raisons, ses manifestations politiques très contemporaines ne suscitent pas le même intérêt scientifique que les expressions du « sunnisme politique », aux exceptions notables de l’Iran et du Hezbollah libanais. Les historiens, les anthropologues, les islamologues nous ont appris des choses très importantes, mais les sciences politiques, au-delà du modèle khomeyniste, sont étrangement muettes – tout particulièrement pour ce qui est de l’Irak. Ce manque est évidemment d’abord dû aux conditions d’accès du terrain irakien, qui ont favorisé le développement de l’« expertise » dans le cadre de l’occupation américano-britannique à partir de 2003, d’organisations internationales ou d’entreprises privées d’analyse politique ou sécuritaire, au détriment de la recherche sociologique. Il y a donc très peu de sociologues ou de politistes qui travaillent actuellement sur le fait politique chiite irakien. Une autre hypothèse que je me risquerais à avancer pour expliquer ce manque serait une certaine conception, héritée de l’orientalisme du XIXe siècle, du chiisme comme largement apolitique, relevant davantage de la mystique : conception qui a survécu à la Révolution iranienne de 1979, sans doute aussi parce que le chiisme politique n’est pas un objet de préoccupation intérieure, identitaire ou sécuritaire, dans nos sociétés européennes…

Lire la suite

Robin Beaumont est doctorant en Études politiques à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS, Paris). Il conduit sa recherche sur les reconfigurations de l’autorité politique chiite en Irak dans le cadre de l’ERC WAFAW (CNRS/IREMAM) et est récipiendaire de la Zeit Stiftung Ebelin und Gerd Bucerius.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

Découvrez les rubriques et articles rédigés par des specialistes du Moyen-Orient
Portraits historiques
Portraits contemporains
Entretiens
Mots clés
Historiques des Etats du Moyen-Orient
Dates anniversaire


Les pays traités : Algérie, Arabie Saoudite, Autres pays, Bahrein, Egypte, Emirats Arabes Unis, Empire ottoman, Etats-Unis, Irak, Iran, Israël, Jordanie, Koweit, Liban, Libye, Libye, Maroc, Méditerranée, Oman, Palestine, Qatar, Syrie, Territoires palestiniens, Tunisie, Turquie, Yémen
© Les clés du Moyen-Orient - Mentions légales - Design : Katelia - Réalisation : Gaiaservice