Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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DES CLÉS DU MOYEN-ORIENT



Entretien avec …

Entretien avec Sarah Ben Néfissa – Les pratiques électorales dans l’Égypte post-révolutionnaire

Vous travaillez sur la question des élections en Égypte. En quoi le métier de chercheur s’est-il transformé avec la Révolution ?

Le travail de chercheur en sciences politiques de manière générale a connu de véritables bouleversements avec la Révolution ; l’histoire s’est précipitée, les médias occidentaux nous ont beaucoup sollicités, la recherche elle-même imposait de nouvelles pressions. Le cas des études sur les élections sont à ce titre une manifestation claire de ces transformations. D’une élection tous les quatre ou cinq ans, nous nous sommes retrouvé à analyser en cinq ans huit élections – et les neuvièmes, les élections locales, arrivent très prochainement. Il est ainsi beaucoup plus difficile pour nous d’approfondir notre étude.

Par ailleurs, en Egypte comme en Tunisie, une partie des élites intellectuelles et notamment nos collègues, sont devenus des acteurs politiques. Eux également ont été pris dans le tourbillon précipité de l’histoire et au final on s’aperçoit qu’ils sont aussi inaccessibles que leurs prédécesseurs.

Nos obstacles ne sont plus les mêmes ; le problème de l’accès à l’information s’est transformé en un problème de traitement de l’information, pléthorique et difficile à valider. D’autre part, il est de plus en plus clair que les divisions idéologiques internes au pays, qu’il s’agisse de l’Egypte ou de la Tunisie, se reproduisent en Europe, et ont un véritable impact sur le champ de la recherche : les questions des médias, mais aussi des chercheurs, ne sont plus les mêmes – elles poussent moins à l’analyse qu’à une réaction comme justification du camp idéologique choisi. La recherche, pourtant, a besoin de temps et de recul pour proposer des analyses pertinentes des événements à ceux qui ne les ont pas vécus.

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Sarah Ben Néfissa est chercheur à l’IRD-UMR Développement et sociétés. Elle est politologue spécialiste de l’Egypte et du monde arabe.

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Entretien avec Kamel Doraï – La Jordanie et la question des réfugiés

Historiquement, la Jordanie s’inscrit comme terre d’accueil de flux de réfugiés en provenance de Palestine. Quelles sont les mutations que la Jordanie connait aujourd’hui au regard des nouvelles vagues de migrations en provenance d’Irak et de Syrie ?

Historiquement, la Jordanie a toujours été une terre d’accueil pour de très nombreux réfugiés. Sans remonter à la période qui a précédé l’indépendance du pays en 1946, ce sont les Palestiniens qui forment toujours le principal groupe de migrants forcés, avec un peu plus de 2 millions de réfugiés enregistrés auprès de l’UNRWA. Ils sont arrivés en deux principales vagues en 1948 puis en 1967. Il faut également rappeler qu’aujourd’hui la Jordanie est le seul espace de sortie pour les Palestiniens venant de Cisjordanie. L’unique aéroport international qui leur est en effet accessible est celui d’Amman. Les nombreux réseaux familiaux qui traversent les deux rives du Jourdain renforcent les liens entre les Territoires palestiniens et la Jordanie, avec un flux régulier de personnes qui entrent et sortent du territoire pour travailler, pour des raisons familiales ou pour étudier. Par la suite, de façon très importante depuis les années 1990, puis avec la chute de Saddam Hussein en 2003, plusieurs centaines de milliers de réfugiés irakiens sont venus trouver asile en Jordanie. Nombre d’entre eux se servant de la Jordanie comme un pays de transit pour repartir ensuite vers les pays du Golfe, les États-Unis, l’Australie ou encore l’Europe, d’autres s’y installent plus durablement (55 000 enregistrés au HCR et probablement plus de 100 000 installés en Jordanie). Ce flux d’Irakiens se poursuit d’ailleurs alors que l’Irak est toujours en proie à une très forte instabilité.

L’afflux actuel de réfugiés syriens est donc la troisième importante vague de réfugiés avec, selon les chiffres du HCR, environ 630 000 Syriens inscrits auprès de l’agence onusienne. Ces derniers se distinguent toutefois du principal groupe de réfugiés que sont les Palestiniens.

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Kamel Doraï est chargé de recherche au CNRS à l’Institut Français du Proche-Orient (Amman, - Jordanie) et chercheur associé à MIGRINTER (CNRS – Université de Poitiers). Ses principales thématiques de recherche portent sur la réflexion autour de la question de l’asile et des réfugiés au Moyen-Orient, des recompositions géopolitiques et des nouvelles dynamiques migratoires au Moyen-Orient ainsi que sur les migrations et pratiques transnationales au sein de la diaspora palestinienne.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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