Décryptage de l'actualité
au Moyen-Orient


TerritoiresPalestiniens TerritoiresPalestiniens syrie Koweit Qatar Bahrein EAU Egypte Liban TerritoiresPalestiniens Israel Jordanie ArabieSaoudite Israel


L’actualité analysée par ...

Un an après le 14 février 2011, chiites et sunnites au Bahreïn

Le 14 février 2012 marque le premier anniversaire de l’éphémère “Printemps de Manama”, dans le royaume du Bahreïn. L’épisode principal en a été l’occupation de la place de la Perle par des milliers de manifestants réclamant, pour l’essentiel, une démocratisation politique et sociale - une minorité radicale appelant au remplacement de la monarchie par une république. Le mouvement a été brisé dès le 15 mars 2011 par l’intervention concomittante des forces de sécurité bahreïnies et des troupes saoudiennes, sous couvert de la force “Bouclier du Golfe” du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Un an après, les tensions et la répression persistent au quotidien, dans une évolution qui renvoie à “l’intifada chiite” des années 1990. En effet, la grille de lecture la plus fréquente des évènements oppose la monarchie sunnite des al-Khalifa (soutenue par l’Arabie saoudite et les Etats sunnites du Golfe) à des opposants chiites (derrière lesquels se profilerait la République islamique d’Iran) : le Bahreïn serait ainsi le microcosme d’une compétition pour l’hégémonie régionale entre les monarchies arabes du Golfe, soutenues par les Etats-Unis et la République islamique d’Iran.

Le recul d’une année permet à la fois de valider globalement l’approche confessionnelle (chiites/sunnites), mais de la nuancer sérieusement. En effet, si les racines historiques de l’opposition confessionnelle sont anciennes, le mouvement du printemps 2011 a clairement cherché à les dépasser. C’est le régime lui-même qui, par la stigmatisation des chiites et du rôle supposé de l’Iran, a « reconfessionnalisé » les oppositions politiques et sociales. Mais, ayant radicalisé pour cela une population sunnite tétanisée, le monarque se trouve désormais pris dans des contradictions qui obèrent ses tentatives de sortie de l’impasse politique.

Lire la suite

Jean-Paul Burdy est maître de conférences d’histoire à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble. Il y dirige le séminaire de recherche “Turquie-Iran-Moyen-Orient” et enseigne au master “Intégration et Mutations en Méditerranée et au Moyen-Orient”.

© Les clés du Moyen-Orient - Mentions légales - Design : Katelia - Réalisation : Gaiaservice