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Entretien avec …

Entretien avec Nicolas Dot-Pouillard – Le Mouvement national palestinien

Comment pourriez-vous définir le mouvement national aujourd’hui ?

Depuis 1993, quatre grands groupes s’imposent.
Le Fatah reste parmi les plus populaires face au Hamas, dans les Territoires occupés comme dans les diasporas. Le Fatah d’aujourd’hui n’est toutefois plus celui des années 1970. L’autorité nationale palestinienne, à laquelle il est lié, est devenue autocrate. Le Fatah a laissé de côté les idéaux tiers-mondistes ou révolutionnaires de l’époque au profit d’une forme de nationalisme conservateur, pour parler à un public majoritairement croyant. Le Fatah, malgré les idées reçues, n’est pas un parti laïc. Il ne propose pas d’inscrire la charia comme loi – en cela, ce n’est pas un parti islamiste – mais défend les valeurs de l’islam. C’est un parti conservateur.

Parmi les islamistes ou les islamo-nationalistes qui composent le deuxième groupe, on trouve des partis comme le Jihad islamique palestinien et le Hamas, qui se réclament tous deux de l’héritage de l’islam politique de type Frères musulmans (Hamas) ou de l’héritage de la révolution iranienne (Jihad islamique). Toutefois, s’ils se réclament de l’héritage islamique, l’idéal d’un État-nation palestinien prédomine toujours dans leurs programmes politiques et leurs convictions idéologiques. Ce sont des formations islamo-nationalistes. Le Hamas, d’ailleurs, est un parti bien davantage palestinien que panislamique : il est engagé dans des processus diplomatiques qui l’ont notamment incité à accepter l’invitation des Russes, en 2006, à se rendre à Moscou, alors même que ces derniers sévissaient en Tchétchénie. Partant d’une réflexion centrée sur les intérêts nationaux, il tente de tisser des liens diplomatiques avec tout le monde.

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Nicolas Dot-Pouillard, docteur en Etudes politiques de l’EHESS, est chercheur MAEE à l’Ifpo de Beyrouth. Il est également Core-Researcher au sein du programme Wafaw (When Authoritarianism Fails in the Arab World), European Research Council (ERC) et membre du comité de rédaction de la revue Orient XXI.

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Entretien avec …

Entretien avec Philippe Moreau Defarges – Quelles problématiques pour la Syrie ?

Que se passe-t-il en Syrie ?

Pour comprendre ce qu’il se passe en Syrie, il faut définir ce qu’il s’y passe. Il s’y déroule une guerre civile, ce qui est extrêmement dur et violant, et très haineux, avec une multitude d’ingérences extérieures. S’y joint une guerre civile en Irak. Il y a donc interférence entre ces deux guerres civiles. La tragédie syrienne doit et peut se comprendre à la lumière d’autres guerres civiles, comme celles de la guerre d’Espagne de 1936-1939, et de Yougoslavie des années 1990.

Quelles sont les paix possibles ?

Il y a deux paix possibles. La première est celle par le plus fort, la guerre s’arrêtant si un fort impose sa volonté. En Espagne, c’est Franco qui l’emporta, en Yougoslavie c’est en principe les Occidentaux qui imposèrent leur volonté. La question est : y-a-il en Syrie un fort qui est capable d’imposer sa volonté et de se faire obéir par les autres ? La réponse est clairement non.
La seconde paix possible, qui en général découle de la première, est une négociation entre les protagonistes, au cours de laquelle un compromis est trouvé. Cette paix n’est en général possible que si la première paix a eu lieu.

Pourquoi n’y aura-t-il pas de paix en Syrie ? Les protagonistes extérieurs

Là il faut reprendre les deux formes de paix. Y-a-il un fort qui impose sa volonté en Syrie, étant acquis que cette paix sera respectée par les belligérants ? Pour ma part, je n’en vois pas.

Mais revenons en préalable au contexte de 2011. Pourquoi personne n’est intervenu au début du conflit syrien, pour le régler ? Rappelons que tous les pays de la région sont en ébullition, en raison des Printemps arabes, d’un mouvement d’émancipation des peuples arabes, après l’affaire de l’Irak et le désastre de l’intervention américaine dans ce pays. Comment donc les Occidentaux auraient-ils pu aller en Syrie, dans ce contexte d’émancipation des peuples, et dans celui du désastre irakien ? Ils sont en effet décrédibilisés, et n’ont ni la volonté ni les moyens d’y aller.

Pour en revenir à la question des protagonistes, prenons tout d’abord la Russie. Le but des Russes est de montrer aux Occidentaux qu’ils existent et de leur faire un « pied de nez ». Les bombardements russes sur Alep ont pour objectif de montrer aux Occidentaux, que même s’ils ont été humiliés, ils sont toujours présents. La Russie « cogne » dur, elle frappe très durement pour montrer sa force, pour soutenir Bachar al-Assad, qui est lui même très affaibli, et dont personne ne peut présager l’avenir. En outre, la Russie ne souhaite pas s’engager au sol, étant très marquée par l’Afghanistan (comme les Américains le sont d’ailleurs par le Vietnam et l’Irak), et procède à des bombardements en espérant qu’ils règleront les choses. Hélas, on sait très bien que les bombardements ne règleront rien.

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Philippe Moreau Defarges, né en 1943, ancien élève de l’École nationale d’administration, ancien diplomate, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI). Philippe Moreau Defarges a occupé plusieurs fonctions administratives, notamment dans le secteur de la construction européenne. Il a enseigné à Sciences-Po (Paris) et co-dirigé le rapport RAMSES (IFRI) de 2002 à 2015.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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