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DES CLÉS DU MOYEN-ORIENT



Retour sur l’histoire …

La Grande Bretagne, le Koweït et les affaires de l’Arabie de la fin du XIX siècle à 1914. Première partie : le cadre général de l’action de la Grande-Bretagne dans le Golfe Persique. Le Koweït : situation géographique, limites territoriales et importance stratégique, par Yves Brillet

Le cadre général : la Grande-Bretagne dans le Golfe persique, son action, ses objectifs

Les relations entre la Grande-Bretagne et le Koweït à la fin du XIXème et au début du XXème siècle s’inscrivent dans le cadre plus général des rapports qu’entretiennent les autorités britanniques à Londres et en Inde, c’est-à-dire le Foreign Office, l’India Office et le Government of India avec les Empires perse et ottoman ainsi qu’avec les puissances européennes, au premier rang desquelles la Russie et l’Allemagne, susceptibles de remettre en cause un statu quo qui consacre la prépondérance de fait de la Grande-Bretagne dans les eaux et sur les deux rives du Golfe persique, qu’il s’agisse des activités commerciales des entreprises britanniques ou de la défense des intérêts stratégiques de la Grande-Bretagne impériale (1).

Dans un premier temps, nous nous attacherons à retracer brièvement la chronologie et les étapes marquantes de la présence britannique dans le Golfe avant de la resituer dans le contexte plus général de la mise en œuvre de la stratégie et de la diplomatie britannique dans la région.

Les présences européennes dans le Golfe sont minutieusement documentées dans le Gazetteer of the Persian Gulf édité à partir de 1908 par Gordon Lorimer à l’usage du Government of India et de l’India Office (2). Lorimer rappelle que l’objectif premier de la Grande-Bretagne fut tout d’abord d’assurer la sécurité de la navigation dans le Golfe. Après la décision par les autorités britanniques en Inde de mettre fin aux actes de pillage et de piraterie, un corps expéditionnaire se mit en route en novembre 1819, composé de 3 bâtiments de la Royal Navy, de 3 navires de l’East India Company, et de 3.000 hommes. En janvier 1820, une garnison fut établie à Ras el Khaimah et d’autres ports ainsi que Linguah et Bahreïn furent occupés (3). Par le Traité de Paix du 8 janvier 1820, les chefs des principautés côtières s’engageaient à renoncer au pillage et à la piraterie. Ils acceptaient l’utilisation de pavillons distinctifs ainsi que l’enregistrement des navires. En contrepartie, la Grande-Bretagne s’engageait à maintenir la paix et assurer la sécurité de la navigation dans le Golfe (4). Les années qui suivirent virent le renforcement de la présence dissuasive de la Grande-Bretagne ainsi que l’introduction d’un système de « Trêves maritimes » à partir de 1835 consacrant la suppression et l’éradication des pratiques et des actes de pillage et de piraterie. En 1843, ces dispositions furent prolongées, et rendues permanentes en 1853 (5). L’engagement de la Grande-Bretagne se limite ainsi au renforcement de la sécurité en mer et n’entraine pas d’implication dans les relations terrestres ou les conflits de voisinage des principautés (6). Ces dispositions furent complétées entre 1861 et 1892 par des accords conclus avec le cheikh de Bahreïn et les principautés de la côte. En décembre 1880, le cheikh de Bahreïn s’engageait à ne pas autoriser la présence sur son territoire d’agents diplomatiques autres que britanniques, à ne pas consentir à l’établissement de dépôts de charbon, à ne pas négocier ou signer des traités avec des puissances tierces sans le consentement du gouvernement britannique. En décembre 1887, les autres cheikhs contractèrent le même engagement auprès des autorités britanniques (7). En 1892, un nouveau traité fut conclu séparément avec l’ensemble des principautés qui s’engageaient à ne pas signer d’accord et ne pas correspondre avec d’autre puissance que la Grande-Bretagne, à ne pas accueillir d’agent d’une autre puissance sans son accord préalable, à ne céder, louer, hypothéquer, ou permettre l’occupation d’une partie de leur territoire qu’au gouvernement britannique (8).

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Yves Brillet est ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud, agrégé d’Anglais et docteur en études anglophones. Sa thèse, sous la direction de Jean- François Gournay (Lille 3), a porté sur L’élaboration de la politique étrangère britannique au Proche et Moyen-Orient à la fin du XIX siècle et au début du XXème. Il a obtenu la qualification aux fonctions de Maître de Conférence, CNU 11 section, a été membre du Jury du CAPES d’anglais (2004-2007). Il enseigne l’anglais dans les classes post-bac du Lycée Blaringhem à Béthune.

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Retour sur l’histoire …

Eve Curie, une héroïne de la France Libre dans les conflits du Proche et Moyen-Orient, (1904-2007)

Eve Curie naît le 6 décembre 1904. Sa sœur, Irène, son aînée de sept ans, se consacrera à la recherche scientifique. L’année précédente, en 1903, Pierre et Marie Curie ont été avec Henri Becquerel, lauréats du prix Nobel de physique. La famille, très unie, connaît un drame. Le 19 avril 1906, Pierre Curie est renversé par une voiture dans Paris. Eve Curie, âgée d’un an, n’aura aucun souvenir de son père. Marie Curie, trop marquée par le deuil, sera dans l’incapacité de mentionner son nom devant sa cadette. Celle-ci écrira plus tard combien elle en a souffert.

Sa jeunesse se passe entre Paris et la maison de l’Arcouest, à la pointe de la Bretagne face à l’île de Bréhat, entourée des plus grands scientifiques de l’époque qui témoignent à Marie Curie un profond respect. L’un de leurs plus proches amis n’est autre qu’Albert Einstein. Eve Curie est encore une enfant lorsque celui-ci, au cours d’une promenade, évoque auprès de Marie Curie la théorie de la relativité. Mais la jeune fille n’est pas, à l’inverse de son aînée, attirée par les sciences, au regret de sa mère qui l’imagine travaillant plus tard auprès d’elle comme radiologue à l’institut du radium.

Son intérêt se concentre sur le piano et l’écriture. Encore lycéenne, elle souhaite s’engager dans une carrière musicale. Marie Curie veut d’abord que la jeune fille réussisse le baccalauréat. En dépit de quelques concerts donnés pour ses vingt et un ans qui suscitent la curiosité du public et des médias, la jeune femme comprend qu’elle ne pourra prétendre à une carrière internationale de virtuose. Dans une famille où seule prime l’excellence, elle interrompt sa carrière de pianiste au bout de deux ans et devient critique musicale, se lie d’amitié avec Arthur Rubinstein et Colette, notamment.

« Madame Curie », ou le deuil éclatant de l’écriture

Proche du dramaturge Henri Bernstein, célèbre avant-guerre pour ses pièces telles que Mélo, repris par la suite par Alain Resnais, elle est l’une des personnalités du Tout Paris. Son élégance, sa culture, en font une femme d’influence dont les portraits figurent dans la presse, habillée par les grands couturiers. Dans le même temps elle est proche de sa mère qu’elle avait accompagnée en 1921 dans sa tournée triomphale aux Etats-Unis. Marie Curie décède en 1934, dans une relative indifférence. A la demande d’un éditeur américain, Eve Curie publie en 1937 Madame Curie, l’histoire de sa mère qui lui apporte une renommée mondiale, traduit en une trentaine de langues, couronné aux États-Unis par le prestigieux National Book Award. En 1943, la Metro-Godlwyn-Mayer produira une adaptation au cinéma avec Greer Garson dans le rôle principal. Elle effectue une tournée à travers les Etats-Unis pour présenter les Françaises. Hommage exceptionnel, l’hebdomadaire politique Time lui consacre sa couverture en février 1940.

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Claudine Monteil, issue d’une famille scientifique, est une ancienne diplomate qui a occupé des fonctions ayant trait aux affaires stratégiques, culturelles, politiques et économiques.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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