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Entretien avec …

Entretien avec Guillaume de Rougé - La présidence Obama et le Moyen-Orient : quel bilan ? (1/2)

1) Quels sont, selon vous, les succès de la politique du président Obama au Moyen-Orient ?

Il est difficile de répondre à cette question en termes de succès objectifs, comme souvent en analyse politique, a fortiori dans une perspective d’histoire immédiate et lorsque tant d’équations entrent en jeu. Revenir sur les huit années d’action politique des administrations Obama au Moyen-Orient nous impose de naviguer entre un temps « événementiel », dans lequel succès et échecs relèvent d’une analyse tactique et du registre des perceptions, et un temps long, qui exige un recul suffisant, et dans lequel les avancées se mesurent à l’aune d’effets recherchés et de critères qu’il s’agit de définir à différentes échelles, notamment dans le cadre plus large de la recomposition des intérêts stratégiques américains. Suivant cette approche diachronique, un bilan, certes toujours provisoire, peut être tenté, dans un aller-retour permanent entre les événements et ce que les acteurs en font.

Ces cadres étant posés, ce qui frappe d’emblée dans l’analyse de ces temps court et long qui s’affrontent entre la fin 2008 et le début 2017, c’est précisément la contradiction latente de la politique américaine entre la nécessité de réagir aux multiples crises secouant la région, et son aspiration à opérer un retrait substantiel, bien que relatif, de cette même région. La question régionale rejoint par ce biais une polarisation classique du débat américain, entre les tenants d’un retrait relatif à l’échelle globale, d’un « rapatriement » de la puissance, pour reprendre l’expression de Stanley Hoffmann, et ceux d’un maintien coûte que coûte de la tradition internationaliste libérale américaine.

Dès lors, dresser un bilan « à chaud » de l’action de Barack Obama au Moyen-Orient revient certes à tenter d’identifier ses succès, et en miroir ses échecs, mais aussi, et peut-être plus encore, à déterminer dans quelle mesure sa présidence a contribué à redéfinir la place du Moyen-Orient dans la politique étrangère américaine.

Plutôt que de nous lancer aveuglément dans la recherche de succès incertains, mieux vaut donc logiquement commencer par tenter de voir d’où partait cette administration et quels pouvaient être ses horizons d’attente pour le Moyen-Orient.

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Docteur en histoire contemporaine (Sorbonne 2010), spécialiste des questions de défense européenne et transatlantiques, Guillaume de Rougé est enseignant-chercheur en histoire des relations internationales, associé à l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Il enseigne également à Sciences Po Paris, l’INALCO, Universités Paris II/IV et VIII. _ De 2011 à 2015, Guillaume de Rougé fut chargé de mission au ministère de la Défense - DAS puis DGRIS, Direction générale des Relations internationales et de la Stratégie - successivement sur la stratégie américaine et la planification OTAN.

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Histoire

Les relations entre Ibn Saoud et la Grande-Bretagne (1906-1914). Ibn Saoud et la Grande-Bretagne 1906-1911 (1/4)

La défense du statu quo dans le Golfe Persique

Au commencement de l’année 1906, le Government of India fut informé par le Résident politique dans le Golfe de la visite projetée par Ibn Saoud au Qatar ainsi que de son intention de se rendre sur la Côte des traités et à Mascate-Oman (1). Dans une note aux responsables de l’India Office, les autorités britanniques firent part de leur crainte pour le prestige et l’influence de la Grande-Bretagne si une telle visite avait lieu (2). Le Government of India insistait en outre sur les risques éventuels pour la sécurité des principautés du littoral alliées à la Grande-Bretagne si Ibn Saoud parvenait à y renforcer son influence (3). Il réaffirmait la nécessité de prévenir l’extension de l’autorité d’Ibn Saoud sur la rive arabe du Golfe et de lui notifier que toute tentative de remise en cause du statu quo serait considérée comme un acte inamical (4). Le Résident politique suggéra le 4 février d’intimer aux chefs des principautés du Golfe que le gouvernement ne montrerait aucune complaisance concernant d’éventuelles intrigues avec Ibn Saoud (5). L’India Office émit des réserves concernant l’opportunité et la mise en œuvre d’une telle mesure et fit savoir qu’en l’absence de nécessité urgente, aucune décision ne pouvait être prise avant que l’ambassade britannique à Constantinople n’ait été consultée sur le bien-fondé d’une discussion directe avec les wahhabites (6). Dans une dépêche datée du 13 avril 1906, le Secrétaire d’Etat John Morley fit savoir que Londres acceptait l’éventualité d’une mise en garde si Ibn Saoud persévérait dans son intention de progresser vers le Golfe Persique. Le gouvernement britannique considérait cependant qu’une telle démarche ne se justifiait que si ce dernier atteignait effectivement le littoral du Golfe et que dans ce cas seulement un avertissement en bonne et due forme des autorités britanniques pourrait lui être transmis officiellement (7). L’Ambassadeur britannique en Turquie, se basant sur les rapports fournis par les consuls en poste en Syrie et en Mésopotamie faisant état d’un affaiblissement du chef wahhabite dans le conflit qui l’opposait à son rival Ibn Rashid, Emir du Djebel Shammar, fit savoir au Foreign Office que les circonstances démontraient l’inopportunité pour le gouvernement britannique de se mêler des conflits internes opposant les tribus de la Péninsule arabique (8).

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Yves Brillet est ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud, agrégé d’Anglais et docteur en études anglophones. Sa thèse, sous la direction de Jean- François Gournay (Lille 3), a porté sur L’élaboration de la politique étrangère britannique au Proche et Moyen-Orient à la fin du XIX siècle et au début du XXème.
Il a obtenu la qualification aux fonctions de Maître de Conférence, CNU 11 section, a été membre du Jury du CAPES d’anglais (2004-2007).

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