Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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DERNIÈRES ANALYSES

DES CLÉS DU MOYEN-ORIENT



Entretien avec ...

Entretien avec Claude Giorno, La situation socio-économique d’Israël

Quel est le niveau de la pauvreté dans la population, et comment s’analyse-t-il ?

La question de la pauvreté est une question très importante dans le cas d’Israël. Le taux de pauvreté de ce pays est en effet l’un des plus élevés de l’OCDE. Par taux de pauvreté, on entend ici taux de pauvreté relative, qui définit comme pauvres ceux dont les revenus sont inférieurs à 50% du revenu médian de la population. Ceci s’oppose à la notion de pauvreté absolue, moins fréquemment utilisée, qui définit comme pauvres les personnes qui n’ont pas les revenus suffisants pour satisfaire des besoins minimums, qui sont calculés à partir d’un panier de consommation.

L’analyse de la pauvreté relative en Israël révèle différentes réalités liées à la diversité de la société. Il y a en effet dans ce pays plusieurs communautés, que l’on peut schématiquement décomposer en trois grands groupes : les Arabes israéliens, les Juifs ultra-orthodoxes (ou « Haredim » qui signifie « Craignant-Dieu »), et le reste de la population (dite « mainstream »). Il y a en Israël 20 % d’Arabes israéliens et près de 10 % de Haredim. Il se trouve que la pauvreté est fortement concentrée parmi ces deux groupes, comme le montre le graphique ci-dessous, essentiellement pour deux raisons principales qui jouent de façon un peu différente dans les deux cas : le taux d’emploi, et le niveau d’éducation.

Parmi les Arabes israéliens, il y a un problème de taux d’emploi chez les femmes, qui travaillent très peu. Les hommes travaillent davantage, comme le montre leur taux d’activité et d’emploi élevé, mais leurs revenus sont faibles, ce qui tient partiellement à leur niveau d’éducation, mais également à la discrimination dont ils font l’objet. Le taux de pauvreté des Juifs ultra-orthodoxes est similaire à celui des Arabes israéliens. Chez les Haredim en revanche, la difficulté est principalement concentrée chez les hommes, pour des raisons culturelles. On le voit dans leur participation au marché du travail, qui est très faible. Cette situation est liée à l’éducation, non seulement parce qu’ils préfèrent continuer leurs études religieuses que d’entrer sur le marché du travail, mais également parce que dans leur cursus éducatif, on ne leur enseigne pas ce qui peut être utile sur le marché du travail, comme les mathématiques ou les langues étrangères. Les femmes travaillent davantage, mais le nombre d’enfants par femme étant élevé (autour de six ou sept actuellement), cela engendre une participation discontinue et irrégulière au marché du travail.


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Claude Giorno, senior économiste à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), est chef du bureau Israël

Nos partenariats

Musée du Louvre, exposition Le Maroc médiéval, Un empire de l’Afrique à l’Espagne

Invitation à la conférence du lundi 27 octobre 2014 à l’auditorium du Louvre - 24/10/14

Dans le cadre du partenariat média le Louvre/Les clés du Moyen-Orient,
l’auditorium du Louvre vous invite le lundi 27 octobre 2014 à 18h30
à la conférence "Chérifisme et soufisme dans l’histoire du (...)

Analyse de l’actualité

Iran : attention à la fermeture des portes ! Par Michel Makinsky

Les intenses négociations qui se sont achevées le 26 septembre 2014 n’ont pas permis d’avancée décisive entre l’Iran et les 5+1 (les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité + l’Allemagne). Toutefois, il semble que sur plusieurs éléments « techniques » au sein de ce très volumineux et très complexe dossier, des progrès aient été accomplis. En revanche, des divergences lourdes persistent sur des points critiques à haute valeur politique. Les échanges bilatéraux longs et intenses entre Américains et Iraniens, à plusieurs niveaux, ont permis une meilleure compréhension mutuelle. Les sessions multilatérales avec les 5+1 ont aussi apporté quelques clarifications. Pour leur part, le président iranien et son ministre des Affaires étrangères ont multiplié les contacts avec les représentants de nombreux pays, ont utilisé la tribune qu’offrait l’Assemblée Générale des Nations unies, se sont livrés à des opérations de communication auprès des media, porteurs d’opinion, think- tanks à l’occasion de ce passage outre-Atlantique. A deux mois de l’échéance du 24 novembre, quelles sont les perspectives que l’on peut tirer de cet épisode ? Le dossier nucléaire n’était pas le seul au centre des discussions. La crise irako-syrienne a été au coeur de maints entretiens et déclarations, faisant apparaître la nécessité de la recherche d’une coopération de l’Iran.

Des signaux négatifs s’étaient multipliés avant cette session sur ces deux dossiers cruciaux, en principe indépendants, ouverts entre la communauté internationale et l’Iran. De part et d’autre était perceptible un dangereux raidissement, presque une surenchère. Ceci, alors qu’en dépit de graves divergences qu’on ne peut nier, non seulement un certain nombre de pistes de solutions (sur le réacteur d’Arak et le site de Fordow) ont déjà été explorées dans les rounds successifs avec les 5 +1, et que pour l’Irak, l’utilité d’impliquer l’Iran dans le traitement de cette crise n’est plus contestée. Or, une sorte de « machine à perdre » perverse s’est emballée, chacun ajoutant de nouveaux obstacles à un dialogue qui n’en avait pas besoin. Aux Occidentaux, qui font un abcès de fixation sur les centrifugeuses (une question, certes, majeure), tout comme sur la durée très étendue des contraintes qui seront imposées à Téhéran, répond une inflexibilité iranienne sur les mêmes centrifugeuses, les « droits inaliénables », alimentée par un sérieux doute quant à la sécurité des approvisionnements en combustible nucléaire, et sur la réalité et l’ampleur de la levée des sanctions.

Michel Makinsky est chercheur Associé IPSE, directeur général AGEROMYS INTERNATIONAL.
Dernière publication : « L’économie réelle de l’Iran au-delà des chiffres » (ouvrage collectif), L’Harmattan, 2014.


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Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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