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	<title>Les cl&#233;s du Moyen-Orient</title>
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	<description>Les cl&#233;s du Moyen-Orient est un site d'information sur l'histoire et l'actualit&#233; du Moyen-Orient. Selon la ligne &#233;ditoriale du site : &#171; Comment l'histoire explique l'actualit&#233; &#187;, les &#233;v&#232;nements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replac&#233;s et analys&#233;s dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, r&#233;alis&#233;es par des professeurs d'universit&#233;, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur priv&#233;, sont publi&#233;es dans les rubriques &#171; Rep&#232;res historiques &#187;, &#171; Analyse de l'actualit&#233; &#187;, &#171; Portraits et entretiens &#187; et &#171; Infos culture &#187;.</description>
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		<title>Les cl&#233;s du Moyen-Orient</title>
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		<title>Les Assyro-Chald&#233;ens au XXe si&#232;cle</title>
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		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
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		<dc:subject>Empire ottoman</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les Assyro-Chald&#233;ens sont un peuple chr&#233;tien du Proche-Orient, parlant et &#233;crivant une langue syriaque proche de l'aram&#233;en, la langue du Christ. Ils appartiennent &#224; une des Eglises orientales n&#233;e &#224; la fin du IVe si&#232;cle dans l'Empire romain, et qui reprit certaines th&#232;ses de Nestorius, patriarche de Constantinople (d'o&#249; leur nom &#233;galement de Nestoriens) et qui se d&#233;veloppa ind&#233;pendamment de Rome.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au XVIe si&#232;cle, certains membres de cette Eglise se rattachent &#224; l'Eglise de Rome et forment une nouvelle (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Empire-ottoman-+.html" rel="tag"&gt;Empire ottoman&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Assyro-Chald&#233;ens sont un peuple chr&#233;tien du Proche-Orient, parlant et &#233;crivant une langue syriaque proche de l'aram&#233;en, la langue du Christ. Ils appartiennent &#224; une des Eglises orientales n&#233;e &#224; la fin du IVe si&#232;cle dans l'Empire romain, et qui reprit certaines th&#232;ses de Nestorius, patriarche de Constantinople (d'o&#249; leur nom &#233;galement de Nestoriens) et qui se d&#233;veloppa ind&#233;pendamment de Rome.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Au XVIe si&#232;cle, certains membres de cette Eglise se rattachent &#224; l'Eglise de Rome et forment une nouvelle hi&#233;rarchie, appel&#233;e Chald&#233;enne. A la veille de la Premi&#232;re Guerre mondiale existent deux patriarcats, le syrien sous la direction du Mar Shimoun dans les montagnes du Hakkari, le chald&#233;en &#224; Mossoul. Les tribus assyriennes reconnaissent toute l'autorit&#233; de Mar Shimoun, qui les repr&#233;sente devant les autorit&#233;s ottomanes. Apr&#232;s avoir pris part &#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale, les Assyro-Chald&#233;ens esp&#232;rent pouvoir profiter de la recomposition territoriale engendr&#233;e par la chute de l'Empire ottoman et de l'affirmation du droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes pour obtenir la cr&#233;ation d'un Etat qui leur appartienne. Mais le jeu des grandes puissances et les divisions internes &#224; cette Eglise emp&#234;chent la r&#233;alisation de ce projet, faisant des Assyro-Chald&#233;ens des r&#233;fugi&#233;s et des minorit&#233;s sur l'&#233;chiquier proche-oriental.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les Assyro-Chald&#233;ens pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;A la veille de la Premi&#232;re guerre mondiale, la population assyrienne dans l'Empire ottoman s'&#233;l&#232;ve &#224; un million de personnes environ, &#233;tablies entre les actuels Iran, Irak et Turquie. Les communaut&#233;s les plus importantes sont install&#233;es pr&#232;s du lac d'Ourmia en Perse, du lac de Van, en M&#233;sopotamie, dans les provinces de Diarb&#233;kir, Erzeroum et Bitlis. Elles vivent au milieu de communaut&#233;s arabes, arm&#233;niennes et kurdes, et leur place dans la soci&#233;t&#233; est d&#233;finie par le syst&#232;me du &lt;i&gt;millet&lt;/i&gt;, qui leur conf&#232;re un statut de citoyen de second rang. En 1914, les grandes puissances convoitent le Moyen-Orient : les int&#233;r&#234;ts allemands menacent ceux des Fran&#231;ais, des Britanniques et des Russes ; l'Empire ottoman et la Turquie esp&#232;rent s'emparer d'une partie de leurs territoires respectifs. Apr&#232;s avoir envahi la r&#233;gion d'Urmi en 1909, les Russes d&#233;clarent en 1914 la guerre &#224; l'Empire ottoman, alli&#233; &#224; la Triple Alliance. Le Mar Shimoun, en r&#233;action aux raids men&#233;s par les Kurdes contre les districts frontaliers en Perse, d&#233;cide de s'allier aux Russes en mai 1915. Mais apr&#232;s leur d&#233;faite cette m&#234;me ann&#233;e, les Russes entra&#238;nent dans la d&#233;b&#226;cle des milliers de chr&#233;tiens qui se r&#233;fugient en Perse, tandis que ceux qui restent sont massacr&#233;s par les troupes ottomanes. Lorsque les Russes se retirent du conflit apr&#232;s la R&#233;volution de 1917, les Assyriens se mettent au service des Britanniques, qui requi&#232;rent leur aide pour tenir le front perse, en &#233;change de la promesse d'un territoire autonome &#224; l'issue du conflit. Les bataillons assyriens repoussent les Ottomans de Mossoul et assurent aux Britanniques le contr&#244;le de cette r&#233;gion riche en p&#233;trole, qu'ils convoitent depuis le d&#233;but du conflit. Mais en 1918, la paix s&#233;par&#233;e avec la Russie facilite l'avanc&#233;e des troupes ottomanes en Perse, qui perp&#232;trent &#224; nouveau des massacres contre les Assyro-Chald&#233;ens, alors que le Mar Shimoun est assassin&#233;. Sous la protection des Britanniques, les Assyriens se r&#233;fugient &#224; Ba'quba en Irak (&#224; 50 kilom&#232;tres de Kaboul), au cours d'un exode qui fait pr&#232;s de 50 000 morts. En Irak, ils sont provisoirement install&#233;s dans des camps ou enr&#244;l&#233;s comme volontaires par les troupes britanniques, attendant que leur sort soit r&#233;gl&#233; par la Soci&#233;t&#233; des Nations, et sans autorit&#233; incontest&#233;e pour les repr&#233;senter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;claration de guerre de l'Empire ottoman en novembre 1914, est proclam&#233; le Jihad contre les infid&#232;les, parmi lesquels les chr&#233;tiens. A partir du d&#233;but de 1915, les chr&#233;tiens sont tu&#233;s dans les provinces orientales. Entre le printemps et l'automne, la Turquie d'Asie subit une sanglante r&#233;pression, qui entra&#238;ne la d&#233;vastation des principaux dioc&#232;ses chr&#233;tiens. On estime que pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, entre 270 000 et 750 000 Assyro-chald&#233;ens sont morts. La qualification de g&#233;nocide a &#233;t&#233; donn&#233;e en 2007 par l'Association internationale des g&#233;nocides. Elle est reconnue par un certain nombre de pays, mais ne fait pas l'objet d'une reconnaissance officielle de la part de l'ONU.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'issue de la guerre, la situation des Assyro-Chald&#233;ens est marqu&#233;e par plusieurs exodes. Le camp de Ba'quba, accueillant une tr&#232;s importante population assyrienne, est ferm&#233; en 1920. Ceux qui souhaitent regagner le Hakkari ou Ourmia sont provisoirement install&#233;s plus au nord, &#224; Mindan, ferm&#233; &#224; son tour en 1921, tandis qu'un nouveau camp est ouvert &#224; Mossoul. Face &#224; la lenteur des conf&#233;rences internationales, les Assyriens doutent du r&#232;glement de leur statut. Conscients qu'ils ne peuvent pas compter sur l'aide des Britanniques et qu'aucune garantie ne leur est assur&#233;e en Irak, ils envisagent d'&#233;migrer. En 1932, les brimades du gouvernement irakien &#224; l'&#233;gard de Mar Shimoun Esha&#239;, d&#233;chu de ses pr&#233;rogatives temporelles, d&#233;clenchent l'exil de plusieurs chefs de tribus en Syrie. En juillet 1933, plusieurs centaines d'Assyriens franchissent le Fechkhabour, sont arr&#234;t&#233;s par les autorit&#233;s britanniques, puis massacr&#233;s par les autorit&#233;s irakiennes. Le patriarche est d&#233;clar&#233; d&#233;chu de la nationalit&#233; irakienne et part en exil. Les autorit&#233;s mandataires fran&#231;aises d&#233;cident alors de leur accorder l'autorisation de s'installer en Syrie, tandis que la Soci&#233;t&#233; des Nations envisage plusieurs plans d'installation de ces populations en Afrique ou en Am&#233;rique du Sud. C'est finalement la vall&#233;e du Khabour, en Haute-Dj&#233;zireh syrienne, qui est choisie pour leur &#233;tablissement. La SDN et le Haut-Commissariat fran&#231;ais en Syrie prennent en charge l'ensemble des infrastructures n&#233;cessaires &#224; leur installation, tandis que l'organisation sociale en tribu, telle qu'elle se pratiquait dans le Hakkari, perdure apr&#232;s l'exil.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les revendications territoriales des Assyro-Chald&#233;ens devant la Soci&#233;t&#233; des Nations&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Assyro-Chald&#233;ens, install&#233;s aux Etats-Unis, en Europe ou au Moyen-Orient, assistent aux conf&#233;rences de la paix en leur propre nom et cherchent &#224; d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts, dans le contexte du programme en 14 points du pr&#233;sident Wilson. Ils appuient leurs demandes sur leur participation &#224; la guerre aux c&#244;t&#233;s des Britanniques et aux promesses qui leur ont &#233;t&#233; faites par ces derniers. Au total, les Assyro-Chald&#233;ens pr&#233;sentent 11 m&#233;morandums avant la signature du trait&#233; de San Remo de 1920. L'essentiel de leurs revendications consiste &#224; cr&#233;er un Etat assyro-chald&#233;en autonome, plac&#233; provisoirement sous le mandat d'un des pays de l'Entente et destin&#233; &#224; devenir ind&#233;pendant. Ils demandent &#233;galement la reconnaissance de l'existence de la nation assyro-chald&#233;enne par les pays de l'Entente et la SDN. Enfin, ils souhaitent obtenir deux d&#233;bouch&#233;s maritimes (sur la M&#233;diterran&#233;e par Alexandrette et sur le Golfe Persique). Ils proposent, cartes &#224; la cl&#233;, ce nouvel Etat assyrien situ&#233; entre les lacs de Van et d'Ourmia, que les Britanniques envisagent d'accepter, comme Etat tampon destin&#233; &#224; faire barrage aux ambitions persanes et turques, qui s'opposent &#224; une telle configuration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les revendications des Assyro-Chald&#233;ens sont n&#233;anmoins entrav&#233;es par les profondes divisions internes. A Ba'quba d&#233;j&#224;, les Assyriens &#233;taient divis&#233;s en deux camps. Celui de Mar Shimoun Paulos, qui avait succ&#233;d&#233; &#224; son oncle assassin&#233; en 1918, puis de Mar Shimoun Esha&#239; qui lui succ&#233;da en 1920, &#233;tait soutenu par les Britanniques. Celui du g&#233;n&#233;ral Agha Petros, qui s'&#233;tait distingu&#233; lors des combats contre les Ottomans depuis 1915, &#233;tait soutenu par les Fran&#231;ais. Ensuite, l'union r&#233;alis&#233;e &#224; Istanbul en 1919 entre les diff&#233;rentes composantes assyro-chald&#233;ennes en vue de la conf&#233;rence de la paix fait rapidement long feu. La question du nom &#224; donner &#224; la nation ne fait pas consensus, car il n'est pas reconnu par les diff&#233;rentes composantes. L'implantation g&#233;ographique, le r&#244;le au sein de la communaut&#233;, l'appartenance religieuse engendrent des d&#233;finitions diff&#233;rentes : &#224; Constantinople, on se d&#233;finit ainsi comme Assyro-Chald&#233;en, alors que dans le Caucase, on se d&#233;finit comme Assyrien. La question du nom national constitue un ferment de divisions et de rancoeurs au sein de la communaut&#233;. Ensuite, les divisions apparaissent au grand jour dans la multiplicit&#233; des d&#233;l&#233;gations et des revendications. Les uns, sous la houlette du patriarche nestorienne, de la d&#233;l&#233;gation am&#233;ricaine et du patriarche syriaque orthodoxe, revendiquent une large autonomie territoriale sous l'&#233;gide d'une grande puissance de l'Entente ; les autres, comme les Eglises chald&#233;enne et syriaque catholique, ne font pas de l'autonomie territoriale une priorit&#233;, mais voient dans le soutien d'une puissance mandataire - de pr&#233;f&#233;rence fran&#231;aise - une condition sine qua non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; la confiance des Assyro-Chald&#233;ens en leurs bons offices et en d&#233;pit des promesses de guerre, les imp&#233;ratifs des grandes puissances sur l'&#233;chiquier proche-oriental ne font pas du probl&#232;me assyro-chald&#233;en un dossier prioritaire &#224; la sortie du conflit. La Grande-Bretagne tient avant tout &#224; pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts britanniques, notamment dans la r&#233;gion de Mossoul, tout en m&#233;nageant la Perse. La cons&#233;quence en est que le sort des Assyro-Chald&#233;ens n'est pas envisag&#233; de mani&#232;re globale, mais examin&#233; s&#233;par&#233;ment selon les pays : le sort des Assyriens de Perse n'est pas corr&#233;l&#233; avec celui des Assyriens du Hakkari. Pourtant, pendant les ann&#233;es 1920, la Grande-Bretagne qui d&#233;tient le mandat sur l'Irak, cr&#233;e le corps des Assyrian Levies, qui compte en 1922 deux bataillons d'infanterie, deux escadrons de cavalerie et un peloton d'artillerie. La Grande-Bretagne se sert de ces troupes pour d&#233;fendre la fronti&#232;re nord de l'Irak face aux ambitions turques. La France, quant &#224; elle, cherche &#224; pr&#233;server ses client&#232;les. Cela passe par le soutien accord&#233; aux revendications d'une installation en Syrie sous mandat fran&#231;ais pr&#233;sent&#233; par les Assyro-Chald&#233;ens, et &#224; l'enr&#244;lement d'un certain nombre de ces derniers dans le bataillon form&#233; par le g&#233;n&#233;ral Gouraud pour pacifier la Syrie. Sur le plan diplomatique cependant, les Assyro-Chald&#233;ens se retrouvent l&#226;ch&#233;s par les deux puissances : alors qu'ils avaient essay&#233; de faire valoir leurs droits &#224; poss&#233;der un territoire national &#224; S&#232;vres, &#224; Lausanne en 1923, il n'en est plus du tout question.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les Assyro-Chald&#233;ens, entre les exil&#233;s de la diaspora et le statut de minorit&#233;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;A la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale, la plupart des survivants de 1915 se trouvent en Irak. Avec la cr&#233;ation de l'Etat nationaliste turc par Mustafa Kemal, leurs espoirs de retourner en Turquie deviennent vains. Une petite communaut&#233; de quelques centaines de personnes s'&#233;tablit cependant &#224; Istanbul, o&#249; elle demeure encore aujourd'hui. Elle se trouve renforc&#233;e par l'arriv&#233;e de chr&#233;tiens d'Irak. Cependant, ces Assyro-chald&#233;ens de Turquie ne se voient par reconna&#238;tre par l'Etat leur statut de r&#233;fugi&#233;s. La majeure partie des Assyro-Chald&#233;ens de Turquie a quitt&#233; la Turquie pour s'installer en Su&#232;de, aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, en Suisse. En France, ils constituent aujourd'hui une communaut&#233; de 18 000 personnes, en r&#233;gion parisienne, &#224; Marseille, Toulouse et Lyon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Syrie, la communaut&#233; assyro-chald&#233;enne actuelle provient de deux vagues d'immigration : celle qui a suivi les massacres de 1915, qui ont conduit quelques centaines de Chald&#233;ens originaires d'Ourfa &#224; s'installer &#224; Alep ; celle qui a suivi ceux de 1933 en Irak, qui ont amen&#233; bon nombre d'Assyriens et de Chald&#233;ens en Dj&#233;zireh. Les Assyriens sont cependant divis&#233;s sur le plan eccl&#233;siastique : certains sont rattach&#233;s &#224; l'Eglise d'Orient, repr&#233;sent&#233;e par un &#233;v&#234;que install&#233; &#224; Hassetch&#233;, tandis que les autres suivent l'ancienne Eglise d'Orient du patriarche Adda&#239;. Ils sont &#233;galement divis&#233;s sur le plan linguistique : les Assyro-chald&#233;ens de Djezireh parlent encore le soureth, tandis que les Chald&#233;ens adoptent de plus en plus l'arabe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Irak, Bagdad est devenue la principale ville assyro-chald&#233;enne du pays. Comme la hi&#233;rarchie chald&#233;enne a reconnu son appartenance &#224; la nation irakienne et son identit&#233; arabe, les autorit&#233;s politiques irakiennes lui ont laiss&#233; une certaine marge de man&#339;uvre. Entre 1960 et 1991, les conflits entre les Kurdes - avec lesquels ils partagent leur territoire, et qui s'opposent aux nationalistes arabes qui le revendiquent - et les gouvernements &#224; Bagdad ont entra&#238;n&#233; la fuite des Assyro-Chald&#233;ens des r&#233;gions montagneuses o&#249; ils se trouvaient. Forc&#233;s &#224; l'assimilation, ils doivent opter pour une origine arabe ou turque et disparaissent des recensements &#224; partir de 1977. Sous Saddam Hussein, certains Chald&#233;ens ont cependant fait une carri&#232;re politique au plus haut niveau. Le parti Baath fait en effet quelques ouvertures politiques et culturelles aux Assyro-chald&#233;ens, les int&#232;gre dans des milices afin de faire barrage aux revendications kurdes. Mais, depuis les ann&#233;es 1970, la guerre et les affrontements entre les Kurdes et les Arabes de Bagdad provoquent une importante vague d'&#233;migration, notamment vers la Syrie. La chute de Saddam Hussein ne permet pas aux Assyro-Chald&#233;ens un retour au pays, en raison de l'ins&#233;curit&#233;, de la mont&#233;e des attentats islamistes contre les minorit&#233;s, de l'exacerbation des clivages communautaires et de l'absence de d&#233;veloppement &#233;conomique. Dans la constitution de 2005, les chr&#233;tiens sont ignor&#233;s dans le pr&#233;ambule. Etant pr&#232;s d'un million il y a quelques ann&#233;es, les chr&#233;tiens sont aujourd'hui environ 400 000 en Irak.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; BRIE, Fran&#231;oise, &#171; Migrations et d&#233;placements des Assyro-Chald&#233;ens d'Irak &#187;, Outre-Terre, 2006/4.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; HELLOT, Florence, &#171; La fin d'un monde : les Assyro-chald&#233;ens et la Premi&#232;re Guerre mondiale &#187;, in Bernard Heyberger, &lt;i&gt;Chr&#233;tiens du monde arabe&lt;/i&gt;, Autrement &#171; M&#233;moires/Histoire &#187;, 2003, p. 127-145.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; TEULE, Herman, &lt;i&gt;Les Assyro-Chald&#233;ens. Chr&#233;tiens d'Irak, d'Iran et de Turquie&lt;/i&gt;, Brepols, 2008.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; WEIBEL YACOUB, Claire, &lt;i&gt;Le r&#234;ve bris&#233; des Assyro-Chald&#233;ens. L'introuvable autonomie&lt;/i&gt;, Paris, Le Cerf, 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Hezbollah Partie 1, Origines et fondements du &#171; Parti du Dieu &#187;, &#224; partir de l'ouvrage de Walid Charara et Fr&#233;d&#233;ric Domont, Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/Le-Hezbollah-Partie-1-Origines-et.html</link>
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		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Hezbollah est souvent pr&#233;sent&#233;, par les media occidentaux, comme le symbole de l'int&#233;grisme musulman et de l'obscurantisme mena&#231;ant les principes d&#233;mocratiques du monde occidental. Cette couverture m&#233;diatique est d&#233;nonc&#233;e par le &#171; Parti de Dieu &#187;, mais &#233;galement par une partie des Libanais, au-del&#224; de la communaut&#233; chiite et notamment parmi la communaut&#233; chr&#233;tienne, qui soutient l'action de cet acteur controvers&#233; mais incontournable, et d&#233;sormais officiel, de la sc&#232;ne politique libanaise et r&#233;gionale. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton1284-73956.jpg&quot; width='98' height='150' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Hezbollah est souvent pr&#233;sent&#233;, par les media occidentaux, comme le symbole de l'int&#233;grisme musulman et de l'obscurantisme mena&#231;ant les principes d&#233;mocratiques du monde occidental. Cette couverture m&#233;diatique est d&#233;nonc&#233;e par le &#171; Parti de Dieu &#187;, mais &#233;galement par une partie des Libanais, au-del&#224; de la communaut&#233; chiite et notamment parmi la communaut&#233; chr&#233;tienne, qui soutient l'action de cet acteur controvers&#233; mais incontournable, et d&#233;sormais officiel, de la sc&#232;ne politique libanaise et r&#233;gionale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Quel est le contexte, &#224; la fois g&#233;ographique et temporel, de la cr&#233;ation du Hezbollah en 1982 ? Quels sont ses fondements et sa pens&#233;e th&#233;ologique et politique ? Nous tenterons de r&#233;pondre &#224; ces questions &#224; partir notamment de l'ouvrage de Walid Charara et Fr&#233;d&#233;ric Domont, &lt;i&gt;Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste&lt;/i&gt;, &#233;crit en 2007. Le Hezbollah s'inscrit dans un territoire pr&#233;cis, le Sud-Liban, et est cr&#233;&#233; en 1982 &#224; la suite de l'invasion du Liban par Isra&#235;l : la premi&#232;re partie d&#233;crira le contexte spatial et temporel de la cr&#233;ation du Hezbollah. Dans une deuxi&#232;me partie, nous exposerons les principales dynamiques qui expliquent l'apparition d'un mouvement chiite libanais arm&#233; de r&#233;sistance tel que le Hezbollah : la R&#233;volution islamique d'Iran en 1979 &#224; l'&#233;chelle moyen-orientale, la r&#233;sistance palestinienne &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale et le r&#233;veil du chiisme libanais &#224; l'&#233;chelle locale. Enfin, une troisi&#232;me partie proposera des &#233;l&#233;ments d'explication des fondements th&#233;ologiques et politiques du Hezbollah, &#171; combinaison d'une composante islamique chiite et d'une composante tiers-mondiste &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Dominique Avon, Ana&#239;s-Trissa Khatchadourian, Le Hezbollah, De la doctrine &#224; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le contexte de cr&#233;ation du Hezbollah : une inscription forte dans l'espace et dans le temps qui fait la force du &#171; Parti de Dieu &#187;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Un territoire : le Sud-Liban&lt;/strong&gt; La terre d'origine du Hezbollah est le Sud-Liban. Territoire profond&#233;ment agricole, il est la terre de refuge des chiites aux XVIe et XVIIIe si&#232;cles lors des pers&#233;cutions des mamelouks et des chehabs. R&#233;gion montagneuse surplombant le Liban et la Syrie et contr&#244;lant une grande partie du r&#233;seau hydraulique libanais, le Sud-Liban est un territoire strat&#233;gique. Il est occup&#233; en 1948 lors de la premi&#232;re guerre isra&#233;lo-arabe et r&#233;guli&#232;rement attaqu&#233; par Isra&#235;l &#224; partir de cette date en raison de son caract&#232;re frontalier qui en fait, apr&#232;s la d&#233;faite arabe de 1967, le champ de bataille entre la r&#233;sistance palestinienne et Isra&#235;l, mais &#233;galement en raison de sa situation strat&#233;gique pour l'Etat h&#233;breu. En 1978, Isra&#235;l envahit le Sud-Liban au cours d'une intervention militaire d'envergure (l'op&#233;ration Paix en Galil&#233;e) ayant pour objectif de d&#233;truire l'Organisation de Lib&#233;ration de la Palestine (OLP) et de cr&#233;er une zone tampon prot&#233;geant le nord de l'Etat h&#233;breu. Une zone de 700 km2 est alors occup&#233;e au Sud-Liban. C'est dans cette r&#233;gion marginalis&#233;e que s'inscrivent les dynamiques menant &#224; la cr&#233;ation d'une r&#233;sistance arm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Une date et un &#233;v&#233;nement fondateur : 1982 et l'invasion isra&#233;lienne&lt;/strong&gt; Dans le contexte de l'op&#233;ration Paix en Galil&#233;e, l'arriv&#233;e au pouvoir de Bachir Gemayel et du parti des phalangistes chr&#233;tiens, alors alli&#233;s de l'Etat h&#233;breu, est vue comme une cons&#233;cration de la victoire d'Isra&#235;l au Liban et provoque une forte opposition des mouvements de gauche. L'assassinat de Bachir Gemayel le 14 septembre 1982 est suivi des massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, d&#233;crits par Walid Charara et Fr&#233;d&#233;ric Domont comme une vengeance offerte par l'arm&#233;e isra&#233;lienne aux phalangistes chr&#233;tiens. Ces massacres sont un moment fondateur d'un nouvel ordre libanais ignorant la &#171; traditionnelle singularit&#233; libanaise et le respect des &#233;quilibres intra-communautaires &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Walid Charara et Fr&#233;d&#233;ric Domont, Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste,' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon les auteurs, Amine Gemayel qui succ&#232;de &#224; son fr&#232;re assassin&#233; &#224; la t&#234;te des Kataeb, et les conservateurs chr&#233;tiens, souhaitent alors utiliser leur victoire, obtenue gr&#226;ce &#224; Isra&#235;l, pour renverser les &#233;quilibres qui pr&#233;valaient dans le pays. L'Etat est ainsi pris en otage par une logique communautariste. Cette atmosph&#232;re exacerbe les clivages et les tensions intercommunautaires et affaiblit les partis transcommunautaires.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est dans ce contexte que le 16 septembre 1982, deux jours apr&#232;s l'arriv&#233;e de l'arm&#233;e isra&#233;lienne dans Beyrouth et l'assassinat de Bachir Gemayel, trois organisations de gauche (le Parti communiste libanais, l'Organisation d'action communiste au Liban et le Parti d'action socialiste arabe), cr&#233;ent le Front de la R&#233;sistance nationale libanaise. D&#233;j&#224; dot&#233; d'une inscription locale, le nouveau mouvement lance une gu&#233;rilla contre Isra&#235;l. La mouvance islamiste, jusque-l&#224; limit&#233;e &#224; un mouvement intellectuel et &#224; des associations sociales locales, commence &#224; se structurer sur les plans politiques et militaires pour se battre contre la pr&#233;sence isra&#233;lienne au Liban.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;l&#233;ments fondateurs du Hezbollah, n&#233; de la rencontre de dynamiques locale, r&#233;gionale et moyen-orientale&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;L'invasion isra&#233;lienne est l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur et acc&#233;l&#233;rateur de la f&#233;d&#233;ration des divers courants islamiques r&#233;sistants ainsi que leur structuration en un mouvement militaro-politique. Mais la cr&#233;ation du Hezbollah est &#233;galement le r&#233;sultat de la rencontre de plusieurs dynamiques, pr&#233;sentes &#224; l'&#233;chelle locale, r&#233;gionale et moyen-orientale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;A l'&#233;chelle moyen-orientale : l'Iran et la R&#233;volution islamique&lt;/strong&gt; La R&#233;volution islamique d'Iran en 1979 est le point de d&#233;part de l'ascension de diff&#233;rents mouvements s'en r&#233;clamant. Le Shah est renvers&#233; par une r&#233;volution populaire, la premi&#232;re du Moyen-Orient, qui modifie le paysage intellectuel et politique de la r&#233;gion. Elle replace l'Islam au c&#339;ur des d&#233;bats et recueille l'adh&#233;sion de plusieurs militants qui y voient un moyen de bouleverser l'ordre r&#233;gional pr&#233;valant depuis les accords Sykes-Picot. Elle est &#233;galement consid&#233;r&#233;e comme un moyen de mobiliser les &#233;nergies populaires contre Isra&#235;l. Ainsi, au Liban, le discours de la r&#233;sistance palestinienne s'islamise. Le Fatah, qui regroupe des Libanais et des Palestiniens, est en qu&#234;te d'une th&#233;orie r&#233;volutionnaire adapt&#233;e au contexte civilisationnel arabo-musulman, il est donc amen&#233; &#224; red&#233;couvrir l'Islam. La r&#233;volution iranienne est &#233;galement un grand tournant dans l'histoire contemporaine du chiisme libanais puisqu'elle marque son r&#233;veil. En effet, depuis sa cr&#233;ation, le chiisme a &#233;t&#233; une religion de minorit&#233;s et de pers&#233;cut&#233;s qui d&#233;veloppe une vision proph&#233;tique et r&#233;volutionnaire. Le retour du chiisme port&#233; par la r&#233;volution iranienne est donc &#171; forc&#233;ment d&#233;tonnant &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='F. Thual, G&#233;opolitique du chiisme, 1995.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au sein des chiites libanais, deux attitudes pr&#233;valent face &#224; la R&#233;volution islamique iranienne. La premi&#232;re est celle d'Amal&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Acronyme de d&#233;tachements libanais de r&#233;sistance en arabe, un des partis de (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui d&#233;sire mettre l'&#233;veil communautaire issu de la R&#233;volution iranienne au service de sa strat&#233;gie de r&#233;forme de l'Etat libanais promouvant une plus grande int&#233;gration des chiites. Une autre position, partag&#233;e par certains membres de Amal, le mouvement Dawaa&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Parti chiite irakien ayant d&#233;velopp&#233; des branches au Liban.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et plusieurs associations, consiste &#224; adopter la th&#232;se th&#233;ologico-politique de l'imam Khomeyni. C'est notamment l'approche que suivra le Hezbollah &#224; sa cr&#233;ation en 1982. Les liens du Hezbollah avec la R&#233;volution islamique et l'Iran sont profonds, organiques, ils sont &#224; la base de sa cr&#233;ation&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Le Hezbollah : r&#233;sistance, id&#233;ologie et politique, Confluences M&#233;diterran&#233;e, (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;A l'&#233;chelle r&#233;gionale : la question palestinienne&lt;/strong&gt; Dans un contexte r&#233;gional marqu&#233; par l'humiliation face &#224; Isra&#235;l en 1967, qui sonne le glas du nationalisme arabe &#233;tatique, et par l'impuissance de l'Etat libanais face aux attaques isra&#233;liennes au sud du pays, la r&#233;sistance palestinienne au sud du Liban cristallise les espoirs en relevant le d&#233;fi face &#224; Isra&#235;l et en impulsant une dynamique r&#233;volutionnaire de transformation sociale. Ainsi, le Fatah et les organisations de r&#233;sistance palestinienne trouvent un grand nombre de leurs recrues au sud du Liban o&#249; se d&#233;roulent des affrontements quotidiens entre Palestiniens et Isra&#233;liens. Appara&#238;t ici l'id&#233;e d'une communaut&#233; de destin entre les chiites libanais du Sud-Liban et les Palestiniens que l'iman Moussa Sadr explicitera sous l'expression :&#171; les d&#233;sh&#233;rit&#233;s de leur terre et les d&#233;sh&#233;rit&#233;s de la terre &#187;. Le Sud du Liban est en effet une r&#233;gion p&#233;riph&#233;rique depuis longtemps laiss&#233;e &#224; l'&#233;cart du &#171; miracle libanais &#187;, o&#249; la communaut&#233; chiite majoritaire a mis plus de temps que les autres &#224; se structurer pour compter sur la sc&#232;ne nationale. La r&#233;sistance palestinienne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'&#171; &#233;cole de la r&#233;volution &#187; des futurs membres du Hezbollah qui re&#231;oivent une formation politique et militaire dans les camps palestiniens, implant&#233;s au Liban depuis 12 ans (1970-1982) au moment de la cr&#233;ation du Hezbollah.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;A l'&#233;chelle locale : les nouveaux th&#233;ologiens chiites&lt;/strong&gt; &#171; Notre nom est ceux du refus, ceux de la vengeance, ceux qui se r&#233;voltent contre toute tyrannie (&#8230;) J'ai assez lanc&#233; d'appels au calme. A partir d'aujourd'hui, je ne me tairai plus. Si vous restez inertes, moi non... &#187;. Ce discours de Moussa Sadr prononc&#233; le 18 f&#233;vrier 1974 est consid&#233;r&#233; comme l'acte de naissance du chiisme libanais et sa premi&#232;re expression politique. Il est prononc&#233; dans un contexte local de d&#233;senclavement du Sud-Liban qui &#233;branle l'ordre social et voit l'autorit&#233; des grandes familles f&#233;odales &#234;tre contest&#233;e. L'adh&#233;sion aux partis nationalistes ou aux mouvements de gauche s'y fait plus forte alors que le clerg&#233; chiite, proche des grandes familles f&#233;odales, est critiqu&#233; par la population, et que le r&#244;le social des th&#233;ologiens d&#233;cline. Dans ce contexte, Moussa Sadr r&#233;agit en appelant au combat contre les conditions socio-&#233;conomiques et politiques impos&#233;es de l'ext&#233;rieur aux chiites libanais, et &#224; la lutte contre Isra&#235;l. Moussa Sadr puise dans le chiisme les grands principes et objectifs de sa pratique politique. Son discours recueille une vaste adh&#233;sion. Il pr&#244;ne une r&#233;forme de la &#171; formule libanaise &#187; de coexistence des diff&#233;rentes communaut&#233;s : sa pens&#233;e d&#233;passe ainsi la communaut&#233; chiite et touche par exemple une partie des chr&#233;tiens. En 1972, alors que les attaques isra&#233;liennes s'intensifient, Moussa Sadr est le premier &#224; parler d'une r&#233;sistance libanaise arm&#233;e. Son action r&#233;habilite la figure du th&#233;ologien engag&#233; et confirme la possibilit&#233; d'une pratique politique d'inspiration religieuse. Moussa Sadr contribue &#224; enraciner une culture politique et un &#233;veil communautaire des chiites et fraye ainsi la voie au Hezbollah.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Fondements intellectuels et politiques du Hezbollah&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La pens&#233;e politique du Hezbollah n'est d&#233;finie qu'en 1985, notamment en raison de la guerre du Liban (1975-1990). Le flou maintenu entre 1982 et 1985 a contribu&#233; &#224; donner l'image d'un mouvement difficilement d&#233;finissable, regroupant diff&#233;rents groupuscules se revendiquant de lui, mais incontr&#244;lables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Fondements intellectuels et politiques&lt;/strong&gt; Le Hezbollah se rallie aux th&#232;ses th&#233;ologico-politiques de Khomeyni. La raison d'une telle adh&#233;sion du &#171; Parti du Dieu &#187; &#224; la pens&#233;e du th&#233;ologien iranien s'explique notamment par la non-adh&#233;sion des Palestiniens et des Libanais au mouvement des Fr&#232;res musulmans, notamment parce que l'enjeu isra&#233;lien n'&#233;tait pas au c&#339;ur de leur pens&#233;e politique et parce qu'ils refusaient de cautionner l'orientation nationaliste et marxiste des principales composantes de l'OLP. La nouveaut&#233; de Khomeyni r&#233;side dans le renversement des priorit&#233;s par rapport au discours islamique traditionnel qui distingue &lt;i&gt;Dar al-Islam&lt;/i&gt;, &#171; domaine de l'Islam &#187;, et &lt;i&gt;Dar al-Harb&lt;/i&gt;, &#171; domaine de la guerre &#187;. Khomeyni distingue quant &#224; lui les oppresseurs et les opprim&#233;s. Cette dichotomie oppresseurs/opprim&#233;s (&lt;i&gt;mustakbir&#363;n/musta&#7693; &#8216;af&#363;n&lt;/i&gt;) est reprise par le Hezbollah pour d&#233;signer &#171; tant&#244;t l'oppression isra&#233;lienne des chiites du Liban-Sud, tant&#244;t l'h&#233;g&#233;monie maronite dans le syst&#232;me politique libanais jusqu'en 1969, tant&#244;t l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et le &#171; colonialisme &#187; occidental en terre arabo-musulmane &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Dominique Avon, Ana&#239;s-Trissa Khatchadourian Le Hezbollah. De la doctrine &#224; (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Khomeyni mobilise &#233;galement la notion de &#171; d&#233;sh&#233;rit&#233;s &#187; et tient un discours anti-imp&#233;rialiste vis-&#224;-vis des Etats-Unis et de d&#233;fense des Palestiniens. La nouveaut&#233; de cette pens&#233;e et la mobilisation de notions telles que &#171; les opprim&#233;s &#187; ou &#171; les d&#233;sh&#233;rit&#233;s &#187; expliquent sa force d'attraction parmi les chiites libanais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le manifeste annon&#231;ant la cr&#233;ation du Hezbollah, &#171; Appel aux d&#233;sh&#233;rit&#233;s &#187; (1985), est directement inspir&#233; de la pens&#233;e de Khomeyni. Les Etats-Unis y sont pr&#233;sent&#233;s comme les principaux ennemis car principal soutien d'Isra&#235;l. Le guide de la R&#233;publique islamique d'Iran est reconnu comme guide th&#233;ologique du Hezbollah. Les objectifs sont la pr&#233;servation du Liban de toute d&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'Est ou de l'Ouest, la constitution d'un nouveau syst&#232;me politique libanais issu d'un choix populaire et la d&#233;faite d'Isra&#235;l. Isra&#235;l est la raison d'&#234;tre du Hezbollah. Il est d&#233;nonc&#233; non pas en tant qu'Etat juif mais comme projet colonial mena&#231;ant son environnement. Cette position vis-&#224;-vis d'Isra&#235;l porte la marque du territoire d'origine du Hezbollah : le Sud-Liban, particuli&#232;rement marqu&#233; par les attaques isra&#233;liennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le Djihad d&#233;fensif et la voie du martyr&lt;/strong&gt; L'attentisme de la th&#233;ologie chiite jusqu'&#224; Khomeyni est le r&#233;sultat de plusieurs si&#232;cles d'oppressions et du retrait des th&#233;ologiens chiites hors de la sph&#232;re politique. La th&#233;ologie de Khomeyni ouvre le champ de la politique aux chiites et r&#233;habilite le Djihad d&#233;fensif. Le Djihad d&#233;fensif est ainsi le fondement religieux des actions du Hezbollah, il regroupe toute forme de r&#233;sistance contre l'oppression int&#233;rieure ou ext&#233;rieure et peut &#234;tre enclench&#233; par un juriste th&#233;ologien. Ins&#233;parable du Djihad d&#233;fensif, le martyr a une place importante dans l'Islam chiite. Cette &#171; mort sacr&#233;e &#187; fonde la l&#233;gitimit&#233; des op&#233;rations kamikazes. En 1982 et 1984, les attaques-suicides contre l'ambassade am&#233;ricaine et les installations militaires fran&#231;aises et am&#233;ricaines sont r&#233;alis&#233;es par des combattants dont la m&#233;moire est aujourd'hui v&#233;n&#233;r&#233;e par le Hezbollah, bien que le parti ne revendique pas ces attaques-suicides en avan&#231;ant qu'il n'existait pas formellement et n'&#233;tait pas clairement structur&#233; autour d'une pens&#233;e politique &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Hezbollah est le produit d'un contexte territorial et temporel pr&#233;cis et de dynamiques locales, r&#233;gionales et moyen-orientales de long terme. Sa pens&#233;e politique, d&#233;finie tardivement en 1985, est une combinaison entre la th&#233;ologie chiite port&#233;e par l'imam iranien Khomeyni et des id&#233;es tiers-mondistes r&#233;volutionnaires. En d&#233;pit de cette int&#233;gration dans des courants th&#233;ologiques et politiques transnationaux, il s'inscrit dans une communaut&#233; et un territoire local pr&#233;cis. Cette association d'influences transnationales et d'inscriptions locales fortes fait la force du Hezbollah mais nourrit &#233;galement les critiques qui remettent en cause la libanit&#233; du parti et le consid&#232;re comme le bras arm&#233; de l'Iran au Liban.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Sources&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Dominique Avon, Ana&#239;s-Trissa Khatchadouria, &lt;i&gt;Le Hezbollah, De la doctrine &#224; l'action : une histoire du &#171; parti de Dieu &#187;&lt;/i&gt;, 2010.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Walid Charara et Fr&#233;d&#233;ric Domont, &lt;i&gt;Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste&lt;/i&gt;, 2007.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; &#171; &lt;i&gt;Le Hezbollah : r&#233;sistance, id&#233;ologie et politique&lt;/i&gt; &#187;, Confluences M&#233;diterran&#233;e, 2007, Entretien avec Amal Saad Ghorayeb.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Avon, Ana&#239;s-Trissa Khatchadourian, Le Hezbollah, De la doctrine &#224; l'action : une histoire du &#171; parti de Dieu &#187;, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Walid Charara et Fr&#233;d&#233;ric Domont, &lt;i&gt;Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste&lt;/i&gt;, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Thual, &lt;i&gt;G&#233;opolitique du chiisme&lt;/i&gt;, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Acronyme de &lt;i&gt;d&#233;tachements libanais de r&#233;sistance&lt;/i&gt; en arabe, un des partis de r&#233;sistance libanaise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parti chiite irakien ayant d&#233;velopp&#233; des branches au Liban.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Hezbollah : r&#233;sistance, id&#233;ologie et politique&lt;/i&gt;, Confluences M&#233;diterran&#233;e, Entretien Amal Saad Ghorayeb, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Avon, Ana&#239;s-Trissa Khatchadourian &lt;i&gt;Le Hezbollah. De la doctrine &#224; l'action : une histoire du &#171; parti de Dieu &#187;&lt;/i&gt;, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Arafat (Yasser)</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/Arafat-Yasser.html</link>
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		<dc:date>2013-05-21T19:43:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Territoires palestiniens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Yasser Arafat (1929-2004) reste aujourd'hui encore la figure du grand combattant pour la cause palestinienne, r&#233;compens&#233; en 1994 du Prix Nobel de la Paix avec les dirigeants isra&#233;liens Yitzhak Rabin et Shimon Peres &#171; pour leurs tentatives de pacification au Moyen-Orient &#187; Pourtant, dix ans plus tard, le leader palestinien est de plus en plus isol&#233; et abandonn&#233;. Retour sur le parcours mouvement&#233; d'un acteur embl&#233;matique du conflit isra&#233;lo-arabe, et dont le r&#233;cit ne peut faire l'&#233;conomie de l'histoire (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Personnages-historiques-.html" rel="directory"&gt;Personnages historiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Histoire-+.html" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Territoires-palestiniens,25-+.html" rel="tag"&gt;Territoires palestiniens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L109xH150/arton1283-59f3e.jpg&quot; width='109' height='150' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Yasser Arafat (1929-2004) reste aujourd'hui encore la figure du grand combattant pour la cause palestinienne, r&#233;compens&#233; en 1994 du Prix Nobel de la Paix avec les dirigeants isra&#233;liens Yitzhak Rabin et Shimon Peres &#171; pour leurs tentatives de pacification au Moyen-Orient &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; For their efforts to create peace in the Middle East &#187;, &#171; The Nobel Peace (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Pourtant, dix ans plus tard, le leader palestinien est de plus en plus isol&#233; et abandonn&#233;. Retour sur le parcours mouvement&#233; d'un acteur embl&#233;matique du conflit isra&#233;lo-arabe, et dont le r&#233;cit ne peut faire l'&#233;conomie de l'histoire de la lib&#233;ration de la Palestine.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Jeunesse et formation d'un futur leader (1929-1959)&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;N&#233; le 4 ao&#251;t 1929, Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini est le fils d'un commer&#231;ant originaire de Gaza et d'une m&#232;re originaire de J&#233;rusalem. Il serait n&#233; au Caire, m&#234;me s'il affirmait lui-m&#234;me &#234;tre n&#233; &#224; J&#233;rusalem, afin de mieux l&#233;gitimer son statut de leader palestinien&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Janet Wallach, John Wallach, Arafat : la poudre et la paix, Paris, Bayard, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s avoir pass&#233; les cinq premi&#232;res ann&#233;es de sa vie au Caire, il est envoy&#233;, &#224; la mort de sa m&#232;re, &#224; J&#233;rusalem chez son oncle maternel : l&#224;, il assiste en 1936 &#224; la &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Revolte-arabe-de-1936-1938.html&quot; class='spip_in'&gt;r&#233;volte palestinienne&lt;/a&gt;. Il reste quatre ans dans la Ville Sainte, et rentre au Caire poursuivre ses &#233;tudes : c'est l&#224; que d&#233;bute sa carri&#232;re politique. &lt;br class='manualbr' /&gt;C'est tr&#232;s jeune qu'il d&#233;cide d'&#339;uvrer pour l'autonomie palestinienne : tout en &#233;tudiant les &#233;crits des penseurs sionistes, il milite aux c&#244;t&#233;s des &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Freres-musulmans.html&quot; class='spip_in'&gt;Fr&#232;res musulmans&lt;/a&gt; &#233;gyptiens. Apr&#232;s avoir particip&#233; aux combats du &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Premier-conflit-israelo-arabe-de.html&quot; class='spip_in'&gt;premier conflit isra&#233;lo-palestinien&lt;/a&gt; de 1947-1948, il obtient un dipl&#244;me d'ing&#233;nieur civil &#224; l'universit&#233; du Caire. De 1952 &#224; 1956, il est pr&#233;sident de l'Union des &#233;tudiants palestiniens : c'est notamment dans cet organe qu'&#233;mergeront les premi&#232;res pratiques d'une politique palestinienne.&lt;br class='manualbr' /&gt;En 1956, au sortir de la &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Crise-de-Suez-de-1956.html&quot; class='spip_in'&gt;crise de Suez&lt;/a&gt;, au cours de laquelle les pays arabes ont essuy&#233; une deuxi&#232;me d&#233;faite militaire (apr&#232;s 1948), Arafat est convaincu que la Palestine doit prendre son propre destin en main. Il met alors progressivement en place le Mouvement de Lib&#233;ration de la Palestine, une organisation politique et militaire, qui sera d&#233;finitivement fond&#233;e en 1959 au Kowe&#239;t, en toute clandestinit&#233;, par Arafat ainsi que par Salah Khalaf (futur Abouy Iyad) et Khalil al-Wazir (futur Abou Jihad).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Du Fatah &#224; l'OLP : la lutte arm&#233;e (1959-1987)&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Initialement soutenu par l'Irak et l'Alg&#233;rie, le MLP est rapidement rebaptis&#233; &#171; &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Fatah.html&quot; class='spip_in'&gt;Fatah&lt;/a&gt; &#187; (&#171; Conqu&#234;te &#187;). Il se donne pour premier objectif l'&#233;tablissement d'un Etat palestinien, recouvrant notamment les territoires isra&#233;liens en plus de &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Bande-de-Gaza.html&quot; class='spip_in'&gt;Gaza&lt;/a&gt; et de la &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/La-Cisjordanie-au-XXe-siecle-1250.html&quot; class='spip_in'&gt;Cisjordanie&lt;/a&gt;. De plus, Yasser Arafat pr&#233;conise l'autonomie palestinienne dans la lutte : il r&#233;fute le panarabisme de &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Nasser-Gamal-Abdel.html&quot; class='spip_in'&gt;Nasser&lt;/a&gt;, refusant de voir confi&#233;e la lib&#233;ration de la Palestine aux autres pays arabes. Un journal est &#233;galement cr&#233;&#233; en 1959, &lt;i&gt;Filistininuna&lt;/i&gt;, dont le titre signifie &#171; notre Palestine &#187; ; c'est notamment &#224; travers ce journal que la notion de lutte arm&#233;e se divulgue parmi les r&#233;fugi&#233;s palestiniens : la lutte arm&#233;e permet ainsi de mobiliser tous les Palestiniens, dispers&#233;s entre les diff&#233;rents territoires (Gaza par exemple) et pays (Jordanie, Liban, Kowe&#239;t&#8230;) o&#249; ils se sont r&#233;fugi&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les Fedayin, commandos palestiniens, sont les repr&#233;sentants de cette lutte arm&#233;e, largement encourag&#233;e par Yasser Arafat. Ils prennent toute leur importance &#224; partir de la &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Guerre-de-juin-1967-ou-guerre-des.html&quot; class='spip_in'&gt;guerre des Six Jours&lt;/a&gt; en 1967 : le 12 juin 1967, un congr&#232;s du Fatah &#224; Damas d&#233;cide d'accentuer la lutte arm&#233;e en Cisjordanie, tout juste conquise par Isra&#235;l. Les attentats se succ&#232;dent alors sur le territoire isra&#233;lien, Isra&#235;l menant en riposte une forte r&#233;pression, que ce soit contre les Fedayin ou les Jordaniens, car c'est le plus souvent en Jordanie que les Fedayin se pr&#233;parent ou se r&#233;fugient : cela ternit les relations entre le royaume hach&#233;mite et Yasser Arafat et ses partisans. C'est notamment dans le cadre de la r&#233;pression isra&#233;lienne que les Fedayin (aid&#233;s par les Jordaniens) connaissent leur premier succ&#232;s d'ampleur, remport&#233;e en mars 1968 &#224; Karameh, en Jordanie. Alors que Jordaniens et Palestiniens se sont disput&#233;s les honneurs de la victoire, Arafat a retir&#233; de cette victoire un grand b&#233;n&#233;fice afin de l&#233;gitimer davantage son mouvement, et ce, m&#234;me sur la sc&#232;ne internationale. En outre, notamment gr&#226;ce &#224; Karameh, il est nomm&#233; le 4 f&#233;vrier 1969 pr&#233;sident du comit&#233; ex&#233;cutif de l'&lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/OLP.html&quot; class='spip_in'&gt;Organisation de Lib&#233;ration de la Palestine&lt;/a&gt; (OLP) qui avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e cinq ans plus t&#244;t (1964). Sous sa direction, l'OLP se d&#233;tourne des doctrines panarabes pour se consacrer uniquement &#224; la cause nationaliste palestinienne.&lt;br class='manualbr' /&gt;Malgr&#233; cette premi&#232;re cons&#233;cration, le d&#233;but des ann&#233;es 1970 est assez chaotique pour Yasser Arafat, qui reste une figure parfois contest&#233;e au sein du mouvement : les &#233;v&#233;nements de &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Septembre-noir.html&quot; class='spip_in'&gt;Septembre Noir&lt;/a&gt; (1970) en Jordanie, qu'il ne parvient pas &#224; emp&#234;cher, le chassent du royaume hach&#233;mite ; il s'&#233;tablit alors au Liban avec l'OLP o&#249; il rencontre aussi des opposants parmi les milices conservatrices chr&#233;tiennes ou les forces pro-syriennes. C'est n&#233;anmoins l&#224; qu'il continue de mener la lutte arm&#233;e, ce qui fragilise d'ailleurs le Liban vis-&#224;-vis d'Isra&#235;l. En 1972, il devient commandant en chef des forces r&#233;volutionnaires palestiniennes, et en 1973, dirigeant du d&#233;partement politique de l'OLP. Il contr&#244;le &#233;galement les fonds de l'organisation, demandant ainsi syst&#233;matiquement &#224; ce que les ch&#232;ques envoy&#233;s par des d&#233;l&#233;gations ou des Etats arabes en aide &#224; l'OLP soient faits &#224; son nom. &lt;br class='manualbr' /&gt;Au cours des ann&#233;es 1970, Yasser Arafat &#339;uvre pour la reconnaissance de l'OLP comme repr&#233;sentant des Palestiniens ; en effet, Isra&#235;l, de son c&#244;t&#233;, souhaite que ce soit la Jordanie (qui s'est longtemps port&#233;e garante des populations palestiniennes) qui repr&#233;sente les Palestiniens. Apr&#232;s avoir tent&#233; de faire entendre sa cause aupr&#232;s des Etats-Unis et de l'ONU en 1974, Arafat est confront&#233; &#224; de nouveaux obstacles, notamment du fait de multiples attentats perp&#233;tr&#233;s en 1974 et 1975 contre la population civile isra&#233;lienne.&lt;br class='manualbr' /&gt;Par ailleurs, son charisme et sa notori&#233;t&#233; ne cachent pas les faiblesses et les divisions d'un mouvement national en constant exil et perp&#233;tuellement d&#233;pendant de la volont&#233; des autres pays arabes : l'expulsion de l'OLP hors du Liban en ao&#251;t 1982, suite &#224; l'&lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Operation-Paix-en-Galilee.html&quot; class='spip_in'&gt;invasion isra&#233;lienne&lt;/a&gt;, en est un fort r&#233;v&#233;lateur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un isolement progressif (1982-2004)&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&#171; La d&#233;cennie suivante est un cauchemar pour Yasser Arafat &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Le Monde, Cahier du Monde, n&#176;18594, 06/11/04, p. iii, en ligne (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et pour cause, apr&#232;s avoir fr&#244;l&#233; la mort lors d'un bombardement au Liban en 1982, et alors qu'il est exil&#233; &#224; Tunis suite &#224; une longue errance et que les Fedayin sont dispers&#233;s en Tunisie, en Alg&#233;rie, au Y&#233;men, au Soudan et en Irak, il ne peut qu'observer de loin les Palestiniens subir les massacres de Sabra et Chatila dans les camps de r&#233;fugi&#233;s en 1982, et la r&#233;pression isra&#233;lienne s'intensifier en Cisjordanie et &#224; Gaza.&lt;br class='manualbr' /&gt;En 1987, la &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Intifada-1987-1991.html&quot; class='spip_in'&gt;premi&#232;re Intifada&lt;/a&gt; est d&#233;clench&#233;e. Les Palestiniens se r&#233;clament de l'OLP et plus particuli&#232;rement de Yasser Arafat. Il saisit l'occasion pour reprendre son action en faveur de l'autonomie palestinienne.&lt;br class='manualbr' /&gt;Apr&#232;s avoir &#233;chapp&#233; une nouvelle fois &#224; la mort en 1992 avec le crash de son avion en Libye, il m&#232;ne secr&#232;tement les n&#233;gociations entre l'OLP et le gouvernement isra&#233;lien : le 13 septembre 1993, sous l'&#233;gide de Bill Clinton, la D&#233;claration de Principes des &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Accords-d-Oslo-I.html&quot; class='spip_in'&gt;accords d'Oslo&lt;/a&gt; est sign&#233;e &#224; la Maison Blanche, et la poign&#233;e de mains &#233;chang&#233;e par Yasser Arafat et le Premier ministre isra&#233;lien Yitzhak Rabin sous les yeux du monde entier t&#233;moigne officiellement d'une d&#233;claration de reconnaissance mutuelle. La m&#234;me ann&#233;e, et dans la continuit&#233; des n&#233;gociations, Yasser Arafat abandonne la lutte arm&#233;e. Ces efforts pour trouver un accord de paix entre Isra&#235;l et Palestine sont r&#233;compens&#233;s par l'attribution du Prix Nobel de la Paix de 1994 &#224; Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat. N&#233;anmoins, l'assassinat d'Yitzhak Rabin en novembre 1995 marque un premier coup d'arr&#234;t &#224; la poursuite des n&#233;gociations ; Yasser Arafat voit en outre son &#339;uvre critiqu&#233;e par le mouvement islamiste du &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Hamas.html&quot; class='spip_in'&gt;Hamas&lt;/a&gt; qui rejette les accords d'Oslo, et qui commet de plus en plus d'attentats-suicides contre Isra&#235;l.&lt;br class='manualbr' /&gt;En 1996, Yasser Arafat est &#233;lu pr&#233;sident de l'&lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Autorite-palestinienne.html&quot; class='spip_in'&gt;Autorit&#233; palestinienne&lt;/a&gt; (cr&#233;&#233;e en 1993 &#224; la suite des accords d'Oslo), qu'il dirigera jusqu'&#224; sa mort. Mais il peine &#224; s'affirmer comme chef d'un Etat fragment&#233;, divis&#233; et assist&#233;. Face &#224; ses rivaux, il pratique le client&#233;lisme pour rester le seul ma&#238;tre au pouvoir. Il n'arrive pas &#224; contenir la seconde Intifada &#224; partir de l'automne 2000, dont la droite isra&#233;lienne profite pour assimiler la lutte palestinienne au terrorisme. Abandonn&#233; par les Etats-Unis et pr&#233;sent&#233; comme responsable de la &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Intifada-al-Aqsa-de-son.html&quot; class='spip_in'&gt;seconde Intifada&lt;/a&gt;, Yasser Arafat passe les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie s&#233;questr&#233; dans la Mouqata'a (son quartier g&#233;n&#233;ral de Ramallah) apr&#232;s la r&#233;occupation isra&#233;lienne des territoires. Interdit de voyage, il perd prise sur les &#233;v&#233;nements et devient un interlocuteur de moins en moins cr&#233;dible.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi, il s'efface peu &#224; peu de la sc&#232;ne politique et meurt le 11 novembre 2004 &#224; l'h&#244;pital d'instruction des arm&#233;es Percy en France, o&#249; il se faisait soigner pour des douleurs &#224; l'estomac. Beaucoup de questions ont &#233;t&#233; soulev&#233;es concernant les cons&#233;quences r&#233;elles de sa mort, et plusieurs voix se sont &#233;lev&#233;es pour affirmer que l'ancien leader aurait &#233;t&#233; empoisonn&#233;. Une enqu&#234;te a &#233;t&#233; ouverte en novembre 2012 par des experts fran&#231;ais, suisses et russes pour &#233;lucider ce point&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Les zones d'ombre autour de la mort de Yasser Arafat &#187;, Le Monde, 27/11/12, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mahmoud Abbas est &#233;lu nouveau pr&#233;sident de l'Autorit&#233; palestinienne le 9 janvier 2005.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Article &#171; Yasser Arafat &#187;, &lt;i&gt;Encyclop&#230;dia Universalis&lt;/i&gt;, en ligne : &lt;a href=&quot;http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/yasser-arafat/&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/yasser-arafat/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; &#171; Les vies de Yasser Arafat &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, Cahier du Monde, n&#176;18594, 06/11/04, p. iii, en ligne : &lt;a href=&quot;http://medias.lemonde.fr/medias/pdf_obj/sup_arafat_041105.pdf&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://medias.lemonde.fr/medias/pdf_obj/sup_arafat_041105.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; &#171; Les zones d'ombre autour de la mort de Yasser Arafat &#187;, Le Monde, 27/11/12, en ligne : &lt;a href=&quot;http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/11/27/les-zones-d-ombre-autour-de-la-mort-de-yasser-arafat_1796344_3218.html&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/11/27/les-zones-d-ombre-autour-de-la-mort-de-yasser-arafat_1796344_3218.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Amnon Kapeliouk, &lt;i&gt;Arafat, l'irr&#233;ductible&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2004, 519 pages.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Janet Wallach, John Wallach, &lt;i&gt;Arafat : la poudre et la paix&lt;/i&gt;, Paris, Bayard, 1996, 474 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; For their efforts to create peace in the Middle East &#187;, &#171; The Nobel Peace Prize 1994 &#187;, site Nobelprize.org : &lt;a href=&quot;http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/1994/&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/1994/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Janet Wallach, John Wallach, &lt;i&gt;Arafat : la poudre et la paix&lt;/i&gt;, Paris, Bayard, 1996, 474 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Monde, Cahier du Monde, n&#176;18594, 06/11/04, p. iii, en ligne : &lt;a href=&quot;http://medias.lemonde.fr/medias/pdf_obj/sup_arafat_041105.pdf&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://medias.lemonde.fr/medias/pdf_obj/sup_arafat_041105.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt; &#171; Les zones d'ombre autour de la mort de Yasser Arafat &#187;, Le Monde, 27/11/12, en ligne : &lt;a href=&quot;http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/11/27/les-zones-d-ombre-autour-de-la-mort-de-yasser-arafat_1796344_3218.html&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/11/27/les-zones-d-ombre-autour-de-la-mort-de-yasser-arafat_1796344_3218.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner, 100 questions sur l'Iran</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/Mohammad-Reza-Djalili-et-Thierry.html</link>
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		<dc:date>2013-05-20T08:29:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>

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&lt;p&gt;Auteurs d'une synth&#232;se historique sur l'Iran contemporain publi&#233;e par La D&#233;couverte, Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner se penchent &#224; nouveau sur les questions iraniennes avec cet ouvrage destin&#233; aux lecteurs avertis et soucieux de prendre du recul par rapport au traitement g&#233;n&#233;ralement r&#233;serv&#233; &#224; ce pays par les m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cent courts chapitres r&#233;pondant &#224; des questions volontairement directes dans leur formulation, cet ouvrage, qui ne tombe jamais dans l'&#233;cueil de la simplification, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Comptes-rendus-d-ouvrages-.html" rel="directory"&gt;Comptes rendus d'ouvrages&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Politique-+.html" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Histoire-+.html" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Iran-+.html" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton1282-2a2b0.jpg&quot; width='103' height='150' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Auteurs d'une synth&#232;se historique sur l'Iran contemporain publi&#233;e par La D&#233;couverte, Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner se penchent &#224; nouveau sur les questions iraniennes avec cet ouvrage destin&#233; aux lecteurs avertis et soucieux de prendre du recul par rapport au traitement g&#233;n&#233;ralement r&#233;serv&#233; &#224; ce pays par les m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;En cent courts chapitres r&#233;pondant &#224; des questions volontairement directes dans leur formulation, cet ouvrage, qui ne tombe jamais dans l'&#233;cueil de la simplification, fournit des analyses sur l'histoire, la soci&#233;t&#233;, la culture, l'&#233;conomie du pays, ou encore sur le syst&#232;me politique complexe et encore trop m&#233;connu en Europe qui se cache derri&#232;re le vocable de R&#233;publique islamique. L'Iran est abord&#233; ici, non seulement comme une question de politique internationales, mais comme un monde, comme une civilisation rayonnant bien au del&#224; des fronti&#232;res de l'Etat qui porte son nom et dont la connaissance fait trop souvent d&#233;faut.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comprendre la singularit&#233; iranienne&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;C'est d'abord par un retour &#224; l'histoire que les deux auteurs abordent la singularit&#233; iranienne. Ils &#233;voquent la puissante conscience d'une continuit&#233; entre l'Iran contemporain et les r&#232;gnes antiques des Ach&#233;m&#233;nides qui ont r&#233;gn&#233; sur un territoire immense s'&#233;tendant des Balkans &#224; l'Asie centrale en passant par l'Egypte avant d'&#234;tre vaincus par Alexandre, des Parthes et des Sassanides, rivaux de Byzance avant l'islamisation de la Perse au VIe si&#232;cle. Battu par les musulmans qui le gagnent tr&#232;s progressivement &#224; leur foi, l'Iran n'aura cependant de cesse de r&#233;sister aux influences ext&#233;rieures. Le pass&#233; pr&#233;islamique du pays et l'emprunte profonde du zoroastrisme, religion d'Etat de l'empire sassanide, offrent un r&#233;servoir de mythes et de gloire &#224; opposer aux envahisseurs. Raviv&#233; au XXe si&#232;cle par le nationalisme persan moderne sous la dynastie Pehlevi, cet h&#233;ritage est utilis&#233; &#224; des fins de r&#233;sistance d&#232;s la p&#233;riode du califat arabe abbasside (750-1258). Sa r&#233;habilitation a alors pour foyer les confins asiatiques de la sph&#232;re iranienne et se traduit notamment par la renaissance de la langue et de la litt&#233;rature persanes. L'entreprise doit autant son succ&#232;s aux &#233;lites politique et intellectuelle de l'Iran qu'au peuple qui leur a accord&#233; un soutien actif. Elle a en tout cas permis au persan nouveau de devenir la seconde langue de r&#233;f&#233;rence de tout l'espace musulman, instaurant avec le monde arabe une rivalit&#233; qui subsiste aujourd'hui &#224; travers une m&#233;fiance r&#233;ciproque toujours forte. A travers sa langue et ses arts et par le truchement de l'Islam, l'Iran conserve apr&#232;s sa conqu&#234;te et malgr&#233; sa relative faiblesse politique une influence culturelle, voire civilisationnelle, consid&#233;rable. Si ses apports sont ind&#233;niables dans l'ensemble de la sph&#232;re islamique et m&#234;me au del&#224;, en Europe comme en Extr&#234;me-Orient, il existe encore aujourd'hui un v&#233;ritable &#171; monde iranien &#187; au del&#224; des fronti&#232;res de la R&#233;publique islamique. Correspondant aux phases d'expansions et de reflux de l'autorit&#233; imp&#233;riale perse ainsi qu'&#224; une empreinte culturelle et linguistique profonde, il s'&#233;tend des zones kurdes de Turquie &#224; toute l'Asie centrale musulmane puis au nord du sous-continent indien voire au Xinjiang chinois. La singularit&#233; iranienne est aussi religieuse. Le chiisme est devenu religion de l'Empire perse sous les Safavides au XVIe si&#232;cle pour des raisons essentiellement politiques li&#233;es aux int&#233;r&#234;ts ext&#233;rieurs de l'Etat iranien. Graduellement, l'adh&#233;sion &#224; cette branche minoritaire de l'Islam est devenue une condition d'int&#233;gration des Iraniens aux structures imp&#233;riales, diff&#233;renciant les sujets de l'Empire des peuples soumis. Le chiisme s'est &#233;galement r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre un moyen pour l'Iran de pr&#233;server la singularit&#233; de sa civilisation dans un monde musulman domin&#233; par les &#233;lites arabophones et sunnites. Les auteurs citent &#224; cet &#233;gard le grand iranologue Henri Corbin, pour qui les particularit&#233;s th&#233;ologiques du chiisme correspondaient &#224; l'importance de la tradition intellectuelle de l'Iran classique. La singularit&#233; iranienne est &#233;galement marqu&#233;e d'un point de vue territorial, l'Iran apparaissant comme une entit&#233; riche d'une histoire &#233;tatique ancienne dont les fronti&#232;res actuelles, d&#233;coup&#233;es sur le fond de sa sph&#232;re d'influence pass&#233;e, le s&#233;parent d'Etats plus jeunes, issus de la chute d'Empires rivaux. A l'ouest, la Turquie et l'Irak n&#233;es des suites de la Grande guerre se partagent la fronti&#232;re qui s&#233;parait la Perse de l'Empire ottoman. Au nord, la chute de l'URSS, h&#233;riti&#232;re de la Russe tzariste, conqu&#233;rante du Caucase et de l'Asie centrale arrach&#233;s au XIXe si&#232;cle &#224; l'influence politique persane, a c&#233;d&#233; la place &#224; huit Etats souverains au d&#233;but des ann&#233;es 1990. A l'est, l'Iran voisine avec les h&#233;ritiers du Raj britannique, le Pakistan et l'Inde ainsi qu'avec l'Afghanistan, ancienne province perse devenue Etat tampon dans le cadre du Grand jeu qui opposait au XIXe si&#232;cle Londres &#224; Saint-P&#233;tersbourg.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comprendre l'Iran contemporain c'est aussi prendre conscience de la conjugaison tout au long du XXe si&#232;cle d'un puissant sentiment patriotique et d'une frustration permanente &#224; l'&#233;gard d'une histoire qui semble le rel&#233;guer &#224; un r&#244;le passif. Affaibli par des luttes intestines continuelles, l'Iran dont h&#233;rite la dynastie q&#226;dj&#226;r &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle ne peut opposer qu'une r&#233;sistance limit&#233;e aux app&#233;tits imp&#233;riaux des puissances russe et britannique. Il devient lui aussi un des th&#233;&#226;tres de leur rivalit&#233;. D&#233;j&#224; amput&#233; d'une grande partie de son territoire, l'Iran voit sa partie septentrionale basculer graduellement sous le contr&#244;le de la Russie, tandis que la Grande-Bretagne affermit son contr&#244;le au sud. D&#232;s lors, l'Iran devra subir les grandes convulsions historiques que ces grandes puissances traverseront tout au long du si&#232;cle. Champ de bataille oubli&#233;, il est d&#233;vast&#233; par la Grande guerre. Pris en tenaille entre Londres et Moscou dans l'entre-deux-guerres, Reza Pehlevi, arriv&#233; au pouvoir dans le chaos qui suit l'armistice, tente une alliance allemande qui vaut &#224; l'Iran d'&#234;tre occup&#233; par les forces anglo-sovi&#233;tiques &#224; partir de 1941. Quand, d&#232;s le lendemain de leur victoire commune, l'URSS et ses anciens alli&#233;s occidentaux voient na&#238;tre entre eux une rivalit&#233; qui se transformera bient&#244;t en guerre froide, l'Iran est un des premiers terrains de son expression. En 1947, l'URSS soutient en effet la constitution de r&#233;publiques s&#233;paratistes dans sa zone d'influence, en Azerba&#239;djan et au Kurdistan iraniens. Dans les ann&#233;es 1950, le Premier ministre progressiste et nationaliste Mossadegh aspire &#224; faire passer les ressources p&#233;troli&#232;res du pays dans le giron de l'Etat, aux d&#233;pens des int&#233;r&#234;ts pris par les Britanniques dans le secteur &#233;nerg&#233;tique. Dans un contexte de tensions entre Sovi&#233;tiques et Occidentaux, l'entreprise audacieuse de Mossadegh est d&#233;jou&#233;e par le MI6 et la CIA. Si la destitution de Mossadegh n'aurait pas &#233;t&#233; possible sans la collaboration des franges les plus conservatrices de la soci&#233;t&#233; iranienne, il n'en demeure pas moins que cet &#233;pisode a marqu&#233; durablement la conscience nationale et s'est ajout&#233; &#224; une longue succession de frustrations que les Iraniens pourront exprimer &#224; l'&#233;gard des puissances ext&#233;rieures, qui semblent avoir pris en main leur histoire. C'est dans cette perspective qu'il faut envisager les &#233;v&#233;nements qui ont men&#233; &#224; la r&#233;volution de 1979, devenue r&#233;volution islamique apr&#232;s l'&#233;limination rapide des factions lib&#233;rales et la&#239;ques qui l'avaient pourtant port&#233;e. L'arriv&#233;e de pouvoir de Khomeiny suivie de la prise d'otage &#224; l'ambassade am&#233;ricaine puis de la guerre contre l'Irak, ont instaur&#233; un climat de violence propice &#224; l'islamisation de la soci&#233;t&#233; iranienne selon les pr&#233;ceptes d&#233;fendus par le nouveau r&#233;gime et sous la garde des institutions r&#233;volutionnaires et notamment des Pasdarans, qui prennent alors le pas sur les institutions conventionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;De quoi la R&#233;publique islamique est-elle le nom ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Dans la section de l'ouvrage consacr&#233;e au fonctionnement des institutions iraniennes, les auteurs rappellent que le nom du r&#233;gime qui dirige aujourd'hui l'Iran est un oxymore. Comment une r&#233;publique, cens&#233;ment fond&#233;e sur la souverainet&#233; populaire, pourrait-elle &#234;tre l&#233;gitim&#233;e en derni&#232;re instance par une r&#233;f&#233;rence exclusive &#224; la religion ? Le caract&#232;re hybride et composite du r&#233;gime iranien n'est pas d&#233;menti par l'examen d&#233;taill&#233; de son fonctionnement institutionnel. Peu connu en Europe, rarement &#233;voqu&#233; sur la sc&#232;ne m&#233;diatique o&#249; le dossier nucl&#233;aire et la d&#233;nonciation justifi&#233;e des atteintes aux droits de l'homme masquent une r&#233;alit&#233; complexe, le syst&#232;me politique iranien comprend des &#233;l&#233;ments emprunt&#233;s aux traditions d&#233;mocratiques lib&#233;rales, comme le suffrage universel, par lequel sont &#233;lus pour quatre ans le Pr&#233;sident de la R&#233;publique et les parlementaires. Cependant, la dimension &#171; d&#233;mocratique &#187; du r&#233;gime est consid&#233;rablement limit&#233;e par le principe du Velayet-e faqih, v&#233;ritable cl&#233; de vo&#251;te du l'Etat iranien et qui correspond &#224; la tutelle exerc&#233;e sur l'ensemble des institutions par un juriste th&#233;ologien supr&#234;me, le Guide de la R&#233;volution, issu de jure du clerg&#233; chiite. Pour la premi&#232;re fois depuis les Safavides, le clerg&#233; chiite abandonne son r&#244;le de corps interm&#233;diaire, d'instance de m&#233;diation entre un Etat autrefois limit&#233; &#224; ses fonctions guerri&#232;res et perceptrices d'imp&#244;t et la soci&#233;t&#233; dont il avait &#224; plusieurs reprises pris la d&#233;fense. Ils op&#232;rent cependant une nuance opportune : la politisation des religieux cons&#233;cutive de la R&#233;volution concerne d'abord les membres du clerg&#233; interm&#233;diaire et non les plus hautes autorit&#233;s th&#233;ologiques, plus qui&#233;tistes, moins acquises au r&#233;gime quand elles n'y sont pas tacitement oppos&#233;es. Chef d'Etat, titulaire &#224; vie de sa charge, le Guide supr&#234;me rel&#232;gue le Pr&#233;sident &#233;lu au rang de chef d'une partie seulement de l'ex&#233;cutif. Son autorit&#233; absolue limite grandement le processus &#233;lectoral dans la mesure o&#249; les candidatures &#224; la pr&#233;sidence sont contr&#244;l&#233;es et avalis&#233;es par le Conseil des gardiens de la r&#233;volution dont le Guide nomme les douze membres et que les candidatures aux &#233;lections l&#233;gislatives sont avalis&#233;es par ce m&#234;me conseil mais &#233;galement par le ministre de l'Int&#233;rieur, les services des renseignement. Le processus l&#233;gislatif est donc contr&#244;l&#233; par une autorit&#233; non-&#233;lue en aval, mais &#233;galement en amont, les lois vot&#233;es ne pouvant &#234;tre promulgu&#233;es qu'apr&#232;s avoir pass&#233; le contr&#244;le syst&#233;matique exerc&#233; par le Conseil des Gardiens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les pouvoirs du Parlement iranien sont donc tr&#232;s limit&#233;s, le si&#232;ge du pouvoir l&#233;gislatif n'est cependant pas une simple chambre d'enregistrement. Il est le th&#233;&#226;tre de d&#233;bats houleux entre les diff&#233;rentes factions qui y sont repr&#233;sent&#233;es. Sans qu'aucune d'entre elles ne puisse &#233;videment remettre en cause les principes directeurs de la R&#233;publique islamique, elles repr&#233;sentent des tendances id&#233;ologiques distinctes. Cependant, depuis 2009 et la r&#233;pression du Mouvement vert, contestant la r&#233;&#233;lection jug&#233;e frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad, le camp r&#233;formiste qui se partageait avec les conservateurs le spectre politique iranien est en net recul. Pour les auteurs, les &#233;lections toutes proches seront l'enjeu des rivalit&#233;s qui travaillent de l'int&#233;rieur un camp conservateur d&#233;sormais seul en sc&#232;ne. Li&#233;e &#224; la confrontation de sources de l&#233;gitimit&#233; contradictoires, la complexit&#233; du r&#233;gime iranien tient &#233;galement &#224; l'existence, &#224; c&#244;te des institutions conventionnelles, d'autorit&#233;s parfois plus puissantes, h&#233;rit&#233;es de la r&#233;volution de 1979. L'appareil d'Etat se trouve donc doubl&#233; par des acteurs ext&#233;rieurs, comme les tribunaux r&#233;volutionnaires, qui prennent le pas sur les institutions judiciaires ordinaires pour toutes les questions relevant de la sauvegarde du r&#233;gime : les Gardiens de la R&#233;volution ou &lt;i&gt;Pasdarans&lt;/i&gt;, corps milicien mieux &#233;quip&#233; et mieux financ&#233; que l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re qui dispose de ses forces sp&#233;ciales et de ses services de renseignement propres. Au del&#224; de leur r&#244;le s&#233;curitaire, les &lt;i&gt;Pasdarans&lt;/i&gt; constituent un authentique Etat dans l'Etat, une caste endog&#232;ne qui recrute par cooptation et de pr&#233;f&#233;rence dans les familles des martyrs de la guerre contre l'Irak. Les &lt;i&gt;Pasdarans&lt;/i&gt; investissent &#233;galement la sc&#232;ne politique et jouissent d'un immense pouvoir &#233;conomique. A cela s'ajoute les membres Bureau du Guide, qui ne rendent de comptes qu'au chef de l'Etat et disposent de relais &#224; tous les niveaux de l'administration centrale et provinciale. La multiplicit&#233; des factions, des sources d'autorit&#233;s et des coteries rend au total la prise de d&#233;cision d&#233;licate et parfois contradictoire, d'autant que l'ensemble du syst&#232;me est rong&#233; par le client&#233;lisme et la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une soci&#233;t&#233; sinistr&#233;e, une &#233;mergence &#233;conomique impossible&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Face &#224; ce r&#233;gime, dont les auteurs rel&#232;vent les entorses aux droits humains les plus &#233;l&#233;mentaires et le regain r&#233;cent d'autoritarisme, la soci&#233;t&#233; iranienne est contrainte de composer ou de r&#233;sister comme elle le peut. Tr&#232;s largement urbanis&#233;e, transform&#233;e par l'acc&#232;s ancien et massif des jeunes filles &#224; l'&#233;ducation de base et aux &#233;tudes sup&#233;rieure, elle porte en gestation des changements profonds se heurtant cependant &#224; la rigidit&#233; d'un r&#233;gime qui semble avoir d&#233;finitivement clos la parenth&#232;se r&#233;formiste des ann&#233;es 1990. Contrari&#233;e dans son d&#233;veloppement, la soci&#233;t&#233; iranienne se scl&#233;rose. En attestent une consommation de drogue devenue banale parmi les jeunes, la progression de la prostitution et une tendance de plus en plus accentu&#233;e &#224; l'exil des intellectuels et des artistes iraniens, dont la production f&#233;conde est mieux appr&#233;ci&#233;e en dehors des fronti&#232;res que dans leur pays d'origine. La crise actuelle de la soci&#233;t&#233; iranienne n'est cependant pas s&#233;parable de la d&#233;t&#233;rioration continue de l'&#233;conomie du pays auquel l'application des sanctions internationales dans le cadre du dossier nucl&#233;aire n'est pas &#233;trang&#232;re. L'Iran a pourtant toutes les caract&#233;ristiques d'une &#233;conomie &#233;mergente prometteuse. Il jouit une situation g&#233;o&#233;conomique particuli&#232;rement favorable, au carrefour de l'Europe, du Moyen-Orient, de l'Oc&#233;an indien et du Caucase avec ses quinze fronti&#232;res terrestres maritimes. Ses ressources mini&#232;res et en hydrocarbures sont abondantes. L'Iran occupe en effet le quatri&#232;me rang mondial des r&#233;serves en p&#233;trole et se trouve en deuxi&#232;me place au classement des plus gros d&#233;tenteurs de gaz naturel. Sa population est globalement bien form&#233;e, son patrimoine culturel et la diversit&#233; de ses milieux naturels permettraient l'&#233;mergence d'un secteur touristique prosp&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, l'&#233;conomie l'Iran souffre depuis l'instauration de la R&#233;publique islamique d'un incurable isolement qui trouve sa source dans des cristallisations id&#233;ologiques qu'aucun sursaut pragmatique n'a encore permis de briser. L'anti-am&#233;ricanisme et l'opposition officielle &#224; l'Occident, qui sert de ciment discursif au r&#233;gime et peut donner lieu &#224; la surench&#232;re des factions rivales qui s'en dispute le contr&#244;le, emp&#234;chent l'Iran de prendre la place qui lui revient dans l'&#233;conomie mondiale. Cette r&#233;alit&#233; est tout particuli&#232;rement sensible depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 et l'imposition par la communaut&#233; internationale de sanctions de plus en plus drastiques r&#233;pondant &#224; la poursuite du programme nucl&#233;aire iranien. Seul la hausse des cours mondiaux du p&#233;trole permet &#224; l'&#233;conomie iranienne de surnager, tout en donnant lieu &#224; une situation de rente qui d&#233;courage le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie r&#233;elle. Cependant, d&#233;j&#224; affaiblies par les sanctions et l'embargo p&#233;trolier appliqu&#233; depuis juillet 2012, les exportations d'hydrocarbures, source presque exclusive de devises par ailleurs vitales pour l'Iran, sont limit&#233;es par une consommation interne importante, des infrastructures d'exploitation et de distribution v&#233;tustes ou insuffisantes. En r&#233;sulte aujourd'hui un effondrement de la monnaie nationale, le rial, une acc&#233;l&#233;ration de l'inflation qu'accompagne une baisse de la production industrielle associ&#233;e &#224; un accroissement du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Etat des lieux de la g&#233;opolitique iranienne&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Dans la derni&#232;re partie de l'ouvrage, Thierry Kellner et Mohammad-Reza Djalili dressent un bilan synth&#233;tique tr&#232;s complet de la situation g&#233;opolitique iranienne. Le dossier nucl&#233;aire, dont le contenu pr&#233;cis &#233;chappe g&#233;n&#233;ralement au grand public bien qu'il soit l'objet presque exclusif des articles de presse consacr&#233;s &#224; l'Iran, est trait&#233; sans que son explication perde le lecteur dans une profusion de d&#233;tails. Soulev&#233; en 2002, le probl&#232;me du nucl&#233;aire iranien d&#233;bouche aujourd'hui sur une situation bloqu&#233;e. Les n&#233;gociations n'aboutissent pas et les positions des parties en pr&#233;sence se crispent. L'Iran fait dor&#233;navant des &#171; &#233;tats du seuil &#187;, sur le point d'acqu&#233;rir l'arme atomique bien que dans ce domaine toute pr&#233;vision publique para&#238;t al&#233;atoire car difficile &#224; renseigner. Au del&#224; des sanctions, les auteurs reviennent sur la guerre secr&#232;te que se livrent l'Iran, Isra&#235;l et les Etats-Unis, conflit de l'ombre qui se traduit par l'usage de drones de surveillance et d'attaque, ainsi que par des offensives informatiques r&#233;ciproques et des assassinats cibl&#233;s de scientifiques iraniens. Les auteurs nuancent enfin la puissance militaire r&#233;elle de l'Iran au del&#224; de la bombe. A titre d'exemple, la R&#233;publique islamique n'a consacr&#233; en 2011 que 160 $ par habitants &#224; son budget de d&#233;fense, une donn&#233;e &#224; comparer avec les chiffre isra&#233;lien (2404 $), &#233;mirati (1754$) et saoudien (1740$) pour la m&#234;me ann&#233;e. Par ailleurs, si l'Iran jouit d'une bonne d&#233;fense c&#244;ti&#232;re, dispose de missiles balistiques et qu'il dispose des leviers n&#233;cessaires pour mener des actions de gu&#233;rilla au del&#224; de ses fronti&#232;res, ses armements conventionnels sont globalement obsol&#232;tes et sa production militaire est tr&#232;s limit&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les auteurs reviennent par la suite sur les diff&#233;rents champs de la g&#233;opolitique iranienne et montrent notamment le caract&#232;re pr&#233;caire de ses alliances. Sur la sc&#232;ne internationale, T&#233;h&#233;ran a pu b&#233;n&#233;ficier des &#171; parapluies diplomatiques &#187; de la Russie et de la Chine, ces deux membres permanents du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU &#233;tant &#233;galement soucieux de limiter l'influence am&#233;ricaine au Moyen-Orient. Cependant, les relations qu'a pu &#233;tablir l'Iran avec elles ne sont pas &#233;quilibr&#233;es. P&#233;kin et Moscou jouissent en effet d'un net ascendant sur l'Iran. Il s'explique par l'isolement prolong&#233; du pays et, dans le cas de ses relations avec la Chine, de son besoin d&#233;sesp&#233;r&#233; de d&#233;bouch&#233;s pour ses ressources &#233;nerg&#233;tiques et d'importations d'armes. Selon les perspectives chinoises et russes, l'alliance iranienne fait davantage figure de monnaie d'&#233;change entrant en jeu dans le rapport de force qui les oppose &#224; Washington, que de lien strat&#233;gique solide. L'Iran a cependant pu enregistrer certains succ&#232;s dans la diversification de ses relations diplomatiques en &#233;tablissant des liens relativement suivis avec plusieurs pays d'Am&#233;rique latine hostiles &#224; la puissance am&#233;ricaine, et au premier rang desquels se trouve le Venezuela, &#233;galement membre de l'OPEP. Ces victoires ne suffisent cependant pas &#224; rompre l'isolement iranien, cantonn&#233; &#224; un front du refus o&#249; T&#233;h&#233;ran occupe une place symbolique importante, mais ne d&#233;tient pas le r&#244;le de grande puissance auquel il voudrait pr&#233;tendre. En effet, les &#233;volutions en cours dans le monde arabe p&#232;sent depuis 2011 sur son l'encrage r&#233;gional. Alors que l'opposition historique de la R&#233;publique islamique &#224; Isra&#235;l avait pour objectif principal d'accro&#238;tre le prestige et l'influence de T&#233;h&#233;ran chez ses voisins arabes et dans le monde musulman, la guerre civile syrienne et le conflit confessionnel r&#233;gional qu'elle a engendr&#233; enferment l'Iran dans une position de leader du camp chiite qui lui a d&#233;j&#224; fait perdre le soutien du Hamas, de plus en plus proche des Fr&#232;res musulmans &#233;gyptien, et de la Turquie, et l'enlise dans des relations de plus en plus conflictuelles avec les monarchies du Golfe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'Iran est un acteur majeur de la sc&#232;ne moyen-orientale, sa situation g&#233;opolitique au centre de la masse eurasiatique lui conf&#232;re un r&#244;le sur bien d'autres fronts. En Afghanistan, son ancienne province orientale o&#249; il dispose de relais importants dans les communaut&#233;s chiites et persanophones, il agit en bonne intelligence avec l'Inde malgr&#233; la convergence d'int&#233;r&#234;t de plus en plus pouss&#233;e qui lie New-Delhi &#224; Washington. Ces deux puissances asiatiques ont en effet autant &#224; craindre du radicalisme sunnite et de l'alliance lourde de cons&#233;quence du Pakistan avec l'Arabie saoudite. L'Iran n'est pas non plus absent de l'Oc&#233;an indien, zone d'influence historique des marchands perses. Il entretient des relations diplomatiques suivies avec les Comores, l'&#238;le Maurice, le Sri Lanka et Madagascar mais &#233;galement avec plusieurs Etats d'Afrique de l'Est. T&#233;h&#233;ran accorde en effet une importance particuli&#232;re &#224; l'Erythr&#233;e et au Soudan dont le territoire peut servir &#224; l'approvisionnement en armes de groupes y&#233;m&#233;nites et palestiniens alli&#233;s. Dans le Caucase, autre zone d'influence historique, l'Iran entretien de bonnes relations avec l'Arm&#233;nie, elle-m&#234;me proche de la Russie et hostile &#224; un Azerba&#239;djan pro-turc, atlantiste, li&#233; &#224; Isra&#235;l par des contrats d'armements et avec lequel il dispute les r&#233;serves p&#233;troli&#232;res de la Caspienne. Une derni&#232;re section est consacr&#233;e &#224; l'histoire des relations franco-iranienne.&lt;br class='autobr' /&gt;L'ouvrage de Thierry Kellner et de Mohammad-Reza Djalili est un guide accessible et rigoureux, n&#233;cessaire &#224; la compr&#233;hension des enjeux multiples d'une puissance qui reste paradoxalement m&#233;connue au regard de la place qu'elle occupe dans l'actualit&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner, &lt;i&gt;100 questions sur l'Iran&lt;/i&gt;, Paris, Editions la Bo&#233;tie, 2013, 300 pages.&lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Pr&#234;tre Jean</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'Occident a r&#234;v&#233; de l'Orient bien avant la naissance de l'orientalisme. L'un de ces r&#234;ves s'articule autour de la figure l&#233;gendaire du Pr&#234;tre Jean. Retour sur un mythe ancr&#233; au c&#339;ur de l'imaginaire m&#233;di&#233;val pendant plusieurs si&#232;cles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Origines et mutations d'une l&#233;gende&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1156, l'&#233;v&#234;que Otton de Freising mentionne, dans sa chronique, une rencontre qui s'est produite vers 1145 avec Hughes, &#233;v&#234;que de Dj&#233;bl&#233;, en Orient latin. Il lui aurait parl&#233; d'un souverain chr&#233;tien nestorien nomm&#233; le Pr&#234;tre Jean, r&#233;gnant sur (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Palestine,10-+.html" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Occident a r&#234;v&#233; de l'Orient bien avant la naissance de l'orientalisme. L'un de ces r&#234;ves s'articule autour de la figure l&#233;gendaire du Pr&#234;tre Jean. Retour sur un mythe ancr&#233; au c&#339;ur de l'imaginaire m&#233;di&#233;val pendant plusieurs si&#232;cles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Origines et mutations d'une l&#233;gende&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;En 1156, l'&#233;v&#234;que Otton de Freising mentionne, dans sa chronique, une rencontre qui s'est produite vers 1145 avec Hughes, &#233;v&#234;que de Dj&#233;bl&#233;, en Orient latin. Il lui aurait parl&#233; d'un souverain chr&#233;tien nestorien nomm&#233; le Pr&#234;tre Jean, r&#233;gnant sur un vaste pays d'Orient. Ce souverain serait tout pr&#234;t &#224; venir en aide aux Chr&#233;tiens pour d&#233;fendre la Terre Sainte, &#224; une &#233;poque o&#249; la reconqu&#234;te musulmane s'amorce (la ville d'Edesse vient d'&#234;tre reprise par Zengi, le p&#232;re de Nur ad-d&#238;n). Otton, esprit critique, se montre assez sceptique, notant que si ce souverain existe, il ne peut &#234;tre tr&#232;s puissant. Pourtant, une dizaine d'ann&#233;es apr&#232;s, une lettre commence &#224; circuler dans toute la chr&#233;tient&#233;, une lettre pr&#233;tendument &#233;crite par le Pr&#234;tre Jean et qui va imposer sa l&#233;gende.&lt;br class='manualbr' /&gt;S'adressant &#224; l'empereur byzantin Manuel Ier Comn&#232;ne, ce monarque d&#233;crit son royaume, insistant sur sa richesse et sa puissance et se d&#233;crivant comme le souverain des Indes. La lettre, se greffant sur une mode de l'Orient d&#233;j&#224; install&#233;e par les croisades, conna&#238;t imm&#233;diatement un succ&#232;s incroyable : elle va &#234;tre reproduite des dizaines de fois, avec des diff&#233;rences importantes m&#234;me si les copistes reprennent le m&#234;me canevas. En sorte qu'il existe aujourd'hui plus d'une centaine de versions de cette lettre. De l'Italie &#224; l'Ecosse, de la Su&#232;de &#224; l'Espagne, le Pr&#234;tre Jean ne cesse tout au long du XIII&#232;me si&#232;cle de s'adresser aux diff&#233;rents souverains de la chr&#233;tient&#233;. La perte de &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Elodie-Hibon-La.html&quot; class='spip_in'&gt;J&#233;rusalem&lt;/a&gt; en 1187, reconquise par &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Saladin.html&quot; class='spip_in'&gt;Saladin&lt;/a&gt;, attire plus que jamais l'attention sur ce souverain l&#233;gendaire, soutien potentiel d'un Occident menac&#233;. C'est l'espoir d'une alliance de revers pour d&#233;truire les puissances musulmanes, le m&#234;me espoir qui poussera les souverains chr&#233;tiens &#224; tenter de s'allier avec les Mongols. Les rois chr&#233;tiens r&#233;pondent au Pr&#234;tre Jean, et le pape Alexandre III (1177) lui envoie m&#234;me un ambassadeur. Au fil du temps, on cherche &#224; reconna&#238;tre le Pr&#234;tre Jean dans des personnages historiques : le roi de G&#233;orgie, d'Arm&#233;nie, voire m&#234;me Gengis Khan. Mais faute de pouvoir identifier un souverain r&#233;el avec le Pr&#234;tre Jean, et l'Asie &#233;tant de mieux en mieux connue, le mythe s'efface peu &#224; peu. Joinville, racontant la vie de son roi et ami Saint Louis, &#233;crit ainsi que le Pr&#234;tre Jean a exist&#233;, mais qu'il a &#233;t&#233; vaincu r&#233;cemment par le &#171; Grand Khan de Tartarie &#187; (on retrouve la m&#234;me id&#233;e dans &lt;i&gt;Le songe du vieil p&#232;lerin&lt;/i&gt; de Philippe de M&#233;zi&#232;res, r&#233;dig&#233; en 1389) : l'av&#232;nement de l'Empire mongol rend impossible de penser un puissant pouvoir chr&#233;tien en Asie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Du coup, ce mythe ne s'efface pas, mais se d&#233;place. En effet, &#224; partir du XIV&#232;me si&#232;cle, on identifie le Pr&#234;tre Jean avec le roi d'Ethiopie, le N&#233;gus, un souverain chr&#233;tien r&#233;gnant sur une vaste terre par-del&#224; les terres de l'Islam. L'Afrique a remplac&#233; l'Inde, mais le r&#234;ve reste le m&#234;me : s'allier avec ce souverain pour d&#233;truire l'Islam &#8211; un Islam plus que jamais mena&#231;ant depuis que les Ottomans ont pris Constantinople en 1453. Les Portugais, engag&#233;s dans la recherche des Indes, atteignent ainsi l'Afrique &#224; la fin du XV&#232;me si&#232;cle : Pero da Covilha rencontre ainsi le N&#233;gus d'Ethiopie en 1490 et lui remet une lettre du roi du Portugal, lettre adress&#233;e... au Pr&#234;tre Jean. Quelques ann&#233;es plus tard, Albuquerque peut &#233;crire &#224; son roi pour lui demander de la main d'&#339;uvre afin d'aider le Pr&#234;tre Jean &#224; d&#233;tourner les sources du Nil, tarissant ainsi la puissance du sultan du Caire. Les premiers portulans&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='La Biblioth&#232;que Nationale de France vient de leur consacrer une tr&#232;s belle (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; repr&#233;sentent ainsi le royaume du Pr&#234;tre Jean en Afrique, transformant une l&#233;gende en r&#233;alit&#233; g&#233;ographique. Et le nom &#171; Pr&#234;tre Jean &#187; est rest&#233; une appellation courante pour le souverain abyssinien jusqu'au XVII&#232;me si&#232;cle ! La figure du Pr&#234;tre Jean n'a ainsi pas cess&#233; d'&#233;voluer entre figure litt&#233;raire et fantasme g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une utopie m&#233;di&#233;vale&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les lettres du Pr&#234;tre Jean construisent l'image d'un Orient merveilleux, fabuleux, mais &#233;galement une utopie politique, l'une des premi&#232;res de l'histoire chr&#233;tienne. Dans le royaume du Pr&#234;tre Jean r&#232;gne la concorde sociale, les diff&#233;rents peuples qui composent l'empire &#8211; des chr&#233;tiens, des juifs, des pa&#239;ens, des esp&#232;ces monstrueuses &#8211; vivant en harmonie. Toutefois cette paix int&#233;rieure n'est acquise que de haute lutte, en sorte que les Indes du Pr&#234;tre Jean ne se confondent pas avec le pays de Cocagne : le Pr&#234;tre Jean doit en effet sans cesse batailler sur les marges de son royaume, o&#249; sont rel&#233;gu&#233;es les monstres &#8211; centaures, dragons, g&#233;ants &#8211; et les peuples belliqueux &#8211; notamment les Amazones. Ce combat perp&#233;tuel est crucial : s'il perdait, d&#233;clare le souverain l&#233;gendaire, ces hordes d&#233;ferleraient sur le monde, d&#233;truisant tout devant elles. L'Europe du Moyen Age a compris que son destin g&#233;opolitique se jouait en Orient.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le Pr&#234;tre Jean r&#232;gne sur 72 rois, un chiffre hautement symbolique dans la perspective chr&#233;tienne (douze fois six), et son r&#232;gne n'est &#171; jamais troubl&#233; par une guerre civile ou une querelle de succession &#187;, &#224; une &#233;poque o&#249; c'est l'un des principaux probl&#232;mes de l'Occident f&#233;odal. Les richesses du Pr&#234;tre Jean d&#233;fient l'imagination : ses palais sont en or et en pierres pr&#233;cieuses, et il &#171; d&#233;pense plus en une journ&#233;e que l'empereur de Byzance en un an &#187;. Il se montre d'ailleurs pr&#234;t &#224; envoyer une part de ses richesses au destinataire de la lettre, pour peu que celui-ci le reconnaisse comme suzerain. Cette image d'un Orient d&#233;bordant de richesses sera durable : on la retrouve au c&#339;ur du texte de Marco Polo, et elle inspirera les marchands portugais qui chercheront &#224; atteindre la Chine ou le Japon. Cette puissance &#233;conomique se traduit en puissance militaire : le Pr&#234;tre Jean peut mobiliser plusieurs centaines de milliers d'hommes et de chevaliers pour d&#233;fendre la foi chr&#233;tienne. Un jour prochain, il traversera le Tigre et l'Euphrate et viendra en p&#232;lerinage au Saint S&#233;pulcre de J&#233;rusalem.&lt;br class='manualbr' /&gt;La perfection politique et militaire du royaume se traduit par une perfection morale de ses habitants : personne ne ment ni ne vole. Ce royaume conna&#238;t la pauvret&#233;, mais tous sont charitables et aident les pauvres. Le Pr&#234;tre Jean lui-m&#234;me incarne le souverain chr&#233;tien id&#233;al : respectant les commandements divins, il est par exemple humble, sobre, et chaste alors m&#234;me qu'il a &#224; sa disposition &#171; les plus belles femmes du monde &#187;. Fort de cette perfection, il donne des conseils aux destinataires de la lettre : ils doivent se rappeler de Dieu et ne pas p&#234;cher par orgueil. La lettre est ainsi l'occasion pour les clercs qui la r&#233;&#233;crivent de sermonner discr&#232;tement les souverains temporels. Il entretient une relation privil&#233;gi&#233;e avec le sacr&#233; : nomm&#233; directement par Saint Thomas, qui a &#233;vang&#233;lis&#233; les Indes et en tant que tel est le saint protecteur de son royaume, il est l'&#233;lu de Dieu, un nouveau David. On en fait m&#234;me parfois un descendant des Rois Mages. Dans les lettres adress&#233;es au pape, on insiste sur le fait que le Pr&#234;tre Jean est un bon catholique, respectant l'autorit&#233; de l'&#233;v&#234;que de Rome. Sur les marges orientales de son royaume se trouvent les portes du Paradis ; la tour de Babel, d&#233;vast&#233;e par la col&#232;re de Dieu, en marque la fronti&#232;re sud, et sur ses terres est cach&#233;e la Fontaine de Jouvence, qui donne la vie &#233;ternelle, un objet magique qu'on retrouvera, quelques si&#232;cles plus tard, dans les r&#234;ves des conquistadors. Son palais principal est fait de diamants pour laisser passer la lumi&#232;re, pr&#233;figurant ainsi la J&#233;rusalem c&#233;leste. Son p&#232;re s'appelle significativement Quasideus, &#171; semblable &#224; Dieu &#187;. Comme l'indique son nom m&#234;me, le Pr&#234;tre Jean cumule pouvoir temporel (&lt;i&gt;regnum&lt;/i&gt;) et spirituel (&lt;i&gt;sacerdotium&lt;/i&gt;), en sorte que son royaume n'est pas &#8211; contrairement &#224; l'Occident &#8211; d&#233;chir&#233; par une lutte de pouvoirs entre le pape et les rois. Les Indes du Pr&#234;tre Jean sont ainsi une v&#233;ritable utopie, un espace invent&#233; et sur lequel l'Occident projette sa vision du royaume id&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si vous voulez croire, croyez &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est ce que note un copiste du XII&#232;me si&#232;cle &#224; la fin de son travail.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Mais c'est aussi un Orient empli de merveilles, ces &lt;i&gt;mirabilia&lt;/i&gt; qui sont, dans l'imaginaire de l'Occident m&#233;di&#233;val, &#224; la fois fascinantes et terrifiantes. Les marges de l'Empire sont peupl&#233;es par des cr&#233;atures fabuleuses : des griffons et des dragons, des g&#233;ants et des pygm&#233;es, des cyclopes et des tigres, des ph&#233;nix et des &#233;l&#233;phants, des &#234;tres amphibies qui ramassent au fond des rivi&#232;res des pierres pr&#233;cieuses qu'ils offrent ensuite au Pr&#234;tre Jean. Des serpents g&#233;ants peuplent les d&#233;serts, des aigles &#224; plusieurs t&#234;tes rodent dans les montagnes, des grenouilles venimeuses hantent les rivi&#232;res, et les for&#234;ts sont peupl&#233;es par des centaures qui ne cessent de se battre entre eux. Sans oublier les cynoc&#233;phales, hommes &#224; t&#234;te de chien, les m&#233;thagallinaires, coqs g&#233;ants et carnivores, ou encore les cam&#233;th&#233;rnes, hybrides de crocodiles et de cam&#233;l&#233;ons,... Ces descriptions rel&#232;vent de la t&#233;ratologie, la science des monstres, tr&#232;s &#224; la mode au Moyen Age. Le Pr&#234;tre Jean sait domestiquer cette faune exotique pour servir sa puissance : il utilise ainsi des messagers sur des dragons volants pour transmettre ses messages &#224; travers son royaume. Le souverain sait aussi utiliser des artefacts magiques : le plus pr&#233;cieux d'entre eux est un miroir magique qui refl&#232;te tout ce qu'il se passe de mal dans son royaume. L'empereur Fr&#233;d&#233;ric II disait poss&#233;der un anneau rendant invisible que lui aurait envoy&#233; son homologue oriental. La l&#233;gende du Pr&#234;tre Jean pr&#233;pare ainsi l'Occident &#224; recevoir les contes des 1001 nuits : les dragons volants y seront remplac&#233;s par des tapis, mais on retrouvera la m&#234;me combinaison de cr&#233;atures fabuleuses et de richesses incroyables. En Occident, certains esprits critiques, en particulier des membres du clerg&#233;, comme Guillaume d'Ockham, rel&#232;vent qu'il ne s'agit que d'un tissu d'absurdit&#233;s, mais ces l&#233;gendes s'attachent durablement &#224; l'Orient&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='D'autant plus que le r&#233;cit de voyage de Marco Polo, m&#234;me s'il ne parle pas du (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet imaginaire emprunte &#224; un imaginaire traditionnellement associ&#233; &#224; l'Orient : le Pr&#234;tre Jean parle ainsi de salamandres qui produisent de la soie, dont on fait des v&#234;tements qui ne se lavent que dans le feu le plus br&#251;lant &#8211; &#224; une &#233;poque o&#249; la soie est encore, pour l'Occident, un produit bien myst&#233;rieux. Les pierres pr&#233;cieuses, les belles femmes, les grandes villes cosmopolites : autant d'&#233;l&#233;ments qui se rattachent &#224; l'Orient et aux fantasmes qu'il nourrit. Les &#233;pices, &#233;l&#233;ment caract&#233;risant l'Orient, occupent une place importante dans cette description : le Pr&#234;tre Jean parle ainsi d'immenses &#171; for&#234;ts &#224; poivre &#187;, de &#171; fontaines de cannelle &#187;. Mais ce royaume emprunte aussi &#224; un imaginaire antique, par exemple lorsque la lettre &#233;voque les Amazones, ces femmes guerri&#232;res l&#233;gendaires qui dominent les hommes et inversent l'ordre normal du monde. De m&#234;me, l'une des missions importantes du Pr&#234;tre Jean est de veiller sur les peuples de Gog et de Magog, des peuples terribles &#233;voqu&#233;s dans la Bible et qu'Alexandre le Grand aurait enferm&#233; derri&#232;re une muraille de fer.&lt;br class='manualbr' /&gt;De plus, l'Occident va croiser la l&#233;gende du Pr&#234;tre Jean avec d'autres mythes, d&#233;cuplant ainsi son potentiel de fascination, l'enracinant au c&#339;ur de l'imaginaire m&#233;di&#233;val. A la fin du XIII&#232;me si&#232;cle, Albrecht de Scharfenberg ins&#232;re ainsi une adaptation de la lettre dans son roman du Graal. De m&#234;me, Wolfram von Eschenbach, dans son Parzival, fait du Pr&#234;tre Jean le neveu de Perceval, chevalier de la Table ronde cherchant le Graal, Perceval lui-m&#234;me devenant le p&#232;re du Chevalier au Cygne, anc&#234;tre l&#233;gendaire de Godefroy de Bouillon, le premier roi de J&#233;rusalem. Dans ces constructions complexes, qui m&#234;lent autour de J&#233;rusalem les croisades, le Graal et le Pr&#234;tre Jean, c'est toute une mythologie chr&#233;tienne qui s'invente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Au moment o&#249; les Portugais atteignent le N&#233;gus d'Ethiopie et le prennent pour le Pr&#234;tre Jean, Colomb atteint les rives du Nouveau Monde en esp&#233;rant trouver les Indes. L'attention de la Chr&#233;tient&#233; va se d&#233;placer soudainement de l'Extr&#234;me-Orient &#224; l'Extr&#234;me-Occident. C'est l&#224;-bas que vont se reporter les r&#234;ves de myst&#233;rieuses cit&#233;s d'or, de monarques tout-puissants, de terres paradisiaques peupl&#233;es de cr&#233;atures fabuleuses, et d'espaces &#224; conqu&#233;rir&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir par exemple l'Eldorado dans le Candide de Voltaire : vieillard de 172 (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; I. Bejczy, &lt;i&gt;La lettre du Pr&#234;tre Jean : une utopie m&#233;di&#233;vale&lt;/i&gt;, 2001.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; J. Pirenne, &lt;i&gt;La l&#233;gende du Pr&#234;tre Jean&lt;/i&gt;, 1995.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Biblioth&#232;que Nationale de France vient de leur consacrer une tr&#232;s belle exposition &#224; laquelle je renvoie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est ce que note un copiste du XII&#232;me si&#232;cle &#224; la fin de son travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'autant plus que le r&#233;cit de voyage de Marco Polo, m&#234;me s'il ne parle pas du Pr&#234;tre Jean, d&#233;crit lui aussi un Orient habit&#233; par des cr&#233;atures incroyables, des richesses inou&#239;es et des rois tout-puissants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple l'Eldorado dans le &lt;i&gt;Candide&lt;/i&gt; de Voltaire : vieillard de 172 ans, fontaines de sucre, routes en or, palais en pierres pr&#233;cieuses, moutons volants,...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Compte rendu de la conf&#233;rence de Wissam Halabi-Halawi &#171; La Taqiyya chez les Druzes - Quand le sacr&#233; est secret &#187;, tenue le 15 mai 2013 &#224; la Biblioth&#232;que Orientale de l'Universit&#233; Saint Joseph de Beyrouth, dans le cadre du s&#233;minaire d'&#233;tudes arabes, m&#233;di&#233;vales et modernes : les sources et leur interpr&#233;tation.</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/Compte-rendu-de-la-conference-de-1280.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lesclesdumoyenorient.com/Compte-rendu-de-la-conference-de-1280.html</guid>
		<dc:date>2013-05-16T12:49:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>religion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Wissam Halabi-Halawi, Universit&#233; Paris 1 / IFPO, pr&#233;pare une th&#232;se sur la fondation du druzisme identitaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Druzes sont une minorit&#233; d'environ un million de personnes r&#233;parties entre trois foyers principaux de peuplement : dans les montagnes du Chouf au Liban, dans le sud de la Syrie et au nord de l'&#233;tat d'Isra&#235;l en Galil&#233;e. Ils professent une religion musulmane h&#233;t&#233;rodoxe &#233;tablie au d&#233;but du XIe si&#232;cle en Egypte, non reconnue par les autorit&#233;s islamiques. Il s'agit d'une religion socialement d&#233;finie (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Liban,9-+.html" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-religion-+.html" rel="tag"&gt;religion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Wissam Halabi-Halawi, Universit&#233; Paris 1 / IFPO, pr&#233;pare une th&#232;se sur la fondation du druzisme identitaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Druzes sont une minorit&#233; d'environ un million de personnes r&#233;parties entre trois foyers principaux de peuplement : dans les montagnes du Chouf au Liban, dans le sud de la Syrie et au nord de l'&#233;tat d'Isra&#235;l en Galil&#233;e. Ils professent une religion musulmane h&#233;t&#233;rodoxe &#233;tablie au d&#233;but du XIe si&#232;cle en Egypte, non reconnue par les autorit&#233;s islamiques. Il s'agit d'une religion socialement d&#233;finie puisqu'il faut na&#238;tre Druze pour suivre la religion druze. Le druzisme se caract&#233;rise aussi par la &lt;i&gt;Taqiyya&lt;/i&gt;, la dissimulation de la religion. Celle-ci concerne les personnes ext&#233;rieures au druzisme, &#224; qui les Druzes peuvent cacher leur religion et qui ne peuvent pas se convertir. Elle s'applique &#233;galement au sein de la communaut&#233; druze qui distingue les non-initi&#233;s &#224; la doctrine, les &#8220;ignorants&#8221; des &#8220;sages&#8221; ayant acc&#232;s aux textes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Au sein de la communaut&#233; druze, les textes du dogme et du canon druzes sont inaccessibles aux non-initi&#233;s. Longtemps gard&#233;s secrets, ils sont aujourd'hui disponibles et &#233;dit&#233;s, malgr&#233; l'opposition druze, et donc accessible au reste de la soci&#233;t&#233;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le travail de Wissam Halabi-Halawi se base sur ces textes. Il propose dans une premi&#232;re partie un aper&#231;u historique du druzisme, avant d'&#233;tudier la notion de la &lt;i&gt;Taqiyya&lt;/i&gt;, la dissimulation, &#224; partir de plusieurs textes de la doctrine druze.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Aper&#231;u historique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La fondation du druzisme primitif et la r&#233;daction du dogme druze au Caire&lt;/strong&gt; La date la plus connue et reconnue de l'&#233;mergence des Druzes est celle de 1017 au Caire qui marque le d&#233;but de la &lt;i&gt;da'wa&lt;/i&gt;, la pr&#233;dication druze. Mais le mouvement druze est d&#233;j&#224; enclench&#233; au Caire avant cette date par quelques fondateurs, rest&#233;s inconnus, car en 1017 Hamza prend les rennes du druzisme sans laisser de place &#224; une possible concurrence. Il est le fondateur des principes dogmatiques de la religion druze et le chef de la pr&#233;dication jusqu'en 1021, date &#224; laquelle il dispara&#238;t.&lt;br class='manualbr' /&gt;Darazi, dont le nom serait &#224; l'origine du terme &#171; druze &#187;, est un autre fondateur du druzisme. Dans les textes, il est un adversaire de Hamza. Il dispara&#238;t en 1018, &#233;limin&#233; ou exil&#233;. Dans les textes th&#233;ologiques, il est tu&#233; par Hamza pour avoir profess&#233; une autre forme de druzisme. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le calife Al-H&#224;kim a fortement marqu&#233; l'histoire druze. Les r&#233;dacteurs des Ep&#238;tres (les textes sacr&#233;s) en font un &#234;tre divinis&#233;, consid&#233;r&#233; comme le repr&#233;sentant de Dieu sur terre par les Druzes. Si Al-H&#224;kim a fortement soutenu le druzisme, son fils, qui lui succ&#232;de, est un farouche opposant au mouvement druze. Il est &#224; l'origine des massacres des Druzes qui entrainent un mouvement de migration de ces populations vers les montagnes syriennes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Al-Muqtan&#224;, nouveau chef druze, continue alors la &lt;i&gt;da'wa&lt;/i&gt;. La th&#233;orie de la dissimulation, la &lt;i&gt;Taqiyya&lt;/i&gt;, aurait commenc&#233; &#224; cette &#233;poque. A partir de 1042, date de cl&#244;ture de la &lt;i&gt;da'wa&lt;/i&gt;, plus personne ne peut se convertir au druzisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La p&#233;riode syrienne : l'exil et la constitution du canon druze&lt;/strong&gt; La p&#233;riode syrienne suit l'exil des Druzes dans les montagnes pendant les pers&#233;cutions. Les sources manquent sur cette p&#233;riode mais c'est &#224; ce moment que le druzisme tel qu'il existe aujourd'hui se construit. Apr&#232;s la r&#233;daction des dogmes et la cl&#244;ture de la &lt;i&gt;da'wa&lt;/i&gt;, la p&#233;riode dans les montagnes syriennes est le temps de la cr&#233;ation du druzisme communautaire durant lequel est r&#233;dig&#233; le canon druze : al-Hikma, r&#232;gles de conduites issues du dogme. Aujourd'hui le canon druze est constitu&#233; de 111 &#233;p&#238;tres-trait&#233;s. On sait qu'ils ont &#233;t&#233; &#233;crits en Syrie sans savoir la date de leur r&#233;daction ni leurs auteurs. La r&#233;daction de ces &#233;p&#238;tres t&#233;moigne cependant de la pr&#233;sence d'une communaut&#233; druze, d&#233;sireuse de s'organiser et de vivre autour d'un canon. Cette p&#233;riode est majeure dans l'histoire du druzisme pour l'organisation religieuse et sociale, mais aussi pour les textes et la th&#233;ologie qui se font jour notamment au XVe si&#232;cle mais qui sont le r&#233;sultat de cette p&#233;riode peu connue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant cette p&#233;riode, la distinction entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux s'op&#232;re au sein de la soci&#233;t&#233; druze. La dissimulation, la Taqiyya, s'affirme progressivement. Elle est justifi&#233;e de fa&#231;on diff&#233;rente au sein des sph&#232;res religieuse et politique. Les chefs politiques druzes pratiquent la Taqiyya car ils veulent donner l'image d'&#234;tre de bons musulmans pour s'approcher du pouvoir central. Ainsi, les &#233;mirs Buhtur, qui ont eu une place politique importante chez les Druzes, adoptent la vie religieuse et culturelle de leur &#233;poque, et de la majorit&#233; de leur soci&#233;t&#233; : celle de l'Islam. Les chefs religieux pratiquent une &lt;i&gt;Taqiyya&lt;/i&gt; plus dure et plus marqu&#233;e. Elle peut s'expliquer par l'inscription de la religion druze dans un contexte syrien domin&#233; largement par le pouvoir musulman qui incite &#224; la prudence, notamment alors que les massacres des Druzes sont toujours dans les esprits. De plus les chefs religieux sont conscients que la doctrine druze ne pourra &#234;tre accept&#233;e par l'Islam qui la consid&#232;re comme une h&#233;r&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Etude de la &lt;i&gt;Taqqiyya&lt;/i&gt; &#224; travers la lecture de trois Ep&#238;tres-trait&#233;s du Livre de la Sagesse&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Il s'agit ici de se demander si la &lt;i&gt;Taqiyya&lt;/i&gt; est un principe dogmatique relevant du druzisme primitif ou un d&#233;veloppement doctrinal tardif justifi&#233; par le contexte. La &lt;i&gt;Taqiyya&lt;/i&gt; est un terme que l'on ne trouve pas dans les textes druzes. Il s'agit du principe selon lequel le sacr&#233; est gard&#233; secret : les doctrines et les &#233;crits religieux (canoniques et non canoniques) sont transmis de mani&#232;re manuscrite aux seuls religieux qui en ont les codes. Les &#233;crits sont ainsi sacralis&#233;s. La Taqiyya est tourn&#233;e &#224; la fois vers l'int&#233;rieur et vers l'ext&#233;rieur : elle concerne les non-Druzes mais &#233;galement les Druzes non-initi&#233;s. Ceux-ci n'ont pas acc&#232;s aux textes car ils sont consid&#233;r&#233;s comme n'&#233;tant pas suffisamment form&#233;s intellectuellement pour comprendre la religion druze. Les textes de la doctrine et du canon druzes sont en effet difficiles d'acc&#232;s : ils n&#233;cessitent de conna&#238;tre la philosophie grecque, isma&#233;lienne, mais aussi le christianisme. Outre la justification politique de soumission au pouvoir pour &#233;viter la r&#233;pression, ou l'id&#233;e de l'acclimatation culturelle des Druzes au contexte musulman dominant, la &lt;i&gt;Taqiyya&lt;/i&gt; s'explique aussi par la volont&#233; de ne pas risquer de d&#233;former la pens&#233;e contenue dans ces textes difficiles en les rendant accessibles &#224; tous.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le fondement textuel de la &lt;i&gt;Taqiyya&lt;/i&gt; est cependant incertain : les textes sont difficilement datables, fragmentaires et sans auteur identifi&#233;. En outre, la part importante de la tradition orale rend difficile la v&#233;rification des fondements historiques de la &lt;i&gt;Taqiyya&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'&#233;tude de trois &#233;p&#238;tres druzes, espac&#233;s de quelques ann&#233;es, montre cependant assez clairement l'apparition progressive de la Taqiyya dans le canon druze. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le trait&#233; 18 date de l'&#233;poque de gloire de Hamza, il condamne la dissimulation qui rend coupable ses auteurs d'&#171; associationnisme &#187;. Le trait&#233; 33 est r&#233;dig&#233; au d&#233;but des &#233;preuves pour les Druzes, lorsque la situation politique se tend. Appara&#238;t alors dans le texte l'id&#233;e de la dissimulation : &#171; Cachez la Sagesse &#224; ceux qui n'en sont pas dignes &#187;. Le trait&#233; 41 date de la grande &#233;preuve et des massacres subis par les Druzes apr&#232;s la mort du calife al-H&#224;kim et l'arriv&#233;e au pouvoir de son fils. Il l&#233;gitime le mensonge vis-&#224;-vis des non-Druzes. &lt;br class='manualbr' /&gt;La notion de &#171; m&#233;chants &#187; appara&#238;t progressivement dans les Ep&#238;tres pour qualifier les non-Druzes. Ceux-ci sont consid&#233;r&#233;s comme des r&#233;incarnations des pers&#233;cuteurs des Druzes d'autres &#233;poques, ou comme des apostats r&#233;incarn&#233;s. Ainsi, le trait&#233; 41 enjoint les Druzes &#224; ne pas porter &#171; un regard bienveillant, serein, admiratif &#187; envers les non-Druzes. Il demande cependant aux Druzes de leur montrer du respect &#171; pour m&#233;nager le cours du temps &#187;. Le fait de cacher la v&#233;rit&#233; et de montrer son contraire est institutionnalis&#233; sous le terme de &lt;i&gt;tadlis&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;La &lt;i&gt;Taqyyia&lt;/i&gt; ne figure donc pas dans les dogmes primitifs, elle entre dans le canon dans un contexte de pers&#233;cution des Druzes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conlusion : la relation du druzisme avec l'Islam et les autres religions&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le druzime est n&#233; sous les Fatimides, dynastie califale musulmane chiite. Il est donc possible qu'il existe un lien entre chiisme et druzisme. Cependant, les schismes provoqu&#233;s au sein de l'Islam par l'apparition des isma&#233;liens ou des alaouites ne se sont pas caract&#233;ris&#233;s par une rupture avec le Coran et les piliers de l'Islam comme l'a fait le druzisme. La doctrine druze abroge la loi islamique ainsi que les piliers de l'Islam qui sont remplac&#233;s par des pr&#233;ceptes connus des religieux seuls. En outre, Allah est consid&#233;r&#233; comme un d&#233;miurge par les Druzes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Cependant, le druzisme se pr&#233;sente comme une synth&#232;se de plusieurs sagesses et religions. En effet, pour les Druzes, la part accessible et incarn&#233;e de la nature de Dieu s'est manifest&#233;e plusieurs fois sur terre au cours de cycles o&#249; appara&#238;t la divinit&#233;. Ces cycles de r&#233;v&#233;lation peuvent donner lieu &#224; des passages l&#233;gitimes dans le Coran ou la Bible car produits par l'incarnation de Dieu sur terre. Ainsi le Proph&#232;te n'est pas enti&#232;rement reni&#233; par les Druzes qui consid&#232;rent qu'une partie de son discours est apport&#233; par Dieu au cours d'un cycle de r&#233;v&#233;lation. Il en est de m&#234;me pour J&#233;sus ou pour les quatre &#233;vang&#233;listes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Compte rendu de la conf&#233;rence de Tewfiq Aclimandos &#171; L'islam politique en Egypte, deux ans apr&#232;s la r&#233;volution &#187;, donn&#233;e &#224; l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), mardi 14 mai 2013, dans le cadre du cycle &#171; Islam et politique &#187;</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/Compte-rendu-de-la-conference-de-1279.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lesclesdumoyenorient.com/Compte-rendu-de-la-conference-de-1279.html</guid>
		<dc:date>2013-05-15T14:57:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s la r&#233;volution &#233;gyptienne et l'&#233;viction du Pr&#233;sident Moubarak, Tewfiq Aclimandos, politologue et historien &#233;gyptien, chercheur associ&#233; au Coll&#232;ge de France, tente de passer en revue les diverses forces qui agissent sur l'&#233;chiquier politique &#233;gyptien. Sp&#233;cialiste de la vie politique &#233;gyptienne, de l'arm&#233;e et des Fr&#232;res musulmans (Tewfiq Aclimandos, Les activistes politiques au sein de l'arm&#233;e &#233;gyptienne (1936-1954), th&#232;se de l'IEP, 2004.), Tiewfic Aclimandos revient sur la participation des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Colloques-et-salons-.html" rel="directory"&gt;Colloques et salons&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Egypte,3-+.html" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Politique-+.html" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s la r&#233;volution &#233;gyptienne et l'&#233;viction du Pr&#233;sident Moubarak, Tewfiq Aclimandos, politologue et historien &#233;gyptien, chercheur associ&#233; au Coll&#232;ge de France, tente de passer en revue les diverses forces qui agissent sur l'&#233;chiquier politique &#233;gyptien. Sp&#233;cialiste de la vie politique &#233;gyptienne, de l'arm&#233;e et des Fr&#232;res musulmans (Tewfiq Aclimandos, Les activistes politiques au sein de l'arm&#233;e &#233;gyptienne (1936-1954), th&#232;se de l'IEP, 2004.), Tiewfic Aclimandos revient sur la participation des Fr&#232;res musulmans &#224; la r&#233;volution, sur leurs r&#233;alisations depuis la prise du pouvoir, et sur leurs rapports conflictuels avec l'arm&#233;e, deuxi&#232;me force politique en Egypte. Dans un pays o&#249; la situation est chaotique et o&#249; les deux forces politiques principales (l'arm&#233;e et les Fr&#232;res musulmans) manquent de transparence, le chercheur pr&#233;sente ses analyses comme des hypoth&#232;ses de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les Fr&#232;res musulmans en Egypte&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les Fr&#232;res musulmans sont aujourd'hui la seule force organis&#233;e du pays, m&#234;me s'il est bien difficile de conna&#238;tre pr&#233;cis&#233;ment le nombre de ses membres. En effet, il existe dans l'organisation quatre degr&#233;s d'appartenance, et les membres des deux plus bas degr&#233;s ne sont pas consid&#233;r&#233;s par la confr&#233;rie comme des membres &#224; part enti&#232;re. Les chiffres varient donc &#233;norm&#233;ment, pouvant atteindre 2,8 millions si l'on compte tous les &#233;chelons. Mais les Fr&#232;res, quant &#224; eux, pr&#233;f&#232;rent mettre en avant la relative faiblesse de leurs contingents num&#233;riques. Cette organisation fonctionne de mani&#232;re double : elle est d'abord un mouvement de masse, qui peut accueillir tout musulman respectant la morale religieuse, et peut regrouper, &#224; ce titre, des personnalit&#233;s de sensibilit&#233;s tr&#232;s diff&#233;rentes (salafistes, lib&#233;raux, soufis et anti-soufis, etc&#8230;). A un second niveau, elle est structur&#233;e par un appareil clandestin de type l&#233;niniste, obs&#233;d&#233; par la prise du pouvoir, et convaincu par une version tr&#232;s appauvrie de l'id&#233;ologie, s'inspirant des &#233;crits de Sayyid Qotb&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Olivier Carr&#233;, G&#233;rard Michaud, Les Fr&#232;res Musulmans (1928-1982). Egypte (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'apr&#232;s ce dernier, l'histoire humaine est celle d'une lutte entre ceux qui respectent la souverainet&#233; de Dieu et ceux qui consid&#232;rent que l'homme a le pouvoir de l&#233;gif&#233;rer. Il consid&#232;re que les soci&#233;t&#233;s musulmanes sont revenues &#224; un &#233;tat de perdition et d'ignorance pr&#233;islamique, et qu'une avant-garde doit venir r&#233;tablir la loi de Dieu. Si Qotb a &#233;t&#233; contest&#233; et diversement interpr&#233;t&#233;, les Fr&#232;res musulmans n'ont jamais os&#233; mettre de c&#244;t&#233; sa pens&#233;e, si bien qu'il demeure aujourd'hui une r&#233;f&#233;rence essentielle. Pour les Fr&#232;res musulmans &#233;gyptiens, la soci&#233;t&#233; n'est pas assez musulmane, et il faut la forcer &#224; adorer Dieu comme il convient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les Fr&#232;res musulmans n'ont pas d&#233;clench&#233; la r&#233;volution, ils y ont jou&#233; un r&#244;le essentiel, et ont mis en &#339;uvre la transition d&#233;mocratique et &#233;lectorale, qui les a amen&#233;s au pouvoir. Quelles sont les caract&#233;ristiques du nouveau pouvoir mis en place par les Fr&#232;res musulmans ? Une analyse du processus d&#233;cisionnel au sein de la confr&#233;rie montre avec &#233;vidence que les d&#233;cisions sont prises par une minorit&#233;. 80% des d&#233;cisions sont, en effet, prises au Bureau de guidance, qui constitue l'instance supr&#234;me. Elle est constitu&#233;e de 15 &#224; 18 membres, en th&#233;orie tous &#233;gaux, mais au sein desquels cinq comptent en r&#233;alit&#233; plus que les autres, dont Khayrat al Shater, v&#233;ritable homme fort au sein de la confr&#233;rie, qui cumule en quelque sorte le portefeuille des Finances et celui de l'Int&#233;rieur. En outre, si Mohammed Morsi, membre de cette instance et actuellement pr&#233;sident, a pu avoir, apr&#232;s les &#233;lections, une marge de man&#339;uvre certaine, celle-ci est aujourd'hui tr&#232;s r&#233;duite. Il jouit &#224; pr&#233;sent des aides et conseils d'une dizaine de Fr&#232;res musulmans d'origine &#233;gyptienne, mais appartenant &#224; l'organisation internationale, qui ne lui laisseraient plus beaucoup d'autonomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis leur arriv&#233;e au pouvoir, la politique des Fr&#232;res musulmans est marqu&#233;e par la captation des plus hautes instances d&#233;cisionnelles de l'Etat. Le dessein de la confr&#233;rie repose sur le concept de &lt;i&gt;tamkin&lt;/i&gt;, qui d&#233;signe la capacit&#233; &#224; r&#233;aliser de grands projets en prenant les pleins pouvoirs : les Fr&#232;res pensent avoir une occasion unique de mettre en place ce tamkin. En Egypte, cette strat&#233;gie a plusieurs volets : tout d'abord, les Fr&#232;res musulmans ont nomm&#233; des Fr&#232;res &#224; tous les postes cl&#233;s de l'administration publique, en particulier dans certaines fonctions qui leur permettaient de se constituer des client&#232;les (waqf, &#233;ducation, approvisionnement&#8230;). Plus de 13 000 Fr&#232;res musulmans auraient ainsi &#233;t&#233; nomm&#233;s hauts-fonctionnaires. Ensuite, ils ont cr&#233;&#233; des institutions parall&#232;les : ce processus, encore embryonnaire, menacerait particuli&#232;rement la police et la justice. Cela va de pair avec une destruction syst&#233;matique de l'&#233;tat de droit en s'attaquant &#224; la justice : Mohammed Morsi a, par exemple, d&#233;mis le procureur de la R&#233;publique et l'a remplac&#233; par un autre, plus servile ; les Fr&#232;res ont &#233;galement d&#233;capit&#233; la Haute cour constitutionnelle, en &#233;vin&#231;ant 7 de ses membres (sur 17), l'emp&#234;chant de faire son travail correctement. Enfin, ils ont pris le contr&#244;le des m&#233;dias pour discr&#233;diter l'opposition la&#239;que. Une fois au pouvoir, les Fr&#232;res musulmans ont souhait&#233; &#233;tablir une coalition un peu autoritaire, en cooptant des grandes familles, en se rapprochant des hommes d'affaires et en travaillant avec les appareils d'Etat (justice et moukhabarat). Cette tentative a &#233;t&#233; un &#233;chec, car la base des Fr&#232;res comme les services de l'Etat, refusent cette grande coalition, tandis que les &#233;l&#233;ments courtis&#233;s par les Fr&#232;res musulmans se d&#233;fient d'un mouvement qui n'a pas eu l'habitude, par le pass&#233;, de tenir ses promesses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, les Fr&#232;res musulmans p&#226;tissent d'un tr&#232;s grand discr&#233;dit et d'une grande impopularit&#233; : seulement 35% de la population &#233;gyptienne serait satisfaite de leur politique. Sur le plan &#233;conomique, tous les indicateurs sont au rouge et il est difficile de savoir quelle politique ils comptent mener en la mati&#232;re : parient-ils sur la poursuite de l'aide am&#233;ricaine ? Souhaitent-ils un krach boursier qui permettrait de racheter des entreprises &#224; bas prix ? Toujours est-il que, sur le long terme, ils veulent mettre en place un partenariat avec la Turquie, l'Indon&#233;sie, la Chine, le Qatar et les Bricks, pour r&#233;duire les &#233;changes avec les pays occidentaux et diminuer la d&#233;pendance de l'Egypte. En politique &#233;trang&#232;re, ils veulent accorder aux Etats-Unis des garanties suffisantes pour Isra&#235;l, et avoir les mains libres ailleurs. A l'&#233;gard des Etats-Unis, les Fr&#232;res musulmans ont jou&#233; sur cinq tableaux : ils se sont pr&#233;sent&#233;s comme la seule force organis&#233;e du pays ; ils ont d&#233;fendu un programme &#233;conomique lib&#233;ral ; ils ont argu&#233; &#234;tre les seuls &#224; avoir les moyens de tenir le Hamas et les djihadistes, ce qui est r&#233;el ; ils ont insist&#233; sur les diff&#233;rences entre l'id&#233;ologie des Fr&#232;res musulmans et celle des salafistes, afin de rassurer les Etats-Unis sur le terrain s&#233;curitaire (en r&#233;alit&#233;, les Fr&#232;res sont aujourd'hui de plus en plus gagn&#233;s par l'id&#233;ologie salafiste ; ils ont fait croire que leur devenir historique &#233;tait l'AKP (qui ne constitue en r&#233;alit&#233; en rien un mod&#232;le pour eux). Jusqu'&#224; pr&#233;sent, cela leur a assur&#233; une relative neutralit&#233; des Etats-Unis, qui souhaitent par ailleurs &#233;viter de trop s'impliquer dans la r&#233;gion. Les principaux ennemis des Fr&#232;res musulmans &#233;gyptiens sont actuellement les pays du Golfe, et surtout l'Arabie saoudite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'arm&#233;e&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;L'arm&#233;e &#233;tait tr&#232;s m&#233;contente de Moubarak et a vu dans la r&#233;volution une occasion inesp&#233;r&#233;e de s'en d&#233;barrasser et de participer &#224; la transition d&#233;mocratique. Mais, au sein de l'arm&#233;e, il existait des d&#233;saccords, entre ceux qui pensaient qu'il risquait de se produire une catastrophe si les Fr&#232;res musulmans gagnaient les &#233;lections, et qu'il convenait de soutenir les partis la&#239;cs ; et ceux qui pensaient qu'une coordination &#233;tait possible avec les Fr&#232;res et qu'il n'&#233;tait pas du ressort de l'arm&#233;e d'assurer les fonctions des partis d'opposition. L'arm&#233;e est finalement arriv&#233;e &#224; un accord avec les Fr&#232;res musulmans, mais aujourd'hui, la &#171; lune de miel &#187; est termin&#233;e. Les tensions entre les deux institutions sont patentes, et 80% des Egyptiens souhaiteraient le retour de l'arm&#233;e. Pourtant, la situation est bloqu&#233;e pour plusieurs raisons : l'arm&#233;e n'a pas les moyens d'intervenir dans un pays ingouvernable, encore pris dans un processus r&#233;volutionnaire ; l'arm&#233;e craint des sanctions am&#233;ricaines, alors qu'elle d&#233;pend des Etats-Unis pour sa formation, son &#233;quipement&#8230; De leur c&#244;t&#233;, les Fr&#232;res musulmans ne peuvent pas utiliser contre l'arm&#233;e les arguments qu'ils utilisent contre les la&#239;cs, en pr&#233;tendant qu'ils sont de mauvais musulmans : en effet, le g&#233;n&#233;ral Fatah al-Sissi, chef de l'arm&#233;e, est irr&#233;prochable en la mati&#232;re. A l'heure actuelle, les conditions d'un coup d'&#233;tat de l'arm&#233;e ne sont pas remplies, et une alliance entre les salafistes et l'arm&#233;e est en train de se mettre en place.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les autres forces politiques&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les salafistes&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour aller plus loin, voir les ouvrages de St&#233;phane Lacroix sur l'islamisme (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont une autre force politique importante en Egypte. Il faut tout d'abord noter que le salafisme est un mouvement pluriel : il existe des salafistes qui&#233;tistes (qui ne veulent pas faire de politique), des salafistes djihadistes, et maintenant des salafistes politiques. Face aux Fr&#232;res musulmans, les salafistes politiques &#233;gyptiens mettent en avant diff&#233;rents arguments : ils jouent sur le besoin de v&#233;rit&#233; et le respect de leur parole, l&#224; o&#249; les Fr&#232;res sont r&#233;put&#233;s ne pas tenir leurs promesses ; ils reconnaissent qu'ils n'ont pas le savoir-faire n&#233;cessaire pour gouverner et en tirent les cons&#233;quences, &#224; savoir le partage des responsabilit&#233;s avec d'autres forces politiques ; ils essaient de voir quelles concessions ils pourraient faire aux la&#239;cs et essaient d'entretenir de meilleurs relations avec l'arm&#233;e. A cause du discr&#233;dit qui p&#232;se sur les Fr&#232;res musulmans depuis leur arriv&#233;e au pouvoir, ils peuvent se constituer comme une alternative de plus en plus attractive.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des partis non islamistes, au contraire, il n'existe aucune alternative cr&#233;dible. La multiplicit&#233; des chefs rend difficile toute perc&#233;e politique. Hamdi Sabahi a un d&#233;ficit de cr&#233;dibilit&#233; et aurait bien du mal, sans organisation, &#224; rassurer &#224; la fois l'arm&#233;e, la jeunesse r&#233;volutionnaire et les classes populaires qu'il repr&#233;sente. Mohammed El Baradei est entour&#233; de gens comp&#233;tents, mais il lui serait difficile de gagner des &#233;lections. En outre, ces partis sont confront&#233;s &#224; des probl&#232;mes structurels : de financement, d'une part, car les hommes d'affaires lib&#233;raux refusent maintenant de les soutenir ; de coh&#233;rence interne, de l'autre, car leur volont&#233; de soutenir &#224; la fois les grandes familles provinciales dont les Fr&#232;res musulmans ne veulent pas et la jeunesse r&#233;volutionnaire, appara&#238;t contradictoire. Enfin, les jeunesses r&#233;volutionnaires ont pris go&#251;t &#224; la r&#233;volution, et d'autres g&#233;n&#233;rations sont pr&#234;tes &#224; reprendre le flambeau, dans un pays o&#249; il y a 4 millions de dipl&#244;m&#233;s sans emploi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La transition d&#233;mocratique semble donc aujourd'hui morte et enterr&#233;e, tandis que la r&#233;volution est devenue une pratique sociale, mais qui conna&#238;t une pause pour le moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Olivier Carr&#233;, G&#233;rard Michaud, &lt;i&gt;Les Fr&#232;res Musulmans (1928-1982)&lt;/i&gt;. Egypte et Syrie, 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour aller plus loin, voir les ouvrages de St&#233;phane Lacroix sur l'islamisme en Arabie Saoudite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bertrand Badie</title>
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		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Bertrand Badie, politologue fran&#231;ais et sp&#233;cialiste des relations internationales, est professeur des Universit&#233;s &#224; l'Institut d'Etudes politiques de Paris, et enseignant-chercheur associ&#233; au Centre d'&#233;tudes et de recherches internationales (CERI).&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Les-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les auteurs&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bertrand Badie, politologue fran&#231;ais et sp&#233;cialiste des relations internationales, est professeur des Universit&#233;s &#224; l'Institut d'Etudes politiques de Paris, et enseignant-chercheur associ&#233; au Centre d'&#233;tudes et de recherches internationales (CERI).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien avec Bertrand Badie, Penser le politique en terre d'Islam</title>
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		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
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		<dc:subject>Iran</dc:subject>

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&lt;p&gt;Bertrand Badie, politologue fran&#231;ais et sp&#233;cialiste des relations internationales, est professeur des Universit&#233;s &#224; l'Institut d'Etudes politiques de Paris, et enseignant-chercheur associ&#233; au Centre d'&#233;tudes et de recherches internationales (CERI).&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment penser le politique dans la sph&#232;re islamique &#224; l'&#226;ge classique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut &#234;tre d'abord attentif &#224; ne pas employer de mani&#232;re spontan&#233;e et non-critique les concepts qui rel&#232;vent de l'histoire occidentale. Toutes les cat&#233;gories politiques de la modernit&#233; (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton1277-79065.jpg&quot; width='107' height='150' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bertrand Badie, politologue fran&#231;ais et sp&#233;cialiste des relations internationales, est professeur des Universit&#233;s &#224; l'Institut d'Etudes politiques de Paris, et enseignant-chercheur associ&#233; au Centre d'&#233;tudes et de recherches internationales (CERI).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comment penser le politique dans la sph&#232;re islamique &#224; l'&#226;ge classique ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Il faut &#234;tre d'abord attentif &#224; ne pas employer de mani&#232;re spontan&#233;e et non-critique les concepts qui rel&#232;vent de l'histoire occidentale. Toutes les cat&#233;gories politiques de la modernit&#233; europ&#233;enne ne peuvent rendre compte du politique en tout lieu et en tout temps. Dans ce qui va devenir le monde musulman, le politique est non seulement d'une nature diff&#233;rente de celui qui va r&#233;sulter de la trajectoire occidentale mais il est &#233;galement bien plus divers. L'Islam na&#238;t dans le contexte tribal et communautaire de la p&#233;ninsule arabique et cette double r&#233;f&#233;rence ne va cesser de l'accompagner jusqu'&#224; son extr&#234;me modernit&#233; contemporaine. Dans le m&#234;me temps, l'Islam a rencontr&#233; des traditions tout &#224; fait diff&#233;rentes. En entrant en Perse elle fait face &#224; l'Empire sassanide, l'un des plus centralis&#233;s et des plus bureaucratis&#233;s de l'&#233;poque. Elle rencontre aussi des soci&#233;t&#233;s tr&#232;s anciennement urbanis&#233;es, porteuses de leurs propres traditions. Si on ajoute &#224; cela le fait que l'Islam se soit globalement rependu par les armes et par la m&#233;diation de l'outil militaire, et donc par l'interm&#233;diaire de traditions guerri&#232;res, on per&#231;oit la pluralit&#233; des fondements du politique en terre d'Islam.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut donc distinguer, pour r&#233;sumer, trois sources &#224; l'intersection desquelles on doit envisager le politique en Islam : la tradition tribale et communautaire, la tradition guerri&#232;re et militaire et la tradition imp&#233;riale, h&#233;rit&#233;e des constructions politiques pr&#233;islamiques de Perse et du Proche-Orient et r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e par les formes omeyyades, abbassides et ottomanes. Chacune de ces trois traditions implique une source de l&#233;gitimit&#233; particuli&#232;re : la l&#233;gitimit&#233; par le lignage tribal et communautaire, qu'il soit r&#233;el ou recompos&#233;, la l&#233;gitimit&#233; par la force des armes et la l&#233;gitimit&#233; par la r&#233;f&#233;rence &#224; une logique imp&#233;riale en permanente reconstruction et en tension vers l'id&#233;al d'un dar el-Islam &#224; construire. Le champ politique se trouve donc soumis &#224; des tiraillements entre cet infiniment grand du politique qui se confond avec la communaut&#233; des croyants, et l'infiniment petit de la politique tribale et communautaire. En r&#233;sulte une instabilit&#233; chronique, le politique n'ayant pas de l&#233;gitimit&#233; en soi et sa trajectoire se trouvant &#233;miett&#233;e en s&#233;quences, en moments singuliers d&#233;finis par des rapports de force. Aucun syst&#232;me ne peut, dans ce cadre, &#234;tre fondamentalement juste et donc p&#233;renne. La justice ne s'incarne que dans la loi de Dieu et contester le pouvoir humain au nom de Dieu et de sa loi devient plus l&#233;gitime que l'exercice de ce m&#234;me pouvoir. La l&#233;gitimit&#233; se trouve facilement du c&#244;t&#233; de la contestation en ce qu'elle est formul&#233;e en lien avec une transcendance.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comment l'influence progressive de la modernit&#233; occidentale sur le monde musulman &#224; partir de la fin du XVIIIe si&#232;cle s'articulera-t-elle &#224; cette r&#233;alit&#233; d&#233;j&#224; composite ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'&#224; la toute fin du XVIIIe le monde musulman d&#233;couvre par l'entremise de l'Empire ottoman la modernit&#233; dans laquelle les puissances d'Europe occidentale sont entr&#233;es, ses &#233;lites se trouvent prises entre la fascination que peut inspirer un mod&#232;le singuli&#232;rement performant et la crainte d'un d&#233;passement irr&#233;m&#233;diable. La question de la modernit&#233; dans la sph&#232;re islamique restera durablement tributaire de cette tension originelle. Le processus d'importation est en effet vici&#233; d'avance puisque l'occidentalisation s'impose par des d&#233;faites militaires qui annoncent une d&#233;faite globale, subie sur les plans scientifique, technique, &#233;conomique et commercial. Cette occidentalisation est appel&#233;e par une volont&#233; de progresser mais demeure ins&#233;parable d'un sentiment d'&#233;chec, de retraite, de compromission. Au c&#339;ur de ce travail d'importation, on trouve donc une sorte de profonde humiliation. La grande s&#233;quence d'occidentalisation du monde musulman qui s'amorce alors ne cessera d'&#234;tre ambigu&#235;, voire de plus en plus tragique, &#224; mesure qu'elle s'affirme. Une fois dress&#233; le constat du retard, de la position de faiblesse dans laquelle se trouve le monde musulman, c'est le caract&#232;re ext&#233;rieur du mod&#232;le &#224; suivre qui pose probl&#232;me. Il souligne l'impossibilit&#233; d'inventer un mod&#232;le nouveau de mani&#232;re endog&#232;ne. Pour le monde musulman, deux directions s'ouvrent mais elles ne peuvent d&#233;boucher que sur des impasses. Il se trouve alors face &#224; un dilemme : ne plus &#234;tre soi-m&#234;me et copier le vainqueur ou n'&#234;tre plus que soi m&#234;me, en revenant &#224; une authenticit&#233; que l'on mesure &#224; l'aune d'un pass&#233; fantasm&#233; pour sa puret&#233; et qui dispense de se projeter dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comment cette dialectique a-t-elle pu s'illustrer historiquement ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le destin des relations nou&#233;es entre l'Empire ottoman et l'Europe offre une illustration singuli&#232;rement pertinente de ces dynamiques. Auparavant en expansion constante, l'Empire amorce son reflux la fin du XVIIe si&#232;cle. Battu militairement, se voyant imposer par les puissances europ&#233;ennes une s&#233;rie de trait&#233;s humiliants qui ne s'interrompra qu'avec sa chute finale, il amorce en parall&#232;le son processus de modernisation. Il s'agit cependant d'un mouvement heurt&#233; dans le cours duquel alternent des phases d'ouverture et de repli jusqu'&#224; ce que le XIXe si&#232;cle apparaisse comme la r&#233;sultante de ces h&#233;sitations. L'occidentalisation sera d&#232;s lors v&#233;cue comme une n&#233;cessit&#233; voire plut&#244;t comme une contrainte pour donner en fait naissance &#224; un cercle vicieux de la modernisation s'&#233;clanche. Les &#233;lites ottomanes admettent que, pour survivre &#224; l'Occident, elles doivent reproduire son mod&#232;le. Elles font d'abord appel &#224; des conseillers cens&#233;s moderniser l'arm&#233;e ottomane puis l'administration, le droit et enfin tous les secteurs de la vie politique et &#233;conomique. Ces conseillers venus d'Europe diffusent &#224; leur tour des id&#233;es nouvelles p&#233;tries de positivisme, de comtisme et d'id&#233;aux ma&#231;onniques qui travaillent en profondeur la Constantinople du XIXe si&#232;cle. Pour p&#233;renniser le mod&#232;le qu'ils ont import&#233;, ils r&#233;clament la cr&#233;ation d'acad&#233;mies qui font venir un nouveau flux d'intellectuels et d'enseignants occidentaux. L'Empire ottoman accroit ainsi une d&#233;pendance qui s'illustre sur le plan financier par le gonflement incessant d'une dette r&#233;sultant des multiples emprunts contract&#233;s par les autorit&#233;s aupr&#232;s de leurs bailleurs de fonds europ&#233;ens qui vont par cons&#233;quence exiger de contr&#244;ler les finances imp&#233;riales. A la fin du si&#232;cle, l'Empire est truff&#233; de conseillers qui assurent en fait sa mise sous une tutelle qui va susciter de plus en plus de ressentiment. Un processus simultan&#233; est en &#339;uvre en Egypte &#224; partir de Mehmet Ali. Il se propage un peu plus tard, dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIXe si&#232;cle, en Perse et au del&#224;, en Afghanistan. La m&#234;me dynamique s'impose sous mandat fran&#231;ais et par la fili&#232;re coloniale au Maroc et en Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'a donc pu produire cet h&#233;ritage complexe et probl&#233;matique une fois que la domination directe de l'Occident sur le monde musulman a amorc&#233; son reflux dans la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La phase longue d'occidentalisation du monde musulman et l'importation des concepts issus de l'exp&#233;rience occidentale n'ont pas permis de faire advenir en terre d'Islam une l&#233;gitimit&#233; politique v&#233;ritable garantissant le fonctionnement p&#233;renne d'institutions neutres. Dans la mesure o&#249; le monde musulman a d&#233;couvert la modernit&#233; en &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233; et comme provenant d'une sph&#232;re ext&#233;rieure et dominante, l'importation de ses concepts &#233;tait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. L'Etat, la nation et toutes les institutions invent&#233;es par l'Europe occidentale &#224; la Renaissance et au si&#232;cle des Lumi&#232;res ne peuvent ni s'adapter aux donn&#233;es objectives des soci&#233;t&#233;s monde musulman, ni rencontrer la subjectivit&#233; des individus qui l'habitent et qui ne comprennent pas le sens et la l&#233;gitimit&#233; de ces importations. A un second niveau se pose le probl&#232;me de la participation du monde musulman &#224; un espace mondial qui n'int&#232;gre compl&#233;tement que ceux qui occupent les positions dominantes. Non seulement le monde musulman peine &#224; imposer ses propres institutions, mais tout concourt, dans le jeu auquel se livrent les puissances &#224; l'&#233;chelle globale, pour qu'elles ne se d&#233;veloppent pas et laissent le champ libre aux influences qui ruinent les espoirs d'affirmer une pleine souverainet&#233; en son sein. Le cas de l'Egypte est &#224; cet &#233;gard particuli&#232;rement embl&#233;matique. Apr&#232;s l'&#233;chec d'une premi&#232;re tentative d'&#233;mancipation fond&#233;e sur le nationalisme arabe sanctionn&#233; par la d&#233;faite de 1967 face &#224; Isra&#235;l, commence une lente descente aux enfers avec l'av&#232;nement d'un r&#233;gime inf&#233;od&#233; &#224; l'Occident en g&#233;n&#233;ral, et aux Etats-Unis en particulier, voire &#224; Isra&#235;l. Ces r&#233;gimes ont &#233;t&#233; tr&#232;s peu institutionnalis&#233;s : ils se doivent d'&#234;tre corrompus pour survivre et se reproduire, corruption qui aggrave &#224; son tour l'insuffisance de l'institutionnalisation du r&#233;gime comme sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'ext&#233;rieur et ce jusqu'&#224; la trag&#233;die contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les soul&#232;vements qu'on a un temps d&#233;sign&#233; sous le vocable de &#171; printemps arabes &#187; auraient-ils pu conjurer cette faillite persistante du politique en Islam ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les printemps arabes &#233;taient cens&#233;s rompre ce cercle vicieux mais on per&#231;oit bien aujourd'hui la fragilit&#233; des institutions nouvelles qui ont vu le jour l&#224; o&#249; les soul&#232;vements ont abouti. Selon la logique persistante que nous avons d&#233;crite, il est par ailleurs flagrant que bien des acteurs ext&#233;rieurs guettent les effets de cette fragilit&#233; et comptent bien en profiter pour accroitre leur influence. On reste confront&#233; au probl&#232;me structurel de la faiblesse des institutions. En effet, un Etat insuffisamment institutionnalis&#233; est vou&#233; &#224; &#234;tre appropri&#233; par une faction. Il ne peut perdurer par del&#224; les r&#233;gimes qui se succ&#232;dent sans d&#233;tenir des ressources mat&#233;rielles et symboliques qui lui soient propres et lui permettent de vivre pour lui-m&#234;me. Mais il n'y a pas de fatalit&#233;. Il faut rompre absolument avec tous les arguments culturalistes selon lesquels les formes politiques du monde musulman seraient frapp&#233;es d'une mal&#233;diction ind&#233;passable. Les r&#233;volutions peuvent aboutir &#224; l'&#233;mergence d'une conscience institutionnelle quand elles sont porteuses d'un nouveau contrat social et si elles sont respect&#233;es du monde ext&#233;rieur. C'est l&#224; toute la responsabilit&#233; dont les puissances occidentales doivent s'acquitter sous peine de laisser libre cours &#224; des surench&#232;res violentes qui font peser le risque d'une dissolution de ces jeunes institutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La religion en Jordanie</title>
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		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Jordanie</dc:subject>
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&lt;p&gt;Si l'islam est proclam&#233; religion d'Etat en Jordanie dans la Constitution de 1952, selon l'article 14, &#171; l'&#201;tat prot&#232;ge la libre pratique des religions et des croyances conform&#233;ment aux traditions du royaume &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de fait, l'on peut observer une certaine diversit&#233; parmi les religions et les pratiques religieuses : un peu plus de 90% de la population est musulmane, 4% chr&#233;tienne, le reste se constituant de Druzes et de Samaritains. Quelle place et quel r&#244;le les religions tiennent-elles en Jordanie ? Sous (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1276-d151c.jpg&quot; width='150' height='100' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'islam est proclam&#233; religion d'Etat en Jordanie dans la Constitution de 1952, selon l'article 14, &#171; l'&#201;tat prot&#232;ge la libre pratique des religions et des croyances conform&#233;ment aux traditions du royaume &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Et de fait, l'on peut observer une certaine diversit&#233; parmi les religions et les pratiques religieuses : un peu plus de 90% de la population est musulmane, 4% chr&#233;tienne, le reste se constituant de Druzes et de Samaritains. Quelle place et quel r&#244;le les religions tiennent-elles en Jordanie ? Sous quelles modalit&#233;s ? Et quelles relations nouent-t-elles entre elles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une diversit&#233; de religions&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;L'Islam en Jordanie&lt;/strong&gt; L'immense majorit&#233; des musulmans jordaniens sont sunnites, et appartiennent plus particuli&#232;rement au chafiisme Ecole du sunnisme fond&#233;e et codifi&#233;e par le savant et juriste Muhammad bin Idris al-Shafi'i (767-820)., c'est-&#224;-dire l'une des quatre &#233;coles de jurisprudence du sunnisme : le chafiisme est tr&#232;s r&#233;pandu au Moyen-Orient, notamment &#224; l'Est de l'Egypte, en Jordanie, en Syrie, au Liban et en Irak. Outre le chafiisme, le hanafisme Ecole du sunnisme fond&#233;e et codifi&#233;e par le savant et juriste Muhammad bin Idris al-Shafi'i (767-820). est &#233;galement repr&#233;sent&#233; par les musulmans ouzb&#232;ques, circassiens et turcomans qui vivent en Jordanie. Le hanafisme ayant &#233;t&#233; l'&#233;cole dominante sous l'Empire ottoman, on le retrouve donc dans les anciennes provinces ottomanes. Par ailleurs, une minorit&#233; de Druzes r&#233;sident en Jordanie. Leur &#233;tablissement dans le pays r&#233;sulte notamment de la r&#233;volte syrienne de 1925, au cours de laquelle les druzes se r&#233;voltent contre le mandat fran&#231;ais : de nombreuses familles syriennes migrent alors en Jordanie, dans des villages situ&#233;s au nord, non loin de la fronti&#232;re syrienne. Fond&#233;e par le calife fatimide al-Hakim bi-Amr Allah (996-1094), la religion druze appara&#238;t comme une religion h&#233;t&#233;rodoxe au sein de l'Islam ; de telle sorte, d'ailleurs, que beaucoup de musulmans consid&#232;rent qu'il ne s'agit pas v&#233;ritablement d'un groupe islamique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les f&#234;tes religieuses musulmanes sont c&#233;l&#233;br&#233;es en Jordanie. Les deux plus importantes sont l'A&#239;d el-Fitr, pour la fin du Ramadan, et l'A&#239;d al-Adha, le 10&#232;me jour du mois Dhou al hija et qui co&#239;ncide avec le p&#232;lerinage annuel de La Mecque. Il est int&#233;ressant de noter qu'en Jordanie, l'A&#239;d al-Fitr est aussi parfois appel&#233;e par son &#233;quivalent turc, &#171; Ba&#239;ram &#187;, et &#171; Ba&#239;ram Qurban &#187; pour l'A&#239;d al-Adha. Cela tient &#224; la longue domination ottomane qui a laiss&#233; quelques traces dans le vocable jordanien. A l'occasion de ces deux f&#234;tes, de nombreux rituels se perp&#233;tuent encore aujourd'hui : par exemple, pour l'A&#239;d al-Adha, un mouton est abattu, et partag&#233; avec les pauvres. Traditionnellement, les familles mangent une partie du mouton, en font s&#233;cher une autre pour des repas ult&#233;rieurs, et donnent le reste aux pauvres, mais aujourd'hui, tr&#232;s peu de Jordaniens s&#232;chent la viande gr&#226;ce &#224; l'arriv&#233;e du r&#233;frig&#233;rateur : aussi, ceux qui pratiquent encore ce rituel le font par volont&#233; de maintenir la coutume.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le Mawlid est une autre f&#234;te religieuse, qui c&#233;l&#232;bre la naissance du proph&#232;te Mahomet, le 12&#232;me jour du mois Rabia al awal. M&#234;me s'il s'agit d'une journ&#233;e importante dans la liturgie musulmane, et que le jour est f&#233;ri&#233; en Jordanie, tr&#232;s peu de choses ou de rituels peuvent &#234;tre observ&#233;s &#224; cette occasion. Enfin, la f&#234;te d'Ashurah, c&#233;l&#233;br&#233;e le 10&#232;me jour du mois Mouharram et qui serait inspir&#233;e du Jour du Grand Pardon juif (Yom Kippour), est aujourd'hui surtout une f&#234;te pour les enfants, et dont l'&#233;quivalent pourrait &#234;tre &#224; la fois Halloween et No&#235;l : les enfants chantent de maison en maison pour recevoir des sucreries ou de l'argent. Il n'y a donc plus de c&#233;l&#233;bration liturgique traditionnelle ; d'ailleurs, ce jour n'est pas f&#233;ri&#233; en Jordanie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le Christianisme en Jordanie&lt;/strong&gt; M&#234;me si aujourd'hui l'Islam est la religion pr&#233;pond&#233;rante en Jordanie, le Christianisme a laiss&#233; une empreinte particuli&#232;re dans le pays. D'ailleurs, plusieurs r&#233;cits du Nouveau Testament se d&#233;roulent dans la r&#233;gion, comme l'arrestation de Jean-Baptiste par le roi H&#233;rode (vers la ville de Madaba, au sud d'Amman) ou certains miracles du Christ &#224; Gadara, aujourd'hui Umm Qeis. De m&#234;me, de nombreuses mosa&#239;ques d&#233;couvertes &#224; Madaba, Umm er-Rasas ou &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Petra.html&quot; class='spip_in'&gt;Petra&lt;/a&gt; attestent d'une civilisation chr&#233;tienne assez florissante en Jordanie.&lt;br class='manualbr' /&gt;La grande majorit&#233; des Chr&#233;tiens de Jordanie appartient &#224; l'Eglise orthodoxe. Si celle-ci se divise en plusieurs sectes diff&#233;rentes, la plupart des Jordaniens appartiennent &#224; la branche orthodoxe principale qui reconnait le Patriarche de Constantinople. N&#233;anmoins, l'Eglise jordanienne a progressivement pris davantage d'autonomie. Par ailleurs, elle s'est arabis&#233;e, notamment au niveau du langage, o&#249; l'arabe est pratiqu&#233; dans la liturgie : ainsi, tous les pr&#234;tres doivent &#234;tre arabophones. Outre les Orthodoxes, d'autres petits groupes minoritaires de Chr&#233;tiens coexistent dans le pays : l'&#233;glise orthodoxe arm&#233;nienne, par exemple, du fait de l'arriv&#233;e, en 1915, de nombreux Arm&#233;niens ; les Catholiques, pour la plupart parmi les communaut&#233;s palestiniennes de Jordanie ; des groupes de Protestants (luth&#233;riens, baptistes ou presbyt&#233;riens) chez les Palestiniens. Notons enfin que la Jordanie est l'un des rares pays du Moyen-Orient o&#249; certains B&#233;douins sont chr&#233;tiens : ceux-l&#224; vivent surtout dans les environs de &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Kerak.html&quot; class='spip_in'&gt;Kerak&lt;/a&gt;, et se proclament les descendants directs de la tribu des Bani Ghassan, qui dominait la r&#233;gion sous l'&#233;gide des Byzantins jusqu'&#224; l'arriv&#233;e de l'Islam en 630.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme elle reconna&#238;t qu'une partie de la population est chr&#233;tienne et appartient aux diff&#233;rentes branches de cette religion, la Jordanie a &#233;tabli un compromis pour la c&#233;l&#233;bration publique des diverses f&#234;tes religieuses : No&#235;l de l'Eglise d'Occident&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='C&#233;l&#233;br&#233;e le 25 d&#233;cembre, alors que la f&#234;te de No&#235;l de l'Eglise orthodoxe &#8211; moins (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et P&#226;ques de l'Eglise orthodoxe, soit les deux f&#234;tes respectivement les plus importantes pour chaque religion, sont officiellement c&#233;l&#233;br&#233;es en Jordanie, m&#234;me si chaque communaut&#233; peut librement c&#233;l&#233;brer les autres f&#234;tes non-officielles. Ainsi, les banques ferment pour No&#235;l, et les employ&#233;s chr&#233;tiens re&#231;oivent un jour de cong&#233; &#224; l'occasion de ces diff&#233;rentes c&#233;l&#233;brations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les religions dans la soci&#233;t&#233; et dans la politique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les relations nou&#233;es entre les diff&#233;rentes communaut&#233;s religieuses ont &#233;t&#233; plut&#244;t bonnes, et l'histoire jordanienne ne semble pas avoir &#233;t&#233; entach&#233;e par des hostilit&#233;s et des violences interconfessionnelles. Contrairement &#224; d'autres pays o&#249; la s&#233;gr&#233;gation est de mise, Musulmans et Chr&#233;tiens cohabitent et se tol&#232;rent la plupart du temps. Une discrimination &#8211; l&#233;g&#232;re, certes &#8211; est n&#233;anmoins &#224; relever, puisque certains postes du gouvernement sont r&#233;serv&#233;s aux Musulmans.&lt;br class='autobr' /&gt;Car malgr&#233; cette tol&#233;rance des communaut&#233;s chr&#233;tiennes, l'islam est la religion d'Etat. C'est d'ailleurs surtout le han&#233;fisme qui pr&#233;domine, avec par exemple la loi de 1951 qui est largement inspir&#233;e des pr&#233;ceptes han&#233;fites. De plus, cette proclamation de l'islam comme religion d'Etat se voit avec la r&#233;tribution par l'Etat des chefs religieux et des fonctionnaires de l'administration islamiques : depuis 1962, l'entretien des mosqu&#233;es est financ&#233; par le gouvernement, par exemple. &lt;br class='manualbr' /&gt;Mentionnons par ailleurs les Fr&#232;res musulmans qui, contrairement aux autres pays arabes, sont tol&#233;r&#233;s : l'organisation des Fr&#232;res musulmans est ainsi consid&#233;r&#233;e comme une organisation politique r&#233;guli&#232;re. Avec 20 si&#232;ges aux &#233;lections de 1989 et 16 en 1992, ils participent ainsi activement &#224; l'activit&#233; politique de Jordanie, et y jouent m&#234;me un r&#244;le assez important. L'Islam est donc un levier important de la soci&#233;t&#233; jordanienne, comme l'atteste cette r&#233;ussite &#233;lectorale. Il est par ailleurs int&#233;ressant de constater que lorsque la &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Noor-al-Hussein-reine-de-Jordanie.html&quot; class='spip_in'&gt;reine Noor&lt;/a&gt; s'est mari&#233;e au &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Hussein-ibn-Talal-roi-de-Jordanie.html&quot; class='spip_in'&gt;roi Hussein&lt;/a&gt; en 1978, elle a estim&#233; n&#233;cessaire de se convertir &#224; l'Islam afin d'obtenir la faveur du peuple jordanien. Pourtant, et c'est l&#224; un autre signe de la tol&#233;rance religieuse &#224; l'&#339;uvre en Jordanie, le roi de Jordanie est libre d'&#233;pouser une personne appartenant &#224; l'une des religions monoth&#233;istes. D'ailleurs, en 2006, le gouvernement a publi&#233; le &lt;i&gt;International Covenant on Civil and Political Rights&lt;/i&gt; : l'article 18 confirme la libert&#233; de confession.&lt;br class='autobr' /&gt;Les Jordaniens, Musulmans ou Chr&#233;tiens, sont assez conservateurs : de nombreuses femmes portent ainsi le voile (souvent un simple foulard), et ce, qu'elles soient chr&#233;tiennes ou musulmanes. La soci&#233;t&#233; reste ainsi tr&#232;s attach&#233;e aux coutumes et aux valeurs traditionnelles (comme l'honneur), qu'elle justifie souvent par la religion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, en Jordanie, les diverses communaut&#233;s religieuses cohabitent sans provoquer de tensions particuli&#232;rement notables : si la s&#233;gr&#233;gation dans des quartiers au sein de quelques villages et la discrimination pour certains postes existent, elles restent tr&#232;s limit&#233;es en comparaison des pays limitrophes de la Jordanie (comme le Liban, l'Egypte, la Syrie ou le Y&#233;men). Cela a &#233;t&#233; particuli&#232;rement notable &#224; la suite des massacres de Sabra et Chatila en 1981, lorsque les Imams des mosqu&#233;es jordaniennes ont appel&#233; leurs fid&#232;les &#224; l'apaisement, interdisant toute vengeance envers la communaut&#233; chr&#233;tienne. Aussi, la Jordanie est un Etat musulman conservateur mais tol&#233;rant, dans lequel les minorit&#233;s ne sont pas sujettes &#224; une quelconque pers&#233;cution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Article &#171; Jordanie &#187;, Encyclop&#230;dia Universalis [en ligne], &lt;a href=&quot;http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/jordanie/&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/jordanie/&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Article &#171; Jordanie : religion &#187;, Encyclop&#230;dia Britannica [en ligne], &lt;a href=&quot;http://global.britannica.com/EBchecked/topic/306128/Jordan/256321/Religion&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://global.britannica.com/EBchecked/topic/306128/Jordan/256321/Religion&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; John A. Shoup, &lt;i&gt;Culture and Customs of Jordan&lt;/i&gt;, Westport, Greenwood Press, 2007, 131 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#233;l&#233;br&#233;e le 25 d&#233;cembre, alors que la f&#234;te de No&#235;l de l'Eglise orthodoxe &#8211; moins importante dans la liturgie &#8211; est c&#233;l&#233;br&#233;e le 7 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Louise Dorso</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/Louise-Dorso.html</link>
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		<dc:date>2013-05-12T08:08:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Normalienne, &#233;tudiante en M2 d'Histoire et Anthropologie de l'Antiquit&#233; &#224; l'Universit&#233; Paris I, Louise Dorso travaille sous la direction de Francis Joann&#232;s. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; les fr&#232;res et les s&#339;urs des rois n&#233;o-assyriens, afin d'analyser leur position &#224; la cour et leurs relations avec le souverain, elle travaille d&#233;sormais sur l'Arabie dans le contexte m&#233;sopotamien, une &#233;tude qu'elle poursuivra en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Les-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les auteurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Normalienne, &#233;tudiante en M2 d'Histoire et Anthropologie de l'Antiquit&#233; &#224; l'Universit&#233; Paris I, Louise Dorso travaille sous la direction de Francis Joann&#232;s. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; les fr&#232;res et les s&#339;urs des rois n&#233;o-assyriens, afin d'analyser leur position &#224; la cour et leurs relations avec le souverain, elle travaille d&#233;sormais sur l'Arabie dans le contexte m&#233;sopotamien, une &#233;tude qu'elle poursuivra en doctorat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien avec Louise Dorso, L'Arabie du premier mill&#233;naire av JC</title>
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		<dc:date>2013-05-12T07:59:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Arabie Saoudite</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Normalienne, &#233;tudiante en M2 d'Histoire et Anthropologie de l'Antiquit&#233; &#224; l'Universit&#233; Paris I, Louise Dorso travaille sous la direction de Francis Joann&#232;s. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; les fr&#232;res et les s&#339;urs des rois n&#233;o-assyriens, afin d'analyser leur position &#224; la cour et leurs relations avec le souverain, elle travaille d&#233;sormais sur l'Arabie dans le contexte m&#233;sopotamien, une &#233;tude qu'elle poursuivra en doctorat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment s'articule votre projet de recherche ?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tudie l'Arabie dans le contexte m&#233;sopotamien au Ier (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L150xH79/arton1274-ff32b.jpg&quot; width='150' height='79' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Normalienne, &#233;tudiante en M2 d'Histoire et Anthropologie de l'Antiquit&#233; &#224; l'Universit&#233; Paris I, Louise Dorso travaille sous la direction de Francis Joann&#232;s. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; les fr&#232;res et les s&#339;urs des rois n&#233;o-assyriens, afin d'analyser leur position &#224; la cour et leurs relations avec le souverain, elle travaille d&#233;sormais sur l'Arabie dans le contexte m&#233;sopotamien, une &#233;tude qu'elle poursuivra en doctorat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comment s'articule votre projet de recherche ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;J'&#233;tudie l'Arabie dans le contexte m&#233;sopotamien au Ier mill&#233;naire avant J.-C., plus pr&#233;cis&#233;ment de 853 &#224; 445 environ, soit une &#233;chelle de temps qui couvre les p&#233;riodes n&#233;o-assyrienne, n&#233;o-babylonienne et une partie de la p&#233;riode ach&#233;m&#233;nide. Je ne travaille pas sur toute l'Arabie telle que nous la concevons maintenant, mais telle que la concevaient les M&#233;sopotamiens. En termes g&#233;ographiques, il s'agit de la zone nord-ouest de l'Arabie, celle des grandes oasis du Hijaz (Tayma, D&#233;d&#226;n et Dumat al-Jandal), d'une partie du Sina&#239; et du d&#233;sert syro-arabique. J'explore tous les types de relations : les &#233;changes &#233;conomiques et commerciaux bien s&#251;r, mais aussi les rapports militaires et diplomatiques, les transferts culturels et religieux, l'histoire des perceptions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quelles sources utilisez-vous pour vos recherches ? Quel est l'apport de l'arch&#233;ologie ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les sources sont tr&#232;s vari&#233;es et c'est ce qui fait la richesse de ce sujet. Tout d'abord, il y a bien s&#251;r les sources &#233;crites cun&#233;iformes, le mat&#233;riau le plus abondant. Les corpus de textes se composent essentiellement d'inscriptions royales et de lettres de la chancellerie. Je ferai tr&#232;s peu mention des donn&#233;es que l'on trouve dans la Bible ou chez les auteurs grecs, je me concentre essentiellement sur les sources internes. En revanche, je prendrai en compte certaines inscriptions thamoud&#233;ennes&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Les Thamoud&#233;ens sont un peuple d'Arabie centrale, qui vivaient dans des (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et taymanites&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Dialecte nord-arabique apparent&#233; &#224; l'arabe.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; retrouv&#233;es dans la r&#233;gion des oasis ainsi que certaines inscriptions en aram&#233;en. A ce corpus &#233;crit s'ajoutent toutes les donn&#233;es de l'arch&#233;ologie. En fait, ce sujet s'inscrit dans une dynamique de recherche tr&#232;s actuelle puisque la plupart des oasis dont il est question dans les textes font l'objet de fouilles en ce moment. Les objets trouv&#233;s au cours de ces fouilles nous permettent de confirmer la venue dans la r&#233;gion du roi n&#233;o-babylonien Nabonide par exemple&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Dernier roi de l'empire n&#233;o-babylonien, il r&#233;gna de 556 &#224; 539 avant d'&#234;tre (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi d'&#233;tudier les influences culturelles. Les sources iconographiques sont d'ailleurs nombreuses et tr&#232;s pr&#233;cieuses. Il semble que les Assyriens se soient plus &#224; repr&#233;senter les Arabes, en particulier sur les bas-reliefs du palais d'Assurbanipal, &#224; Ninive.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le grand public sait tr&#232;s peu de choses de cette r&#233;gion &#224; cette &#233;poque : pourquoi ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Mon impression est que le monde de l'Orient ancien suscite moins l'int&#233;r&#234;t que les mondes grec, romain ou &#233;gyptien. De plus, au cours de nos &#233;tudes secondaires, on n'accorde en g&#233;n&#233;ral que peu de temps &#224; l'histoire de la M&#233;sopotamie. A titre de comparaison, si beaucoup de personnes savent identifier le syst&#232;me hi&#233;roglyphique &#233;gyptien, en revanche, beaucoup moins se rappellent avoir entendu parler du cun&#233;iforme. De plus, je pense que nous recevons beaucoup plus d'images de l'Antiquit&#233; grecque, romaine ou &#233;gyptienne. Tout le monde a d&#233;j&#224; vu au moins une fois une photo des pyramides, de l'Acropole d'Ath&#232;nes, du Colis&#233;e... Mais qui conna&#238;t les ziggurats de M&#233;sopotamie ? L'Orient ancien me para&#238;t moins m&#233;diatis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A quoi ressemble l'Arabie de cette &#233;poque ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, &#171; l'Arabie &#187; dont il est question dans les textes en cun&#233;iforme n'est pas une entit&#233; politique qui disposerait d'une administration et d'organes de gouvernement. Il faut plut&#244;t la consid&#233;rer comme un espace g&#233;ographique, dont la principale caract&#233;ristique est l'aspect d&#233;sertique. Cet espace est le territoire de diff&#233;rentes tribus dont les chefs sont appel&#233;s &#171; rois &#187; ou &#171; reines &#187; dans les textes assyriens. L'on voit parfois &#233;merger certains royaumes comme celui de Lihyan, &#224; D&#233;d&#226;n. Les activit&#233;s &#233;conomiques sont principalement le commerce des aromates, en provenance du sud de l'Arabie, un commerce qui est li&#233; aux caravanes. Dans les oasis, on pratique des activit&#233;s agricoles et pastorales. Quant &#224; la religion, l'Arabie pr&#233;islamique est polyth&#233;iste et parmi toutes les divinit&#233;s, chaque tribu en adore une en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quelles langues y parle-t-on ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;On y parle une diversit&#233; de langues : le thamoud&#233;en, le lihyanite, le safa&#239;tique... D'ailleurs, le crit&#232;re linguistique n'est pas forc&#233;ment le mieux adapt&#233; pour d&#233;finir qui &#233;taient les Arabes de l'Antiquit&#233;. Tout d'abord, parce qu'il est difficile de comprendre ce qu'&#233;tait la langue arabe de l'Antiquit&#233;. Le thamoud&#233;en, le safa&#239;tique, le lihyanite appartiennent-ils &#224; l'arabe ? Ensuite, parce que nous n'avons aucun indice nous d&#233;montrant que ceux qui, dans l'Antiquit&#233;, parlaient un langage que nous classifions comme arabe selon des crit&#232;res linguistiques modernes, se voyaient eux-m&#234;mes comme Arabes ou &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme tels par leurs voisins. La langue n'est pas forc&#233;ment le meilleur marqueur d'une identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A quel moment appara&#238;t le terme &#171; Arabe &#187; ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le terme &#171; Arabe &#187; appara&#238;t pour la premi&#232;re fois en 853 avant J&#233;sus-Christ, dans les &lt;i&gt;Annales&lt;/i&gt; du roi n&#233;o-assyrien Salmanazar III. Le texte rapporte qu'un certain Gindibu l'Arabe, avec une centaine de chameaux, s'est joint &#224; la coalition de douze rois &#224; laquelle le roi d'Assyrie se confronta au cours de la bataille de Qarqar, au nord de la Syrie. Ce qu'il nous faut donc imm&#233;diatement souligner, c'est que la premi&#232;re mention du terme &#171; arabe &#187; n'&#233;mane pas de ces populations elles-m&#234;mes, mais fut utilis&#233; par leurs voisins pour les d&#233;signer. C'est donc ce qu'on appelle une cat&#233;gorie construite, et pas vernaculaire. Et il ne faudrait pas y voir une connotation ethnique : le terme &#171; arabe &#187;, dans les sources m&#233;sopotamiennes, fait r&#233;f&#233;rence &#224; des populations vivant dans le d&#233;sert syro-arabique, dans le Sina&#239; et dans le nord-ouest de la P&#233;ninsule arabique, dont une partie au moins pratique le nomadisme. Cette appellation n'&#233;tait pas du tout revendiqu&#233;e par les populations de la P&#233;ninsule et il est impossible de dire si ces populations se percevaient comme &#171; arabes &#187;. Il faut attendre plusieurs si&#232;cles pour que le terme soit utilis&#233; par le peuple qu'il d&#233;signe. Ce n'est que vers la fin du II&#232;me si&#232;cle ou le d&#233;but du III&#232;me apr&#232;s J.-C que l'on voit des habitants de l'Arabie se d&#233;clarer &#171; Arabes &#187; dans une langue locale, comme les auteurs de deux inscriptions trouv&#233;es au Hadramawt (sud de l'Arabie). Puis, en 328, un souverain du d&#233;sert de Syrie, le Nasride Imru' al-Qays, se proclame &#171; roi de tous les Arabes &#187; dans une inscription en langue arabe et en &#233;criture tardo-nabat&#233;enne. L'un des principaux int&#233;r&#234;ts de cette &#233;tude des relations entre l'Arabie et la M&#233;sopotamie r&#233;side l&#224; : ce sont les Assyriens qui auraient donn&#233; leur nom &#224; ces populations et qui auraient diffus&#233; ce terme &#224; travers le Proche-Orient. Mais attention, il faut rester prudent, ceux que les Assyriens appellent &#171; arabes &#187; ne correspondent peut-&#234;tre pas aux populations que nous d&#233;signons nous, &#224; notre &#233;poque, comme Arabes, &#233;tant donn&#233; que cette appellation ne semble se fonder ni sur des crit&#232;res ethniques, ni proprement linguistiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce qu'on retrouve des traits communs entre l'Arabie de cette &#233;poque et celle que l'on conna&#238;t mieux, celle de l'H&#233;gire, par exemple dans l'organisation sociale ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;En fait, je dois dire que le c&#339;ur de mon sujet n'est pas n&#233;cessairement d'&#233;tablir une comparaison entre l'Arabie avant et apr&#232;s la naissance de l'islam. Je ne fais pas l'histoire de l'Arabie mais seulement celle de ses relations avec les grands empires m&#233;sopotamiens. N&#233;anmoins, on retrouve certains traits communs, notamment l'organisation en conf&#233;d&#233;rations tribales, comme celle de Qedar, dont il est question, &#224; plusieurs reprises, dans les annales des rois assyriens. Il existe notamment un trait&#233; entre Assurbanipal et les Q&#233;darites.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce que l'on voit dans les faits des &#233;l&#233;ments dont parle la Bible ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, nous trouvons, dans les textes assyriens ou babyloniens, des noms de tribus qui apparaissent plus tard, dans la Bible. C'est le cas de la tribu d'Abdeel, qui appara&#238;t dans la liste des Fils d'Ishmael ; ou de la tribu d'Ephah, cit&#233;e dans la liste des Fils de Keturah. En akkadien, ces deux peuples sont respectivement appel&#233;s &lt;i&gt;Idiba'il&#226;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Hayap&#226;&lt;/i&gt;. Ces tribus ne sont pas les seules &#224; appara&#238;tre dans les deux types de sources, l'on pourrait aussi mentionner les tribus de Massa', Sheba, Q&#233;dar... Ensuite, sans que l'on puisse affirmer la validit&#233; de l'hypoth&#232;se, on peut souligner certains liens avec des &#233;pisodes dont il est question dans la Bible. Celui de la Reine de Saba' par exemple&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; La reine de Saba arriva &#224; J&#233;rusalem avec une suite tr&#232;s nombreuses, avec des (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Disons-le imm&#233;diatement, il n'est jamais fait mention d'une reine de Saba' dans les &#233;crits m&#233;sopotamiens. En revanche, on y trouve certains &#233;l&#233;ments pouvant &#233;ventuellement expliquer l'origine de cet &#233;pisode. Le royaume de Saba' figure bien dans les inscriptions assyriennes puisque l'on sait que le roi Sennach&#233;rib re&#231;ut des cadeaux de la part du roi de Saba', Karib'ilu. Ensuite, les Assyriens parlent toujours de &#171; reines des Arabes &#187; comme Zabibe, Telhunu ou Samsi. Sans qu'ils la critiquent, la pr&#233;sence de femmes sur le devant de la sc&#232;ne politique semble avoir frapp&#233; les Assyriens, d'o&#249; la mention r&#233;currente de leur nom. En fait de reines, il s'agirait plut&#244;t de grandes pr&#234;tresses associ&#233;es &#224; un roi. C'est peut-&#234;tre &#224; partir de cet h&#233;ritage m&#233;sopotamien que s'est cristallis&#233; le mythe d'une reine de Saba', dont le caract&#232;re f&#233;minin r&#233;sulterait peut-&#234;tre de cette organisation particuli&#232;re qui &#233;tonna les peuples en contact avec les Arabes. Mais il ne s'agit l&#224; que d'une hypoth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce que la p&#233;ninsule arabique est connect&#233;e au Moyen-Orient ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;L'un des axes importants de mon sujet est l'&#233;tude des routes commerciales. Les grandes oasis constituaient les &#233;tapes du trafic caravanier d'aromates destin&#233; au Proche-Orient, tr&#232;s gros consommateur d'encens. Les aromates repr&#233;sentaient des denr&#233;es pr&#233;cieuses et ch&#232;res, leur commerce &#233;tait associ&#233; &#224; de grosses sommes d'argent. L'on ne peut comprendre l'int&#233;r&#234;t des empires m&#233;sopotamiens pour la r&#233;gion si l'on ne prend pas en compte les routes commerciales qui traversaient l'Arabie, depuis le sud, r&#233;gion de production des aromates, vers le nord m&#233;sopotamien et m&#233;diterran&#233;en, lieu de leur commercialisation. Ce commerce concerne surtout l'Arabie de l'ouest. L'Arabie de l'est appara&#238;t plus fr&#233;quemment dans les sources m&#233;sopotamiennes du second mill&#233;naire av J.-C., il est d&#233;j&#224; fait mention de r&#233;seaux commerciaux. De plus, les fouilles dans cette partie de l'actuelle Arabie ont montr&#233; des liens avec le monde iranien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant aux transferts culturels, ils constituent une autre dimension du sujet, peut-&#234;tre l'une des moins explor&#233;es jusqu'&#224; maintenant. Sur le plan de l'iconographie par exemple, les arch&#233;ologues ont recens&#233; plusieurs reliefs rupestres repr&#233;sentant des hommes sur des chars dans la r&#233;gion des grandes oasis. Or, le char n'existait pas en Arabie. En effet, pour l'&#233;poque qui nous concerne, le principal moyen de transport &#233;tait le dromadaire. Le char est un &#233;l&#233;ment assyrien, particuli&#232;rement repr&#233;sent&#233; sur les bas-reliefs des palais comme celui de Ninive. S'agirait-il ici d'une reprise, par un artiste local, d'un &#233;l&#233;ment iconographique propre &#224; la culture des voisins ? De m&#234;me, sur le plan de la religion, il faudrait approfondir l'&#233;tude de la diffusion de certains cultes. Ainsi, le dieu Slm dont il est question sur une st&#232;le en aram&#233;en retrouv&#233;e &#224; Tayma existerait peut-&#234;tre dans le panth&#233;on m&#233;sopotamien, sous le nom de Salmu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comment expliquer que cette r&#233;gion n'ait jamais &#233;t&#233; conquise par les empires orientaux ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;L'Arabie, r&#233;gion de vastes &#233;tendues d&#233;sertiques, n'&#233;tait pas facile &#224; contr&#244;ler. De m&#234;me, faire la conqu&#234;te de ses habitants n'&#233;tait pas chose ais&#233;e : ils pouvaient s'enfuir dans le d&#233;sert qu'ils connaissaient et o&#249; il &#233;tait plus difficile pour les arm&#233;es des empires orientaux de les poursuivre. C'est sans doute pour cette raison que les administrations orientales ont appliqu&#233; un autre type de contr&#244;le : le tribut. Les textes assyriens mentionnent les tributs envoy&#233;s par les rois ou reines arabes. Plut&#244;t que de conqu&#234;te et de soumission, il faudrait parler de coop&#233;ration. M&#234;me si la conqu&#234;te de cette zone repr&#233;sentait un co&#251;t &#233;norme en termes de logistique, qui pouvait dissuader les rois orientaux de s'engager dans une telle entreprise, ces derniers, avec leurs arm&#233;es, pouvaient fortement d&#233;stabiliser la r&#233;gion et perturber les activit&#233;s commerciales des Arabes en bloquant les routes caravani&#232;res. Ainsi, l'on peut supposer que ces derniers aient accept&#233; de payer un tribut contre la garantie de pouvoir poursuivre leur commerce lucratif en toute tranquillit&#233;. Ce type de compromis se retrouve &#224; l'&#233;poque ach&#233;m&#233;nide : les Arabes jouissent d'un statut privil&#233;gi&#233;, ils ne font partie ni des populations soumises au roi perse, ni des peuples tributaires mais doivent lui verser un &#171; cadeau &#187; de 1000 talents d'encens. C'est ce que nous rapporte H&#233;rodote. En fait de cadeau, il faut bien comprendre que cette quantit&#233; est &#233;norme et repr&#233;sente un &#171; cadeau &#187; bien contraignant &#224; faire, s'apparentant plut&#244;t &#224; un imp&#244;t ou &#224; un tribut... Enfin, rappelons tout de m&#234;me que si l'Arabie ne fut pas conquise, cela ne signifie pas pour autant qu'elle ne fit jamais l'objet de tentative de conqu&#234;te, comme en t&#233;moigne le s&#233;jour de dix ans du roi n&#233;o-babylonien Nabonide dans l'oasis de Tayma. S'il n'est pas encore possible d'expliquer les raisons de ce s&#233;jour, l'une des hypoth&#232;ses avanc&#233;es est celle de sa volont&#233; d'&#233;tablir un contr&#244;le beaucoup plus &#233;troit sur les routes commerciales et de s'accaparer ainsi les revenus tr&#232;s importants du commerce des aromates.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Israel Eph'al, &lt;i&gt;The Ancient Arabs. Nomads of the Borders of the Fertile Crescent 9th-5th Centuries B.C.&lt;/i&gt;, 1982, J&#233;rusalem.&lt;br class='manualbr' /&gt;Jan Rets&#246;, &lt;i&gt;The Arabes in Antiquity. Their history from the Assyrians to the Umayyads&lt;/i&gt;, 2003, Oxford.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les Thamoud&#233;ens sont un peuple d'Arabie centrale, qui vivaient dans des villes troglodytiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dialecte nord-arabique apparent&#233; &#224; l'arabe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dernier roi de l'empire n&#233;o-babylonien, il r&#233;gna de 556 &#224; 539 avant d'&#234;tre emprisonn&#233; par Cyrus II.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La reine de Saba arriva &#224; J&#233;rusalem avec une suite tr&#232;s nombreuses, avec des chameaux charg&#233;s d'aromates, d'or, de pierres pr&#233;cieuses. Elle vint pour mettre &#224; l'&#233;preuve Salomon, dont elle avait appris la r&#233;putation, par des &#233;nigmes &#187; 1 Rois, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Partie 2- La fronti&#232;re syro-irakienne. La lente d&#233;finition de la fronti&#232;re syro-irakienne (1920-1933)</title>
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		<dc:date>2013-05-09T16:50:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A l'Est, la fronti&#232;re syro-irakienne est fix&#233;e &#224; la demande de Fay&#231;al, avant les &#233;v&#233;nements de juillet 1920, qui consacrent les droits de la France mandataire sur la Syrie et l'exil de Fay&#231;al. Elle est le r&#233;sultat d'un accord, dit accord Leuchmann, intervenu en mai 1920 entre Fay&#231;al et Sir Percy Cox, Haut-Commissaire Britannique en Irak. Il accorde &#224; la Syrie l'administration d'une portion de territoire situ&#233;e sur la rive gauche de l'Euphrate et formant la banlieue d'Abou Kemal, tandis que l'Irak re&#231;oit (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Mots-cles-.html" rel="directory"&gt;Mots cl&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Irak,5-+.html" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Syrie,12-+.html" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Histoire-+.html" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L150xH124/arton1273-32136.jpg&quot; width='150' height='124' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'Est, la fronti&#232;re syro-irakienne est fix&#233;e &#224; la demande de Fay&#231;al, avant les &#233;v&#233;nements de juillet 1920, qui consacrent les droits de la France mandataire sur la Syrie et l'exil de Fay&#231;al. Elle est le r&#233;sultat d'un accord, dit accord Leuchmann, intervenu en mai 1920 entre Fay&#231;al et Sir Percy Cox, Haut-Commissaire Britannique en Irak. Il accorde &#224; la Syrie l'administration d'une portion de territoire situ&#233;e sur la rive gauche de l'Euphrate et formant la banlieue d'Abou Kemal, tandis que l'Irak re&#231;oit l'administration de la zone du Sindjar.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Sur le terrain, du c&#244;t&#233; d'Abou Kemal, la limite entre la Syrie et l'Irak est mat&#233;rialis&#233;e par l'apposition d'une borne, tandis que du c&#244;t&#233; du Sindjar, aucune d&#233;finition pr&#233;cise de la fronti&#232;re irako-syrienne n'est donn&#233;e. Par la convention franco-anglaise du 23 d&#233;cembre 1920, une situation de droit est instaur&#233;e, qui fixe dans leurs traits g&#233;n&#233;raux les fronti&#232;res entre les zones des mandats fran&#231;ais et britannique, sous r&#233;serve qu'une commission de d&#233;limitation en pr&#233;ciserait les d&#233;tails dans les six mois suivants. Mais la commission charg&#233;e de d&#233;finir plus pr&#233;cis&#233;ment la fronti&#232;re ne se r&#233;unit pas, la situation de fait se maintient, et avec elle, un probl&#232;me : celui du Sindjar, dont la fronti&#232;re th&#233;orique de droit de la convention de d&#233;cembre 1920 accorde &#224; la Syrie la portion occidentale, mais qui demeure en fait tout entier dans l'administration irakienne&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='MAE, S&#233;rie E-Levant 1918-1940, sous-s&#233;rie Syrie-Liban-Cilicie, Vol. 307, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne se contentant plus de la ligne de fait, les Britanniques r&#233;clament &#224; partir de 1923 toute la partie m&#233;ridionale du Bec de Canard Syrien. A l'appui de ces revendications, le Haut-Commissaire &#224; Bagdad pr&#233;texte deux anomalies pr&#233;sentes dans l'arrangement de 1920 : la s&#233;paration des tribus Y&#233;zidis du Sindjar, et la coupure de la ville d'Abou Kemal entre les deux pays sous mandat. Pour y rem&#233;dier, il propose donc de consacrer la situation de fait, prenant dans le mandat britannique toutes les populations Y&#233;zidies du Djebel Sindjar, contre la cession d&#233;finitive d'Abou Kemal &#224; la Syrie&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='MAE, S&#233;rie E-Levant 1918-1940, sous-s&#233;rie Syrie-Liban-Cilicie. Fronti&#232;re (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour les Fran&#231;ais, le gain d'Abou Kemal est d'un moindre int&#233;r&#234;t et la France risque de n'avoir plus de monnaie d'&#233;change dans les n&#233;gociations &#224; venir avec les Britanniques sur la fronti&#232;re Sud de la Syrie, avec la Transjordanie&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='MAE, S&#233;rie E-Levant 1918-1940, sous-s&#233;rie Syrie-Liban-Cilicie. 307. Fronti&#232;re (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur le plan &#233;conomique, accepter la nouvelle fronti&#232;re propos&#233;e par les Britanniques signifierait de renoncer &#224; l'acc&#232;s au Tigre par le Nord du Massif du Sindjar et vers Mossoul par le Sud, deux voies d'acc&#232;s importantes vers l'Asie Centrale. Ce serait &#233;touffer une nouvelle fois la ville d'Alep, dont la croissance &#233;conomique a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement mise &#224; mal par la fixation de la fronti&#232;re turque&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Roger de Gontaud-Biron, Sur les routes de Syrie apr&#232;s 9 ans de Mandat, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le trait&#233; anglo-irakien de 1930, qui marque la fin du mandat britannique sur l'Irak, n'emp&#234;che pas la poursuite des n&#233;gociations sur la d&#233;limitation de la fronti&#232;re entre la Syrie et l'Irak avec les autorit&#233;s anglo-irakiennes. N&#233;anmoins, la prise du pouvoir par les nationalistes &#224; Bagdad tend &#224; compliquer les n&#233;gociations, en premier lieu parce que Londres et Bagdad ne sont pas n&#233;cessairement en accord avec la politique &#224; mener, ensuite, en raison de l'intransigeance du gouvernement nationaliste de Bagdad et de son hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard de la puissance mandataire fran&#231;aise. Les n&#233;gociations diplomatiques achoppent toujours au d&#233;but des ann&#233;es 1930 sur la question du massif du Sindjar, que les Fran&#231;ais &#233;tablis en Syrie refusent de c&#233;der dans sa totalit&#233; aux Britanniques. Les Y&#233;zidis, inform&#233;s par la France qu'aucune mention les concernant n'a &#233;t&#233; introduite dans le trait&#233; anglo-irakien, s'inqui&#232;tent de leur sort dans le futur Etat Irakien ind&#233;pendant. Le second probl&#232;me du trac&#233; de la fronti&#232;re syro-irakienne concerne le massif du Karatchok Dagh, dont le gouvernement irakien veut revendiquer la cr&#234;te, abandonnant &#224; la Syrie le Petit Karatchok. Ces pr&#233;tentions irakiennes risquent de nuire &#224; la s&#233;curit&#233; des troupes fran&#231;aises appel&#233;es &#224; stationner dans le Bec de Canard, car seul le grand Karatchok permet d'avoir une vue sur toute la plaine. La question de la fronti&#232;re entre la Syrie et l'Irak est finalement confi&#233;e &#224; la m&#233;diation de la Soci&#233;t&#233; des Nations, &#224; la requ&#234;te des gouvernements fran&#231;ais et britannique. Le Conseil de l'organisation d&#233;cide d'envoyer sur place une commission d'&#233;tude, compos&#233;e de trois sp&#233;cialistes de pays neutres. En 1933, les gouvernements fran&#231;ais et irakien d&#233;cident d'un commun accord d'accepter les d&#233;cisions du Pr&#233;sident de la Commission et de ne pas porter l'affaire devant le Conseil de la SDN. Les travaux d'abornement reprennent en juillet, et la fronti&#232;re est d&#233;finitivement fix&#233;e au mois d'ao&#251;t : le mandat fran&#231;ais prend alors possession des territoires qui lui reviennent au Nord du Karatchok Dagh&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Soheila Chaderi-Mameli, Quelles fronti&#232;res pour le Moyen-Orient ? Les (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Des populations nomades transfrontali&#232;res &#224; ins&#233;rer dans le cadre des nouveaux Etats-nations&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Plusieurs tribus nomades, habitu&#233;es &#224; circuler en toute libert&#233; dans l'espace plus ou moins unifi&#233; de l'Empire ottoman, se retrouvent &#224; cheval sur les nouvelles lignes qui couturent l'espace proche-oriental au d&#233;but des ann&#233;es 1920. Tel est le cas, par exemple, de la tribu des Chammars, l'une des tribus arabes nomades les plus importantes de Syrie. La d&#233;finition de la fronti&#232;re syro-irakienne engendre la division de la tribu Chammar en trois fractions, deux en Syrie (les Chammars des Zors et les Chammars des fronti&#232;res) et une en Irak (les Chammars d'Irak). Les puissances mandataires cherchent donc logiquement &#224; inscrire les tribus transfrontali&#232;res dans le nouveau cadre territorial en se les r&#233;partissant. Mais l'attribution de la nationalit&#233; aux tribus est un exercice de diplomatie particuli&#232;rement d&#233;licat : les puissances mandataires souhaitent se voir attribuer un maximum de tribus, car ces derni&#232;res constituent une source de revenus importante et leur installation aux fronti&#232;res peut &#234;tre utilis&#233;e comme un argument d&#233;cisif dans le trac&#233; des lignes-fronti&#232;res. Les Britanniques refusent par exemple de mani&#232;re cat&#233;gorique d'attribuer l'all&#233;geance syrienne ou irakienne aux fractions de Chammars, tribu &#224; cheval sur la fronti&#232;re syro-irakienne. Cela s'explique de mani&#232;re &#233;vidente par les liens entre l'attribution d'une nationalit&#233; et la lev&#233;e de l'imp&#244;t : en laissant ind&#233;termin&#233;e la nationalit&#233; de deux des trois fractions Chammars le plus longtemps possible, le gouvernement britannique esp&#232;re continuer de percevoir des taxes sur des tribus qui, &#224; terme, ne devraient pas lui revenir. Sur le plan politique et &#233;conomique, les tribus nomades apparaissent donc comme un enjeu important pour les puissances r&#233;gionales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces mesures de contr&#244;le des populations nomades sont pourtant mises en p&#233;ril par les strat&#233;gies d'influence et les pouvoirs concurrents dans les espaces frontaliers. Les tribus de la zone fronti&#232;re situ&#233;e au Nord Est de la Syrie, par exemple, sont des populations particuli&#232;rement vuln&#233;rables aux actions irakienne, britannique et wahhabite&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='MAE, s&#233;rie E-Levant 1918-1940, sous-s&#233;rie Syrie-Liban-Cilicie, Carton n&#176;189, (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Parfois, certains chefs irakiens prennent de leur propre chef l'initiative d'agir aupr&#232;s des chefs syriens, et ils servent g&#233;n&#233;ralement leurs propres int&#233;r&#234;ts plus que ceux de l'Etat dont ils d&#233;pendent. C'est ainsi que le chef des Chammars d'Irak, Adjil al Yaouer, multiplie les visites en zone contest&#233;e, avec le soutien des autorit&#233;s administratives de Mossoul, pour t&#226;cher de h&#226;ter la transhumance normale des Chammars, afin de percevoir l'imp&#244;t sur des fractions qui ne sont pas les siennes et d'augmenter ainsi son autorit&#233;. La propagande wahhabite, quant &#224; elle, se d&#233;veloppe particuli&#232;rement chez les tribus syriennes lorsqu'elles sont en train de transhumer en territoire irakien. Avec l'ind&#233;pendance de l'Irak en 1930, les ambitions wahhabites et fay&#231;aliennes &#224; l'&#233;gard des b&#233;douins se renforcent et concurrencent l'autorit&#233; de la France. Le roi Fay&#231;al fait ainsi toutes sortes d'offres aux populations nomades de Syrie (octroi de terres cultivables, am&#233;nagements de points d'eau dans le d&#233;sert) et la cour du roi devient un p&#244;le d'attraction pour les nomades sous l'empire des Hach&#233;mites&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='CADN, Mandat Syrie-Liban, 1er versement, Cabinet Politique, Dossiers de (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le contr&#244;le &#233;tatique sur les fronti&#232;res est enfin marqu&#233; par la volont&#233; d'int&#233;grer ces espaces p&#233;riph&#233;riques au reste du territoire national, en y instaurant des normes communes. Les autorit&#233;s militaires interdisent par cons&#233;quent certaines pratiques qui contribuaient jusqu'alors &#224; la richesse des b&#233;douins &#224; cheval sur les fronti&#232;res. Plusieurs piliers de l'&#233;conomie b&#233;douine souffrent du poids grandissant de l'autorit&#233; &#233;tatique. En premier lieu, le rezzou, l'activit&#233; qui consistait &#224; effectuer des d&#233;pr&#233;dations chez les tribus adverses et &#224; s'enrichir par le produit du butin r&#233;colt&#233;, est interdit par le mandat fran&#231;ais. La surveillance des b&#233;douins par les troupes militaires sp&#233;cialis&#233;es, Services de Renseignements, et surtout Contr&#244;le B&#233;douin, tend &#224; faire diminuer sa pratique. Cependant, les nouvelles fronti&#232;res sont encore largement utilis&#233;es pour cette activit&#233; : les nomades font des zones frontali&#232;res des bases arri&#232;re et des zones de repli apr&#232;s un rezzou effectu&#233; en territoire &#233;tranger. Pour les b&#233;douins, la seconde source importante de revenus qui dispara&#238;t est la perception de la &lt;i&gt;khouwa&lt;/i&gt;. Cet imp&#244;t que des paysans ou des tribus faibles paient &#224; une tribu forte en &#233;change de sa protection, fait concurrence &#224; l'exercice du pouvoir &#233;tatique, en mesure de garantir l'ordre dans le territoire qu'il g&#232;re et seul habilit&#233; &#224; percevoir un imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les cons&#233;quences de la fronti&#232;re sur le mode de vie des nomades&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La fixation des fronti&#232;res et la politique mandataire de contr&#244;le bouleversent toute l'organisation de la soci&#233;t&#233; b&#233;douine et son mode de vie, qui s'en trouvent radicalement modifi&#233;s. La nouvelle territorialisation induite par la fixation des fronti&#232;res a pour effet de contrarier les anciens courants commerciaux. D'importants centres commerciaux se trouvent coup&#233;s de leurs r&#233;seaux d'&#233;change par l'imposition des nouvelles fronti&#232;res, comme Deir-Ez-Zor et Mossoul, ce qui a des effets incontestables sur la prosp&#233;rit&#233; des b&#233;douins : ces derniers, qui vendaient textiles, produits finis et vivres en circulant en Turquie, en Syrie, en Irak, en Transjordanie, sont peu &#224; peu contraints de se replier sur un seul Etat dont ils d&#233;pendent&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Martin Thomas, &#8220;Beduin Tribes and the Imperial Intelligence Services in (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La cons&#233;quence presque syst&#233;matique de l'appauvrissement des populations nomades est la s&#233;dentarisation, &#224; laquelle les b&#233;douins se r&#233;solvent lorsqu'ils n'ont plus aucun moyen d'assurer leur subsistance. Cette solution de dernier recours, qui appara&#238;t aux yeux des nomades comme la derni&#232;re d&#233;ch&#233;ance&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Albert de Boucheman, &#171; Les b&#233;douins de Syrie &#187;, dans CHEAM n&#176;564, 18 (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est encourag&#233;e par les autorit&#233;s mandataires fran&#231;aises, qui voient dans la fixation des b&#233;douins un instrument de contr&#244;le et de d&#233;veloppement &#233;conomique. La transformation progressive du b&#233;douin en s&#233;dentaire sous l'effet conjugu&#233; des nouvelles barri&#232;res frontali&#232;res et du contr&#244;le croissant de l'Etat mandataire ne signifie pas seulement le changement d'activit&#233; &#233;conomique (par le passage du pastoralisme &#224; l'agriculture). C'est l'organisation de la soci&#233;t&#233; b&#233;douine qui se trouve radicalement modifi&#233;e par l'&#233;volution du mode de vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les autorit&#233;s fran&#231;aises, malgr&#233; le relatif constat d'&#233;chec tir&#233; sur la &#171; politique des grands chefs &#187; pratiqu&#233;e depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1920, poursuivent leur politique d'int&#233;gration du monde nomade en s'appuyant sur les chefs de tribus, qui re&#231;oivent des subventions en &#233;change de leur coop&#233;ration. Le chef reste un interm&#233;diaire indispensable entre les autorit&#233;s et les tribus : il soutient les autorit&#233;s mandataires dans la perception de l'imp&#244;t (ainsi, c'est gr&#226;ce &#224; Daham el Hadi que les Fran&#231;ais finissent, &#224; la fin de la d&#233;cennie, par obtenir des Chammars qu'ils acceptent enfin de payer leurs imp&#244;ts), dans le r&#232;glement judiciaire des conflits&#8230; Mais ces obligations nuisent &#224; son prestige et &#224; sa popularit&#233;, car il appara&#238;t comme d&#233;vou&#233; aux autorit&#233;s, risquant de perdre ses subsides et sa position en cas de faux pas&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Philip Khoury, &#8220;The tribal Shaykh, French Tribal Policy and the Nationalist (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et moins le d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts de sa tribu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mode de vie b&#233;douin est enfin perturb&#233; dans ses pratiques les plus concr&#232;tes : la rupture des circuits commerciaux a par exemple pour cons&#233;quence de changer les pratiques alimentaires. Si la base de l'alimentation reste la m&#234;me (bl&#233;s, laitages, riz), les importations de dattes d'Irak sont rendues plus difficiles par les contr&#244;les douaniers. Les tribus nomades de la zone fronti&#232;re se plaignent de ne plus pouvoir s'approvisionner en dattes&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='CADN, Syrie-Liban, 1er versement, Cabinet Politique, Dossiers de principe (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en raison de la nouvelle fronti&#232;re entre la Syrie et l'Irak. Les centres d'approvisionnement en dattes passant c&#244;t&#233; irakien, et &#233;tant des centres de propagande politique, les B&#233;douins y acc&#232;dent avec difficult&#233;. Ils sont oblig&#233;s de remplacer les dattes par d'autres aliments sucr&#233;s qu'ils peuvent trouver en Syrie (abricot et raisin). D'autres denr&#233;es alimentaires secondaires commencent en revanche &#224; p&#233;n&#233;trer dans le monde b&#233;douin, comme des fruits et des l&#233;gumes, et m&#234;me des conserves, r&#233;pandues notamment par les m&#233;haristes&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='Albert de Boucheman, &#171; Les b&#233;douins de Syrie &#187;, dans CHEAM n&#176;564, 18 (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion g&#233;n&#233;rale&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La longueur des pourparlers sur la d&#233;finition de la fronti&#232;re Nord de la Syrie a &#233;t&#233; subie, en raison de la succession des partenaires lors des n&#233;gociations et de la recherche vaine du bon interlocuteur. Elle a aussi, dans une certaine mesure, &#233;t&#233; voulue par les diff&#233;rents acteurs. Les conceptions des Britanniques et des Fran&#231;ais sur le partage du Proche-Orient dans l'entre-deux-guerres ne font pas l'objet d'une &#233;laboration tr&#232;s claire, et plusieurs mod&#232;les territoriaux - Etat-Nation, mod&#232;le imp&#233;rial - se retrouvent &#224; l'essai. La fronti&#232;re appara&#238;t &#233;galement comme un r&#233;v&#233;lateur des r&#233;gimes politiques qui se construisent au Proche-Orient dans l'entre-deux-guerres. En Turquie, l'adoption du mod&#232;le territorial d'inspiration europ&#233;enne correspond &#224; la volont&#233; de cr&#233;er un Etat-nation qui succ&#232;de &#224; l'Empire ottoman. La fronti&#232;re a une fonction symbolique forte, comme lieu o&#249; s'affirme la puissance de l'Etat et une fonction imaginaire, comme lieu o&#249; se construit l'identit&#233; nationale. En Syrie et en Irak, le mod&#232;le national succ&#232;de au mod&#232;le imp&#233;rial et avec quelques ann&#233;es de retard sur le nationalisme turc : le discours s&#233;curitaire et identitaire se fa&#231;onne &#233;galement en Syrie sur la fronti&#232;re. La ligne-fronti&#232;re se voit alors dot&#233;e d'une signification nouvelle : de ligne conventionnelle et fonctionnelle, la fronti&#232;re se transforme progressivement en argument id&#233;ologique pour les forces nationalistes des trois pays concern&#233;s. La fronti&#232;re change de visage et d'usage au cours de la p&#233;riode : par elle, se construisent et se modifient les identit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;A lire &#233;galement :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/La-creation-de-la-frontiere-nord.html&quot; class='spip_in'&gt;La cr&#233;ation de la fronti&#232;re nord de la Syrie sous le mandat fran&#231;ais (1920-1936). Partie 1- La fronti&#232;re entre la Syrie et la Turquie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie sommaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Ghaderi-Mameli, Soheila, &lt;i&gt;Quelles fronti&#232;res pour le Moyen-Orient ? Les fronti&#232;res des Etats n&#233;s de la partie asiatique de l'Empire ottoman, 1913-1939&lt;/i&gt;, Th&#232;se de doctorat, Paris I Panth&#233;on-Sorbonne, 1996, 2.vol.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Mizrahi, Jean-David, &lt;i&gt;Gen&#232;se de l'Etat mandataire. Service de Renseignements et bandes arm&#233;es en Syrie et au Liban au d&#233;but des ann&#233;es 1920&lt;/i&gt;, Paris, Publications de la Sorbonne, 2003, 462 p.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Velud, Christian, &#171; L'&#233;mergence et l'organisation sociale des petites villes de Jezireh, en Syrie, sous le mandat fran&#231;ais &#187;, dans &lt;i&gt;Petites villes et villes moyennes dans le monde arabe&lt;/i&gt;, URBAMA, n&#176;16-17, t.1, Tours, 1986, p. 85-107&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Yerasimos, St&#233;phane, &#8220;Comment furent trac&#233;es les fronti&#232;res actuelles au Proche-Orient&#8221;, &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt;, n&#176;41, avril-juin 1986, pp. 123-161.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MAE, S&#233;rie E-Levant 1918-1940, sous-s&#233;rie Syrie-Liban-Cilicie, Vol. 307, T&#233;l&#233;gramme du Haut-Commissariat fran&#231;ais &#224; Beyrouth &#224; A. Briand, ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, 18 f&#233;vrier 1927.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MAE, S&#233;rie E-Levant 1918-1940, sous-s&#233;rie Syrie-Liban-Cilicie. Fronti&#232;re syro-irakienne (avril 1923-d&#233;cembre 1929), carton n&#176;308. Lettre du Haut-Commissaire fran&#231;ais &#224; Briand, ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, 18 f&#233;vrier 1927.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MAE, S&#233;rie E-Levant 1918-1940, sous-s&#233;rie Syrie-Liban-Cilicie. 307. Fronti&#232;re syro-irakienne (avril 1923-d&#233;cembre 1929). Note sur la d&#233;limitation de la Syrie, de la M&#233;sopotamie et de la Transjordanie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger de Gontaud-Biron, &lt;i&gt;Sur les routes de Syrie apr&#232;s 9 ans de Mandat&lt;/i&gt;, Paris, Plon, 1928, p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soheila Chaderi-Mameli, &lt;i&gt;Quelles fronti&#232;res pour le Moyen-Orient ? Les fronti&#232;res des Etats n&#233;s de la partie asiatique de l'Empire ottoman (1913-1939)&lt;/i&gt;, Th&#232;se de doctorat, Paris I Panth&#233;on-Sorbonne, 1996, p. 564.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MAE, s&#233;rie E-Levant 1918-1940, sous-s&#233;rie Syrie-Liban-Cilicie, Carton n&#176;189, p. 82, &#171; Lettre du G&#233;n&#233;ral Billotte au Haut-Commissariat en Syrie et au Liban &#187;, 10 ao&#251;t 1923.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CADN, Mandat Syrie-Liban, 1er versement, Cabinet Politique, Dossiers de principe (1926-1941), Inventaire n&#176;5, carton n&#176;563, Lettre du D&#233;l&#233;gu&#233; p.i du Haut-Commissaire aupr&#232;s de la r&#233;publique syrienne au Haut-Commissariat Fran&#231;ais &#224; Beyrouth, 31 mars 1933.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martin Thomas, &#8220;Beduin Tribes and the Imperial Intelligence Services in Syria, Iraq and Transjordan in the 1920s&#8221;, in Journal of Contemporary History, vol 38, n&#176;4, London, SAGE Publications, 2003, pp. 539-561.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert de Boucheman, &#171; Les b&#233;douins de Syrie &#187;, dans CHEAM n&#176;564, 18 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philip Khoury, &#8220;The tribal Shaykh, French Tribal Policy and the Nationalist Movement in Syria between Two World Wars&#8221;, in &lt;i&gt;Middle Eastern Studies&lt;/i&gt;, vol.18, n&#176;2, April 1982, pp. 180-193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CADN, Syrie-Liban, 1er versement, Cabinet Politique, Dossiers de principe (1926-1941), Inventaire n&#176;5, n&#176;1522, &#171; Mazbata du Cheikh ibn Hedib des Sbaas (An&#233;z&#233;) au sujet de la Gaara. &#187;, septembre 1924.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert de Boucheman, &#171; Les b&#233;douins de Syrie &#187;, dans CHEAM n&#176;564, 18 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ghassan Tu&#233;ni (1926-2012)</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/Ghassan-Tueni-1926-2012.html</link>
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		<dc:date>2013-05-08T12:39:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; G&#233;ant de la presse libanaise &#187; (Le Point), &#171; le principal journaliste au Liban, si ce n'est dans le monde arabe &#187; (The New York Times), &#171; Mazarin de l'&#233;lite politique libanaise &#187; (Le Monde), &#171; h&#233;ros tragique, trop grand pour le pays qui l'avait vu na&#238;tre, trop lucide pour s'en satisfaire &#187; (Le Monde), de nombreux hommages ont &#233;t&#233; rendus &#224; Ghassan Tu&#233;ni &#224; sa mort le 8 juin 2012. Plus r&#233;cemment, une soir&#233;e en son honneur a &#233;t&#233; organis&#233;e le 26 avril 2013 &#224; l'Institut du Monde Arabe &#224; Paris, l'occasion pour (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Personnages-historiques-.html" rel="directory"&gt;Personnages historiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Liban,9-+.html" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Politique-+.html" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton1272-a9b3b.jpg&quot; width='103' height='150' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; G&#233;ant de la presse libanaise &#187; (Le Point), &#171; le principal journaliste au Liban, si ce n'est dans le monde arabe &#187; (The New York Times), &#171; Mazarin de l'&#233;lite politique libanaise &#187; (Le Monde), &#171; h&#233;ros tragique, trop grand pour le pays qui l'avait vu na&#238;tre, trop lucide pour s'en satisfaire &#187; (Le Monde), de nombreux hommages ont &#233;t&#233; rendus &#224; Ghassan Tu&#233;ni &#224; sa mort le 8 juin 2012. Plus r&#233;cemment, une soir&#233;e en son honneur a &#233;t&#233; organis&#233;e le 26 avril 2013 &#224; l'Institut du Monde Arabe &#224; Paris, l'occasion pour plusieurs intellectuels, politiques et amis d'&#233;voquer cette figure majeure du Liban contemporain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Homme politique, diplomate, &#233;crivain, journaliste, patron de presse et intellectuel libanais, Ghassan Tu&#233;ni na&#238;t le 5 janvier 1926 &#224; Beyrouth dans une famille grecque-orthodoxe. Il meurt le 8 juin 2012 &#224; 86 ans dans sa ville natale. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dipl&#244;m&#233; de l'Universit&#233; Am&#233;ricaine de Beyrouth en philosophie en 1945, il obtient une ma&#238;trise de sciences politiques de l'Universit&#233; d'Harvard en 1946. Il rentre au Liban &#224; la mort de son p&#232;re Gebrane Tu&#233;ni, fondateur du journal &lt;i&gt;an-Nahar&lt;/i&gt; (Le Jour). Il enseigne &#224; l'Universit&#233; Am&#233;ricaine de Beyrouth entre 1947 et 1948 avant de reprendre les rennes d'&lt;i&gt;an-Nahar&lt;/i&gt; dont il fera le journal arabe de r&#233;f&#233;rence au Liban, voire dans tout le Moyen-Orient. En 1951, &#224; 24 ans, il devient le benjamin des d&#233;put&#233;s du Parlement libanais. En 1954, il &#233;pouse Nadia Hamad&#233;, une des plus grandes po&#233;tesses francophones de l'&#233;poque.&lt;br class='manualbr' /&gt;En parall&#232;le de sa carri&#232;re de journaliste, il devient un homme politique majeur au Liban. D&#233;put&#233;, vice-pr&#233;sident de la Chambre (1953), il est &#233;galement ministre &#224; plusieurs reprises et notamment pendant la guerre du Liban dans le gouvernement de coalition charg&#233; de mettre fin aux affrontements. Il occupe aussi des postes diplomatiques en Gr&#232;ce et aux Nations unies entre 1977 et 1982. En 2005, &#224; la mort de son fils, le d&#233;put&#233; et journaliste Gebrane Tu&#233;ni, il reprend les rennes d'&lt;i&gt;an-Nahar&lt;/i&gt; qu'il lui avait laiss&#233;s en 1999, ainsi que son poste de d&#233;put&#233; de Beyrouth. Il est alors proche de l'alliance du 14 mars.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'homme : un &#171; destin libanais &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghassan Tueni, Enterrer la haine et la vengeance, un destin libanais, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&#171; Nul mieux que lui n'aura illustr&#233; le courage du Libanais, capable, contre vents et mar&#233;es, de garder le front haut ! &#187; (Alexandre Najjar, L'Orient Litt&#233;raire &lt;i&gt;Ghassan Tu&#233;ni, l'Immortel&lt;/i&gt;, 2012)&lt;br class='manualbr' /&gt;A l'unisson de l'histoire contemporaine de son pays, le destin personnel de Ghassan Tu&#233;ni est marqu&#233; par plusieurs trag&#233;dies et parcouru de nombreux deuils. Son premier enfant, sa fille Nayla meurt d'un cancer &#224; 7 ans. Sa femme Nadia Tu&#233;ni succombe &#233;galement &#224; un cancer en 1983. Le 13 janvier 1987, son fils Makram trouve la mort dans un accident de voiture &#224; Paris. Ce qu'il consid&#232;re comme le &#171; troisi&#232;me naufrage de (sa) vie &#187;, sera suivi en d&#233;cembre 2005 par l'assassinat de son unique fils survivant, le d&#233;put&#233; et journaliste Gebrane Tu&#233;ni dans un Liban alors secou&#233; par une s&#233;rie de meurtres de personnalit&#233;s politiques libanaises hostiles au r&#233;gime syrien.&lt;br class='manualbr' /&gt;A l'image de son pays, il s'est illustr&#233; dans les &#233;preuves par sa foi imperturbable dans l'avenir. Une des images marquantes que les Libanais retiennent souvent de lui est celle &#171; du p&#232;re qui prend la parole devant le corps de son fils assassin&#233; et qui pr&#234;che le pardon&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. A l'enterrement de son dernier fils Gebrane Tu&#233;ni, assassin&#233; en 2005, il appelle ainsi &#224; la fin des violences pour que le Liban retrouve le chemin de la paix : &#171; Enterrons la haine et la vengeance avec Gebrane &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le journaliste et l'homme politique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&#171; Le secret de ma libert&#233; c'est de ne rien demander au pouvoir, de ne rien lui devoir, et d'&#234;tre dans une position o&#249; le pouvoir ne peut rien contre moi. Je me suis tenu &#224; ce principe, ma vie durant, m&#234;me si je l'ai pay&#233; parfois au prix fort. On m'a craint, parce qu'on a craint le journal que mon p&#232;re et moi avons &#233;rig&#233; comme une forteresse face aux intimidations de tous ordres &#187; (Ghassan Tueni, &lt;i&gt;Enterrer la haine et la vengeance, un destin libanais&lt;/i&gt;, 2009)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1948, peu apr&#232;s son retour au Liban, Ghassan Tu&#233;ni entre au journal de son p&#232;re an-Nahar. Il est reporter militaire &#224; J&#233;rusalem lors la guerre de Palestine. Mais sa renomm&#233;e viendra moins du journalisme de terrain que de ses &#233;ditoriaux qu'il &#233;l&#232;ve au rang de genre litt&#233;raire &#224; part enti&#232;re. Dans ses &#233;ditoriaux hebdomadaires de l'&lt;i&gt;an-Nahar&lt;/i&gt;, il d&#233;fend notamment la souverainet&#233; du Liban, les droits des femmes et des minorit&#233;s ainsi que sa vision d'un Etat divers et la&#239;c. Ses &#233;crits journalistiques sont engag&#233;s et lui valent d'&#234;tre plusieurs fois arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233; pendant l'occupation syrienne. Dans les ann&#233;es 1960, &lt;i&gt;an-Nahar&lt;/i&gt; est consid&#233;r&#233; comme le seul journal vraiment ind&#233;pendant dans le monde arabe o&#249; gouvernent des r&#233;gimes militaro-nationalistes en Egypte, Syrie, Irak et Libye, et qui ne prennent pas en compte la libert&#233; de la presse. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ghassan Tu&#233;ni a &#233;galement su faire de &lt;i&gt;an-Nahar&lt;/i&gt; un outil de son ambition politique : les sph&#232;res journalistique et politique formaient pour lui un tout indissociable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ghassan Tu&#233;ni a ainsi &#233;t&#233; le &#171; Mazarin de l'&#233;lite politique libanaise &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;) &#224; laquelle il appartient et qu'il critique &#224; la fois. Partisan de la Grande Syrie dans sa jeunesse, il rejoint le Parti national syrien fond&#233; par Antoun Saad&#233; avant de s'en d&#233;tourner en 1957. Il d&#233;fend ensuite un panarabisme mod&#233;r&#233;, puis &#233;volue vers un attachement de plus en plus fort &#224; l'ind&#233;pendance et &#224; la souverainet&#233; du Liban. Dans les ann&#233;es 1950, il forme avec Camille Chamoun le Front national Socialiste qui pr&#244;ne des r&#233;formes en profondeur. Elu d&#233;put&#233; en 1951, il devient vice- pr&#233;sident de la Chambre en 1953. Il est &#233;galement vice-Premier ministre et ministre de l'Information et de l'Education nationale dans le premier gouvernement de Sleiman Frangi&#233; en 1970. Ses projets de r&#233;formes profondes rencontrent cependant une forte opposition qui le conduit &#224; d&#233;missionner cent jours apr&#232;s sa nomination. Il fait &#233;galement partie du gouvernement de coalition charg&#233; de mettre fin &#224; la guerre entre janvier 1975 et d&#233;cembre 1976. Il est alors le seul ministre en fonction &#224; se d&#233;placer entre les deux secteurs de Beyrouth en guerre. Ghassan Tu&#233;ni est ainsi parvenu aux deux postes les plus hauts auxquels un grec-orthodoxe peut acc&#233;der : la vice-pr&#233;sidence de la Chambre et du Conseil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il occupe &#233;galement plusieurs fonctions diplomatiques pour repr&#233;senter le Liban &#224; l'&#233;tranger, comme ambassadeur en Gr&#232;ce, puis aupr&#232;s des Nations unies entre 1977 et 1982. Comme diplomate, il est connu pour avoir &#233;t&#233; un grand d&#233;fenseur du Liban sur la sc&#232;ne internationale. Il est ainsi consid&#233;r&#233; comme le p&#232;re de la r&#233;solution 425 du Conseil de s&#233;curit&#233; en 1978 appelant Isra&#235;l &#224; retirer ses troupes apr&#232;s son invasion du sud Liban. Cette r&#233;solution ne sera appliqu&#233;e qu'en 2005, mais elle est devenue &#171; la colonne vert&#233;brale de la politique &#233;trang&#232;re du Liban&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Son cri aux Nations unis &#171; laissez vivre mon peuple &#187; a alors fait le tour du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son engagement diplomatique pour son pays est guid&#233; par son d&#233;sir de ne pas faire du Liban un enjeu des puissances ext&#233;rieures. Il appelle &#224; une politique &#233;trang&#232;re de &#171; neutralit&#233; positive &#187; en d&#233;fendant l'id&#233;e selon laquelle le Liban ne survivra qu'&#224; la condition qu'il demeure le laboratoire du &#171; vivre ensemble &#187; qu'il a toujours &#233;t&#233;. Il explique ainsi la place importante du Liban sur la sc&#232;ne internationale par le fait que &#171; les chr&#233;tiens et les musulmans y ont nou&#233; un &#233;change qui nul part ailleurs n'a &#233;t&#233; possible et qui est bien le th&#232;me majeur du XXI&#232;me si&#232;cle &#187;. Le Liban doit donc adopter une attitude de &#171; neutralit&#233; positive &#187; : &#171; positive car elle permet (aux Libanais) de se tourner aussi bien vers l'Occident que vers le Proche-Orient, d'&#234;tre ce trait d'union sans lequel la d&#233;sunion serait irr&#233;m&#233;diable &#187;. Pour Nassif Hitti, ambassadeur de la Ligue arabe en France, le Liban a aujourd'hui encore profond&#233;ment besoin de cette politique &#233;trang&#232;re de &#171; neutralit&#233; positive &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Soir&#233;e hommage &#224; Ghassan Tun&#233;i, 26 avril 2013, Institut du Monde Arabe &#224; (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La diplomatie de la puissance douce exerc&#233;e par Ghassan Tu&#233;ni en a &#233;galement fait un porteur des droits nationaux des Palestiniens et du respect des r&#233;solutions de l'ONU consid&#233;r&#233;es par lui comme la condition de la fin du conflit isra&#233;lo-arabe, comme il l'a exprim&#233; dans ses nombreux discours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ses discours qui, selon Charles H&#233;lou, Pr&#233;sident de la R&#233;publique libanaise de 1964 &#224; 1970, &#171; sont des plaidoyers qui vont au del&#224; du message conjoncturel et sont porteurs de r&#233;flexions profondes &#187;, portent &#233;galement la marque de l'intellectuel que fut &#233;galement Ghassan Tu&#233;ni.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'intellectuel&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Ghassan Tu&#233;ni se situait &#224; l'avant-garde de la g&#233;n&#233;ration des intellectuels d'apr&#232;s-guerre qui cherchaient &#224; diriger la r&#233;gion du Moyen-Orient et le monde arabe en g&#233;n&#233;ral vers un lib&#233;ralisme d&#233;mocratique et la&#239;c. Pour Nassif Hitti, ambassadeur de la Ligue arabe en France, il a &#233;t&#233; le &#171; porteur et l'instigateur du r&#234;ve de changement, de l'&#233;dification d'une soci&#233;t&#233; libanaise moderne dans ses valeurs politiques : une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la citoyennet&#233;, pour sortir d'un communautarisme destructeur &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='L'Orient-Le Jour, Les pairs de Ghassan Tu&#233;ni se souviennent, 2012.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &#171; Arabe chr&#233;tien &#187; comme il le r&#233;p&#233;tait souvent, Ghassan Tu&#233;ni a &#233;galement orient&#233; ses r&#233;flexions autour de ce double patrimoine, &#224; l'image du Liban, source &#224; ses yeux de dialogue et de richesse. Dans son livre qui appara&#238;t comme des m&#233;moires, Enterrer la haine et la vengeance, un destin libanais publi&#233; 2009, il explique qu'il y a entre les Arabes chr&#233;tiens et musulmans des &#171; complicit&#233;s qui, si elles d&#233;passent l'entendement des Occidentaux en g&#233;n&#233;ral, sont manifestes &#187;. En effet &#171; si certains Arabes se sont convertis &#224; l'islam au VII&#232;me si&#232;cle, il n'est pas interdit de penser qu'ils ont gard&#233; avec le christianisme des liens intimes, de la m&#234;me fa&#231;on que les chr&#233;tiens arabes ne peuvent se sentir tout &#224; fait &#233;trangers &#224; la foi de leurs fr&#232;res musulmans &#187;. Ghassan Tu&#233;ni fait du Liban l'&#171; expression de ce dialogue &#187; et explique comment les chr&#233;tiens arabes ont contribu&#233; &#171; &#224; expliquer ce qu'&#233;tait l'islam autant que les musulmans et peut-&#234;tre davantage &#187;. L'histoire partag&#233;e entre les Arabes musulmans et chr&#233;tiens, leur origine commune sont selon lui la garantie d'un dialogue &#171; naturel &#187; par lequel les chr&#233;tiens arabes ne sont pas effray&#233;s par l'islam, mais le comprennent intimement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, il constate que ce dialogue pourrait s'av&#233;rer &#171; davantage th&#233;orique que r&#233;el si, par la loi du nombre, de la puissance financi&#232;re, de la puissance tout court, les chr&#233;tiens d'Orient se trouvaient progressivement mis en minorit&#233; &#187;. Ghassan Tu&#233;ni fait ainsi de la mise en minorit&#233; des chr&#233;tiens arabes le th&#232;me majeur du XXI&#232;me si&#232;cle. Il explique la remise en question du Pacte national par les r&#233;alit&#233;s d&#233;mographiques donnant progressivement l'avantage aux musulmans, et notamment aux chiites. Selon lui, &#171; dans ce contexte les chr&#233;tiens doivent tenir leur rang &#187; et non pas craindre une int&#233;gration du Liban au monde musulman et une perte de leur place dans leur pays. Car cette tendance fait courir le risque au Liban &#171; de s'&#233;loigner de ce qu'il est &#187;. Ghassan Tu&#233;ni explique ainsi que les &#171; musulmans &#233;clair&#233;s et visionnaires soutiennent que la pr&#233;sence chr&#233;tienne au Moyen-Orient est essentielle, en ce sens qu'elle constitue pour eux une contribution &#224; l'entendement d'un monde qui n'est plus bipolaire mais multipolaire, un monde dans lequel nous sommes entr&#233;s de plein pied apr&#232;s le 11 septembre 2001. Pour les Arabes musulmans, les chr&#233;tiens ont ce lien privil&#233;gi&#233; avec le monde ext&#233;rieur, qui est majoritairement non-musulman. (&#8230;) Que serait un Proche-Orient sans les chr&#233;tiens ? &#187; Ghassan Tu&#233;ni d&#233;finit ainsi le Liban comme &#171; le seul laboratoire au monde de la convivialit&#233; ou plut&#244;t de la &#171; connivence &#187; islamo-chr&#233;tienne &#187;, non pas le lieu d'un &#171; dialogue acad&#233;mique, confin&#233; &#224; quelques tribunes de circonstance, mais l'espace du dialogue incarn&#233;, quotidien, r&#233;el &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Homme de presse, journaliste, figure politique libanaise, diplomate et intellectuel, Ghassan Tu&#233;ni a pris pleinement part &#224; l'histoire du Liban contemporain. Sa vie, travers&#233;e de drames et de deuils, est intimement m&#234;l&#233;e &#224; l'histoire de son pays. Se d&#233;finissant lui-m&#234;me comme un &#171; pacifiste guerrier &#187;, il partage avec son pays le Liban une culture des paradoxes dont il a fait une source de richesses et d'ind&#233;pendance d'esprit au cours de son &#171; destin libanais &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Ghassan Tueni, Enterrer la haine et la vengeance, op. cit.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Sources&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Articles de presse : Le Monde, The New York Times, l'Orient-Le Jour.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Soir&#233;e hommage &#224; Ghassan Tun&#233;i, 26 avril 2013, Institut du Monde Arabe &#224; Paris.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; Ghassan Tueni, &lt;i&gt;Enterrer la haine et la vengeance, un destin libanais&lt;/i&gt;, Paris, Albin Michel, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ghassan &lt;i&gt;Tueni, Enterrer la haine et la vengeance, un destin libanais&lt;/i&gt;, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soir&#233;e hommage &#224; Ghassan Tun&#233;i, 26 avril 2013, Institut du Monde Arabe &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Orient-Le Jour, &lt;i&gt;Les pairs de Ghassan Tu&#233;ni se souviennent&lt;/i&gt;, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ghassan Tueni, &lt;i&gt;Enterrer la haine et la vengeance&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Carla Edd&#233;, Historique des relations entre la Syrie et le Liban, de l'Empire ottoman &#224; nos jours</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Carla-Edde.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Carla-Edde.html</guid>
		<dc:date>2013-05-07T18:01:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>diplomatie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Carla Edd&#233; est chef du d&#233;partement Histoire &#8211; Relations internationales de l'Universit&#233; Saint Joseph&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;poque ottomane, il existait une province syrienne. Quel &#233;tait alors le statut du Liban ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous l'empire ottoman, il n'y avait pas une mais plusieurs provinces syriennes, celle d'Alep, de Damas, de Tripoli, de Sa&#239;da et celle de Beyrouth, cr&#233;&#233;e en 1888, sans compter le cas du Mont-Liban, qui relevait de certaines de ces provinces tout en b&#233;n&#233;ficiant d'une certaine autonomie. La Syrie et le Liban en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Entretiens-.html" rel="directory"&gt;Entretiens&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Liban,9-+.html" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Syrie,12-+.html" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-diplomatie-+.html" rel="tag"&gt;diplomatie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Carla Edd&#233; est chef du d&#233;partement Histoire &#8211; Relations internationales de l'Universit&#233; Saint Joseph&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A l'&#233;poque ottomane, il existait une province syrienne. Quel &#233;tait alors le statut du Liban ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Sous l'empire ottoman, il n'y avait pas une mais plusieurs provinces syriennes, celle d'Alep, de Damas, de Tripoli, de Sa&#239;da et celle de Beyrouth, cr&#233;&#233;e en 1888, sans compter le cas du Mont-Liban, qui relevait de certaines de ces provinces tout en b&#233;n&#233;ficiant d'une certaine autonomie. La Syrie et le Liban en tant que tels et dans leurs fronti&#232;res actuelles n'existaient donc pas comme entit&#233;s politico-administratives : le terme m&#234;me de &#171; Syrie &#187; est ainsi un terme ancien, r&#233;introduit comme unit&#233; politique par la diplomatie et les ambassades &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Que s'est-il pass&#233; &#224; la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale ? Pourquoi la Syrie et le Liban sont-ils pass&#233;s sous mandat fran&#231;ais ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Cette question soul&#232;ve l'enjeu de l'ing&#233;rence europ&#233;enne, et fran&#231;aise en particulier, dans l'Empire ottoman. En raison du rapport de force qui leur &#233;tait favorable, les puissances europ&#233;ennes s'&#233;taient habitu&#233;es &#224; intervenir dans les affaires ottomanes, par le centre de l'empire et par chacune de ses provinces. Au Levant, elles intervenaient notamment par le biais de la protection des minorit&#233;s, c'est-&#224;-dire des chr&#233;tiens. Au lendemain de la guerre, la France fait partie des gagnants mais doit assurer la position et l'influence qu'elle avait au Levant pendant l'empire. Elle tente alors de s'imposer en Syrie et essaye pendant pr&#232;s de deux ans, entre octobre 1918 et juin 1920, de trouver un arrangement avec les nationalistes arabistes syriens en leur proposant de soutenir les int&#233;r&#234;ts syriens et notamment leur volont&#233; d'unification des provinces syriennes. Cependant, les nationalistes syriens refusent toute remise en cause de la souverainet&#233; de la Syrie qu'ils veulent alors instaurer. Les d&#233;clarations am&#233;ricaines notamment, d'&#233;mancipation des peuples et des droits des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, les encouragent en donnant &#224; leur demande une l&#233;gitimit&#233; internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or la France a besoin d'alli&#233;s locaux pour maintenir et renforcer son pouvoir dans la r&#233;gion. Elle se &#171; rabat &#187; alors sur les Libanais (habitants du Mont-Liban) et les libanistes (les partisans d'un projet politique articul&#233; autour du Mont-Liban). Le projet politique des libanistes autour du Liban correspond en fait &#224; l'&#233;mancipation des chr&#233;tiens du Proche-Orient. Ils acceptent de demander le mandat fran&#231;ais en &#233;change de la r&#233;alisation de leur projet politique par la France. Le Grand Liban voit donc le jour alors qu'il faudra attendre plusieurs ann&#233;es avant qu'un v&#233;ritable Etat syrien apparaisse, puisque la France morcelle cette r&#233;gion en de multiples entit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face au mandat fran&#231;ais et &#224; la cr&#233;ation du Grand Liban, les nationalistes syriens r&#233;sistent militairement quand ils le peuvent et pacifiquement faute d'autres moyens de r&#233;sistance. Les libanistes sont quant &#224; eux les alli&#233;s oblig&#233;s des autorit&#233;s fran&#231;aises mais n'appr&#233;cient pas beaucoup plus que les Syriens la gestion coloniale. Sans d&#233;noncer le principe du mandat qu'ils avaient accept&#233;, ils d&#233;noncent ses abus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quelles sont les relations entre la Syrie et le Liban pendant le mandat fran&#231;ais ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La volont&#233; de parvenir &#224; l'ind&#233;pendance commence pour le Liban au moins en 1936 si ce n'est avant, et dure jusqu'en 1946. Il y a souvent eu pendant cette p&#233;riode, et surtout entre 1943 et 1946, une alliance objective entre les pouvoirs syriens et libanais en place, chacun soutenant les revendications de l'autre. La demande d'ind&#233;pendance est lanc&#233;e par le Liban qui modifie unilat&#233;ralement la constitution libanaise en novembre 1943 pour en retirer toutes les clauses relatives au mandat. Cette premi&#232;re action dispose du soutien complet du gouvernement syrien. A la fin de la crise libanaise qui suit cette initiative, la Syrie proc&#232;de aux m&#234;mes changements constitutionnels.&lt;br class='manualbr' /&gt;En outre il y a eu une collaboration intense entre le Liban et la Syrie dans les instances r&#233;gionales en voie de cr&#233;ation telles que la future Ligue des Etats arabes, et face &#224; la France, dans une optique d'effort concert&#233; pour arriver aux deux ind&#233;pendances. Cet accord politique m&#234;lait convictions et int&#233;r&#234;ts des deux protagonistes. Ainsi, aux revendications de la Syrie sur le Liban, celui-ci r&#233;pondait que le maintien de ces revendications entrainerait l'annulation de sa demande d'ind&#233;pendance. Or, l'ind&#233;pendance des deux pays &#233;tait li&#233;e. En contrepartie, le Liban acceptait son caract&#232;re arabe et donc son appartenance au m&#234;me camp que la Syrie. Il assurait ainsi la Syrie de son soutien en s'engageant &#224; ne plus demander &#224; l'Occident de l'aider contre elle et contre le monde arabe. Un accord implicite s'&#233;tablit donc, par lequel la Syrie accepte le Liban et les fronti&#232;res de 1920, et le Liban accepte de faire partie de l'unit&#233; arabe &#224; venir. Cet accord politique et cette collaboration entre la Syrie et le Liban pour obtenir l'ind&#233;pendance assurent des relations relativement bonnes entre les deux pays pendant quelques ann&#233;es, m&#234;me si la fin de l'union &#233;conomique qui existait &#224; l'&#233;poque du mandat entre ces entit&#233;s ne se fait pas sans remous.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quelles ont &#233;t&#233; les relations entre la Syrie et le Liban de l'ind&#233;pendance effective en 1946 jusqu'&#224; la guerre du Liban ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La relation de collaboration &#233;tablie pour obtenir l'ind&#233;pendance, est perturb&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1950 par la rupture de l'union &#233;conomique en 1950 et les changements qui se produisent au Moyen-Orient, notamment avec l'arriv&#233;e de la guerre froide dans la r&#233;gion. La version arabe de la guerre froide se dessine selon deux axes autour de l'&#201;gypte d'un c&#244;t&#233; et de l'Irak de l'autre. Le soutien de la Syrie varie de l'un &#224; l'autre. Le Liban reste plus ou moins neutre jusqu'&#224; ce que le Pr&#233;sident Chamoun s'oppose au &#171; communisme &#187;, ou plut&#244;t au poids croissant de Jamal Abdel-Nasser au Moyen-Orient apr&#232;s 1956, et rejoigne l'axe oppos&#233; &#224; l'&#201;gypte compos&#233; de l'Irak, de l'Arabie saoudite ou de la Jordanie. Ce positionnement perturbe fortement les relations entre la Syrie alors pro-&#233;gyptienne et le Liban. En outre, durant les agitations politiques qui secouent la Syrie dans les ann&#233;es 1950, le Liban accueille plusieurs opposants syriens fuyant leur pays et s'attire ainsi les reproches du r&#233;gime en place en Syrie. Les ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;dent la guerre du Liban, et notamment la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1950, sont donc des ann&#233;es troubl&#233;es pour les relations syro-libanaises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi la Syrie s'implique-t-elle dans la guerre du Liban ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La justification par l'histoire et le caract&#232;re dit historiquement syrien du Liban, sont utilis&#233;s comme une bonne raison pour intervenir. En r&#233;alit&#233;, la Syrie intervient dans le conflit libanais pour plusieurs raisons. Elle est tout d'abord li&#233;e au Liban par la fraternit&#233; et les relations privil&#233;gi&#233;es qui unissent les deux pays. Elle poss&#232;de en outre une fronti&#232;re commune avec le Liban, elle est donc directement concern&#233;e par ce qui s'y passe. De plus, la Syrie re&#231;oit alors les livraisons d'armes destin&#233;es &#224; la r&#233;sistance palestinienne pour lesquelles elle fait l'interm&#233;diaire et sert de zone de transit. Or, l'Etat libanais m&#232;ne alors une politique pour contrer cet afflux d'armes vers la r&#233;sistance palestinienne sur son territoire. La Syrie a donc un important moyen de pression sur l'Organisation de Lib&#233;ration de la Palestine (OLP).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Syrie intervient au Liban dans un contexte particulier. En effet, entre 1949 et 1970, la Syrie est marqu&#233;e par une instabilit&#233; permanente dont t&#233;moignent les 23 coups d'&#233;tat r&#233;ussis ou &#233;chou&#233;s qui secouent le pays durant cette p&#233;riode. Elle est alors le maillon faible du Moyen-Orient. Car la Syrie est plus arabiste que syrianiste. Elle croit dans l'unit&#233; arabe, pour laquelle elle est l'objet d'une lutte entre l'Irak et l'&#201;gypte qui se battent pour affirmer leur leadership sur le monde arabe. La Syrie accepte d'&#234;tre l'objet de cet affrontement car elle veut l'unit&#233; arabe depuis le mandat fran&#231;ais. A partir de 1970 et l'arriv&#233;e d'Hafez el-Assad, le Syrie se stabilise mais le r&#233;gime est d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233; par certains comme &#233;tant alaouite et doit donc jouer l'arabisme pour contrer ses attaques. Le r&#233;gime fait donc de l'arabisme sa cause, or la r&#233;sistance palestinienne est &#224; ce moment l&#224; le symbole de l'arabisme. Elle est donc amen&#233;e &#224; s'impliquer dans la guerre du Liban dans laquelle la r&#233;sistance palestinienne est un acteur majeur.&lt;br class='manualbr' /&gt;En outre, si l'arriv&#233;e d'Hafez el-Assad en 1970 marque l'entr&#233;e du pays dans un processus de stabilisation, celle-ci est encore fragile. Les tensions avec les Fr&#232;res musulmans commencent assez vite. La Syrie a donc toutes les raisons d'&#234;tre inqui&#232;te par une d&#233;stabilisation du Liban, car sa propre stabilit&#233; est toute r&#233;cente et menac&#233;e. Elle se consid&#232;re &#224; l'&#233;poque comme &#233;tant entour&#233;e d'ennemis : la situation est explosive avec la Turquie, elle est tendue avec le parti des Ba'ath en Irak et avec Isra&#235;l naturellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Syrie intervient &#233;galement au Liban car elle cherche &#224; s'imposer comme un acteur r&#233;gional fort parlant au nom de plusieurs pays et acteurs r&#233;gionaux. Elle tente ainsi de dessiner une troisi&#232;me voie face &#224; Isra&#235;l : elle ne fait partie ni du camp du refus de la paix de 1967 qui regroupe la r&#233;sistance palestinienne, l'Irak, la Libye et le Y&#233;men du sud, ni du camp des &#171; mod&#233;r&#233;s &#187; tels que l'&#201;gypte ou l'Arabie saoudite. Elle essaye de trouver une troisi&#232;me voie, en quelque sorte ni la capitulation, ni le refus de principe de la paix. Pour faire r&#233;ellement exister cette troisi&#232;me voie et &#233;viter qu'elle ne se marginalise, la Syrie doit pouvoir parler au nom de plusieurs acteurs, soit le Liban, la r&#233;sistance palestinienne et la Jordanie. Elle cherche donc &#224; dominer le Liban et la r&#233;sistance palestinienne pour constituer un bloc politique autour d'elle, afin d'exister et de s'imposer comme puissance r&#233;gionale.&lt;br class='manualbr' /&gt;La Syrie est donc impliqu&#233;e dans la guerre du Liban par les liens qui l'unissent &#224; ce dernier et la fronti&#232;re qu'ils partagent, elle s'implique &#233;galement avec un objectif politique r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;De quelle mani&#232;re la Syrie intervient-elle sur le sol libanais pendant la guerre du Liban ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La Syrie est un des premiers m&#233;diateurs dans la guerre du Liban, et un m&#233;diateur efficace. Il s'agit peut-&#234;tre du pays dont la m&#233;diation est la plus efficace pendant plusieurs mois. Cependant, ses m&#233;diations diplomatiques &#233;chouent. Ces d&#233;faites provoquent une implication encore plus marqu&#233;e de la Syrie qui les consid&#232;re comme un &#233;chec pour s'imposer comme une puissance r&#233;gionale.&lt;br class='autobr' /&gt;A partir de janvier 1976, elle envoie donc au Liban des hommes de l'Arm&#233;e de Lib&#233;ration de la Palestine (ALP), c'est-&#224;-dire de l'organe officiellement arm&#233; de l'OLP compos&#233; de contingents palestiniens relevant des arm&#233;es de certains pays arabes. En envoyant l'ALP et non l'arm&#233;e syrienne officielle, la Syrie r&#233;duit le risque de r&#233;action d'Isra&#235;l &#224; son implication dans le conflit. Au d&#233;but, l'intervention de la Syrie a donc une fonction essentiellement d&#233;fensive. Il est n&#233;anmoins difficile de dire o&#249; finit la fonction d&#233;fensive de son intervention et o&#249; commence sa fonction offensive.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;chec des m&#233;diations puis de son premier envoi d'hommes de l'ALP sont un camouflet pour le r&#233;gime syrien qui passe donc &#224; la vitesse sup&#233;rieure et entre dans un engrenage en s'impliquant militairement et en devenant un acteur &#224; part enti&#232;re de la guerre. L'&#233;chec de la premi&#232;re intervention de janvier 1976 est suivi de l'entr&#233;e de l'arm&#233;e syrienne au Liban en juin 1976, et d'un d&#233;ploiement sur le territoire libanais &#233;tal&#233; sur 6 mois. La Syrie ne veut pas faire dispara&#238;tre le Liban en tant qu'Etat, elle veut le &lt;i&gt;satteliser&lt;/i&gt;, parler en son nom, &#234;tre le chef de la coalition des deux Etats et faire primer les int&#233;r&#234;ts de Damas au Liban, notamment pour ce qui concerne les relations avec les autorit&#233;s palestiniennes. Afin de justifier l'investissement et la politique men&#233;s par la Syrie au Liban, Hafez el-Assad parle ainsi d' &#171; un peuple dans deux Etats &#187; pour qualifier le Liban et la Syrie.&lt;br class='manualbr' /&gt;On peut donc consid&#233;rer que la Syrie a &#171; gagn&#233; &#187; la guerre lorsqu'elle a r&#233;ussi &#224; faire signer par le Liban le trait&#233; d'amiti&#233; et de fraternit&#233; et le trait&#233; de d&#233;fense en 1991.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pour quelles raisons la Syrie est-elle rest&#233;e au Liban jusqu'en 2005 ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, la Syrie reste au Liban en raison de nouveaux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques qu'elle trouve &#224; cette occupation. En effet, la Syrie a besoin d'un poumon &#233;conomique : le lib&#233;ralisme et le n&#233;o-lib&#233;ralisme du Liban l'arrangent car le pays est une source de devises pour la Syrie, qui a connu sous Hafez el-Assad une premi&#232;re ouverture &#233;conomique, rest&#233;e n&#233;anmoins limit&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;En outre, le retrait de la Syrie du Liban serait lu comme une d&#233;faite. Et personne ne r&#233;clamait vraiment le d&#233;part de la Syrie hors du Liban. L'accord de Ta&#235;f qui a mis un terme &#224; la guerre ne pr&#233;voit pas d'ailleurs le retrait syrien du Liban. A l'&#233;chelle libanaise, il ne donne &#224; aucune instance le pouvoir et les moyens de trancher. Dans un pays ingouvernable, la Syrie avait l'avantage de constituer une instance qui tranchait et arbitrait. Le Liban en avait presque besoin en l'absence de r&#233;conciliation et de projet national consensuel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quelles r&#233;percussions la situation syrienne actuelle a-t-elle sur le Liban ? Peut-il s'embraser &#224; son tour ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Une des nombreuses cons&#233;quences du conflit syrien est l'attentisme de la classe politique libanaise &#224; l'origine de blocages et d'un vide constitutionnel au Liban. Personne n'a envie de gouverner aujourd'hui au Liban. La gestion des r&#233;fugi&#233;s syriens par exemple, entre autres dossiers, est extr&#234;mement complexe et glissante &#224; traiter pour un politique puisque ses dimensions humanitaires sont difficilement dissociables de ses prolongements politiques et m&#233;moriels.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les r&#233;percussions de la crise syrienne sont &#233;galement &#233;conomiques et s&#233;curitaires. Le marasme &#233;conomique est net et se voit notamment dans le d&#233;sespoir qui touche certains jeunes &#224; la recherche d'emplois. Cela sans parler de la situation dans le nord, &#224; Tripoli et dans le Akkar en particulier o&#249; la porosit&#233; des fronti&#232;res territoriales et politiques se ressent quotidiennement.&lt;br class='manualbr' /&gt;Une guerre comparable &#224; celle de 1975-1990 semble peu probable au Liban pour le moment, puisqu'il n'y a pas actuellement deux partis militairement aptes &#224; se faire la guerre. Le Liban pourrait davantage &#234;tre marqu&#233; - et il l'est d&#233;j&#224; - par une instabilit&#233; et une ins&#233;curit&#233; permanentes avec des actes de violence &#171; isol&#233;s &#187; de toutes sortes qui peuvent gagner en fr&#233;quence et en ampleur, territoriale notamment, sans oublier la crise politique, et une atmosph&#232;re de m&#233;fiance. O&#249; finit l'instabilit&#233;, o&#249; commence la guerre est naturellement difficile &#224; d&#233;finir d'embl&#233;e. Il ne faut pas oublier non plus l'acteur isra&#233;lien, qui entreprend r&#233;guli&#232;rement de jeter de l'huile sur le feu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carla Edd&#233;</title>
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		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Carla Edd&#233; est chef du D&#233;partement d'Histoire &#8211; Relations internationales, Facult&#233; des lettres et des sciences humaines, Universit&#233; Saint-Joseph, et membre du Comit&#233; scientifique du Mus&#233;e de Beyrouth. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est l'auteur de nombreuses publications. Entre autres publications r&#233;centes : Beyrouth : naissance d'une capitale (1918-1924), Arles, Actes-Sud (en collaboration avec l'IFPO), Collection Sindbad, 2010 ; &#171; Le C&#233;nacle libanais ou la culture du Pacte national &#187; [en arabe], Le temps du C&#233;nacle (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Les-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les auteurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Carla Edd&#233; est chef du D&#233;partement d'Histoire &#8211; Relations internationales, Facult&#233; des lettres et des sciences humaines, Universit&#233; Saint-Joseph, et membre du Comit&#233; scientifique du Mus&#233;e de Beyrouth. &lt;br class='manualbr' /&gt;Elle est l'auteur de nombreuses publications. Entre autres publications r&#233;centes : Beyrouth : naissance d'une capitale (1918-1924), Arles, Actes-Sud (en collaboration avec l'IFPO), Collection Sindbad, 2010 ; &#171; Le C&#233;nacle libanais ou la culture du Pacte national &#187; [en arabe], Le temps du C&#233;nacle (1946-1975). Entre histoire, m&#233;moire et pr&#233;sent, Beyrouth, Publications du C&#233;nacle libanais, 2012, p. 181-220 ; &#171; Les m&#233;moires des acteurs libanais de la guerre : le conflit revisit&#233; par ses protagonistes &#187;, F. Mermier et C. Varin (dir.), M&#233;moires de guerres au Liban (1975-1990), Arles, Actes-Sud (en collaboration avec l'IFPO), 2010, p. 25-46.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Henry Laurens, Histoires orientales</title>
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		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
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		<dc:subject>Empire ottoman</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Histoires orientales est un recueil d'articles sign&#233; par Henry Laurens pour L'Histoire depuis les ann&#233;es 1990. La diversit&#233; des sujets abord&#233;s par ces textes tr&#232;s accessibles mais rigoureux cache la permanence d'un questionnement : de quoi l'Orient est-il le nom ? Comment comprendre la pers&#233;v&#233;rance de ce concept pourtant fluctuant et son articulation &#224; la notion tout aussi probl&#233;matique d'Occident ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Orient comme palimpseste conceptuel&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'ambitieuse question de savoir ce qu'est l'Orient, Henry Laurens (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Egypte,3-+.html" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Empire-ottoman-+.html" rel="tag"&gt;Empire ottoman&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L89xH150/arton1269-be965.jpg&quot; width='89' height='150' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Histoires orientales est un recueil d'articles sign&#233; par Henry Laurens pour L'Histoire depuis les ann&#233;es 1990. La diversit&#233; des sujets abord&#233;s par ces textes tr&#232;s accessibles mais rigoureux cache la permanence d'un questionnement : de quoi l'Orient est-il le nom ? Comment comprendre la pers&#233;v&#233;rance de ce concept pourtant fluctuant et son articulation &#224; la notion tout aussi probl&#233;matique d'Occident ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;L'Orient comme palimpseste conceptuel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'ambitieuse question de savoir ce qu'est l'Orient, Henry Laurens r&#233;pond dans un article introductif par l'&#233;vocation de distinctions s&#233;dimentaires qui se sont succ&#233;d&#233;es sans jamais se recouvrir ni s'effacer. Il remonte &#224; l'Antiquit&#233;, citant H&#233;rodote, pour rappeler l'opposition entre l'Asie barbare des Perses et la civilisation grecque, per&#231;ue depuis l'est du monde antique comme distincte et coh&#233;rente. L'auteur montre d&#232;s la description de ces lointains historiques la nature paradoxale des rapports entre Occident et Orient. L'utilisation de ces deux concepts, quelles que soient les r&#233;alit&#233;s qu'ils recouvrent, implique une exclusion mutuelle mais aussi le constat d'une n&#233;cessaire interp&#233;n&#233;tration. Empires d'Occident et d'Orient ont en partage l'h&#233;ritage gr&#233;co-romain qui a d&#233;j&#224; essaim&#233; jusqu'en Asie centrale des royaumes hell&#233;nis&#233;e. De m&#234;me, J&#233;rusalem et la Terre sainte des origines du christianisme autour duquel se structure &#171; l'id&#233;e occidentale &#187; se trouve en Orient. Plus tard, les conflits qui opposent les Etats chr&#233;tiens &#224; l'Islam et dont les lieux saints sont l'objet et le motif n&#233;cessitent l'&#233;tude de l'ennemi, de sa langue et de sa foi quand il ne s'agit pas simplement de commercer avec lui. Ce sont l&#224; les prodromes de l'orientalisme qui cherche dans l'Orient islamique une r&#233;serve de savoirs compl&#233;mentaires &#224; explorer pour &#233;tablir la connaissance universelle recherch&#233;e par les esprits du XVIIIe si&#232;cle. La fortune de l'id&#233;e de progr&#232;s place Orient et Occident dans des temporalit&#233;s diff&#233;r&#233;es qu'il revient &#224; l'Europe d'accorder du fait de la mission civilisatrice qu'elle s'arroge et qui se traduit par l'expansion de son influence et de sa puissance en terres orientales. L'Occident repr&#233;sente alors l'avenir de l'Orient et doit le replacer dans le sens de l'histoire. Dans le m&#234;me mouvement, l'Occident se nourrit d'apports reconstruits de l'Orient qui appara&#238;t comme une source originelle, un ailleurs familier du point duquel il est n&#233;cessaire de se placer pour acc&#233;der une appr&#233;hension plus parfaite du Vrai. D&#232;s lors, pour Henry Laurens &#171; (&#8230;) l'orientalisation de l'Occident est la contrepartie de l'occidentalisation de l'Orient &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Circulations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'elle soit &#224; elle seule l'objet d'un article ou qu'elle apparaisse en filigranes de probl&#233;matiques plus circonscrites, la question imp&#233;riale occupe une place cons&#233;quente dans les textes r&#233;unis au sein d'&lt;i&gt;Histoires orientales&lt;/i&gt;. L'Empire appara&#238;t en effet comme un prisme au travers duquel les relations entre Orient et Occident peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es de mani&#232;re opportune. Il y a d'abord un h&#233;ritage imp&#233;rial qui d&#233;termine l'histoire commune du monde chr&#233;tien et de l'Islam dans les territoires qu'ils ont progressivement recouvert. Henry Laurens &#233;voque ainsi dans les strates les plus profondes les traces de l'essaimage hell&#233;nistique dans toutes la M&#233;diterran&#233;e et jusque dans l'actuel Afghanistan. Des Iles britanniques aux confins de la Perse sassanide, l'empire de Rome laissera plus tard une emprunte durable, d&#233;terminant une culture politique commune &#224; l'Orient et &#224; l'Occident. L'Empire ottoman dont le centre de gravit&#233; s'est historiquement trouv&#233; en Europe orientale tient davantage de Byzance que des grands empires arabes m&#233;di&#233;vaux dont les premi&#232;res &#233;lites &#233;taient d'ailleurs hell&#233;nis&#233;es. Formes politiques de la longue dur&#233;e historique, s'&#233;tendant sur de vastes aires g&#233;ographiques, les grands Empires de l'&#226;ge classique fournissent d'in&#233;puisables sources de remise en cause des lectures essentialistes et identitaires des aires culturelles. L'&#233;mergence de l'imp&#233;rialisme europ&#233;en &#224; l'&#232;re moderne renouvelle cependant la nature de la question imp&#233;riale. Lanc&#233;es sur la trajectoire de la modernit&#233; politique et &#233;conomique, la France, l'Angleterre et la Russie diffusent progressivement leurs influences respectives vers un monde musulman sur lequel elles ont pris le dessus et qu'elles ont d&#233;pass&#233; sur la voie du progr&#232;s. Les nouveaux rapports de force qui s'&#233;tablissent alors sont porteurs de nouvelles conceptions de l'autre, de nouvelles distinctions fond&#233;es sur la croyance en un processus de civilisation dont l'Europe serait porteuse. L'histoire du Canal de Suez auquel Henry Laurens consacre un article synth&#233;tise &#224; lui seul cette phase des rapports entre l'Europe et son Orient m&#233;diterran&#233;en.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Inspir&#233; par l'utopisme saint-simonien, le canal est porteur d'ambitions augustes. Il doit participer &#224; la mise en relation rationnelle des mondes humains, favoriser entre eux le commerce des choses, des hommes et des id&#233;es par lequel pourra r&#233;gner le Progr&#232;s. Plus prosa&#239;quement, le Canal de Suez, &#224; capitaux fran&#231;ais et britanniques, incarne un Orient musulman sous tutelle europ&#233;enne, parcouru de conseilleurs militaires, administratifs ou commerciaux &#233;trangers qui forment la bonne soci&#233;t&#233; cosmopolite d'Alexandrie, du Caire, de Constantinople ou de T&#233;h&#233;ran de la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle et du d&#233;but du XXe. Si ces nouveaux empires europ&#233;ens sont bien des espaces de domination, ils n'en demeurent pas moins des espaces d'&#233;change et d'hybridation. C'est au contact d'une Europe expansionniste et victorieuse que l'Empire ottoman s'est lanc&#233; dans sa premi&#232;re vague de r&#233;formes, connues sous le vocable de Tanzimat au mitan du XIXe si&#232;cle. A une date ant&#233;rieure, l'intervention du g&#233;n&#233;ral Bonaparte en Egypte en 1798, qui doit &#234;tre comprise dans le cadre de la lutte franco-britannique pour le contr&#244;le de la route des Indes, a &#233;galement donn&#233; lieu &#224; un mouvement de modernisation initi&#233; par Mehmet Ali. Avec les grands projets d'infrastructures, le mod&#232;le administratif centralis&#233; et les r&#233;formes politiques qu'il pr&#233;voyait, il avait pour ambition affich&#233;e de faire de l'Egypte un pays europ&#233;en. Que ce soit au Caire, &#224; Alexandrie ou dans les autres grandes cit&#233;es de l'Orient musulman, les classes urbaines, particuli&#232;rement expos&#233;es &#224; l'influence europ&#233;enne dont de nombreux membres appartiennent aux minorit&#233;s juives et chr&#233;tiennes, sont fr&#233;quemment francophones et form&#233;es &#224; l'occidentale. Elles voient na&#238;tre en leur sein un bouillonnement intellectuel intense et des id&#233;es progressistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Le nationalisme &#224; l'&#233;preuve de l'Orient&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour sortir de l'orni&#232;re, l'Orient doit selon elles se calquer &#224; l'Occident. En tout et pour tout. Dans le domaine politique, cela se traduit par l'importation non sans ambig&#252;it&#233; de toute la grammaire th&#233;orique europ&#233;enne, que l'on veut appliquer &#224; la r&#233;alit&#233; d'une soci&#233;t&#233; souvent r&#233;tive. S&#233;duisant tout particuli&#232;rement les membres des minorit&#233;s religieuses, le nationalisme, id&#233;ologie dominante dans l'Europe du XIXe si&#232;cle, tend ainsi &#224; se diffuser dans un monde islamique sous influence. Or, cette id&#233;e nouvelle et import&#233;e qui veut faire co&#239;ncider l'homog&#233;n&#233;it&#233; d'un territoire &#224; celle d'une langue et d'un peuple au sein d'Etats unifi&#233;s, est appliqu&#233;e &#224; un monde o&#249; des populations distinctes se c&#244;toient dans les m&#234;mes villes, dans les m&#234;mes campagnes et ou plus qu'une langue ou une identit&#233; ethnique assez labile, c'est l'appartenance religieuse qui diff&#233;rencie les groupes humains. L'inadaptation de l'id&#233;e nationale au terrain imp&#233;rial n'en freine cependant pas le d&#233;veloppement. Elle s'impose avec violence tout au long du XXe si&#232;cle. La Premi&#232;re Guerre mondiale provoque la chute et le d&#233;membrement de l'Empire ottoman. La d&#233;fense du droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, visage g&#233;n&#233;reux et progressiste d'un nationalisme n&#233;cessairement destructeur, s'accommode bien des app&#233;tits territoriaux des puissances alli&#233;es. Alors qu'ils sont cens&#233;s sonner le glas de l'&#232;re coloniale, la constitution par la Soci&#233;t&#233; des Nations r&#233;cemment form&#233;e de mandats dans le mode arabe post-ottoman et leur octroi &#224; Paris et &#224; Londres, correspondent &#224; l'apog&#233;e des empires fran&#231;ais et britanniques. Etablis sur des territoires d&#233;finis selon les int&#233;r&#234;ts affront&#233;s des deux vainqueurs europ&#233;ens de la Grande guerre, les mandats donnent douloureusement naissance &#224; des Etats fragiles et dont la l&#233;gitimit&#233; reste douteuse. L'Irak auquel Henry Laurens consacre un article n'est ainsi qu'un ensemble composite n&#233; de trois provinces ottomanes r&#233;unies pour satisfaire les int&#233;r&#234;ts britanniques. Plus homog&#232;ne, la Jordanie n'en reste pas moins faible et perm&#233;able &#224; toutes les crises environnantes. Or, &#224; la multiplicit&#233; des Etats, s'oppose la formulation du r&#234;ve unitaire du nationalisme arabe. Originellement d&#233;pourvu de biais religieux, il cultive le fantasme d'une nation &#171; arabe &#187; quand un si&#232;cle auparavant nul au sein des &#233;lites d'Egypte, de Damas ou de Bagdad ne serait qualifi&#233; en employant ce terme presque infamant qui d&#233;signe b&#233;douins et nomades. Pour Henry Laurens, le nationalisme arabe dont il d&#233;crit le &#171; r&#234;ve bris&#233; &#187; appara&#238;t comme le produit de la nostalgie des &#233;lites pour l'unit&#233; perdue qui pr&#233;valait sous la domination ottomane. C'est cependant sur la &#171; Question de Palestine &#187;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Henry Laurens, La Question de Palestine 1799 &#8211; 1967 (trois tomes), Paris, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; laquelle l'auteur consacre plusieurs articles du recueil, que va achopper le nationalisme arabe. Alors que les d&#233;faites militaires contre Isra&#235;l se succ&#232;dent, chacun des Etats se replie sur ses int&#233;r&#234;ts propres. Les institutions politiques, loin d'avoir acquis la neutralit&#233; n&#233;cessaire aux constructions &#233;tatiques v&#233;ritables, deviennent syst&#233;matiquement l'instrument de factions corrompues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Recueil d'articles souvent publi&#233;s &#224; des fins d'explication de l'actualit&#233; par la r&#233;f&#233;rence historique, &lt;i&gt;Histoires orientales&lt;/i&gt;, fournit une tr&#232;s bonne introduction &#224; l'&#339;uvre d'Henry Laurens. De l'orientalisme et plus g&#233;n&#233;ralement des rapports de l'Europe au monde islamique &#224; la question palestinienne, l'ouvrage en reprend les principaux th&#232;mes de mani&#232;re abr&#233;g&#233;e mais en rien contradictoire avec l'expression d'id&#233;es complexes. Dans chacun des sujets singuliers qui est abord&#233; se r&#233;fracte une r&#233;flexion plus large.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Henry Laurens, Histoires orientales, Paris, Actes Sud, mars 2013&lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henry Laurens, &lt;i&gt;La Question de Palestine 1799 &#8211; 1967&lt;/i&gt; (trois tomes), Paris, Fayard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La situation en Syrie. Quatri&#232;me partie : La probl&#233;matique du gaz interf&#232;re-t-elle dans la situation syrienne ?</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/La-situation-en-Syrie-Quatrieme.html</link>
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		<dc:date>2013-05-03T14:36:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Gaz </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si elle n'en constitue pas n&#233;cessairement le facteur n&#233;cessaire et suffisant pour expliquer l'&#233;volution, sinon l'origine, de la crise syrienne, elle n'en demeure pas moins une variable importante qui ne saurait &#234;tre sous-estim&#233;e dans le &#171; nouveau Grand jeu &#233;nerg&#233;tique &#187; du d&#233;but du XXI&#232;me si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut d'abord relever que la Syrie de Bachar al-Assad n'a pas toujours &#233;t&#233; vou&#233;e aux g&#233;monies, y compris par ceux-l&#224; m&#234;mes - comme la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite - qui semblent aujourd'hui les plus (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Syrie,12-+.html" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L150xH101/arton1268-e17b1.jpg&quot; width='150' height='101' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Si elle n'en constitue pas n&#233;cessairement le facteur n&#233;cessaire et suffisant pour expliquer l'&#233;volution, sinon l'origine, de la crise syrienne, elle n'en demeure pas moins une variable importante qui ne saurait &#234;tre sous-estim&#233;e dans le &#171; nouveau Grand jeu &#233;nerg&#233;tique &#187; du d&#233;but du XXI&#232;me si&#232;cle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut d'abord relever que la Syrie de Bachar al-Assad n'a pas toujours &#233;t&#233; vou&#233;e aux g&#233;monies, y compris par ceux-l&#224; m&#234;mes - comme la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite - qui semblent aujourd'hui les plus empress&#233;s &#224; h&#226;ter sa chute. Elle fut m&#234;me un partenaire &#233;conomique courtis&#233; par le fait que le pays constitue, &#224; bien des &#233;gards, une sorte de &lt;i&gt;hub&lt;/i&gt; entre le Machrek et l'Europe, en termes &#233;nerg&#233;tiques notamment. Le fait est que le Qatar, qui partage avec l'Iran l'un des plus grands champs du monde - appel&#233; &lt;i&gt;North Dome&lt;/i&gt; du c&#244;t&#233; qatari et South Pars du c&#244;t&#233; iranien - n'&#233;tait pas satisfait de se trouver a priori plus ou moins contraint, pour exporter son gaz&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='L'actuel &#233;mir du Qatar a compris tr&#232;s t&#244;t que le Gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de passer par le d&#233;troit ultra-sensible d'Ormuz largement sous la surveillance de l'Iran. Doha avait donc &#233;prouv&#233; la tentation de trouver une autre voie moins soumise aux al&#233;as g&#233;opolitiques induits par la crise sur le nucl&#233;aire iranien. Sans parler des tensions existant entre les deux pays relatives au partage parfois in&#233;quitable de cette manne gazi&#232;re, le Qatar pompant le champ commun au d&#233;triment de l'Iran qui se trouve p&#233;nalis&#233; par les sanctions internationales pour exploiter ce qui lui revient&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Comme le soulignent Christophe Ayad et Benjamin Barthe dans leur p&#233;riple (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 2009, le Qatar avait, de fait, envisag&#233; le trac&#233; d'un gazoduc &#171; sunnite &#187; terrestre courant du Golfe Persique jusqu'&#224; la Turquie et susceptible de se raccorder &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; au projet du &lt;i&gt;Nabucco&lt;/i&gt; afin d'exporter ce gaz vers l'Europe&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Le projet Nabucco est cens&#233; concurrencer les projets russes de South Stream (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un trac&#233; transitant d'abord par l'Arabie saoudite, puis par la Jordanie, enfin par la Syrie. C'est sans doute d'ailleurs une des raisons qui avaient conduit Doha &#224; se rapprocher du r&#233;gime de Damas avec lequel les relations n'avaient pas toujours &#233;t&#233; ais&#233;es&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Il faut pr&#233;ciser que les relations entre Damas et Doha ont souvent &#233;t&#233; (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Rappelons qu'en f&#233;vrier 2010, le Qatar avait m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'&#224; signer un &#233;ph&#233;m&#232;re pacte de d&#233;fense avec la Syrie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, Bachar al-Assad avait finalement refus&#233; de signer ce projet, privil&#233;giant un accord avec son alli&#233; r&#233;gional iranien, et aussi pour m&#233;nager les int&#233;r&#234;ts, entre autres &#233;nerg&#233;tiques, de son vieil alli&#233; russe, premier fournisseur gazier de l'Europe qui se trouve, de fait, en situation de d&#233;pendance prononc&#233;e en cas de crise comme en janvier 2009 avec l'interruption des livraisons de gaz &#224; l'Ukraine, qui sert depuis l'&#233;poque sovi&#233;tique de hub continental de redistribution pour le compte de &lt;i&gt;Gazprom&lt;/i&gt; &#224; destination de nombreux pays europ&#233;ens&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Roland Lombardi, &#171; Guerre en Syrie et g&#233;opolitique du gaz &#187;, blog de la (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toujours est-il qu'en juillet 2011, &#233;tait formalis&#233; un contrat entre l'Iran perse chiite, l'Irak post-Saddam et la Syrie alaouite en vue d'&#233;tablir un gazoduc &#171; chiite &#187; ou IGS (&lt;i&gt;Islamic Gas Pipeline&lt;/i&gt;) &#224; horizon de 2016&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce gazoduc &#171; chiite &#187;, d'un co&#251;t pr&#233;vu de quelque 10 milliards de dollars, a (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne saurait faire les affaires du Qatar. Et ce, d'autant moins que les Saoudiens n'ont pas valid&#233; le projet qatari de transit via l'Arabie saoudite pour rejoindre le Nabucco qui avait pourtant &#233;t&#233; mis &#224; l'&#233;tude. Riyad en effet, irrit&#233;e par son turbulent voisin, a finalement fait obstruction &#224; tout d&#233;veloppement terrestre du pipeline envisag&#233;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut souligner que le march&#233; du gaz risque d'arriver peu ou prou &#224; (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Qatar a donc sans doute son propre agenda qui converge peut-&#234;tre avec celui de la Turquie sur cette question. On comprend alors peut-&#234;tre mieux les soutiens affirm&#233;s &#224; l'option &#171; fr&#233;riste &#187; sur l'&#233;chiquier syrien dans la perspective de l'apr&#232;s-Bachar. Et aussi peut-&#234;tre le positionnement de certains acteurs europ&#233;ens, dont la France, d'autant plus en pointe sur le dossier syrien que les relations avec le Qatar sont relativement &#233;troites depuis l'&#171; affaire libyenne &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'actuel &#233;mir du Qatar a compris tr&#232;s t&#244;t que le Gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) &#233;tait un produit d'avenir. Le Qatar est ainsi devenu le 1er exportateur de GNL (Gaz naturel liqu&#233;fi&#233;). Extrait du gisement &lt;i&gt;off-shore&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;North Dome&lt;/i&gt;, le plus vaste du monde, situ&#233; &#224; quelque 80 kilom&#232;tres au large des c&#244;tes qatariennes, l'&#233;mirat produit 77 millions de tonnes de GNL par an via 14 trains de production.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le soulignent Christophe Ayad et Benjamin Barthe dans leur p&#233;riple autour des fronti&#232;res iraniennes : &#171; Il est notoire que, du fait de ses capacit&#233;s d'extraction et de transformation largement sup&#233;rieures, le Qatar empi&#232;te plus ou moins volontairement sur les r&#233;serves de son voisin. &#8216;C'est comme si deux hommes se partageaient un verre de Coca-Cola, chacun avec sa paille, et que l'un d'eux rigolait en son fort int&#233;rieur parce qu'il s'est aper&#231;u que la paille de l'autre est perc&#233;e' sourit un diplomate en poste &#224; Doha. Mais &#8216;comme l'homme avec la bonne paille n'est pas le plus fort des deux, poursuit-il, il doit faire gaffe &#224; ne pas aspirer trop vite'. La m&#233;taphore r&#233;sume bien la nature des relations qataro-iraniennes, tout en calculs et en contorsions &#187;, &#171; Autour du pays myst&#233;rieux. 3. Riches et rus&#233;s face &#224; l'Iran &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 26 juillet 2012, p. 14. En 2004, des forces sp&#233;ciales iraniennes avaient d&#233;j&#224; d&#233;truit une plate-forme de forage qatari parce que l'Emirat puisait de mani&#232;re excessive dans le champ gazier. Cf. Mehdi Lazar, &#171; Axe sunnite et gazoduc : quand les Qataris interviennent en Syrie pour le plus grand bonheur des Occidentaux &#187;, &lt;i&gt;Atlantico.fr&lt;/i&gt;, 26 ao&#251;t 2012 (&lt;a href=&quot;http://www.atlantico.fr/decryptage/axe-sunnite-et-gazoduc-quand-qataris-interviennent-en-syrie-pour-plus-grand-bonheur-occidentaux-mehdi-lazar-460320.html?page=0,1&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.atlantico.fr/decryptage/axe-sunnite-et-gazoduc-quand-qataris-interviennent-en-syrie-pour-plus-grand-bonheur-occidentaux-mehdi-lazar-460320.html?page=0,1&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le projet &lt;i&gt;Nabucco&lt;/i&gt; est cens&#233; concurrencer les projets russes de South Stream via la Mer Noire. Initialement pr&#233;vu pour 2014, il a d&#251; &#234;tre repouss&#233; &#224; 2017 du fait de &#171; difficult&#233;s techniques &#187;. Le consortium Nabucco est constitu&#233; de plusieurs soci&#233;t&#233;s : la &lt;i&gt;RWE&lt;/i&gt; allemande (Rheinisch-Westf&#228;lisches Elektrizit&#228;tswerk AG), l'&lt;i&gt;OML&lt;/i&gt; autrichienne, la &lt;i&gt;Botas Petroleum Pipeline Corporation&lt;/i&gt; turque, l'&lt;i&gt;Energy Company Holding&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;Transgaz&lt;/i&gt; roumaine. Les co&#251;ts initiaux du projet &#233;taient estim&#233;s &#224; 11,2 milliards de dollars, mais ces co&#251;ts ont &#233;t&#233; r&#233;&#233;valu&#233;s &#224; hauteur de 21,4 milliards de dollars d'ici 2017. Ce projet Nabucco a &#233;t&#233; con&#231;u pour transporter 31 milliards de m3 de gaz par an sur 3 900 kilom&#232;tres &#224; partir du Moyen-Orient et la Caspienne vers les march&#233;s europ&#233;ens via la Turquie. Cf. Imad Fawzi Shueibi, &#171; Gas Ranks First in Middle East Struggles &#187;, on dissidentvoice.org, 30 avril 2012 (&lt;a href=&quot;http://dissidentvoice.org/2012/04/gas-ranks-first-in-middle-east-struggles/&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://dissidentvoice.org/2012/04/gas-ranks-first-in-middle-east-struggles/&lt;/a&gt;). Trad. par Mouna Alno-Nakhal, &#171; Syrie : la guerre du gaz &#187;, &lt;i&gt;Mondialisation.ca&lt;/i&gt;, 30 avril 2012 (&lt;a href=&quot;http://www.mondialisation.ca/syrie-la-guerre-pour-le-gaz/30652&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.mondialisation.ca/syrie-la-guerre-pour-le-gaz/30652&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut pr&#233;ciser que les relations entre Damas et Doha ont souvent &#233;t&#233; chaotiques. On peut rappeler &#224; cet &#233;gard l'altercation violente entre Walid al-Mouallem, l'inamovible ministre des Affaires &#233;trang&#232;res syrien et Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani lors d'une audience &#224; Washington en juin 1997. Cf. &#171; Menaces syriennes contre le Qatar &#187;, &lt;i&gt;Le Monde du Renseignement&lt;/i&gt;, n&#176;314, 26 juin 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Roland Lombardi, &#171; Guerre en Syrie et g&#233;opolitique du gaz &#187;, blog de la Chaire de Mangement des Risques Energ&#233;tiques de l'ESG &lt;i&gt;Management School&lt;/i&gt;, 5 mars 2013 (&lt;a href=&quot;http://www.riskenergy.fr/2013/03/guerre-en-syrie-et-geopolitique-du-gaz.html&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.riskenergy.fr/2013/03/guerre-en-syrie-et-geopolitique-du-gaz.html&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce gazoduc &#171; chiite &#187;, d'un co&#251;t pr&#233;vu de quelque 10 milliards de dollars, a l'ambition de fournir l'Europe en gaz liqu&#233;fi&#233; via les ports m&#233;diterran&#233;ens de Syrie (Lattaqui&#233; et Tartous). Long de 5 600 kilom&#232;tres, il devrait transporter 35 milliards de m3 de gaz par an une fois sa mise en service effective.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut souligner que le march&#233; du gaz risque d'arriver peu ou prou &#224; saturation avec la mise en service de huit nouvelles infrastructures australiennes entre 2014 et 2020 dont la production est surtout destin&#233;e au march&#233; asiatique. Avec un march&#233; am&#233;ricain lui-m&#234;me d&#233;j&#224; satur&#233; - du fait de l'explosion de la production de gaz de schiste - le Qatar n'a plus r&#233;ellement que l'Europe comme d&#233;bouch&#233;. La d&#233;couverte de nouveaux champs d'hydrocarbures &lt;i&gt;off-shore&lt;/i&gt; en M&#233;diterran&#233;e ouvre de nouvelles perspectives pour contourner l'Arabie saoudite et ouvrir de nouvelles opportunit&#233;s commerciales. Les tron&#231;ons des gazoducs sont d&#233;j&#224; dessin&#233;s. Le dernier obstacle &#224; leur r&#233;alisation demeure le r&#233;gime de Bachar al-Assad. Cf. Felix Imonti, &#171; Qatar : Rich and Dangerous &#187;, &lt;i&gt;Oilprice.com&lt;/i&gt;, 17 septembre 2012 (&lt;a href=&quot;http://oilprice.com/Energy/Energy-General/Qatar-Rich-and-Dangerous.html&quot; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://oilprice.com/Energy/Energy-General/Qatar-Rich-and-Dangerous.html&lt;/a&gt;). Cf. pour la traduction &#171; Pour quelques centaines de milliards &#187;, &lt;i&gt;Le Courrier international&lt;/i&gt;, n&#176; 1172, 18-24 avril 2013, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#244;me du Rocher</title>
		<link>http://www.lesclesdumoyenorient.com/Dome-du-Rocher.html</link>
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		<dc:date>2013-05-03T13:55:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Premier monument de l'Islam, le D&#244;me du Rocher (aussi appel&#233; Mosqu&#233;e d'Omar car on lui en attribue, &#224; tort, la construction) domine le paysage urbain de J&#233;rusalem depuis plus de 1400 ans. Son tr&#232;s bon degr&#233; de conservation permet d'&#233;tudier au plus pr&#232;s ce b&#226;timent unique &#224; bien des &#233;gards.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au c&#339;ur de J&#233;rusalem&lt;br class='autobr' /&gt;
Le D&#244;me du Rocher a &#233;t&#233; construit par le calife omeyyade Abd al-Malik en 691 &#8211; 692. Il est situ&#233; sur la grande &#171; esplanade sacr&#233;e &#187;, le har&#226;m al-sharif, en face de la Mosqu&#233;e Al-Aqsa, &#171; la lointaine &#187;, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Mots-cles-.html" rel="directory"&gt;Mots cl&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Palestine,10-+.html" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/+-Histoire-+.html" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton1267-c3d27.jpg&quot; width='100' height='150' style='' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premier monument de l'Islam, le D&#244;me du Rocher (aussi appel&#233; Mosqu&#233;e d'Omar car on lui en attribue, &#224; tort, la construction) domine le paysage urbain de J&#233;rusalem depuis plus de 1400 ans. Son tr&#232;s bon degr&#233; de conservation permet d'&#233;tudier au plus pr&#232;s ce b&#226;timent unique &#224; bien des &#233;gards.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Au c&#339;ur de J&#233;rusalem&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le D&#244;me du Rocher a &#233;t&#233; construit par le calife omeyyade Abd al-Malik en 691 &#8211; 692. Il est situ&#233; sur la grande &#171; esplanade sacr&#233;e &#187;, le &lt;i&gt;har&#226;m al-sharif,&lt;/i&gt; en face de la Mosqu&#233;e Al-Aqsa, &#171; la lointaine &#187;, la plus ancienne mosqu&#233;e que l'on connaisse. Cette esplanade fait 280 m&#232;tres sur 490 : elle correspond &#224; peu pr&#232;s &#224; l'esplanade du Temple de Salomon, d&#233;truit en 70 par le futur empereur romain Titus. Apr&#232;s que H&#233;l&#232;ne, la m&#232;re de l'empereur Constantin, a d&#233;couvert la Vraie Croix &#224; J&#233;rusalem en 326 apr&#232;s JC, les Chr&#233;tiens ont d&#233;laiss&#233; cette esplanade pour se concentrer sur la partie occidentale de la ville. Ils ont notamment laiss&#233; les ruines des temples romains (et notamment d'un temple consacr&#233; &#224; Jupiter) sur cette terrasse, une fa&#231;on de montrer symboliquement la victoire du christianisme sur les religions pa&#239;ennes. Aux ruines de l'esplanade s'opposent les nouvelles &#233;glises qui se multiplient &#224; J&#233;rusalem. Au moment o&#249; les musulmans prennent la ville, c'est donc un espace vide de culte, mais charg&#233; de m&#233;moire et de symboles. Ils vont r&#233;utiliser ces ruines pour construire ces nouveaux b&#226;timents. A noter que cette construction fut, selon le chroniqueur byzantin Th&#233;ophane, tr&#232;s bien accueillie par les Juifs, qui y auraient vu une reconstruction du Temple de Salomon. Peut-&#234;tre s'agissait-il aussi, pour le calife, de se poser comme un h&#233;ritier de l'empereur romain : un empereur avait fait d&#233;truire le Temple, un calife le reb&#226;tissait. Le D&#244;me serait le lieu o&#249; se donne &#224; voir la &lt;i&gt;renovatio imperii&lt;/i&gt; qu'apporte l'islam.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le D&#244;me du Rocher a un plan tr&#232;s particulier, octogonal, autour d'un rocher, appel&#233; le Rocher de la Fondation, affleurement le plus &#233;lev&#233; du Mont. Le d&#244;me est port&#233; par une arcade circulaire s'appuyant sur quatre piliers et douze colonnes. Le monument s'articule ensuite autour d'un double d&#233;ambulatoire, ce qui peut para&#238;tre curieux &#233;tant donn&#233; que la d&#233;ambulation ne fait pas partie des pratiques de d&#233;votion musulmanes. On reconna&#238;t en fait des h&#233;ritages architecturaux byzantins : le D&#244;me du Rocher fait penser &#224; l'Eglise du Saint-S&#233;pulcre. De m&#234;me, le d&#233;cor int&#233;rieur a probablement &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; par des artisans chr&#233;tiens ou r&#233;cemment convertis &#224; l'islam, car ces mosa&#239;ques se rapprochent de celles que l'on trouve par exemple dans l'&#233;glise de la Nativit&#233; de Bethl&#233;em. Les techniques de construction, enfin, empruntent &#224; celles de Rome, mais aussi &#224; celles de l'Empire sassanide. Quatre portes, orient&#233;es vers les quatre points cardinaux, percent les murs. Enfin, le d&#244;me, haut de 25 m&#232;tres pour un diam&#232;tre de 20 m&#232;tres, est visible de partout dans la ville. Il est recouvert d'un alliage d'or, m&#234;me si certains chroniqueurs m&#233;di&#233;vaux ont pr&#233;tendu qu'il avait &#233;t&#233; un temps recouvert d'or pur. Le d&#233;cor ext&#233;rieur (c&#233;ramiques polychromes) est ottoman : il a &#233;t&#233; refait par Soliman le Magnifique en 1545, et restaur&#233; dans les ann&#233;es 1960. Le d&#233;cor int&#233;rieur &#8211; murs recouverts d'un plaquage de marbre, fen&#234;tres orn&#233;es de vitraux, plafonds en pl&#226;tre dor&#233; &#8211; est plus authentique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Un lieu saint de l'islam&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment expliquer ce monument ? Ce sanctuaire comm&#233;morerait le &#171; voyage nocturne &#187; (isra) puis l'ascension vers le ciel (&lt;i&gt;miraj&lt;/i&gt;) du Proph&#232;te Muhammad. Selon cette l&#233;gende, le Proph&#232;te aurait &#233;t&#233; transport&#233; de La Mecque &#224; J&#233;rusalem, et de l&#224; serait mont&#233; au Ciel, guid&#233; par Gabriel, rencontrant tous les Proph&#232;tes et voyant l'Enfer. C'est par ce r&#233;cit que J&#233;rusalem (en arabe Al Quds) s'affirme comme la troisi&#232;me ville sainte de l'islam, avec La Mecque et M&#233;dine&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir l'entretien de Elodie Hibon sur la J&#233;rusalem ayyoubide.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce r&#233;cit, qui a inspir&#233; Dante, permet de justifier la construction d'un &#233;difice saint autour du rocher. Au XI&#232;me si&#232;cle, on va jusqu'&#224; affirmer que ce rocher porte la trace du pied de Muhammad. Le contraste entre le rocher brut, laiss&#233; nu, et les murs dor&#233;s recouverts de discr&#232;tes volutes v&#233;g&#233;tales, devait &#234;tre particuli&#232;rement appr&#233;ci&#233; des contemporains. L'architecture renforce cette importance du rocher : l'alternance des colonnes permet que celui-ci soit visible de partout. L'inscription ext&#233;rieure a quant &#224; elle une dimension en partie eschatologique : cela contribuerait &#224; faire du D&#244;me une pr&#233;figuration de la J&#233;rusalem c&#233;leste, telle qu'elle doit revenir sur terre au moment du Jugement Dernier. En dessous du Rocher, on trouve une grotte, qui sert de mosqu&#233;e puisqu'elle abrite un &lt;i&gt;mirhab&lt;/i&gt;, et dont la date de la construction fait d&#233;bat. Apr&#232;s la prise de J&#233;rusalem par les crois&#233;s, en 1099, le D&#244;me fut transform&#233; en &#233;glise, la mosqu&#233;e Al-Aqsa devenant un palais. Il faut attendre la reprise de la ville par Saladin, en 1187, pour que ces b&#226;timents soient rendus &#224; leurs fonctions premi&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les colonnes sont surmont&#233;es de chapiteaux &#224; feuilles d'acanthes. Les mosa&#239;ques int&#233;rieures, qui s'&#233;talent sur plus de 280 m&#178;, pr&#233;sentent des motifs r&#233;p&#233;titifs : ni animaux ni humains, mais de nombreux motifs v&#233;g&#233;taux, et des repr&#233;sentations de bijoux. On peut lire ces d&#233;cors luxueux de plusieurs fa&#231;ons. Est-ce une illustration du paradis, une &#233;vocation des richesses du calife, ou simplement un d&#233;cor esth&#233;tique ? O. Grabar note que c'est sur ces mosa&#239;ques que na&#238;t l'un des grands principes de l'art musulman : la variation &#224; l'infini des m&#234;mes motifs, pour en cr&#233;er de nouveaux en les combinant de plusieurs fa&#231;ons. Les historiens abbassides tenteront, afin de renforcer la rupture (&lt;i&gt;dawla&lt;/i&gt;) qu'est cens&#233;e repr&#233;senter l'av&#232;nement des Abbassides, de pr&#233;senter cette construction comme une h&#233;r&#233;sie : al-Malik aurait souhait&#233; remplacer La Mecque, alors occup&#233;e par les forces rebelles de Ibn Zubayr, qui s'est fait proclamer calife en 683, &#224; la mort du calife Y&#226;zid Ier (c'est la &#171; deuxi&#232;me &lt;i&gt;fitna&lt;/i&gt; &#187;). Mais il ne s'agit probablement pas de cela : c'est avant tout un monument politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre2-spip spip&quot;&gt;Un monument politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'inscription ext&#233;rieure, longue de 240 m, est en effet tr&#232;s claire : &#171; &#244; gens du livre (&lt;i&gt;ahl al-kit&#226;b&lt;/i&gt;), ne soyez pas excessifs dans votre religion et dites seulement la v&#233;rit&#233; sur Dieu. Le Messie, J&#233;sus, fils de Marie, fut seulement un messager de Dieu, il fut la parole de Dieu confi&#233;e &#224; Marie. Croyez ainsi en Dieu et en ses messagers et ne parlez pas de trinit&#233; ; abstenez vous de parler de cela, cela vaut mieux pour vous &#187;. On reconna&#238;t dans ces formules pieuses plusieurs formules coraniques, soit fix&#233;es, soit m&#233;lang&#233;es, ce qui laisserait penser que le texte coranique n'a pas au temps des Omeyyades l'aspect intouchable qu'il aura par la suite. Muhammad est d&#233;sign&#233; comme le serviteur et l'envoy&#233; de Dieu (pas comme Proph&#232;te : &lt;i&gt;ras&#251;l&lt;/i&gt; et pas &lt;i&gt;nabi&lt;/i&gt;) ; les m&#234;mes termes qualifient J&#233;sus. L'inscription est ainsi explicitement adress&#233;e aux Chr&#233;tiens, plus encore qu'aux Juifs : il s'agit ainsi de leur donner, sinon une le&#231;on, du moins un message. Dans la ville sainte du christianisme, dans la ville o&#249; le Christ a pr&#234;ch&#233; et o&#249; il est mort, le D&#244;me du Rocher affirme la sup&#233;riorit&#233; de l'islam, et de l'Islam. Il est toutefois surprenant que l'inscription ne fasse aucune allusion au &lt;i&gt;miraj&lt;/i&gt; cens&#233; &#234;tre &#224; l'origine de ce lieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La fin de l'inscription donne la date de la construction, le nom de ce monument et le nom du constructeur : al-Ma'm&#251;n, calife abbasside du d&#233;but du IX&#232;me si&#232;cle. Or le r&#232;gne de ce calife est post&#233;rieur &#224; la construction du D&#244;me : cela repr&#233;sente donc forc&#233;ment une tentative d'appropriation. Vu le prestige associ&#233; au monument, il &#233;tait int&#233;ressant pour un calife de tenter de le r&#233;cup&#233;rer &#224; son compte, a fortiori pour al-Ma'm&#251;n qui s'est r&#233;volt&#233; contre son fr&#232;re a&#238;n&#233; avant de s'imposer comme calife. Lorsque Soliman fait refaire le d&#233;cor ext&#233;rieur, notamment les fen&#234;tres, il s'agit du m&#234;me objectif : mettre sa marque sur ce b&#226;timent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est enfin un monument de prestige, affirmant le triomphe de l'islam dans la ville m&#234;me du christianisme, l'ann&#233;e du triomphe de Abd al-Malik sur ibn Zubayr&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='La question de la date de la construction a fait couler beaucoup d'encre. En (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mettant fin &#224; douze ans de guerre civile. L'Islam est &#224; nouveau uni derri&#232;re un calife. Le r&#232;gne de al-Malik a &#233;t&#233; fondateur a bien des &#233;gards : mettant en place une administration centralis&#233;e capable de g&#233;rer un empire qui ne cesse de s'&#233;tendre, g&#233;n&#233;ralisant l'emploi de la langue arabe, il invente &#233;galement une monnaie islamis&#233;e (aniconique, portant uniquement des versets du Coran). Ce monument, &#224; l'image de la Grande Mosqu&#233;e des Omeyyades de Damas, chante ainsi la gloire de l'islam, mais aussi celle de la dynastie des Omeyyades, et participe de la centralisation de l'empire musulman. Le lieu est associ&#233; &#224; David et &#224; Salomon, deux personnages importants dont le prestige rejaillit par l&#224; m&#234;me sur le calife. En inscrivant son nom sur un monument sacr&#233;, qui devient du m&#234;me coup monument royal, al-Malik, le premier dirigeant du Dar al-Islam &#224; ne pas avoir connu Muhammad, ce qui l&#224; aussi repr&#233;sente une rupture forte, s'approprie l'espace urbain. Par l&#224;, il se pose comme le dirigeant de l'Oumma, et plus seulement comme un chef militaire : le calife n'est plus uniquement le &#171; commandeur des croyants &#187; (&lt;i&gt;amir al mu'minin&lt;/i&gt;), mais bien le chef d'un Etat qui pr&#233;tend &#224; l'universalit&#233;. De plus, al-Malik a fait bombarder La Mecque, &#224; coups de catapulte, par son g&#233;n&#233;ral Al-&#7716;a&#487;&#487;&#257;&#487;, pour vaincre ibn Zubayr qui s'y &#233;tait retranch&#233; : on peut comprendre qu'il ait ressenti le d&#233;sir, voire le besoin, de se poser comme un constructeur, et un constructeur de lieux religieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; O. Grabar, &lt;i&gt;La formation de l'art islamique&lt;/i&gt;, 2000.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; M. Rosen-Ayalon, &lt;i&gt;Art et arch&#233;ologie islamiques en Palestine&lt;/i&gt;, 2002.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; O. Grabar, &lt;i&gt;Le D&#244;me du Rocher, joyau de J&#233;rusalem&lt;/i&gt;, 1997.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; L'Histoire, n&#176; 378, num&#233;ro sp&#233;cial sur J&#233;rusalem.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A lire &#233;galement :&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='' /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Jerusalem-de-la-forteresse.html&quot; class='spip_in'&gt;&#171; J&#233;rusalem, de la forteresse canan&#233;enne aux Lieux saints de toutes les querelles &#187; num&#233;ro sp&#233;cial du magazine L'Histoire, juillet &#8211; ao&#251;t 2012&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'entretien de Elodie Hibon sur la &lt;a href=&quot;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Elodie-Hibon-La.html&quot; class='spip_in'&gt;J&#233;rusalem ayyoubide&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La question de la date de la construction a fait couler beaucoup d'encre. En 691, avant la victoire contre ibn Zubayr, il s'agirait de r&#233;affirmer l'unit&#233; du Dar al-Islam ; en 692, une fois ibn Zubayr d&#233;fait, de c&#233;l&#233;brer ce retour &#224; l'unit&#233;. Dans tous les cas, le monument porte un message politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cosima Flateau</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Agr&#233;g&#233;e d'histoire, &#233;l&#232;ve &#224; l''Ecole Normale Sup&#233;rieure de la rue d''Ulm, les recherches doctorales de Cosima Flateau portent sur la session du sandjak d'Alexandrette &#224; la Turquie (1920-1950), apr&#232;s un master sur la construction de la fronti&#232;re nord de la Syrie sous le mandat fran&#231;ais (1920-1936).&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lesclesdumoyenorient.com/-Les-auteurs-.html" rel="directory"&gt;Les auteurs&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Agr&#233;g&#233;e d'histoire, &#233;l&#232;ve &#224; l''Ecole Normale Sup&#233;rieure de la rue d''Ulm, les recherches doctorales de Cosima Flateau portent sur la session du sandjak d'Alexandrette &#224; la Turquie (1920-1950), apr&#232;s un master sur la construction de la fronti&#232;re nord de la Syrie sous le mandat fran&#231;ais (1920-1936).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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