Début 2013, la Turquie se trouve à un moment décisif. Sur le plan intérieur, son actualité est dominée par la question kurde alors que de nouvelles négociations avec le PKK ont été initiées par l’intermédiaire du leader kurde emprisonné Abdullah Ocalan. Si les perspectives d’apaisement à cet égard sont bien réelles, la pratique du pouvoir par l’AKP (Parti de la Justice et du Développement, au pouvoir depuis la fin 2002) prend une tournure de plus en plus autoritaire sous la houlette du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Sur le plan extérieur, la crise syrienne a rendu caduque la politique « Zéro problème avec nos voisins » portée par le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu et la Turquie doit redéfinir ses orientations diplomatiques tandis que son avenir européen reste en suspens. Can Firuz dresse pour les Clés du Moyen-Orient le bilan des enjeux qui se présentent à la Turquie en cette période troublée.
Le 21 avril, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 2043 : 300 observateurs non armés doivent être envoyés pour une première durée de 90 jours en Syrie, afin de renforcer la présence de l’ONU dans le pays et d’observer le respect du cessez-le-feu.
Le 27 avril, le norvégien Robert Mood, chargé de prendre la tête des observateurs de l’ONU déjà présents en Syrie et d’accueillir les suivants, est parti pour Damas. Les violences se poursuivent en Syrie et la Ligue arabe a fait appel à l’ONU, afin que celle-ci assure avant tout la protection des populations civiles.
Le 2 mai, plusieurs manifestations ont eu lieu dans l’ensemble du territoire syrien, afin de protester contre l’organisation d’élections législatives par le gouvernement alors que les violences se poursuivent. Les élections se sont déroulées le 7 mai : la parti Baas, parti de Bachar al-Assad, a remporté la majorité des sièges, avec un très faible taux de participation.
Le 23 mai, un rapport d’Amnesty International indique que : « Le type et l’échelle des violations pratiquées par l’Etat pourrait constituer des crimes contre l’humanité ». La Russie, alliée du gouvernement en place, a proposé d’accueillir à Moscou des représentants du gouvernement et des opposants afin que ceux-ci entament un dialogue, sous l’observation des Nations unies, sans que cette proposition n’ait de suites.
Le 24 mai, Burhan Ghalioun, président du Conseil national syrien (CNS), l’un des principaux chefs de file de l’opposition, a donné sa démission, à la suite des nombreuses critiques dont il avait fait l’objet. Il reste cependant en fonction jusqu’à l’élection d’un nouveau président, prévue pour juin.
Le 28 mai, après le très grand nombre de victimes civiles ayant péri à Houla le 25 mai, la France et la Grande-Bretagne ont déclaré vouloir « agir ensemble pour accroître la pression » pesant sur le régime syrien en place. La communauté internationale, dont la Chine et Israël, a condamné les événements d’Houla, de même que le conseil de sécurité de l’ONU qui a adopté une déclaration à l’unanimité les condamnant, et que Kofi Annan, le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe. Le même jour, les ambassadeurs syriens ont été expulsés de plusieurs pays dont la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, les Etats-Unis et le Canada.
Le 30 mai, l’opposition syrienne a lancé un ultimatum, exigeant l’application du plan de paix de Kofi Annan.
Le 31 mai, environ 500 prisonniers ont été libérés : la libération de détenus faisait partie des six points du plan de paix de Kofi Annan.
Le 5 juin, la Syrie a autorisé l’ouverture du pays à une aide humanitaire de l’ONU et d’un certain nombre d’ONG.
Le 6 juin, à la suite des élections législatives de mai, un nouveau Premier ministre a été nommé par le président syrien. Il s’agit de Riad Hijab, ancien ministre de l’Agriculture, chargé de former un nouveau gouvernement. Dans ce contexte, une centaine de personnes auraient été tuées près de Hama.
Le 8 juin, après s’être adressé à l’ONU, Kofi Annan a proposé de mettre en place « un groupe de contact international » sur la Syrie, afin d’aider au règlement de la question. La Russie a réitéré son opposition à une opération militaire internationale.
Le 11 juin, le nouveau président du CNS a été désigné : il s’agit d’Abdel Basset Sayda.
Le 16 juin, l’ONU a décidé de suspendre les patrouilles de ses observateurs en Syrie, en raison de l’intensification des violences dans le pays.
Le 19 juin a eu lieu à l’ONU une réunion sur la Syrie, à la suite des déclarations des présidents Poutine et Obama. Ceux-ci se sont rencontrés en marge du G20 qui a eu lieu à Los Cabos, au Mexique, et ont déclaré souhaiter une cessation des violences.
Le 21 juin, en raison d’un cargo russe soupçonné de contenir des armes à destination de la Syrie interpellé au large des côtes britanniques, plusieurs organisations, dont la Ligue arabe, ont demandé à la Russie de ne plus livrer d’armes au gouvernement syrien, afin d’empêcher l’escalade des violences.
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