L’action publique et sociale du Hezbollah vise à mettre en place une « société de la résistance » destinée à permettre à la population civile de supporter le coût humain et matériel des attaques d’Israël et à élargir la base sociale de la résistance islamique en mobilisant sur le long terme la communauté chiite.
C’est en 2000, à la suite du retrait israélien du Sud-Liban, qu’apparaît au grand jour le conflit sur les fermes de Chebaa. En effet, l’armée se retire de tous les territoires qu’elle occupait, sauf d’un espace de 25 Km2, constitué de dix-huit fermes, situé entre Syrie, Liban et Palestine.
Le Hezbollah tient aujourd’hui une place majeure sur la scène politique libanaise, en tant que parti officiel intégré au système institutionnel du pays. Comment a-t-il réussi à dépasser l’incompatibilité apparente entre mouvement de résistance islamique armé et intégration à un système politique démocratique ?
Créé au cœur de la guerre du Liban, le Hezbollah est un mouvement armé qui dispose de ses propres forces militaires. Les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Bahreïn l’ont placé sur leur liste des organisations terroristes, tandis que l’Iran et la Syrie le considèrent comme un mouvement de résistance. L’Union Européenne envisage de mettre sa branche armée sur sa liste des organisations terroristes, notamment à la demande de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas.
Le Hezbollah est souvent présenté, par les media occidentaux, comme le symbole de l’intégrisme musulman et de l’obscurantisme menaçant les principes démocratiques du monde occidental. Cette couverture médiatique est dénoncée par le « Parti de Dieu », mais également par une partie des Libanais, au-delà de la communauté chiite et notamment parmi la communauté chrétienne, qui soutient l’action de cet acteur controversé mais incontournable, et désormais officiel, de la scène politique libanaise et régionale.
Bertrand Badie, politologue français et spécialiste des relations internationales, est professeur des Universités à l’Institut d’Etudes politiques de Paris, et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).
« Géant de la presse libanaise » (Le Point), « le principal journaliste au Liban, si ce n’est dans le monde arabe » (The New York Times), « Mazarin de l’élite politique libanaise » (Le Monde), « héros tragique, trop grand pour le pays qui l’avait vu naître, trop lucide pour s’en satisfaire » (Le Monde), de nombreux hommages ont été rendus à Ghassan Tuéni à sa mort le 8 juin 2012. Plus récemment, une soirée en son honneur a été organisée le 26 avril 2013 à l’Institut du Monde Arabe à Paris, l’occasion pour plusieurs intellectuels, politiques et amis d’évoquer cette figure majeure du Liban contemporain.
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