L’exposition est divisée en deux parties. La première et la plus importante nous fait découvrir la richesse et le dynamisme des civilisations préislamiques dans différentes régions de la péninsule arabique ; la seconde met l’accent sur le rôle des villes saintes à partir de la naissance de l’Islam au VIIe siècle.
La visite débute sur une présentation des premiers peuplements de la péninsule à l’âge du paléolithique ; on peut observer différents outils et des armes de chasse en silex taillées de diverses manières, ainsi que des stèles anthropomorphes datant du IVe millénaire avant J-C.
La salle suivante met en avant la culture de la province orientale entre le Ve millénaire et le début du IIe millénaire avant J-C. Des tessons de vases et de poteries importés du sud de l’Iran ou de l’Indus révèlent l’importance des échanges dans la région, ainsi que le rôle de l’île de Tarut dans le Golfe arabique où sont acheminées les marchandises avant d’être réexpédiées vers la Mésopotamie et la Syrie.
L’exposition se poursuit avec une présentation des oasis, étapes vitales sur les chemins des caravanes, à travers différents sites archéologiques découverts dans plusieurs zones géographiques. Dans le Hijâz, au nord-ouest de l’Arabie, les oasis deviennent des cités prospères tirant profit du développement du commerce de l’encens à partir du début du Ier millénaire avant Jésus-Christ. C’est le cas de l’oasis de Taymâ située sur les routes reliant le sud de la péninsule à la Méditerranée et le Golfe à la Mer Rouge. Différentes stèles écrites en araméen ou en nabatéen ainsi que des objets de la vie quotidienne (brule-parfum, plat, bracelet en coquillages) montrent la richesse de cette oasis où séjourna Nabonide, le dernier roi de Babylone au VIe siècle avant J-C. L’oasis d’al-Ulâ devient quant à elle le cœur des royaumes de Dédân puis de Lihyân. Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir dans le site de Kurayba à Dedân d’impressionnantes statues de rois mesurant trois mètres de haut dont trois sont exposées ici. Le style de ces sculptures laisse penser à une éventuelle influence égyptienne. On découvre ensuite des pièces venant du site de Madâ’in Salih où se trouvait l’ancienne ville d’Hégra qui appartient au royaume nabatéen annexé par l’Empire romain en 106 avant J-C. Le site se divise en quatre ensembles : le secteur résidentiel au centre où devaient habiter entre 5 000 et 10 000 personnes, une zone de nécropoles où des milliers de tombes ont été découvertes, une partie religieuse au nord-est et une zone agricole où étaient cultivés l’orge, le blé, les dattes et autres denrées alimentaires au sud-ouest de la ville, cultures irriguées par plus d’une centaine de puits.
La visite continue à travers les cultures des peuples de l’Arabie du sud-ouest. Les dromadaires comme moyen de transport facilitent la traversée de la péninsule et permettent d’acheminer les productions d’encens et de myrrhe du sud du pays vers la Mésopotamie et les côtes levantines d’une part, et vers l’Egypte d’autre part. Les cités prennent alors de l’importance. Une salle est consacrée au site de Qaryat-al Faw, qui après avoir été un comptoir de commerce dans le royaume Minéen aux IIIe et IIe siècles avant J-C, devient la capitale du royaume de Kinda. Les objets exposés (statuette de femme, fragments de peintures murales, verreries, vases à glaçure, coupes et flacons) témoignent de la richesse de la ville mais aussi de l’influence de l’hellénisme dans la région. On constate que la côte orientale du pays a aussi connu un fort développement vers le IVe siècle avant J-C, comme en témoigne le mobilier funéraire très travaillé trouvé dans les nécropoles de Thaj ou d’Ayn Jawan.
Avec la naissance de l’Islam, les routes commerciales deviennent également des routes de pèlerinage reliant l’ensemble du monde musulman aux villes saintes de La Mecque et Médine. Même si, lors des califats des Omeyyades et des Abbassides, le cœur du pouvoir se déplace vers Damas puis Bagdad et laisse à l’écart la péninsule arabique, les échanges avec le Hedjaz ne diminuent pas. La cité d’al-Rabadha, située au centre du pays sur la route allant de l’Irak à La Mecque, et la cité d’Al-Mâbiyât, située dans le nord-ouest du pays sur la route de Syrie, se développent au rythme des échanges. Une jarre de stockage et autres objets d’origine irakienne, comme des « faïences », et exportés dans tout le Moyen-Orient ont été retrouvés sur ces sites.
On découvre ensuite une allée de plusieurs stèles funéraires datant du IXe au XVIe siècle provenant du cimetière d’al-Ma`lâ à La Mecque, qui nous renseignent sur la diversité de la société mecquoise ainsi que sur l’évolution de l’écriture arabe.
La dernière salle met en avant l’importance des Lieux saints dans le monde musulman. Le contrôle de ces cités devient un enjeu considérable ; détenir les Lieux saints permet en effet aux souverains d’accroitre leur prestige et leur légitimité. Les différents sultans se sont donc appliqués à entretenir les Lieux saints par des dons ou par l’envoi de nombreux objets de valeur comme la porte de la Ka`ba offerte par le sultan ottoman Murâd IV.
L’exposition se termine par l’évocation de l’histoire moderne du pays, notamment l’histoire de la naissance du royaume d’Arabie Saoudite.
En complément des objets exposés, des photographies de paysages replacent ces objets dans leur contexte historique et archéologique, révélant au public la beauté des paysages qu’offre la péninsule arabique. Routes d’Arabie est une exposition de grande qualité, permettant aux visiteurs de contempler des objets inédits, et les conduisant dans le riche passé de l’Arabie Saoudite.






