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Entretien avec David Rigoulet-Roze – Après le décès du roi Abdallah d’Arabie saoudite, retour sur son règne et sur son successeur le Prince Salman
Article publié le 26/01/2015

Propos recueillis par Anne-Lucie Chaigne-Oudin

David Rigoulet-Roze est enseignant et chercheur, consultant en relations internationales, spécialisé sur la région du Moyen-Orient.
Auteur de nombreux articles, il est rattaché à l’Institut d’Analyse Stratégique (IFAS) où il est en charge depuis 2006 d’une veille stratégique entre l’Iran et les pays arabes particulièrement préoccupés de l’éventuelle accession de l’Iran au statut de puissance nucléaire.
Il est également chercheur associé à l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE) ainsi qu’à l’Institut européen de recherche sur la coopération méditerranéenne et euro-arabe (MEDEA) de Bruxelles.
Il a publié Géopolitique de l’Arabie saoudite : des Ikhwans à Al-Qaïda (Armand Colin, 2005) et L’Iran pluriel : regards géopolitiques (l’Harmattan en 2011). Il enseigne régulièrement dans plusieurs Ecoles Supérieures de Commerce.

Pouvez-vous nous rappeler les circonstances de l’arrivée au pouvoir du roi Abdallah en 2005 ?

Le roi Abdallah arriva au pouvoir en août 2005 après le décès du roi Fahd, qui était malade depuis très longtemps. C’était donc plutôt la concrétisation d’une régence qui se transforme en souveraineté proprement dite ; car Abdallah gérait le pays depuis l’accident cérébral de son demi-frère Fadh en 1996. En tant que Prince héritier, c’était en effet lui qui gouvernait concrètement le pays. La disparition du roi Fahd clarifiait donc les choses en faisant monter Abdallah sur le trône. Lors de son accession au trône, on pensait que son règne serait court, en raison de son âge (il était déjà septuagénaire), ce qui se révéla ne pas être le cas. Sa régence devait durer neuf ans (1996-2005), puis son règne en tant que tel près de dix ans (2005-2015). C’est donc une durée plus que conséquente pour imprimer sa marque.

En 2005, Adballah était donc expérimenté puisqu’il était au cœur du pouvoir depuis 1996. Dans le cadre des règles de succession, il était prévu que ce fût Abdallah qui prît le pouvoir, même si cela ne suscitait pas l’enthousiasme de ses autres demi-frères. Il était le fils unique d’une des épouses du roi fondateur, issu du lignage familial Shuraym rattaché à la grande confédération tribale des Shammar dont l’aire territoriale s’étend depuis le nord du royaume jusqu’en Syrie et même en Irak, ce qui n’était pas le cas de la plupart des autres princes plutôt issus des tribus du cœur du Nejd. Il avait donc toujours été vu comme quelqu’un d’un peu à part, bénéficiant bien entendu de la légitimité incontestée de son père, le roi fondateur Ibn Saoud mort en 1953, mais vis-à-vis de ses autres demi-frères, il avait dû prendre en charge un système d’équilibre permanent, n’étant pas a priori dans une position de force quand il arriva sur le trône. Il sut cependant assez bien gérer les choses, car il a toujours travaillé sur une forme de consensus en respectant des intérêts souvent concurrents. Ce souci d’équilibre s’était notamment manifesté dans les différentes nominations qu’il a eu à effectuer.

En 2005, les circonstances qui présidèrent à son avènement permirent une transition relativement sereine, même si le contexte régional était déjà assez bouleversé puisque le renversement de Saddam Hussein en Irak intervenu en 2003 prolongé par l’accession au pouvoir d’une majorité arithmétique chiite, avait constitué un événement géopolitique majeur pour le royaume, événement qu’il avait déjà suivi de près en étant déjà régent. Il avait en outre précédemment pris toute la mesure des implications liées aux attentats du 11 septembre 2001 en termes de difficultés pour le royaume sur le plan extérieur.

Il bénéficiait auprès de la population d’une relative bonne image par rapport à certains autres princes, souvent taxés de corruption, ce qui n’était pas son cas. Il était considéré comme un homme pieux, modéré, intègre et attentif aux caractéristiques de la société saoudienne. En revanche, les relations étaient plus compliquées avec le reste de la famille royale, notamment avec le « clan des sept », celui des sept frères issu du lignage des Sudaïris, auquel appartient d’ailleurs le nouveau souverain Salman. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Abdallah l’avait nommé Prince héritier. Il s’agissait alors de tenir compte d’un subtil jeu d’équilibre complexe au sein de la famille royale.

Sur le plan régional, sa personnalité en interne avait une traduction sur le plan régional. Il apparaissait soucieux de respecter un certain équilibre, une certaine modération. Il recherchait plutôt une forme de consensus, qui ne l’empêchait cependant pas de prendre des décisions qui auront des conséquences importantes, on le verra d’ailleurs avec la crise syrienne. Dans la mesure où il a su intégrer les changements politiques issus du 11 septembre et du renversement de Saddam Hussein, il avait une vision assez globale de la situation qui l’enjoignait à tenir compte de ces nouvelles réalités géopolitiques.

Quels ont été les moments clés de son règne ?

En interne, il a eu à gérer la contestation au sein de la société saoudienne issue d’une certaine mouvance islamiste, pas sans lien avec l’« affaire Ben Laden ». Il y eut notamment la Sahwa (« l’éveil »), un mouvement de contestation du pouvoir animé par des religieux à l’écart de l’esthablisment wahhabite du régime, qu’il a réussi à gérer. L’objectif pérenne de tous les souverains saoudiens a toujours été la préservation de la stabilité du régime et des intérêts de la famille royale. Même avant qu’il fût roi, c’est lui qui en tant que Prince héritier avait entrepris un certain nombre de réformes, modestes sans doute, mais conséquentes au regard des archaïsmes de la société saoudienne. Il organisa notamment dans les années 2003-2004, les Forum de dialogue national, consacrés entre autres à la question de la place des femmes, élargi d’ailleurs à la question chiite - car le statut des chiites en Arabie saoudite est très problématique - puis à la question des jeunes et de l’éducation. Cela n’avait pas débouché sur des mesures opérationnelles très concluantes, mais une démarche avait néanmoins été initiée.
Il y avait, déjà avant qu’il ne montât sur le trône, un positionnement, une certaine forme de réformisme en interne et de modération en externe. Il souhaitait se présenter son cet angle là. Une fois roi, il avait prolongé cette ligne qui l’a présenté, avec le recul, comme un « réformateur prudent ». Trop prudent au regard de nos canons occidentaux, mais compte tenu des archaïsmes la société saoudienne, ses réformes n’ont pas été anodines. Il a toujours considéré que des réformes, faites à petits pas, ne pouvaient être effectuées que dans le cadre saoudien de l’islam wahhabite, avec toutes les hypothèques que cela pouvait constituer en termes d’efficacité.
Par exemple, une évolution relative s’est manifestée concernant le statut des femmes. Elles ne peuvent toujours pas conduire aujourd’hui, mais à titre personnel, il y était certainement favorable, et une de ses filles militait d’ailleurs en ce sens. Sur le plan politique, il a été à l’origine pour les femmes d’une timide réforme : le vote des femmes devrait être effectif en 2015 pour les élections municipales. Il a fait entrer également dans le Majlis Al Choura (« conseil consultatif ») une trentaine de femmes sur les 150 membres qui en font partie. Ces signes mettent en évidence qu’il souhaitait faire évoluer la société saoudienne.
Maintenant, étant donné les enjeux inhérents à cette société très « jeune » (la moitié des Saoudiens a moins de 25 ans), et des contradictions inhérentes à la problématique intégriste, ces réformes paraissent bien timides.

Sur le plan externe, la traduction de sa démarche avait été le « plan Abdallah » de 2002, annoncé à Beyrouth les 26-27 mars 2002, dans lequel il avait proposé, en tant que Prince héritier, la résolution du conflit israélo-palestinien en respectant les résolutions de l’ONU (la paix avec Israël contre la restitution des « territoires palestiniens occupés »). Après son accession au trône, on a pu noter un durcissement de sa position, largement induit par les mutations extérieures. Ce qui a fait la ligne de force de son positionnement, de sa stratégie, en interne comme en externe, est sans aucun doute l’obsession du « danger iranien ». Tout peut être vu à l’aune de cette obsession de la famille royale saoudienne, qui a le sentiment, à tort ou à raison, qu’il y aurait une forme d’hégémonisme de l’Iran perse chiite qui aurait des velléités d’instrumentaliser les minorités arabes chiites comme celles du Hasa, province orientale du royaume saoudien, stratégique s’il en est, car recelant l’essentiel de la richesse pétrolière, sans parler du cas particulier du royaume-frère de Bahreïn, dirigé par une dynastie sunnite, mais peuplé par une majorité chiite. Pour le roi, même s’il avait manifesté des dispositions d’ouverture lors des Forums du dialogue national en 2003-2004 avec les dignitaires chiites du royaume, un durcissement devait se manifester au fil des ans, lié aux relations conflictuelles avec Iran avec en arrière-plan la crise sur le nucléaire iranien. Certaines déclarations particulièrement dures lui alors furent attribuées, plus ou moins publiques, et révélées par Wikileaks en novembre 2010 : c’est le fameux câble datant du 20 avril 2008, dans lequel il enjoignait l’Administration américaine « de couper la tête du serpent » (en l’occurrence l’Iran perse et chiite). Il s’agissait d’une formule-choc, surtout venant de quelqu’un considéré comme modéré. Une autre citation lui serait également attribuée, formulée à la faveur d’une rencontre le 5 juin 2010 avec le président américain Barack Obama, laquelle bien qu’elle ait fait l’objet d’un démenti vigoureux de la part de Riyad, n’a jamais été infirmée à l’extérieur. Il aurait dit que deux pays n’avaient pas le droit d’exister : Israël et l’Iran. On voit bien ce que va être la ligne de force et la stratégie saoudienne notamment en externe, jusqu’à 2011 et la crise syrienne, qui constitue un tournant.

C’est un autre moment fort parce que le régime saoudien sent passer le « vent du boulet » dans la mesure où un certain nombre de régimes sont renversés. Les pétromonarchies et la principale d’entre elles ont très peur que le Printemps arabe arrive chez elles. C’est à ce moment que le roi Abdallah décide d’anesthésier par avance la population et les éventuelles revendications à l’encontre du régime. Il alloue alors près de 135 milliards de dollars, à une époque où le prix du baril était encore très élevé, ce qui ne pouvait avoir sur le moment le même impact sur les finances de l’Etat qu’aujourd’hui : les mêmes subsides qui se poursuivent coûtent très cher au royaume, dont 90 % des recettes d’exportation et 75% des recettes budgétaires proviennent du pétrole. Le déficit budgétaire est donc appelé à se creuser plus vite que prévu de l’ordre d’une quarantaine de milliards de dollars du fait de la baisse des rentrées pétrolières induites par la chute des cours du brut. Lors de la présentation du dernier exercice budgétaire, feu le roi Abdallah aurait même autorisé son ministre des Finances de faire des emprunts sur le marché international si besoin était ainsi que de puiser dans les réserves de quelque 750 milliards de dollars du Fonds souverain saoudien.
Le « Printemps arabe » a donc constitué un moment fort, avec une hantise des répercussions en interne, et qui s’est associé également à une répression affirmée des islamistes de la mouvance « frériste ». On l’a vu lorsque le régime saoudien a aidé au renversement du président Morsi en Egypte le 3 juillet 2013. Cela peut paraître paradoxal car la mouvance frériste est d’obédience sunnite. Le problème est que la Confrérie des Frères musulmans aborde l’accession au pouvoir via la voie électorale. Cette médiation électorale constitue un problème majeur pour les pétromonarchies qui fonctionnent sur un système ultra-conservateur inhérent à la transmission héréditaire du pouvoir. Il y a donc un ferment « révolutionnaire » potentiel qui constitue la hantise des Saoudiens, le régime ayant déjà connu par le passé une contestation islamiste vigoureuse, avec la Sahwa notamment, voire un terrorisme du type d’Al-Qaïda dans les années 2003-2004, d’où l’importance d’anesthésier les contestations et de pourchasser la mouvance « frériste » avec la logique, d’ailleurs assez paradoxale, de mettre la Confrérie des « Frères musulmans » sur le même rang que le Hezbollah chiite en les qualifiant indiféremment d’« organisations terroristes », et en faisant ainsi un lien avec le danger iranien. Mais cela n’est cependant pas totalement absurde si l’on part du principe que la révolution iranienne s’est faite sur un ferment islamique, avec pour objectif le renversement d’un régime monarchique, en l’occurrence celui du Shah. Les liens qui en ressortent dépassent donc l’obédience strictement confessionnelle qu’elle soit chiite et/ou même sunnite. C’est le ferment révolutionnaire commun qui pose problème à Riyad.

La crise syrienne a incontestablement constitué un tournant. Lorsque le Prince Bandar a été nommé par le roi Abdallah en juillet 2012 chef des services de renseignement, il aurait fait la promesse au roi de renverser Bachar al-Assad « en six mois ». Dans un premier temps, des subsides ont été alloués à des groupes qui n’étaient pas parmi les plus modérés, pour une raison simple : les plus efficaces ne sont pas forcément les plus modérés. Ce financement a donc bénéficié à une mouvance qui s’est de plus en plus radicalisée, et dont les conséquences aujourd’hui se font sentir. Cela a d’ailleurs fait l’objet d’une mesure de la part du roi Abdallah puisqu’il a retiré en avril 2014 le soutien officiel au Prince Bandar pour le remplacer à son poste par le Prince Khaled, ce qui était un moyen de montrer que l’on inclinait légèrement la stratégie, afin que Riyad ne fût plus taxé de soutien à un islamisme ultra radical, en l’occurrence le Front al-Nosra, branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie, alors que commençait à s’imposer l’Etat islamique.

Pouvez-vous nous parler de son successeur le prince Salman ?

Le Prince Salman est un des sept frères du clan des sept, c’est un Sudaïri. Il est le deuxième Sudaïri à être monté sur le trône, le roi Fahd l’ayant précédé. Ses deux frères ainés, Sultan et Zayef, ont été « prince héritier » comme lui, mais n’ont pas pu accéder au pouvoir car ils sont morts avant. Lui, qui a été également « prince héritier », accède aujourd’hui au pouvoir. C’est donc un retour du clan Sudaïri sur le trône. Ses premières mesures sont d’ailleurs très révélatrices : il a nommé Mohammed Ibn Salman, son fils, ministre de la Défense, fonction qu’il occupait lui-même, et également Mohammed Ibn Nayef, son neveu, comme « vice prince héritier », une fonction qui avait été créée par le roi Abdallah en 2014 sans doute pensait-il au profit de son fils, Mitaeb. Il avait en effet créé un vice prince héritier qui était le prince Mokren, avec l’idée qu’une fois le prince Moqren devenu officiellement « prince héritier », ce qui est le cas, désormais la fonction de « vice prince héritier » pourrait alors revenir à Mitab, fils de feu Abdallah et chef de la « Garde nationale ». Or, il ne figure pas dans le nouvel organigramme. Cela est sans doute un signe de l’affaiblissement de la descendance d’Abdallah. C’est intéressant pour entrevoir qui pourrait devenir roi lors d’un passage à la deuxième génération.

Le roi Salman est âgé de 79 ans, on le dit également malade, et son règne est déjà considéré comme un règne de transition. Il présente les choses comme un « changement dans la continuité ». Si on a pu qualifier Abdallah de « réformateur prudent », on pourrait qualifier le nouveau roi de « conservateur modéré », mais également très religieux. En ce sens, il n’est en effet pas question pour lui de remettre en cause l’orthodoxie wahhabite. Il a été gouverneur de Riyad pendant longtemps. On peut rappeler ainsi que lors de la guerre d’Afghanistan, c’est lui qui gérait la répartition des allocations financières pour financer le djihad anti-afghan. Depuis le 11 septembre, il est sur une ligne de répression en interne de l’extrémisme qui menace le royaume.

Cela va-t-il impliquer des changements dans la politique intérieure et extérieure du pays ?

C’est difficile de spéculer. Ce qui est avéré, c’est que le nouvel organigramme gouvernement a été établi très rapidement, notamment la nomination de Mohamed Ibn Nayef. Les tractations ont sans doute eu lieu en amont, pour que les nouveaux responsables soient nommés immédiatement. Ce qui fait dire que l’on est dans la configuration de l’après Salman, qui est un règne de transition. Il ne peut pas y avoir beaucoup de changements.

Le défi de l’après Salman est autant de nature biologique que politique avec la perspective du passage à la deuxième génération, avec tous ces quelques 200 jeunes grands princes en lice, c’est-à-dire les petits fils d’Ibn Saoud, puisque la loi fondamentale de 1992 leur a théoriquement ouvert la possibilité d’accéder au trône. Mais, comme toujours en pareil cas, s’il y a beaucoup d’appelés, il y aura évidemment peu d’élus. Se pose la question immanquablement de la stabilité interne du régime. Vraisemblablement, ce qui se dessine potentiellement est que le futur roi pourrait être le Mohammed Ibn Nayef, qui n’a de cesse de se placer à Washington, en parlant de son expérience, avérée, de lutte anti-terroriste. L’autre poids lourd demeure Mitaeb, chef de la « Garde nationale », et dans la configuration sécuritaire omniprésente, le seul organe militaire fiable du régime. En effet, la confiance dans les forces armées du régime est toute relative, en raison de leur caractère opérationnel, sujet à caution, et de l’ « entrisme » potentiel et plus ou moins avéré des islamistes radicaux d’Al-Qaïda voire de l’« Etat islamique » au sein des forces armées dont les gardes-frontières.

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