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Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin
Publié le 15/06/2010 • modifié le 02/03/2018 • Durée de lecture : 2 minutes

En janvier 1925, un nouveau haut-commissaire français est nommé au Levant, le général Sarrail. Républicain et laïque, il est favorablement accepté par les nationalistes qui espèrent une politique plus souple que celle de ses prédécesseurs. Sa politique d’ouverture est un succès en Syrie. Néanmoins, plusieurs faits concourent à l’éclatement de troubles, en particulier la politique du gouverneur du Djebel druze, le capitaine Carbillet, en poste depuis 1923. Il défie notamment la famille Attrache, grande famille féodale druze, faisant monter la tension. En juin, profitant des congés de Carbillet, des membres de la famille Attrache se rendent à Beyrouth à la résidence des Pins afin de rencontrer Sarrail. Ce dernier refuse de les recevoir. Ce refus provoque la protestation générale des druzes et, à la suite de l’arrestation de plusieurs d’entre eux, la révolte est déclenchée le 20 juillet. Ses objectifs sont la création d’une Syrie unifiée et indépendante. Mais la révolte s’étend, les nationalistes de Damas et du parti du peuple (parti autorisé par Sarrail à son arrivée au Levant) se déclarant en faveur de la révolte. Outre le Djebel druze, l’insurrection touche ainsi Damas, que l’armée française bombarde le 19 octobre, Hama et le Sud Liban.

Devant l’ampleur de l’insurrection et devant l’enlisement de l’armée française, le gouvernement français décide de nommer un nouveau haut-commissaire, le sénateur Henri de Jouvenel, en remplacement du général Sarrail. Jouvenel entame des négociations avec les nationalistes, tandis que l’armée française prépare une offensive pour le printemps 1926 : le 25 avril, Soueida, capitale du Djebel druze est reprise, puis le Djebel druze ainsi que le Sud Liban. Dans la région de Damas en revanche, les opérations sont plus longues mais la zone est finalement pacifiée.

Au final, la France a écrasé la révolte et aucune revendication des nationalistes n’a été prise en compte. Les victimes s’élèvent du côté français à 2500 et sont évaluées du côté syrien à environ 10000. La répression de la révolte permet à la France d’affirmer sa position de puissance mandataire.

Sources et bibliographie :
Lenka BOKOVA, La confrontation franco-syrienne à l’époque du mandat, 1925-1927, Paris, L’Harmattan, 1991, 270 pages.
Ministère des Affaires étrangères, Paris, Série E-Levant 1918-1929, sous-série Syrie-Liban, volumes 192, 194, 195, 198, 199, 200.

Publié le 15/06/2010


Anne-Lucie Chaigne-Oudin est la fondatrice et la directrice de la revue en ligne Les clés du Moyen-Orient, mise en ligne en juin 2010.
Y collaborent des experts du Moyen-Orient, selon la ligne éditoriale du site : analyser les événements du Moyen-Orient en les replaçant dans leur contexte historique.
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Docteur en histoire de l’université Paris-IV Sorbonne, a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Dominique Chevallier.
Elle a publié en 2006 "La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie Liban, 1918-1939" et en 2009 "La France dans les jeux d’influences en Syrie et au Liban, 1940-1946" aux éditions L’Harmattan. Elle est également l’auteur de nombreux articles d’histoire et d’actualité, publiés sur le Site.


 


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