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Reportage photo : Ispahan, « la moitié du monde », capitale des Safavides

Par Gabriel Malek
Publié le 10/07/2018 • modifié le 11/06/2020 • Durée de lecture : 4 minutes

Masjed-e Imam, Ispahan, Iran.

Crédit photo : Gabriel Malek

Il est dit que l’empereur Nader Shah fit de même lors de sa fin de règne violente en 1744. Cependant l’âge d’or de la cité est indéniablement celui du règne de Shah Abbas Ier qui prend le pouvoir en 1588. Ce souverain, reconnu en Iran comme l’un des plus grands qu’a connu la Perse, décide de déplacer sa capitale de Qasvin à Ispahan, moins exposée aux attaques ottomanes. Shah Abbas Ier prend lui même en main l’urbanisation de la ville et ordonne la construction d’un nouveau Bazar et de la grande place. Il fait aussi déporter de force des milliers d’Arméniens depuis la ville de Jolfa au Nord de la Perse pour dynamiser le commerce d’Ispahan. Cependant, le déclin de la dynastie safavide se solde par le siège et la prise de la capitale par les Afghans de Mahmud Hotaki en octobre 1722. Suite au règne de Nader Shah et de ses héritiers, les Qâdjârs choisissent en 1784 la petite bourgade de Téhéran comme capitale de l’Iran. Si la ville d’Ispahan perd sa qualité de capitale administrative, elle reste jusqu’à aujourd’hui un des joyaux culturels, historiques et artistiques de la Perse.

Berceau de nombreux artisanats typiques de la Perse comme le tissage des tapis, l’art de la bijouterie ou encore du ciselage du cuivre et de l’argent, Ispahan rayonne dans tout le pays pour son savoir-faire. Mais ce qui impressionne le plus le voyageur quand il pénètre dans cette ville située à six heures de route de Téhéran, ce sont bien entendu les merveilles d’architectures seldjoukides et safavides qu’elle abrite. Ispahan, déjà célébrée pour ses jardins par le chevalier de Chardin lors de ses voyages dans la Perse du XVIIème siècle tranche, en effet, avec la zone désertique dans laquelle elle est nichée. Les nombreux jardins que compte la ville en sont l’illustration la plus parlante. En dépit de l’essor d’une architecture plus moderne, Ispahan correspond encore, par bien des aspects, aux attentes du voyageur européen en quête de paradis oriental.

Il est difficile, voire impossible d’exprimer une telle représentation d’Ispahan par les mots, et c’est en cela que les photographies peuvent apporter une aide précieuse. Voici donc quelques illustrations iconographiques de la ville.

La place de Naqsh-e Jahan, crédit photo : Gabriel Malek

La place de Naqsh-e Jahan

Seconde plus grande place au monde, son nom de « schémas du monde » correspond essentiellement à la vision de Shah Abbas Ier qui en fit le centre de sa nouvelle capitale. Sa construction débute en 1602 et elle y abrite alors des jeux de polo auxquels le Shah pouvait assister depuis sa terrasse. Aujourd’hui, elle est un lieu commun de pique-niques nocturnes dont les Iraniens sont très friands.

Masjed-e Imam, crédit photo : Gabriel Malek

Masjed-e Imam

Issue de l’imagination de Shah Abbas Ier et de ses architectures, cette mosquée monumentale qui trône sur la grand place est le modèle parfait de la riche et luxueuse architecture safavide. Achevée en 1629, elle est un des joyaux d’Ispahan. On peut apercevoir sur le portail d’entrée, au bleu étincelant, des erreurs de symétries intentionnelles. L’objectif de ces erreurs était de refléter l’humilité de l’artiste face à la grandeur d’Allah.

Kakh-e Chehel Sotun, crédit photo : Gabriel Malek

Kakh-e Chehel Sotun

Le palais des « quarante piliers » est un lieu d’habitation et de plaisance royal à l’allure monumentale dont la construction fut terminée en 1647 sous le règne de Shah Abbas II. Cette construction relie harmonieusement l’amour des Persans pour les jardins et pour le luxe intérieur. Les quarante piliers, faits de bois, se reflètent élégamment dans la longue piscine qui mène au Palais où de nombreuses fresques et céramiques rappellent la splendeur des premiers Safavides.

Masjed-e Jameh, crédit photo : Gabriel Malek

Masjed-e Jameh

Cette mosquée, qui se situe au Nord de la grand place, se distingue par son ancienneté, et surtout la superposition de plus de 900 ans d’art islamique qui la constitue. Elle est d’ailleurs la plus grande mosquée d’Iran. Les premières constructions islamiques dateraient des Seljukides (XIème siècle), mais Masjed-e Jameh servait déjà à cette époque de lieu de culte pour les Zoroastriens. Le Taj al-Molk Dome est un des plus anciens de la Perse et se compose uniquement de pierres dont l’arrangement mathématiquement parfait assure une stabilité exceptionnelle.

Bazar-e Bozorg, crédit photo : Gabriel Malek

Bazar-e Bozorg

Le bazar ou « marché » est la place commerciale et sociale dominante de la ville d’Ispahan et c’est le lieu de rencontre principal de la ville (comme c’est souvent le cas en Iran). Sa construction première remonte au XIème siècle, mais il a été détruit de nombreuses fois par les invasions successives d’Ispahan. Le bazar actuel date donc du XVIIème siècle safavide et se situe logiquement tout près de la grand place de Shah Abbas Ier.

Pol-e Si-o-Seh, crédit photo : Gabriel Malek

Pol-e Si-o-Seh

Le « pont aux trente trois arches » est l’un des onze ponts de la ville d’Ispahan et surement le plus connu. Erigé sur ordre de Shah Abbas Ier par son général Allahverdi Khan en 1608, il permet à la fois de traverser la rivière Zayandeh Rud et d’y réguler le cours de l’eau. Cependant, la sècheresse qui touche l’Iran depuis plusieurs années est illustrée dans la terre craquelée d’été où l’eau est rare voire absente. Une telle image interroge sur la capacité de l’Iran du Sud à relever le défi de l’eau.

Publié le 10/07/2018


Gabriel Malek est étudiant en master d’histoire transnationale entre l’ENS et l’ENC, et au sein du master d’Affaires Publiques de Sciences Po. Son mémoire d’histoire porte sur : « Comment se construit l’image de despote oriental de Nader Shah au sein des représentations européennes du XVIIIème siècle ? ».
Il est également iranisant.


 


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