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Régis Debray, A un ami israélien, avec une réponse d’Elie Barnavi

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin
Publié le 18/06/2010 • modifié le 25/04/2020 • Durée de lecture : 3 minutes

A la suite de l’appel lancé à l’été 2009 par Elie Barnavi au président américain Barack Obama dans l’essai Aujourd’hui, ou peut-être jamais, pour une paix américaine au Proche-Orient, Régis Debray répond à son ami Elie Barnavi, et donne son analyse du conflit israélo-palestinien. Elie Barnavi salue l’analyse de Régis Debray : « Je connais peu de gens en France capables de saisir la tragédie qui s’y (au Proche-Orient) déroule avec autant de finesse et d’acuité », et lui apporte la contradiction dans la deuxième partie de l’ouvrage.

En premier lieu, Régis Debray rappelle la diversité du sionisme. En effet, « il y en a au moins cinq ou six, et ce, dès l’origine », puis s’interroge sur lequel porter son choix : « de quel sionisme devrais-je me faire le compagnon de route ? »

Selon Régis Debray, l’antisémitisme, bien que réalité dans les pays musulmans, est en train de disparaître en France, car « le principe de l’existence d’Israël fait partie de l’identité républicaine de la France ». Il relate également comment « la figure symbolique du juif français – à travers ses représentants officiels – est le chouchou de la république ».

Régis Debray met en évidence l’actualité toujours présente de la Shoah, dont les nombreuses commémorations en maintiennent le souvenir. Pour l’auteur, « la tragédie du Proche-Orient, c’est que la rue arabe est aveugle à la Shoah, tandis que la rue juive – la notre aussi – est aveuglée par la Shoah ». Il ajoute : « le véritable devoir de mémoire, c’est d’en faire un tremplin pour quelque chose de plus et de nouveau ».

L’auteur estime ensuite qu’Israël est guetté par un « danger d’autisme » qu’il attribue à « une vulnérabilité de départ (qui) engendre un surarmement de compensation, dont le suremploi tous azimuts accroît le ressentiment tous azimuts, donc votre vulnérabilité ».

Régis Debray aborde le nucléaire iranien, les sanctions adoptées par l’ONU et par la Ligue arabe, et « ne croit pas que ces coups d’épée dans l’eau puissent raisonnablement vous empêcher de dormir ». Face à l’inquiétude ressentie par Elie Barnavi sur la précarité des appuis internationaux dont dispose Israël, il aborde la question du soutien américain : « ce que vous pourriez redouter, de façon plus crédible, c’est un effritement, sinon un renversement, du soutien inconditionnel des Etats-Unis, dicté par leurs intérêts économiques et un déplacement vers l’Est et le Sud de leur centre de gravité démographique et culturel ». Il remet en cause, au final, l’idée défendue dans l’ouvrage d’Elie Barnavi d’une « paix américaine au Proche-Orient ».

Pour finir, Régis Debray analyse les événements qui ont fait et qui font « qu’il y a deux Israël » : « Le royaume d’Israël, au Nord, et celui de Juda, au Sud, réunis en un seul par David. (…) Il y a aujourd’hui, même si le second déborde sur le premier, Tel-Aviv et Jérusalem. Laïcs et religieux. Colons et anticolons. Rabin et l’assassin de Rabin. L’Israël généalogique et l’Israël vocationnel. Les deux s’enlacent et se combattent. »

Elie Barnivi répond ensuite à Régis Debray, expliquant être « sioniste parce que je veux qu’il y ait un coin de terre que les Juifs puissent dire leur, d’où personne ne soit capable de les chasser et où ils vivent à leur guise leur destinée commune. Tout le monde peut comprendre cela » et également « pro-palestinien ». Il souligne que les « divergences les plus profondes » se situent avec Régis Debray sur la question politique et sur celle de l’intervention des Etats-Unis, mais que pour lui, « le seul moyen de s’en sortir est que quelqu’un, de l’extérieur, nous impose notre propre salut. Ce quelqu’un ne peut être que l’Amérique. La solution est là et nulle part ailleurs ». Elie Barnavi conclut sur la nécessité de dialoguer, comme il l’a fait avec Régis Debray dans cet ouvrage, car « nous avons désespérément besoin de voix comme la tienne, impatientes, âpres, grondeuses, parfois excessives, mais toujours humaines et, tout compte fait, affectueuses. Si seulement tous les contempteurs d’Israël étaient à ton image… »

Régis DEBRAY, A un ami israélien, avec une réponse d’Elie Barnavi, Paris, Flammarion, 2010, 156 pages.

Publié le 18/06/2010


Anne-Lucie Chaigne-Oudin est la fondatrice et la directrice de la revue en ligne Les clés du Moyen-Orient, mise en ligne en juin 2010.
Y collaborent des experts du Moyen-Orient, selon la ligne éditoriale du site : analyser les événements du Moyen-Orient en les replaçant dans leur contexte historique.
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Docteur en histoire de l’université Paris-IV Sorbonne, a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Dominique Chevallier.
Elle a publié en 2006 "La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie Liban, 1918-1939" et en 2009 "La France dans les jeux d’influences en Syrie et au Liban, 1940-1946" aux éditions L’Harmattan. Elle est également l’auteur de nombreux articles d’histoire et d’actualité, publiés sur le Site.


 


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