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Point de situation : cinq ans après, quel bilan pour l’intervention saoudienne au Yémen ? (2/2)

Par Emile Bouvier
Publié le 19/06/2020 • modifié le 19/06/2020 • Durée de lecture : 8 minutes

Lire la partie 1

III. Une vaste mosaïque de belligérants

Ainsi, à l’intérieur du Yémen, quatre « provinces militaires » cohabitent désormais, chacune contrôlée de facto par une force principale ou un groupe de forces.

L’armée nationale, opérant au profit du gouvernement légitime avec le soutien de la coalition menée par l’Arabie saoudite, contrôle les places fortes de la province de Marib ainsi que l’essentiel des provinces du sud-est, et certaines parties du sud-ouest du gouvernorat de Taiz. En parallèle, les Houthis contrôlent Sanaa, les gouvernorats du nord (dont al-Jawf, le long de la frontière saoudienne) et le reste de Taiz. Les Houthis se rapprochent également de Marib depuis trois côtés : l’est de Nihem, le sud depuis Sarwah et le nord depuis A-Jawf. Le Conseil de transition du sud contrôle la capitale intérimaire Aden et les gouvernorats adjacents, Lahij et Dalea, tout en partageant avec l’armée nationale le contrôle du gouvernorat d’Abyan à l’est d’Aden. La quatrième force enfin est celle de Tariq Saleh (la « Force de résistance nationale »), dont l’influence s’étend à travers l’ouest du Yémen entre Mokha et Hodeidah, le contrôle de cette ville portuaire étant partagé avec les Houthis.

De toutes ces forces, l’armée nationale yéménite apparaît, de loin, comme la moins efficace et la moins opérationnelle. Bien que la liste de ses effectifs exacts ne soit pas connue, le ministre de la Défense yéménite Mohammed Alial-Maqdashi admettait en avril 2019 [1] que 70% de ses combattants consistait en des personnes utilisant de faux noms et empochant leur salaire sans participer à la lutte contre les rebelles. En raison du scandale provoqué par cette révélation, les Emirats arabes unis ont, en mai 2019, repris à l’armée nationale yéménite l’armement lourd et les missiles « Patriot » qu’ils lui avaient fournis [2], conduisant à affaiblir davantage encore les forces du gouvernement yéménite. Par ailleurs, il existe au sein de l’armée nationale un conflit opposant, d’un côté, les divisions partisanes des Frères musulmans et, de l’autre, celles soutenant le Congrès général du peuple, anciennement dirigé par feu le président Ali Abdullah Saleh. A la tête des divisions soutenant la ligne nationaliste du Congrès général du peuple se trouve le chef d’Etat-major Saghir Bin Aziz, basé dans le gouvernorat de Neham, et dont l’influence sur l’armée est prépondérante [3]. Enfin, les forces gouvernementales yéménites manquent d’unités spécialisées dans le renseignement militaire, obérant ainsi fortement la réussite des opérations sur le court et moyen terme [4].

A l’instar de l’armée nationale yéménite, il n’existe pas, à l’heure actuelle, de chiffres exacts permettant de déterminer avec précision les effectifs des combattants Houthis. Ceux-ci se distinguent en revanche par leur efficacité croissante au combat. Contrairement à la plupart des groupes insurgés classiques, ils ont su se doter au fil des années d’unités combattantes spécialisées, à l’instar de forces spéciales [5], mais aussi d’un arsenal particulièrement avancé en terme technologique. Ce champ de compétences accrues concerne notamment le domaine aérien et celui des armes balistiques, à l’instar des missiles : depuis 2018, le territoire de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis est ainsi sous la menace de frappes des Houthis : en effet, en juillet 2018, ils parvenaient à conduire une attaque au drone sur l’aéroport international d’Abu Dhabi [6] qui, sans provoquer de dégâts majeurs, ajoute en revanche une nouvelle dimension au conflit en cours au Yémen.

Accroissant toujours plus leurs compétences en matière de drones, missiles et lutte antiaérienne, les Houthis abattaient en juin et août 2019 deux drones américains MQ-9 au-dessus du gouvernorat de Dhamar [7] et, le 14 février 2020, neutralisaient un avion de combat saoudien « Tornado » et ses deux pilotes dans le secteur d’Al-Masloob, au-dessus du gouvernorat d’al-Jawf [8]. Preuve de l’expertise acquise par les Houthis depuis le début du conflit, ces derniers ont été en mesure, fin 2017, de modifier des missiles air-air R-27T AAM (qui équipaient initialement les avions MiG-29 de l’armée de l’air yéménite) en missiles sol-air, installés sur la plateforme arrière de pick-up [9]. Ils abattaient ainsi un appareil saoudien F-15 au-dessus de Sanaa en janvier 2018 [10].

Le revirement stratégique des forces houthies, basculant de la défense à l’offensive tient en grande partie à la durée du conflit : ce dernier leur a en effet fourni une forte expérience en matière de conflit asymétrique, mais également en matière de soutien populaire, tant les pertes civiles provoquées par la coalition sont nombreuses ; au 31 octobre 2019, plus de 12 000 civils auraient ainsi été tués directement par la coalition [11]. Dès le 9 mai 2015, l’ONU blâmait d’ailleurs déjà l’Arabie saoudite pour son « ciblage délibéré et intentionnel de civils » [12]. Les Houthis se targuent ainsi fréquemment de recevoir dans leurs rangs de nouvelles recrues à chaque nouvelle frappe de la coalition ayant causé la mort de civils [13].

L’une des autres forces majeures prenant part au conflit yéménite, au-delà de l’armée loyaliste et des Houthis, est celle des forces entraînées et équipées par les Emirats arabes unis, et qui concurrencent de plus en plus l’armée gouvernementale. La totalité de ces forces avoisine les 200 000 combattants [14], répartis en différents régiments agissant indépendamment du commandement militaire gouvernemental et répondant, à la place, à celui du Conseil de Transition du Sud. Ces forces entraînées par les EAU sont actuellement réparties au sein des gouvernorats méridionaux d’Aden, Lahij, Abyan et Daela, et agissent de concert avec les combattants Hadrami, au sud du pays [15].

Enfin, les dernières forces à compléter la mosaïque des belligérants au Yémen se trouvent le long de la coté occidentale avec le général Tariq Saleh et ses forces de « Résistance nationale » - également connues sous le nom de « Forces conjointes » - rassemblant les « Brigades des Géants », la « Résistance Tihama » et les brigades de la Garde républicaine [16]. A ces forces se rajoutent encore certains alliés salafistes qui ont décidé d’apporter leur soutien aux Emirats arabes unis selon les circonstances et leurs intérêts dans le sud du pays, comme les Brigades Abou al-Abbas dans le gouvernorat de Taiz [17].

IV. De multiples tentatives de résolutions du conflit

L’accroissement des attaques houthies contre des cibles sensibles à l’intérieur des terres saoudiennes et émiraties, tout comme l’influence grandissante des forces soutenues par les Emirats arabes unis, ont conduit l’Arabie saoudite à accepter en novembre 2019 d’entrer en négociations indirectes avec les Houthis [18]. Préoccupés par les crises successives ayant secoué le royaume wahhabite (la crise diplomatique ayant suivi l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en octobre 2018, la chute des prix du baril de pétrole en-dessous de la barre des trente dollars en mars 2020 ou encore, autres choses, la pandémie de coronavirus depuis février 2020), les Saoudiens semblent prêts à accepter une solution politique visant à mettre un terme à la guerre au Yémen.

Cette inclination est visible par le nombre décroissant d’opérations militaires contre les Houthis, en particulier les frappes aériennes : en effet, suite à la revendication, par les Houthis, de l’attaque contre les infrastructures pétrolières saoudiennes d’Abqaiq en septembre 2019, les Saoudiens ont drastiquement diminué leur nombre de sorties aériennes, avec une chute de près de 80% dans les deux semaines suivant la frappe houthie, selon l’envoyé des Nations unies pour le Yémen, Martin Griffiths [19]. Toutefois, la conclusion d’un accord semble, pour le moment, obérée par les craintes de Riyad portant sur l’allégeance des Houthis à Téhéran. Les Saoudiens continueraient à y voir là une menace sécuritaire directe sur leur flanc sud et conditionneraient en grande partie la contraction d’un accord au retrait des Houthis de la bande frontalière séparant le royaume wahhabite du Yémen.

La population yéménite se montre pour sa part relativement sceptique quant aux accords de paix [20], quand bien même ces derniers puissent-ils être conduits sous les auspices de l’ONU : plusieurs initiatives visant une résolution politique du conflit ont en effet déjà échoué par le passé. L’accord de Stockholm de décembre 2018 est à cet égard un exemple éloquent : conclu entre le gouvernement yéménite et les Houthis afin d’éviter une catastrophe humanitaire à Hodeidah (ville portuaire sur la façade maritime occidentale du Yémen), cet accord sera rompu dès le 12 mars suivant par le gouvernement, qui accusera les Houthis de ne pas avoir respecté le cessez-le-feu [21].

De la même façon, aucunes des clauses de l’accord de Riyad - signé en novembre 2019 entre l’Arabie saoudite, le gouvernement yéménite et le Conseil de transition du sud [22] - n’a été implémentée pour le moment. Selon les autorités yéménites, cet échec serait en partie dû au Conseil de transition du sud qui, faisant face à une opposition interne de sécessionnistes « extrémistes » (sic), aurait refusé de partager le pouvoir avec le gouvernement yéménite dans les régions sous son contrôle dans le sud du pays [23].

En l’absence d’accord viable, et avec des effectifs de la Coalition en forte baisse, l’Arabie saoudite a adopté une nouvelle stratégie vis-à-vis du Yémen en y intervenant par le biais d’un nombre croissant de proxies [24] : des seigneurs de guerre et autres agents d’influence locaux sont ainsi soutenus par Riyad afin de s’opposer aux proxies de l’Iran [25] et, de plus en plus, des Emirats arabes unis, dont le Conseil de transition du sud est désormais notoire [26]. La guerre au Yémen se transforme ainsi, de façon croissante et de plus en plus nette, en conflit de proxies où les puissances régionales s’affrontent de manière interposée afin d’y protéger leurs intérêts.

V. Une crise humanitaire toujours aussi prégnante

Les Yéménites font déjà face à ce que les Nations unies ont qualifié de « pire crise humanitaire dans le monde » [27] ; si le conflit confirme sa tendance à se transformer en arène de proxies locaux, les maux que connaissent actuellement les populations locales risquent de se pérenniser, voire de s’aggraver, car le risque qu’elles soient contraintes de prendre position dans le conflit s’accroîtra [28]. L’afflux d’armes et d’argent en provenance des puissances régionales à destination de leurs alliés locaux ne fera que polariser davantage la fragmentation de la société yéménite, tout en faisant perdre aux organisations de solidarité internationale les garanties sécuritaires qui leur étaient jusqu’ici, peu ou prou, accordées [29].

Au-delà des affres de la guerre, les populations locales font par ailleurs face, de façon croissante, à la menace du coronavirus. Si l’épidémie décroît en Europe, sa propagation s’accélère au Yémen où, au 30 mai 2020, le gouvernement déclarait 310 cas de contamination, parmi lesquels 13 patients ont guéri et 77 péri [30]. La faiblesse de ces chiffres (en forte hausse toutefois comparé au dernier état des lieux réalisé par les Clés du Moyen-Orient sur le sujet) s’explique par l’incapacité actuelle du gouvernement à recenser et prendre en charge les malades [31]. Dans le nord et l’ouest du pays, au sein des gouvernorats contrôlés par les Houthis, ces derniers se garderaient de rendre compte de l’ampleur de l’épidémie afin de ne pas provoquer de démobilisation dans leurs rangs [32].

Lire sur Les clés du Moyen-Orient :
- Le conflit au Yémen : un conflit de proxies entre l’Iran et l’Arabie saoudite ? Un conflit complexe et ravageur (2/2)
- Comment s’est construite la « rébellion houthiste » au Yémen ?
- Entretien avec David Rigoulet-Roze – Purges en interne et démission de Saad Hariri : quelles sont les stratégies de Mohammed ben Salmane ?
- Aux origines de la crise du Qatar : entre rivalité pour l’hégémonie régionale et enjeux de politique intérieure
- COVID-19 au Moyen-Orient : entre premier cas officiel au Yémen et dépassement de la centaine de milliers de malades en Turquie

Sitographie :
- Saudi Arabia launches airstrikes in Yemen, CNN World, 26/03/2015
https://edition.cnn.com/2015/03/25/middleeast/yemen-unrest/
- Yemen Once Again Ranked as Worst Humanitarian Crisis in the World, Global Citizen, 09/01/2020
https://www.globalcitizen.org/en/content/yemen-worst-humanitarian-crisis/
- Yemen crisis : Qatar ’deploys 1,000 troops’, BBC News, 07/092015
https://www.bbc.com/news/world-middle-east-34173544
- Sudan Drawing Down Troops in Yemen in Recent Months, VOA News, 30/10/2019
https://www.voanews.com/africa/sudan-drawing-down-troops-yemen-recent-months
- Sudan says it has reduced troops in Yemen to 5,000, Reuters, 08/12/2019
https://www.reuters.com/article/us-sudan-politics/sudan-says-it-has-reduced-troops-in-yemen-to-5000-idUSKBN1YC0H4
- Only 657 Sudanese troops are in Yemen : military spokesperson, Sudan Tribune, 15/01/2020
https://www.sudantribune.com/spip.php?article68850#forum418054
- Sudanese troops continue exit from war-stricken Yemen, Al Monitor, 03/02/2020
https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/01/yemen-sudan-pullout-troops-war-uae-saudi-arabia-coalition.html
- The UAE may have withdrawn from Yemen, but its influence remains strong, MEI, 25/02/2020
https://www.mei.edu/publications/uae-may-have-withdrawn-yemen-its-influence-remains-strong
- Emirati official : UAE will support UN proposal for talks on Yemen, Al Jazeera 26/09/2018
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- UAE and Iran hold rare talks in Tehran on maritime security, AP, 31/07/2019
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- Houthi rebels will have role in Yemen’s future, says UAE, Al Jazeera, 10/11/019
https://www.aljazeera.com/news/2019/11/houthi-rebels-role-yemen-future-uae-191110180347046.html
- UAE Rulers celebrate Armed Forces’ efforts in Yemen, The National UAE, 09/02/2020
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- New National Salvation Government Formed in Yemen, Yemen Watch, 28/11/2016
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- Yémen : des opposants créent une autorité parallèle, Le Figaro, 11/05/2017
https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/05/11/97001-20170511FILWWW00089-yemen-des-opposants-creent-une-autorite-parallele.php
- Yemen president arrives in Hadramout to attend first parliamentary session, Xinhua Net, 13/04/2019
http://www.xinhuanet.com/english/2019-04/13/c_137974079.htm
- Tareq Saleh’s national resistance forces, ACLED, 2018
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- Tariq Ali Saleh’s forces create new reality on the ground in Yemen, The Arab Weekly, 10/05/2018
https://thearabweekly.com/tariq-ali-salehs-forces-create-new-reality-ground-yemen
- Saudi Arabia, Yemen’s Houthi rebels in indirect peace talks, AP News, 13/11/2019
https://apnews.com/cb393079f7be48d2951b3ae3f2d4361b
- Yemeni president appoints Bin Aziz new chief of staff, Debriefer, 28/01/2020
https://debriefer.net/en/news-15283.html
- Yemen’s Military-Security Reform : Seeds of New Conflict ?, International Crisis Group, 04/04/2013
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- Yemen military source : ‘Houthi Special Forces commander killed in clashes with army’, Middle East Monitor, 08/05/2020
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- Where is the Yemen War Heading ?, Carnegie, 15/04/2020
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- IR Video Shows The Moment A Saudi Tornado Attack Jet Was Shot Down by Houthi Rebels Over Yemen, The Aviationist, 15/02/2020
https://theaviationist.com/2020/02/15/ir-video-shows-the-moment-a-saudi-tornado-attack-jet-was-shot-down-by-houthi-rebels-over-yemen/
- Aircraft Attacked Over Yemen With R-27 Air-to-Air Missile Modified Into A SAM, The Warzone, 22/03/2018
https://www.thedrive.com/the-war-zone/19513/aircraft-attacked-over-yemen-with-r-27-air-to-air-missile-modified-into-a-sam
- Yemen’s Houthis Claim Saudi F-15 Kill with SAM Over Capital City of Santis, The Aviationist, 09/01/2018
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- Five Years of Yemen Conflict Yield Muddled Picture for Saudi Coalition, Carnegie, 31/03/2020
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- Securing Southern Yemen for the UAE : Abu al-Abbas and the Battle for Taiz, The Jameston Foundation, 06/06/2018
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- Saudi Arabia, Yemen’s Houthi rebels in indirect peace talks, The Spokesman Review, 13/11/2019
https://www.spokesman.com/stories/2019/nov/13/saudi-arabia-yemens-houthi-rebels-in-indirect-peac/
- Saudi-led coalition air strikes in Yemen down 80% : U.N. envoy, Reuters, 22/11/2019
https://www.reuters.com/article/us-yemen-security/saudi-led-coalition-air-strikes-in-yemen-down-80-u-n-envoy-idUSKBN1XW1QO
- One year since Stockholm Agreement, Hodeidah still most dangerous place in Yemen for civilians, ReliefWeb, 12/12/2019
https://reliefweb.int/report/yemen/one-year-stockholm-agreement-hodeidah-still-most-dangerous-place-yemen-civilians
- The Riyadh Agreement on Yemen : Arrangements and Chances of Success, Arab Center Washington DC, 18/11/2019
http://arabcenterdc.org/policy_analyses/the-riyadh-agreement-on-yemen-arrangements-and-chances-of-success/
- From Stockholm to Riyadh : Breaking the Yemen peace process deadlock, MEI, 13/02/2020
https://www.mei.edu/publications/stockholm-riyadh-breaking-yemen-peace-process-deadlock
- Saudi Warplanes, Most Made in America, Still Bomb Civilians in Yemen, The New York Times, 22/05/2019
https://www.nytimes.com/2019/05/22/world/middleeast/saudi-yemen-airstrikes-civilians.html
- Iran has invested in allies and proxies across the Middle East. Here’s where they stand after Soleimani’s death, The Washington Post, 03/01/2020
https://www.washingtonpost.com/world/2020/01/03/iran-has-invested-allies-proxies-across-middle-east-heres-where-they-stand-after-soleimanis-death/
- Yemen : What is the Southern Transitional Council, Al Jazeera, 26/04/2020
https://www.aljazeera.com/news/2020/04/yemen-southern-transitional-council-200426072715154.html
- Humanitarian crisis in Yemen remains the worst in the world, warns UN, UN News, 14/02/2019
https://news.un.org/en/story/2019/02/1032811
- The Result of Saudi-Iranian Proxy War : The Worst Man-made Humanitarian Crisis, VNY, 23/09/2018
https://www.lavocedinewyork.com/en/un/2018/09/23/the-result-of-saudi-iranian-proxy-war-the-worst-man-made-humanitarian-crisis/
- In Yemen, Targeting of Aid Workers Risks Unraveling Crisis, Foreign Policy, 21/02/2019
https://foreignpolicy.com/2019/02/21/in-yemen-targeting-of-aid-workers-risks-unraveling-crisis-middle-east-humanitarian-aid-famine-houthi-rebels/
- YEMEN WAR : NO END IN SIGHT, Amnesty International, 24/03/2020
https://www.amnesty.org/en/latest/news/2015/09/yemen-the-forgotten-war/
- Coronavirus Slams Broken, Embattled Yemen, The New York Times, 30/05/2020
https://www.nytimes.com/2020/05/30/world/middleeast/virus-yemen.html
- Coronavirus Stalks The Country With The World’s Worst Humanitarian Crisis, NPR, 28/05/2020
https://www.npr.org/sections/goatsandsoda/2020/05/28/860915290/coronavirus-stalks-the-country-with-the-worlds-worst-humanitarian-crisis?t=1590932997020
- Yemen gov’t declares Aden ’infested’ as coronavirus spreads, Al Jazeera, 11/05/2020
https://www.aljazeera.com/news/2020/05/yemen-gov-declares-aden-infested-coronavirus-spreads-200511204748770.html

Publié le 19/06/2020


Emile Bouvier est étudiant à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, où il prépare les concours de la fonction publique. Diplômé d’un Master 2 en Géopolitique, il a connu de nombreuses expériences au Ministères des Armées, notamment au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à l’Etat-major des Armées dans une cellule d’analyse géopolitique, ou encore en Mission de Défense (MdD) en Turquie. Son grand intérêt pour la Turquie et la question kurde l’ont amené à voyager à de nombreuses reprises dans la région et à travailler sur les problématiques turques et kurdes à de multiples occasions.


 


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