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Nader Shah, du général au souverain perse (1/2)
Article publié le 30/03/2018

Par Gabriel Malek

« Il apparait évident, que ces deux ravageurs du monde oriental, Alexandre et Nadir, ont été mus par la même passion prédominante ; un désir de conquête sans limite » (1) avance dès 1752 le voyageur et commerçant britannique, Jonas Hanway. Nader Shah (1688-1747), à l’instar d’Alexandre le Grand (356-323 avant Jésus Christ) est renommé pour ses exploits militaires et son invasion de l’Hindoustan. Si le premier est toujours célèbre en Occident, le second est relativement oublié aujourd’hui en dépit de sa renommée d’antan. En effet, Nader Khan Qirqlu Afshar, Shah de Perse (1736-1747) et fondateur de l’éphémère dynastie des Afsharides, est un personnage ayant indéniablement marqué la Perse du XVIIIème siècle et ayant fasciné ses contemporains jusqu’en Europe, où il acquiert une certaine réputation dans les cercles lettrés de l’époque. Si cette notoriété n’est qu’éphémère, c’est en raison de la décision des historiens anglais de l’époque victorienne de l’écarter de l’historiographie sur l’Inde pour ne pas remettre en cause le mythe de supériorité militaire européenne, nécessaire à la colonisation (2). De fait, dans l’historiographie contemporaine et moderne occidentale, cet empereur persan est très peu représenté au regard de son importance historique.

L’empereur Nader Shah est toujours connu en Perse comme le libérateur du territoire national ainsi que le garant d’un pouvoir central fort. Autodidacte, issu de la plèbe, il s’élève par le métier des armes pour atteindre le pouvoir suprême. Il est d’ailleurs comparé à Napoléon Bonaparte par Michael Axworthy dans la préface de son livre The sword of Persia. En effet, Nader Shah est avant tout un conquérant d’exception qui défait les deux grands empires musulmans de l’époque en sus de la Perse : la Sublime Porte et l’Hindoustan Moghol.
En 1739, l’invasion qu’il mène en Inde affaiblit durablement le pouvoir Moghol, ce qui facilite grandement l’installation de la Compagnie des Indes au Bengale en 1765 (3). Le spécialiste de l’Inde Sanjay Subrahmanyam avance même que sans Nader Shah, une gouvernance éventuelle britannique sur l’Inde aurait été plus tardive ou sous une forme différente, ou peut-être même impossible (4).

Après avoir souligné le rôle historique majeur de ce souverain sous-estimé dans l’historiographie occidentale, nous allons nous intéresser à son ascension au pouvoir. Comment un simple roturier du Khorassan, une province périphérique du Nord-Est de la Perse, a-t-il pu s’élever au rang de Shah ? Nous tenterons de répondre à cette question en puisant dans les sources européennes du XVIIIème siècle au sujet de Nader Shah, et cela en trois temps.

La situation de la Perse du début du XVIIIème siècle ou le déclin des Safavides

Au début du XVIIIème siècle, l’empire Perse est sous domination du Soltan Hossein (1694-1722), l’avant dernier Shah de la prestigieuse dynastie Safavide (1501-1736). En dépit d’un rayonnement incontestable sous le règne d’Abbas Ier (1588-1629), l’Etat safavide se fragilise dans la seconde moitié du XVIIème siècle induisant une faiblesse croissante de l’armée du Shah. En parallèle, les compagnies orientales des Indes hollandaises et anglaises prennent progressivement le contrôle des routes du commerce vers l’Inde, ce qui conduit à une forte baisse de revenu pour les Safavides. Enfin, les Eunuques du Harem, très influents sous le règne de Chah Süleyman (1666-1694), interfèrent fréquemment dans la vie politique perse et sont même à l’origine de la nomination du jeune roi Soltan Hossein en 1694. La corruption de la Cour de Perse associée à la perte d’intérêt du jeune Shah pour les affaires politiques provoque un vide de pouvoir en Perse, dont la puissance militaire dépend de l’aide des potentats locaux. L’empire est simultanément envahi par les Ottomans à l’Ouest, les Russes au Nord au début du XVIIIème siècle et dans le même temps doit réprimer plusieurs révoltes internes. Les Afghans du Kandahar au Nord-Est de l’empire se soulèvent et assiègent la capitale de Perse, Ispahan, en mars 1722. L’incapacité de Soltan Hossein à fédérer son armée, principalement en raison du manque de loyauté des gouverneurs provinciaux, provoque la déroute des armées de Perse. Si la ville d’Ispahan tombe aux mains du chef des Afghans Mahmud Hotaki en octobre 1722, le fils du Shah, Thamas, réussit toutefois à s’enfuir de la ville. Le 23 octobre, Soltan Hossein abdique en faveur de l’Afghan Mahmud Hotaki dans un empire de Perse où l’instabilité politique et les conflits armés règnent désormais. C’est dans ce contexte que le jeune Prince Thamas se proclame Shah et essaie de retrouver son trône, en recrutant des troupes au sein des tribus Qizilbash, dans l’actuel Azerbaïdjan.

L’ascension de Nader Qirqlu Afshar dans le rôle militaire de Thamas Kouli Khan

En 1688, Nader Kouli naît dans un village du Khorassan, à quelques jours de Mashad, ville sainte du chiisme. Déshérité par son oncle suite au décès de son père, Nader Kouli monte une troupe de brigands et mène une vie de pillages. Remarqué pour ses prouesses militaires, Nader Kouli entre au service de Babulu Khan, gouverneur du Khorassan en 1714. Jonas Hanway indique que les vertus militaires de Nader Kouli surpassent largement celles des autres officiers du Khan (5). Sa stratégie, sa fougue au combat, et la voix forte avec laquelle il donne les ordres sur le champ de bataille lui permettent de triompher aisément de ses ennemis (6). En grande difficulté face aux invasions turques et ottomanes, Thamas Shah nomme Nader Kouli Général en Chef de son armée en 1727. En combinant son talent militaire à un fin sens du politique, Nader Kouli se voit décerner le titre prestigieux de Thamas Kouli Khan soit l’esclave de Thamas. Fort de son nouveau titre, Nader Kouli reconquiert rapidement tout le Khorassan et gagne la pleine confiance de l’armée, alors que Shah Thamas se retire à Mashad pour se recueillir sur la tombe de l’imam Reza. Jonas Hanway souligne cette dichotomie des rôles : « Pendant que Thamas Shah offrait ses prières au divin, Thamas Kouli Khan présentait de l’encens à ses idoles de l’ambition et de la gloire militaire, la seule divinité qu’il semblait vénérer » (7). Ayant rétabli l’autorité de Thamas Shah au Nord de l’Empire, Thamas Kouli Khan se dirige vers la capitale, Ispahan, à la tête d’une armée de 25 000 hommes qui fédère des soldats persans dans sa route vers le Sud. Le 13 novembre 1729, l’armée perse obtient une victoire totale face aux Afghans d’Ispahan, Nadir Kouli pénètre alors dans la capitale perse et invite Shah Thamas à le rejoindre dans sa capitale. La scène de liesse populaire accueillant leur Shah légitime après l’occupation afghane, ne doit cependant pas dissimuler les réalités de la fragilité du pouvoir politique du souverain Thamas.

En effet, Kouli Khan demande à l’empereur la permission de lever lui même les taxes pour recruter des hommes pour la prochaine campagne, ce qui constitue une prérogative royale : « C’étoit proprement vouloir envahir l’autorité suprême » (8). Mais, contraint par l’attachement de l’armée perse à son Général, Thamas Shah lui accorde cette faveur. Envieux de l’aura politique de Nadir Shah, acquise par la force des armes, le jeune Shah débute en janvier 1731 une campagne militaire face à l’Empire ottoman. Shah Thamas est cependant vaincu par le gouverneur de Babylone Ali-Pacha, et ouvre en janvier 1732 une conférence pour la paix avec la Sublime Porte. La paix étant signée, Shah Thamas ordonne à son Général de congédier son armée et de se rendre à la Cour. Jean Otter, voyageur suédois en Perse, produit une analyse pertinente du traité signé par Shah Thamas avec Constantinople : « Ce Prince voulant recouvrer l’autorité royale que son General avoit usurpée à la faveur de la guerre, pris ce parti, quoique contraire à l’intérêt de l’Etat. Thamas Kouli Khan informé de ce traité, en démêla aisément le véritable motif » (9). La signature de cette paix déplait à Nader Kouli, dont la réalisation des desseins ambitieux nécessite une situation de guerre ouverte. Exposé au ressentiment de la Cour, il blâme ouvertement la politique royale et taxe l’empereur perse de lâcheté (10).

Ainsi, éclate au grand jour la lutte politique entre Shah Thamas, hériter légitime des Safavides, et Nadir Kouli, général victorieux assuré de la confiance de l’armée en 1732. De la confrontation de ces deux légitimités, respectivement traditionnelle et charismatique au sens de Max Weber, dépend le sort de l’Empire perse.

De la déposition de Thamas Shah au couronnement de Nader en 1736 à Bandar Abbâs

Ainsi, au début de l’année 1732, Thamas Shah installé à Ispahan avec ses courtisans et ayant signé la paix avec l’Empire ottoman, tente de contenir l’ambition de son Général Nader Kouli. Le Chevalier de la Mamie de Clairac décrit cette situation et montre bien que dans la pratique, le Général détient déjà l’essentiel du pouvoir : « A Ispahan le Peuple, la Cour, le Roi lui même, tous craignent qu’il n’ait l’ambition de monter plus haut, et il ne sauroit plus faire un pas en avant sans se saisir du Trône. En effet il est lui seul toutes choses, le Roi n’a encore nommé à aucun des premiers Emplois et n’oseroit le faire sans son consentement » (11). Il reste cependant à Thamas Shah la légitimité héréditaire des souverains safavides et chiites, traditions auxquelles les Persans sont très attachés. Nadir Kouli enfin, convie le Roi Thamas à venir inspecter son armée qui campe à quelque distance d’Ispahan, avec le dessein de le déposer. L’auteur britannique Jonas Hanway décrit la scène du diner qui suit l’inspection militaire : « Que ce soit la fatigue ou l’ingestion d’une drogue aidant à accabler le Roi : une faible quantité de vin l’a intoxiqué. Dans ces circonstances, le malheureux prince fut l’objet des moqueries des créatures du général » (12). Les créatures du général sont entendues ici comme les officiers et courtisans à la solde de Nadir Kouli, et qui n’auraient donc plus de volonté propre.

Nadir Kouli dénonce alors Shah Thamas devant l’assemblée comme un Roi faible, habitué des harems et porté aux excès de la paresse à l’instar de son père Soltan Hossein. Shah Thamas est alors destitué du trône en faveur de Abbas III, son fils âgé de huis mois, puis déporté au Nord-Est du royaume sous escorte de soldats sunnites sans compassion aucune pour les Safavides. Selon Hanway, Nadir Kouli aurait refusé la couronne suite à l’éviction de Thamas : « Le Khan refusa avec un air d’indignation, plaidant que les droits héréditaires des princes (safavides) étaient sacrés » (13). Dans les faits, Nader Kouli jouit déjà de la majorité des prérogatives royales, mais se faire nommer Shah si rapidement est soulever un risque important de révolte populaire des Persans attachés aux Safavides chiites.

Mais si Shah Abbas III règne désormais, c’est bien Nakir Kouli, déclaré Régent par une assemblée de nobles du royaume, qui gouverne l’Empire perse. Après s’être marié à la tante de Thamas Shah pour s’établir une légitimité politique, Nadir Kouli nomme de nouveaux gouverneurs qui lui sont fidèles dans les provinces. Dans la continuité de sa politique belliqueuse, Nadir Kouli monte une expédition militaire contre l’Empire ottoman pour reconquérir les terres perses perdues à la faveur de la précédente révolte afghane. Le 26 septembre 1733, Nadir Kouli remporte une large victoire face au respectable Pacha Osman Topal, frappant de consternation la Sublime Porte. A cette occasion, le comportement du Général persan dans cette bataille est détaillé de manière homérique par André de Claustre : « Kouli Khan se trouvoit partout, même dans le fort de la mêlée, animant les troupes de sa voix et par son exemple, faisant avancer des troupes fraiches dans les endroits foibles, combattant lui même comme un simple soldat » (14). Cette victoire militaire permet à Nadir Kouli de s’affirmer sur la scène politique comme libérateur du territoire national face aux Turcs mais aussi comme allié de la Russie de Catherine avec laquelle il signe un traité de paix.

Au début de l’année 1736, le jeune roi Abbas III s’éteint alors que Nader Kouli est au comble de la gloire militaire et politique. Régnant en maitre sur un empire ayant retrouvé ses frontières, il réprime les révoltes internes tout en encourageant le commerce. Pour le Nouvel An perse du 10 mars 1736, le Régent convoque tous les Princes de Perse pour une assemblée extraordinaire. Nadir Kouli prononce alors son discours d’ouverture : « il s’agit aujourd’hui de réparer la plus grande perte de cet Empire ait pu faire dans l’extinction de la Famille Royale des Sophis, il s’agit de vous donner un Maître et vous êtes libres de choisir » (15). Entourés par l’armée du Régent, les Etats généraux confèrent la dignité impériale à celui qu’il convient désormais de nommer Nader Shah.

L’étude de tous ces témoignages montre bien en quoi Nader Shah était un souverain oriental célèbre en Europe, de son vivant, l’histoire de son ascension politique est proprement romanesque. Satisfaisant un appétit occidental pour l’orientalisme exotique, Nader Shah est avant tout un parfait exemple de l’autorité charismatique au sens de Weber. Le contrôle de la puissance militaire par Nader Shah lui permet d’atteindre le pouvoir suprême, face à Shah Thamas qui ne détient que l’autorité traditionnelle de la naissance. Quelques années après son couronnement, Nader Shah se lance à la conquête de l’Hindoustan, épisode le plus remarquable de son règne qui sera comparé par ses contemporains européens à l’expédition d’Alexander le Grand en 327 avant Jésus-Christ.

Lire la partie 2 : Nader Shah, du général au souverain perse (2/2)

Notes :
(1) « It evidently appears, that these ravagers of the eastern world, ALEXANDER and NADIR, were actuated by the same predominant passion ; an undounded desire of conquest ». Jonas Hanway, An historical account of the British trade over the Caspian sea : with the author’s journal of travels from England through Russia into Persia : and back through Russia, Germany and Holland. To which are added, the revolutions of Persia during the present century, with the particular history of the great usurper Nadir Kouli. Illustrated with maps and copper-plates, Londres, Publisher Dodsley, 1753, p 143.
(2) « La vision victorienne brute de la Perse et de l’Orient en général était extrêmement passive, décadente et corrompue, soutenant la colonisation et l’amélioration de l’extérieur. Un souverain vigoureux, très efficace comme Nader ne rentrait pas dans ce tableau et donc il fut mis de côté. Ses succès militaires en Inde auraient pu enlever à la gloire de Clive et des autres colonisateurs et pourraient avoir remis en question la supériorité militaire inhérente à l’Occident, très importante au mythe de l’Empire ». Michael Axworthy, The sword of Persia : Nader Shah from tribal warrior to conquering tyrant, New York, I.B. Tauris, 2006, préface.
(3) Catherine Asher, India before Europe, Cambridge, Cambridge University Press, 2008.
(4) Sanjay Subrahmanyam, The Mughal State, 1526-1750, Delhi, Oxford University, 1998.
(5) « Nadir ‘s military virtues were evidently superior to thoese of the officers about the Khan, though he was not then above 33 years of age ». Jonas Hanway, An historical account of the British trade over the Caspian sea, Idem, page 7.
(6) James Fraser, The History of Nadir Shah, formely called Thamas Kouli Khan, the present emperor of Persia, Londres, Edité par Straban, 1742, pages 227-234.
(7) « Whilst Thamas Shah was offering up his prayers to the diety, Thamas Kouli Khan presented incense to his idols of ambition and military glory, the only dieties he seemed to reverence ». Jonas Hanway, An historical account of the British trade over the Caspian sea, idem, page 21.
(8) Jean Otter, Voyages en Turquie et en Perse avec une relation des expéditions de Thamas Kouli Khan, Paris, chez les frères Guerrin avec approbation du roi, 1748, page 308.
(9) Jean Otter, Idem, page 317.
(10) André de Claustre, Histoire de Thamas Kouli-Khan : nouveau roi de Perse ou histoire de la dernière révolution de Perse arrivée en 1732, Paris, Chez Briasson avec privilège du Roy, 1742, page 124.
(11) Louis-André de la Mamie de Clairac, Histoire des révolutions de Perse depuis le commencement de ce siècle, Paris, chez Charles-Antoine Jombert, 1750, page 107.
(12) « Wether fatigue or the infusion of a drug helped to overpower the king : a small quantity of wine intoxicated him. Under these circumstances, this unhappy prince was an object of the derision of the general’s creature ». Jonas Hanway, An historical account of the British trade over the Caspian sea, Idem, page 72.
(13) Idem.
(14) André de Claustre, Histoire de Thamas Kouli-Khan : nouveau roi de Perse ou histoire de la dernière révolution de Perse arrivée en 1732, Idem, page 210.
(15) André de Claustre, Histoire de Thamas Kouli-Khan : nouveau roi de Perse ou histoire de la dernière révolution de Perse arrivée en 1732, Idem, page 278.

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