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Les clés du Moyen-Orient : un nouveau site pour fêter 10 ans d’analyses

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Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin
Publié le 09/03/2010 • modifié le 02/03/2018 • Durée de lecture : 2 minutes

Membres de la LEA à Aley au Liban le 13 octobre 1947

AFP

En effet, alors que le thème de l’unité, thème récurrent du nationalisme arabe, est à nouveau d’actualité avec les propositions hachémites d’Irak et de Transjordanie de créer l’union arabe composée de l’Irak, de la Syrie, de la Transjordanie, du Liban et de la Palestine, un autre mouvement se précise. Le Premier ministre égyptien Nahhas Pacha, hostile au mouvement hachémite, en prend la tête. Il s’agit toujours de réaliser l’unité arabe, mais à la différence du projet hachémite qui veut réaliser une union, Nahhas Pacha souhaite organiser une coopération entre les Etats.

Les Etats arabes se réunissent ainsi à Alexandrie en Egypte à partir du 25 septembre 1944 et un protocole est signé le 7 octobre. Sur le plan politique, le but des Etats arabes est d’affermir leurs relations ; d’améliorer leur coopération et de préserver leur indépendance et leur souveraineté ; de défendre leurs intérêts. Ces principes sont repris dans la charte de la Ligue des Etats arabes, signée le 22 mars 1945 au Caire. Les Etats signataires en sont l’Egypte, l’Irak, l’Arabie Saoudite, la Syrie, le Liban, la Transjordanie et le Yémen.

L’intérêt de la LEA se porte également sur les domaines culturel et économique. En novembre 1945, un traité culturel est signé, portant sur l’éducation, la jeunesse et les questions sociales. En 1950, un traité est également signé par les Etats membres appelé Traité de défense commune et de coopération économique, mettant en place plusieurs conseils : de défense, militaire et économique, formés des ministres concernés. La LEA met également en place d’autres organismes dans le domaine des Télécommunications, de la poste, de la banque, des finances, de la presse, du tourisme.

Un Conseil et un secrétariat général forment l’ossature de la LEA, dont le siège est au Caire de 1945 à 1979, à la suite des accords de Camp David et de la paix entre Israël et l’Egypte. A cette date, il est installé à Tunis mais revient au Caire en 1990, lors de la guerre du Golfe. Le Conseil, composé de représentants de tous les Etats membres se réunit deux fois par ans, et est chargé de vérifier l’exécution des décisions prises par les Etats membres, des relations avec les organisations internationales et de mettre en œuvre les mesures en cas d’attaque d’un des membres. Le secrétariat général a à sa tête un secrétaire général choisi pour cinq ans, et a pour mission d’exécuter les décisions du Conseil, d’être le médiateur entre les Etats membres, le porte parole de l’organisation auprès des organisations internationales et des Etats non membres.

En pratique, la LEA s’implique dans la recherche de l’indépendance, à ses débuts avec celles de la Syrie et du Liban, puis avec celle de la Palestine dans le contexte du conflit avec Israël et de la recherche de la paix. C’est notamment à son initiative que l’Organisation de libération de la Palestine est créée en 1964 (l’OLP est dirigée à partir de 1969 par Yasser Arafat).

Aujourd’hui, la LEA compte vingt-deux membres, les sept membres fondateurs ainsi que le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Mauritanie, la Libye, le Soudan, la Somalie, Djibouti, les Comores, Oman, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït, le Qatar, l’OLP depuis 1976.

Bibliographie
Maurice FLORY, Bahgat KORANY, Robert MANTRAN, Michel CAMAU, Pierre AGATE, Les régimes politiques arabes, PUF, Paris, 1991, 578 pages.
Alain GRESH et Dominique VIDAL, Les 100 clés du Proche-Orient, Hachette Littératures, Paris, 2003, 607 pages.

Publié le 09/03/2010


Anne-Lucie Chaigne-Oudin est la fondatrice et la directrice de la revue en ligne Les clés du Moyen-Orient, mise en ligne en juin 2010.
Y collaborent des experts du Moyen-Orient, selon la ligne éditoriale du site : analyser les événements du Moyen-Orient en les replaçant dans leur contexte historique.
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Docteur en histoire de l’université Paris-IV Sorbonne, a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Dominique Chevallier.
Elle a publié en 2006 "La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie Liban, 1918-1939" et en 2009 "La France dans les jeux d’influences en Syrie et au Liban, 1940-1946" aux éditions L’Harmattan. Elle est également l’auteur de nombreux articles d’histoire et d’actualité, publiés sur le Site.


 


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