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Les sociétés militaires privées russes au Moyen-Orient (1/2). Les mercenaires russes en Syrie

Par Emile Bouvier
Publié le 11/11/2022 • modifié le 18/11/2022 • Durée de lecture : 11 minutes

Pourtant, celle-ci s’avère particulièrement riche : de l’assistance militaire apportée aux troupes de Bachar al-Assad bien avant l’arrivée des troupes conventionnelles russes en 2015 aux combats avec les forces de Tripoli durant la deuxième guerre civile libyenne (2014-2020) en passant par un affrontement majeur avec des troupes américaines en Syrie en 2018, le groupe Wagner s’est illustré à maintes reprises ces dernières années au Moyen-Orient. L’histoire des mercenaires russes dans la région est d’autant plus intéressante qu’elle ne se résume d’ailleurs pas au seul groupe Wagner : de nombreuses autres sociétés militaires privées (SMP) russes ont œuvré ou œuvrent toujours en Syrie, en Irak, en Afghanistan, ou encore en Libye : RSB-Group, Centre R, Slavonic Corps, Shchit…

Si les mercenaires russes sont motivés pour une large part par l’appât du gain ou comptent dans leurs rangs un certain nombre de va-t-en-guerre, leur déploiement au Moyen-Orient en lieu et place de l’armée russe permet au Kremlin de prendre position sans excès de risques dans des zones de conflit, ou tout du moins des zones grises, sans s’impliquer directement [5] ; les liens unissant Vladimir Poutine à plusieurs responsables de ces SMP - notamment Evgueni Prigojine, du groupe Wagner [6] - ont pu être démontrés à plusieurs reprises [7] et illustrent la connivence, sinon la confusion, des activités des SMP russes avec la stratégie du Kremlin. Le Moyen-Orient s’avère, de fait, une région hautement stratégique pour Moscou qui l’investit de plus en plus militairement, diplomatiquement et économiquement, officiellement comme officieusement.

Cet article entend ainsi présenter la nature de la présence et des activités des SMP russes au Moyen-Orient et les gains qu’en tire le Kremlin ; si ses mercenaires sont désormais déployés dans plus d’une vingtaine de pays à travers le monde, une attention toute particulière sera accordée aux théâtres syrien (première partie) et libyen (deuxième partie) en raison de l’investissement humain et militaire majeur que ces deux déploiements représenteront pour les SMP et du cas d’école d’ingérence russe hybride qu’elles incarnent.

Première partie : les mercenaires russes en Syrie

L’intervention russe en Syrie en 2015 constituera le retour spectaculaire de la Russie au Moyen-Orient ; les SMP russes y seront pourtant présentes dès 2013 et joueront un rôle déterminant dans la campagne militaire russe en Syrie qui incarnera, jusqu’au déclenchement du conflit en Ukraine en février 2022, sa plus grande opération extérieure depuis la fin de la Guerre Froide [8]. Ce théâtre s’avérera être le précurseur des futurs déploiements militaires hybrides russes à travers le monde (I) grâce aux SMP qui permettront au Kremlin non seulement de soutenir son allié damascène mais, surtout, de nourrir d’éminents intérêts énergétiques et géopolitiques (II).

I. Le théâtre syrien, précurseur des futurs déploiements militaires hybrides russes

1. Un engagement précoce et stratégique des SMP en Syrie

Les premières traces d’activités de SMP russes en Syrie remontent à 2013, année au cours de laquelle le Slavonic Corps, prédécesseur du groupe Wagner [9], se déploie en Syrie afin d’aider les forces syriennes à reprendre les art3025 installations pétrolières tombées aux mains de l’État islamique [10].

La présence de cette SMP, puis de celles qui la rejoindront au fil des mois, servira un double objectif de Moscou : premièrement, stabiliser la Syrie, particulièrement menacée par l’opposition et les forces extrémistes jusqu’en 2015, étant donné le rôle stratégique de la Syrie pour la Russie au Moyen-Orient ; deuxièmement, empêcher un changement de régime qui pourrait aboutir en l’installation d’un pouvoir favorable aux États-Unis à la place de celui de Bachar al-Assad, favorable au Kremlin.

Les missions initiales des SMP, à savoir le gardiennage de sites, l’escorte de personnalités et le transport d’armement, ont ainsi rapidement évolué vers des engagements de plus en plus marqués, notamment lors des opérations lancées par le régime syrien à Palmyre en 2016 et 2017 et à Deir-ez-Zor à partir de 2017. Au plus fort de leur engagement en 2017, les mercenaires russes en Syrie compteront entre 1 000 et 3 000 contractuels sur zone, agissant notamment pour le compte du groupe Wagner ou encore d’ENOT [11]. La Syrie servira ainsi de terrain d’essai majeur pour l’application d’un modèle d’ingérence hybride de la Russie où les SMP jouent un rôle pivot [12], qui s’est depuis exporté vers d’autres champs de bataille, notamment en Libye, comme il sera exposé dans un autre article.

2. Des missions paramilitaires…

Alors que les rebelles syriens, le Front al-Nosra et d’autres insurgés islamistes - qui deviendront plus tard l’État islamique - prennent le contrôle de vastes étendues de territoire en Syrie à la fin de l’année 2012, les SMP russes sont d’abord déployées pour remplir des rôles essentiellement paramilitaires, tels que former, conseiller et encadrer les forces pro-régime (FPR). Le Slavonic Corps prend ainsi pied en Syrie en août 2013 avec pour objectif principal d’aider les FPR, par ses conseils et sa formation, à reprendre les installations pétrolières capturées par Daech [13]. Les membres de cette SMP, qui devaient être équipés et armés par Damas, n’obtiendra finalement que du matériel soviétique obsolète ; en route pour prendre position près d’un champ pétrolier à Deir-ez-Zor, les mercenaires seront interceptés par le groupe islamiste Jaysh al-Islam qui leur infligera une cinglante défaite à As-Sukhnah [14]. Le Slavonic Corps quittera alors la Syrie et sera dissous [15].

Les SMP ne formeront pas que les unités de l’armée syrienne conventionnelle ; un certain nombre de milices pro-régime et étrangères combattant pour le régime en bénéficieront, à l’instar du « 5ème corps d’assaut » [16] et de certaines milices comme les Palestiniens de la Liwa al-Quds (« la Brigade de Jérusalem ») ou la milice syrienne Sayadou Da’esh (« Les chasseurs de Daech »), créée en 2017 et déployée pour protéger les installations stratégiques de Palmyre et de ses environs, notamment l’aéroport militaire et les champs gaziers et pétroliers dont la région s’avère particulièrement pourvue [17].

3. … aux engagements armés directs

Au fur et à mesure que la guerre syrienne se poursuivra, les forces de Wagner seront de plus en plus amenées à conduire des missions conventionnelles et opérations spéciales ; alors que les SMP russes conseillaient et formaient les FPR et leurs alliés sur le terrain jusqu’alors, l’année 2016 verra un basculement de l’engagement des SMP. En effet, l’évolution de la situation exigera que les mercenaires russes assument des rôles de combat direct. Cet engagement passera des opérations d’assaut urbain visant à nettoyer les poches tenues par les rebelles dans l’ouest de la Syrie, la conduite de reconnaissances offensives visant à guider les frappes aériennes ou de missiles russes, voire l’intégration à un dispositif militaire des FPR, notamment lors de leur poussée vers Deir-ez-Zor à l’automne 2017.

Certaines SMP russes, notamment Wagner, se réorganiseront alors comme de véritables groupements tactiques de l’armée russe [18] ; toujours dans le cas de Wagner, ses forces en Syrie se composeront ainsi de plusieurs compagnies de reconnaissance et d’assaut (90 à 100 hommes chacune), un état-major avancé, une compagnie de chars, une autre d’artillerie, et plusieurs unités du soutien [19]. Plutôt que de compter uniquement sur son propre personnel militaire, Moscou accroîtra ainsi son utilisation de mercenaires russes avec des compétences similaires aux soldats conventionnels, mais sans le statut officiel russe rattaché à ces derniers. Les forces du groupe Wagner, par exemple, ont pu être observées participant à des opérations à Lattaquié, Alep, Homs, Hama ou encore la région de Damas, ainsi qu’aux contre-offensives visant à reprendre Palmyre en 2016 et 2017 [20].
Les forces de Wagner ont pu également bénéficier à plusieurs reprises de la logistique militaire russe, comme en témoignent les points de franchissement (pont en dur mais aussi installations amphibies) établis par les unités du génie russe sur l’Euphrate en septembre 2017 [21] afin de permettre aux mercenaires de Wagner et aux forces d’Assad de traverser le fleuve durant leur campagne de reconquête de la province de Deir-ez-Zor.

II. Des intérêts énergétiques et géopolitiques derrière la présence des SMP

1. Des intérêts économiques et énergétiques majeurs pour Moscou

Les secteurs lucratifs du pétrole, des minéraux - la Syrie détenant la troisième plus grande réserve mondiale de phosphate - et du gaz apparaissent comme des moteurs de l’intervention russe en Syrie et de l’envoi des SMP pour seconder les forces du régime de Bachar al-Assad [22]. Comme elles le font ailleurs dans le monde, les SMP et entreprises associées dans les domaines de l’énergie, des mines, de la sécurité et de la logistique opérant en Syrie ont fourni à Moscou un moyen d’étendre son horizon économique et de créer de nouvelles sources de revenus, en particulier à partir de l’extraction de pétrole, de gaz et de minéraux.

Les principales offensives victorieuses des FPR, de 2017 à 2019, se concentreront ainsi sur la sécurisation des principaux sites d’infrastructures énergétiques, dans le centre et l’est du pays. Les forces russes et syriennes, une fois Palmyre reconquise, pousseront ainsi à travers le désert syrien central de Badiya, saisissant des champs pétroliers et gaziers clés ; elles seront pour cela fortement aidées par les SMP russes, qui fourniront des conseils et un appui-feu de premier ordre. La Russie n’hésitera d’autre part pas à récompenser financièrement les SMP parvenant à sécuriser des territoires et installations clés [23]. Deux entreprises russes, Evro Polis (pour le pétrole et le gaz) et Stroytransgaz (pour l’extraction du phosphate), engageront par exemple des SMP en juin 2017 pour sécuriser des sites d’infrastructures énergétiques clés en Syrie, qui parviendront à recapturer plusieurs sites miniers dans le centre du pays [24].

La reprise de Deir-ez-Zor, en novembre 2017, poussera les FPR et leurs alliés dans ce que les médias syriens progouvernementaux appelleront la « course pour l’Euphrate » [25] : à l’ouest, l’armée syrienne et les Russes entreront en compétition avec les Etats-Unis et les Forces démocratiques syriennes (FDS) pour libérer le plus vite possible le plus de territoires tenus par Daech dans ces gouvernorats riches en installations et ressources pétrolières. Cette course aboutira finalement en la création d’une frontière, incarnée par l’Euphrate, entre FPR et FDS. Ces dernières remporteront toutefois la part du lion : les principales ressources pétrolières syriennes se situent à l’est de l’Euphrate, en actuel territoire de l’Administration autonome du nord-est syrien (AANES).

2. Les SMP russes, moteurs de l’accès privilégié russe aux ressources énergétiques syriennes

Cet échec en demi-teinte n’empêchera pas Moscou de développer avec Damas une relation de partenaire énergétique privilégiéé : le 27 décembre 2019, le Parlement syrien accordera à deux entreprises russes, Mercury LLC et Veleda LLC, des contrats d’exploration pétrolière [26] ; toutes deux ont des liens avec Evgueni Prigojine, homme de confiance de Vladimir Poutine et homme fort du groupe Wagner.

L’accès exclusif aux champs d’hydrocarbures désormais sous le contrôle de Bachar al-Assad s’avérera profitable aux SMP russes : selon le département du Trésor américain, Evro Polis aurait conclu un accord en 2016 avec le gouvernement syrien pour recevoir une part de 25% des produits financiers issus de l’exploitation et de la vente des hydrocarbures produits sur les territoires repris à l’État islamique. De fait, les sociétés liées à Prigojine seraient parvenues à extraire 20 millions de dollars par mois grâce à ces territoires libérés en 2018 [27]. Le groupe Wagner aurait par ailleurs dépêché en Syrie du personnel non-combattant mais spécialisé dans l’extraction du phosphate, du gaz et du pétrole [28] afin d’exploiter les ressources naturelles syriennes dans les territoires tenus par les SMP russes.

Le régime de Bachar al-Assad, et avec lui les SMP russes, convoite ainsi les territoires tenus par les FDS et les forces américaines, sur le versant oriental de l’Euphrate, où se trouvent les gisements pétroliers les plus riches de Syrie. La société de mercenaires liée à Prigozhin, Wagner, aurait ainsi été mandatée par le gouvernement syrien [29] pour reprendre tout ou partie de ces gisements pétroliers, expliquant par la même occasion les événements de la nuit du 7 février 2018.

3. Les mercenaires russes envoyés au combat dans les territoires à l’est de l’Euphrate

Dès le mois de janvier de la même année, le groupe Wagner et les forces pro-régime commencent à planifier un assaut contre des installations pétrolières à l’est de Deir-ez-Zor, sous contrôle des FDS et d’un petit contingent de forces spéciales américaines retranché au sein de l’usine à gaz « Conoco » [30] ; dans les jours précédant l’attaque, des véhicules, de l’artillerie et des centaines de combattants syriens et mercenaires seront amassés sur le versant occidental de l’Euphrate. Dans la nuit du 7 février, malgré les avertissements américains [31], les forces syriennes épaulées du groupe Wagner lanceront l’assaut et traverseront l’Euphrate grâce à des ponts flottants russes [32]. Les forces kurdes et américaines riposteront aussitôt ; le combat, qui durera trois heures et au cours duquel les forces américaines conduiront de très intenses [33] bombardements aériens [34] et terrestres contre les forces syriennes et du groupe Wagner près de la localité de Khasham, dévastera les assaillants et aboutira en la mort de 100 [35] à 300 [36] mercenaires russes et tout autant de combattants des FPR [37].

Des renseignements issus des services de sécurité américains et obtenus par la presse [38] laissent apparaître que cette attaque aurait été coordonnée entre Damas et le groupe Wagner, évinçant ainsi l’hypothèse d’une attaque lancée sur l’initiative malheureuse d’un responsable local, et laissent entendre par ailleurs que le Kremlin aurait été informé de l’opération à venir [39]. Après la reconquête de la quasi-totalité des poches rebelles en Syrie, il semble fortement plausible que les territoires kurdes à l’est de l’Euphrate, hautement pétrolifères de surcroît, aient pu apparaître aux yeux de Damas et du Kremlin comme la suite logique de leurs opérations de reconquête. L’attaque des FPR épaulées de mercenaires du groupe Wagner, et non de forces russes conventionnelles qui se trouvaient pourtant non loin, était ainsi peut-être motivée par le désir de tester la détermination des États-Unis à défendre leur principal partenaire syrien, les FDS, en prévision d’une potentielle offensive de plus grande envergure, sans s’impliquer directement ; à cet égard, l’ampleur et la rapidité de la réaction américaine semble avoir dissuadé les Syriens et Russes, pour le moment, de reprendre par la force les territoires à l’est de l’Euphrate.

La relative stabilisation de la situation en Syrie, couplée à l’intensification de la crise en Libye, amènera Moscou à basculer progressivement ses mercenaires du théâtre syrien vers le sol libyen. Ce déploiement, à l’époque deuxième plus grande opération extérieure pour la Russie depuis la fin de la Guerre Froide après la Syrie, fera l’objet d’un autre article.

A lire sur les Clés du Moyen-Orient :
- Le Moyen-Orient et la guerre en Ukraine : une prudence diplomatique quasi-unanime
- De la Syrie à la Libye, la Turquie sur tous les fronts : résumé et analyse. Deuxième partie : la Libye, un nouveau front aussi épineux diplomatiquement que militairement pour la Turquie
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- Dans le contexte de l’opération militaire turque Source de paix, retour sur les ressources agricoles et pétrolières du Rojava : les Kurdes syriens, maîtres d’atouts stratégiques majeurs
- Maghreb et Moyen-Orient : les pays producteurs de pétrole et les réserves mondiales en 2020

Bibliographie :
- PUSHKOV, Ruslan, “Moscow-based Think Tank Director : Russia’s Unexpected Military Vic-tory in Syria,” Centre for Analysis of Strategies and Technologies, December 11, 2017.
- REYNOLDS, Nathaniel. Putin’s Not-so-secret Mercenaries : Patronage, Geopolitics, and the Wagner Group. Washington, DC : Carnegie Endowment for International Peace, 2019.
- SUKHANKIN, Sergey. ’Continuing War by Other Means’ : The Case of Wagner, Russia’s Premier Private Military Company in the Middle East. Jamestown Foundation, 2018.
- SUKHANKIN, Sergey. Russian PMCs in the Syrian Civil War : From Slavonic Corps to Wagner Group and Beyond. War by Other Means, 2019.

Sitographie :
- What is Russia’s Wagner Group of mercenaries in Ukraine ?, BBC, 16/08/2022
https://www.bbc.com/news/world-60947877
- Putin’s Shadow Soldiers : How the Wagner Group Is Expanding in Africa, The New York Times, 31/05/2022
https://www.nytimes.com/2022/05/31/world/africa/wagner-group-africa.html
- La mission logistique française de Bangui va quitte la RCA, Ouest France, 27/08/2022
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2022/08/25/rca-23276.html
- Who Are the Wagner Group ? Putin’s Private Army Fighting In Ukraine, Newsweek, 04/04/2022
https://www.newsweek.com/who-are-wagner-group-putins-private-army-fighting-ukraine-1694634
- Le groupe Wagner, fer de lance des opérations russes d’influence en Afrique subsaharienne, EGE, 04/01/2022
https://www.ege.fr/infoguerre/le-groupe-wagner-fer-de-lance-des-operations-russes-dinfluence-en-afrique-subsaharienne
- Band of Brothers : The Wagner Group and the Russian State, Center for strategic & international studies (CSIS), 21/09/2020
https://www.csis.org/blogs/post-soviet-post/band-brothers-wagner-group-and-russian-state
- Guerre en Ukraine : la Russie recrute des mercenaires syriens, Le Monde, 11/03/2022
https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/11/guerre-en-ukraine-la-russie-recrute-des-mercenaires-syriens_6117082_3210.html
- US MQ-9 Reaper Drone Takes Out Russian T-72 Tank in Syria, Military, 13/02/2018
https://www.military.com/daily-news/2018/02/13/us-mq-9-reaper-takes-out-russian-t-72-tank-syria.html
- Mali : les derniers soldats français de l’opération « Barkhane » ont quitté le pays, Le Monde, 15/08/2022
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/08/15/mali-les-derniers-soldats-francais-de-l-operation-barkhane-ont-quitte-le-pays_6138101_3212.html
- They fought for Palmyra… again : Russian mercenaries killed in battle with ISIS, 22/03/2017
https://citeam.org/they-fought-for-palmyra-again-russian-mercenaries-killed-in-battle-with-isis/?lang=en
- Holding Wagner to Account for Russian Abuses in Syria, The Tahrir Institute for Middle East Policy, 28/03/2022
https://timep.org/commentary/analysis/holding-wagner-to-account-for-russian-abuses-in-syria/
- Private security companies provide facade for Russian hegemony in Syria, Central Asia News, 02/03/2021
https://central.asia-news.com/en_GB/articles/cnmi_ca/features/2021/02/03/feature-01
- Russia Deploys a Potent Weapon in Syria : The Profit Motive, The New York Times, 05/07/2017
https://www.nytimes.com/2017/07/05/world/middleeast/russia-syria-oil-isis.html
- Assad remporte une victoire stratégique contre les USA, Al-Ahed News, date non-indiquée
https://french.alahednews.com.lb/25187/358
- Syria hands oil exploration contracts to two Russian firms, Reuters, 17/12/2019
https://www.reuters.com/article/syria-oil-russia-idINL8N28R1O0
- Death of Military Contractors Illuminates Russia’s War by Proxy in Syria, RefWorld, 15/02/2018
https://www.refworld.org/docid/5b728cd8a.html
- Russian settlement bursts with activity in the heart of Syria, Central Asia News, 29/12/2021
https://central.asia-news.com/en_GB/articles/cnmi_ca/features/2021/12/29/feature-01
- Putin ally said to be in touch with Kremlin, Assad before his mercenaries attacked U.S. troops, The Washington Post, 22/02/2018
https://www.washingtonpost.com/world/national-security/putin-ally-said-to-be-in-touch-with-kremlin-assad-before-his-mercenaries-attacked-us-troops/2018/02/22/f4ef050c-1781-11e8-8b08-027a6ccb38eb_story.html
- Department Of Defense Press Briefing by Lieutenant General Harrigian via teleconference from Al Udeid Airbase, Qatar, US Deprtment of Defense, 13/02/2018
https://www.defense.gov/News/Transcripts/Transcript/Article/1441080/department-of-defense-press-briefing-by-lieutenant-general-harrigian-via-teleco/
- How a 4-Hour Battle Between Russian Mercenaries and U.S. Commandos Unfolded in Syria, The New York Times, 24/05/2018
https://www.nytimes.com/2018/05/24/world/middleeast/american-commandos-russian-mercenaries-syria.html
- After deadly Syrian battle, evidence of Russian losses was obscured, Reuters, 05/02/2019
https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-russiausa-insig/after-deadly-syrian-battle-evidence-of-russian-losses-was-obscured-idUSKCN1PU11Y
- Russian toll in Syria battle was 300 killed and wounded : sources, Reuters, 15/02/2018
https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-russia-casualtie-idUSKCN1FZ2DZ
- Russian mercenary boss spoke with Kremlin before attacking US forces in Syria, intel claims, The Telegraph, 23/02/2018
https://www.telegraph.co.uk/news/2018/02/23/russian-mercenary-boss-spoke-kremlin-attacking-us-forces-syria/

Publié le 11/11/2022


Emile Bouvier est chercheur indépendant spécialisé sur le Moyen-Orient et plus spécifiquement sur la Turquie et le monde kurde. Diplômé en Histoire et en Géopolitique de l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, il a connu de nombreuses expériences sécuritaires et diplomatiques au sein de divers ministères français, tant en France qu’au Moyen-Orient. Sa passion pour la région l’amène à y voyager régulièrement et à en apprendre certaines langues, notamment le turc.


 


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