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Les relations turco-russes à l’aune de la guerre en Ukraine : un jeu d’équilibriste diplomatique permanent (2/2). Des oppositions diplomatiques quasi-permanentes surmontées par un pragmatisme commun

Par Emile Bouvier
Publié le 19/08/2022 • modifié le 19/08/2022 • Durée de lecture : 11 minutes

Russian President Vladimir Putin (L) and Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan take a walk in Putin’s residence in the Russian Black Sea resort of Sochi during their meeting, 18 July 2005. Vladimir Putin and Recep Tayyip Erdogan began 17 July two days of talks in the Black Sea resort of Sochi, overshadowed by the bomb attack 16 July that killed five people at a Turkish tourist resort.

AFP PHOTO / ITAR-TASS / PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / ALEXEY PANOV / ITAR-TASS / AFP

Lire la partie 1
 

 

1. La guerre en Syrie

 
Le théâtre syrien, en proie à une guerre civile voyant s’affronter une pléiade d’acteurs locaux et internationaux, s’est avéré à plusieurs reprises une véritable ligne de feu pour Ankara et Moscou. Outre la destruction d’un appareil de combat russe par des avions de chasse turcs en novembre 2015, comme évoqué infra, la Russie et la Turquie se sont tout particulièrement opposées sur le sort de la poche insurgée d’Idlib, où les Turcs y soutiennent plusieurs groupes d’insurgés syriens tandis que la Russie appuie les forces restées fidèles au président Bachar al-Assad cherchant à reconquérir la région d’Idlib.
 
Si l’opposition entre les voisins pontiques est restée pendant longtemps diplomatique, elle prendra toutefois une tournure militaire en 2020 : après plusieurs semaines de montée des tensions pendant lesquelles la Russie accusera la Turquie d’aider les « terroristes » d’Idlib [1] et après la mort de 34 soldats turcs [2] dans une série de frappes aériennes que l’état-major turc attribuera à la Russie [3] malgré les réfutations de cette dernière [4], l’armée turque pénètre dans la poche d’Idlib le 1er mars avec l’opération « Bouclier du Printemps » [5] et engage les forces syriennes à qui elle inflige de très lourdes pertes humaines et matérielles [6]. L’offensive que l’armée syrienne conduisait pour reprendre la poche d’Idlib avec l’aide -aérienne notamment [7] - de Moscou est stoppée net et un cessez-le-feu est imposé à la suite d’une réunion de six heures entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan [8].
 
Si la pandémie de COVID-19 a imposé une forme de stabilisation en trompe l’œil, du moins en demi-teinte, de la situation en Syrie, les irritants diplomatiques entre la Russie et la Turquie n’ont pas cessé pour autant : le 21 mai 2022 encore, l’ambassadeur adjoint russe à l’ONU, Dmitry Polyansky, appelait la Turquie à cesser d’aider « les terroristes du Hayat Tahir a-Sham » à Idlib, affirmant que Moscou ne pouvait feindre d’ignorer que ce groupe « usurpe l’autorité légitime et détourne l’aide humanitaire » [9].
 

2. La seconde guerre civile libyenne

 
La Libye constitue la deuxième ligne diplomatique majeure de ces dernières années entre Moscou et Ankara, notamment durant l’épilogue de la seconde guerre civile libyenne, à partir du mois d’avril 2019. A cette période, deux grands pôles politiques et militaires s’opposent en Libye : à l’est, le gouvernement de Tobrouk, soutenu par la Russie, l’Egypte, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, à la tête duquel se trouve le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL) ; à l’ouest, se trouve le Gouvernement d’accord national (GNA) de Faïez el-Sarraj, basé à Tripoli, et reconnu comme seul gouvernement légitime par la communauté internationale et soutenu par l’ONU, les Etats-Unis, le Qatar et la Turquie entre autres.
 
En avril 2019, les troupes du maréchal Haftar soutenues financièrement et logistiquement par la Russie - puis militairement avec le groupe Wagner, à partir de septembre 2019 [10] - lancent une vaste offensive au cours de laquelle les troupes du GNA se trouvent rapidement débordées. Constatant la fin potentiellement prochaine du gouvernement de Tripoli, la Turquie envoie dès le 9 mai du matériel de guerre en Libye : véhicules blindés, armement, drones, etc., qui permettent au GNA de renverser la situation et de stopper l’avancée des forces du maréchal Haftar dans les faubourgs de Tripoli.
 
Les mois qui suivront verront une intensification du conflit, Moscou et Ankara accroissant leur soutien à leur poulain respectif : tandis que les Russes enverront des mercenaires du groupe Wagner - jusqu’ à un millier de combattants de la société miliaire privée seront présents en permanence en Libye, de septembre 2019 à juillet 2020 [11] - afin d’aider le gouvernement de Tobrouk, la Turquie enverra quant à elle des contingents de l’armée régulière turque et des mercenaires de « l’Armée nationale syrienne » combattre au profit de Tripoli.
 
Grâce à l’appui turc, les forces de Faïez el-Sarraj regagneront rapidement du terrain et ébranleront l’assise du maréchal Haftar sur l’est libyen ; Vladimir Poutine s’entretiendra alors avec Recep Tayyip Erdogan et les deux présidents s’entendront pour établir un cessez-le-feu le 8 janvier 2020. Si les combats se poursuivront sporadiquement au cours de l’année, le cessez-le-feu sera globalement respecté ; Turcs et Russes maintiendront toutefois leurs positions et refuseront de quitter la Libye, trop soucieux de garantir la sécurité de leurs intérêts respectifs dans le pays [12], malgré un accord signé en octobre 2021 [13] prévoyant le départ des forces étrangères de Libye ; preuve de la défiance entre Russes et Turcs, Recep Tayyip Erdogan a affirmé qu’il ne retirerait ses troupes que lorsque les autres belligérants du conflit « l’auront d’abord fait » [14].
 

3. La seconde guerre du Haut-Karabagh

 
La revanche azérie sur l’Arménie dans le Haut-Karabagh en septembre et octobre 2020 constituera un nouveau terrain d’affrontement indirect entre la Russie et la Turquie. L’Arménie et l’Azerbaïdjan, irréconciliables adversaires transcaucasiens depuis l’ère soviétique, ont en effet lancé des opérations militaires dans la nuit du 26 au 27 septembre dans la région du Haut-Karabagh, relançant un premier conflit qui avait duré six ans, du 20 février 1988 au 16 mai 1994, et au cours de laquelle 30 000 personnes avaient perdu la vie [15]. L’enjeu des guerres du Haut-Karabagh porte son nom : cette région est l’objet d’un litige territorial entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan depuis la soviétisation de la Transcaucasie et n’a jamais trouvé, depuis, d’autres expressions que celle du conflit armé.
 
Le conflit de 2020 est toutefois singulier : sans que la presse n’y consacre une attention particulière, l’Azerbaïdjan s’était préparé depuis plusieurs années en modernisant son armée grâce à la Turquie [16] et, surtout, en faisant l’acquisition volontariste de drones armés turcs. La Turquie, très proche de l’Azerbaïdjan et particulièrement hostile à l’Arménie, joue ainsi un rôle déterminant dans ce conflit qu’elle soutiendra ouvertement [17]. La Russie, quant à elle, s’avère particulièrement proche de l’Arménie ; les deux pays font partie de la Communauté des États indépendants (CEI) et de l’alliance militaire pro-russe de l’« Organisation du traité de sécurité collective » (OTSC) [18] et, surtout, l’Arménie accueille en son sein une base aérienne russe, au nord d’Erevan. La coopération militaire russo-arménienne est à ce point étroite que le 30 juin 2016, les parlements russes et arméniens ratifiaient un accord visant à établir un dispositif de défense antiaérienne conjoint dans le Caucase [19] ; le 5 octobre 2017, les autorités russes et arméniennes s’entendaient par ailleurs autour de la création de forces militaires communes dotées d’un état-major russo-arménien [20].
 
Les forces arméniennes, dépassées technologiquement, seront toutefois balayées en 44 jours par l’armée azerbaïdjanaise, modernisée et formée par la Turquie : un expert occidental déclarera ainsi, à l’issue de la guerre, que la dissymétrie technologique s’apparentait à « Verdun contre Star Wars » [21]. Les Turcs seront portés en héros à travers l’Azerbaïdjan et, tandis que les forces spéciales turques défileront dans les rues de Bakou [22], le président azerbaïdjanais Aliyev décorera Selçuk Bayraktar, inventeur et producteur des drones turcs TB2 [23] pour le remercier de son rôle dans la défaite arménienne.
 
Les Russes tenteront de reprendre la main diplomatiquement en s’imposant comme les médiateurs du conflit ; le 9 novembre 2020, sous l’égide de Moscou, Bakou et Erevan accepteront de mettre fin au conflit, le président Aliyev s’empressant de caractériser cet accord comme une « capitulation » [24] de la part de l’Arménie. La Russie ne parviendra toutefois pas à garder le monopole de la résolution du conflit : après d’âpres négociations, et à la demande pressante de l’Azerbaïdjan, Moscou acceptera le 30 janvier 2021 d’ouvrir avec la Turquie un centre militaire conjoint de surveillance de respect du cessez-le-feu dans le Haut-Karabagh [25]. Moscou dénoncera toutefois régulièrement la violation du cessez-le-feu par l’Azerbaïdjan qui continuerait, selon elle, de cibler des positions arméniennes à l’aide de drones de manufacture turque [26].
 

4. La Russie et la Turquie, entre coopération hostile et compétition amicale

 
Malgré ces différends diplomatico-militaires majeurs, et malgré le fait que Recep Tayyip Erdogan ait pu « humilier Vladimir Poutine durant toute l’année [2020] » selon les termes d’un journaliste du journal américain Business Insider [27], la Russie et la Turquie parviennent systématiquement à surmonter leurs tensions et à composer l’une avec l’autre –sauf dans le cas, exceptionnel, de la destruction du Su-24 russe par la chasse turc le 24 novembre 2015, comme évoqué supra.
 
La résistance, voire la résilience de leurs relations, s’explique en particulier par le pragmatisme de leur politique étrangère d’une part et, de l’autre, par la même défiance dont les deux voisins pontiques font l’objet de la part des Etats-Unis, de l’Union européenne et de leurs alliés ; le tout sur fond de coopération économique et stratégique croissante. Conscients de leurs différends mais surtout de leurs intérêts communs, Moscou et Ankara parviennent ainsi à régulièrement trouver des compromis servant les intérêts des deux parties.
 
La Turquie et la Russie multiplient par ailleurs les gestes de bonne entente diplomatique visant à entretenir leur partenariat si particulier : par exemple, si la Turquie fournit des drones armés à l’Ukraine, elle est le seul pays de l’OTAN à ne pas avoir imposé de sanctions économiques à Moscou [28] ; de la même manière, bien qu’Ankara ait condamné l’offensive russe et fermé les détroits du Bosphore et des Dardanelles aux navires de guerre russes comme l’autorise la Convention de Montreux, elle a également annoncé, le 27 avril dernier, sa volonté de passer une nouvelle commande de S400 à la Russie [29].
 
Ce sens du compromis et du pragmatisme se retrouve notamment en Syrie : opposées dans la poche d’Idlib, la Russie et la Turquie parviennent à trouver des accords quelques kilomètres au nord-est, dans les territoires tenus par les Kurdes et/ou désormais aux mains des forces turques et de leurs alliés. Recep Tayyip Erdogan s’est en effet toujours coordonné avec Vladimir Poutine avant le lancement de ses différentes offensives dans le nord-est syrien ; il l’a encore fait le 30 mai 2022 [30] alors que la communauté internationale a les yeux rivés sur l’Ukraine et qu’une nouvelle offensive turque se dessine en Syrie afin de prendre possession cette fois des secteurs de Manbij, Tall Rifat et Kobané [31], ville symbole de la résistance kurde contre l’Etat islamique.
 
Moscou et Ankara acceptent par ailleurs de partager une forme de condominium dans la résolution de conflits où Turcs et Russes se sont pourtant opposés et qu’ils ont mené par le biais d’alliés locaux et de proxies. En Syrie par exemple, après s’être opposées militairement indirectement en 2020, la Russie et la Turquie se sont entendues pour mener des patrouilles militaires conjointes le long de la ligne de front afin de veiller au respect du cessez-le-feu qu’elles ont elles-mêmes imposé [32]. Il en va de même en Libye pour les gouvernements de Tripoli et Tobrouk, pourtant soutenus par une pléiade d’acteurs différents - et dans certains cas d’acteurs majeurs, comme la France et l’Egypte par exemple - qui se sont soumis rapidement à la décision russo-turque d’imposer un cessez-le-feu sur la ligne de front [33]. Dans le Haut-Karabagh, si le soutien militaire des deux voisins pontiques au profit de leurs poulain arménien et azerbaïdjanais s’est avéré moins notable au moment des combats qu’il n’a pu l’être en Syrie ou en Libye, c’est à nouveau Moscou et Ankara qui, après une médiation ratée [34] du groupe de Minsk [35], sont parvenus à imposer - et superviser - un cessez-le-feu, choisissant les pays à inclure - ou non - dans le processus [36].
 
La guerre en Ukraine apparaît, à bien des égards, comme une illustration particulièrement éloquente de la singularité des relations russo-turques et sur le jeu d’équilibriste permanent auquel se livre la présidence turque vis-à-vis de la Russie. Comme évoqué supra, Ankara parvient à maintenir un degré élevé de coopération tant avec Kiev qu’avec Moscou : pragmatique et embourbé dans une crise économique majeure [37], président d’un pays dont l’économie s’avère particulièrement vulnérable et dépendante aux hydrocarbures et au blé russes, Recep Tayyip Erdogan tente de conserver son partenariat stratégique avec l’Ukraine [38] sans perdre celui que la Turquie entretient avec la Russie.
 
Force reste de constater, aujourd’hui, que cette diplomatie de l’équilibriste fonctionne : la Turquie est parvenue à s’imposer comme le seul médiateur de confiance du conflit en cours, tant par l’Ukraine que la Russie ; les deux belligérants ont effet accepté le 28 mars d’envoyer des émissaires à Istanbul afin de discuter des modalités et conditions d’une fin du conflit [39]. Israël s’était pourtant positionné dès le début du conflit dans le rôle du médiateur, le Premier ministre israélien Naftali Bennett devenant, le 5 mars 2022, le premier chef d’Etat étranger à être reçu à Moscou depuis le début de l’offensive russe en Ukraine [40]. C’est pourtant la Turquie que les deux belligérants ont choisis et, si les négociations piétinent [41], Istanbul demeure, aujourd’hui, la seule arène où Russes et Ukrainiens acceptent de discuter pacifiquement des modalités d’une potentielle fin du conflit.
 

Conclusion

 
Les relations russo-turques se distinguent ainsi par leur caractère profondément atypique : malgré des différends ayant pu tourner en plusieurs occasions en des affrontements armés indirects entre Moscou et Ankara, ces derniers sont toujours parvenus à surmonter les tensions les opposant et à trouver un terrain d’entente où les intérêts des deux parties étaient respectés. Economiquement et stratégiquement indispensables l’une envers l’autre, la Turquie et la Russie poursuivent une politique régionale similaire les conduisant à se trouver régulièrement dans des situations de face-à-face diplomatico-militaires ; leur pragmatisme et leur capacité à trouver des compromis leur ont permis, ensemble, de damer le pion à des puissances diplomatiques majeures, à l’instar des Etats-Unis en Syrie, de la France en Libye ou encore du groupe de Minsk dans le Haut-Karabagh.
 
Les relations russo-turques, oscillant en permanence entre coopération hostile et compétition amicale, apparaissent ainsi dominées par une entente implicite forte, cimentée tant par leurs politiques étrangères croisées que par la relation entretenue par Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan qui, tant à la tête de la présidence que de la primature de leur pays respectif, ont appris à se connaître depuis plus d’une vingtaine d’années maintenant. Si les deux voisins pontiques continueront certainement à entrer en concurrence diplomatiquement et parfois militairement dans les années à venir, les très faibles probabilités d’une franche opposition de la Turquie à l’égard de la Russie et réciproquement laissent à penser que les relations russo-turques continueront de se caractériser par l’entente implicite et si singulière qui les unit aujourd’hui.

Sitographie :
- Russia accuses Turkey of illegally sending strike drones into Syria’s Idlib, Reuters, 27/02/2020
https://www.reuters.com/article/syria-security-turkey-russia-drones-idUKL5N2AR9AY
- Erdoğan : İdlib’de 59 şehit verdik, Sözcü, 08/03/2020
https://www.sozcu.com.tr/2020/gundem/erdogan-idlibde-59-sehit-verdik-5667724/
- Russia denies responsibility after strikes kill at least 33 Turkish troops in Syria, ABC News, 28/02/2020
https://abcnews.go.com/International/russia-denies-responsibility-strikes-kill-33-turkish-troops/story?id=69277062
- Deciphering Turkey’s darkest night in Syria, Al Monitor, 28/02/2020
https://www.al-monitor.com/originals/2020/02/turkey-syria-russia-deciphering-attack-on-turkish-troops.html
- La Turquie lance une offensive militaire en Syrie, deux avions du régime abattus, Le Temps, 02/03/2020
https://www.letemps.ch/monde/turquie-lance-une-offensive-militaire-syrie-deux-avions-regime-abattus
- Russian jets bomb opposition-held Idlib – witnesses, Reuters, 18/08/2020
https://www.reuters.com/article/uk-syria-crisis-russia-idlib-idUKKCN25E250
- Le fragile cessez-le-feu à Idlib, un revers pour Erdogan, Le Monde, 06/03/2020
https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/06/syrie-poutine-et-erdogan-s-entendent-pour-un-fragile-cessez-le-feu-a-idlib_6032019_3210.html
- Wagner Group : les secrets de l’intervention russe en Libye dévoilés par une tablette, BBC News, 12/08/2021
https://www.bbc.com/afrique/region-58173286
- Libya’s rival sides sign initial deal on mercenaries pullout, Al Jazeera, 09/10/2021
https://www.aljazeera.com/news/2021/10/9/libyan-rivals-sign-initial-deal-on-pullout-of-mercenaries
- What next for world powers in war-torn Libya ?, Al Jazeera, 29/01/2022
https://www.aljazeera.com/news/2022/1/29/what-next-for-world-powers-in-war-torn-libya
- Turkey and Russia Remain at Odds as Libya Edges Towards Political Settlement, Russian Council, 31/03/2021
https://russiancouncil.ru/en/analytics-and-comments/columns/middle-east-policy/turkey-and-russia-remain-at-odds-as-libya-edges-towards-political-settlement/
- Nagorno-Karabakh Conflict, Center for Preventive Action, 12/03/2022
https://www.cfr.org/global-conflict-tracker/conflict/nagorno-karabakh-conflict
- Turkey’s Overlooked Role in the Second Nagorno-Karabakh War, GMF, 21/01/2021
https://www.gmfus.org/news/turkeys-overlooked-role-second-nagorno-karabakh-war
- Did Erdogan approve Azerbaijan escalation in Nagorno-Karabakh ?, Al Monitor, 02/10/2020
https://www.al-monitor.com/originals/2020/10/turkey-erdogan-approve-azerbaijan-escalation-armenia-nagorno.html
- Armenia ratifies agreement on joint air-defense system with Russia, Reuters, 30/06/2016
https://www.reuters.com/article/us-armenia-russia-defence-idUSKCN0ZG2AS
- Armenian Parliament Approves New Defense Agreement with Russia, The Armenian Weekly, 05/10/2017
https://armenianweekly.com/2017/10/05/armenian-parliament-approves-new-defense-agreement-russia/
- Guerre du Haut-Karabakh : « C’était Verdun contre Star Wars », L’Opinion, 06/01/2021
https://www.lopinion.fr/international/guerre-du-haut-karabakh-cetait-verdun-contre-star-wars
- Russia and Turkey open joint military center in Azerbaijan, Eurasianet, 02/02/2021
https://eurasianet.org/russia-and-turkey-open-joint-military-center-in-azerbaijan
- Russia accuses Azerbaijan of violating Nagorno-Karabakh ceasefire, France24, 26/03/2022
https://www.france24.com/en/europe/20220326-russia-accuses-azerbaijan-of-violating-nagorno-karabakh-ceasefire
- Turkey’s Erdogan has been humiliating Putin all year — here’s how he did it, Insider, 22/10/2020
https://www.businessinsider.com/turkey-humiliating-russia-putin-playbook-syria-libya-armenia-azerbaijan-2020-10?r=US&IR=T
- Turkey could buy 2nd S-400 unit from Russia : SSB’s Demir, Daily Sabah, 27/04/2022
https://www.dailysabah.com/business/defense/turkey-could-buy-2nd-s-400-unit-from-russia-ssbs-demir
- Erdogan Discusses Turkey’s Syria Incursion Plans With Putin, VOA, 30/05/2022
https://www.voanews.com/a/erdogan-discusses-turkey-s-syria-incursion-plans-with-putin-/6596067.html
- Erdogan’s vowed military operation returns spotlight to Syrian border towns, Arab News, 23/10/2019
https://www.arabnews.com/node/2089511/middle-east
- Libya Cease-Fire Talks In Moscow Adjourned Until January 14, Radio Free Europe, 13/01/2020
https://www.rferl.org/a/libya-lna-gna-agree-ceasefire-russia-turkey-haftar-putin-merkel/30372598.html
- The Minsk Group Is Meaningless, Foreign Policy, 23/07/2021
https://foreignpolicy.com/2021/07/23/armenia-azerbaijan-nagorno-karabakh-osce-minsk-group-meaningless/
- Turkey, Russia discuss involving other countries in Nagorno-Karabakh ceasefire efforts, Euractiv, 25/11/2020
https://www.euractiv.com/section/global-europe/news/turkey-russia-discuss-involving-other-countries-in-nagorno-karabakh-ceasefire-efforts/
- Turkey’s war with inflation : ‘Prices change daily and everyone is scared’, The Guardian, 16/04/2022
https://www.theguardian.com/business/2022/apr/16/turkeys-war-with-inflation-prices-change-daily-and-everyone-is-scared
- Guerre en Ukraine : La nouvelle session de négociations aura lieu à Istanbul, selon la présidence turque, 20 Minutes, 28/03/2022
https://www.20minutes.fr/monde/3260835-20220328-guerre-urkaine-nouvelle-session-negociations-lieu-istanbul-selon-presidence-turque
- Poutine reçoit le Premier ministre israélien à Moscou, Anadolu Ajansi, 05/03/2022
https://www.aa.com.tr/fr/monde/poutine-recoit-le-premier-ministre-isra%C3%A9lien-%C3%A0-moscou/2525147
- Ukraine : les négociations de paix suspendues, Moscou ne « comprend pas » la situation, Le Figaro, 17/05/2022
https://www.lefigaro.fr/flash-actu/ukraine-les-negociations-de-paix-suspendues-moscou-ne-comprend-pas-la-situation-20220517

Publié le 19/08/2022


Emile Bouvier est chercheur indépendant spécialisé sur le Moyen-Orient et plus spécifiquement sur la Turquie et le monde kurde. Diplômé en Histoire et en Géopolitique de l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, il a connu de nombreuses expériences sécuritaires et diplomatiques au sein de divers ministères français, tant en France qu’au Moyen-Orient. Sa passion pour la région l’amène à y voyager régulièrement et à en apprendre certaines langues, notamment le turc.


 


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