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La crise hydrique en Syrie : un vecteur croissant de conflits, actuels comme futurs (2/2) : le rôle des variations hydriques et climatologiques dans la crise syrienne

Par Emile Bouvier
Publié le 24/03/2020 • modifié le 21/04/2020 • Durée de lecture : 10 minutes

Lire la partie 1

1. Une situation alarmante dès 2008

Au regard de la guerre civile actuelle, certains analystes ont affirmé que les facteurs liés à la sécheresse, dont l’effondrement agricole, le stress hydrique et la mauvaise gestion de l’eau, ont joué un rôle prépondérant dans la détérioration du lien social et dans le développement de la violence ayant mené au conflit. Ces chercheurs soulignent en particulier le rôle de la combinaison unissant une sécheresse sévère, l’effondrement agricole et la détérioration de l’économie nationale, dans la dislocation du lien social et la mise en mouvement de l’exode rural. Ces facteurs ont davantage contribué au chômage urbain, à la dégradation de l’économie syrienne et à l’apparition de mouvements sociaux.

Déjà, début 2008, un télégramme diplomatique de l’ambassade américaine à Damas, destiné au Département d’Etat à Washington, mettait en garde contre les conséquences de la sécheresse (1). Le télégramme mettait notamment en avant un briefing du représentant syrien de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Abdullah bin Yehia, sur les impacts de la sécheresse, qu’il décrivait comme une « tempête parfaite » quand elle était combinée à d’autres facteurs de socioéconomiques. Les préoccupations exprimées à ce moment mettaient notamment l’accent sur la forte probabilité que les déplacements de population puissent agir comme un coefficient multiplicateur des pressions socioéconomiques sapant la stabilité déjà branlante de la Syrie. En juillet 2008, le ministère syrien de l’Agriculture annonçait publiquement aux responsables des Nations unies que les conséquences sociales et économiques de la sécheresse étaient « bien au-delà de nos capacités, en tant que pays, à y faire face » (2).

Entre 2006 et 2009, environ 1,3 millions d’habitants de l’est de la Syrie étaient affectés par l’effondrement agricole de leur pays (3). Un total estimé de 800 000 personnes a connu un bouleversement de leur mode de vie et la perte de leur principal source d’alimentation (4). Durant cette période, la production de blé a chuté de 47% et celle d’orge de 67%, tandis que les stocks de bétail s’effondraient eux aussi (5). Un retour de la sécheresse en 2011 a encore davantage empiré la situation. A la fin de l’année 2011, les Nations unies estimaient qu’entre deux et trois millions de personnes étaient affectées, dont un million en situation d’insécurité alimentaire. Plus d’un million et demi de personnes - essentiellement des ouvriers agricoles et des familles de fermiers - ont dû quitter leurs propriétés afin de se rendre dans les villes ou dans des camps improvisés à proximité des villes majeures de Syrie : Alep, Damas, Dara’a, Deir ez Zor, Hama et Homs (6).

La FAO a quant à elle conduit une série d’audits agricoles et alimentaires en Syrie entre mars et août 2011, et à nouveau en juin 2012, afin de jauger le degré de gravité de la situation. Chacune de ces études a constaté que la pauvreté et l’insécurité alimentaire augmentaient exponentiellement avec la sécheresse, tandis que l’étude conduite en 2012 identifiait trois millions de personnes en « besoin urgent » d’assistance alimentaire et concluait que « l’exploitation agricole de l’eau est devenue écologiquement insoutenable » (7).

2. Des erreurs politiques à l’origine d’une aggravation de la situation et d’une certaine rancœur sociale

Cette situation a encore davantage empiré en raison d’erreurs politiques particulièrement coûteuses de la part des autorités syriennes. Par exemple, l’administration du régime de Bachar al-Assad octroyait traditionnellement de généreuses subventions au secteur agricole syrien, et notamment aux exploitations fortement consommatrices d’eau, comme celles cultivant le coton ou le blé. Or, la majorité des exploitations agricoles syriennes nécessitait une très nette modernisation, et se contentait de systèmes d’irrigation obsolètes et peu efficaces. En tout et pour tout, moins d’un cinquième des exploitations agricoles utilisait des systèmes d’arrosage modernes ; la moitié des sources d’irrigation venait, quant à elles, des nappes phréatiques, déjà surexploitées (8). Selon le chercheur autrichien Yoshihide Wada (9), 78% des pompages de nappes phréatiques en Syrie n’étaient pas soutenables, leur taux de pompage excédant celui de renouvellement de la source. L’exploitation des eaux en amont par la Turquie, pour ses propres besoins en agriculture et le développement de la région du sud-est anatolien, a décru davantage encore le débit d’eau disponible en aval, en Syrie. Tous ces facteurs ont donné significativement plus d’ampleur à l’incertitude économique et politique.

De fait, ces facteurs entrent dans l’équation politique, sociale et économique ayant mené à l’éruption du conflit. Les premiers soulèvements se sont en effet produits dans la région de Dera’a, qui est l’une des villes ayant été les plus affectées par l’arrivée massives de paysans et de jeunes sans emploi ayant quitté la campagne en raison de l’effondrement agricole. La ville de Deir ez Zor, l’une des plus touchées par la sécheresse, sera quant à elle l’une des villes où l’armée syrienne subira l’un des sièges les plus durs lors des soulèvements.

Comme l’explique la chercheuse américaine Suzanne Saleeby (10), l’échec du régime à mettre en place des mesures économiques efficaces pour amoindrir les effets de la sécheresse a été l’un des vecteurs critiques de l’émergence des mouvements contestataires puis, rapidement, révolutionnaires. Pourtant, le régime de Bachar el-Assad n’était pas resté inactif : avant la guerre, le gouvernement syrien était en effet parvenu à accroître l’accès à l’eau, à ériger des ouvrages hydrauliques qui ont fortement bénéficié aux communautés rurales, et à accroître la production agricole de façon notable. Toutefois, malgré le succès « visible » de ces mesures, les autorités syriennes n’avaient pas anticipé leurs effets secondaires, comme l’augmentation du stress hydrique consécutive au renforcement de la production agricole, ou encore la salinisation des exploitations agricoles en raison de la surexploitation de l’eau.

Ces effets, ainsi que d’autres facteurs humains et environnementaux comme la surexploitation des sols, les installations énergétiques ou encore l’industrialisation à marche forcée, ont accru davantage encore la vulnérabilité hydrique et climatique de la Syrie, en provoquant des sécheresses ou des inondations que le pays n’avait pas connues jusqu’ici. La surexploitation des sols a en effet conduit à une baisse significative du niveau des nappes phréatiques et, dans certains cas, à une pollution de l’eau par la présence de sel et de nitrate, rendant l’eau des puits artificiels non-potable.

La privatisation croissante des exploitations agricoles a également accru les tensions sociales locales, certains Syriens n’hésitant pas à forer, illégalement, leur propre puits, afin d’extraire de l’eau que les exploitations agricoles voisines s’accaparaient : de 135 000 puits en 1999, la Syrie en compte 213 000 en 2007 selon le Centre national syrien des politiques agricoles (11). Cet ensemble complexe de facteurs a contribué à l’ampleur et à la sévérité des soulèvements. « Il est logique de conclure que l’accroissement de la pression sur les zones urbaines en raison des déplacements de populations, de l’intensification de l’insécurité alimentaire et de l’augmentation consécutive du taux de chômage ont poussé un grand nombre de Syriens à exprimer publiquement leur colère », affirme ainsi la chercheuse Suzanne Saleeby. La région de Dera’a, cœur historique de la rébellion, figure là encore comme une illustration de ce constat : autrefois l’un des greniers à blé de la Syrie, la région est l’une de celles qui a subi le plus les sécheresses successives auxquelles les Syriens ont dû faire face, et dans laquelle les soulèvements ont été parmi les plus étendus (12).

3. L’eau, arme incontournable du conflit en Syrie

Au-delà de son rôle dans le déclenchement du conflit, l’eau fait aussi figure d’arme de guerre en Syrie. En effet, au fur et à mesure que les affrontements se sont accrus, les attaques visant spécifiquement les installations hydrauliques se sont multipliées, en raison de leur forte valeur stratégique. Durant les combats autour d’Alep en 2012, le principal pipeline d’acheminement en eau de la ville a été fortement endommagé le 9 septembre et, en quelques jours, les trois millions d’habitants ont commencé à faire face à des pénuries d’eau potable (13).

A la fin du mois de novembre 2012, les rebelles syriens anti-Assad ont quant à eux pris le barrage hydroélectrique de Tishrin, sur l’Euphrate, après d’âpres combats. Ce barrage est d’une forte valeur stratégique pour le régime d’Assad et alimente en électricité de larges portions du territoire syrien. En février 2013, les forces rebelles ont pris le barrage de Tabqa/al-Thawrah, plus grand ouvrage hydraulique du pays et fournissant l’essentiel de l’électricité de la ville d’Alep. Ces ciblages spécifiques d’ouvrages hydroélectriques montrent la valeur hautement stratégique de l’eau dans un conflit, et en particulier dans un pays comme la Syrie qui s’en montre particulièrement dépourvu.

4. Perspectives du stress hydrique en Syrie

Au début de l’année 2008, plusieurs indicateurs ont montré que la fréquence et l’intensité des sécheresses dans les pays du bassin Levantin avaient changé comparé aux variations habituelles. La chercheuse américaine Anastasia Romanou et son équipe (14) montrent ainsi de significatives augmentations du taux d’évaporation de l’eau dans les pays de la Méditerranée orientale entre 1988 et 2006, due selon toute vraisemblance à un accroissement de la température à la surface de l’eau. En effet, pour ces chercheurs, le changement climatique est déjà en train d’influencer les sécheresses dans la région en réduisant les pluies hivernales et en accroissant l’évapotranspiration. Cette étude suggère que les sécheresses hivernales sont de plus en plus communes et que la main de l’homme y est pour beaucoup. Un autre chercheur, Martin Hoerling (15), affirme ainsi que « la magnitude et la fréquence des sécheresses qui se produisent sont trop importantes pour être expliquées par de seules variables naturelles ».

L’avenir de la Syrie s’avère, de fait, particulièrement pessimiste en matière de rétablissement hydrique. En plus de l’instabilité politique et sécuritaire qui entrave toute mise en œuvre d’une politique hydrologique cohérente, la croissance démographique s’avère un enjeu de taille, couplée à l’incapacité des différents pays du Moyen-Orient à s’entendre sur une répartition équitable et coordonnée des ressources hydriques. Depuis maintenant près de 20 ans, les chercheurs explorent de façon croissante le lien entre le changement climatique et la sécurité internationale. Ces études mettent notamment l’accent sur la corrélation entre conflit, croissance démographique incontrôlée, stress hydrique et production agricole (16).

Afin de projeter une image de la situation hydrique potentielle de la Syrie dans les prochaines décennies, une étude (17) s’est concentrée sur la région de Damas, et notamment sur la source Figeh. Cette dernière s’avère être l’une des plus abondantes sources d’eau au monde et alimente en eau potable près de trois millions de personnes. Sans rentrer dans le détail scientifique des études réalisées sur cette source, les chercheurs estiment une diminution du débit de cette source d’environ 220% pour la période 2021-2050 et près de 250% pour la période 2069-2098, comparée à la période 1961-1990. Un déclin de cette ampleur du débit du fleuve aurait des effets colossaux sur la disponibilité en eau locale.

Une autre étude (18) s’est quant à elle penchée sur la zone, bien plus vaste, des bassins du Tigre et de l’Euphrate. Leurs auteurs avaient pour objectif d’évaluer les impacts hydrologiques du changement climatique selon plusieurs scénarios essentiellement sériés selon leur degré d’optimisme ou de pessimisme. Toutes les simulations ont eu pour résultat des températures et un taux d’évaporation significativement plus élevés, notamment dans les plateaux où les précipitations sont les plus élevées. Les variations des précipitations se sont quant à elles avérées diverses, avec une diminution très nette au nord du pays et une légère augmentation au sud. Dans toutes les simulations, une diminution des chutes de neige a été notée, en raison d’une hausse des températures globales.

Globalement, concernant le débit du Tigre et de l’Euphrate, les simulations sont unanimes : le débit de surface des deux fleuves devrait diminuer d’environ 25% à 55%. Les auteurs notent notamment que cette réduction du débit sera d’autant plus importante dans le bassin partagé par la Turquie et la Syrie et les exposera, de fait, davantage au changement climatique et aux sécheresses. En aval, l’Irak devrait particulièrement pâtir de cette diminution du débit, le bien-surnommé « pays des deux fleuves » s’avérant particulièrement tributaire de l’exploitation de l’eau par ses voisins syrien et turc.

Les implications de ces mutations hydrologiques pour l’économie de la Syrie et la situation politique du pays sont en revanche bien plus difficiles à projeter, en raison des multiples et imprévisibles variables pouvant entrer dans l’équation syrienne. Toutefois, il semble peu risqué de se prononcer sur une aggravation de la situation économique syrienne et, partant, sociopolitique : les changements climatiques et hydrologiques énumérés précédemment sont en effet synonymes d’une diminution de la production agricole, de la sécurité alimentaire des Syriens, d’une plus grande vulnérabilité hydrique, d’une dépendance accrue aux importations… En l’absence de politiques publiques volontaristes et cohérentes, l’accroissement du stress hydrique en Syrie risque de représenter, de façon croissante et sur le long terme, une menace sécuritaire indirecte pour un pays qui ne sera pas, avant longtemps, en mesure de s’en sauvegarder.

Notes :
(1) https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0962629816301822
(2) https://wikileaks.org/plusd/cables/08DAMASCUS847_a.html
(3) https://www.nytimes.com/2015/03/03/science/earth/study-links-syria-conflict-to-drought-caused-by-climate-change.html
(4) Ibid.
(5) ACSAD, 2011 : Drought vulnerability in the Arab Region : Case study ; Drought in Syria-Ten years of scarce water (2000–2010). Weather, Climate and Society, vol. 6, ISDR and the Arab Center for the Studies of Arid Zones and Dry Lands, 74 pp
(6) https://news.un.org/en/story/2014/05/468412-conflict-drought-impact-crop-prospects-syria-un-agency-says
(7) FAO, 2012 : Syrian Arab Republic Joint Rapid Food Security Needs Assessment (JRFSNA). FAO Rep., 26 pp.
(8) Salman, M., et W. Muallah, 2003 : The utilization of water resources for agriculture in Syria : Analysis of current situation and future challenges. Proc. Int. Seminar on Water Issues of the World Federation of Scientists, Erice, Sicily, Italy, IPTRID, 11 pp.
(9) Wada, Yoshihide, Ludovicus PH Van Beek, Cheryl M. Van Kempen, Josef WTM Reckman, Slavek Vasak, and Marc FP Bierkens. "Global depletion of groundwater resources." Geophysical research letters 37, no. 20 (2010).
(10) https://www.jadaliyya.com/Details/25271
(11) https://www.thestar.com/news/world/2013/03/16/a_rural_exodus_as_drought_takes_hold_of_syria.html
(12) https://edition.cnn.com/2012/03/01/world/meast/syria-crisis-beginnings/index.html
(13) https://www.theguardian.com/world/middle-east-live/2012/sep/09/syria-aleppo-water-supply-live
(14) Romanski, Joy, Anastasia Romanou, Michael Bauer, and George Tselioudis. "Atmospheric forcing of the Eastern Mediterranean Transient by midlatitude cyclones." Geophysical research letters 39, no. 3 (2012).
(15) Hoerling, Martin, Jon Eischeid, Judith Perlwitz, Xiaowei Quan, Tao Zhang, and Philip Pegion. "On the increased frequency of Mediterranean drought." Journal of climate 25, no. 6 (2012) : 2146-2161.
(16) Cf. par exemple Gleick, Peter H. "Climate change, hydrology, and water resources." Reviews of Geophysics 27, no. 3 (1989) : 329-344. ou encore Barnett, J., & Adger, W. N. (2007). Climate change, human security and violent conflict. Political geography, 26(6), 639-655.
(17) Kunstmann, H., G. Smiatek, and S. Kaspar. "Hydrological Climate Change Impact Analysis for the Figeh-Spring System in Damascus/Syria." In EGU General Assembly Conference Abstracts, vol. 14, p. 10786. 2012.
(18) Bozkurt, Deniz, and Omer Lutfi Sen. "Climate change impacts in the Euphrates–Tigris Basin based on different model and scenario simulations." Journal of hydrology 480 (2013) : 149-161.

Lire sur Les clés du Moyen-Orient :
- L’eau au Moyen-Orient
- Le canal de la paix : une réponse à la crise hydrique en Jordanie
- Compte rendu du Colloque « Hydrodiplomatie et changement climatique pour la paix au Moyen-Orient », tenu le 1er décembre 2015 au Sénat à Paris, en marge de la COP21
- Entretien avec le Dr Fadi Comair – L’hydrodiplomatie au Proche-Orient
- La crise de l’eau en Iran : tensions sociales et impasses économiques (1/2)
- L’Iran, en première ligne de la « crise de l’eau ». Etat des lieux hydrologique du pays et de ses ouvrages hydrauliques (2/2)

Bibliographie :
- Gleick, Peter H. "Water, drought, climate change, and conflict in Syria." Weather, Climate, and Society 6, no. 3 (2014) : 331-340.
- King, Marcus DuBois. "The weaponization of water in Syria and Iraq." The Washington Quarterly 38, no. 4 (2015) : 153-169.
- Gleick, Peter H. "Water as a weapon and casualty of armed conflict : A review of recent water related violence in Iraq, Syria, and Yemen." Wiley Interdisciplinary Reviews : Water 6, no. 4 (2019) : e1351.
- Von Lossow, Tobias. "The rebirth of water as a weapon : IS in Syria and Iraq." The International Spectator 51, no. 3 (2016) : 82-99.
- Yetim, Muserref. Negotiating International Water Rights : Natural Resource Conflict in Turkey, Syria and Iraq. Bloomsbury Publishing, 2016.
- Sikder, Mustafa, Umar Daraz, Daniele Lantagne, and Roberto Saltori. "Water, sanitation, and hygiene access in southern Syria : analysis of survey data and recommendations for response." Conflict and health 12, no. 1 (2018) : 17.
- Eklund, Lina, and Darcy Thompson. "Differences in resource management affects drought vulnerability across the borders between Iraq, Syria, and Turkey." Ecology and Society 22, no. 4 (2017).
- Kelley, Colin, Shahrzad Mohtadi, Mark Cane, Richard Seager, and Yochanan Kushnir. "Commentary on the Syria case : Climate as a contributing factor." Political Geography 60, no. 1 (2017) : 245-247.
- Bozkurt, Deniz, and Omer Lutfi Sen. "Climate change impacts in the Euphrates–Tigris Basin based on different model and scenario simulations." Journal of hydrology 480 (2013) : 149-161.
- Kunstmann, H., G. Smiatek, and S. Kaspar. "Hydrological Climate Change Impact Analysis for the Figeh-Spring System in Damascus/Syria." In EGU General Assembly Conference Abstracts, vol. 14, p. 10786. 2012.
- Hoerling, Martin, Jon Eischeid, Judith Perlwitz, Xiaowei Quan, Tao Zhang, and Philip Pegion. "On the increased frequency of Mediterranean drought." Journal of climate 25, no. 6 (2012) : 2146-2161.
- Romanski, Joy, Anastasia Romanou, Michael Bauer, and George Tselioudis. "Atmospheric forcing of the Eastern Mediterranean Transient by midlatitude cyclones." Geophysical research letters 39, no. 3 (2012).

Sitographie :
- In Syria, everyone uses water as a weapon of war, The Arab Weekly, 02/04/2017
https://thearabweekly.com/syria-everyone-uses-water-weapon-war
- ISIS Could Kill Thousands With ‘Biblical’ Weapon, The Daily Beast, 12/09/2017
https://www.thedailybeast.com/isis-could-kill-thousands-with-biblical-weapon
- Water Crisis Looms as Syria Military Conflict Winds Down, VOA News, 28/08/2018
https://www.voanews.com/middle-east/water-crisis-looms-syria-military-conflict-winds-down
- War for Water ? Syria, Iraq and Turkey Will Next Fight for Rivers, Report Says, Newsweek, 27/07/2018
https://www.newsweek.com/war-water-syria-iraq-turkey-will-next-fight-rivers-report-says-1046349
- Water supplies in Syria deteriorating fast due to conflict, experts warn, The Guardian, 07/09/2016
https://www.theguardian.com/environment/2016/sep/07/water-supplies-in-syria-deteriorating-fast-due-to-conflict-experts-warn
- Is Syria really a ‘climate war’ ? We examined the links between drought, migration and conflict, The Conversation, 21/07/2017
http://theconversation.com/is-syria-really-a-climate-war-we-examined-the-links-between-drought-migration-and-conflict-80110

Publié le 24/03/2020


Emile Bouvier est étudiant à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, où il prépare les concours de la fonction publique. Diplômé d’un Master 2 en Géopolitique, il a connu de nombreuses expériences au Ministères des Armées, notamment au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à l’Etat-major des Armées dans une cellule d’analyse géopolitique, ou encore en Mission de Défense (MdD) en Turquie. Son grand intérêt pour la Turquie et la question kurde l’ont amené à voyager à de nombreuses reprises dans la région et à travailler sur les problématiques turques et kurdes à de multiples occasions.


 


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