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L’intelligence artificielle, nouvel or noir du Moyen-Orient (1/4). Des États moyen-orientaux particulièrement portés vers l’IA

Par Emile Bouvier
Publié le 26/02/2026 • modifié le 26/02/2026 • Durée de lecture : 11 minutes

Le Moyen-Orient n’échappe pas à cette règle : les crises politico-sécuritaires de ces dernières années n’ont en rien empêché plusieurs pays de la région - y compris ceux engagés dans des conflits armés, comme Israël - de développer à marche forcée l’intelligence artificielle, au point de compter parmi les pays les plus à la pointe dans cette nouvelle technologie. Les Émirats arabes unis, en particulier, se distinguent en la matière : premier pays à avoir établi un ministère d’Etat à l’Intelligence artificielle [4], ils s’imposent, à force d’investissements colossaux et de politiques publiques volontaristes en faveur de l’IA, comme l’un des leaders de la région. Ils sont, pour autant, talonnés de près par l’Etat hébreu qui, fort d’une avance très confortable dans le domaine de l’IA, en est devenu l’une des références mondiales ; l’Arabie saoudite et dans une moindre mesure le Qatar tentent, eux aussi, de concurrencer leurs voisins régionaux afin de sécuriser une place dans le cercle, très concurrentiel autant qu’extrêmement évolutif, des pays moteurs de cette nouvelle technologie.

Au vu de l’effervescence sociale, politique et économique accompagnant le développement quasi-incompressible de l’intelligence artificielle et de la difficulté, paradoxalement, à trouver des données claires, voire fiables, sur le sujet [5], cet article entend dresser un point de situation de la place qu’occupe aujourd’hui l’IA dans les sphères politiques, économiques et militaires au Moyen-Orient, et du rapport de forces qu’elle implique entre les États de la région. En première partie, il s’attachera d’abord à présenter l’intérêt particulièrement prononcé des pays du Moyen-Orient pour l’intelligence artificielle, en dépit de certaines disparités culturelles et économiques, et leur motivation toute particulière à investir dans cette nouvelle technologie. La deuxième partie abordera dès lors la création à marche forcée, par les pays de la région, d’écosystèmes politico-économiques favorables au développement de l’IA. A cette analyse succèdera, en troisième partie, celle de la course aux infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle, qu’il s’agisse de centres de données ou d’installations énergétiques et de connectivité. Enfin, cet article se conclura sur un état des lieux des succès et applications concrètes de l’IA, à la fois fruits et prémices des efforts des pays de la région au profit de cette technologie.

Première partie : des États moyen-orientaux particulièrement portés vers l’IA

Malgré l’alacrité ayant caractérisé son essor ces dernières années, l’intelligence artificielle est un objet de recherches et de développement aussi ancien que transnational, et qui regroupe un ensemble de réalités très variées. Une présentation liminaire de quelques-unes des notions-clés de cette technologie apparaît donc nécessaire pour une meilleure compréhension de l’article (I) et, notamment, de l’attrait exercé par les promesses de l’IA sur les pays du Moyen-Orient (II) malgré certaines disparités entre eux (III) qui, malgré tout, restent unis par une disposition traditionnellement plus favorable que celle d’une large partie du monde à l’égard des nouvelles technologies de l’information et de la communication (IV).

I. Présentation liminaire de quelques notions-clés

La complexité des enjeux techniques liés à l’intelligence artificielle (IA) impose, tout d’abord, la présentation de quelques notions-clés. En premier lieu, il convient de rappeler ce qu’est l’IA : il s’agit de l’ensemble des méthodes et systèmes informatiques capables de percevoir leur environnement, d’apprendre à partir de données, de raisonner et d’agir de façon autonome afin d’atteindre des objectifs, d’une manière qui imite ou reproduit certaines capacités de l’intelligence humaine.

L’IA se scinde en plusieurs types, parfois cumulés au sein d’un seul et même outil, qu’il convient, là encore, de définir : l’un des plus connus, des plus utilisés et des plus polémiques - en raison notamment de la concurrence qu’il oppose de plus en plus à la création artistique humaine [6] ou encore de la potentielle atrophie cognitive [7] qu’il impose à ses utilisateurs les plus assidus ou parmi les écoliers et étudiants [8] - est l’IA générative, c’est-à-dire une IA capable de créer du contenu nouveau : textes, images (à l’instar de celle ci-dessous, entièrement générée par intelligence artificielle suivant une consigne écrite [un « prompt » selon la terminologie anglophone dédiée]), musiques, vidéos, code informatique, voix, etc., dont ChatGPT est l’une des incarnations les plus célèbres.

Photo générée par l'IA.
Photo générée par l’IA.

Vient ensuite l’IA analytique ou prédictive : elle ne crée pas mais établit, grâce à des calculs de probabilité et des analyses de vastes quantités de données, divers scénarios ou constats : prévisions météorologiques, diagnostic médical, détection de fraude bancaire, solvabilité d’un ménage ou d’une entreprise, etc. L’IA de classification/reconnaissance va quant à elle classer ou identifier des données existantes : on la retrouve notamment dans le domaine de la reconnaissance faciale, la détection d’objets dans une image, etc. Vient enfin l’IA d’aide à la décision et à l’optimisation : elle va chercher la meilleure action possible par calcul de probabilités en se basant, là encore, sur de vastes ensembles de données ; on la retrouve dès lors dans l’optimisation logistique, dans les GPS, dans la robotique, etc.

Toutes ces IA ont en commun plusieurs éléments : tout d’abord, elles ne peuvent fonctionner qu’à l’aide de banques de données colossales leur permettant d’apprendre des régularités et des tendances, de comprendre des exemples du monde réel et de les généraliser à de nouvelles situations. C’est ce en quoi va consister, entre autres choses, le « machine learning » (apprentissage automatique) : la machine va s’entraîner et apprendre des modèles statistiques à mesure que les ingénieurs lui montreront des exemples, qu’elle fera des erreurs, qu’elle réajustera ses paramètres et qu’elle s’améliorera dès lors progressivement. ChatGPT par exemple, l’une des IA génératives les plus utilisées dans le monde, comporte à ce jour plus d’un trillion de paramètres différents [9], acquis au cours d’un apprentissage permanent lui permettant d’affiner toujours davantage la pertinence de ses réponses. Afin de pouvoir exécuter cette phase d’entraînement particulièrement chronophage et coûteuse en argent comme en ressources informatiques et énergétiques, il est indispensable de disposer de « data centers » (malgré la popularité du terme anglo-saxon, son équivalent français « centres de données » lui sera préféré au cours de cet article) : ils consistent en serveurs, processeurs spécialisés, systèmes de stockage et diverses infrastructures de refroidissement et alimentation électrique entièrement dédiés à l’entraînement de l’IA, à son fonctionnement et au stockage des volumes titanesques de données qu’elle utilisera. Dernier élément à prendre en compte : afin de pouvoir traiter ces immenses volumes de données et de calculs, et favoriser l’apprentissage automatique, des processeurs très puissants et des micropuces de pointe sont requis. Ces besoins expliquent par exemple pourquoi le géant informatique américain Nvidia, quasi-indétrônable dans le domaine des processeurs, des micropuces et des centres de données [10], occupe une place si centrale dans le monde de l’IA aujourd’hui, bien que cette entreprise ne produise ni ne gère, en tant que tel, de système d’intelligence artificielle.

II. Un attrait très net des pays du Moyen-Orient, et notamment de la péninsule Arabique, pour l’IA

Si la généralisation et le développement de l’intelligence artificielle semblent constituer une actualité - ou un débat - quasi-omniprésent à travers le monde, le Moyen-Orient se distingue tout particulièrement : comme le montre le graphe ci-dessous, Israël et les pays du Golfe - et notamment, de loin, les Émirats arabes unis - ont bien davantage généralisé l’usage de l’IA dans leur population en âge de travailler que la moyenne mondiale, et même de puissances comme la France ou les États-Unis.

L’attrait des pays du Moyen-Orient pour l’intelligence artificielle peut s’expliquer selon trois grandes catégories. La première catégorie n’est occupée que par un seul pays : il s’agit d’Israël qui, historiquement, s’est fait une spécialité des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) dès la seconde moitié du XXème siècle et qui affiche, en réponse à la « Silicon Valley » américaine, la « Silico Wadi » [11] ; stimulée tant par un secteur privé particulièrement dynamique (l’expression, importée en France, de « start-up nation » vient d’Israël, et désigne le foisonnement de petites entreprises innovantes en matière technologique et organisationnelle [12] ; durant cet article, son équivalent français défini par l’Académie française [13], « jeune pousse », sera préféré à « start-up ») que par un secteur militaire en recherche constante de souveraineté et d’innovations [14] (l’armée israélienne n’a, par exemple, pas attendu l’avènement de ChatGPT et de ses succédanés pour développer des systèmes d’identification de cibles par intelligence artificielle, tels que Habsora et Lavender, dont l’usage dans la bande de Gaza depuis 2023 a été l’objet de nombreuses critiques [15]). Aujourd’hui, le secteur technologique s’avère tout à fait central dans l’économie et la société israéliennes : il contribuait en 2024 à hauteur de 20% du PIB annuel, employait 14% des travailleurs israéliens [16], et représentait environ 50% de la valeur totale des exportations israéliennes [17].

La deuxième catégorie est celle des pays ayant décidé d’investir massivement dans l’IA dès ses prémices dans un souci de diversification de leur économie : il s’agit pour l’essentiel des pays de la péninsule Arabique et, plus particulièrement, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar. « Pétromonarchies » par excellence, ces trois Etats ont conscience depuis plusieurs décennies que leur manne pétrolière et gazière revêt autant, pour eux, les attributs d’un instrument de puissance que celui d’un talon d’Achille : sans diversification de leur économie, ces pays resteront à la merci de l’actualité géopolitique, des fluctuations du marché et de la finitude physique des gisements. Dès le début du XXIème siècle, diverses initiatives ont ainsi vu le jour afin de stimuler les secteurs non-pétroliers/gaziers : c’est l’apparition des projets « Vision 2030 » au Qatar en 2008 [18] et en Arabie saoudite en 2016 [19], ou encore de « Vision 2021 » [20] puis « Vision 2071 » [21] aux Émirats arabes unis, visant explicitement à planifier la diversification économique de ces pays et garantir leur compétitivité sur le long terme. Dans un premier temps, faute de véritables ressources agricoles ou industrielles, c’est le secteur tertiaire, et notamment celui des NTIC et de la finance qui a été notablement investi par ces pays ; certains d’entre eux, comme les Émirats arabes unis, disent désormais disposer d’une « Silicon Oasis » [22]. Les percées technologiques majeures réalisées dans le domaine de l’IA à la fin des années 2010 ont ainsi été perçues comme une opportunité majeure à saisir, voire comme un enjeu vital pour ces pays : la « Stratégie nationale 2019 du Qatar pour l’intelligence artificielle » affirme ainsi que « la diversification économique a été identifiée au Qatar comme une étape inévitable vers une société axée sur la connaissance. Cela implique que le Qatar doit devenir compétitif à l’échelle mondiale dans des domaines de niche sélectifs. Alors que l’IA s’imprègne dans tous les secteurs de l’activité humaine, ne pas rivaliser dans le domaine de l’IA nuira considérablement aux plans de diversification du Qatar » [23]. Les chefs d’entreprise des pays membres du Conseil de coopération du Golfe se montrent ainsi plus enclins que ceux du reste du Moyen-Orient (36% contre 35% en 2025), et bien davantage encore que ceux du reste du monde (36% contre 19%), à incorporer l’IA à travers la totalité des domaines de leur entreprise (service client, ressources humaines, logistique, finances, etc.).

III. Des disparités de sensibilité à l’égard de l’IA

Comme les dates en témoignent toutefois, des disparités apparaissent en matière d’investissement de ces pays dans l’IA : les Émirats arabes unis, en particulier, s’y sont intéressés bien plus tôt que leurs concurrents, et apparaissent aujourd’hui comme le leader de l’IA dans la péninsule Arabique, talonné par l’Arabie saoudite ; le Qatar s’est, quant à lui, mobilisé plus tardivement, en dépit d’une stratégie nationale publiée dès 2019. Si cette différenciation peut s’expliquer par des facteurs géopolitiques (guerre au Yémen pour l’Arabie saoudite durant la seconde moitié des années 2010, blocus contre le Qatar par la plupart des pays de la région de 2017 à 2021), les différences culturelles ne doivent pas être oblitérées non plus : comme le montre le graphe ci-dessous, interrogés sur la menace de l’IA sur le fonctionnement actuel de leur entreprise, les chefs d’entreprises qataris étaient 60% en 2025 à estimer que l’IA représentait une menace majeure (7% à la considérer comme « extrême », 53% comme « grande »), contre 33% pour l’Arabie saoudite et 32% pour les Émirats arabes unis. Cette méfiance peut expliquer une certaine frilosité à investir autant dans cette nouvelle technologie que les Émirats arabes unis se sont résolument fixés de le faire, eux qui, dès 2017, créaient un Ministère d’État à l’Intelligence artificielle [24] et qui se sont fixés comme objectif, d’ici à 2027, d’être le premier pays au monde dont les services publics seront entièrement assurés par l’IA [25]. De fait, plusieurs études ont fait état des centaines de milliers d’emplois qui pourraient disparaître dans les prochaines années à cause de l’IA : une étude du cabinet McKinsey en 2018 estimait par exemple que près de la moitié des emplois actuellement occupés dans la péninsule Arabique pourraient être bientôt automatisés - et donc potentiellement détruits, ou du moins profondément changés [26].

IV. Une disposition traditionnellement plus favorable du Moyen-Orient à l’égard des nouvelles technologies

La troisième catégorie, enfin, regroupe le reste des pays du Moyen-Orient. Peu portés sur l’intelligence artificielle initialement, ils s’y sont intéressés à partir de la généralisation de l’IA au début des années 2020. Dans l’incapacité économique ou technologique de s’imposer comme des pays moteurs ou compétitifs dans le domaine, ils investissent malgré tout fortement cette technologie, perçue comme un moyen efficace et, à l’échelle des gains potentiels, peu coûteux, pour rattraper leur retard en matière économique, scientifique, sécuritaire, etc. Une tendance constatée à travers le monde entier, où les économies émergentes se montrent plus enthousiastes à l’égard de l’IA que les économies avancées [27]. Il en découle ainsi une diffusion plus large de l’intelligence artificielle au sein, par exemple, de la sphère professionnelle : comme le graphe ci-dessous l’illustre, les grandes puissances moyenne-orientales connaissent des taux d’utilisation intentionnelle de l’IA au travail supérieurs à la moyenne mondiale et à celle de pays comme les États-Unis ou la France :

Forts de leur appétence et de leur grand intérêt pour l’IA, les pays du Moyen-Orient et notamment ceux de la péninsule Arabique s’emploient ainsi à créer un écosystème politique, économique et diplomatique favorable au développement de l’intelligence artificielle, qu’il s’agisse de la mise en place de formations consacrées, de politiques visant à attirer des spécialistes étrangers de l’IA ou encore de celles encourageant la création d’entreprises spécialisées dans cette nouvelle technologie, entre autres choses ; ce sera l’objet de la deuxième partie de cet article.

A lire sur Les clés du Moyen-Orient :
 Émirats arabes unis : quelles voies de diversification économique s’offrent au pays rentier ? (1/2)
 Vision 2030 Arabie Saoudite et Visions 2030 Abu Dhabi : quels points communs, quelles différences (1/3) ?
 Entretien avec Laurence Louër - Réformes et transformations du modèle socio-économique des monarchies du Golfe
 Entretien avec Francis Perrin - Retour sur l’histoire du pétrole au Moyen-Orient et sur les perspectives économiques et énergétiques des pays producteurs d’hydrocarbures
 Interview with Dr. Dieter R. Fuchs - Challenges in research and development in the Middle East

Sitographie :
 AI diffusion report : Mapping global AI adoption and innovation – Microsoft News (EMEA), 11 novembre 2025, https://news.microsoft.com/source/emea/features/ai-diffusion-report-mapping-global-ai-adoption-and-innovation-3/
 The World’s first Minister for Artificial Intelligence Was Just Appointed In the UAE – The Startup Scene, 19 octobre 2017, https://thestartupscene.me/FUTURE/The-World-s-first-Minister-for-Artificial-Intelligence-Was-Just-Appointed-In-the-UAE
 More articles are now created by AI than humans – Graphite (Five Percent), 2024, https://graphite.io/five-percent/more-articles-are-now-created-by-ai-than-humans
 Observatoire ADAGP-SGDL 2024 : impact des IA génératives sur les artistes-auteurs – ADAGP, 2024, https://www.adagp.fr/fr/actualites/observatoire-adagp-sgdl-2024-impact-des-ia-generatives-sur-les-artistes-auteurs
 IA générative : le risque de l’atrophie cognitive – Polytechnique Insights, 2024, https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/neurosciences/ia-generative-le-risque-de-latrophie-cognitive/
 AI in schools and education – NPR, 14 janvier 2026, https://www.npr.org/2026/01/14/nx-s1-5674741/ai-schools-education
 GPT parameters explained : How many parameters does GPT have ? – Exploding Topics, 2023, https://explodingtopics.com/blog/gpt-parameters
 Pourquoi Nvidia restera encore longtemps le leader incontesté des data centers d’IA – L’Usine Digitale, 2024, https://www.usine-digitale.fr/article/pourquoi-nvidia-restera-encore-longtemps-le-leader-inconteste-des-data-centers-d-ia.N2229127
 Découvrez les cinq nouvelles Silicon Valley dans le monde – TK Elevator, 2023, https://www.tkelevator.com/fr-fr/blog/tendances/decouvrez-les-cinq-nouvelles-silicon-valley-dans-le-monde.html
 Israël, la terre promise des start-up – Le Parisien, 6 mai 2018, https://www.leparisien.fr/economie/israel-la-terre-promise-des-start-up-06-05-2018-7701075.php
 Progrès – Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition (mise en ligne), https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9P3808
 How Israel became a technology startup nation – Forbes, 21 février 2020, https://www.forbes.com/sites/adrianbridgwater/2020/02/21/how-israel-became-a-technology-startup-nation/
 ‘The machine did it coldly’ : Israel used AI database in Gaza airstrikes – The Guardian, 3 avril 2024, https://www.theguardian.com/world/2024/apr/03/israel-gaza-ai-database-hamas-airstrikes
 Israel’s AI landscape : Innovation and application – TechnoPolitics, 2023, https://technopolitics.org/israels-ai-landscape-innovation-and-application/#_ftn4
 Israel GDP growth drivers : High-tech innovation and beyond – Startup Nation Central, 2023, https://startupnationcentral.org/hub/blog/israel-gdp-growth-drivers-high-tech-innovation-and-beyond/
 Qatar National Vision 2030 – International Media Office Qatar, 2008 (vision officielle), https://imo.gov.qa/fr/state-of-qatar/qatar-national-vision-2030/
 Vision 2030 – Kingdom of Saudi Arabia, 2016, https://www.vision2030.gov.sa/en
 UAE Vision 2021 – UAE Government, 2010, https://u.ae/en/about-the-uae/strategies-initiatives-and-awards/strategies-plans-and-visions/strategies-plans-and-visions-untill-2021/vision-2021
 UAE Centennial 2071 – UAE Government, 2017, https://u.ae/en/about-the-uae/strategies-initiatives-and-awards/strategies-plans-and-visions/innovation-and-future-shaping/uae-centennial-2071
 Dubai Silicon Oasis – Dubai Silicon Oasis Authority, site institutionnel (sans date), https://www.dso.ae/
 National Artificial Intelligence Strategy for Qatar (2019) – MCIT Qatar, 2019, https://www.mcit.gov.qa/wp-content/uploads/sites/4/2025/02/national_artificial_intelligence_strategy_for_qatar_2019_en.pdf?csrt=5818954097072277596
 Minister of State for Artificial Intelligence – UNESCO, 2017, https://www.unesco.org/creativity/en/policy-monitoring-platform/minister-state-artificial-intelligence
 ADG Digital Strategy – Digital Government (UAE), 2025, https://www.dge.gov.ae/en/news/adg-digital-strategy
 Nearly half of all Middle East jobs could be automated, says McKinsey – Consultancy-ME, 2017, https://www.consultancy-me.com/news/456/nearly-half-of-all-middle-east-jobs-could-be-automated-says-mckinsey
 IA en Turquie : comment elle s’impose dans le quotidien en 2025 – Le Petit Journal (Istanbul), 2025, https://lepetitjournal.com/istanbul/comprendre-turquie/ia-turquie-quotidien-2025
 Digital 2025 – We Are Social, février 2025, https://wearesocial.com/fr/blog/2025/02/digital-2025/

Publié le 26/02/2026


Emile Bouvier est chercheur indépendant spécialisé sur le Moyen-Orient et plus spécifiquement sur la Turquie et le monde kurde. Diplômé en Histoire et en Géopolitique de l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, il a connu de nombreuses expériences sécuritaires et diplomatiques au sein de divers ministères français, tant en France qu’au Moyen-Orient. Sa passion pour la région l’amène à y voyager régulièrement et à en apprendre certaines langues, notamment le turc.


 


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