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Histoire des relations israélo-américaines

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin
Publié le 01/04/2010 • modifié le 23/04/2020 • Durée de lecture : 6 minutes

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu addresses the annual American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) policy conference in Washington on March 22, 2010.

NICHOLAS KAMM / AFP

Histoire des relations entre Israël et les Etats-Unis

Les relations entre Israël et les Etats-Unis évoluent dans le temps, les deux Etats n’étant pas toujours alliés.

La déclaration Balfour de 1917, décision britannique de créer un foyer national juif en Palestine, est soutenue par le président américain Wilson. A la suite de la Première Guerre mondiale, les négociations de paix se tiennent à Paris, lors de la conférence de la paix. S’y rendent plusieurs délégations, sioniste avec Haïm Weizmann, arabes avec Fayçal et libanaises. A l’initiative du président Wilson, une commission d’enquête, la commission King-Crane, est envoyée en Syrie, au Liban et en Palestine afin d’enquêter sur les vœux des populations. Pendant l’entre-deux-guerres, la diplomatie américaine défend ses intérêts religieux et humanitaires dans la région, par la présence de missionnaires dans les écoles et universités américaines. Les intérêts économiques se précisent dans le domaine du pétrole dès cette époque et aboutissent à la signature d’un traité entre le président Roosevelt et le roi d’Arabie saoudite Ibn Séoud en 1945. La Seconde Guerre mondiale donne également l’occasion aux Etats-Unis de s’affirmer dans les domaines économiques et diplomatiques à la suite du départ des Français de Syrie et du Liban en 1946 et des Britanniques de Palestine en 1948. Ces indépendances vont également dans le sens de la décolonisation, souhaité par les Etats-Unis, et du respect des minorités prôné dès la fin de la Première Guerre mondiale par le président Wilson (droit des peuples à disposer d’eux-mêmes). A la suite de la Shoah, les Etats-Unis soutiennent la création d’un Etat juif par le plan de partage de l’ONU de 1947 et à la suite de sa proclamation le 14 mai 1948, le reconnaissent immédiatement. Néanmoins, la nécessité de maintenir de bonnes relations avec les Etats pétroliers arabes fait que la diplomatie américaine reste mesurée dans son aide à Israël lors de la première guerre israélo-arabe de 1948-1949. Pendant la crise de Suez également, les Etats-Unis obligent la France et la Grande-Bretagne à se retirer et Israël à rendre les territoires égyptiens (Sinaï et Bande de Gaza). A cette époque, les aides américaines tant économiques que militaires sont de l’ordre de 63 millions de dollars par an.

En revanche, dès la présidence de Kennedy, les relations se réchauffent, autour du thème de la sécurité d’Israël. Le président Kennedy promet notamment une assistance en cas « d’invasion » d’Israël et les premières commandes d’armes (missiles Hawk en 1963, chars d’assaut en 1964) sont passées. Cette évolution est liée au contexte de la guerre froide et des ventes d’armes de l’URSS à l’Egypte notamment, ainsi qu’à des raisons de politique intérieure.

C’est surtout à la suite de la guerre des six jours (et du gel de l’aide militaire française) que l’aide financière américaine prend son essor : 102 millions de dollars par an entre 1966 et 1970 ; 634,5 millions de dollars en 1971 ; 3 milliards de dollars actuellement. Sur le plan militaire, les Etats-Unis fournissent des armes à Israël et l’aident au développement de son armement par des apports financiers. Des programmes de coopération dans les domaines militaire et du renseignement sont également mis en place.

Il n’en demeure pas moins que les liens entre les deux Etats ont pu se distendre sur certains sujets, sans toutefois se rompre, ni mettre un terme aux aides américaines. C’est notamment visible lors des différentes étapes du processus de paix, et ce dès 1967.

A la suite de la guerre des six jours (juin 1967), plusieurs plans de paix entre l’Egypte et Israël sont proposés par l’administration Nixon (1969-1974), mais ils ne sont pas acceptés par Israël. Pendant la guerre du Kippour (6 au 24 octobre 1973), les Etats-Unis organisent un pont aérien afin d’acheminer du matériel militaire en Israël, pour faire contrepoids à l’aide soviétique apportée à l’Egypte et à la Syrie. A la suite de cette guerre, la médiation de Kissinger aboutit à la signature de l’accord du « kilomètre 101 » en janvier 1974 entre Israël et l’Egypte.

En septembre 1978, une rencontre est organisée à Camp David à l’initiative du président Carter entre le président égyptien Sadate et le Premier ministre israélien Begin. Les négociations aboutissent à la signature de la paix entre l’Egypte et Israël le 26 mars 1979 à Washington, mais celles concernant les Territoires palestiniens n’aboutissent pas. Par ces accords de paix, Israël obtient le statut d’allié privilégié des Etats-Unis, ce qui lui offre la possibilité d’obtenir de nouvelles aides financières et militaires.

Sous la présidence de Ronald Reagan (1981-1989), le dossier du règlement de paix est repris. Le 1er septembre 1982, le plan Reagan propose l’autonomie des Territoires palestiniens mais non l’indépendance d’un Etat palestinien. Ce plan est refusé par Israël et par les Palestiniens. Le 7 décembre 1987, la première intifada est déclenchée dans les Territoires occupés. Le secrétaire d’Etat Schultz entreprend une tournée diplomatique au Moyen-Orient et présente un plan en février 1988, qui est à nouveau refusé par Israël.

En 1991, sous la présidence de George Bush (1989-1993), Israël décide de poursuivre la colonisation dans les Territoires occupés. A la suite de la guerre du Golfe (février 1991), des négociations aboutissent à la conférence qui s’ouvre à Madrid le 30 octobre 1991. Elle s’articule autour de deux grandes revendications : les Palestiniens demandent un transfert de souveraineté et les Israéliens demandent la poursuite de la colonisation et la fin des actes de violence à leur encontre. Israël réaffirme également sa souveraineté sur le territoire israélien.

Sous la présidence de Bill Clinton (1993-2001) des négociations sont à nouveau entamées début 1995 et aboutissent à la signature des accords d’Oslo II le 28 septembre 1995 entre Rabin et Arafat. L’arrivée au pouvoir du nouveau Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou le 26 mai 1996, qui décide de poursuivre la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens, pousse le président Bill Clinton à relancer le processus de paix : il souhaite parvenir à la création d’un Etat palestinien tout en renforçant les liens stratégiques entre Israël et les Etats-Unis.

Pendant la présidence de George W Bush (2001-2009), la seconde intifada se déclenche en septembre 2000. Un plan est proposé le 12 juin 2001 (retrait israélien des Territoires palestiniens, gel des colonies, arrêt des violences palestiniennes), mais les heurts continuent. En 2002, une « feuille de route » est élaborée par les Etats-Unis, l’ONU, l’Union européenne et la Russie, afin de parvenir à la création d’un Etat palestinien en 2005. Mais les violences se poursuivent et l’objectif n’est pas réalisé. Le 27 novembre 2007, le sommet de paix d’Annapolis réunissant Ehoud Olmert, Mahmoud Annas et les représentants de 38 autres Etats a pour but de relancer le processus de paix, plus particulièrement la question de la création d’un Etat palestinien et le règlement du conflit israélo-palestinien.

Les relations entre Barack Obama et Israël

Depuis son élection en 2009, Barack Obama s’est prononcé pour la reprise des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens et sur le gel de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens. En mai 2009, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton rappelle la nécessité qu’Israël mette un terme à la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est comme préalable à la poursuite des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens. Si le Premier ministre Benyamin Nétanyahou accepte le 14 juin 2009 l’exigence américaine de créer un Etat palestinien et le 25 novembre le gel de la colonisation en Cisjordanie pour une durée de dix mois, il refuse en revanche de suspendre les constructions en cours. Le 12 mars 2010, alors que le vice-président américain Joe Biden est en visite en Israël, l’annonce de la décision israélienne de construire 1600 nouveaux logements à Jérusalem-Est, dans le quartier de Ramat Shlomo, provoque une crise diplomatique entre Israël et les Etats-Unis. Hillary Clinton exige de suspendre les constructions à Jérusalem-Est mais Benyamin Nétanyahou refuse, avançant qu’aucun gouvernement n’a limité les constructions à Jérusalem.

Du 21 au 25 mars 2010, Benyamin Nétanyahou est en visite officielle aux Etats-Unis. Il se rend au congrès annuel de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), principal lobby juif américain, et s’exprime sur les liens entre les Etats-Unis et Israël et sur « l’engagement de l’Amérique dans la sécurité d’Israël (qui) est resté indéfectible ». Benyamin Nétanyahou rencontre également le 23 mars le président Obama. Au cours de leur entretien, le président américain demande la suspension des constructions à Jérusalem-Est, la libération de prisonniers du Fatah et la poursuite du gel des colonies en Cisjordanie au delà de septembre 2010, ainsi que la reprise des négociations afin de créer un Etat palestinien dans les deux ans.

Les liens entre les Etats-Unis et Israël s’expliquent, au départ, par la volonté américaine de faire contrepoids à la présence soviétique pendant la guerre froide et par celle de défendre la sécurité d’Israël. A la suite de la chute de l’URSS, les relations perdurent, Israël étant perçu comme un enjeu géopolitique et géostratégique pour les Etats-Unis. Israël compte de son côté sur les Etats-Unis pour assurer sa sécurité, et plus particulièrement aujourd’hui dans le contexte du programme nucléaire de l’Iran. L’Etat hébreu dit également aider les Etats-Unis dans leur lutte contre les islamistes.

Publié le 01/04/2010


Anne-Lucie Chaigne-Oudin est la fondatrice et la directrice de la revue en ligne Les clés du Moyen-Orient, mise en ligne en juin 2010.
Y collaborent des experts du Moyen-Orient, selon la ligne éditoriale du site : analyser les événements du Moyen-Orient en les replaçant dans leur contexte historique.
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Docteur en histoire de l’université Paris-IV Sorbonne, a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Dominique Chevallier.
Elle a publié en 2006 "La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie Liban, 1918-1939" et en 2009 "La France dans les jeux d’influences en Syrie et au Liban, 1940-1946" aux éditions L’Harmattan. Elle est également l’auteur de nombreux articles d’histoire et d’actualité, publiés sur le Site.


 


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