APPEL AUX DONS

Je soutiens Les clés du Moyen-Orient !

Chaque jour, Les clés du Moyen-Orient vous proposent gratuitement des analyses factuelles de la région. Pour conserver l’indépendance éditoriale à laquelle nous tenons tous, Les clés du Moyen-Orient ne fonctionnent que grâce aux dons. Et aujourd’hui, votre revue en ligne fait appel à vous pour assurer son avenir ! Parce que chaque don compte, merci pour votre aide précieuse !

Je donne pour Les clés du Moyen-Orient
Appel aux dons lundi 6 décembre 2021



https://www.lesclesdumoyenorient.com/436



Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient

Plus de 2800 articles publiés depuis juin 2010

dimanche 5 décembre 2021
inscription nl


Accueil / Infos culture / Comptes rendus d’ouvrages

Henry Laurens, Le rêve méditerranéen

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin
Publié le 01/07/2010 • modifié le 25/04/2020 • Durée de lecture : 3 minutes

La méditerranée du petit âge glaciaire (1550-1860) connait des mutations agricoles, économiques et sociales liées au changement climatique. Cette évolution des structures modifie l’espace méditerranéen, qui, même « en déclin, (…) reste un enjeu essentiel du point de vue géopolitique », en raison de son évolution démographique et des progrès technologiques de sa marine. Mais, « on ne peut pas dire qu’il existe alors vraiment une idée méditerranéenne ».

En revanche, l’espace méditerranéen prend son essor à la fin du petit âge glaciaire, avec la réappropriation des littoraux, renforcée par l’exode rural vers les villes du littoral du à l’accroissement démographique de la seconde moitié du XIX ème siècle. La Méditerranée devient également un lieu de rivalité entre les puissances occidentales, par leur recherche de zones d’influences et par le développement des moyens de communication (chemin de fer, réseau maritime). C’est ainsi que « l’espace méditerranéen devient un élément fort de la première mondialisation », dans lequel la France et la Grande-Bretagne constituent leurs empires coloniaux.

A la fin du XIX ème siècle et au début du XX ème, « c’est l’apogée de l’idée méditerranéenne ». Plusieurs réflexions sont menées sur la notion de Méditerranée. Tandis que « les puissances latines s’inventent (…) une légitimité dans leur entreprise de domination de la Méditerranée » et « rétablissent l’unité de la Méditerranée rompue aux temps de Mahomet et de Charlemagne », des intellectuels y réfléchissent également, cherchant à « concilier dans le projet méditerranéen l’ensemble des héritages culturels jusque-là posés en confrontation : le judaïsme, le christianisme, la Grèce, Rome, l’Islam et les Arabes ». Ce projet est porté par des intellectuels en France, avec Paul Valéry et Albert Camus, au Liban et en Egypte, chacun mettant en évidence l’appartenance de son pays à l’espace méditerranéen. La problématique est différente pour la Turquie, dans la mesure où elle s’est heurtée dans cet espace à la Grèce. La Méditerranée est également un sujet de réflexion pour l’Allemagne, même si elle n’en fait pas partie géographiquement. Henry Laurens explique « N’étant pas puissance coloniale, l’Allemagne développe un certain sentiment de sympathie protectrice pour les peuples musulmans qu’en cas de conflit on pourrait soulever contre les empires français et britanniques ».

Au XX ème siècle, les deux guerres mondiales ont pour conséquence de modifier l’espace méditerranéen, tant en Europe (démographie), qu’au Moyen-Orient (mise en place des mandats, puis indépendance). A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, on assiste également à la diminution de l’hégémonie européenne au Moyen-Orient, au profit des Etats-Unis et de l’URSS, dans le contexte de la guerre froide, tandis que l’Europe se construit et s’élargit. Pour l’auteur, « l’entrée de la Grèce dans la communauté européenne en 1981 est un événement majeur. L’Europe politique cesse d’être définie par un héritage culturel exclusif composé par le catholicisme et le protestantisme et les différentes étapes de l’histoire européenne traditionnelle ». Les mouvements de populations sont le corolaire à cette évolution de l’Union européenne.

Henry Laurens aborde alors la question de « l’unité européenne ». Si « bien des traits communs se retrouvent dans l’ensemble méditerranéen, (…) il n’en est pas moins vrai que l’utilisation de la référence méditerranéenne renvoie à deux réalités totalement différentes ». Ces deux références sont celle des mouvements de population et celle de la géographie, cette dernière permettant de ne « pas mentionner directement la question des rapports entre l’Europe et ses populations arabes et musulmanes et ses relations avec les pays de la rive sud ».

Henry LAURENS, Le rêve méditerranéen, CNRS Editions, Paris, décembre 2009, 61 pages.

Publié le 01/07/2010


Anne-Lucie Chaigne-Oudin est la fondatrice et la directrice de la revue en ligne Les clés du Moyen-Orient, mise en ligne en juin 2010.
Y collaborent des experts du Moyen-Orient, selon la ligne éditoriale du site : analyser les événements du Moyen-Orient en les replaçant dans leur contexte historique.
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Docteur en histoire de l’université Paris-IV Sorbonne, a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Dominique Chevallier.
Elle a publié en 2006 "La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie Liban, 1918-1939" et en 2009 "La France dans les jeux d’influences en Syrie et au Liban, 1940-1946" aux éditions L’Harmattan. Elle est également l’auteur de nombreux articles d’histoire et d’actualité, publiés sur le Site.


 


Zones de guerre

Histoire