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Guerre(s) au Moyen-Orient : Point de situation au 18 mars 2026

Par Michel Isidore
Publié le 18/03/2026 • modifié le 18/03/2026 • Durée de lecture : 12 minutes

I. Synthèse des évolutions du conflit

Sur le plan des opérations militaires israélo-américaines, peu de choses ont changé depuis le dernier point de situation réalisé par les Clés du Moyen-Orient : les bombardements aéronavals israélo-américains se sont poursuivis avec une intensité notable, les Etats-Unis ayant, par exemple, affirmé le 13 mars avoir frappé environ 6 000 cibles à travers l’Iran [1] depuis le début du conflit. Afin de poursuivre au rythme désiré ses opérations, le Pentagone a dépêché un troisième porte-avions [2], l’USS Gerald R. Ford [3], et acheminé divers autres renforts maritimes, terrestres et aériens dans la région [4]. Israël a continué quant à lui à frapper durement le Liban et s’emploie toujours, en parallèle, à pilonner l’Iran et notamment ses têtes dirigeantes : si le porte-parole de l’armée israélienne Effie Defrin a affirmé le 17 mars qu’Israël allait « traquer, trouver et neutraliser » [5] Mojtaba Khamenei, le nouveau Guide suprême iranien (qui, selon certaines rumeurs, aurait été blessé le 17 mars et évacué à Moscou [6]), l’aviation israélienne est parvenue à tuer également Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale [7], le 17 mars et, dans la même journée, le chef des forces paramilitaires Bassidj, Gholam Reza Soleimani [8].

Si le président américain affirmait encore le 10 mars que la guerre était « presque complète, à peu près » [9], et en dépit d’une nette diminution des tirs de missiles et lancements de drones iraniens [10], l’Iran, soutenu discrètement par la Chine [11] et la Russie [12], poursuit quant à lui ses frappes à travers le Moyen-Orient en conduisant, notamment, de très régulières attaques contre les pays de la péninsule arabique, en particulier les Emirats arabes unis qui, au 14 mars, avaient été la cible de quelque 285 missiles balistiques, 15 missiles de croisière et 1576 drones [13]. En effet, le président iranien Massoud Pezeshkian a présenté ses excuses aux pétromonarchies le 7 mars, affirmant que les attaques contre elles cesseraient si elles ne laissaient plus leur territoire être utilisé par les Etats-Unis dans le cadre de sa guerre contre l’Iran [14]. Or, si plusieurs de ces pays avaient fait savoir, avant le conflit, leur refus que l’armée américaine utilise les bases sur leur sol pour lancer des attaques, il apparaîtrait que Washington a déployé des lance-roquettes multiples sol-sol HIMARS afin de frapper l’Iran depuis des pays de la péninsule arabique, donnant dès lors une justification aux forces iraniennes pour frapper ces derniers [15]. La crédibilité de la neutralité affichée par les pays de la péninsule arabique est d’autant plus mise à mal par des révélations du quotidien américain The New York Times, en date du 16 mars, affirmant que le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman aurait exhorté Donald Trump, en privé, à « continuer à frapper durement les Iraniens » [16]. Les excuses de Pezeshkian soulignent, par ailleurs, la dichotomie entre les forces armées iraniennes conventionnelles d’un côté et, de l’autre, le Corps des gardiens de la Révolution islamique : ces derniers ne répondent en effet qu’au Guide suprême, s’affranchissent des ordres de la présidence iranienne [17] et sont, pour une large part, à l’origine de la plupart des frappes contre les pays de la région ou, du moins, celles menées contre des cibles civiles [18], à mesure que le conflit tend à les radicaliser [19].

De fait, l’une des évolutions notables du conflit est celle des cibles : pour commencer, les infrastructures pétrolières, tant celles de la péninsule arabique [20], sont en effet davantage frappées par les belligérants qu’au début du conflit, où les premières frappes se concentraient essentiellement sur des emprises militaires. En parallèle, ou plutôt de façon complémentaire, les navires dans le golfe Persique et ceux tentant de franchir le détroit d’Ormuz sont attaqués par l’Iran [21], concomitamment à ses menaces de miner ce passage maritime hautement stratégique pour l’économie mondiale [22], en particulier en approvisionnement énergétique, provoquant des perturbations croissantes des prix du pétrole dans le monde [23]. L’Iran a toutefois laissé passer, ces derniers jours, plusieurs navires décrits comme « alliés » [24], notamment pakistanais [25], chinois [26] et indiens [27]. En plus de toucher l’économie iranienne et mondiale au cœur en ciblant les infrastructures et flux logistiques du secteur énergétique, les belligérants s’en sont pris récemment à des usines de désalinisation, des installations elles aussi hautement stratégiques pour fournir en eau potable des pays caractérisés par leur pénurie structurelle.

Afin de protéger leurs alliés au Moyen-Orient - et notamment Chypre, touché par des attaques ayant ciblé les infrastructures militaires britanniques d’Akrotiri [28] -, divers pays européens, au premier rang desquels la France, l’Italie, la Grèce et l’Espagne, ont dépêché des bâtiments de guerre [29], dont le porte-avions Charles de Gaulle dans le cas de la Marine française, afin d’intercepter tout nouveau projectile tiré par l’Iran ou ses alliés et, ensuite, sécuriser le détroit d’Ormuz afin de rouvrir le passage au commerce maritime [30]. Si cette opération a été présentée comme purement « défensive » [31] par l’Elysée, elle a été perçue par certains alliés de l’Iran comme une ingérence au profit d’Israël et des Etats-Unis, provoquant l’attaque le 13 mars, par une milice chiite pro-iranienne, de militaires français déployés en Irak dans le cadre d’une mission d’appui et formation à l’armée irakienne. Un soldat français y a perdu la vie et six autres ont été blessés [32].

II. Un bilan en demi-teinte pour les Etats-Unis et Israël

Les Israéliens et les Américaines s’approchent-ils des objectifs qu’ils s’étaient fixés lors du lancement de cette campagne de frappes historique contre l’Iran ?

En ce qui concerne les Etats-Unis, qui s’étaient fixés de détruire - ou en tous cas de très fortement obérer - le programme nucléaire de l’Iran, ses capacités en missiles balistiques, sa Marine, ses flottes de drones et ses réseaux d’alliés dans la région, leurs objectifs semblent être en bonne voie d’être atteints, malgré des annonces triomphalistes souvent démenties quelques jours après. S’il a par exemple été annoncé à plusieurs reprises, dès le début du conflit, que la Marine iranienne entière avait été envoyée par le fond [33], des bâtiments iraniens ont encore été détruits ces derniers jours [34]. Toutefois, si les annonces politiques sont, comme de juste lors d’un conflit, en décalage volontaire ou non [35] avec la réalité militaire, il semble néanmoins que les forces armées iraniennes essuient des pertes matérielles importantes ; ainsi, entièrement détruite ou non, il est désormais documenté que la Marine iranienne a perdu plus d’une soixantaine de bâtiments de guerre [36], pour ne citer que la partie navale de ce conflit. En tout, l’armée américaine, aux côtés des frappes israéliennes, aurait détruit assez de dépôts de missiles/drones et d’infrastructures de lancement pour avoir fait diminuer, au 10 mars, de 92% le nombre de projectiles tirés par l’Iran comparé au premier jour du conflit [37]. Les quelques semaines de frappes supplémentaires que prévoient les Etats-Unis (quatre à six semaines en tout seraient prévues par l’armée américaine pour venir à bout de l’Iran [38]) devraient grever, sur le long terme théoriquement, les capacités offensives de l’Iran.

Bien plus que l’affaiblissement de l’armée iranienne, Israël cherche, quant à lui, un renversement du régime iranien : la question du programme nucléaire iranien a en effet déjà été traitée en grande partie par les frappes américano-israéliennes lors de la Guerre des Douze Jours en juin 2025 : si l’intégralité des infrastructures nucléaires iraniennes n’avaient pas été détruites, les capacités du pays en matière de contrôle et d’exploitation de l’atome à des fins militaires avaient été fortement grevées. Aujourd’hui, l’enjeu pour Israël est donc de passer à l’étape suivante : le renversement du régime. En effet, si l’Etat hébreu comptait dans tous les cas lancer une nouvelle vague de frappes courant 2026 afin de réduire la menace des missiles balistiques [39], les manifestations en Iran, fin 2025/début 2026, ont souligné les fragilités internes du régime iranien, déjà mis à mal par l’affaiblissement de ses alliés dans la région (Hezbollah malmené au Liban, Hamas quasiment neutralisé à Gaza, régime syrien renversé), et créé une fenêtre d’opportunité dont Israël et les Etats-Unis ont décidé de se saisir en lançant plus tôt que prévu leur campagne de frappes. Israël s’est ainsi employé, dès les premières minutes du conflit, à cibler l’état-major politique de l’Iran, au premier rang duquel son Guide suprême. Pour autant, le régime ne semble pas vaciller ; une partie de la population israélienne commence même à douter de la capacité de son pays et de celle des Etats-Unis à provoquer un changement de régime par la seule contrainte militaire aérienne [40]. De fait, la population iranienne ne semble pas davantage encline à se révolter afin de provoquer d’elle-même le changement de régime ; ce dernier a d’ailleurs fait savoir, le 13 mars, que toute nouvelle vague de manifestations ferait l’objet d’une répression encore « plus cinglante » qu’en janvier [41], tout en essayant de ménager la population iranienne grâce à diverses mesures : le 17 mars par exemple, le régime a annoncé une augmentation de 60% du salaire minimum [42].

En outre, le Hezbollah et les forces armées iraniennes conservent une capacité de résilience et de nuisance à l’encontre d’Israël : dans la nuit du 11 au 12 mars, plus de 200 roquettes et 20 drones ont été tirés par le Hezbollah en coordination avec l’Iran, qui a lancé en parallèle quatre salves de missiles contre l’Etat hébreu [43]. Le doute israélien face à un potentiel changement de régime est accru par la confusion des déclarations américaines à cet égard [44] : si la volonté de la Maison-Blanche d’une « capitulation sans condition » [45] a parfois été évoquée, d’autres propos contradictoires sont venus semer le trouble (« il ne s’agit pas d’une guerre de changement de régime, mais il est sûr que le régime a changé en revanche, et le monde en sort mieux loti », a par exemple déclaré le 2 mars le Secrétaire américain à la Défense [46]).

III. Perspectives à court et moyen terme

Au moment de la rédaction de cet article, il semblerait que la guerre peut durer encore plusieurs semaines : outre le fait que les Etats-Unis comme Israël disent que plusieurs semaines seront encore nécessaires [47], leurs objectifs respectifs ne sont pas encore atteints, comme évoqué supra, et l’Iran n’entend pas capituler d’une quelconque manière pour le moment : sa résilience est une forme de camouflet pour Washington et Israël qui, en dépit de leurs déclarations optimistes, ne sont pas parvenus à neutraliser les capacités de nuisance de la République islamique, ni ne parviennent à protéger totalement les pays du Golfe persique contre les frappes de missiles et de drones iraniens. Les assassinats successifs de dignitaires et personnages-clés du régime iranien (le Guide Suprême Ali Khamenei, son haut-conseiller à la sécurité Mohammad Pakpour, le commandant des Gardiens de la Révolution Abdolrahim Mousavi, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale Ali Larijani, le commandant des Basidj Gholamreza Soleimani, le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh… [48]) ne déstabilisent en effet que modérément le dispositif politico-militaire iranien, préparé depuis deux décennies à une guerre avec les Etats-Unis et conçu pour fonctionner de façon autonome et décentralisé [49] ; au contraire même, ils tendent à radicaliser une partie de l’intelligentsia politique et sécuritaire iranienne et à « transformer le pouvoir iranien en une boite noire indéchiffrable », pour reprendre l’expression de la journaliste Claire Gatinois pour Le Monde [50]. En effet, plusieurs des figures-clés assassinées ces derniers jours, au premier rang desquelles Ali Larijani, étaient de véritables canaux de communication entre l’Iran et l’étranger - y compris l’Occident -, fruit de relations construites patiemment durant plusieurs années, voire décennies [51]. Leur disparition laisse la place à des personnalités moins connues, dont Mojtaba Khamenei, fils et successeur du Guide suprême Ali Khamenei est l’une des incarnations, par son rôle majeur dans la consolidation du pouvoir des conservateurs en Iran et dans la répression de l’opposition [52]. Son premier discours officiel le 12 mars, a notamment porté sur la volonté de vengeance à l’encontre des ennemis de l’Iran et sur les menaces contre les Etats du Golfe s’ils n’expulsaient pas les forces américaines de leurs pays [53].

De fait, le régime iranien ne semble pas disposé, pour le moment, à une quelconque concession : pour lui, une cessation des hostilités ne serait qu’un répit temporaire, avant que les États-Unis ou l’État hébreu ne reprenne le conflit une fois qu’ils auront reconstitué leurs forces et réserves de munitions. Par ailleurs, les dirigeants iraniens semblent calculer que leur pays est davantage disposé à déplorer de nombreux morts et à encaisser des dégradations majeures de ses conditions de vie que les États-Unis ou les pays du Golfe : ce raisonnement expliquerait, en partie, pourquoi l’Iran - qui a bien conscience qu’il ne peut pas venir à bout, tout seul, des forces armées américaines et israéliennes - s’emploie à plus cibler les pays du Golfe et les points faibles de l’économie mondiale (notamment l’approvisionnement énergétique, en attaquant des infrastructures pétrolières ou en bloquant le détroit d’Ormuz) que les Etats-Unis ou Israël eux-mêmes : ainsi, au 10 mars, le territoire israélien n’avait été la cible que de 12,8% des projectiles tirés par l’Iran depuis le 28 février, contre 48% pour les Emirats arabes unis, qui avaient pourtant clamé leur neutralité avant même que ne débute le conflit [54]. Dès lors, si l’Iran conserve la capacité militaire (ce qui est le cas actuellement, en dépit des frappes américano-israéliennes) d’infliger des pertes humaines assez régulièrement aux forces américaines pour mettre Donald Trump en difficulté aux Etats-Unis alors qu’approchent les élections de mi-mandat [55] et que sa guerre est de plus en plus critiquée [56], de perturber gravement la vie économique des pays du Golfe et de maintenir les prix de l’énergie à un niveau élevé dans le monde, Téhéran continuera de disposer d’atouts majeurs pour faire potentiellement cesser la guerre au moment qui lui conviendra le mieux. La République islamique, qui joue son va-tout face à des puissances qui cherchent son renversement, n’a donc presque plus rien à perdre, mais tout à gagner.

Téhéran sait, enfin, que le temps joue à son avantage : même la première puissance économique et militaire mondiale que sont les Etats-Unis est restreinte, à terme, par le manque de ressources et l’épuisement, tant celle des soldats que du matériel. De fait, la guerre coûte particulièrement cher à tous ces égards : pour les deux seuls premiers jours du conflit, l’armée américaine aurait tiré pour 5,6 milliards de dollars de munitions sur l’Iran [57]. Au 12 mars, la guerre avait déjà coûté presque 12 milliards de dollars [58], soit le PIB annuel du Togo ou de la Mauritanie en 2025. Cette utilisation intensive de missiles et bombes exerce une pression sur les réserves américaines, qui commencent à faiblir [59]. Si les déclarations des états-majors israélien et américain se veulent optimistes [60], les récents redéploiements de systèmes d’armes américains depuis l’Asie vers le Moyen-Orient sont venus alimenter les inquiétudes sur l’état réel de ces réserves [61]. Les hommes et le matériel fatiguent eux aussi : un grand nombre des bâtiments de guerre envoyés au Moyen-Orient étaient déjà en déploiement depuis plusieurs mois et voient leur efficacité opérationnelle diminuer un peu plus chaque jour : l’USS Gerald R. Ford établira par exemple, d’ici mi-avril, le record du plus long déploiement d’un porte-avions américain depuis la guerre du Vietnam. Une remise en condition du porte-avion est pourtant nécessaire, au point que l’amiral américain en charge des opérations navales, Daryl Caudle, avait affirmé en janvier qu’il s’opposerait à tout ordre de prolongation du déploiement du porte-avions [62] : outre des problèmes de sanitaires, le navire a dû faire face à un incendie de plus de trente heures dans sa buanderie ayant condamné plus de six cents membres d’équipage a dormir à même le sol ou des tables, leurs dortoirs ayant été ravagés par les flammes [63].

Ainsi, à l’heure où les Etats-Unis et Israël n’ont pas encore atteint leurs objectifs et où l’Iran n’entend pas capituler, seul l’émergence d’un mouvement massif d’opposition iranien, fort peu probable à l’heure actuelle, pourrait permettre de mettre un terme structurel au conflit ; faute d’une telle perspective, chaque belligérant entend continuer à jouer la carte de l’attrition et se prépare pour un conflit d’encore au moins plusieurs semaines.

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Publié le 18/03/2026


(publiant auparavant sous le nom de plume Émile Bouvier) est consultant en sûreté internationale, analyste des risques (politiques, sécuritaires et économiques) et chercheur indépendant, spécialisé sur le Moyen-Orient, en particulier la Turquie et son voisinage proche-oriental. Formé en géopolitique à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, il a développé une expérience reconnue au sein d’environnements étatiques et privés, en France comme à l’étranger. Il accompagne les décideurs et organisations de toute nature dans l’analyse des environnements complexes, l’anticipation des menaces et la sécurisation de leurs activités.


 


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