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Fatiha Dazi-Héni, L’Arabie saoudite en 100 questions
Article publié le 27/02/2017

Compte rendu de Oriane Huchon

Seul pays du monde à porter le nom d’une dynastie, l’Arabie saoudite est un royaume récent à l’histoire particulière. Afin de rendre accessible une meilleure connaissance du royaume, la chercheuse Fatiha Dazi-Héni répond à cent questions dans un ouvrage paru en février 2017 aux éditions Tallandier. Loin de décrire un bloc monolithique de tradition hanbalo-wahhabite, l’auteure livre, d’une écriture claire, une vision de l’Arabie saoudite d’aujourd’hui dans sa complexité.

Fatiha Dazi-Héni est politologue, spécialiste des monarchies de la péninsule arabique, chercheuse à l’institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM) et enseignante « monde arabe » à l’IEP de Lille. Son livre se divise en neuf rubriques : Histoire, Religion, Politique, Identité et société, Economie, Dimension régionale, International, Enjeux stratégiques transversaux, France-Arabie saoudite. Nous en développerons ici les principales analyses.

Histoire

La création de l’Arabie saoudite remonte au XVIIIe siècle dans la péninsule arabique. La péninsule arabique est avant cela le « foyer de l’arabité » et le berceau de l’Islam. Au XVe siècle, l’Empire ottoman exerce son autorité sur tout le monde arabe jusqu’au Hijâz et gère La Mecque et Médine. Le Najd demeure autonome.
En 1744, le clan Muhammad Ibn Saoud s’allie avec le prédicateur Muhammad Ibn Abd al-Wahhab. Al Saoud s’engage à « soutenir le jihad (guerre) prôné par le réformateur pour soumettre la population à sa Prédication de l’islam « vrai » » (page 27). Abd al-Wahhab quant à lui reconnaît l’émir Al Saoud comme leader politique de la communauté musulmane. L’Arabie devient alors progressivement wahhabite aux XVIIIe et XIXe siècles grâce à la prédication des oulémas wahhabites. Le Hijâz est la région qui s’oppose le plus à cet ordre politico-religieux, en raison de la présence de communautés soufies et chiites.
De cette alliance découleront trois Etats saoudiens. Le premier est supprimé par les Ottomans en 1818. Le deuxième (1824-1891) est entaché par 25 ans de guerre civile. Le royaume actuel est fondé le 22 septembre 1932 par Ibn Saoud, qui s’est allié aux Ikhwan, la troupe d’élite tribale wahhabite, pour reconquérir les terres de la péninsule arabique. Selon Fatiha Dazi-Héni, « ces trois expériences étatiques montrent que les Al Saoud n’auraient jamais pu assurer la conquête territoriale de l’Arabie sans le soutien de la Prédication wahhabite qui leur fournit une légitimité politique sur le territoire qu’ils ont conquis, et notamment sur les lieux saints qui faisaient défaut au groupe sédentaire de la famille » (page 28).
Le troisième royaume saoudien se construit sur les ruines de l’Empire ottoman et avec l’assentiment des Britanniques présents dans la région. L’influence britannique décroit à partir de 1933, au profit des Etats-Unis. La relation privilégiée que le royaume entretient par la suite avec les Américains débute suite à la rencontre de Ibn Saoud et de Roosevelt à bord du Quincy le 14 février 1945. Des concessions pétrolières sont prévues pour une durée de soixante ans, renouvelables à l’échéance du contrat. La compagnie américaine d’exploitation pétrolière Aramco joue un rôle central dans l’émergence de l’Etat saoudien en agissant comme un sous-traitant de l’Etat. Elle crée des infrastructures, un appareil administratif et fournit un minimum de service public.

Religion

La religion en Arabie saoudite est au cœur même de la construction de l’Etat, et demeure centrale dans la vie des Saoudiens. Pourtant, la société évolue et l’establishment religieux doit s’adapter à une population majoritairement jeune, en quête de loisirs et de distractions.
Depuis 1792, les descendants du prédicateur Muhammad Ibn Abd al-Wahhab contrôlent les principaux postes religieux de Riyad : l’imamat des grandes mosquées, l’enseignement et la magistrature (page 62). Ce contrôle est institutionnalisé dans les années 1940. L’establishment religieux est régulièrement en opposition avec les décisions du gouvernement : éducation des filles, Code du travail, ou tout autre innovation par rapport à la loi islamique. Les mutawwa’ (police religieuse) sont de moins en moins acceptés par la jeunesse saoudienne, et le gouvernement a réduit leur rôle à de la prévention en 2016 alors qu’ils ont constitué le « pivot de l’homogénéisation du contrôle social dans le sens où ils [ont soutenu] la consolidation de l’Etat saoudo-wahhabite » (page 85). Les ministères de la Justice, des Affaires islamiques et du Pèlerinage incombent toujours aux descendants de Muhammad Ibn Abd al-Wahhab en revanche. Depuis la conquête de 1926, les Al Saoud contrôlent les deux plus grands lieux saints de l’Islam, La Mecque et Médine, et le Hajj (pèlerinage) constitue une manne financière centrale pour le Royaume, qui cherche à développer le tourisme religieux.

Outre les sunnites, il existe une importante communauté chiite (principalement des chiites duodécimains) en Arabie saoudite, qui représente entre 10 et 20% de la population. Le hanbalo-wahhabisme considère le chiisme comme un polythéisme (alliance du culte des saints et du culte du Dieu unique) et un rejet de l’islam « vrai ». Cette opinion est partagée par l’establishment religieux qui la diffuse dans les médias, ce qui marginalise et stigmatise les chiites qui n’ont toujours pas accès aux postes à hautes responsabilités. Pour autant, les pratiques religieuses chiites sont tolérées par la famille Al Saoud qui ne tente pas de convertir de force ces populations au hanbalo-wahhabisme.

La légitimité des Al Saoud et de l’establishement religieux est cependant contestée au sein du Royaume. Plusieurs événements entachent cette légitimité : la prise d’otage de La Mecque en 1979, l’intervention américaine lors de la première guerre du Golfe puis lors de la guerre d’Irak en 2003. Lors de ces événements, la légitimité des Al Saoud comme gardiens des lieux saints est remise en cause, d’autant que l’arrivée des chiites au pouvoir en Irak en 2003 change la donne géopolitique régionale.

Mais le Royaume poursuit pourtant l’objectif de diffusion de sa doctrine hanbalo-wahhabite dans le monde via des ONG locales et des organisations islamiques internationales. Notons cependant que l’Etat saoudien ne suit pas une politique précise d’exportation de la doctrine salafiste quiétiste. Ce sont des individus qui agissent d’eux-mêmes, sans contrôle de la part du gouvernement. D’ailleurs, le salafisme wahhabite quiétiste (la voie suivie par l’establishment religieux saoudien) est en voie de marginalisation face au salafisme djihadiste ou au salafisme politique qui s’exportent mieux à l’international.

Politique

La famille Al Saoud domine l’appareil bureaucratique de l’Etat. En 1921 est mis en place un Conseil de famille, institution informelle centrale dans la prise de décisions étatiques. Le roi a pour mission d’assurer l’association de ses descendants à l’exercice du pouvoir. La question de la succession est problématique pour l’Etat qui ne parvient pas à régler définitivement et institutionnellement ce sujet.

En mars 1992, le roi Fahd promulgue la Loi fondamentale, qui renforce le pouvoir entre les mains du roi. Ainsi, « ce texte fait de la famille royale le ciment de l’unité nationale saoudienne, avec le devoir d’allégeance des citoyens au roi en toutes circonstances » (page 101). Il officialise également la soumission de l’establishment religieux au pouvoir saoudien, et instaure un Conseil consultatif nommé par décret royal chargé de « donner son avis sur les lois décidées en Conseil des ministres et d’évaluer les rapports rendus par des ministres ou des agences officielles » (page 101).

Depuis le 23 janvier 2015, le royaume est dirigé par le roi Salman, qui a succédé à son frère Abdallah. Il met un terme au pouvoir dynastique adelphique (1) mis en place par Ibn Saoud et resserre le pouvoir autour de trois personnes : lui-même, son neveu, prince héritier et ministre de l’Intérieur Mohammed Bin Nayef, et son fils Mohammed Bin Salman, vice-prince héritier et ministre de la Défense. Mohammed Bin Nayef est l’auteur d’une intense campagne antiterroriste contre Al-Qaïda dans le royaume, et a des compétences politiques reconnues. En tant que ministre de l’Intérieur, il contrôle de facto le territoire. Mohammed Bin Salman en revanche est novice en politique. Il s’attache à réformer l’économie du Royaume et à transformer la société pour se créer un nom politique.

Identité et société

L’Arabie saoudite est constituée de façon originale. La conquête des territoires par Ibn Saoud n’a pas répondu à une dynamique identitaire comme dans la plupart des pays. Ainsi, en Arabie saoudite, l’adhésion à la monarchie se fait grâce à la redistribution de la rente pétrolière via les allocations et les emplois publics. 70% de la population active est employée par l’Etat, extrêmement centralisé. Par conséquent, les 13 provinces du royaume sont extrêmement dépendantes du gouvernement qui fournit des services et des infrastructures gratuitement ou à peu de frais.

Les Saoudiens sont environ 20 millions, et les étrangers 10 millions, ces derniers constituant l’essentiel de la population active du pays. La population en Arabie saoudite est urbanisée à 85%, ce qui est un taux élevé au niveau mondial. Pourtant, le niveau de vie des Saoudiens n’est pas aussi élevé qu’on le pense. 75% de la population font partie de la classe moyenne.
De manière générale, le secteur privé paie moins bien que le secteur public et ne dispose pas de ses avantages sur salaire. Cela empêche la privatisation du marché du travail désirée par le roi Salman, d’autant que les Saoudiens attendent de l’Etat qu’il leur trouve un travail, et considèrent les avantages (bas coûts pour l’eau et l’électricité par exemple) comme acquis : « de leur naissance à leur mort, les individus sont assistés » (page 168).
Les travailleurs étrangers quant à eux sont majoritairement employés dans le secteur privé et touchent des salaires bien moindres de ceux des Saoudiens, avec des conditions de travail difficiles.

Depuis les années 2000, le gouvernement promeut son patrimoine culturel et archéologique afin d’attirer des touristes. Cela modifie le discours officiel qui passe « du tout religieux à un récit plus séculier » (page 141). Selon Fatiha Dazi-Héni, l’objectif de la réécriture du récit national serait de « tourner le dos progressivement à l’héritage wahhabite pour se focaliser sur celui d’Ibn Saoud et sortir du pacte saoudo-wahhabite » (page 142), pour répondre à une évolution sociale qui s’éloigne de la rigueur wahhabite.

La vie culturelle pour les Saoudiens n’existe que dans les cercles privés ou semi-publics. L’Arabie saoudite est le troisième pays le plus répressif au monde envers les médias ; en revanche, les réseaux sociaux sont omniprésents. En outre, la mixité étant de facto interdite par l’establishment religieux, les réseaux sociaux permettent de repousser virtuellement cette barrière. Les femmes quant à elles n’ont pas le droit de conduire, et ont des débouchés professionnels limités. De plus en plus de Saoudiennes et de Saoudiens s’opposent à cette ségrégation homme/femme. La jeunesse (57% des Saoudiens ont moins de 30 ans) notamment y est de plus en plus hostile, et est, justement, un enjeu primordial pour l’Etat.

Enfin, la peine de mort est toujours appliquée en Arabie saoudite, pays non signataire de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. C’est le deuxième pays au monde où la peine de mort est la plus pratiquée derrière l’Iran.

Economie

Le pétrole constitue 90% des revenus de l’Etat saoudien. Aramco, société d’exploitation pétrolière américaine nationalisée à 100% en 1980 par l’Arabie saoudite, représente la source de tous les revenus de l’Etat, emploie 60 000 personnes et détient la quasi intégralité des réserves d’hydrocarbures du pays. Les finances de l’entreprise relèvent du secret d’Etat et ses opérations sont opaques. Son mode de gestion est particulier et en décalage avec l’Arabie saoudite : les femmes peuvent conduire, le management est largement inspiré des Etats-Unis.

Le prix du baril de pétrole influe directement sur les recettes de l’Etat. En 2015, en raison de la baisse de 45% des prix du pétrole par rapport à 2014, la part des hydrocarbures dans les revenus de l’Etat a diminué. La famille royale se voit attribuer un pourcentage non communiqué de la rente pétrolière, le reste étant redistribué plus largement (infrastructures, services, emplois publics). La redistribution de la rente est le moteur de la croissance du pays.
Mais ce système a des limites, et « l’Arabie saoudite est désormais confrontée à une crise de son pacte social issu du modèle rentier » (page 195). L’emploi public garanti, l’un des piliers de l’Etat providence, ne fonctionne plus. Deux actions sont donc menées de front. D’une part, une politique d’austérité a été entamée, afin de faire face à la chute des cours pétroliers. En 2016, pour la première fois, les services subventionnés de l’eau, de l’essence et de l’électricité sont reconsidérés. Le vice-prince héritier Mohammed Bin Salman souhaite aussi sortir du tout pétrolier et réformer l’économie, c’est pourquoi il a mis au point avec des cabinets américains le plan « Vision 2030 ». L’objectif est de développer un secteur privé dynamique grâce au tourisme et à des zones franches, dans le but d’avoir des revenus plus stables que les revenus volatiles du pétrole. Alors qu’aujourd’hui le secteur privé représente 40% du PIB saoudien, Mohammed Bin Salman souhaiterait qu’il atteigne 65% en 2030. Il valorise également l’emploi féminin, les loisirs, le sport pour les filles et la consommation, mesures qui rencontrent de vives résistances au sein de l’establishment religieux mais qui sont accueillies positivement par les jeunes. Comme le fait remarquer l’auteure : « En heurtant de front les élites traditionnellement alliées au pouvoir, le nouveau leadership ne favorise pas le climat de confiance nécessaire à une telle transition » (page 229).

Pour parvenir à sortir du tout pétrolier, l’Arabie saoudite peut compter sur les énergies nucléaires et renouvelables, le développement du tourisme religieux et du tourisme classique. Mais il faudra tout d’abord réduire la consommation énergétique intérieure, particulièrement préoccupante. En raison des prix subventionnés, l’électricité et l’eau sont consommées à outrance par les Saoudiens.

Les principaux partenaires commerciaux du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont aujourd’hui en Asie. En 2012, le marché Asie pacifique représentait 75% des exportations de pétrole pour les pays du Golfe. La Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, la Malaisie et le Pakistan sont liés à l’Arabie saoudite par les contrats économiques et par la présence de travailleurs immigrés pakistanais, indiens et malaisiens en Arabie saoudite.

Relations internationales

Les relations internationales de l’Arabie saoudite reposent sur trois axes majeurs : l’opposition obsessionnelle à l’Iran chiite, la dépendance de l’allié américain pour la défense de sa souveraineté, la diffusion de son soft power religieux.

Grâce à sa richesse, l’Arabie saoudite peut diffuser l’idéologie hanbalo-wahhabite dans le monde. Toutefois, elle ne parvient pas à acquérir de réels soutiens dans la région du Moyen-Orient et à s’imposer comme une force géopolitique régionale.
Elle est considérée comme le leader du CCG, organisation internationale constituée des six monarchies de la péninsule dont l’objectif est de maintenir le statu quo politique à l’intérieur de leurs frontières. Pour répondre à cet objectif, le CCG et notamment l’Arabie saoudite ont réagi de manière offensive aux printemps arabes. Mais le rôle dominant du royaume saoudien rend les cinq autres émirats méfiants.

La tension avec l’Iran n’est pas nouvelle mais connaît un renouveau depuis la mise en place des chiites au pouvoir en Irak par les Américains en 2003, puis avec le retrait des troupes combattantes américaines d’Irak en 2011. Téhéran et Riyad s’affrontent indirectement via le Yémen, la Syrie ou le Liban pour acquérir le leadership régional. Les Américains ne régulant plus la tension, les deux Etats surenchérissent leurs discours ultranationalistes et exaltent les sentiments de haine réciproque. Le retour de l’Iran sur la scène internationale inquiète beaucoup les Saoudiens. Avec un marché intérieur de 80 millions d’habitants et une certaine sympathie des populations occidentales pour la culture et la civilisation iraniennes, alors que l’Arabie saoudite attire de la méfiance, notamment en raison de la place des femmes dans la société, l’Iran représente une menace existentielle pour l’économie saoudienne et pour ses alliances internationales. Riyad se bat contre Téhéran pour sa survie économique (page 261). La perception de la menace iranienne a d’ailleurs rapproché Israël et l’Arabie saoudite, malgré le financement saoudien de la cause palestinienne.

Alors que l’Iran revient sur la scène internationale, que la doctrine wahhabite perd du terrain face à la doctrine djihadiste et que les Américains se désengagent des conflits du Moyen-Orient, l’Arabie saoudite se sent de plus en plus menacée. Elle cherche donc désespérément à contracter de nouvelles alliances, notamment militaires. Elle s’est alliée à la Turquie, à la Jordanie, à l’Egypte, à Israël, et se rapproche du Royaume-Uni. Mais elle est consciente de ne pas pouvoir se défendre sans l’aide des Etats-Unis malgré ces alliances, et tente donc de faire revenir Washington au Moyen-Orient, projet mis à mal par l’élection de Donald Trump. Sous la présidence de Barack Obama, les relations entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite se sont dégradées, malgré un record de commandes d’armements (115 milliards de dollars en huit ans). Mais l’intérêt commun devrait maintenir les relations entre les deux Etats. D’autant que les Etats-Unis, même s’ils se dirigent vers un désengagement régional, vont tout de même maintenir une présence militaire importante dans la région en raison des contrats d’armements, de maintenance et de formation achetés par les monarchies du Golfe.

La menace iranienne, la déstabilisation du Moyen-Orient, la lutte intense contre le terrorisme (Daesh et Al-Qaïda) et la concurrence au sein du CCG ont fait de l’Arabie saoudite l’un des plus importants exportateurs d’armements au monde, et le troisième Etat à dépenser le plus pour sa défense.

Finalement, c’est un Royaume en transition et sur la défensive que nous décrit Fatiha Dazi-Héni. L’idée répandue en France d’un Etat saoudien, homogène et uniforme, est contredite par la description de la politologue : « En fait, l’hétérogénéité des régions et des populations avec le maintien des pratiques et des rituels chiites et soufis en dépit des nombreux interdits et de l’addiction des jeunes pour les réseaux sociaux mettent en échec la doctrine wahhabite totalisante, censée proscrire toute influence extérieure dans le pays » (page 12). Ce livre apporte de nombreuses clés pour comprendre la complexité historique, culturelle, religieuse et politique de l’Arabie saoudite.

Note :
(1) P.109 : « Ce système de multi domination [du pouvoir], qualifié d’adelphique, associe au pouvoir l’ensemble des fils [d’Ibn Saoud]. Basé sur l’exercice collégial du pouvoir, il engendre la multiplication des centres de pouvoir ».

Fatiha Dazi-Héni, L’Arabie saoudite en 100 questions, Tallandier, 2017, Paris.

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