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Entretien avec le photographe Tony Hage - Le retour au Liban

Par Juliette Bouveresse, Tony Hage
Publié le 10/04/2014 • modifié le 02/03/2018 • Durée de lecture : 12 minutes

Crédit photo : Tony Hage

Tony Hage

Vous êtes né à Beyrouth en 1961, mais vous habitez Paris dès l’âge de 17 ans. Vous avez la double nationalité franco-libanaise, quel rôle a joué cette double appartenance dans votre carrière de photographe ?

Je suis venu à Paris en 1979, entre mes 16 et 17 ans, tout en retournant au Liban pour certaines occasions. Puis, pendant 4-5 ans, je n’ai plus été au Liban. J’ai commencé à y retourner il y a une dizaine d’années. Même si je n’avais aucune activité professionnelle au Liban, une relation particulière s’était cependant établie, étant publié dans presque toute la presse, locale et régionale, depuis longtemps. Mes clients étaient au Liban, mais j’habitais et j’apprenais en France.
J’ai aimé la photo depuis mon enfance, mais tout est parti de France : ma culture, mes rencontres, mes prises de vue. D’ailleurs, concernant mon exposition présentée à Photomed, aucune photo n’a été prise au Liban. L’exposition parlait de mes débuts, de mes voyages en Égypte, en Jordanie, et ailleurs.

C’est principalement par la presse que vous êtes venu à la photographie.

Je n’avais jamais pensé, en tant que photographe de presse, à faire commerce de mes images. Pour moi, j’étais avant tout photographe, faisant des reportages, allant à la rencontre des gens. Je ne pensais même pas que, en dehors de la presse, de l’impression, de l’édition, je pouvais intéresser… Par la photo, je capte quelque chose, j’improvise, par instinct, par esthétisme. La photo est l’outil par lequel je m’exprime. En revanche, il m’était impossible de m’exprimer en réalisant des natures mortes, natures mortes commerciales, ou en studio, même si je sais techniquement le faire.
Voici un exemple : à un moment donné, étant déjà assez connu, un membre de ma famille m’a proposé d’ouvrir un magasin de photo, une boutique, et j’ai refusé. Alors que c’était probablement ce qu’il fallait faire pour gagner ma vie. Je sais que c’est un vrai métier, mais ce n’est pas le mien. Ma conception de mon métier, c’est cette légèreté qui me laisse une liberté, et une insouciance, aussi. Même si être photographe n’est pas un métier facile, il n’y a pas de garantie de réussir, et ce n’est pas facile d’en vivre. Mais tout cet ensemble m’allait très bien, car il fallait se battre, se débrouiller. C’est également un métier très physique, rien que de porter des appareils photos. Mais je ne conçois toujours pas ma vie autrement que par ce regard que j’ai sur les choses, sur les gens. C’est essentiel pour moi.

Crédit photo : Tony Hage
Andrée Chedid, 1982.

Si vous revenez sur votre formation de photographe, elle s’est plus effectuée au contact avec le réel que par les cours que vous avez par ailleurs suivis, à Paris. Ce qui a compté, c’est le reportage.

Ça s’est passé très vite. Tout en faisant mes études (j’ai également fait des études de cinéma) j’ai commencé à faire des photos, à trouver des repères. Parfois, j’avais des contraintes formelles, je devais me conformer aux critères de mes commandes. À un moment, je me suis dis que je n’aurais pas le temps de faire autrement. J’ai donc décidé de mettre à profit le travail que l’on me proposait pour, en parallèle, travailler comme je le souhaitais. Si on me demandait de prendre deux photos d’un sujet, je le faisais, puis j’en prenais une ou deux autres, qui n’intéressaient personne d’autre que moi, et qui auraient été refusées par les personnes qui me passaient des commandes. J’ai donc commencé ainsi, par cette frustration, à faire mes propres images. Quand je faisais ces photos, je ne les publiais pas, souhaitant les garder pour moi, en me disant : c’est ma collection personnelle.

Tout au long de ces années, vous avez constitué une archive personnelle de photographies.

Oui, j’avais des commandes de journaux, mais en parallèle, je prenais également l’initiative d’aller faire des photos, étant informé d’un sujet, sans avoir reçu d’invitation. Je n’avais aucune appréhension à y aller. C’était en effet vital et personnel de réaliser ces photos, vital au sens égoïste du terme, puisque je ne les montrais pas. Les trois quarts des photos qui étaient exposées à Beyrouth du 7 janvier au 16 février 2014 dans le cadre de Photomed sont inédites.
Elles ont été faites pour mon plaisir, par passion pour une image, j’étais heureux de les avoir. Je les ai faites au départ pour moi, je les gardais parce qu’elles étaient une partie de moi, en sachant qu’un jour je les exposerais, mais ce n’était alors pas essentiel. Si on m’avait dit, à l’époque : ces photos sont importantes, gardez les… je n’en avais alors pas conscience. Par exemple, la photo de Catherine Deneuve avec Yves Saint Laurent a eu beaucoup de succès. Mais quand j’ai fait cette photo, je ne pouvais pas le savoir. Je savais que la photo était belle, mais avec le temps, elle a pris de la valeur. Vous l’auriez vue le jour même, vous l’auriez appréciée, mais sans plus. Un jour, on ressort une photo, et on en comprend la puissance. Les bonnes photos n’ont jamais un effet immédiat. Lorsque quelqu’un me parlait de mes photos, me complimentait, je lui demandais de les revoir six ou sept mois plus tard et alors de me donner son avis.

Crédits photos : Tony Hage
Catherine Deneuve et Yves Saint Laurent, 1983.

Pouvez-vous revenir sur votre départ du Liban ?

Jusqu’en 1978, j’ai participé à la guerre civile, étant combattant, très jeune, et inconscient. J’ai perdu des amis, j’ai perdu mon père. Ai-je été traumatisé ? J’ai bien sûr été marqué, mais participer à une guerre est différent de la subir. Quand je prenais des photos, même si on emploie le même mot, « shoot », c’était l’inverse de tirer. Je voulais avoir mon œil sur l’objectif, déclencher et capter. Je ne tirais pas sur les gens, je les recevais. Je les gardais.
Je suis parti du Liban en 1979. Ma venue à Paris n’était pas prévue. Je suis arrivé seul en France, sans ma famille, ayant suivi une amie et plusieurs camarades de classe qui quittaient le pays avec leurs parents.
Je n’arrivais pas à me détacher de tout ce que j’ai vécu. J’ai vécu des moments très durs, mais j’étais entouré de gens très courageux, qui me remontaient, qui me motivaient. J’ai eu peur, parce qu’être dans une situation de danger, c’est terriblement angoissant. Mais je n’ai pas pris la fuite, j’étais un peu fier.

Votre pratique photographique s’est construite dans ce refus de la violence ?

Il y a quelque chose de simple, qui est cette envie de prendre l’instant, de le capter. Sans influencer dessus. C’est une méthode de photo : vous laissez faire les gens, et vous captez ce que vous voulez d’eux. Je n’interviens jamais ni ne commande à une personne ce qu’il faut qu’elle fasse. Je la laisse faire, je tourne autour, je capte, comme ça (il fait le geste, et bruite le clic). Je fais la photo, sans aucune réflexion cérébrale, ou idée construite. Non, c’est un regard, une situation. Je regarde ce qui se passe, et quand je me dis : c’est ça que je veux prendre, je sais exactement ce que j’ai vu en cette personne, les détails que je souhaite prendre, ce que j’ai envie de faire. En réalité, ça prend deux secondes.
C’est un geste qui est généreux, humaniste. Regardez bien mes photos. Vous n’avez aucune agressivité dans mon regard. Il y a des photographes qui sont là pour capter des choses sensationnelles, je n’ai rien contre. Mais ce n’est pas ma façon de travailler. Dans ma photo, la façon de montrer est toujours heureuse. C’est un regard heureux sur les gens.

Crédit photo : Tony Hage
W. Akl, 1982.

À travers votre travail photographique sur la communauté libanaise à Paris, vous restez au contact de deux cultures.

Je suis devenu « le photographe de la communauté libanaise ». En 1980-90, beaucoup de Libanais étaient à Paris. Etant très jeune, je dirais qu’ils m’ont adopté. Les Libanais forment une petite communauté très active, organisent beaucoup d’événements. Je travaillais beaucoup, couvrant énormément de choses. L’ambassade du Liban m’avait notamment pris comme photographe officiel, pour tous ses événements et les visites officielles.

Vous avez travaillé avec l’agence Gamma. Pouvez-vous revenir sur cette étape dans votre carrière, et la nature de cette collaboration ?

Je n’ai jamais été salarié dans une agence, ni dans un journal. J’ai toujours été libre, le contact avec l’agence Gamma s’est fait par un journaliste de Paris match, en rentrant de Jordanie.
J’étais en Jordanie pour prendre des photos, d’un défilé de mode, probablement. Par un concours de circonstance, j’ai été présenté à une femme responsable du palais jordanien, et qui m’a proposé de photographier la reine Noor, qui venait d’avoir un bébé. En rentrant à Paris, j’ai rencontré par hasard un journaliste de Paris Match, Jean-Claude Zana, qui m’a mis en relation avec l’agence Gamma. Je travaille également avec Maxppp, qui me distribue depuis 23 ans.
Un jour, alors que je travaillais avec un magazine qui était aussi abonné à Gamma, le rédacteur responsable du bureau de Paris m’a contacté et m’a dit qu’ils cherchaient un correspondant de guerre au Liban. C’était au début des années 1980. J’ai refusé, et j’ai donné le nom d’un ami. Pour rien au monde je ne me serai replongé dans la guerre du Liban.

Quand avez-vous renoué avec le Liban ?

En 2004, à l’occasion d’une rencontre avec le directeur de l’Office du tourisme du Liban, Serge Akl, nouvellement arrivé à Paris. Je venais juste de faire un livre sur la région de Digne-les-Bains. Quand Serge Akl m’a demandé si j’avais déjà photographié le Liban, je lui ai dit que je venais de faire un livre, un grand reportage, pour Digne les bains. Mon rêve était de faire de même au Liban.
C’est ainsi que j’ai renoué avec le Liban. Aujourd’hui, je connais bien le pays, mais quand j’ai été le photographier, je ne le connaissais pas, sauf Beyrouth. Cela a été une rencontre magique pour moi. Magique au sens humain. J’ai découvert des paysages majestueux, j’ai surtout senti une âme, quelque chose de vraiment spirituel. Je prenais une voiture, et je disais à mon chauffeur de me retrouver deux heures plus tard. Je m’asseyais, je faisais très peu de photos, je méditais plus que je ne photographiais. Depuis, j’ai changé mon opinion et mon engagement pour ce pays. J’ai notamment pensé : mais comment a-t-on voulu détruire ce pays ? Celui-ci, que j’ai découvert de mes propres yeux, est un pays extrêmement mystérieux et calme, silencieux. Je regardais et j’avais peur que tout ce panorama me regarde avec un regard dur. Et je crois qu’il regarde tous les Libanais, avec ce même regard. Qu’est-ce qui nous empêche de préserver notre pays, qu’est-ce qui nous pousse à être à la solde de l’étranger ? C’est pourquoi je suis indépendant, je suis libre, je défends la liberté et l’indépendance du Liban.

Crédit photo : Tony Hage
John Huston, 1985.

Qu’avez vous photographié, depuis lors, au Liban ?

Faire le Liban, c’est faire toutes ses facettes : la vie, la frivolité, la nuit, les restaurants, les boites de nuit, la culture, tel ou tel artiste, l’archéologie, les sites, les monastères, les mosquées, les paysages. Vous avez des vies qui sont dans les montagnes, qui sont absolument différentes de celles des villes. Je n’ai aucun problème à passer d’une boite de nuit à une réalité très austère. C’est la réalité du pays. Telle femme est voilée, telle autre ne n’est pas. Vous allez à Beyrouth, les femmes marchent ensemble, et dans la même famille vous avez une fille voilée, et une qui ne veut pas l’être. Culture et religion.
Comme photographe, je suis témoin, même des réalités que vous n’aimez pas. Je n’ai pas de préjugé sur les gens, je peux photographier quelqu’un que je n’aime pas, qui ne m’intéresse pas, comme je peux photographier des gens que j’apprécie. Mon regard sera toujours le même.

Photomed participe de ce retour au Liban ?

Tout a fait. J’ai proposé qu’on invite le Liban au festival Photomed. Jean-Luc Monterosso, le directeur du festival, souhaitait que je sois commissaire d’une exposition sur les jeunes photographes libanais.
Au cours de ce festival, mes photographies ont aussi exposées. Ma première exposition de Sanary-sur-mer (du 23 mai au 16 juin 2013) était toute petite, par rapport à celle organisée à Beyrouth (du 7 janvier au 16 février 2014). Après le festival à Sanary, on m’a proposé de faire une grande exposition au Liban. Jean-Luc Monterroso a fait la sélection, concentrée sur des portraits, ou plutôt sur des scènes avec une personne. Le portrait, pour moi, c’est la présence d’une personne dans un cadre choisi que j’appelle portrait. Ce n’est pas le sens strict du portrait, ce sont des portraits larges.
On peut constater qu’il y a une continuité dans ces images sur les années. Il y a énormément de gestes des mains. Quand je faisais des portraits, je voulais des portraits avec des gestes et une expression des mains, avec le corps, avec le visage. Vous voyez donc une continuité, vous pouvez penser qu’il y a un thème réfléchi, or ce n’est pas le cas, il est instinctif, inconscient probablement.

Vous venez d’évoquer l’exposition sur les jeunes photographes libanais, qui s’est déroulée dans le cadre du festival Photomed. Comment avez vous organisé l’exposition sur la Jeune photographie libanaise ?

Afin de sélectionner les photographes, j’ai fait mes recherches, pour montrer une grande partie des facettes de ce qui se passe au Liban. J’ai alors appelé chaque photographe. Est-ce que c’est mon choix, véritablement ? Oui, j’aime tout ce que j’ai choisi. Mais est-ce que c’est mon style de photographie ? Pas forcément. Sur les sept exposés, il y en a quatre que je ne connaissais pas personnellement. Pour vous dire la neutralité dans laquelle j’étais. Une fois les artistes identifiés, je leur ai demandé le maximum d’images sur les thèmes que j’avais choisi, et j’ai fait la sélection.
En réalité, ce n’est pas une sélection, c’est un choix que j’avais fait, pour commencer à reconnaître la scène photographique libanaise actuelle. Car tous les photographes libanais sont concernés, et ce qui est très important pour moi, c’est que je ne voulais que personne ne se sente exclu. Et quand on a organisé le festival au Liban, peu à peu, c’est devenu mon rêve, ma stratégie, pas à pas.

Crédit photo : Tony Hage
Youssef Chahine, 1984.

Parlez nous du festival Photomed à Beyrouth.

On voulait que le festival vienne au Liban, avec des grands noms de la photographie, mélangés aux photographes libanais, et que le public viennent regarder le travail des grands photographes et celui, non négligeable, des artistes libanais. Et surtout pousser tous les photographes libanais à se sentir concernés par un grand festival accessible et gratuit. Ce n’est pas une foire où si vous avez de l’argent, vous pouvez y participer. Non, là c’est autre chose, c’est ouvert à tous. Les organisateurs ont rencontré les jeunes photographes. Je leur ai dit : venez tous, profitez de la présence de ces décideurs de la photo qui ont un regard sur la photo, écoutez ce qu’ils ont à vous dire, et foncez. C’est votre festival, vous avez la possibilité de voir, d’y participer. Cela va vous donner envie d’exposer, parce qu’il y a des galeries à Beyrouth, il y a des éditeurs et de plus en plus de collectionneurs.
Ce festival permet d’initier à la photographie, et si un deuxième festival est organisé, cela contribuera à sensibiliser davantage les gens à la photographie.

Quel regard portez-vous sur la photographie libanaise, comment la décrirez-vous ?

Il y a une génération de photographes libanais qui a beaucoup voyagé. Ils ont vécu dans différents pays, ont acquis une culture et ont un regard. D’autre part, aujourd’hui, l’on constate un engouement pour la photographie. Toutes les universités libanaises enseignent d’une façon ou d’une autre la photographie, beaucoup de gens s’y intéressent. Quand je vois les photos que font les jeunes aujourd’hui, quelque chose se dégage dans l’image. Vous voyez tout de suite qu’il y a beaucoup de talent.
Maintenant, il y a des talents d’avant ces dix dernières années, des photographes de ma génération, comme Fouad El Khoury par exemple, comme Samer Mohdad. Des photographes ont aussi quitté le Liban, je pense à Maher Attar. Ce sont par les réseaux internationaux qu’ils ont acquis une reconnaissance.

Ce sont des générations très différentes. Les photographes que vous avez cités sont dans une photographie humaniste, avec un aspect documentaire important. Les photographes que vous exposez sont plus tournés vers un geste de création fictive, avec beaucoup de dérision et d’ironie.

Oui, ce qui n’est pas du tout ma photographie. J’ai montré quelque chose que j’appelle pessimiste, parce que les artistes sont pessimistes, il y a une révolte, mais quand vous êtes pessimiste et révolté et que vous le montrez, c’est bon signe. Ça pousse à autre chose.
Pour ma part, je suis plus pour la légèreté, ma photographie n’a pas pour vocation de participer au drame. Mais les artistes libanais sont mélancoliques ou dramatiques. Mon expression est beaucoup plus légère.
80% de mon exposition a été faite avec une optique fixe, un 35 mm, j’avançais, je reculais. Je n’aime pas zoomer, j’approche pour créer une scène, avec un seul cadre que je maîtrise. Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est beau, c’est pour cela que la photographie est compliquée et difficile, parce que l’on croit qu’elle est facile, et on comprend que c’est très difficile de composer, de créer une image avec ses yeux.

Vous avez cofondé l’agence de photographie Toromoro. Comment est né ce projet, quels étaient ses objectifs ?

Je voulais sélectionner, avoir le contrôle sur les images, ne plus voir mes photos déposées à une agence et sélectionnées par quelqu’un d’autre, voire refusées. Avec Toromoro, je publie quand je le souhaite. Il est cependant nécessaire de structurer, parce qu’il y a beaucoup de concurrence.
J’ai ainsi eu l’idée de créer une agence avec mes archives et mes photos, et celles de mon associé, mais aussi d’inviter d’autres photographes. Mon agence a une personnalité précise, des travaux de photographes, des illustrations, des portraits.
Aujourd’hui, la photographie de presse est en crise. J’ai connu la période où il y avait un financement pour aller faire des photos. Pourquoi ? Parce que la photo était tout. Aujourd’hui, depuis que les journaux ont perdu leur identité et sont sous la coupe de groupes et d’actionnaires, on brade.
Toromoro a pour mission la presse, l’édition, et maintenant les sites internet. Les clients de Toromoro sont pour la plupart des magazines gratuits, qui achètent de la mode. J’apprécie beaucoup ces magazines gratuits, qui ont un rapport direct et sincère au lecteur, parce qu’ils donnent quelque chose de gratuit.

Publié le 10/04/2014


Juliette Bouveresse est élève à l’École Normale Supérieure de Lyon en Histoire des arts. Ses recherches portent sur l’art contemporain au Moyen-Orient et dans le monde arabe.


Né à Beyrouth le 24 octobre 1961, le photographe franco-libanais Tony Hage a réalisé la plus grande partie de sa carrière en France et à travers le monde, au gré des reportages et des rencontres. L’œuvre du photographe a été exposée pour la première fois dans le cadre du festival Photomed, consacré à la photographie méditerranéenne, qui s’est tenu en France à Sanary-sur-mer du 23 mai au 16 juin 2013, puis au Liban à Beyrouth du 7 janvier au 16 février 2014. Ces deux expositions étaient consacrées à une série de portraits réalisés entre 1981 et 1985, où des personnalités occidentales et orientales se côtoient, depuis l’actrice française Catherine Deneuve jusqu’au cinéaste égyptien Youssef Chahine.


 


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