Actualités
Actualités

Les clés du Moyen-Orient : un nouveau site pour fêter 10 ans d’analyses

La revue Les clés du Moyen-Orient, en ligne depuis juin 2010, fêtera ses dix ans en juin prochain. Dans cette période de crise inédite du coronavirus et de confinement, nous sommes heureux de vous offrir ce nouveau site, totalement remanié.
Avec (…)

Plus d'infos
dimanche 26 juillet 2020



https://www.lesclesdumoyenorient.com/2923



Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient

Plus de 2600 articles publiés depuis juin 2010

vendredi 7 août 2020
inscription nl


Accueil / Portraits et entretiens / Entretiens

Entretien avec Thierry Coville : « Ni les Etats-Unis ni l’Iran n’ont intérêt à débuter une guerre »

Par Léa Masseguin, Thierry Coville
Publié le 21/05/2019 • modifié le 21/04/2020 • Durée de lecture : 2 minutes

Thierry Coville

L’escalade des tensions entre Washington et Téhéran pourrait-elle déboucher sur une guerre entre ces deux pays ?

Je pense plutôt qu’il s’agit d’une stratégie américaine visant à forcer l’Iran à négocier sur 12 points évoqués par le Secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, qui comprennent notamment un nouvel accord sur le nucléaire iranien, dont les Etats-Unis sont sortis en mai 2018. Ils appliquent ainsi une stratégie de « pression maximum », comme celle qu’ils avaient appliquée en Corée du Nord, en imposant d’énormes sanctions économiques, en désignant les Gardiens de la Révolution comme une « organisation terroriste étrangère », ou en déployant de nouveaux moyens militaires dans la région. Toutefois, ni Donald Trump ni les autorités iraniennes n’ont intérêt à débuter une guerre, bien que certains éléments de l’administration américaine comme John Bolton ou Mike Pompeo estiment qu’un conflit fait partie de la solution.

N’y a-t-il donc aucun risque que la situation dégénère ?

Le risque zéro n’existe pas. Les Etats-Unis sont une grande puissance militaire et l’Iran possède des capacités de réponses. De mauvais calculs, des incidents ou des divergences de la part des alliés régionaux de l’Iran pourraient faire déraper la situation, d’autant que les deux pays ne se parlent plus depuis l’élection de Donald Trump, et seraient incapables de régler un litige sur le terrain.

Les Etats-Unis ont annoncé vouloir retirer les troupes américaines de Syrie et d’Afghanistan. Pourquoi l’Iran fait-il figure d’exception dans la politique isolationniste menée par Donald Trump ?

C’est vrai qu’il existe des contradictions dans la stratégie américaine lorsque l’on voit que Washington déclare que l’Iran représente le même danger que l’Etat islamique (EI), alors que les Etats-Unis négocient avec les talibans en Afghanistan. Si l’Iran reste la bête noire des Etats-Unis, c’est d’abord parce que cela permet à Donald Trump de bénéficier du soutien du parti républicain et de sa base électorale, qui a une très mauvaise image de la République islamique. Donald Trump souhaite par ailleurs prouver à son électorat qu’il peut trouver un meilleur accord que son prédécesseur Barack Obama. Enfin, il existe un lobbying intense de la part des Emirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et d’Israël qui encouragent Donald Trump à mener cette politique anti-iranienne.

La stratégie de « pression maximum » mise en place par les autorités américaines peut-elle fonctionner sur l’Iran ?

Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est plutôt l’inefficacité de cette politique américaine. Depuis que la stratégie de « pression maximum » a été mise en place il y a un an, l’Iran refuse catégoriquement de négocier. Les Etats-Unis n’ont pas de véritable porte de sortie politique et c’est pour cela qu’ils utilisent des moyens de pression encore plus forts contre Téhéran. Toutefois, cette stratégie pousse au contraire les autorités iraniennes à résister davantage. La seule solution, c’est que les Etats-Unis acceptent de revenir dans l’accord sur le nucléaire iranien.

Publié le 21/05/2019


Thierry Coville est chercheur à l’IRIS.


Léa Masseguin est étudiante en Master 2 Gouvernance et Intelligence internationale dans le cadre d’un double diplôme entre Sciences Po Grenoble et l’Université internationale de Rabat. Passionnée à la fois par l’actualité et la diplomatie, elle a travaillé au sein du quotidien libanais L’Orient-Le Jour et à la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies à New York. Elle s’intéresse à la région du Proche-Orient, en particulier la Syrie et le Liban.


 


Économie

Etats-Unis

Politique