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Entretien avec Michel Makinsky – Retour sur les événements en Iran (2/2)
Article publié le 25/11/2019

Lire la partie 1

Combien y aurait-il de manifestants, selon le pouvoir ? Selon les ONG ? Quelles villes sont concernées par ces émeutes ?

Iranhumanrights.org avance le 19 novembre que les manifestations ont débuté le 15 novembre dans les 50 principales villes à travers le pays, y compris à Qazvin, Tabriz, Ouroumieh, Saveh. L’agence Fars indique le 18 novembre qu’environ 87.000 personnes, selon les services de renseignement, ont participé jusque là aux manifestations. Elle prétend que des bandes d’émeutiers entraînés sont responsables des violences. Fars cite 1000 arrestations. Les mêmes sources évoquent des groupes de 50 à 1500 personnes qui se seraient rassemblés dans 100 contrées. La plupart des dégradations commises seraient intervenues dans les provinces du Khouzistan, de Téhéran, Fars et Kerman. Le niveau de violences et de dégradations selon l’agence Fars, serait supérieur à celui de l’hiver 2017/2018. Les responsables des forces de maintien de l’ordre, pour leur part, signalent des rassemblements à Mashhad, Sirjan et dans la province du Khouzistan (malgré le pétrole, une région pauvre du pays), notamment Ahvaz. Dautres sources (Human Rights in Iran) confirment que des troubles ont éclaté. Shahed Alavi (Iranwire), mentionne aussi Ispahan, Dezful, Omidiyeh. A Shiraz, samedi 16 novembre, la mort du jeune Mehdi Nekooe entraîne des réactions violentes. A Khoramshahr, selon les mêmes sources, les troubles s’amplifient et deux personnes dont un jeune auraient été tuées par la police. Il en est de même à Behbahan où on compterait 3 victimes. La province du Kurdistan iranien est aussi très agitée, notamment à Sanandaj, sa capitale, mais aussi Javanrud dans la province de Kermanshah, et Marivan selon Hengaw, organisation kurde de défense des droits de l’Homme. Amnesty International, dans son décompte de 106 victimes, cite en outre les localités suivantes : Ahvaz, Abadan, Bandare, Mahshahr et sa banlieue, et Behbahan, Boukan, Boumehen, Ispahan, Islamshr, Javanrud, Karaj, ainsi que Kermanshahr, Khoramshahr, Mariwan, Ramhormoz, Robatkarim, Sadra, Sananjai, Shahriyar, Shiraz, Sirjan, Téhéran. RadioFarda mentionne aussi les quartiers défavorisés de Malard, Shahr Qods, Chardangeh Qaleh Hassan Khan et Eslamshahr au Sud Ouest de Téhéran. Cette répartition reflète la division classique de la grande métropole. Sans surprise, les quartiers ‘favorisés’ du nord n’ont pas ou guère bougé, comme en hiver 2017/2018.

Il n’est pas étonnant, comme le relève Iranwire, que les agences de presse iraniennes ne produisent pas les mêmes échos des émeutes du 16 novembre. Shahed Alavi note que certaines en ont fait état mais pas de la même façon que les particuliers sur les réseaux sociaux. Les agences d’Etat ont reçu l’ordre de ne pas les évoquer. L’agence IRNA a mentionné des troubles à Sirjan sans évoquer de victime. Mais après 4 jours de manifestations, les media liés au régime reconnaissent qu’il y a eu des arrestations massives : dans certaines grandes villes, des ‘centaines’ d’interpellations ont été effectuées dont plus de 60 à Yazd. Le porte-parole du pouvoir judiciaire indique que 100 ‘meneurs’ ont été arrêtés.

Le mouvement actuel s’inscrit-il dans celui des mouvements étudiants de 1999 et de la « vague verte » de 2009 ?

A l’évidence, ce nouvel épisode n’a pas grand-chose à voir avec le mouvement étudiant de 1999 ni avec les émeutes et la répression sanglante qui ont suivi la contestation massive des élections présidentielles de 2009 dont la manipulation avait permis la victoire frauduleuse d’Ahmadinejad. La composition sociologique des manifestants de novembre 2019 pas plus que leurs revendications n’ont en commun avec les mouvements étudiants de 1999 ni avec le rejet de la confiscation orchestrée par le Guide et les Gardiens de la Révolution de la victoire d’un candidat réformateur en 2009.

Nous sommes en présence d’un embrasement populaire mobilisant des catégories modestes désespérées dont les conditions de vie se dégradent à un niveau insupportable. Ce sont les populations des zones pauvres du pays, des quartiers déshérités, qui sont descendues dans la rue. Elles ont été ulcérées (la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà plein) par l’annonce d’une hausse des carburants et du gaz qui va les étrangler de façon encore plus insupportable, menaçant leurs modes de déplacement pour leur travail sans solution de rechange, et accompagnée d’autres hausses qui achèvent de les ruiner. Ces personnes modestes ont été enragées par ces mesures technocratiques. Par contraste, il est clair que dans une métropole comme Téhéran, les catégories aisées, la bourgeoisie, même si leurs conditions de vie sont affectées par les conséquences des sanctions, n’ont pas pris part aux manifestations. Elles redoutent, comme les dirigeants du pays, les désordres et violences aux conséquences néfastes. En bref, elles ne se sentent pas vitalement concernées par les slogans et revendications même si intellectuellement elles peuvent en comprendre certaines. Certes, les étudiants ont un peu ‘bougé’, notamment à l’Université de Téhéran, à Ispahan et Shiraz, mais ils ne représentent pas le gros des troupes. On peut penser qu’ils ont rejoint les cortèges parce qu’ils ne parviennent plus, comme d’autres, à subvenir à leurs besoins de base.

Nous ne sommes donc pas en présence d’une revendication prioritaire de démocratie comme en 1999 et 2009. C’est une urgence de survie économique qui est exposée. Les protestataires ne réclament pas d’abord plus de liberté d’expression, de réformes pour la société civile, une meilleure place pour les femmes. Ils veulent pouvoir payer leurs transports, leur nourriture, leur logement, leurs médicaments. Ils enragent de voir que l’argent nécessaire est employé à d’autres fins qui ne les intéressent pas : interventions en Syrie, en Irak, au Yémen, soutien au Hezbollah, à d’autres groupes, défi ruineux à l’égard d’Israël et assistance au Hamas et solidarité avec les Palestiniens (dont le sort les indiffère). Ils s’exaspèrent devant les subventions aux structures religieuses qu’ils perçoivent comme des parasites (l’Iran est un pays dont les mosquées sont souvent désertes en dehors des grandes fêtes) et au clergé dont les diktats en matière de mœurs les insupportent. Ils ne comprennent pas pourquoi maintes structures (Fondations, organisations liées aux Gardiens de la Révolution) sont démesurément financées et ne paient pas ou peu l’impôt. Ils ne supportent plus les chapelets de cas de corruption dont les auteurs demeurent impunis car protégés par des dignitaires influents du régime. Enfin, phénomène classique, ces populations modestes, surtout en province, sont minées par le sentiment d’abandon par un pouvoir central indifférent sauf quand il s’agit de réprimer l’expression des mécontents. Si ces mécontents fustigent les Américains, ce n’est qu’eu égard aux sanctions qui leur paraissent injustes et dont ils sont les premières victimes alors que les privilégiés du régime parviennent à en limiter les conséquences personnelles, voire en tirent profit. Ils reprochent à l’Etat sa politique extérieure de défi qui a pour conséquence l’étranglement du pays, mais surtout des plus modestes. Une conclusion s’impose : cette séquence est dans le droit fil de la vague de manifestations de l’hiver 2017/2018 avec laquelle elle présente de nombreuses similitudes et quelques rares différences. Selon Maryam Sinaiee (RadioFarda), on peut rapprocher également les récents développements avec les émeutes dans les bidonvilles de Mashhad en 1992 et à Eslamshahr, banlieue de Téhéran, en 1995 lorsque les réformes du président Rafsandjani ont fait grimper l’inflation à 50%.

Et dans les événements de 2017/2018 ?

Comme en décembre 2017, ce sont des ‘mauvaises nouvelles’ qui ont mis le feu aux poudres (2017, hausse du prix des œufs, 2019 hausse des carburants et du gaz). Dans les deux cas, les reproches que nous venons de citer ont gonflé l’indignation. De même, la mobilisation est principalement dans les populations modestes, même si certains analystes considèrent que novembre 2019 a rassemblé des catégories un peu plus larges. L’arrestation de plusieurs militants syndicaux, dont Sepidehh Qolian, peut le laisser penser mais nous ne disposons pas d’éléments suffisants pour en apprécier l’ampleur. La dégradation de l’économie, rapide, s’est accrue depuis l’hiver précédent. La sévérisation des sanctions (maximum pressure) depuis le retrait américain, l’effondrement du rial, l’inflation qui grimpe de façon alarmante (près de 40%, et jusque 70% pour certains biens), pénalisent encore plus les plus démunis (le % de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté s’accroît) mais aussi élargit la population concernée. Il n’est donc pas surprenant que ceci se retrouve dans la sociologie des manifestants. Comme en 2017/2018, les privilèges des institutions et de certaines structures, que nous venons de rappeler plus haut, sont perçus comme intolérables. Le Guide ne fait pas exception dans cette mise en cause. Comme le souligne Ali Fathollah-Nejad le 19 novembre dans une note de la Brookings Institution, les revendications et griefs qui avaient présidé aux soubresauts de l’hiver précédent, demeurent entiers.

Les récentes manifestations ne présentent pas de symptôme de coordination. En un mot, comme dans l’épisode précédent, il n’y a pas de ‘chef d’orchestre’ intérieur ni extérieur et encore moins de ‘complot étranger’. Le caractère spontané des mouvements est encore un point commun (on peut cependant s’interroger sur les rares actions violentes du côté des protestataires dont l’origine n’est pas encore claire : des désespérés, des enragés type ‘black blocs’ ou des agents provocateurs émanant des ultras conservateurs et/ou de services parallèles ?). Maryam Sinaiee rapporte que des manifestants et opposants ont contesté la version officielle sur la responsabilité des actes de violence. Ils les attribuent à des agents des Gardiens de la Révolution et à des agents de ‘services’ en civil. Selon elle, ils rappellent que les Gardiens comme les bassiji pratiquent régulièrement des ‘manœuvres urbaines’ dans les grandes villes pour se préparer à neutraliser les manifestations. Pour notre part, nous ne pouvons trancher ce point. On retrouve aussi dans la période récente l’abstention des réformateurs et ‘modérés’ (suiveurs de Rohani) qui ne se sont pas identifiés aux revendications économiques et ont été, cette fois-ci, encore plus rétifs à rejoindre des actions marquées par des débordements violents.

Comme en 2017, les slogans ne se sont pas limités à revendiquer de meilleures conditions de vie. Les protestataires ont élargi les thèmes de leurs slogans aux institutions et aux têtes du régime. La Révolution n’ayant pas réussi à éliminer la pauvreté, cette fois encore, le peuple voue aux gémonies les têtes du régime sans distinction, modérés ou ‘durs’. Il fustige Rohani, mais aussi Khamenei, n’hésitant pas à brûler des portraits du président comme du Guide, parfois traité de tyran. On a encore entendu : « Honte aux dictateurs », « notre ennemi est ici, pas aux USA », et « Bénie soit l’âme du Shah ». Ces slogans et actions, aujourd’hui comme précédemment, sont bien une contestation du régime, et non le simple prolongement du mécontement social. Précisons que l’évocation du shah ne reflète pas un mouvement de masse appelant au retour de la monarchie, contrairement à certaines illusions outre-Atlantique, mais la fin d’une diabolisation absolue. De fait, des enragés ont attaqué près de 9 séminaires et bureaux de la prière du vendredi à travers le pays. Les slogans contre les religieux qui dominent le pays et appelant à leur chute (« les religieux devraient aller en enfer ») ont occupé, comme précédemment une place visible dans les défilés. Certains analystes considèrent que ces attaques visent essentiellement le clergé, pas vraiment la religion. La continuité se retrouve encore dans la contestation des engagements régionaux de l’Iran : je veux vivre pour mon pays pas pour Gazah, l’argent pour le pays pas pour faire la guerre, etc. L’étranger n’intéresse pas le peuple qui veut que l’on s’occupe de lui.

Par rapport aux vagues de 2017/2018, on peut relever quelques différences. Le point de départ ne fut pas un lieu emblématique fixe comme Mashhad où il était apparu qu’une initiative des ultras avait débuté pour initialement contester Rohani, avant qu’elle n’échappe complètement à ses promoteurs.

En second lieu, en 2019 les autorités ont repris assez rapidement le contrôle de la situation, la coupure d’internet ayant largement entravé la mobilisation. Mais inversement, d’après Ali Fathollah-Nejad, le nombre de manifestants estimé par l’Etat est passé de 42.000 (selon le ministère de l’Intérieur) à 87.000 (selon un service de renseignements). Cet analyste constate une augmentation spectaculaire dans les rues de Téhéran.

Une autre différence notable a émergé : la répression est beaucoup plus violente, les autorités voulant étouffer tout de suite ce mouvement avant qu’il ne fasse boule de neige. Mais symétriquement, selon ce même expert, les manifestants ont fait preuve d’une détermination égale, affrontant sans faiblir les forces de l’ordre, exprimant leur rage de façon beaucoup plus spectaculaire. La répression a été compliquée par la dispersion des protestataires. Ils ont moins hésité à brûler des portraits du Guide, et se sont attaqués à la statue emblématique de l’imam Khomeini. Ils ont résolument attaqué des locaux de la police et des bassiji, des bureaux de chefs de la prière, des banques. Ces actions d’une plus grande violence n’ont pas empêché, selon les mêmes sources que dans l’ensemble, les manifestations ont été pacifiques, même quand les forces de l’ordre les dispersaient avec une rudesse inhabituelle.
Il reste que cet épisode laisse un malaise y compris au sein de la police, de l’armée où des personnels sont conscients des difficultés économiques de leurs proches. Enfin, de nouveaux acteurs semblent être apparus dans ce paysage. La grève du Bazar, déclenchée dans des conditions encore mal définies, où des perturbations ont été constatées, est un phénomène à suivre.

Quelles pourraient être les conséquences à la suite de ces mouvements ?

Seth Jones et Danika Newlee, (CSIS) auteurs d’une récente étude comparative sur les manifestations qui se succèdent en Iran, ne croient pas, de façon générale, au scénario d’un effondrement du régime, car ces mouvements sont trop décentralisés, et les services sécuritaires chargés de la répression trop forts. Mais ils soulignent que la dangereuse perpétuation des griefs impose aux pouvoirs publics de les prendre en compte rapidement.

Il reste qu’à notre avis, des facteurs internes mais surtout externes ajoutent une incertitude à tout scénario : l’évolution de la crise irakienne où la prégnance iranienne est de plus en plus contestée, un éventuel début de dialogue pour une baisse de tension avec l’Arabie saoudite. On ne peut spéculer sur les possibilités d’une négociation fructueuse entre Téhéran et Trump dans les circonstances incertaines de part et d’autre, mais rien n’est exclu. La sortie progressive de l’Iran de l’accord nucléaire est une question qui se pose autant au plan intérieur (les ultras et pasdarans poussent en ce sens) qu’extérieur. Une sortie complète compliquerait gravement les relations de l’Iran avec le reste du monde. Une possible amélioration de tout dialogue financier est conditionnée par l’adoption par le Parlement iranien des textes législatifs contre le blanchiment et contre le financement du terrorisme, dont l’adhésion à la Convention de Palerme, exigée par le Gafi pour février 2020, à laquelle les ultras et les Gardiens s’opposent. Les pasdarans, surtout, refusent d’abandonner l’appui au Hezbollah.

C’est au Guide de trancher. Autre incertitude majeure : les prochaines élections législatives prévues pour le premier trimestre 2020. L’actuelle majorité, le bloc des conservateurs pragmatiques d’Ali Larijani, modérés de Rohani, réformateurs affaiblis et divisés, est très fissuré au profit de conservateurs plus durs et on ne sait si Ali Larijani se représentera alors que le Guide, les pasdarans et les durs du régime essaient de mettre à l’écart l’ensemble de la fratrie Larijani, dont Sadegh Larijani, ancien chef du judiciaire, accusé de corruption. Le tout dans le contexte de la succession du Guide où Raisi, chef du judiciaire, fait office de préféré de Khamenei sans être à l’abri de concurrents.

Dans cette période d’incertitudes multiples, paradoxalement, on ne saurait trop recommander aux entreprises, avec la prudence voulue dans le respect des sanctions, de conserver des relations avec leurs partenaires iraniens malgré un contexte complexe. La pénurie d’euros en Iran pèse sévèrement. Pour les groupes exportateurs appartenant à des secteurs non sanctionnés (produits agricoles, agro-alimentaire, médicaments), il faut suivre la mise en service progressive de l’instrument européen Instex. Ceci n’exclut pas par ailleurs le recours à d’autres mécanismes non bancaires (de type compensation, rachat de créances, etc) sur lesquels travaillent divers experts. Pour les entreprises qui s’abstiennent de toute transaction vers l’Iran, il est recommandable de cultiver des rapports informels non contractuels (dans les secteurs exemptés), tels que visites de délégations, formations gratuites, etc. L’objectif est de maintenir une relation suivie avec les interlocuteurs iraniens en sorte de pouvoir rétablir à échéance plus lointaine une coopération et des transactions si et quand, à moyen terme, la situation se normalise, les sanctions étant levées. Ce n’est qu’une hypothèse, mais l’Iran en tant que pays industriel ne risque pas de disparaître même en dépit de soubresauts inconfortables. On ne peut en dire autant de tous les Etats de la péninsule arabe. Il n’est pas absurde de parier sur l’avenir d’une nation, de surcroît abritant les 2 èmes réserves mondiales de gaz.

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