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Entretien avec Michel Makinsky – Retour sur les événements en Iran (1/2)
Article publié le 24/11/2019

Michel Makinsky, collaborateur scientifique auprès de l’Université de Liège, chercheur Associé IPSE, ancien responsable juridique dans un groupe international, Directeur Général d’Ageromys International, revient pour Les clés du Moyen-Orient sur les événements qui ont débuté en Iran le 15 novembre. Il analyse les causes immédiates et plus profondes de ceux-ci et les réactions du pouvoir (partie 1), puis se penche sur les manifestants, leur nombre et leurs origines géographiques. Il évoque également les événements de 1999, de 2009 et de 2017/2018, et montre en quoi les mouvements actuels sont totalement différents, en ce qu’ils touchent « des catégories modestes désespérées dont les conditions de vie se dégradent à un niveau insupportable » (partie 2).

Pouvez-vous revenir sur les causes immédiates des émeutes en Iran, débutées le 15 novembre ?

Le 15 novembre, le président iranien prend inopinément (en fait il y songe depuis longtemps tant son incontestable nécessité s’impose d’urgence) une mesure concoctée par le Conseil Suprême de Coordination Economique, où siègent les chefs des 3 pouvoirs du pays (exécutif, législatif, judiciaire) : couper une partie des ruineuses subventions qui assurent le prix dérisoire des carburants alors que les recettes des exportations de pétrole (entre 200.000 et 350.000 barils/jour) se sont effondrées depuis le retour des sanctions. En plus, la contrebande massive de carburants facilitée par les différences de prix avec les pays voisins assèche les recettes du pays. Selon le vice-ministre de l’économie M. Dehnavi, le rationnement de l’essence permettrait d’en exporter $3,3 mds par an. Concrètement, le litre d’essence ordinaire payé jusqu’ici 10.000 rials, soit 9 cents (le prix le plus bas du monde), coûtera 15.000 rials, soit 12 cents (35 cents au cours officiel du dollar), environ 11 centimes européens, donc une augmentation de 50%. Pire, ce tarif est limité à 60 litres par véhicule. Au-delà, selon Armin Arefi, le prix passe à 30.000 rials, environ 22 centimes, ce qui représente en gros une augmentation de 300% par rapport au prix initial. Quant au super, il coûtera 35.000 rials le litre, soit une augmentation d’environ 300%. Le gouvernement a beau annoncer que les économies réalisées (300 mds de rials, environ 2,3 mds d’euros) seront reversées aux quelque 18 à 19 millions de familles (environ 60 millions d’Iraniens) qui perçoivent de petites allocations, la population reçoit le choc comme une gifle. La détonation est immédiate et se répand dans le pays comme une traînée de poudre. Moins connue, la décision prise le même jour par l’administration d’augmenter le prix du gaz (dans certains cas multiplié par 3), décrite comme « triste mais nécessaire » par Ali Rabiei, porte-parole du gouvernement, n’arrange pas le climat social. Les catégories les plus pauvres, selon de récentes estimations, seront les plus durement touchées, n’ayant pas d’alternatives pour parer les multiples coûts plus élevés.

Les raisons de la colère sont simples. Avec les sanctions, la crise économique frappe très durement les catégories les plus modestes (certains ne peuvent plus acheter de viande, de médicaments) mais aussi les catégories moyennes inférieures. En même temps, les scandales de corruption dans la classe politique, le clergé, les institutions, se répandent, suscitant exaspération et frustrations. Les ‘nantis’ s’en tirent bien. Manifestement, le chef de l’Etat et ceux qui ont contribué à cette décision (il n’y a pas que le gouvernement) n’avaient pas anticipé une réaction de cette ampleur ni de cette violence : une grave erreur de communication et/ou de calendrier. De plus, le versement annoncé d’allocations compensatoires semble incertain aux bénéficiaires. Le malaise politique est palpable, plusieurs parlementaires prétendent que le majlis n’a pas été consulté (une pique des ‘durs’ contre son président Ali Larijani qui siège au Conseil Suprême de Coordination Economique ?) et demandent de reconsidérer cette coupure. Mahmoud Vaezi, directeur de cabinet de Rohani, rappelle que les principaux responsables du pouvoir avaient tous approuvé l’augmentation du prix du gaz. Or, certains essaient de prétendre le contraire. Selon le site Tabnak, le Conseil du Discernement a publié un communiqué démentant que son secrétaire a soutenu cette décision qui par nature est de la compétence du gouvernement et du Parlement… Paradoxalement, le Guide, qui aurait pu critiquer Rohani ou rester à l’écart en futur arbitre, défend publiquement cette position tout en s’abritant (« je ne suis pas un expert ») derrière le Conseil Suprême de Coordination Economique. Cet artifice ne lui évitera pas la vindicte des protestataires. Il prétend comprendre leur mécontentement tout en fustigeant les ‘hooligans’ incendiaires, signal d’appel à la répression. Par sa posture, il s’est désigné co-responsable de ces avatars. Bien plus, le député réformateur Mahmoud Sadeqi révèle le 23 novembre que Khamenei a adressé une note au Parlement enjoignant celui-ci de ne pas s’opposer à la mesure gouvernementale.

Ebrahim Raisi, chef du pouvoir judiciaire, et surtout candidat potentiel à sa succession, s’aligne sur lui en défendant le principe de l’augmentation du prix de l’essence, mais prend soin de critiquer l’exécutif sur la façon de le mettre en œuvre et surtout sur le manque de pédagogie vers le public. Façon subtile de se défausser. Sera-ce suffisant pour éviter d’être assimilé à Khameneï ?

Pour quelles raisons le pouvoir iranien a-t-il coupé les réseaux sociaux sur Internet ?

Dès vendredi 15 novembre matin, des premières coupures d’accès internet s’observent à Mashaad, selon l’observatoire NetBlocks, et s’intensifient au fil des heures à travers le territoire. Le lendemain matin (samedi), les principaux opérateurs iraniens de téléphonie mobile MCI, Rightel, et IranCell, suspendent leurs services en même temps que des manifestations et violences se répandent. Samedi en fin d’après-midi, la connectivité n’atteint plus que 7% et décroîtra vers 5%. On assiste donc à une coupure quasi-totale d’internet, phénomène inédit en Iran depuis la présidence Rohani, selon les mêmes experts. Bien plus, ils estiment que cette coupure est la plus sévère en ampleur et complexité technique observée dans les pays qu’ils suivent. Ils pensent que cette interruption a été obtenue avec la coopération des opérateurs précités. Le fait que l’Iran soit doté d’un ‘réseau national’ facilite naturellement le contrôle de tout ‘débordement’.

Mohammad Javad Azari Jahromi, ministre des Télécommunications, confirme le 18 novembre que le Conseil Suprême de la Sécurité Nationale a décidé de bloquer internet. Ceci reflète le sentiment d’inquiétude de l’ensemble de l’appareil sécuritaire du pays devant ce qui est perçu par lui comme un risque d’embrasement social majeur pouvant échapper au contrôle des autorités. Il a convaincu le Guide mais aussi les autres branches du pouvoir (Parlement, chef d’Etat, et sans difficulté le judiciaire) de l’urgence de tuer dans l’œuf ce mouvement. Visiblement, les autorités ont tiré les leçons des manifestations de l’hiver 2017/2018 (nous reviendrons plus loin sur leurs similitudes avec les mouvements actuels) qui ont fait tache d’huile par une très forte mobilisation via les réseaux sociaux. Le premier objectif est clairement d’empêcher cette mobilisation. Le second découle d’une spécificité des récents événements : une violence inconnue depuis la sanglante répression de la contestation de 2009 de l’élection frauduleuse d’Ahmadinejad. Il s’agit d’empêcher la circulation de vidéos et de témoignages de brutalités commises sur des manifestants, mais aussi de tirs avec des armes à feu effectués par des membres de services sécuritaires sur des individus et des véhicules. Malgré cette censure, quelques vidéos et témoignages ont été reçus par des ONG internationales (Human Rights Watch, Amnesty International…). Des tirs ciblés filmés seraient attribués (sans précision possible) à des membres des Gardiens, des Bassiji, éventuellement d’autres services. Le 22 novembre, le Trésor américain sanctionne Jahromi en l’incluant dans la Liste des Personnes et entités ‘Désignées’ pour avoir ainsi censuré internet.

Cette coupure n’a pas que des effets politiques mais présente des conséquences économiques. Elle n’a pas affecté que des particuliers mais aussi de grandes entreprises dont l’activité est tributaire des communications. Il en est de même pour les banques et les startups. Les groupes exportateurs sont lourdement pénalisés par l’impossibilité de recevoir ou transmettre des documents. L’économie iranienne, déjà fragilisée, souffrira davantage. Abdolhassan Firouzabadi, secrétaire du Conseil Suprême du Cyberespace, a déclaré que ce dernier examinera comment compenser les pertes subies par les entreprises du fait de la coupure. Avec la reprise du contrôle de la rue, depuis le 21 novembre, un retour progressif de l’accès internet est intervenu sur instruction du Conseil Suprême de la Sécurité Nationale. Le 22 novembre, l’observatoire NetBlocks indique que 20% des connections ont été rétablies. Plusieurs provinces sont concernées. Quelques universités (l’université privée d’Azad et 7 autres), des journalistes sélectionnés, en bénéficieraient aussi. La téléphonie mobile resterait réservée à divers hauts responsables gouvernementaux. Les autorités prévoient un retour assez rapide à la normale.

La censure n’est pas limitée à internet, les journaux subissent d’intenses pressions. Très curieusement, ce qui nous amène à nuancer le sentiment de surprise évoqué plus haut, des observateurs (Niloufar Rostami d’Iranwire) ont remarqué que certains responsables de media ont été dûment chapitrés voici quelques mois sur la possibilité de la diminution des subventions aux carburants et auraient été informés de la décision deux jours avant son annonce. Selon Rostani, ils auraient reçu de vigoureuses instructions de ‘positiver’ sur cette dernière et de s’abstenir de toute critique. La surprise ne réside donc pas dans la mesure elle-même, attendue, mais dans le double défaut d’explication au public, et d’offre très insuffisante de transports publics (d’autres pays connaissent ces lacunes…). Articles critiques, caricatures, ont été fermement bloqués. Certains audacieux ont publié sur Twitter ce qu’ils ne pouvaient faire imprimer. Les lucides font remarquer que le maigre crédit de la presse écrite ne peut que se dégrader.

Selon le pouvoir iranien, qui seraient les responsables des événements, si l’on se réfère à ce qu’a dit le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei : « les actions récentes sont un problème de sécurité, pas du peuple » ?

Ce language assez transparent reflète deux éléments : d’une part un consensus entre les différentes branches du pouvoir sur la communication en la matière : distinguer les ‘honorables manifestants’ qui ont le droit d’exprimer paisiblement leur mécontentement, des ‘casseurs’ qui envoient des projectiles sur les forces de l’ordre, dressent des barricades, incendient des édifices publics, banques, lieux de culte, véhicules, etc.

Il s’agit de tenter de diminuer la tension en jouant une forme d’apaisement en direction des ‘revendications légitimes’. Le degré de mécontentement de la population, et surtout les cibles et thèmes de celui-ci, permettent de douter de ce que ceci suffira à calmer le ressentiment. La colère des manifestants s’exprime par un niveau de radicalisation (incendies, jets de projectiles, voire peut-être des tirs ?) que d’aimables paroles ne peuvent apaiser, même si les violents sont très minoritaires. Le quotidien Iran Daily favorable au gouvernement évoque des dégâts de l’ordre de $ 700 millions, des dégradations commises sur 450 agences bancaires (celles de la Banque Ghavamin, liée aux Gardiens, ont été particulièrement visées) dans au moins 4 villes, et sur 80 magasins, 40 centres de secours, 180 stations-service, sans parler de dommages aux infrastructures d’Ispahan, le tout estimé à $ 700 millions selon Iran Daily.

Même s’il faut rester prudent sur les chiffres, cette réalité ne peut être niée. Elle va de pair avec de violents accrochages entre manifestants et personnels sécuritaires en uniforme et en civil. Selon RadioFarda, à Mahshahr, des protestataires auraient usé d’armes à feu contre des forces de l’ordre qui utilisaient des blindés. On voit donc qu’en miroir, la violence de la répression incarnée par des brutalités démesurées sur des personnes, l’emploi de canons à eau, et surtout le recours à des tirs d’armes à feu, documentés (vidéos suffisamment nombreuses pour ne pas être des ‘fake’), montrent que l’option du pouvoir est de faire sentir sa force et qu’il entend casser cette spirale. Le journal ultra Kayhan menace : la justice doit punir les ‘crimes’ des manifestants par pendaison. Le ministère des Renseignements prévient : les meneurs ont été identifiés et les actions nécessaires sont en cours. Les Gardiens grondent : si les violences des manifestants persistent, une action ‘décisive’ sera menée. Trop de témoignages validés par des organisations réputées (Human Right Watch, Amnesty International), concordent, selon A. Arefi, sur l’action de personnels appartenant soit à la police, aux unités anti émeutes, aux Gardiens, aux bassiji, ou d’autres services, pour qu’un doute soit permis sur la réalité d’une répression particulièrement brutale. Amnesty International confirme que des snipers auraient été vus à Shiraz tirant du toit d’un immeuble et dans un cas d’un hélicoptère. Si elle est avérée, l’action de snipers témoigne d’une escalade préoccupante et fait écho à la présence de snipers persanophones en Irak lors des récents troubles très violents réprimés avec le concours d’éléments ‘extérieurs’.

Naturellement, l’incertitude pèsera durablement sur le nombre exact de prisonniers, de victimes et de blessés. La coupure des réseaux sociaux entretient l’obscurité tandis que sévit l’inévitable bataille de chiffres. Selon Amnesty International, au moins 1000 arrestations seraient intervenues et au 19 novembre, 106 décès recensés, chiffres retenus par les experts des Droits de l’Homme de l’ONU. Ali Mireza Miryousefi, représentant iranien à l’ONU, dément aussitôt ces données, qualifiant Amnesty International d’organisation « partiale ». RadioFarda, le 21 novembre, fait état de 3000 arrestations et de 138 morts chez les manifestants. Iran Human Rights cite 200 victimes et le 22 novembre évalue (sans citer de sources précises) le nombre d’arrestations entre 2755 et près de 4000. Sans surprise, les pouvoirs publics minimisent le nombre de décès, difficilement vérifiable, mais ont reconnu quelques pertes parmi les protestataires comme chez les forces de l’ordre (peut-être 4 chez ces derniers ?).

Le second « élément de language » (la sécurité) est une allusion claire à l’inévitable scénario du ‘complot de l’étranger’ sempiternellement reservi par le Guide, les ultras, les appareils sécuritaires, le judiciaire. Khameneï prévient : « Nos amis comme nos ennemis devraient savoir que nous avons repoussé l’ennemi au plan militaire, politique et sécuritaire ». En Iran, il n’abuse pas grand monde, sauf les ‘durs’ du régime quand Washington intervient, comme c’est le cas avec les déclarations de soutien aux manifestants émises par la Maison Blanche, Pompeo, (qui appellent les Iraniens à envoyer des vidéos montrant des exactions) et par Brian Hook pour ‘soutenir les justes aspirations du peuple iranien’, calamiteuse manœuvre au service du mirage de ‘regime change’.

Le 16 novembre, le procureur général Mohammad Jafar Montazeri accuse les ‘forces étrangères’ d’utiliser internet pour susciter des manifestations et avertit les protestataires qu’il fera preuve de ‘fermeté’. Hessamodin Hashema, conseiller de Rohani, est à l’unisson : des étrangers sont derrière l’apparition des manifestations : « Nous, les Iraniens, ne laisserons pas les media ‘mercenaires’ déterminer notre sort ». La télévision publique et des media proches des Gardiens annoncent que parmi les meneurs des émeutiers, plusieurs bi-nationaux ont été arrêtés. Le fait que le chef de l’Etat lui-même brandisse le thème du complot de l’étranger derrière les actions violentes des émeutiers est plus significatif. Le 20 novembre, célébrant la ‘victoire’ des autorités sur les manifestants, il dénonce : les émeutiers étaient peu nombreux, mais « étaient armés, et chargés d’agir selon un plan calculé ». Il ajoute : « ils ont lancé une action totalement basée sur un plan pré-programmé par les régimes réactionnaires régionaux, les Sionistes, et les Américains ». Le caractère catégorique de cette affirmation reflète un alignement total de Rohani sur les positions du Guide, comme celles des Gardiens de la Révolution. Adhérer à la théorie (éculée) du complot, naturelle chez ces derniers et Khameneï, était moins attendu de la part du chef de l’Etat, qui n’a sans doute pas le choix que de faire bloc. C’est instructif.

Le chœur des ‘ultras’ grogne contre les sombres ‘complots ourdis de l’étranger’. Les membres des appareils sécuritaires, les Gardiens de la Révolution et Bassiji fustigent les émeutiers au service des Américains et ‘sionistes’. Le brigadier général Gholamreza Soleimani, commandant des Bassiji, exulte : « Le complot américain a échoué ». Son collègue brigadier général bassij Salar Abnoosh, dénonce « une coalition du mal » (un écho à l’Axe du Mal de G.W. Bush) composée d’Israël, des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite derrière la « sédition ». Le choix de ce terme qui désigne d’habitude les réformateurs ‘verts’ n’est pas anodin et sert à assimiler les manifestants aux émeutiers… comme en 2009. Le brigadier général Ramezan Sharif, responsable des Relations Publiques des pasdarans, annonce que des meneurs arrêtés dans 4 importantes provinces avaient des liens avec des services sécuritaires étrangers. Le 22 novembre, le brigadier général Ali Fadavi, commandant en second des Gardiens, tout en se félicitant de ce que les troubles s’éteignent en province, déclare que les Américains ont échoué et sont déçus de ce retour au calme en 48 heures, mais affiche une vigilance : « Le fait que les acteurs malveillants dans le monde ciblent l’Iran sur des questions qui ne les concernent en aucune façon est un sujet de réflexion ». Le Guide mobilise les religieux pour faire bloc. L’inévitable ultra ayatollah Ahmad Khatami, chef de la prière du vendredi de Téhéran, y va de ses ‘révélations’ : certains pays étrangers ont passé « trois ans » à préparer une occasion pour déclencher le chaos en Iran, en entraînant dans et hors du pays des éléments spécialisés à cet effet, selon l’agence Fars (proche des Gardiens de la Révolution). Il n’est pas impossible de voir dans ces propos une allusion aux Moudjahidines du Peuple (MKO/MEK) qui sont suspectés de coopérer avec des services israéliens et américains pour des missions sur le territoire iranien. Mais il existe d’autres sous-traitants potentiels. L’agence Fars rapporte, sans plus de précisions, que les bi-nationaux allemands, Turcs et Afghans arrêtés dans la région d’Alborz avaient été entraînés et financés par des services de renseignements étrangers pour frapper des infrastructures et susciter de la désobéissance civile en Iran. Ils seraient dotés de matériel de sabotage. On peut se demander aussi s’il n’y a pas ici un amalgame avec des cellules terroristes proches de Daech qui ont déjà commis des attentats en province et à Téhéran dans un passé récent.

Les durs du régime ont organisé des manifestations ‘spontanées’ de soutien au Guide, aux pasdarans, avec la présence visible de religieux et de bassiji qui ont entonné les refrains habituels « Death to America », « Death to Israël ».

Lire la partie 2

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