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Entretien avec Fabrice Balanche - Quelle perspective pour la Syrie ?
Article publié le 12/10/2012

Propos recueillis par Allan Kaval

Géographe, spécialiste de la Syrie et du Liban, Fabrice Balance est le directeur du Groupe de Recherche et d’étude sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO).

Dans cet entretien, il décrit l’enlisement actuel du conflit, les divisions qui entravent l’action de l’armée syrienne libre, montre que le régime de Damas est loin de sa chute et que le chaos est la perspective la plus probable.

Pourriez-vous décrire le rapport de force qui prévaut en ce début octobre sur le terrain syrien ?

On se trouve dans un rapport de force bloqué. L’offensive des rebelles sur Alep est un échec, l’armée syrienne reprend le contrôle des territoires qu’ils tenaient auparavant. La campagne autour de la ville lui échappe toujours. Les rebelles ont essayé d’avancer vers l’Est mais sont bloqués par les territoires kurdes, protégés par des groupes armés qui leur en interdisent l’accès. Les combats s’éloignent du centre de Damas, l’armée a déjà pris le contrôle des quartiers périphérique et s’occupe à présent des villages de la région avoisinante. La région de Deir ez-Zor sur l’Euphrate est confrontée à une crise humanitaire très grave et à des combats et des destructions intenses. Lattaquié est toujours très calme, mais la région voisine Djebel al-Krad échappe encore au contrôle du régime.

Quelques groupes rebelles se maintiennent au centre de Homs où les combats continuent. Hama est tenue par l’armée à la différence des villages de sa périphérie dont elle tente de déloger les rebelles. Cette situation, contrôle des centres-villes et combat dans les campagnes voisines, prévaut dans toutes les zones sunnites. Par ailleurs, la frontière jordanienne est tenue par Damas qui la laisse ouverte dans le sens de la sortie uniquement, et l’axe Damas-Bagdad ainsi que la frontière libanaise sont toujours tenus par le régime et les milices pro-syriennes côté libanais. En revanche, le contrôle de la frontière turque échappe à Damas de même que celui du poste d’Abou Kamal, à la frontière irakienne.

Quelle est la situation de l’Armée Syrienne Libre ?

L’Armée Syrienne Libre (ASL) est désorganisée, divisée et incapable d’organiser ses troupes. Sans budget intégré, sans état-major unifié, elle ne peut obtenir l’allégeance des troupes de base. L’essentiel des bataillons combattants est sorti du sol et n’est toujours pas intégré au sein d’un corps unique. Quand des militaires désertent, ils retournent dans leurs villages ou dans leurs quartiers puis montent autour d’eux des groupes combattants autonomes. Les petits notables locaux font de même. Il s’agit d’un ensemble d’initiatives décentralisées qui ne fonctionnent pas de manière harmonieuse. Ces groupes ne sont d’ailleurs pas seulement mus par des objectifs révolutionnaires mais aussi dans certains cas par des buts mafieux.

Par ailleurs l’ASL n’a pas de commandement unique mais trois têtes rivales : le colonel Assaad, le général el-Cheikh et le général Abdel Aziz Salameh. Ses généraux ne sont pas des officiers de première importance mais des généraux de brigade. On en compte 1 200 dans l’armée syrienne, et seuls quarante ont fait défection. Anciennement basé à Antioche, en Turquie, le colonel Assaad est passé côté syrien sous la pression d’Ankara, le gouvernement Erdogan (Premier ministre turc N. de la R.) faisant face à une opinion publique turque acceptant de moins en moins la présence de l’ASL sur son sol. Lui et ses hommes se trouvent donc à la merci d’une attaque aérienne par l’aviation du régime. Le général el-Cheikh, qui ne reconnaît pas Assaad du fait de son grade inférieur, a lancé au mois de janvier des offensives sur Damas. Enfin, le général Abdel Aziz Salameh est le responsable de l’offensive lancée sur Alep contre l’avis de deux autres pour émerger en tant qu’acteur de premier plan. En définitive, les actions militaires de l’ASL sont plus liées à une concurrence entre chefs rivaux qui souhaitent prendre l’ascendant sur tous les autres, qu’à une réelle stratégie militaire.

Au début, l’ASL reconnaissait tous les faits d’armes qui pouvaient survenir pour donner l’impression qu’elle organisait des actions, qu’elle avait un plan, mais il ne s’agissait que d’opérations de communication à destination de ses bailleurs de fonds. Elle est allée jusqu’à revendiquer des attentats sanglants avec victimes civiles avant de se dédire pour éviter que cela ne fasse mauvais presse. Il n’y a aucune stratégie globale et raisonnée mais des stratégies individuelles visant à prendre le contrôle de la galaxie des petits groupes armés qui opèrent sur le terrain et à capter des financements et les armes octroyés par les monarchies du Golfe et notamment l’Arabie saoudite et le Qatar.

Comment s’organise ce soutien apporté à l’ASL ?

Les états du Golfe interviennent en propre par l’intermédiaire de leurs services secrets mais ils ne sont pas les seuls. Des fondations privées y participent également, notamment en Arabie saoudite, en finançant les bataillons qui leur ont fait allégeance. L’Arabie saoudite abrite beaucoup d’imams syriens qui s’y sont réfugiés dans les 1980 pour échapper à la répression. Certains d’entre eux reçoivent de l’argent de grands cheikhs saoudiens à destination de la Syrie. L’usage de cet argent reste à la discrétion de l’imam qui aura tendance à l’envoyer vers un endroit où il connaît du monde, dans son village ou son quartier d’origine. Les flux de financement qui parviennent aux groupes armés anti-régime peuvent donc court-circuiter le commandement ASL et être utilisés localement.

Les trois dirigeants de l’ASL sont-ils les champions de trois puissances étrangères différentes, ce qui pourrait également expliquer leur rivalité ?
Ce n’est pas évident même si des liens privilégiés peuvent exister. Ainsi, le colonel Assaad est plutôt soutenu par la Turquie et par le Qatar, le général el-Cheikh, plutôt par l’Arabie saoudite et Abdel Aziz Salameh qui est Frère musulman est soutenu par le Qatar et par la diaspora de la confrérie partout dans le monde.

Comment les différentes composantes de l’ASL se partagent le terrain ? Quel contrôle y exercent-elles ?

Leur implantation géographique dépend des pays depuis lesquels elles opèrent et de ceux qui les soutiennent. Soutenu par la Turquie, Assaad est surtout présent à Alep où il est cependant loin d’être hégémonique devant composer avec Abdel Aziz Salameh. El-Cheikh, qui est quant à lui soutenu par l’Arabie saoudite, opère depuis le nord Liban. Cela s’explique par la forte présence dans la région de Tripoli de salafistes soutenus par les Saoudiens depuis 2008 pour contenir l’influence du Hezbollah qui venait alors de prendre Beyrouth Ouest. Dès le début des troubles en Syrie, quand Homs était le foyer de la rébellion, le Nord-Liban a constitué une base arrière idéale mais placée sous influence saoudienne.

Existe-t-il des rivalités entre les trois puissances qui, l’on pourrait dire, « parrainent » l’ASL, à savoir la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite ?

Rivaux avant 2008, le Qatar et l’Arabie saoudite semblent s’être réconciliés en faisant front commun contre l’Iran. Il n’en demeure pas loin que chacun reste jaloux de son influence propre. Le Qatar est par exemple vigoureusement hostile à l’initiative prise par Mohammed Morsi (le Président égyptien, N de la R.) de créer un quartet sur la Syrie composé de l’Egypte, de l’Iran, de la Turquie et de l’Arabie saoudite, dont il s’est trouvé exclu. La Turquie joue quant à elle un jeu très individualiste et sa partition est sensiblement différente du fait de son appartenance à l’Otan. De manière générale, il n’y a pas de réelle coordination entre ces trois puissances. D’accord sur l’objectif, elles se bornent à soutenir ceux qui leur sont favorables.

Quelle est la stratégie suivie par le régime face à l’insurrection ?

Le régime a retiré ses troupes des zones tenues par l’ASL, ne contrôlant ainsi que les grandes villes : Idleb, Alep, Damas, Homs, Hama. Il est inutile pour lui de maintenir quelques dizaines de soldats dans un petit village, à la merci de rebelles qui sont en mesure de se rassembler ponctuellement pour éliminer une petite garnison, altérant le moral des troupes loyalistes. Il est donc préférable pour le régime de retirer ses troupes des zones où les rebelles sont majoritaires. Il s’agit ensuite pour l’armée syrienne de procéder méthodiquement en encerclant une zone, en y chassant les rebelles et en y imposant son contrôle.

Pour gagner le soutien des population, indispensable à toute opération de contre-insurrection, l’armée peut laisser s’installer des rebelles, les laisser commettre des exactions de manière à ce que l’Etat représente un facteur d’ordre et de sécurité désiré. L’armée peut, en utilisant ce procédé, réveiller la minorité fidèle au pouvoir et l’armer. Le sort du quartier arménien d’Alep est une illustration de cette technique de contre-insurrection. L’armée a d’abord distribué des armes à la population qui, encadrée par ses autorités religieuses, a dans un premier temps refusé de s’en servir. Par la suite, les rebelles ont investi les quartiers chrétiens de la ville, y compris le quartier arménien. L’armée les a laissé s’installer, le temps que la population ressente le danger avant de les repousser. Une fois les rebelles chassés, les Arméniens sont revenus sur leur décision initiale, ont pris les armes et se sont organisés en milices d’autodéfense. Le mécanisme a pu être observé à Damas, dans un quartier druzo-chrétien et dans les zones alaouites de la région de Lattaquié. Le régime joue ainsi sur les tensions communautaires en s’appuyant sur des populations qui se sentent visés par les rebelles, presqu’exclusivement arabes sunnites.

Ces techniques de contre-insurrection concernent des zones dans lesquelles sont établies des populations qui auraient des raisons particulières de se tourner vers le régime. Qu’en est-il pour celles qui lui sont hostiles ?

Là où le régime ne peut obtenir le soutien de la population, il répond en éliminant physiquement les individus ou en les contraignant à l’exil. Pour Bachar el-Assad, pousser trois à quatre millions de Syriens vers l’extérieur n’est pas un problème, c’est même plutôt positif dans la mesure où cela suscite les craintes des pays alentours. La Turquie par exemple, ne peut pas se permettre d’accueillir durablement un ou deux millions de Syriens et il en va de même pour la Jordanie.

Plus généralement, le régime peut mettre en œuvre des mesures extrêmement répressive. Ainsi, depuis le début du mois de septembre, toute personne hébergeant des rebelles est dorénavant exposée au risque de voir son immeuble détruit. Si une famille accueille des rebelles, les voisins exercent une pression sur eux. Cette mesure fournit également une justification à une population qui se fait généralement forcer la main par les rebelles et lui permet ainsi de leur résister.

Pour mener une telle politique, le régime dispose donc d’assises encore stables. On n’a pourtant pas cessé d’entendre depuis le début de la crise que sa chute était imminente. Comment peut-on expliquer ce discours et comment expliquer qu’il ait été démenti par les faits ?

Le discours de la chute imminente du régime est lié à la croyance en un effet domino inéluctable après la Tunisie, l’Egypte et la Libye. Il est également l’effet de la guerre de communiqués à laquelle s’est livré le Conseil national syrien (CNS). En tentant de convaincre les uns et les autres que le régime était sur le point de tomber, le CNS a tenté de hâter sa reconnaissance par les chancelleries occidentales en tant qu’organe légitime appelé dans un avenir proche à gouverner en Syrie.

Cette stratégie a porté ses fruits mais aujourd’hui les chancelleries tendent à prendre leurs distances avec le CNS en comprenant qu’elles ont été flouées et que le CNS les a menées dans l’impasse. Cela interroge aussi sur la connaissance réelle du terrain et du régime syriens dont disposent nos diplomates. De nombreux facteurs ont été négligés, notamment le facteur communautaire. Le régime peut s’appuyer sur une minorité de la population qui lui est fidèle, les Alaouites. Les autres minorités, druzes, chrétiens et chiites, observent une neutralité bienveillante.

Par ailleurs, au delà du communautaire, l’appareil bureaucratique et militaire reste fidèle et représente une population importante. L’armée compte 250 000 hommes dont les familles dépendent directement du régime et sont liés à un pouvoir qui leur octroie de nombreux privilèges. Aucune alternative susceptible d’obtenir leur allégeance ne se présente en face. La population est également marquée par 40 années de dictature bassiste, elle ne peut imaginer que ce régime s’effondre.

L’isolement de Damas sur la scène internationale aurait cependant pu permettre une chute plus rapide de Bachar el-Assad ?

Oui, mais cet isolement que l’on a cessé de décrire comme croissant n’a jamais été total. Ce n’est pas parce que la Ligue arabe vote des sanctions contre la Syrie à l’initiative du Qatar et de l’Arabie saoudite que celles-ci sont appliquées. Ni le Liban, ni la Jordanie, ni l’Irak ne les appliquent. La Turquie continue à vendre de l’électricité à la Syrie et Turkish Airlines continue de desservir l’aéroport de Damas. Au-delà de son voisinage immédiat, le régime est toujours soutenu par la Russie, l’Iran, la Chine et le Venezuela grâce auxquels il est toujours en mesure de payer ses fonctionnaires et ses milices. La Russie fournit les munitions nécessaires aux pilonnages de Damas et d’Alep même si elle le fait plus discrètement qu’auparavant. L’Irak fournit du pétrole et Hugo Chavez a envoyé plusieurs bateaux remplis de fioul à la Syrie. Le régime a donc tous les moyens de contourner les sanctions.

Ces puissances extérieures soutiendront le régime jusqu’au bout. Pour l’Iran, c’est une question de vie ou de mort. Si la Syrie tombe, toute sa politique proche-orientale s’écroule et le Hezbollah est le prochain sur la liste. L’Iran se trouverait alors éjecté de la périphérie d’Israël, et soumis à l’éventualité d’une attaque de sa part, une fois dépourvu de l’épée de Damoclès que constitue pour Israël la présence du groupe chiite au sud du Liban. Pour la Russie, le soutien au régime syrien est le moyen d’un retour sur la scène internationale après quinze ans d’exclusion marqués par la chute de l’Union soviétique et l’avancée occidentale dans sa périphérie centre-asiatique et caucasienne. La Chine quant à elle honore son alliance avec la Russie et tient à assurer la reconnaissance de son rôle géopolitique tandis que le Venezuela y trouve une occasion d’exercer sa capacité de nuisance vis-à-vis des Etats-Unis.

Dans ce contexte, comment envisager la position occidentale ?

A l’heure actuelle, les puissances occidentales sont clairement en retrait sur le dossier syrien mais demeurent liées par leur alliance avec les pétromonarchies du Golfe qui leur empêche de se désister complètement. En comprenant que le pays est entré dans un cycle de violence de long terme, elles espèrent que l’armée syrienne libre finira par l’emporter mais ne contrôlent rien de ce qui se passe sur place. Leur désengagement relatif s’explique également par l’émergence d’autres sujets de préoccupation, notamment au Nord-Mali.

On peut par ailleurs se poser la question de savoir qui, des puissances occidentales ou des monarchies du Golfe, ont l’ascendant sur les autres. Les puissances occidentales pensaient pouvoir dominer les pays du Golfe et les utiliser en fonction de leurs intérêts mais dans ce contexte de crise, leurs économies ont besoin des marchés qu’ils peuvent ouvrir à leurs industries et sont dépendantes d’une Arabie saoudite capable de faire baisser les prix du pétrole lorsqu’ils augmentent trop.

Quelles perspectives d’avenir peut-on dès lors tracer pour la Syrie ?

La situation qui est en train de s’installer pourrait s’avérer analogue à celle qui prévalait au Liban au moment de la guerre civile, dans les années 1970-1980. Sur le plan intérieur, les divisions communautaires favorisent la création de milices qui contrôlent peu à peu le territoire tandis que sur le plan extérieur, la Syrie est en train de devenir un état tampon entre un axe pro-saoudien et un axe pro-iranien. Il faut bien préciser à cet égard qu’il s’agit avant tout d’une question de géopolitique et pas d’une question théologique ou religieuse. Les alaouites sont considérés comme des hérétiques aussi bien par les sunnites que par les chiites iraniens. Concernant l’évolution du conflit, tous les facteurs susceptibles de mener au chaos sont présents.

Quoi qu’il arrive, la Syrie est susceptible de se désintégrer. Si Bachar el-Assad parvient à se maintenir, il sera contraint de composer sur des potentats locaux qui pourront l’appuyer. S’il tombe, les Alaouites et les Kurdes prendront chacun leur autonomie. Dans cette dernière hypothèse la forme peut varier. On peut imaginer une partition territoriale organisée, encadrée sur le plan juridique et reconnue internationalement ou la constitution de territoires autogérés par des organisations miliciennes comme dans le Liban de la guerre civile. Dans ce contexte, Alep et Damas, villes multiconfessionnelles, pourraient être condamnées à être des champs de bataille permanents à l’image de ce que sont devenues Bagdad, Kirkouk ou Mosoul depuis 2003 : des juxtapositions d’enclaves communautaires où les attentats et assassinats sont monnaie courante.

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