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Daech et pandémie de coronavirus : une instabilité sociopolitique et un « repli sur soi » étatique qui profitent à l’EI

Par Emile Bouvier
Publié le 18/05/2020 • modifié le 18/05/2020 • Durée de lecture : 11 minutes

Le Moyen-Orient ne fait pas exception à cette tendance. Responsables militaires américains, cadres des services de renseignement irakiens [5] … Tous les adversaires de Daech présents dans la zone soulignent un regain d’activités substantiel en ces temps de pandémie, témoin d’une volonté de l’EI de capitaliser sur l’instabilité internationale afin d’amorcer avec davantage de vigueur un retour en force que l’état-major de Daech orchestre depuis plusieurs mois déjà, notamment dans le gouvernorat irakien de Diyala où cette résurgence est la plus notable : en Irak, l’EI aurait ainsi réalisé trois fois plus d’attaques en avril qu’en mars [6].

Quelle est l’ampleur exacte de ce regain d’activités ? Quelles sont les principales zones de résurgence de l’EI ? En quoi la pandémie lui fournit-elle une fenêtre d’opportunité pour accélérer son retour ? C’est à ces questions que le présent article répondra, en établissant tout d’abord un état des lieux des activités de Daech au Levant (I), avant d’exposer les facteurs favorisant, sinon pérennisant, cette situation (II).

I. Daech au Levant : l’instabilité politique et sécuritaire comme vecteur de résurgence

Les zones d’activité actuelles de Daech au Levant se caractérisent par deux facteurs étroitement corrélés : l’instabilité politique et l’incertitude sécuritaire. A cet égard, deux grands pôles se démarquent en Irak : le gouvernorat de Diyala et les territoires dits « disputés ».

Le gouvernorat de Diyala, de par sa situation géographique et ses caractéristiques topographiques, concentre la part la plus importante des activités de Daech au Levant [7]. Repaire historique des groupes insurgés bien avant l’apparition de l’EI, cette région s’est en effet avérée un terrain de repli pour les militants défaits de Daech qui en ont fait leur principal point d’appui en Irak. Le groupe y réorganise ainsi ses forces tout en procédant à de régulières campagnes de rackets et d’enlèvements à l’encontre de la population locale afin d’accroître ses finances [8].

Les actions militaires y prennent également de l’envergure ; les forces de sécurité irakiennes, les milices chiites et les Peshmergas font de moins en moins face à des actions isolées de cellules dormantes mais à de véritables opérations militaires, et cela d’autant plus depuis le début de la pandémie de COVID-19 [9]. Le 18 avril 2020 par exemple, 4 attaques coordonnées et menées par Daech dans le gouvernorat ont frappé de concert les forces de sécurité irakiennes, blessant 9 soldats et 2 civils [10].

Ce constat d’opérations militaires de plus en plus musclées de la part de l’Etat islamique dans le cadre de la pandémie se révèle tout aussi vrai dans les « territoires disputés », c’est-à-dire les terres faisant l’objet d’un contentieux territorial entre Bagdad et Erbil : les deux parties revendiquent le contrôle de ces territoires mais, faute de trouver un accord à leur sujet, les laissent dans un état de relatif abandon sécuritaire et politique [11].

Ces zones grises internes à l’Irak sont des foyers idéaux d’insurrection et d’expansion pour l’Etat islamique ; dans le gouvernorat de Kirkouk notamment, et plus précisément autour de la ville de Hawija, l’Etat islamique utilise à son avantage le terrain (en particulier les abondantes palmeraies) [12] afin de mener ses opérations le plus efficacement possible, sans risque d’être détecté par les vols de reconnaissance d’avions ou de drones de la Coalition. La métropole de Kirkouk, ville stratégique s’il en est, devient ainsi la cible d’attaques de plus en audacieuses ou sophistiquées. Le 28 avril par exemple, l’Etat islamique est parvenu à s’en prendre aux quartiers-généraux des services de renseignement irakiens à Kirkouk, blessant 4 agents et endommageant une partie des installations [13].

Si les gouvernorats de Kirkouk et Diyala concentrent les parts les plus notables d’attaque, la Syrie n’est pas en reste : la moyenne vallée de l’Euphrate, et notamment la portion fluviale s’étirant de Deir ez Zor à Abou Kamal, apparaît comme étant, de loin, le principal foyer d’activités de Daech en Syrie depuis le début de la pandémie. Cette zone est historiquement l’un des foyers d’apparition de Daech dans le pays [14] mais aussi celui de sa disparition territoriale : c’est dans cette même région, dans le village de Baghouz plus précisément, que les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont pris d’assaut et reconquis la dernière poche territoriale tenue par l’Etat islamique en Syrie le 24 mars 2019. Aujourd’hui, l’EI maintient un haut niveau de capacités opérationnelles dans la zone grâce à la pléiade de cellules dormantes dont elle y dispose, composées en grande partie de combattants éparpillés durant les derniers jours du califat auto-proclamé [15].

Toujours en Syrie, un indicateur éloquent de l’activité - et de l’activisme - de Daech dans le pays repose sur l’actualité sécuritaire des centres de détention tenus par les FDS, où sont toujours emprisonnés près de 11 000 membres de l’Etat islamique et leur famille [16]. Ces centres (prisons traditionnelles et camps de prisonniers) ont, de fait, été récemment le théâtre de plusieurs émeutes, notamment dans la prison de Hassakeh, où près de 5 000 militants de Daech seraient détenus [17]. Une première émeute le 29 mars [18] a été suivie d’une seconde le 2 mai, au cours desquelles les Kurdes ont dû faire appel à leurs unités de forces spéciales pour rétablir l’ordre, appuyées d’appareils de la Coalition [19].

De manière générale, en Syrie comme en Irak, l’Etat islamique semble avoir profité de la pandémie pour accroître ses activités dans les zones désertiques, à l’instar de la Badiya syrienne [20] (région de Palmyre) ou de l’Anbar irakien [21] (région de Rutbah). Ces zones lui servent traditionnellement de refuge en raison des difficultés de surveillance et de contrôle que ce type de terrain représente pour les forces irakiennes et de la Coalition. Abou Bakr al-Baghdadi, fondateur et leader de l’Etat islamique de 2006 à 2019, se serait ainsi réfugié dans le désert de l’Anbar après la prise de Baghouz par les forces kurdes en mars 2019 [22]. Il semble toutefois que, depuis le début de la pandémie, l’Etat islamique ne se sert plus seulement des zones désertiques comme de refuges, mais bien comme de véritables zones d’opération : les accrochages entre forces de sécurité irakiennes et combattants de Daech sont de plus en plus réguliers [23] dans l’Anbar tandis qu’en Syrie, la vivacité soudaine des attaques terroristes a provoqué l’envoi de renforts russes dans la Badiyah [24]. Le 9 avril par exemple, au cours d’une offensive éclair, Daech est parvenu à encercler et assiéger 500 soldats pro-régime [25], tuant 18 d’entre eux durant les combats avant de battre en retraite face à l’imminence d’une intervention de l’aviation russe [26].

Dernier point notable : si les frontières du Kurdistan irakien continuent d’affirmer leur imperméabilité face aux attaques de Daech, y compris dans le contexte de la pandémie, il n’en est plus de même pour le Kurdistan syrien, notamment depuis l’opération turque « Source de Paix » à l’encontre du « Rojava », c’est-à-dire les territoires contrôlés par les Forces démocratiques syriennes. Affaiblis et déstabilisés par l’offensive turque, contre laquelle ils ont consacré l’essentiel de leurs moyens militaires au détriment des opérations antiterroristes [27], les Kurdes syriens font face à un nombre croissant d’attaques, notamment dans les régions de Raqqa et de Hassakeh [28].

Plusieurs facteurs nés de la pandémie, ou coïncidant avec elle, expliquent ce regain d’activités de l’Etat islamique en pleine crise sanitaire.

II. En pleine pandémie, l’instabilité politique et un repli sur soi étatique favorables au retour de l’Etat islamique

Si comparaison n’est pas raison, les conditions de la résurgence actuelle de l’Etat islamique rassemblent toutefois un grand nombre de similitudes avec celle de son émergence soudaine en 2013 et tendent à expliquer, en partie, le regain actuel d’activités du groupe.

Premièrement, à l’instar d’Al Qaeda en 2011 (dont de larges contingents feront défection pour rejoindre l’Etat islamique, après la scission opérée par Abou Bakr al-Baghdadi en février 2014), l’Etat islamique a été déclaré mort prématurément. En effet, le 2 mai 2011, Al Qaeda perdait son leader Osama ben Laden et les différentes branches du mouvement abandonnaient la lutte internationale pour se recentrer sur leurs pays ou zones d’attache respectifs (Afghanistan, Yémen, Sahel…), faisant espérer aux adversaires du groupe, Etats-Unis en tête, que cette scission mènerait à la disparition de l’organisation de Ben Laden [29] - à tort.

Il en va de même avec la disparition d’Abou Bakr al-Baghdadi, tué en octobre 2019 lors d’un raid des forces spéciales américaines en Syrie, et de la défaite territoriale de l’Etat islamique cinq mois plus tôt : ces deux victoires sur l’EI avaient fait espérer une partielle neutralisation du mouvement djihadiste [30] - là aussi à tort. D’autant qu’à l’instar de l’émergence de l’Etat islamique en Irak en 2006, qui s’est caractérisée par une très forte intensité d’attaques et de violences afin de légitimer l’apparition de ce nouveau groupe, le regain actuel d’activités de Daech pourrait s’expliquer par la volonté de son nouveau leader, Abu Ibrahim al-Hashimi al-Qurashi, depuis le 31 octobre 2019, de légitimer sa position par une recrudescence d’attaques, et donc de médiatisation, de Daech à travers le monde [31].

Deuxièmement, les membres de la Coalition internationale semblent faire preuve d’une certaine lassitude à l’égard du théâtre levantin, à l’instar de celle constatée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni en 2013, lors de l’apparition de Daech. Les opinions publiques de ces deux pays se montraient en effet très critiques quant à la guerre en Irak (2003-2011), qui s’avérait un échec à leurs yeux, et se montraient résolument opposées à une nouvelle intervention au Levant [32]. Cette « fatigue » de l’opinion publique aurait ainsi conduit les Britanniques à ne pas intervenir en Syrie en 2013, par exemple [33].

Aujourd’hui, le même schéma semble se reproduire parmi les membres de la Coalition internationale qui constatent la forte résilience de Daech et cela malgré sa défaite territoriale en mars 2019 à Baghouz. Les décideurs politiques et militaires se montent ainsi de plus en plus réservés quant à la nécessité de continuer à investir de substantiels moyens - militaires comme financiers - dans une guerre qui dure depuis cinq ans et dont l’issue semble, comme en Afghanistan, pour le moins incertaine. L’annonce, par le Président Donald Trump, de retirer les troupes américaines des théâtres d’opérations syriens, irakiens et afghans, qu’il désigne comme des « endless wars » [34] (guerres sans fin), témoigne de cette tendance.

Cette réticence à poursuivre la guerre contre les militants de Daech coïncide par ailleurs avec plusieurs événements donnant davantage d’échos aux partisans d’un retrait du théâtre d’opérations levantin : le 5 janvier 2020, le Parlement irakien a ainsi voté une résolution appelant les troupes américaines à quitter l’Irak, dans le contexte de la forte montée des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis à la suite de l’assassinat de Ghassem Soleimani.

Si les troupes américaines ne s’étaient que peu conformées cette résolution, la pandémie de coronavirus les a contraintes à le faire, à l’instar d’autres membres de la Coalition : le 25 mars, la France a ainsi initié le retrait de ses forces d’Irak [35] au titre de la protection de ses troupes contre le COVID-19 (le contingent français était alors composé de formateurs, de forces spéciales et d’un détachement d’artillerie CAESAR [36]). Depuis le début mars, les forces américains ont quant à elles évacué un total de six bases vers le sol américain, la dernière en date étant celle d’Abu Graib, à l’ouest de Bagdad, le 7 avril [37]. Les Espagnols ont également désengagé leur contingent de 150 soldats et formateurs le 22 mars, tandis que les 110 personnels hollandais présents à Erbil et Bagdad ont été à leur tour évacué le 24 mars [38].

Troisièmement, l’instabilité politique propre à l’émergence de Daech en 2013 semble à nouveau de mise, sous des formes différentes toutefois. Si les dernières troupes américaines engagées dans la guerre en Irak de 2003-2011 ont quitté le pays le 18 décembre 2011 [39], elles laissent derrière elles un pays exsangue économiquement, divisé religieusement, et profondément instable politiquement [40]. L’Etat islamique saura jouer de ces faiblesses, et notamment de la frustration des Irakiens sunnites, pour amorcer sa montée en puissance.

Aujourd’hui, l’Irak fait également face à de substantiels défis sociopolitiques, à l’endroit desquels les différents gouvernements irakiens se sont montrés pour le moment impuissants : les manifestations massives de septembre et octobre 2019 [41] en sont une illustration, symptômes du manque de réformes auquel l’Irak est actuellement confronté ainsi que de la faiblesse latente de son économie [42]. La nomination d’un nouveau Premier ministre le 17 mars, Adnan al-Zurfi [43], remplacé dès le 9 avril par Mustafa Al-Kadhimi [44], témoigne de l’instabilité politique actuelle de l’Irak, dont Daech sait tirer parti pour amorcer sa résurgence.

Ce constat s’avère le même en Syrie : profitant du vide sécuritaire et politique provoqué par la guerre civile en cours depuis mars 2011, l’Etat islamique a surgi avec succès dans l’arène syrienne en 2013-2014. Le conflit, toujours en cours, lui offre les mêmes opportunités. Le retrait des troupes américaines du nord de la Syrie initié par Donald Trump début octobre 2019 a ainsi accéléré ce processus [45], tandis que l’offensive turque contre les Kurdes le même mois a affaibli la faction syrienne la plus à même de contenir l’Etat islamique, favorisant par la même occasion son retour [46]. Le rebasculement des forces kurdes vers le front turc, au détriment de la moyenne vallée de l’Euphrate, a ainsi déjà permis à Daech d’y reprendre pied et d’y accélérer ses opérations dans le contexte de la pandémie [47].

Aujourd’hui, la communauté internationale apparaît résolument concentrée sur la pandémie de COVID-19 qui, au 10 mai, a provoqué la mort de 282 658 personnes [48]. Malgré certains programmes de coopération et gestes de solidarité, les Etats du monde entier ont choisi de gérer la crise de façon unilatérale et d’opter pour une politique de repli de soi [49] durant l’épidémie. Ce contexte profite incontestablement à l’Etat islamique, qui dispose ainsi de marges de manœuvres étendues pour agir au Levant et dans le reste du monde. Il a d’ailleurs amplement intégré le coronavirus dans son dispositif de propagande, affirmant par exemple dans le cas de l’Iran, par le biais de son agence de presse « Al Naba », qu’il s’agissait d’un avertissement divin à l’encontre des « polythéistes » chiites [50], tandis que dans le cas de l’Europe, il s’agissait d’une sanction contre les « nations croisées » [51]. La pandémie de coronavirus, qui a paralysé durant plusieurs semaines les sociétés et les économies du monde entier, s’est avérée une fenêtre d’opportunité dont Daech a immédiatement su tirer parti. Son nouveau leader, Abu Ibrahim al-Hashimi al-Qurashi, tient également ici une occasion d’affirmer son pouvoir et sa légitimité à s’inscrire dans les pas de son prédécesseur Abou Bakr al-Baghdadi. La question d’une poursuite des opérations militaires contre Daech à l’issue de la crise sanitaire actuelle reste ainsi une question ouverte, dans l’incertitude de laquelle l’EI prospère et prolifère.

Lire sur Les clés du Moyen-Orient :
- COVID-19 au Moyen-Orient : entre premier cas officiel au Yémen et dépassement de la centaine de milliers de malades en Turquie
- Emergence et enracinement de l’Etat islamique (1/3)
- La réapparition de Daech au Levant, entre résurgence et résilience
- Le gouvernorat irakien de Diyala : un point d’appui historique et récurrent pour les groupes terroristes- Les milices chiites au Levant : historique et point de situation de leurs activités

Bibliographie :
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Sitographie :
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- Terrorists upping attacks on Syrian civilians during pandemic, situation deteriorating : UN, ParsToday, 08/05/2020
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- ISIS defeated, but not destroyed, as terror group still holds strategic swaths of Iraq, Fox News, 27/09/2017
https://www.foxnews.com/world/isis-defeated-but-not-destroyed-as-terror-group-still-holds-strategic-swaths-of-iraq
- ISIS claims suicide attack targeting Kirkuk’s intelligence headquarters, Kurdistan24, 28/04/2020
https://www.kurdistan24.net/en/news/21e1f76f-f65c-4896-b03d-5278302d97df
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- ANALYSIS - Iraq’s US-led invasion brought nothing but disaster, Anadolu Ajansi, 22/03/2020
https://www.aa.com.tr/en/analysis-news/analysis-iraqs-us-led-invasion-brought-nothing-but-disaster/1096271
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https://theconversation.com/violent-crackdown-against-iraq-protests-exposes-fallacy-of-the-countrys-democracy-124830
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https://www.aljazeera.com/news/2020/04/iraq-oil-price-drop-fuels-economic-crisis-200419094214853.html
- Can Iraq’s new PM save the country ?, United World, 15/04/2020
https://uwidata.com/9966-can-iraqs-new-pm-save-the-country/
- New Iraq PM releases protesters ; promotes respected general, Al Jazeera, 06/05/2020
https://www.aljazeera.com/news/2020/05/iraq-al-kadhimi-pledges-release-anti-government-protesters-200510032625751.html
- Isil back after US troop withdrawal, warn Kurds, The Telegraph, 16/02/2020
https://www.telegraph.co.uk/news/2020/02/16/isil-back-us-troop-withdrawal-warn-kurds/
- New Pentagon report says Turkey’s Syria incursion is helping ISIS mount a comeback, CNN Politics, 19/11/2019
https://edition.cnn.com/2019/11/19/politics/pentagon-report-syria-turkey-ceasefire/index.html
- HAS TURKEY’S INCURSION INTO SYRIA OPENED THE DOOR FOR AN ISLAMIC STATE COMEBACK ?, War On the Rocks, 21/02/2020
https://warontherocks.com/2020/02/has-turkeys-incursion-into-syria-opened-the-door-for-an-islamic-state-comeback/
- Coronavirus. La crise sanitaire, un terreau favorable aux nationalistes en Europe, Ouest France, 30/03/2020
https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-la-crise-sanitaire-un-terreau-favorable-aux-nationalistes-en-europe-6795291

Publié le 18/05/2020


Emile Bouvier est étudiant à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, où il prépare les concours de la fonction publique. Diplômé d’un Master 2 en Géopolitique, il a connu de nombreuses expériences au Ministères des Armées, notamment au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à l’Etat-major des Armées dans une cellule d’analyse géopolitique, ou encore en Mission de Défense (MdD) en Turquie. Son grand intérêt pour la Turquie et la question kurde l’ont amené à voyager à de nombreuses reprises dans la région et à travailler sur les problématiques turques et kurdes à de multiples occasions.


 


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