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Correspondance Hussein-MacMahon

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin
Publié le 09/03/2010 • modifié le 15/04/2020 • Durée de lecture : 2 minutes

Peinture du chérif Hussein de La Mecque

AFP

En effet, obtenir l’appui des Hachémites paraît indispensable aux Britanniques afin de libérer les provinces arabes de la domination turque. Cet appui est également capital pour les nationalistes de Damas et de Bagdad qui redoutent de passer de la domination ottomane à celle de la France et de la Grande-Bretagne.

Le chérif Hussein de La Mecque est descendant du prophète Mahomet et gardien des lieux saints de La Mecque et de Médine, charge attribuée depuis huit siècles à sa famille. Il est le père de Fayçal, futur roi d’Irak, d’Abdallah, futur roi de Transjordanie et de Zeid. Les Britanniques, soutenus dans leur politique par Lawrence d’Arabie, poussent Hussein de La Mecque à se soulever contre les Ottomans. Afin de parvenir à une insurrection arabe dans la région du Hedjaz contre les Turcs, les Britanniques entament des négociations avec le chérif Hussein, par l’intermédiaire du haut-commissaire en Egypte MacMahon. Par un échange de lettre du 14 juillet 1915 entre Hussein et MacMahon, les Arabes demandent, en échange de leur participation dans la guerre, l’indépendance des provinces arabes de l’Empire ottoman, la création d’un royaume arabe allant de la Cilicie à la Perse, à l’exclusion d’Aden au Yémen qui resterait aux Britanniques, ainsi que le califat arabe. Les Britanniques ne peuvent accepter de telles conditions territoriales, d’autant plus qu’ils souhaitent se réserver des zones d’influence en Mésopotamie et préserver celles de la France en Syrie. Dans la lettre de réponse de MacMahon datée du 30 août, celui-ci accepte uniquement la reconnaissance du califat et l’indépendance de l’Arabie. Le 9 septembre, Hussein dit attendre une réponse à ses demandes territoriales. Le 24 novembre, MacMahon répond que le royaume de Hussein sera composé de la péninsule arabique à l’exclusion de la Mésopotamie (réservée aux Britanniques) et de la côte syrienne allant d’Alep à la mer Morte (réservée à la France). En dépit du manque de précision sur le tracé du futur royaume de Hussein, celui-ci accepte de fomenter la révolte arabe contre les Ottomans.

Après avoir proclamé l’indépendance du Hedjaz le 5 juin 1916, Hussein lance la révolte arabe le 10 juin 1916. Les Arabes, menés par Fayçal, attaquent les troupes turques dans le Hedjaz et reprennent La Mecque et Djeddah. Poursuivant leur campagne, ils reprennent le 6 juillet 1917 Akaba et entrent en Transjordanie.

Mais en dépit de l’engagement arabe aux côtés des Alliés et des promesses britanniques, le royaume arabe de Hussein de la Mecque ne sera pas constitué, en raison des prétentions territoriales des Britanniques et des Français.

Bibliographie
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie-Liban 1918-1939, L’Harmattan, Paris, 2006, 328 pages.
Edmond Rabbath, La formation historique du Liban politique et constitutionnel, Librairie orientale, Beyrouth, 1973, 586 pages.

Publié le 09/03/2010


Anne-Lucie Chaigne-Oudin est la fondatrice et la directrice de la revue en ligne Les clés du Moyen-Orient, mise en ligne en juin 2010.
Y collaborent des experts du Moyen-Orient, selon la ligne éditoriale du site : analyser les événements du Moyen-Orient en les replaçant dans leur contexte historique.
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Docteur en histoire de l’université Paris-IV Sorbonne, a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Dominique Chevallier.
Elle a publié en 2006 "La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie Liban, 1918-1939" et en 2009 "La France dans les jeux d’influences en Syrie et au Liban, 1940-1946" aux éditions L’Harmattan. Elle est également l’auteur de nombreux articles d’histoire et d’actualité, publiés sur le Site.


 


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