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Par Lisa Romeo
Publié le 29/04/2011 • modifié le 02/03/2018 • Durée de lecture : 3 minutes

Photo prise le 22 septembre 1948 au Palais de Chaillot à Paris de la troisième Assemblée générale des Nations-Unies, à l’issue de laquelle fut adoptée, le 10 décembre 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

AFP

Enfance et formation

Né en 1906 à Bitirran, village dans le nord du Liban, Charles Habib Malek appartient à la communauté libanaise grecque-orthodoxe. Son éducation est cependant très orientée vers le protestantisme anglo-saxon. Il rejoint l’Ecole missionnaire américaine pour garçons de Tripoli au Nord du Liban et poursuit ses études à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), fondée par des missionnaires protestants américains à la fin du XIXe siècle. Il y obtient une licence de mathématique et de physique en 1927.

Une carrière entre l’université…

Après avoir enseigné pendant deux ans les sciences à AUB, il décide de partir au Caire, en Egypte, pour travailler pour la Fondation Rockefeller. Il se passionne alors pour la philosophie. Au début des années 1930, il se rend en Allemagne, à l’université de Fribourg, mais la montée du nazisme le pousse à écourter son séjour et à se rendre aux Etats-Unis au bout d’un an. Malek devient le premier Arabe à obtenir un doctorat de philosophie dans la prestigieuse université de Harvard en 1937 où il occupe plusieurs postes. Il choisit de rentrer au Liban, au début des années 1940 et fonde la chaire de philosophie à AUB.

… et la diplomatie

Charles Malik met sa carrière universitaire pour un temps entre parenthèses pour s’engager dans la vie politique de son pays. Ainsi devient-il ambassadeur aux Etats-Unis, Etat pour lequel il ne cache pas son admiration. Maitrisant aussi bien l’arabe que l’anglais, le français ou l’allemand, fin connaisseur de la culture occidentale et orientale, il semble alors bien représenter le Liban qui, nouvellement indépendant, cherche à s’imposer comme un acteur à part entière sur la scène internationale.

Il participe activement à la formation de la Ligue des Etats arabes et de l’Organisation des Nations unis en 1945. Charles Malek est alors désigné comme chef de la délégation libanaise à la Conférence de San Francisco chargée de constituer la Charte qui marque la naissance officielle de l’ONU. Il est ensuite nommé rapporteur de la Commission permanente des droits de l’homme puis président du Conseil économique et social de l’ONU. Il collabore alors à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme aux côtés d’Eleonor Roosevelt, présidente de la Commission des droits de l’homme, du juriste français René Cassin et du représentant chinois Dr Chang. Charles Malik aurait notamment joué un rôle important dans la formulation du préambule. Le 10 décembre 1948, la Déclaration est adoptée par l’Assemblée générale des Nations unis, à Paris, au Palais Chaillot, par 48 voix pour, 8 abstentions mais aucune opposition. Eleonor Roosevelt le désigne comme successeur au poste de président de la Commission des droits de l’homme en 1951. Tout en représentant son pays dans l’organisme international, Charles Malik reprend sa fonction d’ambassadeur à Washington entre 1953-1955. Il rentre au Liban en 1956 en tant que ministre des Affaires étrangères et de l’Education.

Au début des années 1960, préférant le monde universitaire, il reprend son poste d’enseignant à l’Université américaine de Beyrouth. Ses nombreux travaux universitaires, aussi bien dans le domaine scientifique, philosophique, juridique ou encore théologique, sont récompensés et Charles Malek reçoit, tout au long de sa carrière, une cinquantaine de diplômes honorifiques de divers universités américaines et européennes. Il meurt en 1987 à Beyrouth suite à des problèmes de santé.

Charles Malik est un des plus grands intellectuels et diplomates libanais du XXe siècle. Pédagogue et idéaliste, il a su faire le pont entre la philosophie et la politique, entre l’Orient et l’Occident.

Bibliographie :
Raja Choueri, Charles Malek, Discours, Droits de l’homme et ONU, Jubilé de la Déclaration universelle des droits de l’homme 1948-1998, Beyrouth, Edition Felix Beryte, 1998.
Site internet de l’ONU.

Pour aller plus loin avec les articles publiés dans Les clés du Moyen-Orient :

- Fiche pays Liban
- Fiche pays Egypte
- Article sur la Ligue des Etats arabes
- Article sur la Société des Nations et la nouvelle notion de mandat

Publié le 29/04/2011


Lisa Romeo est titulaire d’un Master 2 de l’université Paris IV-Sorbonne. Elle travaille sur la politique arabe française en 1956 vue par les pays arabes. Elle a vécu aux Emirats Arabes Unis.


 


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