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Portraits historiques

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  • Sohrawardî, 1155 -1191 (1/2) - 31/08/18

    Parmi les représentants de la philosophie qu’on appelle usuellement « arabe », c’est-à-dire écrite en langue arabe, l’Occident a principalement retenu ceux qui permettaient d’éclairer le Moyen Âge latin, c’est-à-dire les grandes figures du kalâm – la scolastique islamique : Al Kindi, Al Fârâbî, Avicenne et Averroès. La période des IXe-XIIe siècles, où s’opère la transmission des savoirs arabes à l’Occident latin, concentre ainsi le plus souvent tous les regards, quitte à délaisser les périodes postérieures (1). C’est le grand mérite d’Henry Corbin d’avoir montré qu’à l’inverse, un mouvement de renouvellement décisif de la philosophie arabe et islamique prend son essor à partir de la deuxième moitié du XIIe siècle, en particulier en Iran. L’une des voies majeures de ce renouveau est à chercher dans l’œuvre retentissante de Shihâbbodîn Yahyâ Sohrawardî (1155-1191).

  • Henry Corbin, 1903-1978 (1/2) - 10/08/18

    Germaniste, iranologue, arabisant, érudit, intellectuel, voyageur et mondain, tout cela Henry Corbin l’a été. Il fut néanmoins avant tout philosophe. En effet, si l’homme semble avoir suivi de multiples lignes de parcours, l’œuvre quant à elle est toute une : de l’herméneutique luthérienne à la traduction de Heidegger jusqu’à la « résurrection » des penseurs de l’ancienne Perse, la philosophie d’Henry Corbin fait œuvre d’une même quête, celle du sens et de son interprétation spirituelle et existentielle (ta’wil). La postérité d’Henry Corbin n’est cependant pas qu’une gloire de bibliothèques : si le philosophe spécialiste des traditions religieuses islamiques est toujours aujourd’hui étudié et révéré, il a également été crédité d’avoir rendu à l’Iran son passé et, diront certains, son âme.

  • Bahman Mirza Kadjar (1810-1884) : victime et observateur avisé des mutations socio-politiques de la Perse des Kadjars (1/2) - 08/06/18

    À bien des égards, la vie de Bahman Mirza Kadjar (1810-1884) peut apparaître comme un rendez-vous manqué avec l’histoire. Frère de sang de Mohammad Shah, fils de Abbas Mirza, il est un temps vice-roi de l’Azerbaïdjan, une province d’ordinaire attribuée au prince héritier. Réputé pour son autorité et sa bonne gouvernance, ce petit-fils de Fath Ali Shah finit pourtant sa vie exilé à Susha, en territoire russe. Privé de la plupart de ses biens et tributaire de la pension que lui verse le Tsar, sa famille tout entière est frappée d’exclusion en Perse. Pour autant, son parcours est d’un grand intérêt historique, tant il illustre les mutations politiques et sociales que connaît l’Iran au XIXe siècle.

  • Mirza Fatali Akhundov : de l’universalisme des Lumières au nationalisme persan - 11/05/18

    Figure intellectuelle du XIXe siècle dans l’Empire russe et dans le monde persan, Mirza Fatali Akhundov (1812-1872) est un personnage singulier à étudier. Apprécié des milieux intellectuels comme du gouvernement impérial qu’il a servi avec ardeur toute sa vie, il a été présenté durant toute la période soviétique comme le premier penseur matérialiste du monde musulman, et donc à ce titre comme le pionnier du communisme en terre d’Islam. L’historiographie iranienne en fait aussi le premier artisan du discours nationaliste persan. Il apparaît pourtant en Azerbaïdjan comme le père fondateur de la littérature azérie, et donc à cet égard comme un héros national de premier plan.
    Comment un même individu aurait-il pu être à la fois tsariste, communiste et nationaliste, qui plus est garant de deux identités nationales différentes ?

  • Nader Shah, du général au souverain perse (2/2) - 04/04/18

    « Aucun trait du caractère de Nader n’était plus distingué, que celui de Général (…) Elevé dans les arts et les subtilités des Tartares, il avait acquis une vaste maitrise de la connaissance pratique du vol » (1) écrit le commerçant Jonas Hanway. Cette remarque au sujet du nouveau Shah de Perse est à double tranchant : si il est considéré comme un militaire de génie, il n’a pas la gloire qu’a pu avoir Alexandre le Grand dans la vision orientaliste du Britannique. En effet, si le héros macédonien avait une éducation grecque lui inculquant les bonnes valeurs de la Cité, Nader Shah lui est vu comme un usurpateur du trône des Safavides de Perse. Cette clef d’analyse est bien entendu à garder en tête pour la lecture d’un article comme celui-ci, écrit à partir de sources européennes orientalistes du XVIIIème siècle.

  • Nader Shah, du général au souverain perse (1/2) - 30/03/18

    « Il apparait évident, que ces deux ravageurs du monde oriental, Alexandre et Nadir, ont été mus par la même passion prédominante ; un désir de conquête sans limite » (1) avance dès 1752 le voyageur et commerçant britannique, Jonas Hanway. Nader Shah (1688-1747), à l’instar d’Alexandre le Grand (356-323 avant Jésus Christ) est renommé pour ses exploits militaires et son invasion de l’Hindoustan. Si le premier est toujours célèbre en Occident, le second est relativement oublié aujourd’hui en dépit de sa renommée d’antan. En effet, Nader Khan Qirqlu Afshar, Shah de Perse (1736-1747) et fondateur de l’éphémère dynastie des Afsharides, est un personnage ayant indéniablement marqué la Perse du XVIIIème siècle et ayant fasciné ses contemporains jusqu’en Europe, où il acquiert une certaine réputation dans les cercles lettrés de l’époque. Si cette notoriété n’est qu’éphémère, c’est en raison de la décision des historiens anglais de l’époque victorienne de l’écarter de l’historiographie sur l’Inde pour ne pas remettre en cause le mythe de supériorité militaire européenne, nécessaire à la colonisation (2). De fait, dans l’historiographie contemporaine et moderne occidentale, cet empereur persan est très peu représenté au regard de son importance historique.

  • Toufic Youssef Aouad, un écrivain de l’histoire du Liban - 05/09/17

    Écrivain et diplomate, Toufic Youssef Aouad est considéré comme étant l’auteur du premier roman libanais moderne. Né en 1911 à Bhorsaf, il commence très jeune à écrire, et entame dès 18 ans sa carrière de journaliste (1). Il fonde le périodique Al-Jadid et compose de très nombreux romans. Il est présenté par Fifi Abou Dib, qui traduisit en français ses deux romans les plus importants, comme « un Flaubert ou un Zola arabe » (2), et est unanimement considéré comme l’un des auteurs les plus importants du monde arabe.

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